À Cannes, David Lisnard salue l’installation d’une nouvelle IRM et appelle à lever les freins administratifs
À l’occasion de l’inauguration d’une nouvelle IRM à la polyclinique Oxford de Cannes, David Lisnard a salué un investissement majeur au service des patients tout en dénonçant les lourdeurs administratives qui freinent le développement de l’offre de soins en France. Pour le président de Nouvelle Énergie, la santé doit être pensée comme une politique globale où l’intérêt du patient prime sur la bureaucratie.
La polyclinique Oxford de Cannes dispose désormais d’une nouvelle IRM, renforçant ainsi les capacités de prise en charge médicale de l’ensemble du bassin de vie cannois.
Présent lors de son inauguration, David Lisnard a salué une réalisation qui répond à un besoin concret des patients tout en mettant en lumière les dysfonctionnements du système de santé français.
« Ce qui est ubuesque, c’est d’attendre dix ans pour obtenir une autorisation alors que tout le monde sait qu’il existe un besoin. »
La prévention et le diagnostic précoce comme priorité
Pour David Lisnard, cette nouvelle installation dépasse la seule acquisition d’un équipement médical.
Elle illustre l’importance d’une véritable politique de santé fondée sur la prévention, le dépistage et le diagnostic précoce.
« Nous devons mener une politique de santé globale. L’imagerie médicale joue un rôle essentiel dans la détection des maladies. C’est un enjeu majeur pour améliorer les chances de guérison et la qualité de la prise en charge. »
Le président de Nouvelle Énergie défend une organisation des soins qui privilégie l’efficacité, la rapidité d’accès aux examens et une meilleure coordination entre tous les acteurs de santé.
Une bureaucratie qui ralentit les investissements
David Lisnard a également dénoncé les procédures administratives qui retardent des projets pourtant reconnus comme nécessaires.
Selon lui, les établissements de santé prennent les risques financiers, investissent dans des équipements coûteux et répondent à des besoins identifiés, mais se heurtent à des délais administratifs déraisonnables.
« Ceux qui décident ne sont pas les payeurs. Ce sont les établissements qui investissent, qui prennent les risques et qui répondent aux besoins du terrain. »
Pour Nouvelle Énergie, cette situation illustre les effets d’une bureaucratie qui freine l’innovation, ralentit les investissements et pénalise directement les patients.
Complémentarité entre hôpital public et médecine privée
David Lisnard a rappelé son attachement à un service public de santé fort, tout en refusant d’opposer les différents acteurs du système de soins.
« On ne renforcera jamais l’hôpital en affaiblissant la médecine libérale, la médecine de ville ou les établissements privés. Tous participent à une même chaîne de soins. »
Cette conviction a guidé les initiatives engagées à Cannes depuis plusieurs années afin de développer des coopérations concrètes entre les établissements publics et privés, notamment dans le domaine de l’imagerie médicale.
Une seule priorité, le patient
En conclusion, David Lisnard a salué l’engagement des équipes de la polyclinique Oxford et rappelé que la finalité de toute politique de santé devait rester le patient.
« La seule finalité de tout ce que nous faisons, c’est l’humain. C’est le patient, la personne qui a besoin d’être soignée. Plus vous soignerez ici, mieux l’ensemble du système de santé pourra répondre aux besoins de la population. »
Pour Nouvelle Énergie, l’amélioration de l’accès aux soins passe autant par des investissements que par une profonde simplification administrative. Donner davantage de liberté à ceux qui soignent, accélérer les autorisations lorsqu’un besoin est identifié et favoriser les coopérations entre les acteurs de santé constituent des leviers indispensables pour répondre aux défis sanitaires des prochaines années.
Police nationale : David Lisnard alerte sur une carence croissante de l’État
Le président de Nouvelle Énergie et maire de Cannes dénonce une diminution continue des effectifs de police nationale sur le terrain, particulièrement la nuit. En s’appuyant sur plusieurs interventions récentes, il pointe les conséquences concrètes d’un désengagement de l’État dans l’une de ses missions les plus fondamentales : assurer la sécurité des Français.
Lors du dernier conseil municipal de Cannes, David Lisnard a lancé un nouvel appel d’alerte sur la situation de la police nationale dans la ville. Tout en saluant l’engagement et le professionnalisme des fonctionnaires, il dénonce une dégradation continue des moyens opérationnels mis à leur disposition.
« La mission première de l’État est de protéger la nation. Or nous assistons à une carence persistante et croissante des effectifs de police nationale sur le terrain, mais aussi des capacités d’accueil pour les dépôts de plainte, notamment la nuit », a-t-il déclaré.
« Où va notre argent ? »
Pour David Lisnard, cette situation est d’autant plus incompréhensible que la France demeure le pays qui affiche l’un des niveaux les plus élevés de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires au monde.
« Plus l’État dépense, plus il prélève, moins il y a de policiers nationaux sur le terrain. Où va notre argent ? C’est une question que chaque Français devrait se poser. »
Le maire de Cannes estime que les missions régaliennes de l’État sont progressivement sacrifiées au profit d’une bureaucratie toujours plus lourde, qui absorbe des moyens considérables sans améliorer le service rendu aux citoyens.
Une police municipale qui supplée l’État
David Lisnard rappelle que la police municipale n’est pas une obligation légale mais un choix politique des communes.
Aujourd’hui, 86 % des communes françaises ne disposent d’aucune police municipale. Parmi les 14 % qui en possèdent une, près de 70 % comptent moins de cinq agents.
À Cannes, la municipalité a fait le choix d’investir massivement dans la sécurité. Mais ce choix ne peut avoir vocation à remplacer les responsabilités de l’État.
« Imaginons une nuit d’été à Cannes, à Nice, à Antibes ou à Grasse sans police municipale. Nous pouvons malheureusement imaginer une nuit sans police nationale. C’est précisément ce que nous avons vécu pendant le Cannes Lions. Une telle situation est impensable. »
Des exemples concrets de plusieurs nuits sans équipage
Pour illustrer son propos, David Lisnard s’est appuyé sur plusieurs rapports d’intervention de la police municipale de Cannes.
Dans la nuit du 28 juin, avenue Pierre Sémard, un responsable de sécurité signale un individu menaçant de mort un résident. Après avoir tenté à trois reprises de joindre le 17 sans obtenir de réponse, la police municipale intervient seule. Contacté, le centre d’information et de commandement indique ne disposer d’aucune patrouille disponible.
Quelques dizaines de minutes plus tard, c’est cette fois le centre opérationnel de la police nationale qui sollicite la police municipale pour un vol de moto, faute d’équipage disponible sur le secteur.
La nuit précédente, les policiers municipaux sont appelés pour une tentative de suicide, puis interviennent aux urgences de l’hôpital de Cannes où un individu particulièrement agressif, alcoolisé et armé d’un couteau menace le personnel. Là encore, les services de l’État indiquent ne disposer d’aucune patrouille disponible.
Autre exemple évoqué, un conducteur exerçant illégalement une activité de VTC, porteur de faux papiers afghans. Selon David Lisnard, malgré les éléments relevés par les policiers municipaux, l’officier de police judiciaire aurait indiqué avoir « autre chose à faire », conduisant la police municipale à maintenir l’interpellation jusqu’à sa présentation au commissariat.
Une situation qui dépasse Cannes
Le président de Nouvelle Énergie souligne que cette réalité ne concerne pas uniquement Cannes. Selon lui, de nombreux maires, de toutes sensibilités politiques, dressent le même constat dans leurs communes.
Il indique avoir multiplié les démarches auprès du ministère de l’Intérieur afin d’obtenir des renforts et s’inquiète de ne toujours pas connaître les effectifs de police nationale qui seront mobilisés à Cannes durant la saison estivale, notamment à l’approche des festivités du 14 juillet.
Redonner la priorité aux missions régaliennes
Pour David Lisnard, cette évolution illustre une inversion des priorités de l’action publique.
« Soutenir les policiers nationaux, c’est précisément dénoncer cette situation. Ils accomplissent un travail remarquable avec des moyens insuffisants. Ce n’est pas eux que nous mettons en cause, mais les choix de l’État. »
Nouvelle Énergie défend la nécessité de recentrer les finances publiques sur les missions essentielles de l’État, à savoir la sécurité, la justice, la défense et la diplomatie, afin de garantir la protection des Français et l’autorité de la puissance publique.
« Plus la France dépense d’argent public, moins elle consacre de moyens à la justice, à la police, à la gendarmerie et à la diplomatie. Cette dérive n’est plus acceptable. Il est temps de remettre l’État au service de ses missions fondamentales. »
La tour-monastère de l’Abbaye de Lérins restaurée et inaugurée
Le lundi 22 juin 2026 a marqué une étape importante pour le patrimoine cannois et national avec l’inauguration officielle de la tour-monastère de l’Abbaye de Lérins, à l’issue de six années de travaux de restauration d’envergure.
Le Grand Entretien avec David Lisnard – Quelle stratégie pour la France dans le nouveau désordre mondial ?
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la question du positionnement stratégique de la France dans un monde en recomposition accélérée s’impose désormais au cœur du débat politique. Pour Le Diplomate Média, David Lisnard revient sur sa vision stratégique de la France face aux grands bouleversements géopolitiques contemporains et expose les grandes lignes de sa politique internationale.
Dans ce contexte, les enjeux de souveraineté, de réindustrialisation, de défense, de maîtrise technologique et d’indépendance énergétique redeviennent centraux pour les États européens et particulièrement pour la France.
David Lisnard, président de l’Association des maires de France (AMF), maire de Cannes, président du mouvement Nouvelle Énergie et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, défend depuis plusieurs années une vision fondée sur la souveraineté nationale, la liberté économique, la puissance industrielle et le rétablissement de l’autorité de l’État.
Pour Le Diplomate Média, il revient sur sa vision stratégique de la France face aux grands bouleversements géopolitiques contemporains et expose les grandes lignes de sa politique internationale.
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Le Diplomate : Le monde semble entrer dans une nouvelle phase de confrontation entre grandes puissances, marquée par le retour de la guerre, des blocs et des logiques de puissance. Comment analysez-vous ce basculement géopolitique historique et quelle place la France doit-elle y tenir ?
David Lisnard : J’aurai prochainement l’occasion de détailler précisément ma vision en ce qui concerne les questions de géopolitique et de défense.
Il est en revanche suffisamment clair que nous changeons d’époque. La parenthèse ouverte en 1989, sur un monde que l’on croyait pacifié par le commerce, régulé par le droit, garanti par la puissance hégémonique des États-Unis, se referme. C’était même une illusion.
Le basculement actuel combine quatre dynamiques simultanées : retour de la guerre, fragmentation géoéconomique, compétition techno-industrielle et polarisation idéologique. Le monde devient plus conflictuel, plus coercitif et plus politique.
Autrement dit, le monde qui se forme n’est ni une nouvelle guerre froide, ni un simple désordre, ni un chaos absolu. C’est un système de blocs partiels, de coalitions variables et de dépendances instrumentalisées. Les grandes puissances réintroduisent une logique d’empire fonctionnel : sécuriser leurs zones, contrôler les technologies critiques, verrouiller les ressources, façonner les normes et tester la cohésion adverse. Dès lors, le monde va se diviser en sphères d’influence et de puissances parfois prédatrices tandis que la guerre redevient pensable pour les pays européens qui doivent faire face à la fin de l’européanisation du monde.
Il est possible aussi que le multilatéralisme cède la place à une bipolarisation : un G2 sino-américain, sorte de condominium, peut-être un G3 demain si l’Inde confirme sa montée en puissance.
De leur côté, les BRICS élargis rassemblent près de la moitié de l’humanité et contestent l’ordre occidental, malgré leurs fortes dissensions et rivalités internes, pendant que le rapprochement de Moscou et de Pékin recompose l’Eurasie à nos dépens.
Partout, les rapports de force commandent à nouveau, quand nous continuons d’opposer des intentions d’ordre moral.
Deux tentations françaises nous égarent. La première : proclamer l’« Europe puissance » et la « souveraineté » sans jamais en payer le prix. La seconde : se résigner au déclin, comme si la France était résignée à n’être plus qu’une puissance moyenne et spectatrice.
La France garde les attributs d’une puissance complète à l’échelle européenne : siège permanent au Conseil de sécurité, dissuasion nucléaire indépendante, base industrielle de défense de qualité, armée projetable, territoires ultramarins nous procurant la seconde zone économique exclusive du monde, présence en indo-pacifique, autonomie diplomatique.
Mais elle est aussi un pays affaibli et exposé : finances publiques catastrophiques et dette détenue en majorité par des étrangers, dépendances industrielles, vulnérabilité informationnelle, fatigue stratégique de l’opinion, masse économique insuffisante pour rivaliser seule. Une nation qui ne maîtrise plus ses comptes, son industrie et son énergie cesse de peser dans les affaires du monde.
Je n’accepte pas que la France soit un commentateur impuissant. Elle doit être une puissance que je qualifierai d’armature : suffisamment forte pour protéger ses intérêts, suffisamment alliée pour démultiplier sa masse, suffisamment autonome pour ne pas être absorbée dans les priorités et intérêts d’autrui.
Notre ligne ne doit être ni la neutralité, ni l’alignement, ni la posture. Nous devons défendre une souveraineté d’alliances : une France militairement crédible, économiquement robuste et politiquement motrice dans la refondation stratégique de l’Europe.
Cela suppose un vrai leadership et une capacité d’analyse autonome. S’y ajoutent des partenaires choisis, non imposés, et une capacité d’agir vite et franchement, seuls quand nos intérêts l’exigent, et parfois brutalement.
La souveraineté ne se proclame pas : elle se finance. La France peut redevenir une puissance d’initiative, capable de peser et d’entraîner, à condition d’en reconstituer d’abord les moyens chez elle.
Face à la rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, quelle stratégie la France et l’Union européenne doivent-elles adopter : alignement occidental renforcé, autonomie stratégique européenne ou politique d’équilibre plus indépendante ?
Ni alignement occidental renforcé au sens d’un suivisme stratégique, ni politique d’équilibre indépendante au sens d’une équidistance entre Washington et Pékin. La ligne la plus rationnelle pour la France et l’Union européenne est une autonomie stratégique européenne d’alliances : solidarité occidentale sur la sécurité, réduction des dépendances critiques vis-à-vis de la Chine, refus d’une vassalisation politique, industrielle et technologique vis-à-vis des États-Unis mais une alliance atlantique redéfinie et, si possible, solide.
L’Union européenne n’affronte pas une rivalité extérieure abstraite, mais une contrainte à double face.
D’un côté, la Chine est à la fois partenaire, concurrente et rivale systémique dans plusieurs secteurs critiques. Le déficit commercial de l’Union européenne avec Pékin a atteint le niveau record de 360 milliards d’euros en 2025. C’est de la Chine que nous dépendons désormais le plus : elle fournit 100 % des terres rares lourdes consommées dans l’Union et concentre plus des trois quarts du raffinage mondial des métaux critiques, jusqu’à 90 % pour les terres rares. Si Pékin ferme le robinet, ce sont nos chaînes industrielles – automobile, défense, énergie – qui s’arrêtent. Voilà la vérité sur notre vulnérabilité critique.
De l’autre, les États-Unis restent l’allié militaire central, mais sont aussi un compétiteur technologique, industriel et parfois coercitif sur le plan économique.
Nous devons comprendre qu’ils poursuivent leurs intérêts, qui ne coïncident pas toujours avec les nôtres : hier l’accord avec l’Iran, aujourd’hui la pression sur Israël, demain peut-être un arrangement sino-américain conclu à notre détriment. Le risque, pour l’Europe, est de devenir la variable d’ajustement d’un G2, le condominium que j’évoquais précédemment.
La sécurité européenne demeure, à court terme, indissociable du cadre atlantique. Le sommet de l’OTAN à Washington en 2024 a qualifié la Chine de défi systémique pour la sécurité euro-atlantique et de « decisive enabler » de l’effort de guerre russe en Ukraine. Autrement dit, pour les Européens, la question chinoise n’est plus asiatique seulement : elle est entrée directement dans l’équation de sécurité du continent.
La compétition de puissance se joue aussi sur le financement, l’industrie, la recherche, les semi-conducteurs, l’IA, le spatial, le quantique, la fusion, la robotique, les matières premières et les investissements sortants.
Alliée des États-Unis sans alignement sur l’ensemble de leur agenda, ferme face à la Chine sur la sécurité et les dépendances critiques sans découplage total, européenne dans ses capacités et occidentale dans sa solidarité de sécurité : c’est la seule synthèse compatible avec les intérêts français et européens.
Elle se décline sur trois niveaux : en sécurité dure, l’OTAN, le soutien à l’Ukraine, le renforcement de la base industrielle de défense européenne, la hausse des capacités et la protection contre les cybermenaces, les campagnes d’influence et les coercitions ; en économie stratégique, la sécurisation des chaînes critiques, le filtrage des investissements, la protection de la recherche, l’encadrement des transferts de technologies duales et une politique industrielle crédible. En diplomatie de puissance enfin, l’Europe conserve des canaux de coopération avec la Chine sur le climat, le commerce et la stabilité financière, tout en refusant les dépendances qui créent une vulnérabilité politique.
Pour la France, cela implique de jouer un rôle de puissance-cadre. Paris doit pousser pour organiser la convergence entre réarmement européen, souveraineté technologique, sécurité économique et maintien du lien transatlantique.
L’Union européenne apparaît de plus en plus critiquée pour ses lourdeurs bureaucratiques, ses contraintes normatives et certaines dépendances stratégiques qu’elle aurait contribué à accentuer. Selon vous, l’UE constitue-t-elle aujourd’hui un levier de puissance pour la France ou parfois un frein à son indépendance diplomatique, industrielle, énergétique et militaire ?
L’Union Européenne est un impensé stratégique et politique. L’UE n’est pas un obstacle extérieur à la souveraineté française, elle est le cadre dans lequel cette souveraineté peut être soit amplifiée, soit neutralisée.
L’Union est d’abord un atout par son marché, le plus grand du monde. Elle est un frein par sa bureaucratie, son inflation normative et sa naïveté commerciale et énergétique. Le marché européen de l’électricité en est l’exemple le plus coûteux : il a renchéri notre électricité nucléaire, pourtant décarbonée et compétitive, au détriment de notre industrie et du pouvoir d’achat des Français.
Regardez parallèlement le Brexit : l’expérience britannique le disqualifie : le Royaume-Uni n’a repris le contrôle ni de son commerce ni de son immigration, bien au contraire. La réponse n’est pas de quitter l’Union, mais d’y reprendre la main par les États. Si la Commission a pris cette place, c’est que les États la lui ont laissée, la France la première.
Sur le plan économique, nous devons simplifier, investir, défendre nos intérêts industriels. Sur le plan institutionnel, une coopération entre États sur les sujets de défense, politique étrangère, technologies de rupture, dans l’esprit du Plan Fouchet, sera bien plus efficiente qu’un saupoudrage paralysant à vingt-sept. Beaucoup ont cru pendant des décennies que la puissance européenne serait fédérale et politique. Ce qui fonctionne, c’est le marché ; la puissance politique, elle, se construit par la coopération des nations.
L’UE peut être un multiplicateur de puissance pour la France dans le monde des masses critiques, mais elle est un frein dès lors que la règle, la norme, la fragmentation institutionnelle et le compromis l’emportent sur la décision stratégique. Pour notre pays, la question n’est pas de savoir si l’Europe « protège » ou « empêche », mais dans quels domaines l’échelle européenne accroît la souveraineté française, et dans quels domaines elle la dilue.
Les questions de souveraineté industrielle, énergétique et militaire reviennent au premier plan. Quelle serait votre doctrine pour reconstruire la puissance française dans les secteurs stratégiques : nucléaire, industrie de défense, énergie, cybersécurité et production industrielle ?
Il faut libérer l’économie pour financer le régalien. On ne reconstruit pas une puissance industrielle à coups de plans et de subventions, mais en desserrant l’étau fiscal, normatif et énergétique qui asphyxie nos producteurs.
Desserrer cet étau ne suffit pas : encore faut-il choisir. On ne reconstruit rien en décrétant que tout est stratégique. Nous devons définir une hiérarchie claire : souverains sur les noyaux durs – nucléaire, défense, cyber de l’État, composants critiques – européens sur les filières, alliés sur le reste. Et, autour de ces noyaux, des interdépendances choisies plutôt que subies. L’État doit fixer ses priorités, garantir les volumes, porter une part du risque. Il doit aussi généraliser les procédures accélérées qu’il sait mobiliser quand il le décide. Ce qui fut l’exception pour la cathédrale et les JO doit devenir la règle pour nos priorités stratégiques, afin que les délais de permis, de certification et de marchés publics épousent l’urgence.
Le nucléaire est notre infrastructure de souveraineté : il porte ensemble l’indépendance énergétique, la compétitivité industrielle et la stabilité du réseau électrique. Cela commande de prolonger le parc, d’exécuter l’EPR2, de lancer les petits réacteurs modulaires, de financer la recherche sur la fusion et le thorium, de reconstruire une base industrielle et des compétences complètes avec soudeurs, tuyauteurs, automaticiens.
Sur la défense, l’actualisation de la loi de programmation militaire ajoute 36 milliards d’euros sur 2026-2030 et porte l’effort national à 2,5 % du PIB en 2030. Bonne nouvelle, mais ne confondons pas affichage budgétaire et ambition stratégique : une partie de ces crédits ne fait que combler une programmation sous-financée dès l’origine. Le déclassement est déjà là : le budget allemand atteint près du double du nôtre, la Pologne alignera huit fois plus de chars modernes que la France d’ici 2035, et nous ne produisons plus un seul char depuis l’arrêt de la chaîne Leclerc en 2008. Enfin, nous avons pris un retard considérable sur les drones, désormais incontournables.
La doctrine doit viser la guerre longue : stocks stratégiques, contrats pluriannuels de munitions et de drones, financement des PME sous-traitantes qui sont nos vrais goulets d’étranglement. Une industrie de défense est une fonction régalienne externalisée dans l’économie privée ; elle doit être pilotée comme telle.
En cyber, le minimum vital – chiffrement, identités, hébergement des données sensibles, continuité des réseaux de l’État – doit rester entre nos mains : auditable, substituable, récupérable.
Instaurons partout la même préférence pour nos technologies souveraines : le SAMP/T plutôt que la dépendance systématique au matériel américain. Réarmer ne suffit pas. La puissance reviendra quand l’État cessera de raisonner en flux tendus pour bâtir des capacités qui tiennent sous la contrainte, et qu’il rendra compte de chaque euro engagé.
L’intelligence artificielle, le quantique, l’espace, la robotique et les nouvelles technologies deviennent désormais des enjeux de puissance comparables au nucléaire au XXe siècle. Comment éviter le décrochage technologique de la France face aux États-Unis et à la Chine ?
Vous avez raison : ces technologies sont le nucléaire de notre siècle, et la souveraineté de demain s’y joue.
Nous avons des atouts : des ingénieurs de très haut niveau, des entrepreneurs audacieux, un champion européen de l’intelligence artificielle, des pépites dans la robotique, une stratégie quantique nationale renforcée d’un milliard d’euros sur 2026-2030, une filière spatiale de premier rang.
Mais le danger est double : étouffer nos atouts entre une bureaucratie qui surrégule et un saupoudrage qui interdit la taille critique, et nous résigner à n’être que le marché, le régulateur ou le sous-traitant des autres.
En cinquante ans, l’Europe n’a pas engendré une seule entreprise valorisée à plus de 100 milliards d’euros, quand les six géants américains au-dessus de 1 000 milliards sont tous nés sur cette période. En 2025, l’investissement privé dans l’intelligence artificielle a atteint près de 286 milliards de dollars aux États-Unis, vingt-trois fois le niveau chinois. Et la Chine est désormais en tête dans 57 des 64 technologies critiques recensées.
L’Europe a réglementé l’intelligence artificielle avant même d’en produire. Les mesures de simplification de l’AI Act votées en juin sont un aveu tardif. Surtout, il n’y a pas d’intelligence artificielle souveraine sans accès souverain au calcul, donc à l’électricité. C’est notre premier atout : un pays doté d’un parc nucléaire abondant et décarboné peut alimenter ses centres de données quand les autres en manquent. Encore faut-il un cadre qui libère ce calcul, l’accès aux données et le foncier des data centers, au lieu de les entraver.
Nous ne copierons ni le modèle de masse américain, ni la mobilisation d’État chinoise.
Nous devons choisir une voie de supériorité ciblée en concentrant l’effort sur quelques domaines décisifs, par des coalitions d’États décidées plutôt qu’en répartissant les crédits entre vingt-sept pays.
Visons d’abord l’intelligence artificielle là où nous pouvons gagner : défense, santé, énergie, industrie, avec la commande publique pour levier. Le quantique, où nous gardons une vraie avance, et le spatial – accès, connectivité, services – appellent le même effort concentré. Enfin, prenons conscience de l’énorme enjeu de société et économique de la robotique : la Chine y a installé 295 000 robots industriels en une seule année, neuf fois plus que les États-Unis. Sans elle, il n’y aura pas de réindustrialisation.
Reste le financement. L’épargne des Français se dirige aujourd’hui trop peu vers les entreprises. Un pilier de retraite par capitalisation l’orienterait vers les PME et les ETI technologiques, reconstituerait un actionnariat stable et nous affranchirait des capitaux étrangers à condition de ne jamais laisser racheter nos actifs critiques quand ils touchent à la souveraineté.
La France doit renoncer au rêve d’une supériorité générale, hors de portée, pour bâtir une supériorité ciblée, protégée et industrialisée sur les technologies qui commandent sa liberté d’action. C’est notre dissuasion pour ce siècle.
Comment analysez-vous aujourd’hui la stratégie de Donald Trump et l’évolution de l’Amérique trumpienne ? Les États-Unis poussent désormais leurs alliés européens – notamment par la voix de J.D. Vance – à se réindustrialiser, à réarmer leurs économies et à défendre davantage leurs identités et valeurs civilisationnelles. Quelle relation la France devrait-elle entretenir avec cette nouvelle Amérique ?
L’Amérique de Trump est un empire contesté qui refuse de décliner et entend rester dominant à ses conditions. Il ne quitte pas le jeu mondial ; il veut y rester en faisant payer les autres : réindustrialiser, fermer les frontières, rapatrier les chaînes critiques, redéfinir l’alliance sur des bases transactionnelles. Sa ligne est souvent illisible : un jour il presse l’Iran, le lendemain il retient Israël ; il négocie seul avec Moscou sur l’Ukraine, et avec Téhéran via Oman et le Pakistan, sans nous.
Il n’attache plus de prix à sa réputation d’allié fiable : il menace de prendre le Groenland, promet d’aider les manifestants iraniens, puis félicite le régime qui les pend et lui consent des concessions contre de vagues engagements.
Son injonction nous rend service. Quand Washington somme les Européens de se réindustrialiser, de réarmer et d’assumer leurs intérêts, il s’agit d’une vérité.
L’Amérique nous veut plus forts à condition que nous restions utiles dans une hiérarchie qu’elle entend continuer de dominer. Raison de plus pour nous renforcer selon nos intérêts.
Le message va d’ailleurs plus loin que le partage du fardeau militaire. À Munich, en février 2025, J.D. Vance a désigné comme première menace pour l’Europe non la Russie, mais le recul de la liberté d’expression, la défiance des élites envers leurs peuples, l’immigration de masse. Il y a là une part de vérité : l’Europe doit cesser de douter d’elle-même et réaffirmer ses nations et ses frontières. Mais ne nous y trompons pas : partager certaines valeurs ne rapproche pas nos intérêts. Les États-Unis défendent d’abord leurs producteurs, leurs plateformes, leur monnaie et leurs marchands d’armes, quel que soit le discours sur la civilisation.
La bonne relation avec cette Amérique n’est donc ni l’hostilité de principe, ni l’atlantisme réflexe, ni la fascination idéologique. C’est une alliance lucide et sélective : une sécurité partagée sans dépendance de décision, une coopération technologique sans naïveté industrielle, un dialogue politique sans mimétisme idéologique. Celle d’un allié fiable, mais qui finance sa propre défense, défend ses intérêts à chaque table et cesse de sous-traiter sa sécurité. Washington ne traite d’égal à égal qu’avec les nations qui se respectent assez pour assurer elles-mêmes la leur. Le problème est donc d’abord chez nous.
La France dispose de la deuxième Zone économique exclusive mondiale et possède des intérêts stratégiques majeurs dans l’Indo-Pacifique. Quelle serait votre politique dans cette région devenue centrale dans la compétition mondiale face à la montée en puissance chinoise ?
Pour la France, l’Indo-Pacifique n’est pas un théâtre de projection lointain : c’est un territoire national. 93 % de notre zone économique exclusive s’y trouve, 1,65 million de Français y vivent, de La Réunion à la Nouvelle-Calédonie, de Mayotte à la Polynésie, et nous y maintenons en permanence près de 8 000 militaires. Nous sommes la seule puissance européenne véritablement résidente entre l’océan Indien et le Pacifique. Cet atout, nous le sous-exploitons. La France doit y agir en puissance riveraine : l’enjeu n’y est pas seulement diplomatique, il est souverain, militaire, économique et civilisationnel. J’y vise une capacité réelle d’influence, de présence et de capacité de réplique pour préserver nos intérêts.
La zone concentrera la moitié du PIB mondial en 2040 et toutes les lignes de faille. La Chine revendique près de 90 % de la mer de Chine méridionale et y bâtit des bases. Taïwan, où se fabriquent plus de 90 % des semi-conducteurs les plus avancés, demeure un point de bascule du monde. La Corée du Nord multiplie les tirs de missiles. Notre déficit commercial avec la région a explosé. Pékin y est à la fois un partenaire économique, un rival stratégique et une puissance qui n’hésite pas à user de révisionnisme historique pour justifier sa volonté d’expansionnisme géographique. Il faut le traiter comme tel, sans ambiguïté.
La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, La Réunion, Mayotte, Wallis-et-Futuna, les Terres australes sont nos plates-formes stratégiques, pas des périphéries administratives. Nous en ferons des points d’ancrage de commandement, de renseignement maritime, de protection des câbles et de projection logistique. Cela suppose de renforcer nos outre-mer : radars, drones de surveillance, patrouilleurs, ports à double usage, cyberdéfense, réserve territoriale et d’en faire un chantier prioritaire, pas une annexe budgétaire. Une puissance qui n’organise pas ses confins maritimes invite les autres à les tester.
Autour de ces points d’ancrage, je raisonne en cercles. D’abord les partenaires lourds comme l’Inde, avec qui nous avons un partenariat de défense exemplaire autour du Rafale, le Japon, l’Australie, l’Indonésie, avec lesquels je veux un agenda annuel d’exercices conjoints : surveillance maritime, cyber, secours aux populations, logistique.
Ensuite les pivots d’Asie du Sud-Est : Singapour, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie. Enfin les États insulaires du Pacifique, où se joue une bataille d’influence que nous avons trop longtemps négligée. Le tout sans nous enrôler dans une logique de bloc qui ferait de nos territoires des cibles.
Deux chantiers, enfin. Une initiative française sur les câbles, les ports et la connectivité souveraine du Pacifique insulaire et de l’océan Indien, articulée avec l’Union européenne et son programme Global Gateway. Et un vrai retour en Océanie politique : garde-côtes, formation et bourses, santé, climat, francophonie, gouvernance maritime. C’est dans cette influence quotidienne qu’on gagne ou qu’on perd une région. Sur Taïwan et les mers régionales, ma ligne est claire : soutien au statu quo, refus de la force, respect du droit international, missions de présence assumées mais calibrées.
Les relations entre Paris et Alger traversent une crise profonde, tandis que le Maroc affirme de plus en plus son rôle régional et que la Libye demeure fragmentée. Quelle politique entendez-vous mener vis-à-vis de l’Algérie et plus largement du Maghreb ?
La France ne peut plus y arbitrer les rivalités, elle doit y hiérarchiser ses intérêts et compartimenter ses relations. Elle doit surtout cesser de faire dépendre toute sa politique régionale de l’Algérie. L’Algérie, le Maroc et la Libye n’appellent pas la même politique : il faut parler aux deux rives du duel algéro-marocain sans dépendre d’aucune, et empêcher que la Chine, la Russie, la Turquie ou les monarchies du Golfe ne structurent seules la région. Car le Maghreb est notre profondeur stratégique en Méditerranée, au Sahel et en Europe et, par les mémoires et les diasporas, un sujet de tension ou de cohésion intérieure française.
Avec l’Algérie, je ne veux ni rupture théâtrale, ni aveuglement mémoriel. Elle est trop importante pour être traitée en adversaire, et trop conflictuelle pour rester un partenaire privilégié. Le cœur du problème est l’accord de 1968, qui place les ressortissants algériens hors de notre droit commun et neutralise nos réformes migratoires : aucune réforme sérieuse de l’immigration n’est possible sans le dénoncer. Le levier des visas doit être constant et hiérarchisé : d’abord les passeports diplomatiques et les dignitaires du régime, avant les familles et les étudiants. Un État qui refuse de reprendre ses ressortissants délinquants et tolère des opérations d’ingérence sur notre sol ne peut prétendre à nos largesses. La relation deviendra solide le jour où elle se fera d’égal à égal, entre deux nations qui tiennent parole. J’y travaillerai.
Avec le Maroc, c’est l’inverse, et tant mieux. La reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental a clarifié la relation et débouche sur un partenariat d’exception, jusqu’à un traité bilatéral inédit. Le Maroc est notre premier partenaire économique en Afrique et un point d’entrée vers tout le continent. Je souhaite approfondir ce lien : ferroviaire, énergie, sécurité, co-développement en Afrique. Une diplomatie de clarté et d’intérêts mutuels obtient ce qu’une diplomatie de l’ambiguïté n’obtient jamais.
La Libye, enfin, est une plaie ouverte aux portes de l’Europe : un pays coupé en deux, sans élection depuis 2014, où la Turquie et la Russie ont installé leurs relais pendant que les Européens étaient marginalisés. Son plan de réunification se négocie désormais à Washington. Nos intérêts y sont pourtant directs : terrorisme, flux migratoires, énergie. La France doit y retrouver une voix, avec ses partenaires européens et sous mandat des Nations unies, au lieu de subir un dossier où d’autres décident à sa place.
Je n’oublie pas la Tunisie, clé des flux migratoires et de la stabilité du Maghreb central : un partenariat exigeant, sans complaisance pour ses dérives. Car tout se tient. Il n’y a pas de politique sahélienne sérieuse sans une lecture fine des enjeux avec ces pays.
N’oublions pas enfin les enjeux culturels d’une politique constructive avec le Maghreb.
Après les revers enregistrés au Sahel et le recul de l’influence française dans plusieurs pays africains, comment la France peut-elle reconstruire une relation crédible avec l’Afrique face à la montée en puissance de nouveaux acteurs comme la Chine, la Russie ou la Turquie ?
Disons d’abord la vérité : notre désengagement militaire du Sahel est achevé. Cinq accords de défense rompus – Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad, Sénégal – nos bases rétrocédées ; il ne nous reste guère que Djibouti et un point d’appui au Gabon. Wagner, rebaptisé Africa Korps, occupe le terrain. La Turquie y vend ses drones, la Chine y avance ses intérêts. Cet échec a une cause : nous avons trop longtemps fait reposer la relation sur le militaire et sur une posture de paternalisme post-colonial que plus personne n’acceptait.
Reconstruire suppose de changer de logiciel, et même de question : au lieu de nous demander comment retrouver notre influence, demandons-nous pourquoi un État africain choisirait la France plutôt que la Chine, la Russie ou la Turquie. Tant que nous n’y répondons pas froidement, tout « reset » reste cosmétique. La repentance n’achète aucune influence. Je crois à une relation d’intérêts, sans condescendance ni culpabilité. La réponse est donc aussi ans leurs priorités, pas dans nos catégories : l’emploi des jeunes, la dette, l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, l’accès au capital comptent plus, pour eux, que nos débats mémoriels.
Cela suppose aussi d’abandonner le réflexe du pré carré francophone. Le rapprochement avec les économies anglophones dynamiques – le partenariat avec le Kenya, le sommet de Nairobi – va dans le bon sens. L’Afrique est un continent jeune et en croissance, qui se pense désormais comme un sujet stratégique, et non comme une chasse gardée. Nous y conservons des atouts considérables, mais notre seule présence ne suffit plus : il faut convaincre, proposer des offres sectorielles tenables, et co-construire plutôt que prétendre piloter. L’influence se regagnera par l’utilité et la constance, dans la durée.
Le Moyen-Orient connaît une nouvelle phase de déstabilisation avec la guerre entre Israël et l’Iran, la fragilité persistante du Liban et le retour des affrontements régionaux. Comment analysez-vous la politique de la France au Levant et quelle devrait être la meilleure position diplomatique et stratégique de la France ?
En politique étrangère, ce sont les rapports de force qui décident. L’Iran ne cède qu’à la contrainte, et un accord arraché sous la menace ne vaut que ce que vaut sa garantie. Pour Israël, l’affrontement avec l’Iran est existentiel : son droit à se défendre est légitime, et la responsabilité première de l’escalade revient à Téhéran et à ses proxies. Un Iran doté de l’arme nucléaire reste une ligne rouge absolue. Or le mémorandum qui vient d’être signé diffère ce problème, il ne le règle pas. Il promet le démantèlement et le retrait de l’uranium enrichi ; mais ces 440 kilogrammes à 60 %, de quoi fabriquer une dizaine de bombes, ne seront neutralisés que lorsque cet engagement sera effectif et vérifié.
Et les négociations censées le finaliser se présentent mal. La dilution du stock sur le sol iranien, puisque Téhéran refuse de l’exporter, est pleine de zones d’ombre : à quel taux, selon quel calendrier ? Surtout, ce stock resterait en Iran, et une dilution se renverse en quelques mois.
Quant à Ormuz, l’Iran annonce un droit de péage à partir de mi-août, au mépris du droit international et de la promesse américaine d’un détroit libre : une dangereuse boîte de Pandore.
Ce que cette crise révèle surtout, c’est l’absence française. Nous sommes pourtant l’un des rares pays capables de parler à toutes les parties, d’œuvrer à la défense du droit international, la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban et la critique du rôle iranien.
Nous en avons les moyens : des Rafale qui protègent en ce moment nos partenaires du Golfe, 400 000 ressortissants, le Charles-de-Gaulle sur zone, des accords de défense avec les Émirats, le Qatar et le Koweït, un siège permanent au Conseil de sécurité. Pourtant, l’accord sur le nucléaire se négocie sans nous, d’Islamabad à la Suisse ; le plan pour Gaza s’écrit à Washington sans nous.
Nous siégions dans le format E3/P5+1 qui a négocié l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien aux côtés de nos partenaires européens, de la Russie, de la Chine et des États-Unis ; nous n’y sommes plus. Hésitante, la France a vu son influence régresser et failli perdre ce qui fait sa singularité : pouvoir parler à tous.
Au Liban, la ligne doit être ferme et utile : soutien à l’État et à son armée, désarmement du Hezbollah et retrait au sud du Litani comme conditions non négociables, dans le cadre de la résolution 1701. Je veux saluer ici la mémoire de nos soldats de la FINUL tombés cette année. La France y a un rôle ; encore faut-il qu’elle le tienne.
La diplomatie d’affichage, elle, nous affaiblit. Reconnaître un État sans contrepartie, comme nous l’avons fait avec la Palestine, ou écarter un partenaire de défense d’un salon d’armement, n’envoie aucun signal stratégique. Cela irrite des alliés et nous prive de coopérations utiles. La France n’est pas perçue comme neutre, et peu importe. Elle doit être perçue comme prévisible, ferme et utile ; ni dans la posture purement morale, qui parle sans effet, ni dans l’alignement réflexe, qui suit sans stratégie.
La seule influence qui dure est celle d’une puissance qui apporte de la sécurité, un appui à nos partenaires et des solutions concrètes. Cela veut dire défendre des intérêts précis – empêcher un Iran nucléaire, protéger nos ressortissants et nos alliés du Golfe, sécuriser notre approvisionnement énergétique – et exiger notre place à chaque table. C’est la condition pour cesser de subir une région où se jouent directement notre sécurité et notre approvisionnement.
Enfin, entre guerre en Ukraine, menace jihadiste persistante au Sahel, affirmation de la Russie, montée des puissances émergentes comme l’Inde et remise en cause du modèle occidental, considérez-vous que la France doit revoir en profondeur sa doctrine diplomatique et militaire pour redevenir une puissance d’équilibre et d’influence ?
La France doit et peut redevenir une puissance d’initiative plus que d’équilibre. Elle doit retrouver la capacité d’agir la première et d’entraîner les autres, sur l’Ukraine, sur ses approvisionnements, sur ses technologies.
L’initiative la plus difficile qu’il nous faut donc anticiper sera celle qui prévaudra à la sortie de la guerre en Ukraine. Il faudra à la fois aider à reconstruire un pays ravagé et rouvrir avec la Russie, qui restera notre voisine, un canal de dialogue.
Sans naïveté. Il s’agit de renouer ce dialogue structuré qui, au plus fort de la guerre froide, a réduit les tensions avec l’URSS, un ennemi nucléaire autrement plus menaçant avec lequel nous avons su parler sans rien lui céder. Nous saurons parler à une Russie qui défend durement ses intérêts, pour trouver, là où c’est possible, des zones de moindre conflictualité.
Mais porter de telles initiatives suppose une France qui pèse.
Nous ne devons surtout pas renier notre identité, mais réarmer ce qui a toujours fait notre force : la liberté d’appréciation gaullienne, dans un monde devenu plus dur. Nous ne pèserons pas en rêvant d’une neutralité impossible ou en se voulant la conscience morale de l’Occident.
Nous pèserons en nous donnant les moyens d’agir. Le chantier est d’abord intérieur. C’est là que tout commence.
Propos recueillis par Roland Lombardi. Retrouvez cet entrentien sur le site Le Diplomate en cliquant ici.
Risque feux de forêt : la Mairie de Cannes et le SDIS renforcent la protection des massifs forestiers
Avec la sécheresse persistante et les fortes chaleurs, le risque d’incendie demeure particulièrement élevé. Pour protéger les massifs forestiers et les habitants, la Mairie de Cannes renforce son dispositif de prévention en misant sur le débroussaillement, une surveillance accrue, la sensibilisation du public et un soutien constant aux services de secours.
À l’approche de l’été, la Ville de Cannes déploie un ensemble d’actions destinées à limiter les départs de feu sur ses 300 hectares de massifs boisés. Présentées le 25 juin par David Lisnard et le lieutenant-colonel Frédéric Mora, ces mesures s’inscrivent dans la politique municipale de prévention des risques majeurs.
La campagne annuelle de débroussaillement se poursuit sur les terrains communaux afin de réduire la propagation d’éventuels incendies. En 2025, plus de 101 hectares d’espaces verts ont ainsi été entretenus. La municipalité rappelle également que les propriétaires concernés sont tenus de débroussailler leurs parcelles situées à proximité des zones boisées et peut se substituer à eux en cas de manquement. À la Croix-des-Gardes, l’entretien naturel des espaces est également assuré grâce à l’éco-pâturage de trois ânes.
La surveillance des massifs est renforcée tout au long de la période estivale. Police municipale, brigade équestre, agent communal, écogardes de l’île Sainte-Marguerite et drone doté d’une caméra thermique assurent une veille permanente. La Réserve communale de sécurité civile, qui rassemble 85 bénévoles, contribue également à la surveillance des secteurs les plus exposés et participe régulièrement à des exercices aux côtés des sapeurs-pompiers.
De son côté, l’Agglomération Cannes Lérins poursuit son engagement en faveur du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS). En 2025, elle lui a consacré 14,34 millions d’euros de financement et assure l’entretien des 895 points d’eau incendie implantés sur le territoire communal.
«De Marc Bloch à Samuel Paty, pour un deuxième “historien-résistant” au Panthéon»
Emmanuel Macron a l’occasion de respecter davantage l’esprit de l’Étrange défaite et la mémoire de Marc Bloch en annonçant l’entrée au Panthéon de Samuel Paty. Une tribune de David Lisnard parue dans Le Figaro.
S’il est une panthéonisation qui devait faire l’unanimité, c’était bien celle de Marc Bloch. Sa vie comme ses écrits en font un homme d’exception et une source d’inspiration. Savant qui a révolutionné l’histoire par son œuvre personnelle et la belle aventure des Annales en compagnie de son ami Lucien Febvre, officier couvert de citations et de médailles dans les deux guerres mondiales, résistant du réseau Franc-Tireur avant d’être l’un des principaux responsables de la résistance unifiée : Marc Bloch coche décidément toutes les cases du « grand homme » qui a mérité l’hommage suprême de la « patrie reconnaissante », selon la devise inscrite au fronton du Panthéon. D’où le très juste choix d’Emmanuel Macron en décidant d’une reconnaissance nationale qui n’avait que trop tardé. Et en plaçant son discours, comme toute la cérémonie, sous la haute exigence de l’épitaphe de Marc Bloch : dilexit veritatem : (« il a chéri la vérité »).
On eût dès lors aimé qu’il respectât davantage le contenu du livre présenté comme la référence centrale de son propos. L’étrange défaite n’est en effet pas un livre sur Vichy mais sur la déroute de 1940 et ses causes, donc sur l’avant-guerre. Il n’a pas pour enjeu « la République », mais la France. Il ne constitue pas davantage un procès contre « ceux qui se sentent plus Français que vous » mais un diagnostic sur le divorce consommé, dès avant la défaite, entre les élites (toutes les élites) et le peuple. C’est une analyse au scalpel qui pointe aussi bien les compromissions de la droite que les « invraisemblables contradictions du communisme français ». Qui accable l’égoïsme du patronat mais aussi le jeu trouble des syndicats dont « les défaillances n’ont pas été, dans cette guerre-ci, plus niables que celles des états-majors ». Et qui relève déjà les itinéraires paradoxaux d’individus passés de l’extrême gauche internationaliste à l’extrême droite collaborationniste, parce qu’animés d’une idée fixe : la « négation de la nation ». De tout cela, pas un mot dans le discours présidentiel. De façon plus générale, on laissera aux historiens le soin de juger si le portrait de Marc Bloch, tel qu’il est dressé par le discours dominant et conforté par certains membres de la famille, est bien conforme à l’original. Gare à la confusion entre mémoire et histoire, nous mettaient déjà en garde Pierre Nora et Paul Ricoeur, le propre maître d’Emmanuel Macron!
Il est vrai que, panthéonisation oblige, il s’agissait bel et bien, ce 23 juin, de mémoire. Donc de ce que le présent choisit de retenir du passé. Mais ce sont d’autres parallèles que le Président aurait pu tracer, ce sont d’autres leçons qu’il aurait pu tirer.
Rappeler par exemple l’invitation pressante à « la réforme intellectuelle et morale », comme le voulait déjà Renan en 1871, grande référence de Bloch en 1940; et d’abord au courage pour briser tous les conformismes imposés par la bureaucratie, ses procédures paralysantes et son «culte du beau papier». Dénoncer, comme Emmanuel Macron l’a fait avec vigueur, l’antisémitisme actuel, mais sans faire mine de n’y voir qu’une résurgence de Vichy et un apanage de l’extrême droite. Mettre en garde enfin contre les nouvelles capitulations et les nouvelles collaborations qui se préparent dans la complaisance répandue, y compris dans nos institutions, à l’égard des entreprises totalitaires qui déploient aujourd’hui toute leur haine de la France.
C’est là qu’un message clair, et tout à fait dans la ligne de Marc Bloch, qui fut jusqu’au bout obsédé par la question de l’enseignement, eût été bienvenu : l’annonce d’une prochaine panthéonisation de Samuel Paty. L’idée, évoquée plusieurs fois par Emmanuel Macron mais « oubliée » dans son discours du 23 juin, progresse dans la société comme chez ses représentants : ainsi du vœu exprimé par la présidente de l’association des professeurs d’histoire-géographie, Joëlle Alazard, par ailleurs très active dans la commémoration de Marc Bloch. Cet appel suscite, il est vrai, maintes objections, d’une bonne foi d’ailleurs discutable : « ce serait contraire aux usages car la mort de Paty est trop récente »; « il n’a pas été un héros mais une victime »; « l’honorer risquerait d’aggraver les divisions qui déchirent déjà la société ». Des objections auxquelles l’on opposera la panthéonisation de Zola – si cher à Marc Bloch – en 1908, six ans seulement après sa mort et dans un climat de polémiques incendiaires, de manifestations violentes, et même d’une tentative d’assassinat contre Dreyfus. La République, que l’on a exaltée sur tous les tons lors de la récente cérémonie, n’avait alors pas tremblé et avait assumé une « panthéonisation de combat ». D’ailleurs, comme le rappellent les spécialistes, il n’y a en vérité aucun canon en la matière.
D’autant qu’avant d’être une victime, Samuel Paty fut, à sa façon, un résistant. Un résistant aux intimidations et aux menaces des islamistes; à la meute lancée contre lui sur les réseaux sociaux, au « pas de vague » de l’institution, à la tentation – si compréhensible – de l’autocensure dans le corps enseignant; et à sa propre peur qui aurait pu le pousser à un prudent « droit de retrait ». Non. Il a maintenu sa position. Il a défendu son honneur personnel et professionnel. Il a tenu jusqu’aux vacances malgré la montée du péril. Parfaite illustration de la continuité affirmée par Marc Bloch entre « la coutume d’accomplir son devoir exactement » dans son métier et le « sacrifice consenti à la communauté nationale », où il voyait la source du véritable héroïsme, celui du peuple combattant de 1914 et de 1940. Samuel Paty a justement voulu « accomplir son devoir exactement », en enseignant à ses élèves un droit fondamental de notre communauté nationale : la liberté d’expression, que l’on aimerait voir rappeler plus souvent par les chantres des « valeurs républicaines ».
Par ailleurs, de même que chaque panthéonisation rend hommage à une catégorie de Français (les universitaires résistants à travers Marc Bloch), de même celle de Samuel Paty (historien lui aussi) serait un hommage rendu à une profession tout entière, celle des enseignants. N’ont-ils pas le plus grand besoin de la reconnaissance, fût-elle symbolique, de la nation ? Conduire Samuel Paty au Panthéon relève donc en fin de compte, comme tous les grands cérémoniels républicains, d’un choix politique. Ne pas l’assumer consisterait à ternir la mémoire de Marc Bloch au moment où on prétend l’honorer. Réserver nos hommages aux combattants d’hier serait à ses yeux une injustice à l’égard de ceux d’aujourd’hui. Et ce serait oublier le précieux viatique qu’il nous a laissé en héritage : « ne jamais désespérer des Français » car « les ressorts profonds de notre peuple sont intacts et prêts à rebondir ».
Grand meeting de David Lisnard à Saint-Raphaël !
Avant l’été et les vacances, Nouvelle Énergie appelle ses adhérents et sympathisants à un grand moment de mobilisation autour de David Lisnard, ce vendredi 3 juillet à Saint-Raphaël.
À l’heure où notre pays a besoin d’espérance, de clarté et de courage, ce meeting sera l’occasion de rassembler toutes celles et ceux qui veulent refuser le fatalisme et préparer le redressement de la France.
Nouvelle Énergie compte sur la présence nombreuse de ses adhérents pour faire de ce rendez-vous un temps fort de mobilisation, d’élan collectif et de détermination.
Cette dynamique se poursuivra également à Cannes, le dernier week-end d’août, à l’occasion de La Gagne, le campus d’été de Nouvelle Énergie. Un rendez-vous essentiel pour se former, débattre, se retrouver et préparer ensemble les prochaines étapes.
Les places sont limitées : inscrivez-vous dès maintenant.
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David Lisnard défend dans la Sarthe une écologie de la liberté et du bon sens
Une semaine après son discours fondateur de Bayeux consacré à la réforme de nos institutions, David Lisnard poursuivait son Tour de France dans la Sarthe, à la rencontre de celles et ceux qui font vivre une écologie concrète, productive et affranchie des dogmes.
La journée a débuté à la scierie familiale de Pescheseul, où David Lisnard a échangé avec les professionnels de la filière bois. Leur activité illustre une conviction simple : il est possible de concilier développement économique et protection de l’environnement lorsque l’on fait confiance au travail, à l’innovation et à la gestion durable des ressources. Alors que la forêt française continue de gagner chaque année l’équivalent de 120 000 terrains de football, ces entrepreneurs démontrent qu’une écologie de résultats est non seulement possible, mais déjà à l’œuvre.
La visite du méthaniseur de Solesmes a ensuite illustré les incohérences d’une politique publique trop souvent prisonnière de sa propre bureaucratie. Faute d’avoir pu développer ses capacités de stockage, son exploitant est aujourd’hui contraint de brûler à la torchère une partie de sa production de gaz. Pendant que la France continue d’importer de l’énergie, des centaines de milliers d’euros de gaz local, renouvelable et décarboné partent ainsi en fumée.
Pour David Lisnard, cette situation résume les dérives d’un système qui décourage les initiatives au lieu de les accompagner.
Devant une salle comble à Noyen-sur-Sarthe, malgré la canicule, le président de Nouvelle Énergie a défendu une écologie fondée sur la raison, l’innovation et la liberté d’entreprendre.
« Nous devons porter une espérance écologique. Il ne s’agit pas de dire que l’écologie n’est qu’une escroquerie. Il ne s’agit pas de dire que la préoccupation écologique est une fausse préoccupation. Il s’agit de dire que, comme tous les défis que l’humanité a affrontés, nous devons y répondre de façon rationnelle, organisée et hiérarchisée. »
À ses yeux, la priorité est claire : décarboner l’économie en retrouvant une énergie abondante, compétitive et souveraine.
« Comment on lutte contre la part humaine du réchauffement climatique ? Décarboner l’activité. Donc tout passe par l’énergie. Priorité absolue si on veut réindustrialiser et retrouver du pouvoir d’achat : baisser le coût de l’énergie, décarboner l’énergie. C’est à la fois économique et écologique. »
Face à une écologie de l’interdiction, David Lisnard a revendiqué une écologie de la confiance et de la responsabilité.
« L’écologie, c’est nous qui la défendons. Nous voulons protéger la terre et l’environnement, mais ce n’est pas avec des incantations et ce n’est pas en détestant l’homme, l’activité humaine, que l’on y parviendra. »
Il a également dénoncé les conséquences d’une dérive idéologique qui pénalise aujourd’hui les producteurs, les agriculteurs et les industriels.
« Relancer aujourd’hui l’agriculture et le développement industriel doit passer par le respect des données scientifiques. Cette écologie de la décroissance est en train d’amener le pays dans la récession et dans la régression. »
Pour le président de Nouvelle Énergie, une politique écologique efficace repose sur trois piliers :
« Le droit, la science, l’investissement. Voilà les trois piliers d’une politique écologique efficace. »
Au-delà de l’écologie, cette étape dans la Sarthe s’inscrivait dans un message plus large adressé à tous ceux qui refusent le déclassement français.
« Toute cette France-là, ce pays réel que je rencontre tous les jours, ce pays réel dont je suis et auquel j’appartiens, moi je veux qu’on le fasse gagner. Je n’accepte plus le fatalisme d’une France qui gère son déclin et son déclassement. »
Avant de conclure par un appel à rompre avec le conformisme qui enferme depuis trop longtemps le débat public :
« Notre seul ennemi, c’est le fatalisme. C’est l’acceptation du conformisme et des gestionnaires du déclin. »
De Bayeux à la Sarthe, un même cap se dessine : rendre le pouvoir au terrain, faire confiance à ceux qui innovent et entreprennent, et défendre une écologie de la liberté, du bon sens et des résultats.
Cannes, ville la plus créative de France : la récompense d’une vision
C’est une distinction qui vient confirmer une réalité que les Cannois constatent chaque jour : Cannes a été désignée ville la plus créative de France par Adobe, à l’issue d’une étude évaluant les territoires selon de nombreux critères rapportés à leur population, tels que le nombre de musées, d’événements culturels ou encore d’emplois liés aux industries créatives.
Avec une note de 9,6 sur 10, Cannes s’impose largement en tête du classement national.
Cette reconnaissance n’est ni le fruit du hasard ni celui d’une mode passagère. Elle récompense une stratégie cohérente menée depuis plusieurs années pour faire de la créativité un moteur de développement économique, d’attractivité et d’émancipation.
Car la créativité ne se décrète pas. Elle se favorise. Elle se nourrit d’un environnement qui encourage l’initiative, récompense l’audace et permet aux talents de s’exprimer.
À Cannes, cette ambition se traduit par des réalisations concrètes.
La création du campus universitaire Georges Méliès à Cannes La Bocca en est l’une des illustrations les plus emblématiques. Entièrement dédié aux industries créatives, il accueille aujourd’hui plus de 1 200 étudiants ainsi qu’une vingtaine de start-ups directement liées aux formations dispensées sur place. Un écosystème unique qui favorise l’innovation, l’entrepreneuriat et la création d’emplois qualifiés.
Cette dynamique s’appuie également sur une politique volontariste en faveur des grands événements internationaux. Festivals, congrès et rendez-vous professionnels contribuent à faire de Cannes une vitrine mondiale de la création sous toutes ses formes. Ils attirent chaque année des milliers de professionnels, d’artistes, d’entrepreneurs et d’investisseurs venus du monde entier.
La créativité s’exprime aussi dans le patrimoine et la culture. La rénovation de la Malmaison, la création du Suquet des Artistes ou encore le déploiement d’une politique éducative et culturelle ambitieuse participent à faire de la culture un levier d’épanouissement individuel et de rayonnement collectif.
Derrière cette réussite se trouve une conviction forte : la prospérité naît de la liberté de créer.
Une ville qui encourage les talents, soutient l’innovation et fait confiance aux initiatives individuelles construit les conditions de son avenir. À l’inverse, les territoires qui s’enferment dans la bureaucratie et l’immobilisme finissent par subir le déclassement.
Cannes démontre qu’il est possible de conjuguer ambition culturelle, développement économique et bonne gestion publique. La ville poursuit ses investissements, renforce son attractivité internationale, tout en réduisant sa dette et en protégeant les contribuables.
Cette distinction vient ainsi récompenser bien davantage qu’une politique culturelle. Elle consacre une méthode : anticiper plutôt que subir, investir plutôt que renoncer, faire confiance aux énergies créatrices plutôt qu’à l’administration.
Ville la plus créative de France, quadruple championne du monde du tourisme, Cannes illustre ce que peut produire une action publique guidée par la responsabilité, la performance et la confiance dans les talents.
Une démonstration concrète qu’en donnant aux individus les moyens d’agir, les territoires peuvent gagner.
« Le 18 juin nous invite à la lucidité, au caractère et à la grandeur »
À Cannes, devant la Croix de Lorraine de la Roseraie, David Lisnard a présidé la cérémonie commémorant le 86ᵉ anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940. Aux côtés des associations patriotiques, des autorités civiles et militaires, des porte-drapeaux et de nombreux jeunes élèves venus participer à ce moment de mémoire, il a rappelé l’actualité profonde du message porté par le général de Gaulle.
Pour le maire de Cannes et président de Nouvelle Énergie, l’Appel du 18 juin n’est pas seulement une date historique. Il constitue une leçon politique, morale et civique dont la France a aujourd’hui plus que jamais besoin.
« Nous revenons chaque année parce que le 18 juin 1940 contient la formule secrète du salut français », a-t-il déclaré en ouverture de son discours.
David Lisnard a rappelé les circonstances exceptionnelles dans lesquelles Charles de Gaulle prit la parole depuis Londres. Général peu connu, isolé, sans véritable légitimité institutionnelle, il refuse pourtant la capitulation et choisit la résistance. Alors que presque personne n’entend son message ce soir-là, il engage ce qui deviendra l’un des plus grands sursauts de l’histoire nationale.
Pour David Lisnard, cette séquence historique démontre une constante française : les moments de redressement naissent souvent de la détermination d’une minorité capable de refuser le fatalisme.
Évoquant Jeanne d’Arc, Valmy, le pont d’Arcole, Bir Hakeim ou encore la France Libre, il a souligné que les grandes victoires françaises procèdent toujours de la même logique : quelques femmes et hommes de caractère qui refusent de céder lorsque tout semble perdu.
Cette leçon s’adresse directement à notre époque. David Lisnard a dénoncé ce qu’il appelle la « savante lâcheté », cette tendance des élites à justifier l’impuissance par des contraintes présentées comme inéluctables. Il a critiqué une technocratie qui multiplie les normes sans résoudre les problèmes, un conformisme intellectuel qui décourage le débat d’idées et une classe dirigeante qui accompagne le déclin au lieu de le combattre.
Face à ces renoncements, il a appelé à renouer avec l’esprit du 18 juin : celui de la lucidité face au réel, du courage dans l’action et de la confiance dans la capacité de la France à se redresser.
« Le sursaut ne viendra pas de nos dirigeants actuels. Il ne viendra pas non plus d’un homme providentiel. Il viendra d’un sursaut civique, d’une multitude de fidélités individuelles, d’engagements opposés chaque jour à la facilité, à la lâcheté et au conformisme », a-t-il affirmé.
Dans un passage particulièrement applaudi, David Lisnard a rappelé les trois vertus qui, selon lui, résument l’héritage gaullien et doivent inspirer l’engagement public : la lucidité, le caractère et la grandeur. Trois exigences qui permettent à une nation de dépasser ses peurs, de retrouver confiance en elle-même et de reprendre en main son destin.
En concluant cette cérémonie, il a invité chacun à s’interroger sur sa propre part de responsabilité dans le redressement national. Car l’esprit du 18 juin n’appartient pas seulement à l’histoire : il demeure une invitation à l’engagement, à la résistance face au renoncement et à la fidélité envers ce qui mérite d’être défendu.
« La France vaut davantage que son moment de faiblesse », a rappelé David Lisnard. Un message d’espérance et de responsabilité qui résonne aujourd’hui avec une force particulière.