Alors que la consommation détournée de protoxyde d’azote continue de provoquer des drames sur les routes françaises, la Ville de Cannes franchit une nouvelle étape dans la protection des usagers. Les policiers municipaux cannois sont désormais équipés de trois détecteurs capables d’identifier, en quelques secondes, la présence de protoxyde d’azote dans l’air expiré d’un conducteur, à l’image d’un éthylotest pour l’alcool.
Fabriqués par l’entreprise française Olythe, ces appareils reposent sur une technologie de spectroscopie infrarouge miniaturisée déjà utilisée dans plusieurs pays européens. Cannes est la première collectivité française à les déployer sur le terrain.
Un premier contrôle concluant
Quelques heures seulement après leur mise en service, ces détecteurs ont démontré leur utilité. Alertés par des passants ayant signalé un conducteur consommant du protoxyde d’azote au volant, les policiers municipaux ont rapidement retrouvé le véhicule grâce au réseau de vidéoprotection cannois.
Le conducteur a présenté un résultat positif au dépistage. Dans l’attente de l’évolution de la législation nationale, son véhicule a été immédiatement immobilisé jusqu’à ce qu’un nouveau contrôle confirme la disparition des effets du produit. Un passager a également été verbalisé pour consommation de protoxyde d’azote et trois autres pour détention de bonbonnes.
Cette première intervention illustre l’intérêt concret de ces nouveaux équipements pour prévenir un accident avant qu’il ne survienne.
Agir avant que le drame ne se produise
Souvent présenté à tort comme un simple « gaz hilarant », le protoxyde d’azote est une substance particulièrement dangereuse. Son inhalation peut provoquer en quelques secondes des vertiges, des troubles de la perception, une perte de coordination ou de connaissance, et entraîner, en cas d’usages répétés, de graves lésions neurologiques.
Au volant, les conséquences peuvent être dramatiques. Plusieurs accidents mortels survenus ces dernières années, notamment à Nice, Alès ou Nanterre, ont rappelé que quelques secondes de perte de vigilance suffisent pour provoquer un drame.
En attendant la promulgation définitive de la loi RIPOST, qui doit notamment renforcer les sanctions contre la conduite sous l’emprise de substances altérant la vigilance, Cannes fait le choix d’agir immédiatement pour protéger les usagers de la route.
Une politique pionnière depuis 2020
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie engagée de longue date par David Lisnard.
Dès juin 2020, Cannes devenait la première ville de France à interdire la consommation de protoxyde d’azote sur la voie publique ainsi que sa vente aux mineurs, avant même que la législation nationale n’évolue. En 2025, la municipalité renforçait encore cette réglementation en interdisant la vente de bonbonnes aux particuliers.
Au-delà de la réglementation, la Ville mène une politique de prévention, de contrôle et de sanction. En 2025, près de 11 000 bonbonnes abandonnées ont été ramassées sur l’espace public et plus de 300 procès-verbaux ont été dressés par la Police Municipale.
Avec l’acquisition de ces détecteurs, Cannes confirme une nouvelle fois sa capacité à anticiper les enjeux de sécurité publique plutôt qu’à subir les conséquences de l’inaction.
Comme l’a rappelé David Lisnard : « Comptez sur nous pour agir sans relâche contre ce fléau. »