Protoxyde d’azote : à Cannes, une politique pionnière devenue une référence nationale
Faire la fête ne doit jamais mettre des vies en danger. C’est avec cette conviction que la Ville de Cannes s’est engagée dès 2020 contre le détournement du protoxyde d’azote, bien avant que l’État ne s’empare pleinement du sujet.

À l’initiative de David Lisnard, Cannes est devenue l’une des premières villes de France à interdire la vente et la consommation de protoxyde d’azote aux mineurs. Face à l’ampleur du phénomène, la réglementation municipale a été renforcée en 2025 avec l’interdiction de la vente de bonbonnes aux particuliers, à l’exception des professionnels de la santé et de la restauration.
Cet été encore, la mobilisation reste entière. Depuis le 1er juin, les policiers municipaux ont dressé 107 procès-verbaux afin de faire respecter cette réglementation.
Le protoxyde d’azote représente en effet un double danger. Sur le plan sanitaire, son inhalation peut provoquer de graves atteintes neurologiques, parfois irréversibles. Sur le plan environnemental, les cartouches abandonnées dégradent les espaces publics et sont à l’origine d’incendies dans les centres de traitement des déchets, entraînant des coûts importants pour les collectivités.
Confronté depuis plusieurs années à cette réalité de terrain, David Lisnard a fait de ce sujet une priorité nationale. En novembre 2025, lors du Congrès des maires de France organisé par l’Association des maires de France (AMF), il avait choisi de mettre en lumière ce fléau et d’appeler à une évolution rapide de la législation.
Cette mobilisation a contribué à faire évoluer le droit. Le 21 juillet dernier, le Parlement a adopté la loi « RIPOST », qui reprend plusieurs principes déjà appliqués à Cannes : interdiction de l’usage détourné du protoxyde d’azote, limitation de la vente aux particuliers, création de sanctions pénales et renforcement de la mobilisation des services de l’État.
Pour autant, David Lisnard estime que le travail doit se poursuivre. Avec l’Association des maires de France, il demande désormais l’examen rapide du projet de loi consacré aux polices municipales et aux gardes champêtres afin d’élargir leurs compétences et de donner aux maires des moyens d’action adaptés aux réalités du terrain.
« Les choses vont dans le bon sens, mais beaucoup de temps a été perdu », rappelle David Lisnard, qui déplore que l’État ait mis plusieurs années à entendre les alertes des élus locaux. Pour lui, cette évolution confirme une conviction constante : les maires, confrontés chaque jour aux réalités du terrain, doivent être davantage écoutés et disposer des outils nécessaires pour agir rapidement face aux nouveaux défis de sécurité et de santé publique.