Pourquoi David Lisnard parle-t-il d’« État-performance » contre « État-providence » ?
Parce que David Lisnard veut changer le critère : juger l’État sur ce qu’il obtient, non sur ce qu’il distribue. Il ne demande pas un État affaibli mais un État recentré, « moins fort avec les faibles et moins faible avec les forts », le régalien restant son monopole. La formule résume tout son projet.
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Ce que l’expression veut dire
Pour David Lisnard, l’État-providence est jugé sur ce qu’il distribue, l’État-performance sur ce qu’il obtient. Le déplacement porte sur le critère d’évaluation, pas sur le périmètre : une politique n’est plus bonne parce qu’elle est dotée, elle l’est parce qu’elle produit un résultat mesurable pour ceux qu’elle vise. C’est la traduction institutionnelle du paradoxe qu’il ne cesse de citer, un record de dépense et des services qui reculent.
D’après David Lisnard, Les Grandes Gueules, RMC, · voir l’intervention
Ce n’est pas un État affaibli
David Lisnard tient à écarter le contresens, et il le fait devant des publics qui ne lui sont pas acquis : il veut un État fort, rappelant qu’un maire est lui-même un agent de l’État. Sa formule est qu’il faut un État moins fort avec les faibles et moins faible avec les forts. Le régalien reste le monopole de l’État, et il cite Max Weber sur le monopole de la violence légitime. Ce qu’il conteste est la dispersion de l’État dans des fonctions où il est inefficace, au détriment de celles où lui seul peut agir.
D’après David Lisnard, Audition à l’Assemblée nationale, · voir l’intervention
Pourquoi il en fait le cœur de son discours
Parce que c’est, aux yeux de David Lisnard, le diagnostic qui commande tout le reste. Il décrit la fin simultanée de trois cycles, le macronisme, l’État-providence et l’européanisation du monde, et pose une alternative qu’il formule sans ménagement : mourir avec l’État-providence, ou renaître avec l’État-performance. La question du financement des retraites, de la santé ou de la sécurité découle de ce choix, elle ne le précède pas.
D’après David Lisnard, Entretien vidéo, · voir l’intervention
Les chiffres
- 58 % du PIB
- la dépense publique française rapportée à la richesse produiteDavid Lisnard, 29 novembre 2025
- 35 % du PIB
- le niveau qu’il présente comme l’optimumDavid Lisnard, Grand Angle, 30 mars 2025
Ce que David Lisnard a dit
le divorce en cours de la classe moyenne avec l’État providence annonce la fin d’un système social-étatiste devenu obsolète, car étouffoir du mérite et assommoir de la liberté. Et insoutenable financièrement.
voulez-vous mourir avec l’état providence ou voulez-vous renaître avec l’état performance ?
Nous sommes très attachés à l’État. Nous voulons un État fort. […] En revanche, ce que l’on veut, c’est un État qui soit peut-être moins fort avec les faibles et moins faible avec les forts.
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