David Lisnard s’est rendu à leurs côtés pour leur apporter son soutien et rappeler un combat qu’il mène depuis plusieurs années : celui contre les surtranspositions de normes et la bureaucratie qui entravent les professionnels sans tenir compte de la réalité de leur métier.
Le message des pêcheurs est simple : ils ne demandent pas à vivre de subventions, mais à pouvoir exercer leur métier.
« On n’a pas besoin d’aide, nous, on n’est pas des mendiants, on demande à travailler. On veut du long terme. Laissez-nous travailler », a résumé l’un des pêcheurs présents.
Une pêche artisanale confrontée à des normes inadaptées
Pour David Lisnard, la question du carburant, aussi importante soit-elle, ne résume pas les difficultés de la profession. Le problème est plus profond : la multiplication de contraintes administratives et réglementaires qui fragilisent particulièrement les petits métiers de la pêche méditerranéenne.
À Cannes, la pêche est essentiellement côtière et artisanale, pratiquée à bord de petites embarcations. Pourtant, certaines obligations conçues pour des navires beaucoup plus importants s’appliquent également à ces professionnels.
« Comment peut-on obliger nos pêcheurs côtiers à installer un système de géolocalisation satellitaire très onéreux ? Depuis combien de temps un pêcheur cannois ne s’est pas perdu sur les rives du boulevard du Midi ? »
David Lisnard dénonce notamment la complexité des règles d’identification et de traçabilité des poissons, qui alourdit considérablement les démarches nécessaires pour vendre directement les produits de la pêche aux restaurateurs locaux.
Même constat concernant les dispositifs de suivi satellitaire imposés aux bateaux. Pour des pêcheurs qui travaillent à proximité immédiate des côtes, ces équipements représentent, selon David Lisnard, plusieurs milliers d’euros d’installation auxquels s’ajoutent des frais d’abonnement.
« Arrêtez la bureaucratie. Pas de poudre aux yeux. Le combat des pêcheurs méditerranéens aujourd’hui est existentiel. »
Défendre un métier et une identité méditerranéenne
Au-delà de l’enjeu économique, David Lisnard a également insisté sur ce que représente la pêche artisanale pour Cannes et pour la Méditerranée.
La prud’homie de pêche de Cannes occupe une place ancienne dans l’histoire locale. Derrière les contraintes administratives et économiques se joue donc aussi la transmission d’un métier, d’un savoir-faire et d’une identité.
« Le risque, il est pour les familles entières. C’est un risque existentiel, mais c’est un risque identitaire. Moi, je n’oublie pas d’où je viens. J’ai mes aïeux qui sont sur cette prud’homie de pêche qui, depuis des siècles, fait partie de l’identité cannoise. »
Pour David Lisnard, la réponse ne peut donc pas se limiter à de nouvelles aides ponctuelles venant compenser les conséquences de contraintes toujours plus nombreuses. Elle doit passer par une simplification durable des règles et par leur adaptation à la réalité des professionnels.
« C’est un combat vital pour des familles, mais aussi pour une certaine idée de la France, de la Côte d’Azur et de la Méditerranée. » « Total soutien à nos pêcheurs face aux bureaucrates hors-sol (et hors mer) qui ignorent tout de la réalité vécue. »