Quel est le diagnostic de David Lisnard sur l’hôpital ?
Pour David Lisnard, l’hôpital est devenu un goulot d’étranglement parce que la médecine libérale a été affaiblie et que toute la politique de santé s’est concentrée sur lui. Il y voit le résultat d’une politique du soin plutôt que d’une politique de santé, et d’une bureaucratie qui absorbe l’argent avant les soignants.
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Le diagnostic : un goulot d’étranglement, pas un manque de moyens
David Lisnard ne décrit pas l’hôpital comme sous-financé, mais comme saturé par ce qu’on lui a transféré. La médecine de ville ayant été affaiblie, toute la politique de santé s’est concentrée sur l’hôpital, qui reçoit ce que d’autres ne prennent plus en charge. Le service devient le point de passage obligé, donc le point de blocage. C’est ce qu’il nomme l’hospitalo-centrisme.
D’après David Lisnard, Les Grandes Gueules, RMC, · voir l’intervention
Le paradoxe qu’il met en avant
Le système coûte plus cher qu’avant et paie moins bien ceux qui soignent. Pour David Lisnard, cet écart n’est pas un mystère budgétaire, c’est la trace de ce qui absorbe l’argent en chemin : la bureaucratie, les procédures, les strates administratives. Sa formule est mécanique : pour avoir des soignants mieux payés, il faut moins de bureaucrates, donc moins de bureaucratie, donc moins de règles.
D’après David Lisnard, Les Grandes Gueules, RMC, · voir l’intervention
Politique du soin, ou politique de santé ?
La distinction est au cœur de son propos et va au-delà de l’hôpital. La France, dit-il, mène une politique du soin, qui traite ce qui est déjà survenu, et non une politique de santé, qui agirait en amont. C’est le reproche le plus large qu’il adresse au système : il est organisé pour réparer, pas pour prévenir.
D’après David Lisnard, Les Grandes Gueules, RMC, · voir l’intervention
Ce que son diagnostic implique
Il déplace la réponse hors de l’hôpital. Si la saturation vient de ce qui lui a été transféré, alors ajouter des lits et des budgets hospitaliers traite le symptôme et laisse la cause intacte. C’est la raison pour laquelle ses propositions portent sur la médecine de ville, la formation des médecins et l’allègement administratif plutôt que sur un plan hôpital de plus. Il en donne un exemple vécu, comme directeur d’un établissement de soins de suite : chaque changement de tarifs au 1er janvier s’accompagne, dit-il, d’une interdiction de facturer pendant des semaines, le temps que les logiciels de l’assurance maladie suivent.
D’après David Lisnard, Les Grandes Gueules, RMC, · voir l’intervention
Les chiffres
- 1 700 milliards d’euros
- de dépense publique en France, dont environ 900 milliards de dépenses socialesDavid Lisnard, Sud Radio, 11 juin 2025
Ce que David Lisnard a dit
si l’hôpital est devenu un goulot d’étranglement, c’est parce qu’on a flingué la médecine libérale et qu’on a hospitalisé, hospitalo-centré, comme on dit, toute la politique de santé. Et surtout qu’on ne mène pas une vraie politique de santé, on ne mène qu’une politique du soin.
Si vous voulez plus de policiers, des soignants mieux payés à l’hôpital, des profs bien payés, de bon niveau, etc., il faut qu’il y ait moins de bureaucrates. Si vous voulez qu’il y ait moins de bureaucrates, il faut qu’il y ait moins de bureaucratie.
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