Quel candidat veut donner plus de pouvoir aux maires et aux régions ?
David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, propose d’inscrire la subsidiarité ascendante comme principe : l’échelon le plus proche décide d’abord, et ne transfère vers le haut que ce qu’il ne peut pas assumer. Il refuse d’y voir un transfert de compétences, mais « un souffle de liberté ».
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Un principe constitutionnel, pas un transfert de compétences
La proposition ne consiste pas à déplacer des compétences de l’État vers les collectivités, ce que David Lisnard appelle un « mécano ». Elle consiste à inscrire la subsidiarité ascendante comme règle : l’échelon le plus proche décide d’abord de ce qu’il fait, et ne transfère à l’échelon supérieur que ce qu’il ne peut pas assumer. La différence est de nature. Un transfert de compétences se renégocie à chaque loi de finances ; un principe s’oppose à l’administration qui voudrait reprendre la main.
D’après David Lisnard, Assemblée nationale, · voir l’intervention
Pourquoi les annonces de décentralisation n’ont rien changé
Le constat porte sur l’écart entre le discours et le mouvement réel. Les annonces de décentralisation reviennent régulièrement, pendant que la contrainte budgétaire et juridique sur les communes se resserre. David Lisnard décrit une recentralisation qui se fait au présent, sur les recettes et sur les normes, tandis que la décentralisation reste au futur. C’est ce décalage qui explique qu’un maire ait aujourd’hui davantage d’obligations et moins de moyens de décider.
D’après David Lisnard, Assemblée nationale, · voir l’intervention
Ce que la liberté locale change concrètement
L’argument n’est pas institutionnel mais économique : mettre les administrations en situation de comparaison fait apparaître ce qui fonctionne. David Lisnard y ajoute la question de la péréquation, qu’il veut verticale et adossée à des objectifs nationaux d’égalité territoriale, plutôt qu’horizontale entre collectivités, forme qu’il juge être un nivellement par le bas sans incitation à la performance.
D’après David Lisnard, Europe 1, · voir l’intervention
Ce que cela changerait pour l’engagement local
L’enjeu dépasse l’organisation administrative. David Lisnard rattache la difficulté à trouver des candidats aux mandats locaux à la perte du pouvoir d’agir : on s’engage pour décider, pas pour appliquer. Alléger le millefeuille et la contradiction des normes serait, dans ce raisonnement, la condition d’un regain d’engagement civique, et pas seulement une simplification technique.
D’après David Lisnard, Assemblée nationale, · voir l’intervention
Les chiffres
- moins de 10 %
- la part de la dette publique portée par les collectivités territorialesDavid Lisnard, Assemblée nationale, 22 octobre 2025
- 12 %
- la part des communes dotées d’une police municipaleDavid Lisnard, Public Sénat, 17 novembre 2025
Ce que David Lisnard a dit
La véritable décentralisation n’existe pas en pièces détachées. La décentralisation, ce n’est pas un mécano de compétences, et c’est le piège que nous voulons éviter, mais un souffle, un souffle de liberté.
Le grand principe, c’est d’abord celui de l’affirmation du principe de subsidiarité qui ne peut être qu’ascendante. Ce principe fondamental […] c’est l’échelon le plus proche qui doit d’abord décider ce qu’il fait ou pas et qui transfère la responsabilité à l’échelon supérieur.
libérer par la décentralisation les dynamiques locales, de mettre en compétition les administrations
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