Cannes rend hommage à ses sapeurs-pompiers lors de la Sainte-Barbe
Comme chaque année, David Lisnard a rendu hommage aux sapeurs-pompiers de Cannes à l’occasion de la Sainte-Barbe, lors de la cérémonie organisée à la caserne de Coubertin. Un moment républicain qui met à l’honneur ceux qui assurent quotidiennement la protection et le secours des habitants.
Cannes poursuit sa politique de «débétonnisation» pour prévenir les inondations
Depuis le Hameau du Carimaï, la Mairie de Cannes engage une nouvelle étape dans sa stratégie de protection contre les inondations, avec l’acquisition de 35 000 m² de foncier destinés à accueillir un bassin de stockage des eaux pluviales de 70 000 m³ en cas de fortes intempéries. La démolition d’un bâti existant est prévue sur l’une des parcelles afin de permettre la réalisation de cet aménagement majeur.
David Lisnard rappelle que Cannes est « la première à débétonniser aussi fortement son bassin de vie depuis son urbanisation au 19ᵉ siècle et au siècle dernier ». Au total, 215 000 m² de foncier ont déjà été acquis pour renforcer la sécurité du territoire face au risque inondation, soit l’équivalent de 30 terrains de football ou de Disneyland Paris.
Une démarche structurante qui s’inscrit dans la politique de prévention menée par la municipalité depuis plusieurs années, et que le maire entend détailler prochainement dans sa vidéo hebdomadaire.
L’USCBO bénéficie d’infrastructures rénovées à Coubertin
La tribune Gioanni, au stade Coubertin où évolue l’USCBO (Union Sportive Cannes Bocca Olympique), vient d’être entièrement rénovée par la Ville de Cannes. Les anciens sièges, très dégradés, ont été remplacés par de nouvelles assises plus confortables et esthétiques, offrant de meilleures conditions d’accueil aux spectateurs du club boccassien.
L’intervention a également permis d’installer un nouvel éclairage du terrain. Une amélioration importante qui permettra d’élargir les créneaux d’entraînement, notamment en soirée, au bénéfice de toutes les équipes du club.
David Lisnard rappelle que Cannes fait du développement du sport un « pilier de l’action municipale », notamment grâce à la modernisation régulière des équipements publics. Une démarche constante « au service du sport pour tous ».
Téléthon 2025 : Cannes une nouvelle fois mobilisée
Comme chaque année, Cannes se mobilise pour le Téléthon, grand rendez-vous solidaire organisé depuis 1987 par l’AFM-Téléthon. La Ville propose plusieurs temps forts ouverts à tous : balade solidaire dans la Croix des Gardes, sorties en pointus avec les associations maritimes, et animations au village du Téléthon installé devant l’Hôtel de Ville les 5 et 6 décembre.
Dans son intervention, David Lisnard a rappelé que l’engagement en faveur du Téléthon traduit « une vision humaniste » et participe concrètement aux avancées scientifiques et à l’accompagnement des familles touchées : « On ne peut pas avoir de progrès humain sans progrès scientifique ». Le maire a salué la mobilisation de la société civile et « la responsabilité individuelle qui est l’expression de notre liberté pour faire du bien ».
Un appel à participer, marcher, partager… et donner.
Cérémonie d’hommage aux morts pour la France en Afrique du Nord
Ce vendredi 5 décembre 2025 s’est tenue à Cannes la cérémonie d’hommage aux morts pour la France en Afrique du Nord, au cours de la guerre d’Algérie ainsi que lors des combats du Maroc et de la Tunisie. Un moment de recueillement pour honorer les soldats tombés, y compris après le cessez-le-feu du 19 mars 1962.
David Lisnard a rappelé la part intime que représente l’Algérie pour des millions de Français, citant Albert Camus pour évoquer cette « passion » et cette « déchirure » demeurées dans la mémoire nationale. Le maire est aussi revenu sur le traumatisme durable des anciens combattants et sur la reconnaissance tardive d’un conflit longtemps qualifié « d’événements ».
Évoquant la figure de l’écrivain Boualem Sansal, récemment libéré après un an d’emprisonnement arbitraire en Algérie, David Lisnard a salué « une leçon d’esprit de résistance, d’honneur, de dignité » et rappelé l’appel de l’auteur : « Nous ne sommes plus des moutons. Il faut qu’on se batte. »
Au-delà de l’hommage historique, le maire a insisté sur l’actualité de cette mémoire : préparer la France face aux défis contemporains, défendre ses libertés et affirmer sa souveraineté. « La liberté, l’honneur, la dignité sont un combat permanent », a-t-il déclaré.
Honneur aux morts d’Afrique du Nord.
Vive la République. Vive la France.
Cannes décroche son 4ᵉ titre mondial aux “Oscars du tourisme”
Cannes vient de remporter son quatrième titre mondial consécutif aux World Travel Awards, considérés comme les Oscars du tourisme. Une performance inédite : aucune ville française n’avait atteint un tel niveau, ni même obtenu le sacre européen auparavant.
Depuis 2022, ces récompenses internationales sont cannoises. Et depuis 2021, la ville obtient également le titre européen de meilleure destination pour l’accueil et l’organisation de grands événements, notamment professionnels.
David Lisnard souligne qu’il s’agit du fruit d’un travail massif et collectif, associant tous les professionnels, travailleurs indépendants, entreprises du tourisme ou acteurs culturels. Les équipes du Palais des Festivals & des Congrès occupent un rôle central, « premier centre de congrès de France » en chiffre d’affaires et en nombre d’accrédités.
Au-delà de cette réussite internationale, le maire rappelle que cette reconnaissance récompense aussi un projet constant : améliorer le cadre de vie, renforcer l’attractivité et proposer le meilleur service au juste coût, au bénéfice de l’emploi, des retombées économiques et de l’identité cannoise.
« Vive Cannes, encore sur le toit du monde ! », conclut-il.
David Lisnard face à la crise du logement : « Il est temps de briser cette spirale infernale ! »
David Lisnard juge que les attaques d’un État trop centralisateur sur la propriété sont la première cause d’une crise sociale et humaine de grande ampleur. Une interview accordée au Figaro.
LE FIGARO. – Une femme de 66 ans est décédée à Piriac-sur-Mer après avoir passé six nuits avec son mari dans leur voiture, faute de logement…
Au-delà de l’émotion ressentie, malheureusement je n’ai pas été surpris. J’avais évoqué, récemment, la réalité de compatriotes y compris salariés qui vivent dans leur voiture. Nous sommes plusieurs à répéter depuis des années que cette crise du logement serait la plus grande crise sociale et humaine que nous aurions à affronter. Nous y sommes. Et cette crise, elle n’est pas terminée puisque les gouvernants persistent dans l’amplification des causes de cet effondrement.
Cette crise du logement, qui est aussi une réalité européenne, est-elle une fatalité en France ?
Le sujet est très compliqué mais il n’y a jamais de fatalité. C’est une fatalité si l’on continue de refuser de regarder la réalité : les besoins de logement augmentent. Explosion des ménages, accélération des divorces… Toutes les études le disent. Rien que sur le neuf, il faudrait 30% de logements en plus d’ici dix ans alors que nous souffrons de 30% en moins. Il faut absolument sortir du diagnostic erroné des technocrates qui ont pensé que la stagnation démographique entraînerait moins de besoins. Dans une grande mesure, la crise du pouvoir d’achat est aussi la conséquence de la crise du logement, sachant que l’autre cause réside dans les prélèvements obligatoires excessifs. Le coût du logement, qui est une dépense contrainte, représente 32% des revenus du ménage, contre 16% il y a vingt ans.
À qui la faute ?
À l’incompétence.
Comment sortir de cette spirale ?
Pour en sortir, nos dirigeants doivent d’abord accepter le bon diagnostic. Il est temps de briser cette spirale infernale, amorcée il y a trente ans et accentuée depuis dix ans. Nous avons tari l’offre tout en pénalisant la capacité de la demande sur un besoin pourtant vital de l’être humain : un toit. Il faut absolument libérer le marché, lui permettre de redevenir la base de la production de logements pour les classes moyennes, puis permettre au logement social de vivre. Cette crise aiguë est aussi la conséquence des attaques répétées sur la propriété.
Pourquoi ?
Car la France ne compte que 54% de propriétaires contre la moyenne européenne à 70%. Pour augmenter le nombre de locataires ayant accès à des appartements, il faut que des propriétaires aient la possibilité de mettre leurs biens en locatif. Or, nous avons surtaxé le logement. Sans même parler des squatteurs qui ont souvent plus de droits que les propriétaires. En 2017, Emmanuel Macron avait parlé d’un choc de l’offre mais en réalité le choc s’est inversé. Nous sommes passés de 500.000 logements neufs à 300.000. C’est une catastrophe engendrée par plusieurs facteurs : raréfaction du foncier via la loi ZAN (Zéro artificialisation nette), complexification des procédures locatives, diagnostics de performances énergétiques empêchant 7 millions de logements d’être loués en résidences principales, impôt sur la fortune immobilière…
J’avais posé tout cela par écrit dès 2018. Emmanuel Macron considérait que l’immobilier n’était pas l’économie réelle alors que chacun sait que ce secteur est l’un des principaux moteurs de l’emploi et de la création de valeur, puisque 440.000 entreprises et de nombreux corps de métiers en dépendent. «Quand le bâtiment va, tout va»… Le vieil adage n’était pas si idiot. Par sa fiscalité et ses contraintes, le «en même temps» macroniste a tué l’offre de logements tout en étouffant la demande, avec des restrictions sur les crédits immobiliers depuis 2020, des prêts à taux zéro non abondés ou encore des restrictions sur les aides personnalisées au logement (APL) qui ont privé les bailleurs sociaux de capacité d’autofinancement.
Comment expliquez-vous la surdité de l’État aux alertes, notamment celles des maires de France ?
François Baroin, André Laignel, tous les vice-présidents de l’AMF et moi-même avions lancé l’alerte dès 2017 ! Mais notre pays a subi une recentralisation de la politique du logement, alors qu’une expérience conduite en Bretagne, beaucoup plus pertinente que les zonages de Bercy, a montré une augmentation des permis de construire quand cette politique est conduite par les collectivités locales. En réalité, l’État est centralisateur et croit avoir la science infuse. Mais ses attaques sur la propriété sont une réalité structurelle. On a tellement voulu protéger le locataire qu’on a fini par le fragiliser en montant les exigences des loueurs. Toutes les causes de la situation actuelle sont documentées : fiscalité, bureaucratie, autorisations préalables, code de l’urbanisme abscons, raréfaction des crédits…
Quid des effets pervers de la spéculation immobilière ?
Elle est la conséquence d’un excès de réglementation et n’est que le fruit de la rareté ! Nous l’avions d’ailleurs annoncée car par nature, ce qui est désiré devient rare et entraîne, mécaniquement, une augmentation des prix.
À la veille des municipales, quelles sont les marges de manœuvre des maires sur le sujet ?
Le logement est une politique nationale et l’hébergement d’urgence est strictement une compétence de l’État. Une décentralisation de ces compétences n’aurait de sens que si elle s’accompagnait de moyens. Sinon, l’État se défausserait simplement de ses responsabilités. La France est le pays disposant le plus d’aides au logement (40 milliards d’euros) en prélevant la plus forte fiscalité immobilière (90 milliards). Ce système centralisé est totalement inefficace. Il est donc urgent que l’action publique redevienne une politique de subsidiarité, concrète, pratique et simple pour aider les gens en difficulté auxquels l’État ne peut pas répondre.
Hélas, tout est inversé ! Quelque 75% de la population française sont éligibles aux logements sociaux et l’on n’a jamais produit aussi peu de logements neufs. C’est absurde. En tant que maire de Cannes, si je signe des logements pour résidences principales, je détériore mon ratio de logements sociaux et je paye davantage de pénalités. Donc, je n’ai intérêt qu’à signer du social, ce qui consiste à tuer le marché en amplifiant le goulot d’étranglement de manière particulièrement pernicieuse.
Vous président, quelles décisions concrètes prendriez-vous dès 2027 ?
J’allégerais la réglementation et je baisserais la fiscalité sur le revenu du locatif en résidence principale. Ensuite, je remettrais en cause les lois «SRU», «Alur», «Climat» et «Résilience» et je permettrais la relance de la construction en créant un bonus à la densification et un malus à l’étalement urbain. Je faciliterais aussi l’expulsion des squatteurs et je supprimerais le DPE. Je libérerais le foncier public, notamment celui de l’État. Et je simplifierais totalement le droit de l’urbanisme. Je réformerais enfin le logement social en permettant aux maires d’exclure les familles de délinquants avérés et récidivistes.
Vous risquez d’être accusé de défendre une vision très «libérale» du logement…
Je le prendrais comme un compliment mais c’est surtout une vision très réaliste, volontariste, pragmatique et sans idéologie.
Les 15 mois qui nous séparent de la présidentielle peuvent-ils être un temps utile pour relancer le logement ?
Il est toujours possible d’y croire mais cela me semble très compliqué dans le cadre actuel, parce qu’il faut tout revoir. C’est pour cela, entre autres, que je défends l’idée d’une présidentielle anticipée. Afin de pouvoir agir pour amorcer un nouveau cycle positif. Sans attendre.
Retrouvez cette interview sur le site du Figaro en cliquant ici.
David Lisnard en Indre-et-Loire : échanges francs, énergie collective et terroir
En déplacement à Rochecorbon, David Lisnard a rencontré les adhérents de Nouvelle Énergie d’Indre-et-Loire, rassemblés par Thomas Hernault et Aymeric Jaillais, les relais locaux de Nouvelle Énergie.
Dans une ambiance chaleureuse, conviviale et profondément ancrée dans la réalité du terrain, le président de Nouvelle Énergie a échangé avec les participants sur les grands enjeux du redressement de la France, la nécessité d’un État efficace, la défense des libertés et la valorisation du travail.
Cette rencontre, marquée par la proximité, l’authenticité et l’écoute mutuelle, s’est conclue autour de produits du terroir, symbole de ce que nous défendons : une France concrète, vivante, enracinée, qui se projette avec lucidité et optimisme.
Nouvelle Énergie continue ainsi de tisser, partout en France, un mouvement libre, exigeant et profondément attaché au réel.
« Le discours écologiste devient un épouvantail à action environnementale »
ENTRETIEN – Pour David Lisnard, l’écologie punitive est contre-productive. Et de redire la nécessité de laisser le pouvoir d’agir à l’élu de proximité, en hiérarchisant les interventions à l’échelle nationale.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Le mandat de maire est celui de la qualité de la vie, dites-vous… Que recouvre la « qualité de vie » ?
DAVID LISNARD — Le mandat de maire n’est pas que celui de la qualité de la vie, mais c’est avant tout celui de la qualité de la vie. C’est la maîtrise, la bonne tenue de l’espace public. Qu’il soit propre, sûr. C’est la bonne capacité de déplacement, faire en sorte que l’on puisse toujours y venir en voiture, tout en laissant la place au piéton, tout en développant le vélo et les transports publics. C’est donc de l’aménagement urbain.
Cela comprend l’accessibilité aux soins, la défense de l’environnement, la protection de la nature, la qualité de l’air. C’est aussi la solidarité locale. C’est nous, les maires qui recousons le tissu social, tous les jours. C’est, évidemment, créer un environnement positif pour l’activité économique, pour les entreprises qui créent de la richesse. Cela comprend également le développement d’une identité locale, des marques territoriales, ces entités connectées à un marché.
Le sondage IFOP, publié la semaine dernière dans La Tribune Dimanche, souligne que le climat est la dernière préoccupation des citoyens. Cela vous étonne-t-il ?
Dans mon action locale, en tant que maire de Cannes, cela reste une priorité très concrète. S’il y a eu un déclassement de ce centre d’intérêt, c’est pour deux raisons. D’abord, d’autres problématiques apparaissent de façon plus aiguë, comme la sécurité. Le déclassement de la France sécuritaire, économique, social, éducatif, démographique apparaît plus fort. Ensuite, malheureusement, la problématique climatique – et ce n’est pas faute de le dire est souvent défendue par des idéologues qui font des leçons de morale. Donc, ça énerve et ça éloigne du combat. Auparavant, on le théorisait moins, mais on parlait tout autant de l’environnement – certes, en n’employant pas les mêmes mots, mais nous étions attentifs aux problématiques du quotidien, au sort des dauphins, au goudron sur les plages… Le thème n’est pas apparu dernièrement.
Vous êtes assez remonté contre certaines mesures qui, selon vous, n’interviennent pas au bon moment…
Faire apparaître le combat environnemental comme une somme de mesures liberticides au détriment des plus modestes, comme la ZFE en est l’un des symboles, ou la Zéro Artificialisation Nette, est contreproductif. C’est également le cas du DPE, ce diagnostic de performance énergétique mis en place au moment même où les Français n’ont jamais autant eu de difficulté à se loger… Défendre la planète, par exemple, c’est sortir 40 % du parc des logements de Paris de la possibilité de louer ? Laisser en plan des propriétaires qui ne peuvent procéder aux travaux ? Comment cela peut-il rendre la cause populaire ? Bien sûr que nous sommes tous partie prenante de l’avenir de la planète ! Mais le discours écologiste devient un épouvantail à action environnementale. C’est tout le paradoxe.
Quelle serait la bonne méthode ?
Il faut hiérarchiser les choses, autrement on tombe dans un puritanisme écologique qui fait beaucoup de mal et ne sert à rien. Il faut ramener ces grands objectifs à des grandes politiques internationales, nationales et locales. Et, en matière énergétique, cela ne peut pas se régler au plan local, il doit y avoir une structure énergétique nationale, électrique. Il faut une colonne vertébrale unique qui soit pilotable, puissante, bon marché et décarbonée. Et cela, c’est le nucléaire et l’hydro-électrique.
L’amendement récemment voté qui taxe les plateformes touristiques comme Airbnb pour financer le fonds d’érosion côtier, cela vous paraît-il une bonne idée ?
Il y a un enjeu colossal sur le recul du trait de côte, puisque, avec le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, Ndlr), nous évaluons les besoins en financement, sur les sept décennies, à 100 milliards d’euros. On le voit dans certains régions atlantiques, méditerranées, aussi, un peu, en outre-mer… Ce qui est très troublant c’est que, jusqu’à maintenant, l’entretien des digues fluviales, la lutte contre les inondations, le recul du trait de côte n’étaient pas précisément définis dans l’action publique, mais apparaissaient en aménagement du territoire. Nous nous retrouvons désormais avec la responsabilité de cela sans décentralisation : on nous transfère des missions sans financements, ou alors très réduits.
Faut-il donc taxer les plateformes ?
Il faut bien qu’il y ait un fonds national, cela ne peut pas être à la seule charge des communes exposées. C’est insoutenable, d’autant que c’est là que l’on concentre le maximum de population. La nouvelle martingale, après celle de la TVA pendant dix ans, est celle de la taxe de séjour. Pourquoi ne pas faire participer le consommateur touristique à l’aménagement touristique ? Le système est plutôt pertinent. Mais, dans le contexte actuel de sur-fiscalité et en l’absence de remise en cause de l’architecture des pouvoirs publics, cela apparaît comme un impôt supplémentaire.
Retrouvez cette interview sur le site de La Tribune en cliquant ici.
« Si la présidence de la République voulait se caricaturer en ministère de la vérité, elle ne s’y prendrait pas mieux »
Pour David Lisnard, la volonté d’Emmanuel Macron de labelliser la liberté d’expression touche au socle de notre démocratie. Une tribune parue dans le Figaro.
La liberté d’être informé est consubstantielle de la démocratie. Cette liberté est menacée et même attaquée par les effets de meute, amplifiés par l’opacité algorithmique, les ingérences extérieures, les fausses nouvelles. Le président de la République, comme tant d’autres, a raison de soulever le problème mais ce qu’il propose est pire que le mal, car immanquablement liberticide. En démocratie, nul ne peut avoir le monopole de décréter la vérité. La liberté d’expression n’est pas une clause accessoire de nos institutions. Elle n’est pas un supplément d’âme pour temps de confort. Elle est l’axe autour duquel tourne toute société civilisée et libérale, parce qu’elle seule permet au vrai et au faux de se confronter sans violence, à la raison de surgir du débat et non de la contrainte, à l’individu d’exister comme être libre et responsable.
C’est pourquoi les mots du président de la République sur la possible création d’un label distinguant les bons médias des autres ne relèvent pas d’un gadget technocratique. Ils touchent au socle. Une démocratie ne tient pas par des filtres préalables, mais par la maturité de son peuple, la rigueur de son droit et la dignité de ses représentants. La publication sur X de l’Élysée, proposant un montage grossier pour dénigrer ceux qui contestent sa parole, est indigne. Si la présidence de la République voulait se caricaturer en ministère de la vérité, elle ne s’y prendrait pas autrement. Derrière ce vocabulaire lisse de labellisation se glisse une vision dangereuse du rôle de l’État, qui n’est pas de désigner ceux qui choisissent les paroles autorisées, mais de protéger l’espace où elles se confrontent.
Cette tentation n’est pas nouvelle : l’histoire abonde de pouvoirs persuadés de détenir le sens. Galilée fut condamné parce que les pouvoirs de son époque refusaient qu’une vérité nouvelle puisse contredire un ordre établi. Non parce qu’il avait tort, mais parce qu’une autorité avait décidé qu’elle seule disait le vrai. Le vrai n’a jamais besoin de censeurs. Il a besoin de contradiction. Le faux ne se combat pas par le monopole, mais par l’intelligence. Le pluralisme est une force précisément parce qu’il induit que des idées étranges, minoritaires, iconoclastes, puissent surgir. L’uniformité ne produit que stagnation et servitude.
Le droit existe, il doit être appliqué
Année après année, les déclarations d’Emmanuel Macron révèlent une pente malsaine qui confond ordre et contrôle, responsabilité et permission. Sa conception des médias et des réseaux sociaux nous ferait glisser d’un régime républicain fondé sur la liberté vers une société d’autorisations administratives, multipliant filtres, normes, suspects. Une telle dérive n’est ni moderne ni protectrice. Elle constitue une régression.
Comment dès lors adapter notre démocratie aux attaques de notre époque sur l’information ? Nul ne conteste la réalité des ingérences étrangères, des manipulations automatisées, des rumeurs virales qui troublent l’esprit public. Mais, dans une nation libre, les remèdes doivent être à la hauteur des principes. La loi de 1881 offre un cadre clair et pertinent. Elle permet de sanctionner, rapidement et fermement, la diffamation, le racisme, l’atteinte à l’ordre public. Le droit existe. Il doit être appliqué. Ce qu’il ne faut surtout pas, c’est remplacer la responsabilité par l’autorisation préalable, inviter une instance agréée par le pouvoir à distribuer les certificats de bonne pensée, à distinguer les voix légitimes et les voix suspectes.
Face au tumulte des rumeurs et aux manipulations, il convient de renforcer une justice rapide et rigoureuse, dotée de moyens réels. Surtout, les solutions passent par un travail patient et massif de formation de l’esprit, par la lecture, la culture, l’apprentissage du jugement. La raison critique doit être enseignée dès le plus jeune âge. Il est nécessaire aussi de garantir une transparence algorithmique minimale, avec la publication d’indicateurs clés nécessaires à la transparence du marché, de sanctionner réellement, mais uniquement, les comportements illicites, d’identifier ce qui est produit par l’IA et porte atteinte à la réputation des individus, dans une logique de respect des droits de propriété et à l’image.
Nous n’avons pas besoin d’un label de vérité. Nous n’avons pas besoin non plus que l’État remette de « la hiérarchie dans l’espace public », pour reprendre les mots délétères du président de la République. Nous avons besoin d’un pays qui croit encore à la liberté de penser, de dire, de contredire. Nous avons besoin de citoyens debout, non de sujets triés par degrés de respectabilité médiatique. Aussi improbable que cela ait pu être imaginé, nous voici désormais au seuil d’alerte qui nécessite toute notre vigilance, notre combativité et notre vigueur démocratique. Le pluralisme de l’expression constitue la première condition pour qu’une information crédible et de qualité puisse vivre. C’est aussi le premier rempart contre les dérives du pouvoir. La liberté n’a pas à être autorisée. Nous nous battrons sans limite pour elle.