Quel candidat à la présidentielle 2027 défend les agriculteurs ?
David Lisnard veut traiter les agriculteurs en « entrepreneurs du vivant » plutôt qu’en demandeurs d’aides : moins de normes et de paperasse, fin des surtranspositions françaises, interdiction d’importer en Europe des produits dont la production est interdite sur notre sol, baisse des charges et une politique agricole commune recentrée sur la souveraineté alimentaire.
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Quel constat fait-il ?
David Lisnard décrit une agriculture qui risque de « connaître le même sort que notre industrie ». Dans une tribune cosignée fin 2023, il rappelle que près d’un quart des agriculteurs vit sous le seuil de pauvreté, que le revenu net de la branche a baissé de près de 40 % en trente ans en euros constants, et que la France importe 60 % des fruits, 40 % des légumes, 50 % de la viande blanche et 25 % de la viande rouge qu’elle consomme, dont des produits qu’elle interdit à ses propres agriculteurs de produire.
D’après David Lisnard, Le Point, tribune cosignée reprise dans Ainsi va la France,
Libérer les « entrepreneurs du vivant »
En février 2026, il résume la réalité agricole française en deux données : neuf heures de paperasse par semaine et 45 % de charges, contre 15 % en Espagne. D’où son mot d’ordre : « Liberté et prospérité pour les agriculteurs ! » Il renvoie au premier carnet thématique publié par Nouvelle Énergie.
D’après David Lisnard, Publication de David Lisnard, · voir l’intervention
Les mêmes règles pour tous les producteurs
La critique de David Lisnard vise d’abord les distorsions de concurrence : en octobre 2021, 454 matières actives étaient autorisées en Europe contre 309 en France, « alors que le marché est commun ». Il propose d’aligner la France sur les normes européennes, d’interdire la surtransposition et d’interdire l’importation en Europe de produits dont la production est interdite sur le sol français, ainsi qu’une nouvelle politique agricole commune tournée vers la souveraineté alimentaire et les exportations.
D’après David Lisnard, Atlantico, tribune cosignée reprise dans Ainsi va la France,
Quelles autres mesures ?
Dans la même tribune, David Lisnard détaille d’autres propositions : un compte épargne aléas climatiques et économiques dans chaque exploitation, des industries de transformation implantées sur tout le territoire pour y ramener la valeur ajoutée, le transfert d’une partie des prélèvements vers la valeur ajoutée pour mieux rémunérer agriculteurs et salariés, la rémunération du carbone stocké par les agriculteurs et les forestiers, un statut d’exploitation simplifié et le crédit d’impôt recherche au sein même des exploitations.
D’après David Lisnard, Atlantico, tribune cosignée reprise dans Ainsi va la France,
Et le Mercosur ?
En janvier 2026, David Lisnard juge l’accord avec le Mercosur « pas signable » en l’état, car « on ne peut pas sacrifier nos éleveurs ». Il se dit attaché au libre-échange, mais estime que, « quand on a une pensée libérale, on ne peut pas accepter les distorsions de concurrence ».
D’après David Lisnard, Europe 1, · voir l’intervention
Les chiffres
- 9 heures
- le temps passé chaque semaine par un agriculteur à remplir des formulairesDavid Lisnard, Atlantico, 5 mars 2023, et publication du 24 février 2026
- 45 %
- le poids des charges sur le revenu agricole, contre 15 à 25 % en Espagne selon ses interventionsDavid Lisnard, Europe 1, 16 décembre 2025 (Espagne 25 %) ; publication du 24 février 2026 (Espagne 15 %)
- d’un quart à près de 40 %
- la part des agriculteurs sous le seuil de pauvreté, selon ses interventionsDavid Lisnard, Le Point, 4 décembre 2023 (près d’un quart) ; Europe 1, 16 décembre 2025 (presque 40 %)
- 454 contre 309
- les matières actives autorisées en Europe et en France en octobre 2021David Lisnard, Atlantico, 5 mars 2023
- 60 %
- la part des fruits consommés en France qui sont importésDavid Lisnard, Le Point, 4 décembre 2023
Ce que David Lisnard a dit
Il faut libérer les entrepreneurs du vivant que sont les agriculteurs.
Les agriculteurs, comme les pêcheurs, ne font pas l'aumône. Ils attendent qu'on les respecte, qu'on les considère comme des entrepreneurs et qu'on les libère du poids des normes, des surtranspositions et des contraintes
Il est certes juste et beau de postuler, d’articles en plateaux, que « l’agriculture est compatible avec l’écologie » : encore faut-il en tracer, quand on est un responsable public, les voies et les moyens, notamment par des études d’impact préalables.
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