David Lisnard salue le réveil du gouvernement, mais selon lui, sans réforme de fond et sans rupture avec le déni, la maîtrise de la dépense publique restera un mirage. Une tribune à retrouver dans le JDNews. 

Réjouissons-nous : le gouvernement semble enfin prendre conscience de l’ampleur du désastre budgétaire et sortir du déni entretenu depuis des années au plus haut sommet de l’État. Sommes-nous pour autant sortis des postures, des discours et des effets d’annonce ? La convocation d’un « comité d’alerte » par le Premier ministre et l’annonce de 40 milliards d’euros d’économies sur le budget 2026 ne sauraient masquer la réalité : aucun plan crédible n’est sur la table. Et ce, pour une raison qui touche au cœur même de la matrice de l’État : tout comme elle complique jusqu’aux plans de simplification, la technocratie à la manœuvre rend impossible toute remise en cause réelle de la dépense publique.

Chaque tentative d’économie se traduit par de nouveaux impôts, de nouveaux dispositifs, de nouveaux acteurs publics, qui alourdissent le poids de l’État. On l’a bien vu avec le budget 2025 : quand le gouvernement annonce des économies, il s’agit d’augmentation d’impôts et d’un ralentissement de l’augmentation de la dépense, dépense qui atteint 1 695 milliards. Depuis 2017, la politique du « n’importe quoi qu’il en coûte », successivement attribué au Covid ou à la guerre en Ukraine, a conduit à une augmentation de la dette de 1 000 milliards, pour atteindre plus de 3 300 milliards : une progression de 46 %, quand la richesse nationale n’a crû que de 27 %.

Créer une spirale vertueuse

Dans le même temps, les autres pays européens ont maîtrisé leur endettement. Si nous nous étions contentés de suivre la trajectoire moyenne de la zone euro, nous aurions aujourd’hui 400 milliards de dette en moins et des charges d’intérêts divisées par deux. Pour financer cette dérive, l’État devra lever plus de 300 milliards sur les marchés financiers, après avoir déjà battu un record à 285 milliards en 2024. Comment prétendre défendre la souveraineté nationale si notre survie budgétaire dépend du bon vouloir de nos créanciers ? Dans ce contexte, les collectivités locales sont désignées comme les vilains petits canards de la dépense publique. Bien qu’elles doivent évidemment participer au redressement national et qu’il existe des collectivités mal gérées, ce procès est infondé.

L’État ne peut pas leur demander de dépenser moins, tout en leur imposant de dépenser plus : car on leur demande de doubler leurs investissements annuels à 20 milliards pour respecter les objectifs de la stratégie bas carbone, on leur impose la hausse du point d’indice des fonctionnaires, l’augmentation de 13 points (!) entre 2023 et 2028 des cotisations retraites à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) pour un coût supplémentaire de 1,2 milliard dès 2025 alors même que l’État y a déjà pioché 100 milliards depuis cinquante ans pour alimenter d’autres régimes déficitaires, des transferts de compétences non financés (gestion des digues, des routes, service public de la petite enfance), ou encore le fardeau du décret tertiaire, estimé à 5,2 milliards par an pendant dix ans. La réalité est simple : 19 % de la dépense publique relèvent des collectivités locales (34 % en Europe), contre 31 % pour l’État, tandis que les dépenses sociales représentent 50 %, soit près d’un tiers du PIB. La France dépense 260 milliards de plus que la moyenne de la zone euro pour des résultats inférieurs en matière d’éducation, de santé, de logement ou de sécurité.

À force d’entretenir l’illusion que l’on peut consommer sans produire, redistribuer sans créer, et prélever toujours plus sans fragiliser la compétitivité, nos dirigeants ont créé les conditions de notre décrochage économique et social. Cette situation est l’aboutissement d’un modèle social étatiste qui ruine le pays depuis plus de quarante ans, avec des prélèvements obligatoires entre 44 et 46 % du PIB qui, loin de rétablir l’équilibre, étouffent l’économie, freinent l’investissement, découragent le travail et affaiblissent l’innovation. Tout l’enjeu est de renouer avec une spirale vertueuse entre réduction massive de la dépense publique, déréglementation et allègement des impôts pesant sur les contribuables, pour sortir de l’effet descendant de la courbe de Laffer, car trop d’impôt tue l’impôt et finit par nuire au service public. C’est sur quoi nous travaillons avec Nouvelle Énergie, avec un plan d’économies de 200 milliards par an sur un quinquennat et une volonté de parvenir à 300 milliards. Mais ceci n’est qu’un moyen : l’objectif est de relancer la production de richesse pour, à terme, faire croître le PIB plus vite que les dépenses publiques et réduire durablement leur poids dans notre économie.

Pour cela, l’urgence est d’abord de réformer l’État pour réduire durablement la dépense et le rendre plus fort en réduisant son périmètre d’action. Cela passe par la suppression des agences inutiles, l’élimination des doublons, la réduction du millefeuille territorial, l’abrogation des normes qui paralysent l’initiative et la concentration des moyens sur les missions régaliennes, le respect de la subsidiarité ascendante, le transfert des pouvoirs réglementaires de l’État aux collectivités. Il nous faudra supprimer les 600 000 postes administratifs de trop, privatiser tout ce qui peut l’être, introduire de la concurrence dans le fonctionnement des administrations et collectivités, réduire les fonctions dites support, souvent productives de process contraignants, coûteux et inutiles, cibler le non-remplacement des départs en retraite, lutter contre l’absentéisme, et instaurer une culture de la responsabilité, indispensable dans l’administration.

En finir avec le rabot et l’impôt

En somme, moins d’État bureaucratique, plus d’État régalien. Moins de contrôle, plus d’action, moins d’administration, plus de liberté et de responsabilité. Cette réforme doit s’articuler avec une refonte de notre modèle social : allocation sociale unique plafonnée, lutte systématique contre la fraude. La convergence des régimes de retraite public et privé, la limitation de l’indexation des pensions élevées, la suppression de l’abattement fiscal de 10 % et l’introduction progressive d’un étage obligatoire de capitalisation indispensable pour garantir la pérennité du système. À ces réformes structurelles s’ajoutent des mesures immédiates : limitation de l’accès aux prestations non contributives aux seuls nationaux, suppression de l’AME, refonte totale de la politique du logement, rationalisation des aides aux entreprises, diminution des subventions aux associations, recentrage de l’Assurance maladie sur les soins essentiels sans remise en cause du principe de l’universalité des remboursements.

Ce plan de redressement n’est pas un catalogue de coupes budgétaires. Il faut en finir soit avec le laxisme budgétaire, soit avec le rabot et l’impôt. Il est temps de déployer une vision par missions, objectifs et gestion de projets, avec sens de l’exécution et évaluation au sein de l’État. Chaque économie doit se traduire par une amélioration du niveau de vie des actifs, un soutien à l’investissement productif et un renforcement des missions fondamentales de l’État. L’enjeu n’est pas financier. Il est existentiel. La France ne peut plus se payer le luxe du déni et de la procrastination. C’est non seulement possible, mais indispensable pour rendre à la France les moyens de sa prospérité et de sa liberté.

Retrouvez la chronique de David Lisnard pour L’Opinion.

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Selon une étude publiée ce 8 avril, les Français sont de moins en moins enclins à lire, surtout les jeunes. David Lisnard et l’enseignante Lisa Kamen-Hirsig arguent que ni les livres récents ni leur enseignement ne donnent envie de lire. Une tribune parue dans Le Figaro

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Le 8 avril, le Centre national du livre (CNL) a publié le 8 avril son baromètre de la lecture 2025. Conclusion : les Français lisent de moins en moins. Et lorsqu’on se penche sur les résultats détaillés, le phénomène est encore plus flagrant chez les jeunes qui lisent très peu et sont 32 % à déclarer envoyer des messages en même temps qu’ils parcourent un livre… Même la bande dessinée marque le pas au profit des mangas et des romans sentimentaux. Bref, journalistes, responsables politiques, professeurs, parents, tout le monde le déplore : les jeunes ne lisent plus !

Glissons-nous quelques minutes dans la peau d’un jeune élève, en âge de découvrir les merveilles de la littérature et la joie de trouver des réponses hors de lui-même, dans la fréquentation d’amis moins transitoires et plus profonds que ses camarades d’écoles : les personnages et leurs auteurs. Imaginez que vous ayez six ou huit ans dans la France d’aujourd’hui. Vos fesses sont vissées sur une chaise six heures par jour, pendant que votre enseignant s’échine à vous extraire de votre ignorance en vous apprenant à lire. Croit-il ! Car lui-même n’a pas forcément compris que la méthode qu’il utilise n’est pas efficace. En effet, la méthode mixte – semi-globale donc – est encore dominante dans les écoles, si répandue que malgré vos efforts, vous rencontrez d’énormes difficultés à maîtriser les correspondances entre ce qui se dit et ce qui s’écrit. Vous êtes condamné à deviner les mots…

Chacune de vos lectures est suivie de tests, de QCM, de consignes exécutives comme : «Dessine dans le cadre le personnage tel qu’il est décrit page douze» ou encore de mots croisés, de travaux de groupes, d’exposés et de «rallyes». Rien n’est jamais gratuit. La lecture n’est pas un cadeau mais un exercice, une évaluation permanente. On vous demande même de lire des textes le plus rapidement possible. Vous savez bien, comme tous vos amis, que vous devez réussir le test de fluence, sinon vos parents seront convoqués pour leur signaler un problème. L’angoisse ! Alors la ponctuation et la respiration (qui donne aussi son sens à un texte) passent à la trappe.

Votre enseignant, se conformant aux listes publiées par l’Éducation nationale, soucieux de satisfaire sa hiérarchie plus que de vous instruire, vous demande de lire Monsieur Crocodile a beaucoup faim, Mon prof est un troll ou Cent Culottes et sans papier. Il vous fait apprendre des poèmes mièvres, qui ne riment pas. C’est un principe : la rime, c’est classique, le classicisme est une violence de classe. Les poèmes retenus sont surréalistes, parfois écrits par des enseignants et publiés sur leurs blogs, parlent d’oiseaux qui pondent des œufs tout blancs à l’infini ou des valeurs olympiques. Ils n’évoquent jamais la mythologie, les contes, les fables ou la grande littérature du 19e siècle parce qu’elle n’est pas assez engagée à ses yeux. Il s’est convaincu que tout cela était violent, sexiste et qu’une langue recherchée favorisait le fils de bourgeois ayant appris à parler avec ses parents. C’est l’inspecteur qui l’a dit.

Lorsque vos parents apprenaient par cœur Ronsard ou lisaient La Bergère et le ramoneur,ils intégraient le sujet inversé, le passé simple, le subjonctif et des centaines de mots précis ayant leur place dans une pensée articulée. On vous prive de cette richesse et de cet héritage au nom de la sacro-sainte lutte contre les inégalités. Vous faites les frais des délires idéologiques. On vous emmène dans des bibliothèques où se succèdent des animations : semaine du polar, de la littérature scandinave, des écrivaines ou des mots en ouille. À aucun moment on ne cultive chez vous le goût du silence, de l’intériorité, le plaisir de la solitude. La lecture aussi est intégrée au «vivre-ensemble». Il n’y a plus de refuge, plus d’ermitage… Quelle plaie !

Avant votre naissance, une ministre progressiste a décrété que chaque classe de France serait pourvue d’écrans. Il y en a partout au motif qu’il faut lutter contre la fracture numérique. Lutter, toujours lutter : ça donne l’impression d’être concerné préoccupé par la misère du monde… Peu nombreux sont ceux qui ont relevé que c’étaient justement les élèves des familles modestes qui passaient le plus de temps sur écrans et qu’il n’était pas nécessaire de leur en imposer à l’école.

Certains professeurs pensent que «chancelant» est de la famille de chance ou de chanteur et commettent des erreurs d’orthographe un peu partout.. Vous le voyez, vous le savez car malgré tout, votre intelligence résiste ! Vous comprenez qu’un nombre croissant d’entre eux a été recruté malgré leur inculture, parce que personne ne veut faire ce métier. Vous n’avez aucune envie de leur ressembler. Terminée l’exemplarité.

Il y a quelques jours, votre école Jean de La Fontaine a été renommée Boris Vian. Le collège d’à côté s’appelle Angela Davis. Tout se vaut. Le beau, le vrai, le bien ne sont plus que des appréciations relatives. Vous vous glissez dans cette modernité. À quoi bon résister, seul contre ce relativisme et ce culte du «progrès» ? L’école vous impose «un quart d’heure de lecture par jour» entre 13h30 et 13h45. C’est à peu près la même corvée que se laver les dents ou aider maman à mettre la table. La maîtresse vous observe du coin de l’œil : alors vous tournez les pages sans faire attention.

On vous assure que lire Harry Potter est formidable, que «ça peut mener à la littérature». On harrypotterise votre classe, vos cahiers, votre cerveau. Après quelques années de ce régime, vous n’êtes plus capable de supporter une description de plus de quatre lignes, la profondeur psychologique des personnages ne vous intéresse pas. Le style non plus. Vous finissez par regarder les films et acheter la littérature pour ados du même tonneau : des jeunes filles anorexiques ont des superpouvoirs et ça finit bien.

On vous enseigne très peu et très mal la grammaire, le vocabulaire. Les mots ne vous semblent pas toujours à leur place dans les phrases que vous lisez. Il suffit qu’un sujet soit inversé pour que vous le preniez pour un complément d’objet direct. Mais qui est là pour vous détromper ? Vous ne le savez pas mais en quarante ans, les élèves ont perdu environ 600 heures d’enseignement de la langue française entre le CP et la seconde…

Ah oui, j’oubliais : vos parents, vos professeurs, les surveillants, tout le monde est vissé sur son téléphone à longueur de temps. Vous en concluez logiquement – mais qui ne le ferait pas ? – que c’est cela qui est désirable. Car ces gens-là, les adultes, sont libres, vous le savez. Et que font-ils de cette liberté ? En profitent-ils pour se jeter dans les bras de Maupassant, de Milan Kundera ou de Pierre Michon ? Entretiennent-ils un journal ? Non non, ils jouent à Candy Crush, font défiler des vidéos «sur Instagram».

Pourtant, vous sentez confusément qu’on vous prive d’un bonheur, «qu’il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. » (Marcel Proust. Sur la lecture) Vous ne pouvez pas savoir que les sangs mêlés d’Achille, de Cosette et du Petit Chose coulent dans vos veines, que vous pouvez pleurer avec Cadichon, Perrette ou Gervaise, mais ils vous manquent. Après cette petite expérience de transfuge corporel, vous soupirerez peut-être encore que «les jeunes ne lisent plus». Mais comment pourraient-ils apprécier la lecture alors que tout conspire à les en dégoûter ? Apprenons leur déjà à déchiffrer correctement leur langue, à l’aide de méthodes purement syllabiques. Cessons d’occuper le temps scolaire avec des activités ludiques et de faire de l’école un lieu de combat contre les inégalités : édifions nos enfants par la littérature classique. Exigeons que les enseignants y soient formés, ainsi qu’à la grammaire et à l’histoire de leur langue.

Alors que la France souffre d’une bureaucratie délirante, d’un interventionnisme étatique sans concessions, d’un manque de liberté, il est indispensable de renouer avec le libéralisme. Une tribune de David Lisnard parue dans le magazine Valeurs Actuelles.

Face à la colère que suscite l’exclusion des véhicules polluants de certaines zones urbaines, plusieurs maires, dont David Lisnard, demandent la suppression de l’obligation nationale d’instaurer les zones à faibles émissions. Une tribune collective parue dans Le Figaro du 27 mars 2025.

À l’occasion de la Journée internationale de la francophonie, jeudi 20 mars, le gouvernement doit prendre un acte fort pour afficher son soutien à l’écrivain emprisonné en Algérie depuis le mois de novembre, estiment les membres de son comité de soutien, dont le président de l’Association des maires de France. Une tribune de David Lisnard, Arnaud Benedetti et Yves D’Amécourt parue dans le Figaro.

TRIBUNE – La ministre des Sports, Marie Barsacq, a estimé ce 5 mars que l’interdiction du port du voile dans le sport n’était « pas une priorité ». David Lisnard dénonce ces propos et regrette le manque de clarté du gouvernement sur ce sujet.

Le sport, conçu comme un espace de neutralité, un facteur de cohésion sociale et un vecteur de dépassement individuel, est aujourd’hui pris en otage par une dynamique idéologique islamiste. La droite sénatoriale a eu le courage de faire interdire les signes religieux dans les compétitions sportives. Pourtant, les déclarations récentes de la ministre des Sports sont réellement inquiétantes. Sous des considérations d’inclusivité mal définie, elles révèlent une approche relativiste.

Tandis que François-Noël Buffet, représentant le gouvernement au Sénat, affirmait en février que la proposition de loi du sénateur Michel Savin apportait «une pierre bienvenue dans l’édifice contre toutes les formes de séparatisme», Marie Barsacq juge en ce mois de mars que ce sujet «n’est pas une priorité». Elle affirme que sa position est «d’ouvrir le sport à toutes et tous parce que le sport doit faire partie de la vie de chacun». Ces déclarations affaiblissent dangereusement la clarté républicaine nécessaire face aux menaces islamistes.

Ce déni du prosélytisme islamiste et de la réalité de sa menace témoigne soit d’une méconnaissance profonde, soit d’un refus conscient d’agir face aux alertes répétées du renseignement territorial, des fédérations sportives et des acteurs de terrain, confrontés quotidiennement à ces dérives. Derrière la revendication du port du voile se cache une dynamique de fragmentation sociale qui ne se limite pas aux tenues. Elle n’est que la partie émergée de l’iceberg, à savoir une instrumentalisation du sport à des fins idéologiques et identitaires, sous couvert de revendications religieuses. L’histoire nous a déjà montré que tout renoncement ouvre une brèche difficile à colmater. Après l’école, où les débats sur la laïcité ont mis en lumière des stratégies d’implantation islamiste, le sport devient le nouveau terrain de confrontation.

Cette extension de l’entrisme islamiste ne relève pas du hasard : elle s’inscrit dans une logique plus large d’occupation de l’espace public et de remise en cause des normes communes, suivant une stratégie bien documentée par des sociologues tels que Bernard Rougier, Médéric Chapitaux ou encore Florence Bergeaud-Blackler. Dans Le Frérisme et ses réseaux, cette dernière analyse la manière dont les structures islamistes cherchent à imposer des normes communautaires en investissant des institutions de socialisation comme l’école, les associations et, aujourd’hui, le sport.

En infiltrant ces sphères, cette idéologie vise à substituer progressivement la norme religieuse à la règle républicaine. L’infiltration islamiste dans le sport n’est pas un fantasme d’extrême droite. Elle est documentée par les services de renseignement, les constats des maires et les témoignages édifiants d’éducateurs et dirigeants de clubs. Certaines disciplines, comme les sports de combat ou collectifs, sont particulièrement touchées par ces logiques séparatistes, générant des tensions et des conflits. La Fédération française de football a récemment alerté sur la multiplication de faux certificats médicaux visant à contourner l’interdiction des collants et des casques, détournés pour masquer le port du voile.

Par ailleurs, plusieurs clubs sont surveillés par le renseignement territorial en raison de leur proximité avec des mouvements islamistes prônant une vision rigoriste de la pratique sportive. Il suffit d’observer le monde du sport amateur pour constater des phénomènes, dans les vestiaires, sur les terrains et autour du stade, qui auraient semblé inconcevables il y a vingt ans. Des jeunes filles refusent de jouer sans voile, des entraîneurs sont sommés de séparer les garçons et les filles lors des entraînements et des prières collectives s’organisent en marge des compétitions. Ces phénomènes, autrefois marginaux, deviennent de plus en plus courants, minant les valeurs de cohésion et de mixité qui ont toujours été au cœur du sport. Il est essentiel de ne pas laisser livrés à eux-mêmes des éducateurs souvent jeunes et peu formés à faire face à ce type de problèmes. Pour ne pas reproduire les erreurs commises avec le corps enseignant, il nous faut un cadre législatif clair et un programme opérationnel et concret.

Cette dérive trouve aussi des facilitateurs, des agents passifs ou complaisants qu’il convient de dénoncer sans fard. Certains, sous couvert de bienveillance, défendent le droit des femmes voilées à concourir, ignorant que cette position, loin de favoriser leur émancipation, valide une vision islamique extrémiste et séparatiste, misogyne et rétrograde de la place des femmes dans la société. D’autres, mus par la lâcheté ou la peur du conflit, acceptent progressivement des concessions qui, sous prétexte d’apaisement, ouvrent la voie à une normalisation des revendications islamistes dans la société.

Enfin, certains acteurs politiques et militants y trouvent un intérêt électoral ou idéologique, préférant flatter certaines clientèles au détriment des principes fondamentaux de la République. Dans cette compromission, ils deviennent les relais efficaces d’une stratégie de conquête idéologique qui avance par capillarité et intimidation. Loin d’être un phénomène isolé, cette évolution doit être replacée dans un contexte plus large de remise en cause des institutions républicaines par une idéologie qui ne tolère ni la mixité, ni la neutralité, ni la primauté de la loi française sur les normes religieuses. Accepter ces dérives dans le sport, c’est ouvrir la porte à des revendications similaires dans d’autres espaces publics, qu’il s’agisse des universités, des hôpitaux ou des administrations.

Le Sénat a pris ses responsabilités. Il revient maintenant au gouvernement de démontrer qu’il est à la hauteur des enjeux. Car il ne s’agit pas seulement d’un débat sur la laïcité dans le sport, mais d’un choix civilisationnel : voulons-nous d’une République française qui affirme avec force ses principes ou d’un État dont la faiblesse, par compromission ou aveuglement, ouvre la voie à une normalisation du séparatisme et à une lente désagrégation de notre nation ?

Retrouvez cette tribune sur le site du Figaro en cliquant ici.

TRIBUNE | En 2025, l’obtention d’un rendez-vous avec un spécialiste peut excéder un an, 22% des services d’urgences publiques ne sont pas en capacité d’assurer un accueil continu, et 87 % du territoire est classé en désert médical.

La France bénéficie pourtant d’un savoir-faire médical et soignant reconnu, d’une formation d’excellence et de ressources financières substantielles. Cependant, malgré des dépenses de santé atteignant 325 milliards d’euros, des millions de citoyens rencontrent des difficultés majeures d’accès aux soins. Le problème ne vient donc pas des moyens, mais de leur mauvaise répartition dans un système sclérosé par une organisation rigide et des structures administratives obsolètes.

La charge bureaucratique pèse de manière disproportionnée sur le corps médical et paramédical : en moyenne, un médecin consacre 20 heures par semaine à des tâches administratives, et 34 % du personnel hospitalier remplit des fonctions non médicales. Cette charge accroît les tensions organisationnelles et favorise un cloisonnement des métiers de la santé.

Autrefois classé parmi les meilleurs au monde, notre système de santé est désormais marqué par des indicateurs préoccupants : une densité médicale de 3,2 médecins pour 1 000 habitants, situant la France au 26ᵉ rang de l’OCDE ; un vieillissement du corps médical, avec 44 % des médecins âgés de 55 ans et plus ; un renouvellement insuffisant, illustré par un taux de nouveaux diplômés de seulement 9,5 pour 100 000 habitants, classant la France 30ᵉ sur 36 pays.

Les contraintes réglementaires freinent la télémédecine et interdisent encore l’accès direct à certains professionnels de santé, comme les infirmiers ou les kinésithérapeutes. Ces blocages aggravent la surcharge des généralistes et allongent les délais de consultation. Il est urgent de recentrer le système sur le patient, en lui permettant de consulter librement sans être pénalisé par un parcours obligatoire.

Il devient aussi impératif de redéfinir les missions des soignants et de libérer au maximum les compétences de chacun pour mieux soigner ensemble. 

La reconnaissance de la pratique avancée pour les infirmiers, leur permettant de prescrire et de suivre certains patients de manière autonome et en accès direct, constitue une avancée majeure. Il est désormais nécessaire de généraliser cette évolution à l’ensemble du métier infirmier et de l’étendre à d’autres professionnels. 

L’accès aux soins en sera amélioré, de même que la réponse aux besoins croissants de la population, en respectant une gradation des soins entre professionnels au regard des compétences de chacun.

S’agissant de la lutte contre les déserts médicaux, elle nécessite une approche pragmatique qui ne restreigne pas la liberté d’installation des médecins mais qui propose un conventionnement différencié avec l’Assurance Maladie, en fonction des zones dans lesquelles les médecins décident de s’installer et des besoins sanitaires locaux. Une approche contractuelle, souple, pragmatique, permettra de mieux adapter offre et demande.

Surtout, il est prioritaire d’en finir avec le malthusianisme sanitaire et d’augmenter le nombre de praticiens. 

Supprimer immédiatement le numerus apertus, afin de doubler le nombre d’étudiants formés d’ici 2030, tout en repensant le cursus universitaire : l’apprentissage doit être accéléré, avec la possibilité d’exercer sous supervision dès la cinquième année, ParcourSup doit être supprimé, la double licence LAS/PASS doit être simplifiée, et le concours national classant doit s’adapter aux besoins réels de soins et non à la répartition des postes accessibles en internat. Parallèlement, il faut renforcer la formation pratique. 

Il est impératif de diversifier les lieux de stages hors CHU, en intégrant davantage les établissements publics, privés et libéraux, et en favorisant les partenariats entre universités et structures hospitalières privées. L’autonomie des facultés de médecine doit être accrue, leur permettant de contractualiser librement avec les acteurs du secteur, afin d’adapter l’offre de formation aux réalités du terrain.

Si l’Etat, comme c’est le cas pour nos armées ou pour la sécurité intérieure, doit définir une stratégie de long terme à travers une loi d’orientation et de programmation sanitaire pluriannuelle, la définition des besoins sanitaires ne peut plus être dictée depuis des instances administratives centralisées.

Pratiquons enfin la subsidiarité ascendante pour que les élus locaux, et les représentants des professionnels, en lien avec les Préfets, jouent un rôle central dans l’analyse des besoins et l’organisation de l’offre de soins afin d’assurer une meilleure allocation des ressources médicales. Dans cet esprit, il est temps que les maires retrouvent la présidence des conseils d’administration des hôpitaux.

Une simplification institutionnelle et une décentralisation accrue des décisions permettraient une action plus rapide et efficace.

Plutôt que d’accumuler les instances et les échelons administratifs, supprimer les ARS en confiant la partie des missions à conserver aux préfets, tout en y associant les collectivités locales, permettrait de s’adapter aux réalités du terrain, au plus près des patients et des professionnels. 

La France n’a pas un problème de qualité des soignants, elle a un problème d’organisation. Notre pays manque de médecins mais pas de candidats (90 000 jeunes par an souhaitent embrasser une carrière médicale). Le statu quo est intenable. Assurer l’accès aux soins pour tous commence par libérer ceux qui soignent.

Enfin, il faut soulager l’hôpital. Cela commence par la relance de la médecine de ville, résultant de ce qui précède. En attendant, favoriser l’installation de maisons de santé locales à l’échelle de chaque ancien canton, généraliser la télémédecine et simplifier le partage des données médicales sont des solutions immédiates pour désencombrer les urgences, où le nombre de passages a doublé en 30 ans pour atteindre 21 millions en 2023.

L’accès aux soins pour chacun dépend des choix que nous ferons : le choix d’un modèle fondé sur le dialogue, la souplesse et l’efficacité, plutôt que sur la coercition, la bureaucratie et la rigidité ; le choix de la confiance dans les soignants, plutôt que leur enfermement dans des carcans administratifs et une politique du contrôle culpabilisante ; le choix d’un système centré sur les patients, plutôt que sur des schémas de gestion déconnectés du réel.

Reconstruire notre système de santé est une priorité absolue. Ce n’est pas seulement une question de santé publique, c’est une question de dignité pour chacun.


Retrouvez cette tribune de David Lisnard sur le site Atlantico en cliquant ici.

BUDGET 2025. François Bayrou a la responsabilité de rendre la fiscalité plus compétitive, soulignent David Lisnard et Jacques Garello, dans une lettre ouverte au Premier ministre parue dans le JDD.

Après la publication de cette dernière tribune commune, nous apprenions, jeudi 16 janvier, la disparition de Jacques Garello. Retrouvez l’hommage que David Lisnard lui a rendu.

Retrouvez la tribune de David Lisnard et David Angevin parue dans le Figaro.