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Retrouvez le discours de David Lisnard.

« Avec l’appel du 18 juin 1940, le général de Gaulle prononça l’une des allocutions les plus puissantes de l’histoire de France et marquantes de notre récit national.

C’est l’appel d’un homme seul qui se lève, et debout face au monde, dit non à l’occupation, non à la résignation.

Il écrira plus tard : « Je m’apparaissais à moi-même seul et démuni de tout, comme un homme au bord d’un océan qu’il prétendait traverser à la nage ».

Ce courage, c’est celui du cœur dont le mot tient d’ailleurs son étymologie.

En quelques phrases, le 18 juin, celui qui deviendra le chef de la France libre, désigne les responsables de la défaite et en définit les causes, expose les conditions et donc les possibilités d’une victoire future, pose une vision géopolitique qui s’avèrera rigoureusement exacte, lance une espérance de résistance et exalte une transcendance française.

Quelle force de caractère, quelle persistance, quelle conviction, quelle constance il aura fallu au général de gaulle pour que ses propos, transmis sur les ondes de la BBC et alors peu entendus, deviennent le symbole d’une France qui se relève dans les ténèbres, le bréviaire de la résistance qui se constituera progressivement, l’étendard d’un honneur français qui sera retrouvé à la libération.

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Et pourtant, lorsque, de Londres, Charles de Gaulle appela les Français à refuser la fatalité, notre pays était occupé, son armée défaite, ses élites désemparées.
L’idéologie nazie avait séduit des Français de tous bords, complices dans leur volonté de soumission.

Dans la nuit d’une France vaincue et déjà très largement occupée, quand tout dans le pays ramenait à l’obéissance au vainqueur de 14/18, le prestigieux maréchal Pétain propulsé au sommet de l’Etat français par le vote des députés du Front populaire, oui, quelle force de caractère il a fallu au général de Gaulle, alors bien seul et inconnu du grand public, quasi inaudible sur le fond quand, quelques jours après son appel, la flotte française fut détruite à Mers el-Kébir par les troupes britanniques, avec plus de 1200 soldats français tués.

Alors oui, il en a fallu de la ténacité, du courage et de l’intelligence à Charles de Gaulle pour progressivement s’imposer / grâce à Churchill et malgré leur relations tumultueuses et ambivalentes – comme non seulement le chef de la France libre mais aussi le dirigeant d’une France éternelle qui saura, avec si peu de troupes combattantes, effacer l’infamie de la collaboration et se retrouver du côté des vainqueurs.

De Londres et d’Alger, de Libreville et du Pacifique, membres de l’armée des ombres et combattants des maquis, partisans, ouvriers ou paysans, célèbres ou anonymes, tous combattaient au nom de valeurs supérieures, résolus à accomplir pour elles le sacrifice de leur vie.

Il y eut les ralliés de la première heure – ce sont souvent les plus humbles qui se lèvent au départ – et puis ceux qui rejoignirent le Général de Gaulle par la suite.

Tous suivaient un homme, écoutant instinctivement leurs cœurs et le mystère du désir qu’il suscite parfois.

Tous se battirent avec le même amour pour la France et la certitude de défendre quelque chose de plus grand.

Pensons à Marc Bloch, qui, il y a presque 80 ans jour pour jour, le 16 juin 1944, en tombant sous les balles des bourreaux nazis, et malgré le visage tuméfié par la torture, laissa échapper ce cri sublime et héroïque : « Vive la France ! ».

En juin 1940, cette « flamme de la résistance française » n’avait rien d’évident dans l’obscurité de la victoire écrasante de l’armée du IIIème Reich, aidée par le pacte germano-soviétique conclu entre le régime nazi de Hitler et le régime communiste de Staline, pacte germano-soviétique qui laissa le champ libre aux Panzerdivisions dans l’ouest de l’Europe.

Avec ses quelques phrases du 18 juin, avec aussi sa capacité à discuter avec les alliés et à organiser les réseaux de résistance, avec enfin les combats victorieux menés par la France libre en Afrique, Charles de Gaulle a renversé le destin et a rendu possible l’un des plus grands et plus beaux sursauts tels que peut en connaitre l’histoire de France, depuis Bouvines en passant par Valmy, Austerlitz, la Marne et Verdun.

C’est en cela que l’Appel du 18 juin est éternel. C’est en cela qu’il constitue un viatique pour tous ceux qui aiment la France et veulent la voir indépendante, respectée et souveraine, c’est-à-dire libre et puissante.

C’est en cela que son message, son esprit, sa flamme, doivent nous accompagner dans notre vie civique.

La flamme, elle est précisément à l’honneur aujourd’hui. Celle de la résistance que nous évoquons et celle des jeux olympiques qui a traversé notre ville et notre département. Que toujours nous ayons en nous la vitalité qui fait les brasiers ardents du panache français.

Cette vitalité, cette ardeur, ce panache, nous en avons plus que jamais besoin au vu de ce que nous vivons et affrontons aujourd’hui.

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Des dirigeants bavards et impuissants ont plongé la France dans une situation politique chaotique. Rejoints dans ce désordre destructeur par les forces négatives du populisme et de la démagogie, ils ont conduit notre pays dans une impasse.

Conformisme de l’action publique, renoncement à travailler sérieusement, théâtralisation d’une politique vécue comme une succession de séquences puériles et egocentriques, tout nous conduit dans le mur et ouvre le champ libre aux diseurs de bonne aventure, ceux qui pensent qu’une nation pourrait être en sécurité et en prospérité sans effort, sans investir, sans travailler.

Et c’est à nous maintenant qu’il va en falloir de la ténacité, de la solidité et du courage face aux défaitistes, aux résignés, face aussi, dans le discours salvateur, à l’indifférence ou aux quolibets. L’époque exige de la constance et de la cohérence pour changer totalement de direction, pour quitter la spirale infernale du déclassement alimentée par d’un côté le conformisme des technocrates, de l’autre le populisme des démagogues. Tous ont en commun de vouloir flatter les opinions, de n’envisager l’action publique que comme une suite de dépenses supplémentaires non financées, qui font peser sur nos comptes publics donc les contribuables aujourd’hui et encore plus demain, c’est-à-dire sur nos enfants, la responsabilité de nos renoncements et facilités actuels.

Face à ce délitement, et parce qu’il n’y a pas de général de Gaulle aujourd’hui, parce qu’aussi le mal n’est pas dû à une armée étrangère mais à une dégradation morale et spirituelle de la société et à une déliquescence de la politique, le seul salut viendra d’un profond sursaut civique. Et d’une proposition politique solide, qui saura recréer les conditions d’une prospérité par la liberté et par une politique de l’offre déterminée et claire, mais aussi par le rétablissement implacable de l’ordre, seule condition de la sécurité et de la justice au service de la liberté.

Il s’agira de concentrer les efforts de l’Etat central sur l’éducation pour développer la raison critique, la maîtrise des technologies, le partage des valeurs, mais aussi évidemment sur les fonctions régaliennes et donc sur la sécurité, la défense et la diplomatie, enfin sur la préparation de l’avenir avec un effort sur la recherche et les infrastructures.

Un deuxième objectif incontournable est de préparer le retour à l’équilibre budgétaire, là où la France se distingue en étant en déficit depuis cinquante ans. Cet équilibre budgétaire, hors bien sûr un évènement exceptionnel comme une guerre et les dépenses de préparation de l’avenir, devra être obligatoire pour l’Etat et lié à une réduction massive de charges dont la baisse sera redistribuée intégralement en pouvoir d’achat et en diminution de la dette.

Parce qu’il n’y a pas de nation qui ne maîtrise pas son peuplement, une green card française permettra d’avoir un changement radical des règles d’immigration et, pour la maîtriser strictement aussi bien dans l’intérêt de la cohésion sociale que des immigrés légaux eux-mêmes, en permettant une politique d’intégration et d’assimilation.

Pour sauver l’Etat et la Nation, il faudra en finir avec la concentration politico-administrative qui embolise tout à Paris. Car il en résulte un système bureaucratique qui étouffe chaque initiative, générant un Etat impuissant contre ceux qui abusent et qui entrave ceux qui veulent simplement agir : un Etat fort avec les faibles et faible avec les forts.

Le principe de subsidiarité, qui part de notre capacité à assurer et assumer notre vie privée, et pour tout ce qui concerne l’action publique à agir d’abord au plus près du terrain puis à remonter vers les échelons supérieurs, devra être strictement respecté.

Enfin, le redressement de l’instruction publique par une politique de l’éducation rigoureuse sera la condition sine qua non du renouveau de notre pays et de la fin de sa décadence. Instruction, culture partagée, respect des fondamentaux, encouragement à la créativité, voilà comment une nouvelle flamme de l’espérance française peut renaitre.

C’est en cela que perdure l’esprit du discours du général de Gaulle en ce 18 juin, qu’il nous transmet sa vitalité par son amour de la France, par sa foi dans le courage et l’effort, par son espérance d’un destin libre et indépendant.

Espérance, amour, foi qui permettent de croire aux vertus profondes du peuple français et qui savent ranimer les âmes endormies.

Ce que les Français attendaient le 18 juin 1940, ce n’était pas un regret, mais un engagement : celui de servir la liberté de la France, la Liberté et la France.

Ce 18 juin, le Général de Gaulle prit donc cet engagement, si grand et si simple, de servir toute sa vie avec honneur et devoir, quelles que soient les difficultés, quels que soient les ennemis.

Voilà le chemin qu’il faut suivre car lui seul mène à la victoire.
A l’un de ses compagnons, le Général confiait en 1953 : « Il ne faut être prisonnier de rien si l’on veut avancer dans la forêt épaisse des réalités mouvantes».
Saluer la mémoire du Général de Gaulle aujourd’hui, c’est refuser le découragement, le conformisme, la résignation. C’est inventer des voies inédites, surprenantes. C’est s’appuyer sur de nouvelles énergies.

Saluer sa mémoire, c’est s’inspirer de la permanence de ses vertus morales et de son amour d’une France vécue comme une transcendance et une espérance.

Rien n’est facile, jamais, mais tout reste possible.
Et tout peut aller très vite.

Elisabeth de Miribel, la femme qui retranscrivit à la machine l’appel du 18 juin, aurait dit : « j’ai l’obscur pressentiment de participer à quelque chose d’extraordinaire ».
Dès le lendemain, dans le petit bureau du Général de Gaulle à Saint Stephen’s House, se produisent les premiers ralliements.

Alors aujourd’hui que la crise civique s’accroit et que les incertitudes se multiplient, ne nous laissons surtout pas gagner par l’esprit d’abandon.

Face aux errements de la division, au naufrage des technocrates, aux dangers des démagogues, à la haine extrémiste, ne laissons pas les consciences vaciller.

Les catastrophes viendront, le désordre semblera peut-être triompher, mais reviendra le temps de l’ordre juste si nous trouvons en nous les forces morales de redresser le pays.

Cette France solide et combattante, cette France éternelle, je la rencontre chaque jour dans le pays, dans nos admirables maires des villes et villages de France, dans tant de chefs d’entreprises courageux et constructifs malgré les obstacles, tant de fonctionnaires dévoués, à encourager, tant de salariés sérieux et appliqués, tant de jeunes motivés et de retraités qui veulent transmettre, tant de commerçants et artisans qui font leur vie avec dignité, tant de Français lucides, responsables et créatifs. Il est en eux, en chacun de nous, le sursaut civique à venir. Il est en eux, en chacun de nous, l’héritage moral de l’appel du 18 juin.
Alors, la Paix s’installera de nouveau et les mots de liberté, d’humanité, de justice, retrouveront le sens que nous devons leur donner.

Pour cela, préparons-nous à accomplir notre devoir, à faire nôtre une cause qui nous dépasse et qui nous survit, à conquérir les moyens de notre ambition collective.

Montrons-nous à la hauteur de ce message du 18 juin 1940, celui de la France. » David Lisnard.

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