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David Lisnard célèbre le 78ème anniversaire de la Libération de Cannes

« Célébrer la libération, c’est aussi s’astreindre à un devoir de fidélité et à une certaine idée de la France. Car ce legs immense des libérateurs, chaque jour, nous oblige et doit inspirer chacune de nos actions ». Retrouvez le discours de David Lisnard dans son intégralité.

« Le plaisir comme l’émotion sont toujours vifs, à chaque 24 août, au moment de nous retrouver pour commémorer la libération de Cannes. C’est sans aucun doute la cérémonie la plus intime de toutes, si j’ose dire, car elle nous ramène à notre histoire directe, celle
de notre cité, de ce qu’elle a pu devenir, grâce au courage, à la persévérance et à l’acharnement de nos soldats et de tous
les amoureux de la liberté.

Oui, il y a 78 ans, neuf jours après le début du Débarquement de Provence, notre ville était délivrée par la 1 ère Armée Française du Général De Lattre de Tassigny et par la 7 e Armée Américaine du Lieutenant-Général Alexander Patch. Après ceux de Sicile, en juillet 1943, et de Normandie, en juin 1944, ce troisième débarquement, baptisé « Opération Anvil Dragoon », coûta cher aux forces de l’Axe. « Nancy a le torticolis ». C’est sous ce message codé que, le 14 août au soir, la BBC annonçait l’imminence de l’opération
en Provence.

Elle fut stratégique et déterminante car elle permit de prendre les armées allemandes en étau, au nord puis désormais au sud, et d’affaiblir, chemin faisant, leur force de frappe et leur puissance d’action. Grâce aux forces alliées avec l’apport des régiments de la France Libre et de la Résistance, notre pays, en guerre depuis bientôt cinq ans, occupée depuis quatre, sentait, petit à petit, poindre cette odeur si douce et agréable de la libération, de la liberté retrouvée ; de la France retrouvée.

Nous le devons à des meneurs à la volonté d’acier, dont en premier lieu le Général de Gaulle et Winston Churchill, qui ont su être les hommes qu’il fallait « au milieu des circonstances », dont parlait le chef de la France Libre. En cet été 1944, la France retrouvait progressivement non seulement la liberté mais aussi l’honneur, grâce au Général de Gaulle, qui la plaçait du côté des vainqueurs, par sa vision limpide et juste, sa force de caractère hors normes, son charisme puissant et son génie politique.

Le pays lui doit une éternelle reconnaissance, comme aux soldats alliés sacrifiés pour nous et aux résistants français. Il en fut à Cannes et nous leur rendons hommage.

A l’heure du recueillement, nous nous devons, comme chaque année, de penser aux nôtres, ceux que l’amour de leur patrie et de leur ville ne retint pour rien au monde, y compris face à la mort.

Je veux citer ici, bien sûr, Ange-Marie Miniconi, Jean Haddad-Simon, Maurice Derché, Pierre Graglia, Michel Jourdan, Léon Goyet, Francis Tonner, Henri Bergia, les frères Casanova et Pradignac, Hélène Charpiot, René Viglieno, Marius Monti, Mère Irène de Jésus, Tony Isaïa et tous ceux, frères d’armes, qui ne reculèrent jamais.

Je n’oublie pas non plus :

– Hélène Vagliano, notre héroïne cannoise s’il en fut qui, de la villa « Champ-Fleury » à la rue Teisseire, engagée dans la Maison locale du Prisonnier en même temps qu’elle fut veilleuse pour le Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA), tomba sous les balles de la Gestapo, à Nice, le 15 août. Torturée, martyrisée, elle ne parla jamais ;

– Les résistants de la Villa Montfleury, siège cannois de la Gestapo : Jean- Baptiste Albertini, Concetta Biacca, Gustave Biny, Pierre Raymond Chalmette, Alfred Froidurot, Georges Krengel, Marius Martini et Hyppolite Séguran. Torturés, ils furent tous les
huit assassinés froidement ;

– Léon Noel, engagé dans la résistance à 24 ans, qu’il organisait depuis son magasin de cycles de l’ancienne rue du Titien, à Cannes. Interrogé, torturé, il fut fusillé le 21 septembre 1943 ;

– Ses amis Claude Levissalles et Louis Perrissol, tous deux décédés en déportation en 1944.

Chacun savait, par son engagement, que la mort pouvait être au bout du chemin. Leur choix n’a en rien été altéré par cette terrible réalité. C’est là toute la noblesse de leur audace.

Célébrer la libération, c’est honorer nos résistants mais c’est aussi remercier nos libérateurs. Si la France retrouva l’honneur grâce au
Général de Gaulle, aux forces de la France Libre, aux troupes des colonies, et à l’armée intérieure de l’ombre, elle fut débarrassée du joug nazi grâce à la mobilisation décisive, admirable, inouïe des forces alliées.

Nous devons exprimer notre éternelle gratitude aux boys américains qui ont débarqué en Normandie, si jeunes, si loin de chez eux, si porteurs d’espoir. Et notre devoir de mémoire doit exprimer cette éternelle reconnaissance aux dirigeants et soldats alliés qui ont
combattu l’Allemagne hitlérienne : Américains, donc, mais aussi Britanniques bien sûr (sans oublier le courage et la solidité du peuple anglais sous les bombes du Blitzkrieg), soldats Canadiens, Australiens, Néo-Zélandais, pardon pour les pays que je ne cite pas, et sans oublier les Russes et, au-delà, des soldats des peuples de l’URSS sur le front de l’Est, avec le sacrifice humain de tant de
membres de l’Armée rouge.

Nous devons à tous la libération de la France, et du monde du nazisme hitlérien.

En ce 24 août, j’ai plaisir à imaginer la ferveur et l’effusion de joie qui, à la fin de l’été 1944, inondaient les rues de Cannes. C’est cela la véritable rencontre avec la liberté, et la conscience de sa grandeur, de l’absolue nécessité de la « seule valeur impérissable de l’histoire », nous rappelait Albert Camus.

Le joug nazi n’était plus.

L’étouffement et la terreur de l’Occupation s’estompaient.

L’humiliation et l’indignité de la Collaboration prenaient fin.

Célébrer la libération, c’est aussi s’astreindre à un devoir de fidélité, à une certaine idée de la France. Car ce legs immense des libérateurs, chaque jour, nous oblige et doit inspirer nos actions, comme citoyen et à plus forte raison dans le cadre d’un mandat
électoral.

Face aux difficultés et à l’adversité, il ne faut jamais abdiquer, toujours agir dans la recherche de la dignité, c’est-à-dire en
liberté, et se dire que lorsque l’on veut, on peut, avec méthode et discernement face à la réalité.

C’est pourquoi, pour être fidèles à la libération, dignes de nos prédécesseurs qui ont combattu, respectueux de cet héritage d’autant plus précieux qu’il est moral, nous avons aujourd’hui le devoir de cultiver notre liberté, donc notre indépendance, indépendance collective, c’est-à-dire nationale et locale, et indépendance individuelle.

J’aime à me rappeler ces mots de Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra : «’Vouloir’ affranchit : c’est là la vraie doctrine de la volonté et de la liberté. Ne plus vouloir, et ne plus évaluer, et ne plus créer ! ô que cette grande lassitude reste toujours loin de moi ».

Vivre, c’est vouloir ; et nous voulons, nous devons vouloir être indépendants.

Localement, cela passe par une action constante pour renforcer Cannes.

Avec la belle équipe municipale qui m’entoure, c’est le sens de notre action au service de tous les habitants. Notre responsabilité, parce qu’elle n’est que passagère, éphémère, nous engage d’autant plus.

Elle commence par une maîtrise rigoureuse des deniers publics (qui, par définition, ne nous appartiennent pas ou appartiennent à tous) dont nous sommes les garants. A Cannes, depuis 2014, l’assainissement financier, qui permet d’être indépendant et de construire dans la durée, est une réalité :

– La réalité de la baisse, forte et constante, de la dette communale. A la fin de cette année, elle aura diminué de 62,51 millions d’euros en huit ans ;

– La réalité, aussi, de la sobriété fiscale municipale. Les taux communaux des impôts locaux n’ont pas été augmentés et aucune modification des abattements fiscaux n’est survenue. Parallèlement, l’Agglomération Cannes Lérins est la seule Communauté d’agglomération de France à ne pas avoir créé de fiscalité additionnelle sur les ménages ;

– La réalité, enfin, de services publics locaux de qualité. L’optimisation des moyens a permis de baisser le nombre d’agents municipaux à périmètre constant (-224) ainsi que le nombre de véhicules de service (-116) – sans jamais affecter la qualité du service, et, par un nouveau management, à travers les cercles de qualité notamment-, d’améliorer la qualité des services quotidiens comme de mener
la valorisation des espaces publics.

Qu’en est-il, a contrario, de la gestion des comptes de l’Etat ? Le temps électoral est passé. Nos gouvernants ne peuvent plus nier ou
masquer une situation financière qui rend la France fragile, dépendante et, de surcroît, plombe l’avenir de nos enfants et
petits-enfants.

Depuis des années, nous ne sommes que quelques-uns à dire la gravité de la situation, dans un pays où, quasi-continuellement depuis 40 ans, l’Etat s’enfonce dans les abysses de la dépense inconsidérée, dans la politique du chèque- cadeau qui est en réalité un chèque en bois que devront assumer nos descendants.

Avec un déficit public établi à 160,9 milliards en 2021 (soit 6,5% du PIB) et déjà à 76,1 milliards à la fin juin 2022, avec une dette publique de 2652 milliards, soit 112% du PIB, nos lendemains s’annoncent douloureux.

Lendemain proche avec une hausse des taux d’intérêt qui, déjà, fait que l’année prochaine, le budget du poste de remboursement de la dette de l’Etat va dépasser celui de la Défense nationale.

Maîtriser les finances est un impératif. Pas une finalité comptable mais humaine car il en va, tout simplement, de notre
indépendance et de notre liberté d’action.

– Indépendance de la France dans un monde en ébullition, où elle doit se faire entendre et respecter, en défendant sa souveraineté, et en ayant les moyens de ses ambitions.

Le Général de Gaulle puis Georges Pompidou avaient saisi que le pays ne pouvait se résoudre à la médiocrité. C’est là toute la puissance de leur riche politique industrielle.

Des groupes puissants comme Saint-Gobain, Thomson, CGE ou encore Rhône-Poulenc se constituèrent dans un pays où la fiscalité, l’aménagement du territoire, la qualité de la formation et l’espérance collective créaient un environnement favorable à la prospérité,
au talent créatif de la France, à sa puissance industrielle et innovante.

Que pourrions-nous dire, aujourd’hui, de notre politique en la matière ?

Le triste record du déficit commercial, de près de 39 milliards entre avril et juin 2022 – 114 milliards en un an – confirme que nous régressons en compétitivité avant tout auprès de nos partenaires de la zone euro.

Nous devons retrouver un souffle, y compris dans le secteur de l’énergie.

Comment être indépendants, c’est-à-dire maîtres de notre destin, sans maîtrise énergétique ?

Nous devons et pouvons retrouver une ambition en matière d’énergie, sur le territoire national comme en Europe.

Cela ne peut se faire sur des chimères de l’exclusivement renouvelable qui, certes a sa place et doit être développé, mais en complément du nucléaire, à ce jour seule énergie à la fois pilotable, puissante et décarbonnée.

Ceux qui planifient aujourd’hui la transition énergétique et reparlent à juste titre du nucléaire sont les mêmes qui, il y a trois ans à peine, planifiaient la fermeture de 14 réacteurs nucléaires, nous obligeant à rouvrir deux centrales à charbon les plus polluantes. Toute stratégie nécessite de la constance et du courage politique.

La stratégie nucléaire avait été concrétisée par le Général de Gaulle et ses successeurs, et a remis la France, avec la stabilité monétaire,
l’industrialisation, l’affirmation culturelle et l’arme atomique, au rang de puissance, indépendante, souveraine et rayonnante.

Nous devons défendre ce modèle, que tant d’hypocrisie pourfend sur les bancs de l’extrême-gauche.

De même que notre indépendance nous guide d’être proactifs sur les enjeux numériques, incontournables aujourd’hui.

Dans ce domaine aussi, l’Europe doit devenir un levier de puissance. C’est ainsi d’ailleurs qu’elle retrouvera du sens.

Pour un pays comme la France, il n’y a pas d’indépendance sans puissance, intrinsèque, et grâce à des alliances.

La France et l’Europe doivent être autonomes en matière d’intelligence artificielle et de nouvelles technologies.

Notre continent, aujourd’hui, est hélas une colonie numérique des Etats-Unis et de la Chine dans les secteurs les plus porteurs
de croissance et d’avenir : intelligence artificielle, biotechnologies, nanotechnologies, robotique. Nous vivons une période
enthousiasmante car ces technologies, encadrées et bien utilisées, peuvent changer le monde de façon positive dans
tous les domaines — santé, écologie, fin de la pénibilité au travail, au point de pouvoir parler d’une nouvelle « Renaissance », à condition que nous ne tombions pas dans l’aliénation et que nous les maîtrisions, par une régulation protectrice des libertés individuelles, et sur les plans technologiques et économiques.

Une darpa européenne de coopérations scientifiques et industrielles, public-privé, dans les secteurs cités, dans ceux du cloud aussi, de la physique quantique, de l’agritech, de la silver économie et de l’économie du vivant, peut replacer la France et l’Europe au cœur du XXIe siècle.


A notre petite échelle locale, et dans le cœur de métier évènementiel qui est le nôtre, j’ai tenu à ce que notre ville soit à l’initiative et accueille la première édition, en avril dernier, du World Artificial Intelligence Cannes Festival (WAICF). Ce fut un très grand succès international.

Hélas, pour le moment, hormis quelques initiatives isolées, le futur s’invente ailleurs qu’en France et en Europe, sans nous, dans la Silicon Valley et dans la zone Asie-Pacifique, Chine, Corée et Japon qui ne se privent pas de faire venir nos start-ups.

Mais les enjeux de notre époque ne sont pas qu’économiques et technologiques, ils sont aussi géopolitiques, diplomatiques et militaires.


– Indépendance et puissance de la France, avec une voix qui porte et qui pèse en Europe, face aux conflits et enjeux géopolitiques qui se posent dans le monde :

A Taiwan, où la récente venue de Nancy Pelosi a ravivé les tensions avec la Chine, qui ne se cache pas de vouloir « rééduquer les séparatistes taiwanais ». Inquiétant vocable vis-à-vis des Taiwanais qui sont pourtant bien chez eux.

En Ukraine, où la Russie, il y a tout juste six mois, a lancé une guerre dont on peine à imaginer la fin.

Mes chers amis, ce 24 août, jour de la libération de Cannes en 1944, est aussi la date de la fête nationale ukrainienne, qui marque sa prise d’indépendance vis-à-vis de l’empire soviétique.

Aujourd’hui, l’attaque russe et l’embourbement de ce conflit meurtrier, qui rappelle le XXe siècle, ont une résonance particulière.

Au pays du poète Taras Chevtchenko, auquel nous avons rendu hommage en mai dernier et dont une place cannoise porte désormais le nom, les exactions, les maltraitances, les abominations sur les populations civiles et armées se poursuivent chaque jour.

Par une violation éclatante du droit international, Vladimir Poutine se comporte en conquérant tout-puissant, sans limites.

Nous pouvons être fiers d’avoir été proactifs à Cannes pour acheminer une aide humanitaire en Ukraine dès les premières heures du conflit. Nous devons être fiers d’avoir su accueillir tant de femmes et d’enfants réfugiés dans notre ville, un record de France par
rapport à sa population. Quelles que soient les subtilités du conflit, la Russie doit être arrêtée en Ukraine.

C’est aussi l’enseignement que nous tirons des combats passés et de l’Histoire.

Les démocraties ne doivent jamais apparaître comme des régimes faibles à l’égard de leurs adversaires. – Indépendance et puissance de la France face à l’islamisme rampant qui a décimé tant d’innocents, et dont l’idéologie prospère, tel l’islamisme djihadiste : la récente agression de Salman Rushdie, 33 ans après la fatwa prononcée à son encontre par l’Ayatollah Khomeiny, est la preuve que ce totalitarisme mortifère ne meurt jamais, que la nouvelle bête infâme ne faiblit pas.

Le grand Boualem Sansal, dans une interview publiée le 18 août dans le Figaro, nous alertait si justement dans les termes suivants : « Il ne faut pas désespérer le pèlerin mais il faut le lui dire : l’Occident est à l’agonie. Comment peut-il espérer vaincre l’islamisme avec si peu de moyens et tant de gens troubles dans ses rangs, prêts à toutes les coopérations ? Il faut que les Occidentaux cessent d’être des Occidentaux idiots ».

Réagissons.

Arrêtons de subir.

Assurons-nous, par exemple, de la parfaite application des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF). Seules 5,6% d’entre elles ont été exécutées en 2021 !

Combattons, par la culture ainsi qu’une action judiciaire et administrative inflexible, les imams fréristes qui prêchent la haine de notre pays et de la République ; et espérons que l’expulsion d’Hassan Iquioussen, à juste titre décidée par le ministère de l’Intérieur, pour le moment suspendue, sera confirmée par le Conseil d’Etat qui doit statuer en fin de semaine.

« Il y aura en tout temps et dans tous les pays, surtout si ces pays sont divisés de religion, des fanatiques qui ne demanderont pas mieux que de se faire martyrs » faisait dire Alexandre Dumas au cardinal de Richelieu dans Les Trois mousquetaires.

Face à la menace terroriste qui gangrène notre pays depuis plusieurs années, sachons fermement dénoncer le fanatisme islamiste, y compris celui que je nomme « à bas-bruit », qui s’insémine insidieusement dans différentes structures de notre pays, et combattons autant intellectuellement, j’allais dire spirituellement, l’idéologie mortifère que juridiquement les actes qu’elle engendre.

Ne devenons surtout pas les idiots utiles des islamistes en acceptant, voire en défendant, comme tant d’élus d’extrême- gauche, les atteintes à l’égalité hommes-femmes, l’enfermement du corps de la femme, les pudibonderies et les prières dans les enceintes sportives, etc.

Accepter cela, c’est, d’une part, abandonner notre mode de vie français fait de liberté, dont la laïcité est devenue une des garanties.

Accepter cela, c’est, d’autre part, abandonner tous nos compatriotes musulmans face aux islamistes en laissant supposer que les pratiques rétrogrades, enfermantes et intimidantes, sont la norme de leur religion et une norme acceptable dans la République française. Il n’en est rien.

Accepter cela, c’est enfin abandonner l’universalisme républicain qui a contribué à la grandeur de la France dans le monde et protège les individus de l’enfermement identitaire.

Abandonner cela, c’est tout simplement abandonner la France.

Comment vivre dans une société apaisée, ce qui nécessite que le pays soit respecté, si nous-mêmes n’aimons pas notre pays et dénigrons sans cesse le mode de vie que nous héritons des générations passées ?

Notre indépendance individuelle au quotidien en dépend, comme face à la délinquance.

– Fermeté des pouvoirs publics face à l’explosion de la délinquance et des agressions :

Comment être libre si on ne peut pas se promener dans certains secteurs ou à certaines heures, s’habiller comme on veut, garder la tête haute dans la rue car des voyous vous font baisser les yeux ?

Avec une augmentation de 12% des homicides depuis 2017, de 11% des viols et de 32% des coups et blessures, les chiffres sont éloquents.

Face à l’incivisme, à la délinquance, à la recrudescence des rixes ou attaques au couteau, dont les dernières semaines nous ont fourni un échantillon terrifiant à Nice, au Mans, à Grenoble et dans tant d’autres villes – Cannes n’y échappe pas -, sortons du déni et rétablissons un ordre fort et juste, par l’exécution et un suivi rigoureux des sanctions données.

Je rappelais, dans une récente tribune du Figaro, l’absurdité que constituent les arrêts de la Cour de Cassation du 12 juillet, qui vont désormais priver les Procureurs de la République « de la possibilité décisive dans les enquêtes de recourir aux données de téléphonie
mobile, dont les fadettes, les SMS et la géolocalisation des suspects ». Encore une fois, il n’y a aucune fatalité.

Pour contrer un danger, il faut s’en donner les moyens. Ce qui n’est pas antinomique avec l’Etat de droit. Cela passe par une fermeté sans scrupules vis-à-vis des squatteurs qui occupent impunément le domicile de Français qui ont parfois mis des décennies à devenir propriétaires. La propriété privée doit être préservée.

Il n’y a pas de vraie liberté sans propriété privée.

Parce que nous honorons nos morts d’hier, qui le sont pour avoir porté et cru en ce merveilleux idéal de liberté, refusons aujourd’hui, par les mots et plus encore par les actes, toute mesure de nature à entraver notre liberté de dire et de contredire, d’agir, de faire.

L’enjeu est démocratique, culturel, civilisationnel, spirituel.

Cette liberté ne peut se voir préservée que si elle est acquise à des esprits alertes, critiques, vifs, formés mais pas endoctrinés, initiés mais pas formatés, qui ne se laissent rien imposer sans comprendre, sans expliquer.

C’est pourquoi, à Cannes, la culture est au cœur de l’action municipale, avec un budget de 32 millions d’euros, le premier de la commune.

Les premiers, nous avons lancé, de manière pionnière, le 100% Éducation Artistique et Culturelle (EAC), consacré en 2017 par sa labellisation nationale, politique municipale qui a bénéficié, depuis, à plus de 45 000 élèves cannois, de la maternelle au post-bac.

Parallèlement, et j’y tiens, car « c’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal » écrivait Hannah Arendt, nos écoliers ont accès, sur le temps périscolaire, depuis 2015, à des cours de philosophie mais aussi de grec et de latin, qui n’ont jamais été autant fréquentés que cette année, avec 385 inscrits, et près de 1400 au total sur les sept dernières années.

L’initiation aux humanités, la découverte des civilisations, le développement de la raison critique sont les meilleurs ingrédients pour les citoyens éclairés de demain.

L’étymologie, dans ce cadre, est, essentielle.

A l’heure où les mots n’ont souvent plus de sens, où l’on change au gré des humeurs capricieuses l’orthographe, où l’on cède, pour satisfaire quelques minorités puissantes et agissantes, à l’écriture inclusive qui n’en a que le nom, le retour aux fondements est indispensable. « Avoir les mots », autrement dit les utiliser à bon escient, c’est aussi être capable de nommer le mal.

– Face au wokisme – dont l’ampleur et les conséquences dévastatrices me semblent encore très minorées-, aux réécritures de l’histoire, au déboulonnement des statues, aux objurgations d’esprits étriqués ;

– Face aux bien-pensants et surtout dangereux qui vont jusqu’à demander de ne pas « genrer » les restes humains découverts lors de fouilles archéologiques, avec l’argument grotesque, mais quand même avancé, que certains de nos ancêtres préhistoriques auraient pu vouloir changer d’identité sexuelle ! Tout cela est vrai. C’est le Leading Britain’s Conversation qui en faisait état le 25 juillet dernier, à propos d’un collectif d’archéologistes activistes anglais ;

– Face à l’affiche du planning familial qui présente un homme « enceint », démarche soutenue par la ministre.

Mais qui aurait pu penser, il y a encore quelques années, à de telles dérives ?

Ne nous y trompons pas. Chacun doit pouvoir vivre comme il l’entend, tant qu’il ne nuit à personne d’autre.

Chacun doit pouvoir vivre sa sexualité comme il l’entend. Il est du devoir de notre démocratie de poursuivre l’homophobie.

Dans un autre registre, chacun peut même ressentir une autre appartenance de genre que celle de sa naissance et vivre en liberté cette identité.

Car c’est aussi une réalité, et même si elle est quantitativement marginale, elle est absolument primordiale pour ceux qui sont concernés.

Mais cette réalité ne saurait, pour des motifs idéologiques, conduire à une négation de la dimension et de la réalité naturelles de l’espèce humaine.

Face à ces délires révisionnistes, opposons la raison, un corpus intellectuel, le bon sens.

Combattons et condamnons sans faiblesse toute discrimination, tout racisme, tout antisémitisme, toute homophobie, tout ce qui renvoie aux instincts noirs du rejet de l’autre pour ce qu’il est. C’est l’honneur de la France et de la République.

Mais ne lâchons rien aux idéologues qui nient toute composante naturelle à l’humain et voudraient nous faire haïr ce que nous sommes.

« L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. Les seuls démagogues ont intérêt à essayer de nous faire croire le contraire », écrivait si justement Charles Péguy.

Que l’un et l’autre, que l’un avec l’autre, soient les deux mamelles de la ligne de conduite à appliquer, et que l’on n’en dévie jamais.

Là sera ainsi la garantie d’un Etat prospère, sain, durable, fort, dans le même esprit de construction qui prévalut à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, où tout était à refaire.

Et tirons, encore et toujours, de manière opérationnelle et concrète, les enseignements si précieux que nos héros, nos combattants ont illustré par leur sacrifice.

Retrouvons le panache qui a si longtemps fait la singularité comme l’unicité de la France, favorisons les initiatives et la création, redonnons leur sens aux valeurs qui nous ont guidées à travers les épreuves.

Parmi ces valeurs doit se trouver celle de la dignité humaine, dont j’ai souvent pu rappeler qu’elle est à mes yeux la finalité de tout.

A Cannes, terre mosaïque, où le taux de pauvreté atteint les 20% – soit six points supérieurs à la moyenne nationale -, ville française, provençale et d’immigration, la réalité sociale, la réalité humaine, est bien loin des clichés. Beaucoup d’entre nous, dont beaucoup de
nos aînés, sont pauvres ou isolés. Faire en sorte qu’ils aient leur place dans la société est une priorité.

C’est le sens de la politique menée en matière sociale, à travers notre CCAS mais aussi l’hôpital et l’ensemble du tissu associatif.

Ainsi, en 2023, sera livrée une nouvelle maison de retraite publique, médicalisée, dans l’enceinte du centre hospitalier Simone Veil, de 314 places (soit 87 de plus qu’actuellement), de très grande qualité et avec les tarifs sociaux les plus bas du département.

A la mi-2024, c’est une nouvelle résidence autonomie qui verra le jour dans le quartier Saint-Louis, avec 96 places, auxquelles s’ajouteront 14 logements sociaux pour les policiers nationaux.

C’est concret et vient s’ajouter à toutes nos actions quotidiennes d’accompagnement, d’encadrement, d’aide aux personnes fragiles dans une ville qui ne saurait être réduite, souvent hélas avec mépris, à son Festival.

Bien loin des stéréotypes également, grâce son formidable campus Georges Méliès dans le cadre du programme Cannes on Air, Cannes est aussi devenue une ville étudiante, et pourra d’ailleurs en héberger 172 de plus, dans la nouvelle résidence qui ouvrira d’ici quelques jours.

Agir pour la dignité de chacun, c’est proposer à nos jeunes : formations, culture, sport, une aide au permis de conduire, une bourse d’études au mérite, comme nous le faisons de façon volontariste et souvent innovante à Cannes.

C’est, plus globalement, pour toutes les populations en difficulté, grâce à une politique sociale qui n’enferme pas dans des trappes à pauvreté mais au contraire donne certes à manger et propose un toit, mais avant tout donne confiance en soi, émancipe, libère, rend indépendant, par le travail et la force intérieure.

Il est là, dans cette force intérieure, l’esprit de sacrifice des libérateurs de 1944.

Et dans cet esprit, qui a fait la singularité et la puissance de nos sociétés libérales,
je conclurai en citant l’immense Ayn Rand, dans « La source vive » :

« L’homme peut être plus ou moins doué, mais un principe essentiel demeure : le degré d’indépendance auquel il est arrivé, son initiative personnelle et l’amour qu’il porte à son travail. C’est cela qui détermine sa capacité en tant que travailleur, et sa valeur en tant qu’homme. L’indépendance est la seule jauge avec laquelle on puisse mesurer l’homme. Ce qu’un homme fait de lui-même et par lui-
même et non ce qu’il fait ou ne fait pas pour les autres. Rien ne peut remplacer la dignité personnelle. Et il n’y a pas de dignité personnelle sans indépendance ».

Mes chers amis, en ce jour de libération donc de fête, mais aussi d’hommage, de recueillement, de déférence infinie pour les défenseurs de la liberté d’une certaine conception de la France et de sa place dans le concert des nations, tirons le meilleur profit de ce pan d’histoire. Soyons nous-mêmes.

Ne nous laissons rien dicter, surtout pas, ce que nous avons à être ou ne pas être.

Assumons ce qui fut, et choisissons en pleine conscience, ce qui doit advenir.

Soyons dignes.

Soyons indépendants.

Soyons libres et responsables.

Vive Cannes !
Vive la République !
Vive la France ! »

David Lisnard, Cannes, le 24 août 2022.

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