La palme de l’efficacité
Rigueur, transparence, efficacité : à Cannes, une gestion qui séduit bien au-delà de la Croisette. Un portrait réalisé par Fabrice Durtal pour le magazine Tous contribuables.
Dès qu’il le peut, David Lisnard enfile ses baskets. À 56 ans, l’édile de Cannes (et président de l’Association des maires de France, AMF) brigue un troisième mandat. Il participe régulièrement à des marathons, dont celui de Paris, qu’il a déjà bouclé en moins de trois heures. Avec la boxe anglaise, cette passion pour la course à pied colle à son approche de la politique : endurance, constance et dépassement de soi.
Vigilance budgétaire
Né le 2 février 1969 à Limoges, c’est pourtant un enfant du grand Sud. Son arrière-grand-père a construit le marché Forville, et son père a été footballeur professionnel à l’AS Cannes. Marié et père de trois enfants, il vit dans le quartier République-Gallieni, au cœur de Cannes. Après des études à Sciences Po Bordeaux, il entre au conseil municipal en 2001. Il est élu maire en 2014, puis réélu en 2020 dès le premier tour avec 88 % des voix. Sous sa houlette, la ville a vu sa dette fondre de 77 millions d’euros en dix ans, tout en maintenant une politique d’investissement soutenue. Il a récemment annoncé la création d’un musée international du cinéma à l’horizon 2029, avec 1 000 m² dédiés au Festival, afin de faire rayonner la ville au-delà des tapis rouges. La frugalité budgétaire de la municipalité a été saluée par le cabinet Localnova, qui a attribué à la mairie la note de 20/20 pour sa gestion des finances municipales. En 2024, la ville du cinéma a également été récompensée pour la troisième année consécutive par le prix « Expérience Citoyen », qui distingue la qualité et l’efficacité des services publics locaux. Membre des Républicains (LR), David Lisnard a appelé à la censure du gouvernement Lecornu II. Il plaide pour la baisse de la dépense publique au niveau national, mais refuse que l’effort commence par les communes et les départements. Il affirme que la vigilance budgétaire qu’il applique à Cannes peut servir de tuteur à toute collectivité.
Sus au parisianisme
Fils d’une grande lectrice, celui qui a écrit un livre sur Georges Pompidou – lui-même amateur de poésie – a grandi entouré de livres et ne fait pas mystère d’avoir adoré lire des San-Antonio. Il défend une décentralisation culturelle face au « parisianisme » qu’il juge étouffant. Contrairement aux écolos bobos qui franchissent rarement les limites du périphérique, le maire de Cannes a reçu le Prix de l’Enracinement Simone Weil, remis au Sénat en mars 2024. Il organise régulièrement des nettoyages de plages et se balade dans l’arrière-pays ou en mer, loin des eaux troubles de la politicaillerie parisienne.
Retrouvez cet article dans le magazine Tous contribuables n°50 en cliquant ici.
Budget : la jeunesse sacrifiée
Le budget procède à deux transferts massifs. Le premier, intergénérationnel : des actifs et des jeunes vers les retraités. Le second, économique : de la production vers la redistribution. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour L’Opinion.
Dans son budget 2026, le gouvernement accroît les dépenses, la dette et les impôts dans un parfait cocktail socialiste. Plus de transferts sociaux, plus de fiscalité sur la production, aucune réforme structurelle. La gauche est minoritaire, mais elle impose sa matrice budgétaire. On ne peut pas lui en faire grief. La faute revient à ceux qui bradent leurs convictions – s’ils en ont – pour garder leur place.
Les deux se conjuguent pour hypothéquer notre avenir. Car on ne peut pas redistribuer ce qu’on ne produit pas. Et on ne financera pas les retraites de demain en sacrifiant ceux qui devraient les payer.
Les pensions de base sont à nouveau revalorisées selon l’inflation, conformément au principe d’indexation en vigueur depuis 2004, tandis que la réforme des retraites a été suspendue, pour un coût de 2 à 3 milliards d’euros par an à horizon 2030.
Et que propose le gouvernement pour faire accroire qu’il se soucie de la jeunesse ? Des repas CROUS à 1 euro pour tous les étudiants. Une mesure symbolique qui ne répond ni à la précarité structurelle – un quart des 18-24 ans vit sous le seuil de pauvreté – ni aux obstacles à l’entrée sur le marché du travail, et qui entretient le mythe de la gratuité, de l’intervention de l’Etat nounou. On n’émancipe pas une génération avec des tickets restaurant.
Des actifs pris en étau
Les actifs sont pris en étau. Ils financent, par la répartition, les retraites d’aujourd’hui. Ils doivent, en plus, épargner pour leur propre retraite, car le ratio cotisants-retraités sera durablement dégradé quand viendra leur tour. Il était de 4,7 en 1960, de 2,6 en 1990, s’est effondré à 1,7 aujourd’hui et tombera à 1,2 en 2070. Et on demande désormais aux actifs de supporter le coût de la suspension d’une réforme dont ils auraient été les premiers bénéficiaires. Autrement dit, ils paient trois fois.
Parallèlement, on affaiblit encore davantage les entreprises sur qui repose le financement d’un système social en déliquescence.
Le budget 2026 maintient la surtaxe sur les grandes entreprises et renonce à la baisse prévue de la CVAE, ce qui, mécaniquement, freinera l’investissement, et donc l’embauche, à un moment où le chômage repart à la hausse.
Le chômage des 15-24 ans atteint 18,8 %, contre 6,7 % en Allemagne et moins de 15 % en moyenne dans la zone euro. Cet écart ne tient pas à la conjoncture mais à un manque de dynamique économique dû notamment à l’excès de prélèvements, et à un système de formation et d’insertion que nous démantelons par étapes, que ce budget achève de saborder.
Or, les jeunes qui ne trouvent pas d’emploi stable ne cotisent pas, ne consomment pas, ne fondent pas de famille. Le cercle vicieux est complet.
Ces choix seraient déjà aberrants dans une France démographiquement dynamique. Ils sont dramatiques dans la situation actuelle.
Pour la première fois depuis 1945, la France a enregistré plus de décès que de naissances sur douze mois. L’indice de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, soit son plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Ce basculement survient avec dix ans d’avance sur les projections de l’Insee. Le président de la République n’avait-il pas pourtant annoncé un « réarmement démographique » ? Encore une des nombreuses déclarations sans actions, un de ces discours incantatoires qui ont autant d’effet qu’un pétard mouillé.
Maximiser le nombre de cotisants
Il faut donc agir sur deux leviers. D’abord, maximiser le nombre de cotisants en investissant dans la formation et l’insertion des jeunes. Ensuite, créer un étage de capitalisation collective obligatoire pour rendre les Français propriétaires de leur retraite, et non plus dépendants d’un système par répartition structurellement déficitaire.
Ce budget fait l’inverse sur toute la ligne. Il sabre l’insertion des jeunes, freine l’investissement des entreprises, et taxe l’épargne retraite. Il aggrave l’impasse au lieu d’en sortir. Il privilégie les égoïsmes présents à la construction de l’avenir.
La politique n’a de sens que si elle consiste à voir plus loin que le prochain scrutin. Un budget qui sacrifie les jeunes pour préserver des arrangements politiques immédiats est une véritable trahison de ce que le pays doit à ses enfants.
L’Etat-providence tel qu’il a été conçu en 1945 reposait sur une démographie et une croissance qui n’existent plus. Pour le maintenir, coûte que coûte, l’exécutif a fait son choix : taxer les bébés !
Chaque enfant qui naît en France hérite aujourd’hui de plus de 50 000 euros de dette publique. La charge de la dette atteindra 74 milliards d’euros en 2026. C’est davantage que le budget de l’Education nationale. Nous préférons payer plus cher les erreurs du passé que la formation de l’avenir.
Une grande partie de la jeunesse n’attend pas d’être assistée. Elle souhaite pouvoir s’élever par ses études et son travail. Elle désire que l’effort soit récompensé plutôt que taxé.
L’égalitarisme est le poison de la jeunesse. Il est d’ailleurs le poison du pays. L’égalitarisme promet à chacun la même chose, indépendamment de son mérite. Il confond l’égalité des droits, qui est le fondement de la République, avec l’égalité des conditions, qui en est la négation. La première donne à chacun la même ligne de départ. La seconde empêche quiconque de franchir la ligne d’arrivée avant les autres.
Des savoirs exigeants, pas des diplômes dévalués
Une nation qui ne fait plus d’enfants, qui ne maîtrise ni son immigration croissante essentiellement pauvre ni l’émigration accélérée de ses talents, qui n’insère plus ses jeunes, et qui finance son présent en hypothéquant leur avenir, est une nation qui a cessé de se projeter.
Une nation qui croit en son destin fait le pari de sa jeunesse. Elle lui transmet des savoirs exigeants, pas des diplômes dévalués. Elle lui ouvre l’accès au travail, pas aux guichets. Elle lui permet de se loger, pas de faire la queue pour un logement social. Elle lui permet de se constituer un patrimoine, pas de dépendre toute sa vie de transferts sociaux financés par la dette. Elle libère la transmission entre générations au lieu de la taxer : que les parents puissent aider leurs enfants quand ils en ont besoin, pas leur léguer un capital quand ils sont eux-mêmes proches de la retraite.
La France s’est toujours relevée en misant sur sa jeunesse. Jamais en l’accablant. Le moment est venu de choisir entre la facilité immédiate au nom d’une prétendue stabilité et le redressement du pays. Ainsi va la France.
Retrouvez cette chronique sur le site de l’Opinion en cliquant ici.
Invité de RTL, David Lisnard tranche sur 2027, le budget et la souveraineté
Mardi 21 janvier 2026, David Lisnard était l’invité de RTL Matin, interrogé par Thomas Sotto. Une interview dense, sans détour, au cours de laquelle il a pris des positions claires sur l’élection présidentielle de 2027, le budget de l’État et la place de la France sur la scène internationale.
Présidentielle 2027 : une réponse sans ambiguïté
Interrogé directement, David Lisnard a confirmé qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027.
Il a insisté sur la nécessité d’une clarification démocratique et d’une confrontation politique assumée, refusant les ambiguïtés et les faux-semblants.
Son projet repose sur une ligne constante : libérer le travail, l’investissement et la création, réduire les prélèvements, restaurer l’autorité de l’État là où elle est indispensable, et redonner des perspectives à ceux qui produisent et travaillent.
Budget 2026 : « un budget socialiste »
Sur le budget de l’État, David Lisnard a été particulièrement ferme.
Il a qualifié le projet budgétaire de « budget socialiste », estimant qu’il amplifie les causes profondes des difficultés françaises : augmentation continue de la dépense publique, maintien d’un niveau excessif de prélèvements obligatoires et refus de traiter la question de la dette.
Pour cette raison, il appelle clairement à la censure du gouvernement et au vote de la motion de censure.
« Soit on estime qu’un budget est bon pour le pays et on le soutient, soit on estime qu’il est mauvais et on le censure. La vie est simple. »
Politique internationale : la crédibilité en question
Sur les enjeux internationaux, David Lisnard a livré une analyse directe du rapport de force mondial et de la crédibilité de la France.
« Comment voulez-vous être respecté de Donald Trump quand vous n’avez pas été respecté par Abdelmadjid Tebboune ?
Et comment voulez-vous être respecté par Tebboune quand vous avez cédé à Olivier Faure ?
La faiblesse se paie toujours. »
Pour lui, la diplomatie ne peut être crédible sans prospérité économique, sans autorité politique et sans capacité à assumer des rapports de force clairs.
Une ligne de constance et de cohérence
Tout au long de l’entretien, David Lisnard a défendu une même exigence : regarder la réalité en face, refuser la confusion idéologique et rompre avec les politiques qui aggravent les problèmes du pays.
Une parole directe et assumée, qui marque une étape importante dans la séquence politique ouverte vers 2027.
David Lisnard trace sa voie pour 2027 et appelle à censurer un budget « socialiste »
Avec le soutien de l’écrivain Boualem Sansal, le président de Nouvelle Énergie a défendu, mardi soir à la Mutualité, à Paris, son projet de redressement pour la France et la nécessité d’organiser une primaire élargie de la droite et du centre. Un article d’Emmanuel Galiero et Claire Conruyt paru dans Le Figaro.
Une image d’ouverture et la confirmation d’une ambition présidentielle. David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, s’est offert la grande salle de la Mutualité mardi soir pour dévoiler ses projets pour l’année 2026. Et lancer un avertissement clair en vue du scrutin de 2027 : « Si personne ne veut de la primaire, eh bien on s’affrontera au premier tour de la présidentielle. » L’élu précisera un peu plus tard qu’il suivra cette ligne sauf si une candidature devait s’imposer de manière incontestable au-dessus de toutes les autres. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
Dans cette salle parisienne historique, investie par près de 1 300 sympathisants, il y a une autre surprise : plusieurs messages vidéo enregistrés par des personnalités médiatiques louent les qualités du maire de Cannes. Il est perçu comme « l’homme de la situation », selon les mots de la comédienne Véronique Genest, en écho à ceux notamment d’Alexandre Jardin, Franz-Olivier Giesbert, Willy Sagnol et Boualem Sansal. Très applaudi, l’écrivain témoigne de son soutien et de son amitié, sans lésiner sur les éloges. « Je l’ai trouvé d’une intelligence extraordinaire, dit-il. Il a l’étoffe d’un homme d’État. David Lisnard est un homme formidable sur lequel le pays peut compter. »
L’orateur du soir en rougit, mais renvoie les compliments avec cette phrase en guise d’introduction : « Le secret de la liberté, c’est le courage. » Puis, debout, avec une cinquantaine de « relais » départementaux rassemblés derrière lui, David Lisnard fixe un cap et partage sa vision. « Nous devons être absolument obsédés par le devenir de notre pays », lance-t-il. Il pointe le « spectacle des générations actuelles sacrifiées sous les lâchetés politiciennes et au nom de la stabilité » et annonce la fin de trois cycles : le cycle court du macronisme, le cycle intermédiaire de l’État-providence et le cycle long de l’européanisation du monde. Puis il résume le défi en une question : « Quelle énergie vitale pour déployer une espérance française ? »
Madelin applaudi
En faisant applaudir Alain Madelin, assis devant lui (figure du libéralisme à laquelle beaucoup le comparent), il ironise sur l’argument de la « responsabilité » et les renoncements sur la réforme des retraites, en dénonçant la pénalisation des actifs. « Comme on ne regarde pas en face la réalité, on amuse les citoyens et on entretient l’égoïsme social », accuse l’élu sudiste. Renaître avec l’État performance, défendre la « radicalité » pour revenir à la « racine » des choses et rétablir tout ce qui dysfonctionne dans le pays, créer de la prospérité… il développe ses axes de réflexion.
À l’ouverture, Alexandra Martin, députée des Alpes-Maritimes et secrétaire générale de Nouvelle Énergie, a vanté un « autre chemin », une « rupture claire », « une alternative cohérente » et le « courage de dire la vérité », tout en dénonçant une situation nationale de « crise profonde ». L’élue a salué la présence d’ex-ministres, tels Guy Drut, Sophie Primas ou Hervé Morin, mais aussi celle de plusieurs parlementaires, à l’image des sénateurs Étienne Blanc et Valérie Boyer et des députés Justine Gruet et Éric Pauget.
Dans la « patouille politique » actuelle, telle qu’il la définit, Hervé Morin déplore auprès du Figaro les « compromissions » dans lesquelles s’est plongé le bloc central et constate l’arrivée d’un « budget socialiste ». Mais, en tant que coacteur des travaux engagés par le président de Nouvelle Énergie, il décrit son projet en trois mots (« liberté », « initiative » et « responsabilité ») et plaide pour la définition urgente d’un mode de départage. « Ceux qui refusent le tremplin de la primaire ont tort », juge l’ex-ministre de la Défense.
« Tout travail mérite cotisations. » Sur scène, David Lisnard fait rire la salle quand il compare la charge de la dette nationale à certains budgets ministériels, parle des « quinze chasseurs alpins au Groenland » ou voit « M. Faure » sur le siège du premier ministre. « Comment est-il possible d’augmenter la dépense publique sans faire payer les Français ? », interroge l’élu, adversaire déclaré de la « démagogie électorale » et du « déni de la démocratie ».
Primaire élargie
Mardi après-midi, quelques heures avant le discours, plus d’une cinquantaine de relais se sont retrouvés en séminaire pour travailler sur place. « Nous voulons porter cette idée du rassemblement en essayant de montrer que de nombreux Français cherchent une voie politique au-delà de la caste médiatico-politique », soutient-on au sein du parti, où David Lisnard ne veut rien lâcher de son idée de primaire, élargie à tous ceux se réclamant de la droite et du centre. Il ne voit toujours pas comment la droite pourrait atteindre le second tour de la présidentielle sans sélection préalable. On sait que l’élu déplore une valse-hésitation des Républicains sur le sujet, alors que la petite musique d’une « sélection naturelle » via les sondages d’opinion a beaucoup circulé ces derniers temps.
En coulisses, les proches de David Lisnard confirment une volonté de prise de distance progressive avec le parti LR, histoire de faire valoir sa singularité face à une famille politique incarnée par Bruno Retailleau, dont il reste proche, mais qu’il juge trop souvent contesté par des LR, de Laurent Wauquiez, président du groupe DR, à Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, jusqu’aux six ministres engagés dans l’aventure du gouvernement Lecornu 2, malgré leur suspension du mouvement.
Certains soutiens du président de l’Association des maires de France défendent son regard critique. « Le parti, David s’en tient loin. Le parti, c’est quoi, le parti ? Il ne se passe rien, Bruno ne cheffe pas. David lui a dit qu’il était le boss, mais il a l’impression qu’il n’aime pas ce statut. Donc, notre président trace sa route, fait son truc et se prépare. » Au sein de Nouvelle Énergie, on dit aussi que le créneau Meloni lui correspond bien. Et, quand certains LR ironisent sur son potentiel présidentiel, le chef de Nouvelle Énergie ne semble pas surpris. « Je sais que certains se moquent de moi. Les vieux LR n’aiment pas les iconoclastes, mais j’assume ! Et je suis en train de construire quelque chose. Je ne dis pas que je vais gagner, mais je ne vois pas pourquoi je ne me lancerais pas ! »
Peser sur les « affaires du monde »
Mardi soir, David Lisnard avertit encore qu’il faudra du « temps » avant que la France puisse peser sur « les affaires du monde ». À la lumière de son action locale de maire, il défend une approche libérale de la performance et de l’efficacité publique. C’est son domaine de prédilection, là où il puise ses solutions pour redresser la France et sa voix sur la scène internationale, de l’Iran au Levant en passant par la Chine et le Venezuela. Mais il dénonce un pouvoir « faible », incapable de « combattre implacablement l’antisémitisme », les trahisons de la gauche, les contradictions des partenaires européens, le déséquilibre du couple franco-allemand, les fragilités nationales. Il se fixe l’objectif de « 300 milliards » de réduction de la dépense publique en fustigeant la bureaucratie « parasite ».
Après presque deux heures de scène, David Lisnard termine sans veste et promet de porter un « projet libéral conservateur ». « Je suis fermement résolu à faire gagner la France », lance-t-il en souriant. Défenseur d’une droite « indépendante et gagnante », il juge « impensable » pour un parlementaire LR de ne pas voter « la censure d’un budget socialiste ». « Il est temps aujourd’hui d’aller chercher le pouvoir ! Nous allons libérer la France », clame enfin celui qui pense, comme Mitterrand, qu’un opposant doit s’opposer. Derrière lui, le logo bleu de Nouvelle Énergie scintille. Les soutiens ont applaudi souvent et se lèvent en criant. Ils sont comblés.
Yves, viticulteur et porte-parole du mouvement, compte parmi les impatients du parti. Il attend l’annonce officielle d’une candidature à la présidentielle. Il sait que les municipales de mars repoussent cette échéance (le maire de Cannes devrait postuler à sa propre succession dès février) et n’ignore pas que la droite n’a toujours pas choisi la méthode pour mettre l’un de ses talents en orbite vers la présidentielle. Mais, pour Yves, le discours de son candidat correspond à celui que les gens voudront entendre en 2027. Dans un mélange de ressentiment et d’espoir, l’adhérent de Nouvelle Énergie partage une franche confidence : « Pour sortir du merdier dans lequel se trouve la France, il faut trouver les solutions, enlever tout ce qui nous empêche de penser et d’innover. Il faut remettre les choses à l’endroit ! David Lisnard peut y arriver. »
Retrouvez cet article sur le site du Figaro en cliquant ici.
David Lisnard, candidat et libéral
Que ce soit à la primaire de la droite et du centre ou au premier tour de l’élection présidentielle, il y aura un « vrai » candidat libéral. Enfin ! Retrouvez l’article de Jean-Philippe Feldman paru dans Contrepoints.
Cela devient une tradition. Un an après ses vœux sur le thème « libérer pour gagner », David Lisnard a réitéré l’exercice le 20 janvier à Paris, devant la magnifique salle comble de la Mutualité, mais dans une tonalité plus politique. La presse aura généralement retenu la candidature du maire de Cannes à l’élection présidentielle, mais l’essentiel est ailleurs : David Lisnard assume son libéralisme et il portera bien un projet libéral. Une première depuis notre ami Alain Madelin en 2002 (nous laisserons de côté la candidature Fillon de 2017 car, même si l’ancien Premier ministre avait présenté quelques propositions agréables à nos oreilles, il n’était pas libéral).
Candidat dans tous les cas
Commençons par « l’info » qui n’est venue que vers la fin de son allocution mais qui l’a imprégnée. Brodant sur la question « Pourquoi une compétition ? » David Lisnard a précisé qu’il n’était pas un « fervent défenseur » de la primaire, mais qu’il fallait faire preuve de réalisme et que c’était la seule solution pour qu’un candidat de la droite et du centre atteigne le second tour de l’élection présidentielle face à la concurrence des extrêmes. On aura aussi compris que ces primaires seraient ouvertes, tout candidat de la droite ou du centre pouvant concourir. Puis, il a adopté un ton beaucoup plus personnel. Il a déclaré qu’il porterait un « projet libéral conservateur », « fondé sur la liberté ». L’ordre des termes n’a rien d’anodin et l’on saisit combien sa candidature différerait de celle de François Fillon autrefois. Et il a prévenu : faute de primaire, il sera candidat au premier tour de l’élection présidentielle. A bon entendeur, salut !
Une forme renouvelée
Nous connaissons les qualités rhétoriques de David Lisnard. Il a parlé une nouvelle fois sans notes (cela change de nos parlementaires ânonnant leurs fiches dans l’hémicycle…) avec une facilité déconcertante et cet art, malgré les digressions, de toujours retomber sur ses pattes. Certes, il n’est pas le seul à faire preuve de faconde, de Jean-Luc Mélenchon à Jordan Bardella en passant par Gabriel Attal et bien sûr Emmanuel Macron, mais la différence par rapport à la plupart d’entre eux, c’est que son discours n’est pas verbeux et qu’il tient à de profondes convictions.
Toutefois, si l’on compare ses vœux de l’année dernière à ceux de cette année, on constate une évolution importante. La forme a été modifiée avec des propos beaucoup moins théoriques, moins architecturés, mais plus strictement politiques, plus près du terrain ; on pourrait dire : un premier discours de campagne électorale, formules assassines à l’appui pour amuser le public (Sébastien Lecornu comparé à un hamster dans sa roue ; Olivier Faure qualifié de Premier ministre ; un « budget socialiste » qui se doit de faire l’objet d’une motion de censure ; les « y’a qu’a faut qu’on » des extrêmes ; les « néofascistes » de l’extrême gauche…).
Libéral dans tous les cas
En dépit de l’étiquette de « libéral conservateur », c’est l’aspect libéral qui aura été prégnant dans le discours de David Lisnard. Car, même s’il s’est agi d’une allocution de pré-campagne électorale, le maire de Cannes a repris les principes fondamentaux du libéralisme :
- en premier lieu, la « subsidiarité horizontale », chère à son cœur, qu’il a justement présentée comme « condition de la liberté », autrement dit la séparation primordiale entre la sphère de l’État et celle de la société civile. Nous l’avons dit et répété, il est le seul homme politique français de premier plan à saisir le concept de subsidiarité qui permet de réduire le périmètre de l’État ;
- en second lieu, la réduction de la dépense publique, gage du recentrage des missions de l’État, ce point étant directement lié au précédent. De là, le fait qu’il se soit prononcé, sous les acclamations du public, contre les aides aux entreprises, aides qui alimentent le « capitalisme de connivence » (dénoncé depuis des années par l’IREF), et de là également la proposition de trouver 8 à 10 milliards d’euros d’économies immédiates avec la suppression des « aides à faible effet de levier ». De là également, le dessin d’une nouvelle architecture étatique reposant sur un État central qui ne soit plus l’État providence actuel en déliquescence, mais qui se concentre enfin sur ses missions régaliennes (encore un thème porté par l’IREF) dans un double mouvement de liberté et de responsabilité. Ce fut l’unique moment de l’allocution où des propositions chiffrées ont été émises en nombre, avec entre autres des pistes pour réduire la dépense publique et réaliser « 200 à 300 milliards d’euros d’économies dont 80 milliards la première année » ;
- en troisième lieu – et ceci aura été la seule partie vraiment théorique de son discours –, le fait que Nouvelle Energie devait être le « mouvement de la propriété privée » (nous nous étions récemment étonnés qu’aucun homme politique ne prenne la propriété à bras le corps alors même que près de 60 % des foyers français étaient propriétaires d’au moins un bien immobilier : David Lisnard comble une fois encore le vide !). Dans un schéma montré sur les écrans géants, la propriété s’est trouvée au centre de quatre notions : la liberté, la responsabilité, la dignité, l’efficacité, auxquelles David Lisnard a oralement ajouté la prospérité. Citant Frédéric Bastiat, il a martelé qu’il n’y avait pas de liberté sans propriété. La destruction de la liberté, de la propriété et de la responsabilité se fait au détriment de la dignité d’une « personne souveraine qui transfère à l’État des droits (nous aurions dit : des charges), et non l’inverse ». « C’est la pensée libérale qui va rétablir l’autorité de l’État, a-t-il poursuivi de manière tout aussi remarquable, pas le socialisme ».
Comment ne pas voir dans le schéma sur la propriété une nouvelle mouture du « carré magique » (propriété, liberté, responsabilité, dignité) de notre regretté maître en libéralisme, Jacques Garello, disparu il y a un an, et qui se serait sûrement délecté du discours de David Lisnard, désormais et dans tous les cas le candidat libéral revendiqué pour 2027 ?
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Deux gouttes d’eau dans l’océan de l’Absurdistan
Dans un pays qui ne cesse de parler de sobriété, d’efficacité et de responsabilité, l’inversion des incitations est un poison pour l’action publique. Elle incarne cette bureaucratie française qui nivelle par le bas. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour L’Opinion.
En France, on n’a pas de budget, mais on bloque les idées. L’Etat défaillant dans ses missions de base n’en continue pas moins de pénaliser les initiatives et la performance de la société civile. Voici deux cas récents parmi des centaines constatés dans mon mandat. Ils concernent les eaux usées traitées (celles qui partent dans les égouts et sont épurées) et l’eau potable (celle avec laquelle nous nous lavons les dents et que nous pouvons boire) : essentielles pour la vie humaine et de responsabilité communale. Commençons par l’eau potable.
Le SICASIL, service public intercommunal de l’eau de l’agglomération cannoise, affiche un tarif de 1,10 euro HT/m³, soit 30 % en dessous de la moyenne nationale. Ce prix bas n’est pas le fruit du hasard ni d’un sous-investissement chronique. C’est le résultat d’une gestion scrupuleuse, méthodique et proactive, menée depuis plus de vingt-cinq ans pour sécuriser l’approvisionnement et optimiser l’infrastructure.
Depuis 2001, plus de 120 millions d’euros ont été investis pour économiser 60 millions de m3 d’eau potable. Le rendement de réseau atteint 83,4 %, avec un objectif de 90 % d’ici 2031 pour préserver 10 millions de mètres cubes supplémentaires. Une alimentation majoritairement gravitaire limite les besoins en pompage et stabilise les coûts d’exploitation. Le tout piloté par une gouvernance exigeante, avec des coûts de fonctionnement parmi les plus faibles de France, quand 18 % des services français ne respectent pas le seuil réglementaire minimum de rendement.
L’attentisme récompensé
Voilà un modèle de performance publique, reconnu comme tel à l’échelle nationale. Pourtant, avec le programme « Sauvons l’eau 2025-2030 », ce service exemplaire se retrouve exclu des financements de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Son crime ? Un tarif inférieur (!) de 5 centimes au prix plancher fixé à 1,15 euro HT/m³. Voilà le prix de l’excellence dans l’Absurdistan français.
Le principe d’un prix plancher pour accéder aux crédits de l’Agence de l’eau est, en soi, défendable. Il vise à inciter les collectivités les moins performantes à investir dans leurs réseaux et à améliorer leur gestion. Mais son application mécanique produit l’inverse de l’effet recherché : elle punit la vertu et récompense l’attentisme.
Le paradoxe est total. Les usagers de l’agglomération cannoise contribuent comme tous les autres aux redevances de l’Agence, soit environ 520 millions d’euros par an pour le bassin. Ils paient, mais ne peuvent plus bénéficier des crédits qu’ils financent. Pendant ce temps, les collectivités qui n’ont pas anticipé, qui ont laissé leurs réseaux se dégrader, qui affichent des rendements médiocres, elles, continuent de toucher les aides publiques.
Ce n’est pas un bug dans le système. C’est le système ! Un système qui applique des critères quantitatifs sans analyse qualitative, qui punit les pionniers et protège les retardataires.
Le signal envoyé aux élus locaux est désastreux : n’investissez pas trop tôt, attendez que le réseau se dégrade pour bénéficier de financements. C’est l’inverse exact de ce que requiert l’action écologique, qui exige anticipation, vision de long terme et courage politique. On décourage ceux qui ont fait les bons choix. On récompense ceux qui procrastinent.
Cette incohérence atteint son paroxysme avec le traitement réservé à la réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Voici le deuxième cas local.
Le 15 décembre dernier, dans une commission consultative obligatoire (il y en a beaucoup…), l’Etat a refusé de reconnaître la REUT comme une ressource pertinente dans la stratégie de préservation de l’eau.
Restriction des usages
Le motif avancé par la sous-préfecture ? « La REUT n’est pas une ressource. Il faut privilégier la restriction des usages. » Telle est donc la doctrine : plutôt rationner que recycler, punir les usagers que valoriser l’innovation, oublier la finalité humaine et environnementale, et imposer la modalité contraignante techno-idéologique.
Cette position est une aberration. L’Agglomération Cannes Lérins a déployé la REUT de façon pionnière en France, après douze ans de bataille administrative contre les services de l’Etat. Depuis l’été 2023, les eaux usées traitées servent à laver les voiries, irriguer les espaces verts, arroser les pelouses des stades. En 2025, 170 000 m3 ont été réutilisés. La solution fonctionne. Elle est validée scientifiquement. Elle ne présente aucun problème sanitaire.
Et le nouveau projet apporterait deux fois plus d’eau à la rivière (la Siagne) que l’ensemble des actions prévues dans le Schéma d’aménagement et de gestion !
Or, que fait l’Etat « déconcentré » ? Il relègue cette solution au rang d’action secondaire. Il préfère la restriction uniformisée, pénalisant professionnels et habitants ; la décroissance plutôt que le bon sens.
L’absurdité est totale. Aujourd’hui, les eaux traitées – de qualité équivalente à l’eau potable – sont déversées dans la mer. Pendant ce temps, une quinzaine de stations d’épuration rejettent leurs eaux épurées dans la Siagne ou ses affluents. D’un côté, on gaspille une ressource précieuse dans l’eau salée. De l’autre, on refuse de reconnaître une solution qui marche.
Cette position contredit frontalement les engagements du président de la République qui, le 30 mars 2023, fixait l’objectif de passer de 1 % à 10 % de réutilisation des eaux usées d’ici 2030, avec 1 000 projets à lancer en cinq ans et une priorité aux zones littorales. L’Etat central annonce. L’Etat local sabote. L’inverse peut aussi être vrai…
Déficit d’investissement national
L’Italie, l’Allemagne, l’Espagne recyclent massivement leurs eaux usées. Israël et le Koweït atteignent 90 % de réutilisation. La France, elle, préfère bloquer ses pionniers. Résultat : les agglomérations de Cannes et de Grasse risquent d’être privées de financements pour avoir eu raison trop tôt, et surtout raison contre les technocrates et les idéologues.
Pendant ce temps, le déficit d’investissement national dans les infrastructures de l’eau atteint 4,6 milliards d’euros par an. L’Etat détourne 130 millions des agences de l’eau pour alimenter son budget général. Le Plan Eau annonce 475 millions supplémentaires, financés par une hausse des redevances sur les acteurs économiques.
Dans un pays qui ne cesse de parler de sobriété, d’efficacité et de responsabilité, cette inversion des incitations est un poison pour l’action publique. Elle incarne cette bureaucratie française qui nivelle par le bas, qui applique des règles en oubliant la finalité, qui décourage l’excellence au nom de l’égalitarisme et qui préfère l’idéologie au résultat.
Océan d’absurdités étatiques
Ces deux cas ne sont que deux gouttes d’eau dans un océan d’absurdités étatiques affrontées par les entreprises, les collectivités et les ménages. Ceux qui nous abreuvent de leçons écologiques sont les mêmes qui nous empêchent d’agir. Il est temps d’en finir, de récompenser la performance et l’anticipation plutôt que de les pénaliser, de mettre fin à la schizophrénie entre l’Etat qui annonce et l’Etat qui bloque. Ainsi va la France.
La souveraineté ne se proclame pas, elle se finance
Mercredi 7 janvier, invité de Sonia Mabrouk sur Europe 1 et CNews, David Lisnard a déroulé une même idée, de la neige à la géopolitique. La France s’est enfermée dans le commentaire, la dette et l’impuissance. Pour retrouver la liberté, il faut redevenir un pays fort, réorganiser en profondeur l’État, libérer la production et assumer une radicalité de réforme.
D’un épisode neigeux à l’ordre mondial, David Lisnard refuse le réflexe français du commentaire et du procès permanent. Sur la neige comme sur le reste, il renvoie à une réalité concrète. L’action quotidienne repose d’abord sur les services locaux, pendant que l’État ajoute ses absurdités. Un maire agriculteur poursuivi pour 90 euros après avoir déneigé au tracteur illustre, selon lui, un mal français plus profond. « Qu’il vente ou qu’il neige, l’absurdité administrative frappe notre pays. »
Cette dérive du pays, David Lisnard la voit partout. « Le déclassement de notre pays se trouve dans tous les domaines. » Et elle se paie désormais cher, au moment même où le monde se durcit. Il constate un nouvel ordre mondial où « les pays défendent leurs intérêts » et où le droit international reste trop souvent un rapport de force. Dans ce contexte, la France se retrouve « démunie », faute d’avoir entretenu sa puissance.
Pour Lisnard, la souveraineté n’est pas une posture. C’est une capacité. Et cette capacité dépend d’abord des finances publiques. « Quand on parle de la dette, ce n’est pas qu’un problème comptable, c’est un problème de liberté. » Il frappe fort avec un chiffre, symbole de dépendance. La France paie « six fois plus d’intérêts de la dette que le budget de la justice » et « plus d’intérêts de la dette que le budget de la défense ». Conclusion, cinglante. « La puissance, la liberté, la souveraineté, ça ne se proclame pas. Ça se finance et ça s’organise. »
Sur la scène internationale, il assume une lecture lucide, sans hypocrisie. Le Venezuela, dit-il, n’est plus un régime souverain depuis longtemps, car la souveraineté repose sur la démocratie. Et il s’insurge contre les indignations sélectives autour des moyens utilisés contre Maduro, appelant à regarder en face les liens entre narcotrafic, terrorisme et islamisme. « Venezuela, Iran, Hezbollah, terroristes, narcotrafic, tout ça est lié. » Il va jusqu’à évoquer la nécessité d’une alliance internationale contre le narcotrafic. En parallèle, il trace une ligne nette sur le Groenland, jugeant inacceptables les positions américaines dès lors qu’elles visent un État « souverain et démocratique » comme le Danemark.
Mais son point central reste français. Face aux communiqués et aux indignations ritualisées, il pose la question du pouvoir réel. « Quand on est gouvernant, on n’est pas là pour commenter. » La réponse, selon lui, passe par « un travail de réorganisation profonde » fondé sur « la prospérité » et « la libération des forces de production ». Il alerte sur une France qui bat « le record des dépôts de bilan », engluée depuis la dissolution de 2024 dans une « léthargie démocratique » et un « déclin économique extrêmement grave ». Il appelle à « réamorcer un cycle démocratique » avec une nouvelle présidentielle et des législatives.
Sur le Mercosur, il défend une ligne libérale sans naïveté. Oui au commerce, non aux distorsions de concurrence. L’accord n’est « pas signable » s’il impose à la France des normes plus strictes tout en ouvrant la porte à des importations produites avec des substances interdites. Il dénonce aussi le poison intérieur des surtranspositions françaises qui accablent les agriculteurs davantage que leurs voisins européens. Encore « l’absurdistan ».
Sur la dépense publique, il retourne l’argument. La France dépense plus que les autres, mais obtient moins. Pour retrouver des services publics efficaces, il faut réduire le périmètre de l’État, supprimer des structures inutiles et alléger le fardeau sur ceux qui créent. « La baisse de la dépense, ce n’est pas une fin en soi. C’est le moyen d’alléger le fardeau sur ceux qui créent de la valeur. » Il appelle à une « radicalité » qui n’est pas l’extrémisme, mais « aller à la racine des choses ». À défaut, prévient-il, le « théâtre politique » ouvre un boulevard aux extrêmes.
Enfin, sur la liberté, il conclut par un signal politique. Il dénonce l’hypocrisie de l’extrême gauche et de LFI, « un danger pour la démocratie », accusés d’indignation à géométrie variable. « Ils voient du patriarcat dans un barbecue en France, mais ils ne voient pas du patriarcat dans les femmes qui se font pendre en Iran. » Pour lui, les Iraniens ne se soulèvent pas pour une simple crise de la vie chère. « Ils ne manifestent pas contre le prix de la corde du pendu ou contre le prix du voile. Ils manifestent aussi contre le régime théocratique et islamique. »
Le fil rouge de son intervention tient en une exigence. Sortir du commentaire, regarder le réel, reconstruire la puissance. Pour que la France redevienne libre. « Vive la liberté. Vive la liberté. »
«Vive la liberté» : David Lisnard appelle à s’inspirer de l’Argentine pour redresser la France
Si, à Buenos Aires, les résultats sont là, c’est qu’ils sont le fruit d’une pensée structurée, qui défend la liberté dans toutes ses expressions. Un système qui devrait inspirer la France, estime David Lisnard dans une tribune parue dans le JDNews.
L’Argentine était en faillite. Elle se redresse vite et fort. Pourtant, élu en décembre 2023, Javier Milei avait été caricaturé par les idéologues de gauche. La rupture libérale qu’il proposait ne pouvait produire que de la casse sociale, une instabilité durable et un rapide rejet populaire ! Quels sont les faits ?
En deux ans, l’inflation est passée de 210 % à 41 % et devrait atteindre 17 % en 2026. Le budget fédéral affiche un excédent primaire de 1,8 % du PIB en 2024, le premier depuis quatorze ans. La pauvreté recule de dix points en un an pour s’établir à 36 %. La croissance est élevée, à 3-4 %. Et les Argentins ont plébiscité cette politique aux législatives d’octobre 2025 avec plus de 40 % des suffrages.
Une vision cohérente
Ces résultats relèvent d’une méthode claire et assumée : diminution de 35 % de la dépense fédérale, réduction de moitié du nombre de ministères, dérégulation massive, suppression de centaines de normes, fin des subventions inefficaces, recentrage de l’État sur ses fonctions essentielles. Mais la politique menée par Javier Milei ne se réduit pas à une simple performance économique. Elle porte une vision cohérente à travers la condamnation du wokisme, de l’étatisme, du collectivisme et de l’égalitarisme qui sont intrinsèquement liés et partagent une matrice commune.
Tous promettent la justice mais organisent le privilège de certains. Ils invoquent l’égalité mais créent de nouvelles castes. Ils se réclament de la liberté mais multiplient les tutelles. Ce n’est pas un hasard s’ils progressent ensemble : ils se nourrissent mutuellement et justifient ainsi l’extension du domaine de l’État aux dépens de la liberté. Javier Milei énonce que « l’État n’a pour seule fonction légitime que de protéger la vie, la liberté et la propriété ». Tout le reste relève de la responsabilité individuelle.
Et en France ? Si comparaison ne vaut pas raison, déni de réalité vaut déraison. La réalité, c’est que la France, sans être tout à fait comparable à l’Argentine du péronisme finissant, en présente quelques symptômes essentiels : record du monde des prélèvements obligatoires et de la dépense publique, déficits publics chroniques, dette qui explose, taux de pauvreté au plus haut depuis trente ans, et services publics qui ne cessent de se dégrader.
À quand en France ?
Ce qui a été engagé en Argentine montre qu’il est possible de briser cette spirale infernale de l’interventionnisme, de l’étatisme et de l’égalitarisme en faisant le choix de la liberté. Liberté de travailler en levant les trappes à l’inactivité et en récompensant davantage l’effort. Liberté d’entreprendre en allégeant un environnement normatif devenu dissuasif.
Liberté d’investir et de produire en mettant fin à une bureaucratie qui entrave la création de richesse. Liberté, enfin, pour l’État lui-même, libéré de tâches qui ne relèvent pas de la puissance publique. Ce qu’il faut retenir de l’Argentine de Milei, c’est la rupture radicale et culturelle avec un système en faillite. Ce dont notre pays a urgemment besoin. Nous devons porter en France un vent de liberté et de responsabilité individuelle. « ¡Viva la libertad, carajo ! »
Retrouvez cette tribune de David Lisnard sur le site du JDD en cliquant ici.
En 2026… Ce qui se passera, ou pas !
En 2026 (rêvons un peu), ce sera le recul de la caste, qui monopolise en oligarchie endogamique les postes décisionnels, et le retour de la démocratie en lieu et place de la technocratie. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour l’Opinion.
En 2026, le président de la République prendra conscience qu’il est la principale cause des blocages de notre pays, de ce qui patauge en politique, de la régression économique, sociale, culturelle, éducative de notre nation, notamment depuis l’absurde dissolution. En 2026, Emmanuel Macron annoncera donc dès début janvier qu’il démissionnera au mois de mai suivant pour que, d’ici là, se mène un véritable débat politique dans le pays afin que nous retrouvions le bon ordre des choses : une nouvelle présidence de la République, puis une nouvelle Assemblée dans la foulée. En 2026, il y aura une majorité et une opposition !
En 2026, les parlementaires, notamment à l’Assemblée nationale, auront étudié la courbe de Laffer et sauront qu’à partir d’un seuil de prélèvements obligatoires, trop d’impôt tue l’impôt. Et donc qu’il faut séance tenante – c’est le cas de le dire – changer totalement d’approche budgétaire. En 2026, nous célèbrerons ainsi la fin du fiscalisme et le retour de la compétitivité du capital et du travail, dans le respect de la propriété de chacun, au profit de la prospérité de la France ! En 2026, les dirigeants politiques feront moins de théâtre et de communication, au profit d’un travail fiable et évalué ; ils ne laisseront plus le pouvoir décisionnaire aux fonctionnaires, ne diront plus « en responsabilité » sans aucun effet, mais assumeront la leur.
Conformisme de la haute fonction publique
En 2026, la haute fonction publique, qui accessoirement peut se retrouver en haut de l’affiche gouvernementale avec des personnalités interchangeables, comprendra que son conformisme alimente le révolutionnisme des extrémistes, qu’elle n’a pas la science infuse, qu’il ne suffit pas d’avoir passé un concours il y a trente ans pour toute sa vie faire la leçon aux autres malgré les échecs répétés rencontrés.
En 2026, cette haute fonction publique, qui depuis des années avait fusionné avec une classe politique démissionnaire et qui favorise le capitalisme de connivence, se remettra en cause. Elle plaidera elle-même pour un renouvellement des élites, une plus grande diversité de mentalités et de caractères au sommet de l’Etat. En 2026, ce sera le recul de la caste, qui monopolise en oligarchie endogamique les postes décisionnels, et le retour de la démocratie en lieu et place de la technocratie.
En 2026, tous ceux qui s’engagent dans la vie publique, comme administratifs ou comme élus nationaux ou locaux, qu’ils soient dans de grandes tours en verre à Paris ou dans des mairies dans nos villages, dans les bureaux de notre belle fonction publique ou sur le terrain de leurs missions, s’évertueront à ne jamais tirer un avantage particulier de leur position. Civisme et démocratie seront les deux mamelles d’une société performante, saine et apaisée.
En 2026, les débats publics se feront de façon claire, nette, parfois insolente, mais sans invectives agressives inutiles (j’y penserai moi-aussi !), dans le respect des arguments et des personnes.
Conformisme de la pensée de l’entre-soi
En 2026, les journalistes vérifieront l’information avant de la propager, ne se feront pas les perroquets des réseaux sociaux, distingueront clairement ce qui relève de l’opinion et du factuel, de l’intelligence artificielle et du réel, échapperont eux-mêmes au conformisme de la pensée de l’entre-soi, à tous leurs présupposés, écouteront la réponse avant de passer à une autre question, seront pleinement conscients de la grandeur de leur mission au service de la démocratie, analyseront bien sûr ce qu’on leur montre, mais iront aussi chercher ce que nous ne leur montrons pas.
En 2026, tous ceux qui créent, dans les entreprises, dans les arts, dans la science, seront respectés, récompensés et honorés, et non jalousés et brimés, y compris par des prélèvements excessifs.
En 2026, démocrates, républicains, attachés à l’universalisme des droits de l’Homme, l’emporteront dans notre pays sur les néotyrans du racialisme, de l’indigénisme, du wokisme. Les antisémites seront sévèrement sanctionnés. Les racistes seront implacablement punis. Tous les néofascistes de l’extrême gauche seront vus comme ce qu’ils sont : de véritables et graves dangers pour nos principes, nos valeurs, notre pays. Ils seront combattus par les idées et s’il le faut par le droit, notamment lorsqu’ils se font les idiots utiles de l’internationale islamiste ; cet islamisme qui ne rêve que de nous soumettre, par la violence terroriste mais aussi par son idéologie qui ne progresse qu’à cause de nos propres renoncements civilisationnels.
En 2026, l’Etat cessera d’être faible avec les forts et fort avec les faibles. Il sanctionnera réellement ceux qui nuisent et n’entravera plus ceux qui produisent. Il punira a posteriori sur des faits avérés les voyous de toutes sortes et cessera de pénaliser a priori l’immense majorité de la population par des contraintes, des procédures, des normes censées faire notre bonheur malgré nous.
Unité de la nation en péril
En 2026, l’immigration sera drastiquement réduite, pour ne plus mettre en péril l’unité de la nation et la cohésion sociale. En 2026, nous accueillerons beaucoup moins et beaucoup mieux, dans le respect de l’ordre et de la France, en veillant à l’intégration et à l’assimilation de ceux qui nous rejoignent et ont vocation, selon le magnifique idéal républicain, à devenir des Français de façon pleine et entière.
En 2026, la justice sera rendue au nom du peuple français et dans l’intérêt de la Nation, par des magistrats rigoureux et impartiaux.
En 2026, les élus ne feront plus de clientélisme, d’Etat comme local, en infantilisant les habitants.
En 2026, les habitants ne se laisseront plus infantiliser et ne réclameront pas toujours plus de droits en oubliant qu’il doit y avoir symétriquement des devoirs.
En 2026, nous comprendrons enfin que nous ne pouvons pas faire miroiter le retour aux Trente glorieuses, que l’Etat providence est mort au vu des réalités démographiques, économiques et migratoires de notre époque et qu’il faut cesser d’alimenter un système social qui enfonce le pays et sacrifie les jeunes générations ; qu’il est temps de passer à un Etat performance et à une société augmentée, fondée sur la responsabilité individuelle, le respect du droit de propriété, la liberté créative, la subsidiarité ascendante, la solidarité de proximité.
En 2026, nous sortirons de la logique du guichet pour retrouver une dynamique du mérite et de la récompense de l’effort, du travail, de l’investissement, de l’audace.
En 2026, chacun verra dans la naissance d’un enfant la joie infinie d’une grâce de la vie et non une source d’émanation de CO2 et de dégradation de la planète. La natalité repartira !
Sursaut magnifique
En 2026, la France amorcera l’un de ces sursauts magnifiques dont elle a fait son histoire. Non pas autour d’une femme ou d’un homme providentiel, mais autour de la puissance civique d’un peuple qui retrouvera confiance et cessera de s’éparpiller en populations antagonistes. En 2026, vive la France !
En 2026, tout cela va advenir. Ou pas.
Ainsi va la France.
Retrouvez cette chronique de David Lisnard sur le site de l’Opinion en cliquant ici.
Cannes, la preuve qu’une gestion publique efficace est possible
Dans une analyse publiée par Contrepoints, Lorenzo Delpech s’intéresse au cas de Cannes et à sa trajectoire budgétaire singulière : baisse de la dette, réduction des dépenses et fiscalité contenue.
En France, la hausse continue des impôts et de la dette est souvent présentée comme une fatalité. Pourtant, certaines collectivités font de la résistance et démontrent qu’il existe une autre voie. Cannes en est aujourd’hui l’un des exemples les plus aboutis. Sous l’impulsion de son maire, David Lisnard, la ville poursuit en 2025 une trajectoire à contre-courant de la situation critique du pays.
En effet, le bilan de l’année est positif, avec une trajectoire reposant sur une réduction réelle des dépenses. En 2025, les dépenses de fonctionnement diminuent de 0,87 % par rapport à 2024, soit -1,77 % en euros constants. Une rareté dans le paysage public français, où l’augmentation de la dépense reste la norme. La dette communale a reculé de 5 millions d’euros en 2025, contre 1 million initialement prévu au budget primitif. Depuis 2014, la baisse cumulée de la dette atteint 81,74 millions d’euros. Par ailleurs, la durée de remboursement s’établit à 4,3 années, bien en dessous du seuil d’alerte à 12 ans fixé par l’État. Cette performance est d’autant plus notable qu’elle intervient malgré une perte cumulée de 175,8 millions d’euros de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) depuis 2014.
Et pourtant, ces résultats ont été atteints sans augmentation des impôts. La municipalité fait le choix clair de rendre l’argent aux contribuables, pour un pouvoir d’achat plus important. Les taux communaux des impôts locaux baissent de 3,6 %, soit 3,6 millions d’euros restitués aux ménages, sans surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires ni fiscalité additionnelle intercommunale. La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) recule également, passant de 28,82 % en 2024 à 28,74 % en 2025. Enfin, pour la 3e année consécutive, l’Institut Localnova, spécialiste dans les finances locales, a donné la note maximale de 3A à Cannes.
La rigueur ne se fait pas au détriment de l’investissement. Cannes engage un plan d’investissement de 75 millions d’euros, destiné en majeure partie à moderniser et à réorganiser le service public. L’exercice budgétaire 2025 devrait se conclure par un résultat de fonctionnement positif de 122,8 millions d’euros, permettant de financer l’investissement sans recourir à un nouvel emprunt et de dégager un excédent de fonctionnement disponible de 72,6 millions d’euros.
Cannes et son maire, David Lisnard, prouvent ainsi qu’une approche libérale, fondée sur la responsabilité et le respect du contribuable, peut produire des résultats concrets pour une meilleure qualité de vie. Une leçon utile, bien au-delà des frontières de la Croisette.
Retrouvez cet article sur le site de Contrepoints en cliquant ici.