Quels seront les grands investissements en 2026 ?
Lors du dernier conseil municipal du mandat, le budget primitif a été voté à l’unanimité. Parmi les grands projets : le réaménagement du boulevard de la Croisette, la rénovation et l’embellissement des cimetières… Un article de Nice-Matin.
C’est une bonne nouvelle pour les Cannois : les mesures d’allègement de la fiscalité communale, mises en œuvre l’an passé, seront reconduites en 2026. Pour rappel, l’année dernière, les impôts, inchangés depuis 2014, avaient baissé de 3,6 % pour les trois taxes locales. Une décision validée lors du vote du budget primitif, ce lundi, lors du dernier conseil municipal du mandat.
Le maire-candidat David Lisnard en a profité pour rappeler que, depuis 2014, la dette a été diminuée de 81 735 351 euros.
« Les efforts d’économie pour une stricte maîtrise budgétaire seront poursuivis, pour permettre de pallier les effets cumulés des prélèvements et transferts de charges supplémentaires unilatéraux de l’État et dégager un niveau d’épargne nette autorisant le maintien de la capacité d’investissement de la commune », ajoute-t-il.
Depuis 2014, ce sont 722 409 447 euros qui ont été investis. Et, pour 2026, ce montant est de 176 615 741 euros, dont 81 700 000 euros dans le budget principal de la Ville. Soit l’un des plus gros montants du mandat (avec 2025), « pour préparer l’avenir en renforçant l’activité de Cannes ».
Modernisation du Palais, travaux à Forville…
Et parmi les principales opérations programmées pour 2026, se trouve notamment l’aménagement du centre de La Bocca, avec la continuité du réaménagement de la place Roubaud (10 168 000 euros), commencé en 2023 ; mais aussi l’aménagement et l’embellissement du boulevard de la Croisette (8 000 000 euros), qui devraient débuter à l’automne 2026 ; la restructuration et le confortement du toit du marché Forville (7 866 000 euros), qui se prolongera en 2026 ; la modernisation et l’embellissement du Palais des festivals et des congrès (6 000 000 euros) ; Nouvelle Frayère (5 130 033 euros), « qui vise à rendre le quartier plus beau, plus sûr et pratique » ; la réhabilitation de la ferme Giaume (2 820 000 euros).
Ou encore le plan école (2 171 787 euros) ; le réaménagement des boulevards du Midi et Jean-Hibert pour favoriser la promenade et la pratique du sport (2 000 000 euros), avec le démarrage d’un nouveau tronçon et la remise en peinture de l’aire de fitness située au Rocher et dans l’axe du quai Laubeuf ; l’embellissement du front de mer (1 990 000 euros) ; la création d’une maison d’illustre au moulin Forville (725 606 euros), dédiée à l’histoire de Cannes et à la culture provençale ; la rénovation des bâtiments historiques sur l’île Sainte-Marguerite (1 199 202 euros) ; la rénovation et l’embellissement des cimetières (750 000 euros), avec l’aménagement des columbariums de l’Abadie II, la reprise du parking et la continuité des études paysagères et des interventions sur le site du Grand Jas.
PPE3 : une faute stratégique, démocratique et économique
On vend à perte une électricité dont on n’a pas besoin, et la différence est payée par les Français sur leurs factures et leurs impôts. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour l’Opinion.
La France a besoin d’une stratégie énergétique ambitieuse pour que ses entreprises et ses habitants bénéficient d’une énergie la moins chère possible, fiable et décarbonée, en réduisant autant que possible sa dépendance dans un contexte géopolitique transformé. Il s’agit d’un impératif de compétitivité et de souveraineté, d’une condition sine qua non pour l’industrie et le numérique, d’une nécessité de confort de vie et de pouvoir d’achat pour les ménages. Ce n’est pas avec la PPE3 que le Premier ministre a signé par simple décret, sans débat ni vote des parlementaires, que la France y parviendra.
Oui, il faut davantage d’électricité bas-carbone dans notre bouquet énergétique pour réduire la part des énergies fossiles : l’électrification de la France est une obligation qui ne fait pas débat. Mais elle exige une électricité compétitive, un signal prix stable et prévisible et des choix de filières hiérarchisés selon leur coût réel complet. Pas un empilement d’investissements dictés par les lobbies et les échéances politiques. Or, ce que promet la PPE3, c’est un alourdissement de la facture électrique qui va détourner les Français de l’électricité, à l’encontre même du but recherché.
Les faits sont implacables. La France a produit 544 TWh d’électricité en 2025, pour une consommation intérieure de 450 TWh. Elle a exporté un volume record de 92,3 TWh. Le système est en surcapacité massive, documentée par RTE dès décembre 2025, et qui devrait se prolonger au moins jusqu’en 2027-2028. La consommation, loin de décoller, a reculé de 6 % à 8 % depuis 2019, passant d’un plateau de 475-480 TWh à environ 450 TWh.
La consommation industrielle chute
La consommation industrielle continue de chuter. Aucune commande, aucun contrat, aucun investissement privé ne signale un retournement imminent. En cinquante ans, la part des fossiles dans notre mix n’a diminué que de 22 points pour atteindre 60 % aujourd’hui. Prétendre réduire cette part d’un tiers supplémentaire d’ici 2030 exigerait de tripler les ventes de véhicules électriques, de tripler les installations de pompes à chaleur, d’électrifier plus de la moitié des procédés industriels quand moins de 10 % le sont. En quatre ans, c’est matériellement irréalisable.
Malgré cela, la PPE3 programme simultanément de nouveaux réacteurs, de l’éolien terrestre et des dizaines de parcs offshore sur la base d’une consommation de 550 à 670 TWh que rien – aucune commande industrielle, aucun contrat, aucun investissement privé – ne laisse aujourd’hui présager. RTE lui-même distingue deux scénarios contrastés ; la PPE3 est construite sur le plus optimiste, celui qui suppose des décisions industrielles et des investissements qui ne sont pas pris ni même engagés.
Les coûts sont connus : 200 milliards d’euros d’investissements réseau d’ici 2040, des parcs éoliens en mer entre 164 et 196 euros/MWh pour ceux en service – et jusqu’à 310 euros/MWh pour l’éolien flottant au vu des prix britanniques –, une accise sur l’électricité à 30,35 euros/MWh pour les ménages, en hausse de 37 % depuis 2019, quand l’Allemagne l’a ramenée à 0,5 euro/MWh pour son industrie.
Les 92 TWh exportés en 2025 l’ont été à un prix inférieur à celui auquel EDF rachète la production renouvelable nationale : on vend à perte une électricité dont on n’a pas besoin, et la différence est payée par les Français sur leurs factures et leurs impôts. Produire plus d’électricité sans débouchés réels ne crée pas de demande. C’est l’inverse : cela renchérit le coût unitaire et détruit les conditions de la compétitivité et de l’électrification qu’on prétend accélérer.
Le nucléaire existant est menacé
Plus grave, le nucléaire existant est menacé. Quand le soleil brille ou que le vent souffle, la production renouvelable est prioritaire sur le réseau. Pour lui faire de la place, on contraint les réacteurs nucléaires à baisser leur puissance, voire à s’arrêter. C’est ce qu’on appelle la modulation. Or le nucléaire est conçu pour tourner en continu : ses coûts sont essentiellement fixes. Moins il produit, plus chaque kilowattheure revient cher. EDF estime que cette modulation pourrait tripler, passant de 30 à 90 TWh perdus par an. Chaque jour d’arrêt coûte entre 1,1 et 1,8 million d’euros par réacteur selon sa puissance.
A l’échelle du parc, ce sont plusieurs milliards d’euros de production sacrifiée chaque année. Pire : un rapport confidentiel d’EDF transmis à Matignon en novembre alerte sur l’usure accélérée des composants et la menace que ces cycles répétés font peser sur la prolongation des réacteurs alors que cette prolongation est de loin l’option la moins chère du système. On fragilise le seul actif bas-carbone compétitif du pays, celui-là même qui nous donne un avantage comparatif par rapport à tous nos voisins européens.
Derrière cette PPE se cache évidemment un arbitrage politique. Les filières renouvelables ont intensifié leur pression, et on ne peut évacuer l’idée que l’exécutif cherche des alliances en vue de 2027. La PPE serait assortie d’une clause de réexamen à cet horizon, ce qui revient à léguer au prochain gouvernement la responsabilité d’un fiasco programmé.
Maximiser et optimiser le parc existant. Redonner confiance dans le choix de l’électricité aux consommateurs. N’investir que là où la demande est démontrée. Renoncer aux filières les plus coûteuses. Exiger la transparence des coûts complets. Et soumettre ces choix qui engagent la nation pour des décennies au débat et au vote de la représentation nationale. Voilà ce que doit être une politique énergétique digne de ce nom.
Engagement irréversible
Cela suppose d’abord de ne prendre aucun engagement irréversible sur les filières les plus capitalistiques tant que l’excédent persiste. Le parc nucléaire existant recèle un gisement immédiat de 80 à 100 TWh mobilisables en optimisant le facteur de charge : ce sont les kilowattheures les moins chers du système.
Un choc fiscal sur l’électricité, comparable à celui engagé par l’Allemagne, doit rendre la bascule économiquement rationnelle pour les industriels et les ménages.
Les investissements réseau doivent être réorientés vers les usages productifs et la résilience, non vers le raccordement de capacités excédentaires.
Toute infrastructure offshore doit relever d’une doctrine de sécurité nationale.
Enfin, chaque euro public dépensé pour le climat doit l’être là où son impact est maximal : notre électricité figure parmi les moins carbonées du monde développé, et le même euro investi là où la demande énergétique explose aurait un effet dix à cent fois supérieur.
Au lieu de cela, l’exécutif engage la France pour des décennies par un décret que personne n’a débattu, que personne n’a voté, fondé sur des projections que tout contredit, au profit de filières dont les coûts explosent. C’est irresponsable et irrespectueux du processus démocratique. Et de façon concrète, nous, consommateurs, allons payer la facture. Ainsi va la France.
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Soyons fiers de l’engagement libéral, seul antidote au meurtre totalitaire
Du meurtre d’Alexeï Navalny à la condamnation de Jimmy Lai, le totalitarisme continue de tuer ceux qui refusent de se taire. Dans ce texte paru sur Contrepoints, David Lisnard assume une défense sans concession du libéralisme, seul antidote durable à l’arbitraire, à la violence idéologique et à l’effacement de la dignité humaine.
Il y a deux ans, en février 2024, mourait Alexeï Navalny. Il vient d’être prouvé – sans surprise – que la cause de sa mort est un empoisonnement, après des mois et des années de persécution, d’emprisonnement arbitraire, de privations et un précèdent empoisonnement. Vladimir Poutine n’accepte pas et tue ses opposants.
Au début de ce mois de février 2026, Jimmy Lai a été condamné à vingt ans de prison par le régime communiste chinois. Âgé de 78 ans, il est donc condamné à mort. Son crime ? Comme Navalny en Russie, comme aussi Boualem Sansal en Algérie, ne pas avoir accepté le récit et la propagande de dirigeants corrompus et à tendance dictatoriale.
Propriétaire de médias, militant de la démocratie, vigie des engagements non respectés par la Chine à la suite de la prise de possession de Hong Kong par Pékin, Jimmy Lai entre dans le panthéon des héros de la démocratie, hélas quasiment ignorés de leur vivant par la bien-pensance mondiale.
Les bonnes âmes, si sentencieuses lorsqu’elles regardent l’Occident, sont bien oublieuses des crimes des dictatures totalitaires qui massacrent leur peuple depuis des décennies.
Soljenitsyne, et avant lui Julius Margolin, avaient dénoncé et décrypté les mécanismes de la déshumanisation des opposants, souvent jusqu’à leur mort, du régime soviétique. La matrice totalitaire est la même, que le régime soit communiste, nazi, islamiste.
Ces forces noires sont toujours à l’œuvre et leur seul antidote est la pensée libérale, celle qui n’accepte pas la mainmise de l’État sur les consciences humaines, celle qui rappelle les droits naturels face à l’arbitraire autoritaire, celle qui fait de la logique de subsidiarité la garantie de la dignité humaine par la liberté et la responsabilité personnelles, celle qui veut que tout pouvoir de l’Etat résulte d’un transfert choisi, délibéré, circonstancié et limité de la souveraineté individuelle.
Navalny, Lai, Sansal, autant de noms de notre époque qui devraient parler à la conscience humanitaire mondiale contemporaine. Et nous inciter à toujours nous battre pour la liberté, comme nous y appellent aussi les 30 000 Iraniens – anonymes mais correspondant à 30 000 vies, 30 000 destins de personnes humaines singulières – massacrés par le régime islamique d’Iran.
Il en résulte pour chacun d’entre nous, notamment dans cet Occident qui a inventé la démocratie libérale, un devoir d’engagement, intellectuel, moral et physique, de résistance au totalitarisme, de promotion de la liberté.
Cette liberté que Vassili Grossman, qui connut la double et très comparable barbarie nazie et soviétique, définissait si bien comme force vitale de notre espèce humaine. Dans Tout passe, Grossman écrit : « L’histoire de l’humanité est l’histoire de sa liberté. L’accroissement de la puissance humaine s’exprime avant tout par l’accroissement de la liberté. La liberté n’est pas une nécessité dont on a pris conscience, comme le croyait Engels. La liberté est le contraire de la nécessité. La liberté c’est la nécessité surmontée, vaincue. Le progrès c’est essentiellement le progrès de la liberté humaine. Par ailleurs, la vie elle-même est liberté, l’évolution de la vie, c’est l’évolution de la liberté. »
C’est cette vérité que n’ont pas acceptée en France les assassins de Quentin. Ils sont d’extrême gauche, ils sont chez nous les expressions violentes de ce totalitarisme qui se nourrit du « révolutionnarisme » des factieux et prospère en réaction au conformisme des technocrates.
Notre combat est là, contre ces illibéraux, ces extrémistes, ces néofascistes (eux qui se prétendent « antifascistes » !), pour préserver la vie et donc faire vaincre la liberté. Il est aussi dans la nécessité de porter un projet politique dont la radicalité doit permettre de sortir de l’impuissance publique en régénérant nos principes, par un nouvel état de droit porteur des aspirations populaires.
« Ce n’est pas honteux de faire peu. C’est honteux de ne rien faire ou de nous laisser intimider. » Le 18 février 2024, ces mots l’Alexeï Navalny étaient repris par sa courageuse veuve Ioulia. Ils nous exhortent à porter le combat de la liberté. Soyons fiers d’être des libéraux !
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La culture, un enjeu politique de droite
Les politiques culturelles ont trop souvent été l’apanage de la gauche. Les élections municipales doivent être l’occasion pour la droite de briser ce monopole. Une tribune de Jean-Michel Arnaud et David Lisnard parue dans le Journal du Dimanche.
La culture, un enjeu politique de droite
TRIBUNE
Les politiques culturelles ont trop souvent été l’apanage de la gauche.
Les élections municipales doivent être l’occasion pour la droite de briser ce monopole.
Une tribune de Jean-Michel Arnaud et David Lisnard parue dans le Journal du Dimanche.
À l’approche des élections municipales, un paradoxe frappe le débat public français : chacun invoque la menace qui pèse sur la culture, mais personne ne propose de politique pour y faire face. Pire : lorsqu’une initiative émerge, elle est quasi systématiquement confisquée par le même horizon idéologique. Tout se passe comme si la droite avait intériorisé l’idée que la culture n’était pas son terrain naturel, qu’elle relevait d’un autre camp, d’une autre légitimité. Il est temps d’y mettre fin.
La culture n’est ni un luxe, ni une variable d’ajustement budgétaire. Elle est tout sauf un « bien non essentiel ». Elle est ce qui relie les individus entre eux, les générations entre elles, un territoire à son histoire et à son avenir. Elle est un instrument de construction de l’humain, une condition de possibilité du politique. Dans une société fragmentée par l’individualisme, le communautarisme et la polarisation algorithmique, la culture est l’un des derniers espaces où peut encore se forger l’unité nationale.
Le monopole culturel de la gauche
Pourquoi la droite a-t-elle si longtemps déserté ce champ ? L’histoire française apporte une partie de la réponse. Depuis la Révolution et plus encore à partir du XXᵉ siècle, la gauche a bâti un imaginaire puissant associé aux concepts d’émancipation, de démocratisation, de contestation, de résistance, de liberté de création et d’avant-garde. En face, la droite s’est souvent retranchée derrière les notions de gestion (des institutions), de sauvegarde (du patrimoine), de préservation (de l’identité), comme si la création lui était étrangère ou suspecte. Elle a soutenu des institutions sans produire de récit. Elle a administré sans assumer le symbolique. Ce « grand refoulement » a laissé à la gauche un quasi-monopole de la légitimité culturelle en France.
Mais tout monopole finit par produire ses dérives. L’entre-soi culturel s’est renforcé. La démocratisation promise n’a pas eu lieu : les mêmes publics fréquentent les mêmes lieux, pendant que d’autres s’en sentent toujours exclus. La morale a souvent remplacé l’esthétique, le discours s’est substitué à l’œuvre et la culture, au lieu de rassembler, a contribué à diviser.
À l’échelle municipale, la culture n’est pas un slogan, mais une pratique. Elle oblige à concilier exigence artistique et accessibilité, patrimoine et création, institutions et initiatives locales. Elle impose de sortir du parisianisme, de faire confiance aux collectivités locales, aux associations, aux artistes, aux artisans. Elle rappelle surtout une chose essentielle : la culture n’est vivante que lorsqu’elle est partagée.
L’heure du sursaut
Ce que la droite doit aujourd’hui proposer, ce n’est donc pas une guerre culturelle de plus, ni une reprise en main idéologique. C’est une voie alternative. Une politique culturelle à la fois humble et ambitieuse, tournée vers la transmission plutôt que la provocation, vers la construction plutôt que la rupture, vers les communs plutôt que le repli. Une politique qui ne confonde pas tradition et crispation, qui assume l’enracinement, pour en faire non pas un motif de nostalgie ou de repli sur soi, mais une force d’invention. Une politique qui ne fasse pas de la culture un instrument militant, mais un espace de résonance, qui fasse confiance à l’intelligence du public, sans le mépriser ni chercher à lui faire la morale.
Les élections municipales sont le bon moment pour ce sursaut. Parce que la culture se vit d’abord dans les villes et les villages. Parce que c’est là que se joue la cohésion réelle, loin des déclarations de principe. Parce que les maires savent, mieux que quiconque, que sans culture, il n’y a pas de communauté durable.
Jean-Michel Arnaud, élu délégué à la culture à la ville de Cannes et président du Palais des Festivals de Cannes.
« Quand un manuel scolaire incite les élèves à faire moins d’enfants pour sauver la planète »
Selon le manuel de référence édité par Nathan, la solution la plus efficace pour sauver la planète, est d’avoir «un enfant de moins». Pour le président de Nouvelle Énergie, cet ouvrage dévoile un programme militant visant à formater des choix existentiels sous couvert de science. Une tribune de David Lisnard parue dans Le Figaro.
L’instruction de nos enfants est de plus en plus polluée. Les lycéens qui doivent étudier les « sciences de la vie et de la terre », à partir du manuel publié par Nathan en 2020, y trouvent un graphique recensant les « solutions de réduction des émissions de carbone » , dont « vivre sans voiture », « éviter un vol transatlantique », « recycler » ou « changer d’ampoules ». Pour nos pédagogues idéologues, cela est bienvenu mais très insuffisant car ils placent en tête de liste l’« action » la plus « efficace », et de loin, pour sauver la planète : « avoir un enfant de moins » !
Tel est le message de l’Éducation nationale. L’avenir écologique passerait d’abord par la raréfaction des naissances. Ni science ni vie, en somme, dans ce manuel. L’école de la République, dont la mission est de transmettre des savoirs et former l’esprit critique, se fait ici le relais d’un endoctrinement malthusien où la naissance d’un enfant n’est plus à la fois une évidence naturelle et la première des joies, mais une nuisance à éviter.
Un tel bourrage de crâne est dramatique en milieu scolaire, là où devrait être forgée la raison critique et préparé l’avenir de la nation. La nécessaire neutralité des manuels scolaires cède la place à des petits livres rouge et vert. C’est d’autant plus grave que s’il est une décroissance avérée, c’est bien celle du niveau de l’instruction.
Grave sur le plan scientifique d’abord. Le visuel en question reprend une étude publiée en 2017 dans Environmental Research Letters par Seth Wynes et Kimberly Nicholas. Les auteurs y proposent une modélisation attribuant aux parents une fraction des émissions futures de leurs descendants, en supposant que chaque génération conservera durablement le niveau d’empreinte carbone actuel.
«Pour sauver la planète, ne faisons plus d’enfants et pour éviter la mort, supprimons la vie !»
Sur cette base, ils parviennent à 58,6 tonnes de CO₂- équivalent par an pour « un enfant de moins ». Or, cette étude a été invalidée dans cette même revue pour des biais méthodologiques majeurs : double comptage des émissions entre générations, projection sur plus de cinq siècles à niveau d’émissions constant, exclusion des trajectoires de décarbonation. En recalculant avec des hypothèses réalistes, d’autres chercheurs aboutissent à un impact de 1 à 2 tonnes par an, soit trente à soixante fois moins. Les auteurs eux-mêmes reconnaissent que selon les scénarios de décarbonation retenus, l’impact peut être divisé par 17. Le manuel ne retient pourtant que la valeur maximale d’une hypothèse extrême, et la présente comme un fait scientifique établi.
Cette décision est grave sur le plan éthique. Wynes et Nicholas ne se contentent pas d’un calcul : ils revendiquent un projet éducatif et ciblent les adolescents, qualifiés de « catalyseurs » du changement. Ils regrettent que les programmes scolaires se limitent au recyclage et ne recommandent pas les « vrais gestes à fort impact » dont, bien sûr, la réduction des naissances. Ils ont produit des fiches pédagogiques et des infographies destinées aux cours de lycée. En ce sens, le manuel édité par Nathan applique un programme militant qui vise à formater des choix existentiels sous couvert de science. C’est scandaleux et particulièrement grave. Car c’est le libre arbitre des futurs citoyens qui est ici en jeu.
Mettre sur le même plan un comportement ou un geste technique et la naissance d’un enfant revient à ne plus envisager la vie comme une promesse, mais comme une variable d’ajustement. Un être humain n’est plus une personne, une joie, une responsabilité : c’est un flux de carbone à supprimer. Cette doxa prolonge une écologie décliniste jusqu’au sophisme ultime : pour sauver la planète, ne faisons plus d’enfants et pour éviter la mort, supprimons la vie !
L’idéologie morbide de la décroissance se répand alors que la dénatalité est devenue le fait démographique et problématique majeur de notre époque. Les deux tiers de l’humanité vivent désormais dans des pays où la fécondité est passée sous le seuil de remplacement des générations. De la Corée du Sud à la Chine, de l’Italie à l’Espagne, du Japon à l’Allemagne, les peuples vieillissent et les naissances s’effondrent. La France, longtemps épargnée par cette tendance, a basculé à son tour. En 2025, pour la première fois depuis 1945, le solde naturel est devenu négatif : 651 000 décès pour 645 000 naissances. L’indicateur de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis 1918.
Faire accroire à nos lycéens qu’une naissance puisse être néfaste à la planète, dans un tel contexte, c’est accompagner un effondrement démographique qui met en péril l’avenir même de la nation. Aucune nation ne peut sacrifier sa démographie – donc son existence – sur l’autel d’un calcul (en l’occurrence faux) utilitariste de CO₂. Ce sont précisément les générations futures qui produiront les solutions aux défis climatiques. Encore faut-il qu’elles viennent au monde.
On le voit, ce débat oppose deux visions irréconciliables de l’écologie : une écologie fondée sur l’innovation et la confiance dans l’intelligence humaine, et une écologie de la culpabilisation, qui voit dans chaque naissance une faute. Ce débat oppose surtout deux approches antagonistes de la vie humaine : une qui la voit comme une grâce, avec sa finitude et ses aspérités parfois douloureuses, l’autre qui la voit comme une pollution à éradiquer. L’écologie mérite mieux, par la science, l’investissement massif dans l’innovation et le droit international pour combattre ce qui pollue, transformer nos systèmes énergétiques, protéger la biodiversité, c’est-à-dire la vie (y compris humaine).
Enseignons à nos enfants non pas la honte d’exister, mais la joie de vivre. Non pas le renoncement, mais l’ambition. Non pas l’angoisse existentielle d’être, mais la confiance et la fierté de faire. Non pas la peur de l’avenir, mais la volonté d’inventer le leur.
Retrouvez cette tribune sur le site du Figaro en cliquant ici.
L’intelligence artificielle menace ceux qui ne pensent plus
« Utilisée comme béquille cognitive, l’IA atrophie l’esprit critique, la capacité de raisonnement autonome, l’effort intellectuel qui est le socle même de l’apprentissage », écrit David Lisnard dans sa chronique pour l’Opinion. « Le paradoxe est cruel : au moment où l’IA exige plus d’intelligence humaine, notre système éducatif en produit moins »
Le World AI Cannes Festival ouvre cette semaine sa cinquième édition au Palais des Festivals. 10 000 professionnels. 320 speakers internationaux. 220 exposants. Et une nouveauté qui dit beaucoup : le premier Sommet IA des Elus qui réunira plus de 150 maires, présidents de département et décideurs publics engagés dans la transformation numérique de leurs collectivités. L’IA est une réalité industrielle qui s’accélère. Savoir la produire, la maîtriser et l’utiliser est désormais une condition de notre souveraineté. Malheureusement, malgré des effets d’annonce grandiloquents, la France est en train de la regarder passer.
Un an après le Sommet de Paris de février 2025, où en sommes-nous ? Les 109 milliards d’euros annoncés par le président de la République étaient pour l’essentiel des promesses d’investissements privés étrangers sur cinq à dix ans. Les investisseurs français ne représentent qu’environ 6 % de l’enveloppe totale.
Mais construire des data centers en France financés par des capitaux étrangers pour faire tourner des modèles d’IA américains sur des puces Nvidia, grâce à de l’énergie nucléaire bon marché et quelques facilités d’acquisition du foncier, ce n’est pas de la souveraineté numérique. C’est de l’hébergement. Pas de la maîtrise industrielle.
Trois entreprises américaines – Amazon, Microsoft, Google – captent à elles seules plus des deux tiers du marché français du cloud, infrastructure indispensable à l’IA. Quand nos entreprises investissent dans l’intelligence artificielle, l’essentiel de la dépense remonte vers la côte ouest des Etats-Unis. Et les grands modèles d’IA générative sont quasiment tous américains ou chinois à l’exception notable du français Mistral. Comment s’en étonner ? Entre 2019 et 2024, l’Union européenne a adopté 13 000 actes législatifs contre 3 500 pour les Etats-Unis. Résultat : 23 % des start-up européennes de l’IA envisagent de transférer leur siège aux Etats-Unis.
Avec 46 % des start-up européennes de l’IA qui réalisent déjà leur principal chiffre d’affaires outre-Atlantique, cette dépendance est profonde. Mais elle n’est pas une fatalité.
En 2011, Marc Andreessen publiait dans le Wall Street Journal un essai devenu prophétique : « Software is eating the world. » Il avait raison. Pendant quinze ans, le logiciel a dévoré le monde, et nous avons accepté d’être dévorés. Les plateformes américaines ont capté la valeur, les données, les talents. Nous sommes devenus une colonie numérique. Mais le paradigme est en train de basculer. L’IA sait désormais écrire du code et elle le fait de mieux en mieux. La rareté n’est plus dans la capacité technique de coder. Elle est dans la vision, la culture, le discernement. Autrement dit, dans l’intelligence humaine. C’est une fenêtre de tir historique. A condition d’avoir les cerveaux pour s’y engouffrer.
IA et déclassement scolaire
Or, le déclassement scolaire français est documenté et massif depuis le début du siècle.
L’IA générative arrive dans ce contexte de fragilité intellectuelle. Utilisée comme béquille cognitive, elle atrophie l’esprit critique, la capacité de raisonnement autonome, l’effort intellectuel qui est le socle même de l’apprentissage.
Ce qui fait la supériorité de l’homme sur la machine n’est évidemment pas la vitesse de calcul. C’est le jugement. C’est la capacité de douter, de questionner, de refuser une réponse toute faite.
Grâce à la logique d’Aristote, qui nous a appris à structurer un raisonnement et à identifier un sophisme. Grâce au doute méthodique de Descartes, qui enseigne à ne rien tenir pour acquis. Grâce à Montaigne, qui fait de l’incertitude le point de départ de la pensée. Grâce à Pascal, qui distinguait l’esprit de géométrie – le calcul – et l’esprit de finesse – le jugement – et savait qu’on a besoin des deux. Grâce aux Lumières, qui ont érigé la raison critique contre l’argument d’autorité.
Les humanités ne sont pas un luxe de l’ancien monde. Elles sont l’armature intellectuelle du nouveau.
Le paradoxe est cruel : au moment où l’IA exige plus d’intelligence humaine, notre système éducatif en produit moins.
Médecine, environnement, service public : c’est l’IA qu’on ne voit pas qui change la donne
D’autant plus que l’IA la plus transformatrice est celle qu’on ne voit pas et qui change la donne : prédictive, embarquée, couplée à des capteurs, à la robotique, aux biotechnologies.
En médecine, des modèles de diagnostic précoce des cancers dépassent 90 % de précision. AlphaFold, qui a valu le Nobel de chimie 2024, prédit la structure des protéines et en conçoit de nouvelles, accélérant la découverte de molécules thérapeutiques. Dans l’industrie, la maintenance prédictive, la robotique collaborative, l’optimisation logistique transforment déjà les chaînes de production. En environnement, l’IA affine la modélisation climatique, optimise la consommation énergétique, détecte les pollutions.
Jusque dans le service public, la démonstration est parlante. Car l’IA n’est pas seulement une promesse pour la recherche de pointe ou les géants de la tech. C’est un levier immédiat de simplification et de performance de l’action publique.
A Cannes, nous avons développé un jumeau numérique en 4D pour suivre les 15 000 arbres du patrimoine arboré de la ville, contre 200 suivis physiquement auparavant. Des caméras embarquées sur les véhicules de voirie analysent l’état des chaussées en temps réel et programment les réparations. Sur le réseau de bus, des capteurs prédictifs détectent les défaillances mécaniques invisibles à l’œil nu. Dans la collecte des déchets, une IA identifie automatiquement les produits dangereux et a réduit de 220 tonnes les refus de tri. Et l’IA générative, loin du gadget, a divisé par dix le temps de production des rapports de délégation de service public.
Au final, un service public plus rapide, moins cher pour le contribuable, plus qualitatif pour l’usager et un travail plus intéressant pour l’agent.
Cinq critères pour une IA au service de l’intérêt général
L’IA au service de l’intérêt général suppose cinq choix clairs :
Relever massivement le niveau éducatif. Pour résister aux réponses instantanées, aux certitudes algorithmiques, il faudra des esprits formés au doute méthodique, à l’argumentation, à la distinction entre le vrai et le vraisemblable.
Former à tous les niveaux. BTS, CFA, formation continue, reconversions professionnelles : l’IA ne doit pas être réservée aux bac+5.
Faire confiance au local. De l’écosystème Sophia Antipolis–Côte d’Azur, au WAICF à Cannes, l’innovation se construit par le bas, par les collectivités, les entreprises locales.
Produire et non pas seulement réguler. Il est temps de créer une véritable DARPA européenne, et de la financer sur fonds européens, pas uniquement sur des capitaux étrangers.
Libérer l’innovation. Simplifier drastiquement la réglementation, accélérer les procédures, cesser de surtransposer les directives européennes, mettre en place des bacs à sable réglementaires pour tester sans risque juridique.
L’IA peut libérer ou asservir, éclairer ou abrutir. Le danger n’est pas qu’elle devienne plus intelligente que nous, mais que nous devenions plus bêtes avec elle. Le choix dépend donc de notre capacité à former, produire, innover, et à penser. Le WAICF à Cannes existe pour cela : rappeler que c’est l’homme, instruit et libre, qui doit en rester le maître. Ainsi va la France.
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« L’État-providence, c’est la mort » : à Cannes, les confidences du candidat Lisnard
Le patron des maires de France mène une campagne énergique, même s’il a été réélu en 2020 avec 88 % des voix au premier tour. Un reportage de Jérôme Cordelier paru dans Le Point.
Au volant de sa vieille Lexus – « 17 ans d’âge, achetée d’occasion », précise-t-il –, David Lisnard file le long de la Méditerranée. La voiture est bourrée de bons vieux CD pop-rock (Ramones, The Clash, Hendrix, Motörhead, Feu ! Chatterton, et on en passe…), passion que le conducteur cultive avec la délectation d’un entomologiste. Le paysage invite, lui, à la contemplation, mais l’heure n’est pas au « road-trip »
David Lisnard en conquête
David Lisnard vient de plonger dans la campagne municipale, et il reste un mois avant le premier tour (15 mars). Ayant été réélu en 2020 dès le premier scrutin avec plus de 88 % des suffrages face à quatre listes, on pourrait penser que le marathonien se lance dans une course de santé. Que nenni !
D’abord, ce n’est pas le genre de ce politique quinquagénaire fougueux, voire sanguin, en conquête. Ensuite, parce que le terrain politique s’apparente ces temps-ci aux sables mouvants. « Les 88 % de 2020, c’était un score atypique et anormal, observe David Lisnard. Jamais aucun maire de Cannes auparavant n’avait été élu au premier tour. Il n’y a jamais de stock de voix. En politique, rien n’est jamais acquis. On repart de zéro. Et le contexte national perturbe les élections locales ».
La voiture se faufile dans les rues de la Bocca – qui rassemble 30 000 des 75 000 habitants de Cannes intra-muros – et déboule dans le vaste parking (bientôt 374 places, avec deux heures de stationnement gratuites chaque jour, et trois heures le week-end), au cœur d’une immense opération de requalification immobilière que le maire mène : nouvelles halles, un jardin de 3-000 mètres carrés – avec 174 arbres et… plus de 70 caméras de vidéosurveillance… Fierté lisnardienne.
« Je ne suis pas anti-bagnoles, je crois même en l’avenir de la voiture », glisse l’édile, vantant dans la foulée la saine gestion de la ville : « Nous avons progressé sur les investissements et les équipements, en multipliant par dix sur dix ans notre capacité d’autofinancement, en réduisant la dette de 82 millions d’euros et les dépenses de fonctionnement de 55 millions, alors que l’État a prélevé plus de 250 millions d’euros sur les finances de la ville ».
Marottes lisnardiennes, que le candidat répète devant la foule de ses partisans se pressant sur le trottoir pour l’inauguration de sa permanence de campagne, dans un discours offensif amorcé au son de « Passenger » du groupe londonien post-punk Siouxsie and the Banshees. Ce n’est pas pour rien que Lisnard a baptisé son mouvement politique « Nouvelle Énergie ». Et il a beau être roi en son domaine, il ira, qu’on se le dise, chercher chacun des électeurs cannois avec les dents. En commençant par ceux de La Bocca, quartier populaire que drague le RN, où il a installé son QG.
Alors, il martèle ses credo. La sécurité, s’enorgueillissant d’avoir le réseau de vidéosurveillance le plus dense de France (une caméra pour 76 habitants) : « Que l’on me donne le pouvoir en tant que maire d’expulser les familles de délinquants, et vous verrez. Virer les voyous des HLM, c’est permettre aux gens bien de se loger ! ».
Le civisme : « Chacun pense et croit à ce qu’il veut à condition qu’il respecte le drapeau français ». La culture et l’éducation, lui qui a poussé l’enseignement du latin et du grec dans les écoles de la ville. Les dérives bureaucratiques : « L’État n’a pas été créé pour nous dire combien de fruits et légumes nous devons manger par jour ou pour expliquer comment nous devons éduquer nos enfants, mais pour assurer l’autorité régalienne, sur la sécurité intérieure et extérieure ».
L’homme qui secoue la droite française électrise son auditoire. « J’ai une vraie radicalité, que j’assume, nous confie David Lisnard. Car pour moi, l’État-providence, c’est la mort ! Quarante ans de social étatisme et de laxisme sécuritaire, ça suffit ! Il faut donner de la liberté à ceux qui produisent et avoir de l’autorité contre ceux qui nuisent ».
L’homme est « concentré », dit-il, sur les échéances locales – il présentera son projet le 19 février à La Licorne, grande salle cannoise, fort « d’un bilan solide et d’une équipe soudée ». Celui qui est maire de Cannes depuis 2014, après avoir été l’indispensable premier adjoint de son prédécesseur, Bernard Brochand, repart au feu avec l’allant du débutant.
« Ce qui me passionne, c’est l’action concrète, l’exécution, savoure-t-il, j’adore le mandat municipal qui est le seul à permettre de poser une vision et de la réaliser en lien direct avec les habitants. J’ai refusé plein de propositions au gouvernement, au Sénat parce que je voulais rester maire à plein temps. Mon moteur, c’est de transformer le quotidien ».
Ses opposants l’attaquent sur ses appétits nationaux. On ne peut pas faire procès à Lisnard, qui préside – depuis quatre ans – la puissante Association des maires de France et monte en puissance dans le débat national, d’en faire mystère. Et qu’on ne vienne pas le chercher là-dessus.
« C’est un faux débat souvent alimenté par le microcosme, s’enflamme l’intéressé. Pourquoi un maire n’aurait-il pas le droit d’avoir une ambition nationale alors qu’on ne pose pas la question aux parlementaires ou aux technocrates ? Je viens du monde de l’entreprise, pas de la haute fonction publique. Ma singularité, c’est d’apporter la voix du terrain – celle des commerçants, des artisans, des maires – dans le débat national. Pour Cannes, avoir un maire dont la voix porte à Paris est un atout majeur afin de faire avancer les dossiers locaux. Et les Cannois, je peux vous dire, sont plutôt fiers de voir l’un des leurs ainsi réussir ».
Une ambition n’empêche pas l’autre. « Plus je suis présent au national, plus je suis sur le terrain à Cannes, c’est presque obsessionnel » , lâche-t-il. Mais derrière l’élu local, le candidat à la présidentielle bouillonne. « Les données sont claires pour 2027 : on ne peut plus aller directement en demi-finale, constate David Lisnard, quand on le titille sur le sujet. Il y a une multitude de candidatures prêtes à séduire l’électorat de la droite et du centre, et personne ne se détache. Il faut donc que nous organisions un quart de finale. Mettons sur le papier les grands objectifs, nos valeurs communes, et, après, se présente et vote qui veut. C’est pourquoi j’ai plaidé pour une large primaire, des centristes de l’UDI à Reconquête. Ceux qui ne veulent pas venir prennent le risque de faire perdre leur camp et de faire gagner LFI ou le RN. Je porte ma voix dans le débat parce que je suis intimement persuadé qu’il faut créer une compétition pour comparer les projets, sélectionner puis rassembler les électeurs ; sinon, nous sortirons du jeu ».
Éric Ciotti le soutient
Pour ces municipales, Lisnard a face à lui une liste d’union de la gauche conduite par le socialiste Michel Hugues et aussi une liste RN menée par Lucas Mussio. Le mouvement lepéniste n’était pas représenté en 2020. « Mais nous avons fait plus de 46 % des voix aux dernières législatives, il y a donc une demande pour l’alternance », affirme le candidat, conseiller en gestion de patrimoine, trentenaire engagé au RN depuis trois ans seulement.
Il part à la bataille sans l’allié Éric Ciotti, qui a pris fait et cause pour David Lisnard. « Nous travaillons ensemble depuis 2008 au département, je l’avais soutenu pour la première fois en 2014, j’éprouve de l’amitié pour lui, c’est un élu de grande qualité, il n’était pas envisageable de ne pas le soutenir, appuie le Niçois. Notre mouvement présente 80 listes lors de ses municipales, nous avons un accord systématique avec le RN, à trois exceptions, dans les Alpes-Maritimes, par amitié, à Cannes, A Antibes pour Jean Leonetti, et à Grasse, pour Jérôme Viaud ».
Dans sa vieille Lexus, David Lisnard devrait rouler avec « The Clash » à fond les ballons.
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Réseaux sociaux : « L’interdiction est le dernier refuge de l’impuissance publique »
Pendant vingt ans, l’Etat a laissé les géants de la tech installer des modèles économiques fondés sur l’addiction des mineurs. Aujourd’hui, il répond par une interdiction aussi dérisoire qu’inefficace, dénoncent David Lisnard et Constance Nebbula, vice-présidente de la région Pays de la Loire, dans une tribune parue dans Les Échos.
L’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi instaurant une interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Face à l’anxiété juvénile, au cyberharcèlement, à l’érosion des capacités d’attention, la solution serait enfin trouvée. Pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ?
Ce qui est présenté comme un acte de courage n’est en réalité qu’un aveu de faiblesse. Ce n’est pas un décret qui va nous permettre de résoudre un problème de société.
Nous partageons le diagnostic. Personne ne peut ignorer les ravages d’une exposition précoce aux écrans ni les mécanismes d’addiction du scroll infini. La réalité clinique est documentée : troubles du sommeil, sédentarité, pollution cognitive qui fragilise la construction de l’esprit critique.
Une réponse du siècle dernier
Les algorithmes de gratification immédiate saturent le temps de cerveau disponible de nos enfants. Le cyberharcèlement poursuit les adolescents jusque dans l’intimité de leur chambre et peut conduire au pire. Et le pire doit évidemment être évité. Mais si le diagnostic est juste, le traitement est mauvais. L’interdiction est ici une réponse du siècle dernier à un défi d’aujourd’hui.
L’histoire devrait pourtant nous instruire. L’imprimerie, le théâtre, le cinéma, la télévision : chaque nouveau moyen d’expression a été perçu en son temps comme une menace pour l’ordre moral et la jeunesse. À chaque fois, le pouvoir a voulu contenir ce qui semblait lui échapper. À chaque fois, c’est l’éducation qui a fini par l’emporter sur la prohibition.
Depuis l’explosion d’Internet dans les foyers au début des années 2000, qu’a fait l’Etat pour anticiper la transformation numérique de notre société ? Pendant que les géants de la tech bouleversaient notre rapport au savoir et à autrui, la puissance publique a traité le sujet comme une question périphérique et simplement technique. On a laissé s’installer des modèles économiques fondés sur la prédation attentionnelle sans jamais en interroger les fondements.
Une illusion technique
Le réveil est brutal. Et la réponse, dérisoire. Prétendre ériger une frontière administrative entre nos adolescents et TikTok est une illusion technique. Le texte voulu en procédure accélérée par le Président de la République n’indique aucune méthode de contrôle d’âge du côté des plateformes. On connaît la suite : fausses dates de naissance, cases à cocher, contournements techniques.
Six mois après l’entrée en vigueur du dispositif d’obligation de vérification d’âge pour les sites pornographiques, plus d’un tiers des internautes reconnaissent déjà avoir contourné la vérification, notamment grâce aux VPN, dont certains fournisseurs revendiquent des hausses spectaculaires d’abonnements après les premiers blocages de sites. Pourquoi en irait-il autrement pour les réseaux sociaux ?
Légiférer dans le vide pour obtenir un effet d’annonce ne fait que nourrir la défiance envers une parole publique dont la crédibilité est chaque jour un peu plus entamée.
Plus inquiétant encore : la logique de l’interdiction conduit inévitablement vers un contrôle d’âge généralisé, puis vers une vérification d’identité pour tous. Toute infrastructure de contrôle finit par servir d’autres fins que celles qui ont justifié sa création. Au motif de protéger les mineurs aujourd’hui, on pose les fondements d’un traçage numérique de masse.
Ce glissement menace les libertés fondamentales.
C’est aux familles d’exercer cette autorité
Le discours ambiant culpabilise les familles légitimement dépassées. C’est une injustice. Les parents n’ont pas démissionné ; ils ont été jetés sans boussole dans un tsunami numérique. Mais l’Etat peut-il et doit-il se substituer à l’autorité parentale ? En interdisant, on déresponsabilise. En éduquant, on libère. Les outils de contrôle parental n’ont jamais été aussi efficaces. C’est aux familles d’exercer cette autorité, c’est à l’Etat de les y inciter et non de s’y substituer.
La focale doit changer de cible. Le courage, ce n’est pas dans ce cas l’interdiction pour tous, mantra de ceux qui renoncent, mais l’interdiction de ce qui nuit aux autres. Que l’Etat l’exerce contre les pratiques abusives, opaques et dangereuses des entreprises de réseaux sociaux. Et pour la protection de nos enfants, le courage, c’est la responsabilité, l’éducation et l’exigence.
Il faut casser le modèle de l’addiction. Ce n’est pas l’accès qu’il faut interdire, mais les mécanismes prédateurs — scroll infini, notifications intrusives, publicité ciblée — qui doivent être proscrits pour les mineurs, en imposant aux plateformes un design protecteur par défaut : pagination obligatoire, notifications désactivées, publicité non ciblée. De même, il revient aux parents de combattre ces mécanismes au quotidien et à la puissance publique de s’y atteler auprès des professionnels.
L’enjeu est de bâtir une école du discernement : l’éducation au numérique est fondamentale. Apprendre à hiérarchiser l’information, à déceler la manipulation, tout en formant les parents aux outils dont ils disposent.
C’est une volonté politique du temps long. Mettre fin à l’impunité : ce qui est interdit dans la rue doit l’être sur Internet. L’anonymat n’existe pas sur Internet. L’Etat dispose des moyens techniques et légaux pour identifier et poursuivre sans délai ceux qui se cachent pour cibler et détruire de façon infractionnelle. Qu’il les utilise.
Nos jeunes ont besoin de limites, d’interdits aussi bien sûr, essentiellement de leurs parents, et ils ont besoin de repères. Ne leur fermons pas les portes du monde ; apprenons-leur à le traverser sans s’y perdre. La protection de notre jeunesse ne passera pas par moins de liberté, mais par plus d’apprentissage de la responsabilité et de transmission.
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«Sans sécurité, il n’y a pas de qualité de vie !» : l’alerte de David Lisnard sur l’état des communes
Finances contraintes, normes absurdes, insécurité : les communes tiennent en première ligne. Mais David Lisnard alerte sur l’épuisement du modèle communal. Un entretien paru dans le JDD.
Le JDD. Quel est l’état de santé des villes et villages au bout de ce mandat ?
David Lisnard : Beaucoup de communes françaises ont fait preuve de solidité. Covid, émeutes, inflation, instabilité politique : à chaque crise, les maires et leurs équipes ont assuré la continuité du service public et le lien avec les citoyens. Lorsque l’État est défaillant, les maires sont le dernier rempart et apportent des solutions. Les Français le savent : 70 % leur font confiance. C’est le seul échelon qui conserve ce niveau de légitimité. Derrière cette solidité se cache cependant un étranglement financier des collectivités, avec 82 milliards d’euros de dotation prélevés depuis 2010 par l’État, le dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités (Dilico) et autres ponctions qui pénalisent l’innovation locale et entretiennent le pouvoir central dans sa gabegie.
Malgré cela, les communes votent des budgets à l’équilibre. À Cannes, nous avons baissé les impôts locaux de 3,6 % en 2025, et la dette de 81,7 millions d’euros en dix ans. Le poids des normes continue aussi de s’accroître. Ces difficultés à agir sont d’ailleurs la première cause de découragement. Il y a eu 40 démissions de maires par mois sur cette mandature, un record. Les communes tiennent, mais ça ne durera pas indéfiniment. Leur état de santé dépendra de la capacité de l’État à se recentrer sur ses missions, libérer la société et cesser sa défiance envers les élus locaux, c’est-à-dire les Français.
Faut-il globalement donner plus de pouvoirs aux maires et aux intercommunalités ?
Oui. S’il ne s’agit pas de la caricature qu’on nous sert depuis des années. Ce que nous vivons est une recentralisation déguisée. Plusieurs lois ont ajouté des strates, éloigné les décisions et consacré le culte du gigantisme administratif. Décentraliser ne signifie pas transférer sans moyens les compétences que l’État a lui-même sabordées. Le logement ? Sinistré par vingt-cinq ans de lois contradictoires. La santé ? Désertifiée par la planification bureaucratique. L’État casse, puis délègue les décombres. La décentralisation ne doit pas être un transfert de charges, mais de pouvoir et de confiance. Les maires veulent avoir la liberté d’agir. Les normes doivent être applicables sur le terrain. Or, derrière les discours décentralisateurs, la technocratie continue de sévir. Dernier exemple parmi tant : l’obligation de supprimer toutes les places de stationnement à moins de cinq mètres d’un passage piéton, indépendamment de la configuration du site.
Le nouveau palmarès des villes et villages 2026 montre que les Français choisissent d’abord la qualité de vie, de plus en plus indissociable de la sécurité. Comment l’expliquer ?
Parce que sans sécurité, il n’y a pas de qualité de vie. L’insécurité n’est pas un sentiment, c’est une réalité, désormais partagée par l’ensemble des générations. Les Français ne demandent rien d’extravagant. Ils veulent pouvoir sortir le soir, laisser leurs enfants jouer dehors, prendre les transports en commun sans appréhension. L’insécurité, c’est une assignation à résidence qui ne dit pas son nom. Un chiffre doit nous alerter : en sept ans, l’importance accordée à la sécurité a bondi de 13 points chez les femmes. Ce n’est pas un hasard. Partout dans le monde, quand l’insécurité progresse, ce sont les femmes qui perdent leur liberté en premier. La sécurité n’est pas l’ennemie des libertés. Elle en est la condition première.
Le développement des polices municipales est spectaculaire depuis quelques années, mais ont-elles assez de moyens pour lutter contre la délinquance ? Faut-il leur donner de nouvelles prérogatives, elles qui sont au plus proche du terrain ?
La sécurité est « la » compétence régalienne. Mais face à la défaillance de celui-ci, les maires ont dû agir : + 36 % d’effectifs de police municipale en dix ans, pour un coût de 2,2 milliards d’euros par an supporté par les communes. Nous finançons la sécurité que l’État ne garantit plus. Le Beauvau des polices municipales, relancé lors du Congrès des maires de novembre 2024, a abouti fin 2025 à un texte consensuel. Ce texte permet aux communes qui le souhaitent, et le peuvent, de doter leur police municipale de plus de pouvoirs d’action, notamment sur les infractions du quotidien – celles qui pourrissent la vie des gens. Ce texte existe. Il est prêt. Il fait consensus. Il ne manque qu’une chose : que le Parlement le vote.
Le narcotrafic est de plus en plus régulièrement pointé du doigt, y compris dans les campagnes. Comment interrompre la déferlante, cela semble impossible ?
Les maires sont évidemment en première ligne, comme nous le sommes face au protoxyde d’azote sur lequel nous alertons depuis des années. L’État a été inventé pour protéger la nation, c’est sa raison d’être. Contre le narcotrafic, il faut une action totale et frontale : diplomatique sur les pays producteurs, militaire quand c’est nécessaire, judiciaire avec des peines réellement exécutées, fiscale pour assécher les flux d’argent sale. C’est aussi un sujet sanitaire. Et les consommateurs doivent être sanctionnés. Il faut également protéger notre jeunesse par de la prévention. Localement, nous devons avoir le pouvoir de fermer les commerces qui blanchissent, supprimer toutes les aides publiques aux trafiquants et à leurs familles complices, sortir les dealers des logements sociaux.
La santé est centrale dans le palmarès. Comment attirer les médecins quand certaines communes leur offrent tout sans succès ?
La vision technocratique – dont le numerus clausus fut un étendard –, l’incapacité française à proposer une politique de santé globale, avec un vrai volet prévention, la bureaucratisation des soins nous ont conduits à ce système, très coûteux en charges et impôts et de moins en moins performant. Un médecin passe 20 heures par semaine à remplir des formulaires. On ne soigne plus, on documente. Il vaut mieux guérir que cocher des cases. Et pendant ce temps, des professionnels compétents – infirmiers, pharmaciens, kinés, sages-femmes – sont bridés par un système qui leur interdit de faire ce qu’ils savent faire. Dans les déserts médicaux, ils sont souvent les seuls présents. Ils connaissent leurs patients. Ils veulent agir. On leur dit : attendez l’autorisation. Alors, oui, les maires se battent pour attirer des médecins. Locaux gratuits, logements, maisons de santé… Mais les normes tuent leurs efforts. Deux médecins généralistes obligatoires pour ouvrir une maison de santé, en zone rurale, c’est un de trop. Certaines ARS exigent 40 heures d’ouverture, donc deux temps pleins à l’accueil. Résultat : plutôt qu’ouvrir un peu moins, on n’ouvre pas.
Un serpent de mer, est-ce qu’il y a trop de communes en France ? Faut-il les regrouper pour réduire le coût de leur fonctionnement ? On vous reproche souvent de creuser la dette nationale, d’avoir trop d’employés municipaux. Que répondez-vous ?
Qu’il suffit de regarder les chiffres et pas les éléments de langage qu’on nous sert. Les collectivités respectent la règle d’or budgétaire. Elles ne s’endettent que pour investir, jamais pour fonctionner. L’État, lui, emprunte pour payer ses fonctionnaires. Résultat : la masse salariale des collectivités a augmenté deux fois moins vite que celle de l’État l’an dernier, selon la Cour des comptes. Et cela alors que les communes assument des missions croissantes, sans moyens supplémentaires. 1,9 million d’agents territoriaux assurent des services essentiels au quotidien : Atsem dans les écoles, entretien des routes, collecte des déchets, police municipale, état civil, services aux personnes âgées. Ce sont eux que les Français voient. Quant au nombre de communes : 34 800, c’est notre histoire, notre géographie. Ce maillage est une force, pas une faiblesse.
C’est lui qui permet cette proximité unique au monde entre élus et citoyens, cette capacité d’adaptation, cette démocratie de terrain. Le vrai sujet n’est pas la taille des communes, c’est la liberté et la responsabilité. C’est tout le système de l’organisation politique qui est à revoir, pour que les contribuables en aient pour leur argent, pour améliorer la performance publique. Le présupposé selon lequel plus c’est gros, plus c’est efficace est loin de se confirmer dans la réalité. Il y a toujours des dépenses à supprimer, des cas de gaspillage. C’est aux habitants de décider ce qu’ils veulent comme action communale. La dette de toutes les collectivités locales représente 9 % du PIB, un niveau stable depuis 35 ans. Pendant ce temps, la dette publique est passée de 60 % à 118 % du PIB, à cause des coûts sociaux et de l’État. Arrêtons de faire des communes les boucs émissaires de l’échec du centralisme français. L’État ne va pas mieux quand les communes vont mal.
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Iran : silence, on massacre !
« Le silence des dirigeants français et européens, comme celui des sélectifs défenseurs des opprimés, sur la situation en Iran n’est pas soutenable. L’enjeu est humanitaire et géopolitique. » Contrepoints reprend les propos de David Lisnard sur la répression en Iran et l’absence de réaction des dirigeants occidentaux.
Le silence des dirigeants français et européens, comme celui des sélectifs défenseurs des opprimés, sur la situation en Iran n’est pas soutenable. L’enjeu est humanitaire et géopolitique.
Nous savons désormais qu’il y a eu en quelques jours a minima 20 000 morts, 40 000 selon certaines sources ! Il s’agit du pire massacre de civils désarmés par son gouvernement depuis la tuerie en 1982 des habitants de la ville d’Hama par Hafez el-Assad. La répression continue, même si évidemment les Iraniens n’osent plus sortir et manifester. Les images des défilés de révolte sont utilisées par le pouvoir pour persécuter des familles. L’indifférence mondiale est une infamie.
Nous devons manifester notre soutien au peuple iranien évidemment, et la France, avec ses alliés, doit enfin condamner le régime de la République islamique d’Iran et contribuer à tout ce qui peut le faire tomber : favoriser une couverture internet libre du pays, dénoncer les exactions du régime qui n’a pas hésité à recourir à des milliers de combattants du Hezbollah et à des milices chiites irakiennes ainsi qu’à des Afghans pour faire tirer sur son peuple, plaider pour l’inscription des Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations criminelles et terroristes (en ayant bien à l’esprit les difficultés procédurales et les conséquences diplomatiques), en attendant une éventuelle intervention américaine qui ne pourrait avoir un effet que si elle parvient à vraiment et fortement cibler l’appareil répressif jusqu’à redonner confiance aux manifestants Iraniens, ce qui reste très aléatoire. En matière d’ingérences extérieures, soulignons que des sources fiables indiquent que la Chine a livré à Téhéran, depuis jeudi dernier, 16 avions cargos de matériel militaire anti-aérien.
Le régime islamique d’Iran n’hésite pas à prendre nos ressortissants en otage, il a fomenté des attentats sur le sol hexagonal, il alimente l’internationale islamiste qui nous combat et veut nous soumettre, pratique le chantage envers tous les pays du Proche-Orient, dont nos alliés.
Il est temps de regarder cette situation en face et de sortir de la torpeur coupable. Telle est la réalité humanitaire et tel est l’intérêt de la France.
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