« Incarner une majorité silencieuse et orpheline »
Candidat à l’élection présidentielle, en rupture de LR, le maire de Cannes David Lisnard entend ouvrir sa propre voie, indépendante et claire, dans le chaos politique ambiant tiraillé par les extrêmes et un bloc centriste fluctuant. Retrouvez l’entretien de David Lisnard accordé à Nice-Matin.
Le marathonien a lancé sa course de fond vers l’Élysée. Avec son départ de LR et son passage au « 20 h » de France 2 mardi, David Lisnard a même accéléré sa foulée.
Pas question de (con) courir uniquement au bord de cette Croisette qu’il chérit tant, et où il a été réélu triomphalement à 81 %.
Outsider assumé mais compétiteur acharné, le voilà plus que jamais décidé à « exporter » ses idées. Au nom de l’intérêt général et de la Nation. Il s’en explique.
Départ de LR, candidature à la présidentielle sur France 2, c’est l’heure du « grand saut » ?
Ma déclaration sur France 2 est une confirmation de ce que j’avais déjà annoncé lors de mon discours à la Mutualité devant les militants de mon parti Nouvelle Énergie, le 20 janvier. Mon départ de LR n’est pas non plus un coup de tête. Il relève d’un constat sur les différences entre ce que je pense et les inconstances d’un parti qui a du mal à définir une ligne claire et assumée.
L’étiquette LR était aussi devenue un boulet ?
Non, je ne dis pas ça, je ne veux pas dénigrer ce parti. Mais depuis un moment, je n’y vois plus de cohérence doctrinale, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai créé Nouvelle Énergie, même si je gardais espoir. Après la confiance accordée au gouvernement Bayrou, le vote d’un budget socialiste qui augmente les prélèvements tout en s’asseyant sur la réforme des retraites, je ne voulais plus encombrer LR de mes pensées contraires, ni moi-même être encombré par les incohérences de LR !
Est-ce que votre inimitié connue avec les Tabarot au niveau local s’est également transposée aux instances LR nationales ?
Pas plus qu’avant. On était déjà à l’UMP et notre relation était beaucoup plus dure qu’aujourd’hui. Ma rupture avec LR n’est pas du tout liée à une question de personnalité. Je n’ai d’ailleurs aucune inimitié avec Bruno Retailleau, et je m’entends bien avec François-Xavier Bellamy.
Président de la République, un rêve de gosse ?
Pas du tout. Gosse, je me projetais pour être maire de Cannes. Président, c’est plutôt une responsabilité de parent ! Les choses se sont faites progressivement car je suis un élu local, dont le mandat au sein de l’AMF (association des maires de France qu’il préside) m’a donné plus de visibilité et d’expérience. Je constate hélas le déclassement vertigineux de la France, et je ne peux pas accepter cette fatalité. Moi, je suis persuadé que la France peut redevenir une grande nation éducative, qui maîtrise ses flux migratoires et dont le développement économique n’est pas inférieur à celui de l’Italie. Et je crois qu’une majorité silencieuse est proche de mes convictions, qui prônent la prospérité par la libération économique, sans tous les excès bureaucratiques, qui veut un État fort avec les voyous mais avec moins d’entraves et de restrictions pour les gens honnêtes, qui souhaite que la France retrouve sa grandeur avec une ambition écologique et démographique.
Votre proposition politique s’inscrit où ?
Cette majorité silencieuse, qui n’est pas celle des plateaux télé ni les bobos des grandes villes, n’avait pas de proposition politique, qui ne soit pas la gauche fasciste de LFI ni le RN. Il s’agit de construire une offre qui répond à cette demande, orpheline de la droite classique, mais aussi du centre et de la gauche républicaine. C’est le mouvement des gens qui travaillent et veulent s’en sortir.
Le déclic, c’est aussi l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, qui n’était pas attendue, et d’une génération encore plus jeune que la vôtre. Il a soudain fait écho à votre propre destin ?
Non (ferme). Nicolas Sarkozy avait aussi un parcours atypique, et j’ai le mien. Mon destin, c’est un bien grand mot car je suis lucide sur ma position politique nationale d’outsider. Mais je me sens aligné entre ce que je fais au quotidien en tant que maire de Cannes, ce que je dis, et ce que je suis, contrairement à certains. Si je parle de baisser la dette de l’État par exemple, je dois déjà faire pareil à Cannes !
L’AMF a permis de vous créer un réseau transpartisan. Dans un esprit gaulliste de rassemblement ?
L’AMF m’a déjà permis de travailler avec 900.000 élus locaux, qui œuvrent de manière pragmatique concrète, partout, en outre-mer comme dans les grandes villes. J’ai parcouru 82 départements, visité des usines, échangé avec les élus locaux, ce qui a renforcé ma connaissance du pays et me permet de prendre des positions fortes dépassant les clivages partisans. Quant à de Gaulle, face à l’anesthésie actuelle du gouvernement, j’aime sa radicalité de 1958, lorsqu’il a pris 360 ordonnances en moins de huit mois pour rétablir l’ordre, résorber un déficit de 6 % et revenir à l’équilibre budgétaire en un an.
Vous êtes partisan d’une primaire élargie à droite. Et si elle ne se fait pas, vous y allez seul ?
Il m’est impossible de répondre à cette question. Mais je souhaite que ce projet que je porte entre enfin dans la compétition électorale, et qu’il y ait un quart de finale à droite avant la demi-finale représentée par le premier tour de l’élection présidentielle.
L’appel du pied d’Éric Ciotti, qui vous invite à le rejoindre à l’UDR ?
Moi, ça ne m’intéresse pas. Je ne recherche pas une gloire personnelle pour embellir ma retraite, mais je veux convaincre sur la densité de mes propositions. Je ne veux pas dénigrer les autres candidats, mais si je devais être au centre ou au RN, j’y serais. Pour moi, il existe une droite indépendante qui peut être gagnante, une alternative attractive.
Votre projet est « libéral, sécuritaire, éducatif, scientifique ». Avec un ordre de priorité ?
Tout doit être mené en concomitance car s’il n’y a pas de sécurité ni de restrictions aux frontières, ça amplifie les problèmes d’éducation, d’instruction et nos déficits sociaux. Et il n’y a pas de réforme de notre appareil social sans garde-frontière, sinon la France reste un aspirateur à immigration.
« Cannes gagne » était votre slogan de campagne municipale. La France gagne sera celui de votre campagne nationale ?
Ce sera d’abord Pour que la France gagne. Avec ma personnalité pour dire ce que je fais et faire ce que je dis. Mais ce ne sera pas les mêmes méthodes, car pour mon mandat de maire, ma vocation, j’ai fait campagne comme si j’avais 21 ans, au porte à porte, ce qui n’est pas possible à l’échelon national.
Président normal ou providentiel ?
Ni l’un ni l’autre. Un Président ne peut être normal, et le providentiel est réservé à Dieu. Je veux être un Président efficace pour que la France retrouve dignité et prospérité. La Providence, je la laisse à la messe de Pâques !
« Je me suis toujours organisé, en mettant en place une équipe capable de diriger la ville sans moi »
David Lisnard
David Lisnard a lancé sa course vers l’Élysée. Après son départ de LR et son passage au « 20 h » de France 2 mardi, le maire de Cannes ne compte plus uniquement concourir au bord de cette Croisette qu’il chérit tant, et où il a été réélu triomphalement à 81 % lors du scrutin du 15 mars. Outsider assumé mais compétiteur acharné, le voilà plus que jamais décidé à « exporter » ses idées. Au nom de l’intérêt général et de la Nation. Une question centrale demeure : et Cannes ?
En campagne présidentielle, vous restez maire à 100 % ?
Oui. Je veux démontrer que l’élection présidentielle n’est pas réservée aux Parisiens, ou à des élus de Normandie qui vivent à Paris. Moi, je n’ai pas d’appart ni de bureau à Paris, et j’ai déjà concilié mon mandat municipal avec la présidence de l’AMF. La campagne ne sera jamais au détriment du maire, et si j’acquiers vraiment une dimension de présidentiable, ça ne peut être que positif pour Cannes.
Qui vous remplacerait en cas d’accession à l’Élysée ?
Cette question me flatte car elle valide ma démarche. Depuis mon premier mandat en 2014, je me suis toujours organisé, en mettant en place une équipe capable de diriger la ville sans moi, tout le temps, car il peut aussi m’arriver un accident, un ennui de santé ou un problème familial. Et je sais déjà qui me remplacerait comme maire, mais je ne vous le dirai pas…
Retrouvez cet entretien sur le site de Nice-Matin en cliquant ici.
“Le libéralisme n’est pas une posture”
Dans une tribune parue dans l’Express, David Lisnard répond aux critiques formulées dans les colonnes de l’Express par le journaliste indépendant Rafaël Amselem, et se défend de toute accointance avec l’extrême droite.
Dans une interview à charge accordée à L’Express, Rafaël Amselem s’en prend à mon projet politique ainsi qu’à ma personne. Il m’attribue un “antigauchisme niais”, un “sentiment de décadence” et un “propriétarisme” qui me conduiraient à “courir avec tous les réactionnaires en échange de quelques baisses d’impôts et formules pseudo-afueristes”. Il juge enfin “honteux” que je propose une primaire ouverte à toute la droite, au prétexte que Reconquête! pourrait y participer. Ce faisant, il construit un portrait dont je ne reconnais aucun trait et révèle, sans le vouloir, les limites de certains intellectuels dits “libéraux” qui ont fait du libéralisme une philosophie de la reconnaissance et de la vulnérabilité en oubliant qu’il est d’abord une doctrine de la liberté et de la responsabilité individuelle. Et surtout un réalisme.
Commençons par la primaire. Défendre le principe d’une primaire, ce n’est pas prétendre partager les mêmes convictions que les candidats qu’on y affrontera. La présence éventuelle d’un candidat Reconquête! ou de centristes, que je propose également, n’impliquerait pas plus mon adhésion à leurs positions et encore moins à leurs actions, s’agissant de ceux qui ont aggravé la dette, étouffé les libertés locales et bureaucratisé le pays pendant dix ans. Une primaire est une procédure démocratique. Elle soumet des projets concurrents à l’arbitrage des électeurs plutôt qu’aux arrangements d’appareils. Confondre une procédure de sélection avec un accord programmatique n’est pas sérieux. Et ne pas admettre qu’il existe plusieurs nuances de droite qu’il sera bon de faire trancher par nos électeurs avant le premier tour de la présidentielle, c’est être aveugle aux réalités politiques du pays.
Rafaël Amselem me reproche ensuite d’avoir adjoint à mon corpus libéral un “bloc sécuritaire très sonore”. Il y voit un glissement. J’y vois une cohérence. Locke définit bien la finalité première de la société civile comme devant protéger la vie, la liberté et les biens de chaque individu contre les empiètements des autres. Hayek démontre que l’ordre spontané des échanges libres ne peut fonctionner que si les anticipations des individus sont protégées par une règle de droit stable et effectivement appliquée. On le sait depuis des siècles : la sécurité est une condition fondatrice de la liberté. Un État qui tolère l’impunité produit la loi du plus fort. Et la loi du plus fort n’a plus rien à voir avec la liberté de chacun.
Refuser l’État obèse et impuissant
Défendre, comme je le fais et comme je l’assume, un projet libéral et sécuritaire – et aussi éducatif – c’est refuser l’État obèse et impuissant que nous subissons depuis plus de quarante ans. C’est aussi tenir ensemble deux exigences que la tradition libérale classique n’a jamais séparées : la limitation du pouvoir d’un côté, l’effectivité de ce pouvoir dans ses fonctions régaliennes de l’autre.
Comme l’écrivait Montesquieu dans L’Esprit des lois, la liberté politique d’un citoyen est cette tranquillité d’esprit qui naît de l’opinion qu’il a de sa sûreté. Non pas la sécurité comme une fin en soi, mais la sécurité comme condition sans laquelle toutes les libertés formelles restent lettre morte pour ceux qui n’ont pas les moyens de se protéger eux-mêmes. Rafaël Amselem ne cite aucune de mes propositions pour étayer son accusation de dérive autoritaire – et pour cause, puisque je propose de rétablir un véritable État de droit qui sorte de l’arbitraire actuel d’un système “fort avec les faibles et faible avec les forts”. Rafaël Amselem procède par insinuation et amalgame. On est très loin d’une nécessaire rigueur de pensée et de la philosophie politique.
Sur la propriété enfin. Amselem parle de “propriétarisme” pour désigner les libéraux qui sacrifieraient les libertés politiques sur l’autel des libertés économiques, et convoque Rothbard comme repoussoir. Son libertarianisme étant aux antipodes de ce que je défends en la matière, cela n’a strictement aucun sens. La propriété, comme l’avait parfaitement montré Jacques Garello, est l’un des quatre piliers du libéralisme avec la liberté, la responsabilité et la dignité, finalité ultime. La propriété est centrale, car condition de tout le reste. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 la consacre comme un droit naturel “inviolable et sacré”, aux côtés de la liberté et de la sûreté. Elle ne prend toutefois tout son sens que dans un cadre de responsabilité individuelle et de dignité de la personne humaine. La propriété est une possession stabilisée par la reconnaissance mutuelle et par la puissance publique qui la juge légitime. Défendre la propriété dans la France de 2026, ce n’est pas du fétichisme. C’est défendre le droit pour chaque famille de devenir propriétaire de son logement. C’est défendre l’entrepreneur, l’agriculteur, l’artisan, le commerçant qui ont investi dans un outil de travail et qui dépendent de la stabilité des règles fiscales et juridiques. C’est défendre l’épargne et permettre à chacun de devenir propriétaire de sa retraite. C’est défendre la transmission, c’est-à-dire le droit de léguer à ses enfants une maison, une entreprise, un capital, sans que l’État ne transforme systématiquement cet héritage en variable d’ajustement budgétaire. Et garantir la propriété privée, c’est forcément garantir la liberté d’autrui.
Quand un raisonnement est solide, il n’a pas besoin d’être outrancier. Dans cet entretien, Rafaël Amselem n’a examiné aucune de mes propositions, cité aucun de mes textes, analysé aucun des fondements de mon projet. Il a substitué l’invective à la démonstration et l’amalgame à l’argument. Oui, je défends un projet libéral, sécuritaire et éducatif, ancré dans la meilleure tradition du libéralisme classique, assumé sans complexe et sans excuse. C’est précisément ce que Rafaël Amselem ne supporte pas : qu’on puisse vouloir à la fois limiter l’État-providence obèse, restaurer l’autorité régalienne et renforcer l’école, sans renier une seule des exigences de l’État de droit ni de la protection des minorités.
Retrouvez cette tribune sur le site de l’Express en cliquant ici.
En finir avec la bureaucratie : un rendez-vous pour libérer la France
Nouvelle Énergie organise, mardi 7 avril à 19h30, un événement dédié à une priorité majeure pour le redressement du pays : en finir avec la bureaucratie. Cette rencontre se tiendra au Pavillon Wagram, à Paris, en présence de David Lisnard.
À cette occasion, seront dévoilés les résultats de la consultation nationale lancée par Nouvelle Énergie sur les freins administratifs qui entravent le quotidien des Français, des entrepreneurs et des collectivités. Cette séquence sera également marquée par la remise des « Cerfa d’or », une initiative destinée à mettre en lumière, de manière concrète, les dérives et les absurdités de la complexité administrative.
À travers cet événement, Nouvelle Énergie entend porter une exigence claire : simplifier l’action publique, libérer les énergies et remettre l’efficacité au cœur des politiques publiques. Dans un contexte où la bureaucratie pèse de plus en plus lourdement sur l’économie et la vie quotidienne, cette démarche vise à faire émerger des solutions concrètes et à nourrir un projet de transformation en profondeur.
Ouverte aux participants dans la limite des places disponibles, cette rencontre se veut à la fois un temps de restitution, de mobilisation et d’échanges autour d’un enjeu central pour l’avenir du pays.
Informations utiles : Le Pavillon Wagram, 47 Avenue de Wagram, 75017
Début de l’événement à 19h30.
Pour s’inscrire, cliquez sur le lien suivant : > Je m’inscris <
Présidentielle 2027 : David Lisnard ouvre le chemin du sursaut français
Invité du journal de 20h sur France 2 face à Léa Salamé, David Lisnard a posé un acte politique majeur. Dans un paysage saturé d’ambiguïtés, il a choisi la clarté. Et cette clarté tient en une ligne : redresser la France par la liberté, la responsabilité et le courage.
Une rupture nette avec les ambiguïtés politiques
Le diagnostic est sans concession. La confusion entretenue par les partis traditionnels empêche toute alternance crédible. En pointant les renoncements, les compromis et l’absence de cap à droite, David Lisnard acte une rupture qui dépasse largement les logiques partisanes.
Ce qu’il met en cause, ce n’est pas seulement une stratégie. C’est une incapacité collective à assumer un projet clair pour le pays à l’approche d’une échéance décisive. À treize mois de l’élection présidentielle, l’heure n’est plus aux équilibres internes mais au choix d’une direction.
Faire gagner la France, une exigence concrète
Au cœur de son intervention, une conviction simple mais exigeante. La France peut redevenir une puissance respectée à condition de rompre avec la résignation.
David Lisnard revendique une approche issue du réel. Celle d’un élu de terrain, habitué à rendre des comptes, à assumer ses décisions, à mesurer les résultats. Cette culture de responsabilité irrigue son projet.
Il ne s’agit pas de commenter le déclin mais de l’enrayer. Il ne s’agit pas d’aménager le système mais de le transformer. L’ambition est claire : permettre à la France de redevenir une nation qui produit, qui innove, qui transmet et qui protège.
Une candidature pour agir
La déclaration est directe. David Lisnard est candidat à l’élection présidentielle.
Ce choix n’est pas celui d’un témoignage mais celui d’un engagement. Il s’inscrit dans un travail de fond mené depuis des mois avec Nouvelle Énergie, autour d’un projet structuré et assumé.
Lucide sur les rapports de force, il fait le pari de la cohérence. Dans une époque où la notoriété remplace souvent la solidité, il choisit l’inverse. Construire avant de convaincre. Proposer avant de séduire.
Aller à la racine des problèmes
Le projet qu’il porte ne relève pas de l’ajustement mais de la refondation. Il assume des réformes radicales au sens premier du terme, c’est-à-dire des réformes qui s’attaquent aux causes.
Refonder l’école pour qu’elle redevienne un levier d’émancipation. Restaurer l’autorité pour garantir l’ordre républicain. Libérer l’économie pour créer de la prospérité. Relancer l’ambition scientifique pour préparer l’avenir.
Cette cohérence est rare. Elle tranche avec les politiques fragmentées et souvent contradictoires qui ont accompagné le déclassement du pays.
Rassembler sans renoncer
David Lisnard refuse les assignations simplistes. Il ne s’inscrit ni dans la logique de la fusion des extrêmes ni dans celle d’une dilution au centre. Sa ligne est celle de l’indépendance.
Son ambition est de fédérer autour d’un projet. D’attirer celles et ceux qui croient encore à l’effort, à la transmission, à la liberté. Des électeurs venus de la droite, du centre ou de la gauche républicaine.
Non pas en gommant les différences mais en assumant une colonne vertébrale claire.
Retrouver l’esprit français
Au-delà du diagnostic économique ou institutionnel, c’est une vision du pays qui est en jeu. David Lisnard appelle à retrouver ce qui a fait la force de la France. Un esprit scientifique, un esprit entrepreneurial, un esprit de conquête.
Le constat est sévère. Le déclassement est réel. L’inquiétude des familles est palpable. La difficulté à se projeter dans l’avenir s’installe.
Mais la réponse qu’il propose est tournée vers l’action. Permettre à chacun de vivre, travailler et fonder une famille en France. Redonner à la jeunesse des raisons de croire en son pays. Restaurer la dignité nationale.
Le moment du sursaut
La séquence qui s’ouvre dépasse une simple compétition électorale. Elle engage l’avenir du pays.
David Lisnard le dit clairement. La France est à un moment de bascule. Comme à d’autres périodes de son histoire, elle doit choisir entre le renoncement et le sursaut.
Sa candidature s’inscrit dans cette exigence. Non pas comme une offre politique de plus, mais comme une tentative de réarmer le pays intellectuellement, économiquement et moralement.
Une alternative en construction
La dynamique est lancée. Elle ne repose ni sur les appareils ni sur les compromis, mais sur une idée simple. La France peut s’en sortir à condition de retrouver le sens de la liberté et de la responsabilité.
Nouvelle Énergie porte cette ambition. Celle d’une France qui n’accepte plus le déclin. Celle d’une France qui redevient maîtresse de son destin.
Et cette fois, il ne s’agit plus seulement d’alerter. Il s’agit d’agir.
Sur le terrain, au cœur de l’avenue de Grasse
Vendredi 27 mars, David Lisnard était présent dans le secteur de l’avenue de Grasse pour échanger avec les riverains et commerçants sur les aménagements à venir.
Au programme : apaisement de la circulation, sécurisation des cheminements piétons, réflexion sur un nouveau revêtement pour la rue Marius Monti et point sur les aménagements du square Méro.
Axe stratégique de 2,5 kilomètres reliant le centre-ville au nord de la commune, l’avenue de Grasse n’avait pas connu de rénovation depuis des décennies. Empruntée chaque jour par plus de 4 000 véhicules, elle traverse des quartiers résidentiels denses et dessert de nombreux équipements publics. Depuis 2019, la municipalité y conduit un projet global de requalification visant à améliorer la qualité de vie, renforcer la sécurité et valoriser les espaces publics.
Cette phase de concertation permet d’ajuster les futurs aménagements, avec des objectifs clairs : trottoirs élargis, stationnement renforcé, circulation apaisée et meilleure accessibilité.
« L’avenue de Grasse est un axe stratégique où transitent chaque jour plus de 4 000 véhicules. Les aménagements visent à améliorer la qualité de vie des riverains, à sécuriser les déplacements et à renforcer l’attractivité du quartier », a rappelé David Lisnard.
Cannes avance, avec méthode et au plus près du terrain.
Le Moulin Forville – Musée Victor Tuby renaît pour transmettre l’âme provençale
Lundi 30 mars, David Lisnard a présenté l’avancée des travaux de rénovation du Moulin Forville, au cœur du Suquet, futur Musée Victor Tuby. Ce chantier d’envergure illustre pleinement la volonté de la municipalité de préserver, valoriser et transmettre l’identité culturelle cannoise, en redonnant vie à un site patrimonial emblématique.
Engagée depuis juin 2025, la seconde phase des travaux, d’un montant de 5,5 millions d’euros, prévoit une transformation complète du bâtiment. Au programme : restauration des façades et des toitures, rénovation intégrale des espaces intérieurs, amélioration de l’accessibilité avec l’installation d’ascenseurs, et création d’un parcours muséographique moderne permettant de valoriser les collections. Les abords du site seront également repensés afin de mieux l’intégrer dans le quartier, avec un projet d’embellissement et de piétonisation de la rue Forville.
Ce futur musée rendra hommage à Victor Tuby, figure majeure de la culture provençale, qui consacra sa vie à la défense de la langue, des traditions et de l’identité régionale. Installé dans ce lieu qu’il avait lui-même conçu comme une maison-musée, il y avait rassemblé une collection remarquable d’objets, de costumes et de témoignages du patrimoine provençal.
« Victor Tuby est une figure incontournable de l’histoire culturelle cannoise et l’un des artisans majeurs de la redécouverte de la culture provençale au XXᵉ siècle. Il nous semblait important de créer un musée dédié à celui qui consacra sa vie à la défense de la langue, des traditions et de l’identité de la Provence. Parce que la culture se transmet, se partage et se renouvelle, ce lieu exceptionnel permettra aux habitants et visiteurs de découvrir les aspects fondamentaux de notre patrimoine » David Lisnard.
À terme, le Moulin Forville deviendra un lieu culturel vivant, intégré au parcours patrimonial du Suquet, aux côtés du Suquet des Artistes et du Musée des Explorations du Monde. Sa livraison est prévue pour janvier 2027.
À travers ce projet structurant, la municipalité poursuit une ligne claire : faire vivre le patrimoine, renforcer l’attractivité culturelle de Cannes et transmettre aux générations futures l’histoire et l’identité d’une ville profondément attachée à ses racines.
Cannes renforce encore son ambition universitaire
Près de 2 200 m² de surface, 18 salles de cours, un amphithéâtre : David Lisnard s’est rendu la semaine dernière dans le bâtiment de l’ancien IUT, à La Bocca, actuellement en cours de rénovation par la Mairie de Cannes.
Ce site stratégique fait l’objet de travaux structurants d’envergure, avec une modernisation énergétique complète dont l’achèvement est prévu à l’été 2026.
Le chantier porte notamment sur l’étanchéité totale du bâtiment, la modernisation du système de chauffage et de climatisation, ainsi que l’installation de 80 panneaux photovoltaïques, qui couvriront à terme environ 25 % des besoins électriques du site. Une seconde phase de ravalement de façade est également à l’étude, afin de parachever la transformation de cet équipement.
Au-delà de la rénovation, l’ambition est claire : inscrire ce bâtiment dans une stratégie globale de développement de l’enseignement supérieur à l’ouest de Cannes. À court, moyen et long termes, il a vocation à accueillir des formations de grande qualité, en lien avec les besoins économiques et les filières d’avenir, notamment dans les domaines du spatial, de l’intelligence artificielle et des technologies de pointe.
L’objectif est également de mettre à disposition ces locaux modernisés au service de porteurs de projets audacieux, en lien avec la formation et l’innovation, afin de créer un écosystème dynamique, tourné vers les compétences de demain.
Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une politique engagée depuis plusieurs années pour renforcer l’offre de formation à Cannes, avec le campus Georges Méliès et le développement de l’apprentissage. Il marque une nouvelle étape, avec la volonté de faire émerger un véritable pôle universitaire attractif, capable d’accueillir étudiants, entreprises et partenaires académiques.
À travers cette initiative, la municipalité poursuit un objectif clair : faire de Cannes un territoire d’innovation, de compétences et d’opportunités pour les générations futures.
Municipales : Nouvelle Énergie arrache plusieurs villes à la gauche et s’implante dans toute la France pour 2027
Après 200 candidats élus dès le premier tour, Nouvelle Énergie poursuit sa dynamique d’implantation et félicite les très belles victoires de ses candidats, comme Guillaume Guérin à Limoges, Geoffroy Boulard dans le 17ème arrondissement de Paris, ou Anne Sattonnet à Vence.
D’autres récupèrent aussi des communes dirigées depuis longtemps par la gauche, notamment Ludovic Fagaut à Besançon, Camille Margueritte à Cherbourg-en-Cotentin, Sophie Douvry à Alençon et Lionel Zinciroglu au Kremlin-Bicêtre.
Avec près de 250 maires élus dans 74 départements. C’est le signe d’une grande vitalité politique, porteuse d’espoir pour les mois décisifs à venir.
Nos équipes municipales sortent renforcées de ce scrutin. Elles incarnent une droite libérale, indépendante et enracinée, garante de projets locaux exigeants et d’une ambition claire pour le pays, qu’elles feront vivre jusqu’à l’élection présidentielle à venir.
Une nouvelle génération d’élus, respectueuse des habitants et animée par une manière renouvelée d’envisager la politique, préfigure une nouvelle énergie pour la France. Sortis des municipales, nous sommes désormais pleinement tournés vers l’élection présidentielle, où nous porterons cette dynamique au plus haut.
Robert Ménard, David Lisnard…la rencontre des affranchis
Deux maires, deux tempéraments, deux villes, mais une même obsession : parler au réel. Valeurs actuelles a réuni Robert Ménard et David Lisnard pour une discussion dense et sans filtre sur les raisons de leurs succès, la défiance envers les appareils partisans, le retour du besoin d’enracinement et l’avenir de la droite à un an de l’élection présidentielle.
Valeurs actuelles. David Lisnard, vous avez été réélu à 81 % des voix à Cannes ; 65,6 % pour vous, Robert Ménard, à Béziers. Quelle est la recette magique ?
David Lisnard. Il n’y a pas de recette. Ou plutôt, s’il y en a une, elle tient au travail. Nous travaillons beaucoup. Nous rendons des comptes toute l’année. Nos habitants ne nous découvrent pas au moment des élections. Nous sommes les mêmes quand nous sommes candidats et quand nous ne le sommes pas. Et nous ne sommes pas des marchands de fantasmes. Nous sommes dans la réalité. Nos victoires sont celles du réalisme.
Robert Ménard. On ne triche pas avec les gens. On les aime, tout simplement. On parle à leur cœur sans les enfumer. Je suis dans une ville pauvre. Je crois que Cannes l’est aussi, contrairement aux apparences…
D. L. Nous avons effectivement un taux de pauvreté deux fois plus élevé qu’à Paris…
R. M. Exactement. Face à cela, on ne va pas expliquer aux gens qu’en tant que maire, on va les sortir de la pauvreté d’un claquement de doigts. Ce serait faux. Et ils le savent pertinemment. La politique se meurt des promesses non tenues. Je les entends, tous, à longueur de plateaux télévisés : ils promettent tout à tout le monde, tout le temps. C’est insupportable !
Les gens ne demandent pas qu’on leur raconte des craques. Ils veulent du concret. Je peux vous dire que, dans la rue, personne ne me parle de “démocratie participative”, d’union des droites ou de je ne sais quelle révolution idéologique. Mais de l’insécurité. Du ramassage des déchets. De la propreté des rues. Soit vous avez un bilan et des réponses réelles à apporter à ces problématiques du quotidien, soit vous êtes balayé dans les urnes.
Quel regard portez-vous l’un sur l’autre ?
D. L. J’ai beaucoup d’admiration pour Robert. Il a une singularité dans le paysage politique français. Et dans une démocratie qui souffre moins d’un déficit de représentation que d’un déficit d’exécution et de sincérité, il apporte beaucoup. J’ai toujours considéré Robert comme un personnage atypique, à la fois habile et authentique. Et c’est cela qui est le plus difficile : être habile sans être artificiel, être authentique sans être naïf. Nous échangeons régulièrement loin des micros. Nous avons des affinités.
Il a cette capacité incroyable à trouver la formule percutante tout en restant ancré dans ce que vivent les Français. Ce ne sont pas des éléments de langage. Je ne les supporte plus, pour tout vous dire. Si nous gagnons avec autant d’écart, si nous faisons voler en éclats les logiques partisanes dans nos communes, c’est peut-être parce qu’il y a un alignement entre ce que l’on dit, ce que l’on fait et ce que l’on est.
R. M. Absolument. Je parle assez peu aux responsables politiques. Neuf fois sur dix, je n’ai rien à leur raconter. Avec David, c’est différent. On se comprend. Mais puisqu’il a été gentil, je peux bien lui trouver des défauts. Tu es trop compliqué, David, je te l’ai déjà dit. Il faut savoir aller à l’essentiel.
Notamment sur le terrain économique. Tu es libéral – et ce mot est malheureux, parce qu’il est aujourd’hui très mal connoté. On peut être libéral sans se désintéresser des plus pauvres. Mais il faut savoir l’expliquer. C’est là que tu pèches parfois. Et il y a un deuxième défaut : tu restes empêtré dans les combines et les renoncements des Républicains…
D. L. Je te pardonne d’être parfois victime d’un prêt-à-penser politico-médiatique quand tu utilises des mots comme “libéral” ou “ultralibéral”. Les vraies gens, comme tu le dis souvent, se moquent complètement de ces catégories. À Cannes, les quartiers populaires ont voté pour moi à plus de 80 %. Ce sont les mêmes quartiers qui votaient jadis communiste ou très à gauche. Quand je leur parle de retraite par capitalisation, par exemple, ils comprennent. Ils se disent : enfin, je vais devenir propriétaire du fruit de mon travail.
C’est cela, la liberté. Et je me sens de cette même liberté à propos de LR. À tel point que, contrairement à toi, je n’ai fait allégeance à personne pour la présidentielle. Tu as dit que tu voterais pour Bruno Retailleau ? Je suis tellement libre que je me soutiens moi-même…
R. M. Tu es d’une mauvaise foi absolue. Je n’ai pas dit cela comme ça. J’ai simplement dit qu’aujourd’hui, si je devais voter pour quelqu’un, ce serait lui. Ce n’est pas la même chose. Et surtout, ne prends pas mal ce que je dis : je ne suis pas en train de t’accuser d’être aligné sur LR. Tu les bouscules suffisamment. Mais tu restes malgré tout prisonnier d’un écosystème. Qu’est-ce que tu fais encore chez eux, franchement ?
D. L. Ce que j’y fais ? J’y défends les mêmes convictions depuis des années. Je suis profondément attaché à la liberté économique, à l’ordre, à l’unité de la nation par l’éducation. Mais ta question est légitime. Lorsqu’on voit à quel point ce mouvement peut se fourvoyer, on se demande parfois si l’on ne prêche pas dans le désert…
Emmanuel Macron représente la dernière expression du vieux monde : beaucoup de technocratie, beaucoup de marketing. Il a gagné légitimement au niveau national, mais localement cela ne correspondait à rien. Il y a un besoin d’enracinement
L’étiquette politique condamne-t-elle aujourd’hui à l’échec ?
R. M. En 2027, on ne gagnera qu’en contournant les partis. À droite, les mouvements sont souvent le premier obstacle à l’émergence d’une personnalité crédible, capable de porter les idées majoritaires du pays.
D. L. Les grands partis, qui ressemblent davantage à des syndicats d’intérêts, sont devenus des handicaps. Mais pour gagner, Robert, il faut bien une organisation, une colonne vertébrale doctrinale, une capacité à repérer des talents, à fédérer des vocations. C’est pour cela que j’ai créé Nouvelle Énergie.
On assiste au niveau national à un émiettement, une décomposition de la vie politique à laquelle, tous les deux, vous semblez échapper. Jusqu’où cela peut-il mener le pays ?
D. L. Jusqu’à la violence. Elle est déjà là. Et elle peut devenir beaucoup plus généralisée.
R. M. J’ai toujours peur des grands mots. Les troubles sont là, mais la France survivra. Il y a une irresponsabilité de la part de certains politiques qui tiennent des discours apocalyptiques. Quand j’entendais Éric Zemmour pendant la campagne présidentielle, je me disais : si tout est foutu, à quoi bon ?
On a besoin de vérité, mais aussi d’horizons. Ce n’est pas le pays qui est affaibli, mais la classe politique. Le pays réel regorge de gens formidables, intelligents, engagés, courageux, qui trouvent des solutions dans leur métier, dans leur activité, dans leur vie. Notre classe politique, elle, est médiocre.
Quelle est la leçon des élections municipales ?
D. L. Là où il y a encore une communauté locale forte et un projet solide, le délitement peut être retardé. On ne regarde que la carte des grandes villes, mais il y a partout en France des communes où cela fonctionne, où des listes locales travaillent, où il y a parfois des consensus avant même l’élection. Tout n’est pas foutu. Il y a près de 900 000 Français qui ont été candidats aux municipales. C’est unique dans le monde. Et 80 % des mandats municipaux sont bénévoles. Cela dit beaucoup d’un pays plus civique, plus inventif, plus altruiste qu’on ne le croit.
La France réelle, je la vois tous les jours : elle est plus belle qu’on ne le dit. Nous devons sortir des grilles de lecture parisiennes. On regarde les grandes villes et on y voit un système qui ne sait plus très bien s’il relève du local ou du national. Depuis la fin du cumul des mandats, les partis sont devenus extrêmement déconnectés des réalités locales. Quand il y avait encore des députés-maires, des sénateurs-maires, ces “barons” locaux remontaient le terrain à Paris. Ils alertaient. Aujourd’hui, ce lien s’est largement rompu.
R. M. Moi, je ne pourrais pas être député-maire. Je ferais mal les deux. C’est aussi simple que ça. Mais je te rejoins : le tissu communal est une richesse immense. Il y a 35 000 communes. L’idée de toujours vouloir les regrouper, les fusionner, équivaut à enlever quelque chose aux gens. Le sentiment d’appartenance se trouve dans la commune. Pas dans le département, pas dans des structures abstraites.
Le reflux du macronisme localement montre-t-il ce besoin d’un retour de l’ancrage, du terroir, du pays réel ?
R. M. Encore faut-il que le macronisme ait existé localement. Je ne sais même pas ce que c’est, un “parti macroniste” sur le terrain…
D. L. Emmanuel Macron représente la dernière expression du vieux monde : beaucoup de technocratie, beaucoup de marketing. Il a gagné légitimement au niveau national, mais localement cela ne correspondait à rien. Il y a un besoin d’enracinement.
LR n’arrive pas à tendre la main franchement parce que ce parti a honte d’être de droite. Il montre patte blanche à la gauche. Il passe son temps à s’excuser d’exister.
Comment analysez-vous les bons résultats obtenus par la gauche et cette incapacité du PS ou des écologistes à couper le cordon avec Jean-Luc Mélenchon ? Sa diabolisation récente ne semble pas porter ses fruits…
D. L. La gauche avait déjà trahi le peuple avec Mitterrand. Aujourd’hui, elle trahit jusqu’à ses propres principes, notamment l’universalisme républicain. L’entrisme des Frères musulmans dans les institutions, je peux vous assurer que ce n’est pas un fantasme. Même chose avec divers lobbys faussement progressistes. Cette alliance entre wokisme et islamisme est en train d’aspirer toute la gauche dans un trou noir.
R. M. La gauche trahira toujours ses grands principes moraux si cela lui permet de sauver sa peau. On l’a vu dans les grandes villes, on le reverra encore demain. Elle trouvera toujours un moyen de s’arranger avec Mélenchon.
D. L. Mais Mélenchon n’a pas besoin de nous pour être diabolisé. Il s’est diabolisé tout seul. Il faut mesurer la portée de ce qu’on a entendu ces dernières semaines : les jeux de mots, les sous-entendus, les références. Si un responsable de droite avait tenu des propos comparables, il aurait été voué aux gémonies. C’est délirant, du jamais-vu depuis l’Occupation.
Le rejet de LFI suffit-il, à lui seul, à justifier des accords tactiques plus larges, y compris avec le RN ? On s’étonne des pudeurs de la droite…
D. L. Les consignes des partis politiques n’ont aucune prise sur les municipales. Pour ma part, pour revenir au fond du problème, face à une menace d’extrême gauche, face à une menace islamiste, wokiste, j’irai avec ceux qui sont en face, y compris le RN et toutes les forces démocratiques. Il n’y a pas d’ambiguïté là-dessus.
Mais le vrai sujet reste la présidentielle. Nous vivons dans un nouvel environnement mondial. Nous sommes à la fin de plusieurs cycles : la fin du macronisme, la fin de l’État-providence tel qu’on l’a connu, et même, d’une certaine manière, la fin d’un très long cycle occidental.
Beaucoup de partis vivent malheureusement encore dans une pensée morte, une pensée nostalgique, comme si l’on allait revenir aux Trente Glorieuses, alors que la situation impose un changement d’approche totale. Quelle est la position du RN face à la Russie ? Je les trouve plus proches de LFI que de moi. C’est certainement présomptueux, mais je souhaite pouvoir faire gagner une droite indépendante du macronisme comme du RN, RN que je viens, d’ailleurs, d’affronter victorieusement aux municipales.
R. M. Sois honnête, David : LR n’arrive pas à tendre la main franchement parce que ce parti a honte d’être de droite. Il montre patte blanche à la gauche. Il passe son temps à s’excuser d’exister. Quand je suis arrivé à Béziers, si tu osais dire qu’il pouvait y avoir un lien entre immigration et délinquance, on te traitait de fasciste. Y compris à droite !
D. L. Les choses évoluent malgré tout…
R. M. Certes, mais parce qu’ils sont contraints d’évoluer, parce qu’ils ont compris qu’ils ne peuvent plus tailler des croupières au RN sans parler d’immigration, de sécurité, d’autorité. Mais ils le font sans y croire tout à fait. Et les gens sentent cela. Il manque à la droite une personnalité capable de donner de l’envie, du souffle, une perspective claire.
Aujourd’hui, la droite n’a-t-elle pas de chef ?
R. M. Non. Il n’y en a pas. Personne ne s’impose.
D. L. C’est bien pour cela que je propose la méthode d’une primaire pour désigner une candidature pour 2027 !
Il nous faut une force, donc un leader, avant même de parler de victoire. Ce leader ne peut sortir que d’une confrontation démocratique. Et pour qu’elle soit légitime, il faut précisément qu’elle soit la plus large possible.
Sarah Knafo, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Robert Ménard, David Lisnard… ces personnalités composent-elles une forme de famille ?
R. M. Oui, à condition qu’il y ait un chef de famille. Quelqu’un qui dise : c’est comme ça et pas autrement. Quelqu’un qui tranche, qui fixe un cap, qui impose une ligne. Sur les questions économiques et internationales, les écarts sont immenses. Ce ne sont pas de simples différences qui nous divisent, mais des précipices.
D. L. On peut – et on doit – discuter avec tout le monde. Sarah Knafo a mené une campagne intelligente, habile, à Paris. Mais je te rejoins, Robert : il n’y a pas de leader naturel. Dans ce cas, la seule façon de faire émerger un chef, c’est la démocratie. Je plaide depuis des années pour une compétition ouverte. Pas un dîner entre notables. Une vraie compétition sur quatre ou cinq grands objectifs : rétablir l’ordre, maîtriser l’immigration, relancer la prospérité, refaire un État plus efficace.
Contrairement à ce qu’on peut penser, l’union ne crée pas la force. La force crée l’union. Valérie Pécresse avait, sur le papier, une très large union derrière elle en 2022. Regardez le résultat. Il nous faut une force, donc un leader, avant même de parler de victoire. Ce leader ne peut sortir que d’une confrontation démocratique. Et pour qu’elle soit légitime, il faut précisément qu’elle soit la plus large possible.
Si Gabriel Attal se pense de droite, qu’il vienne ! Il sera jugé par les électeurs. Gérald Darmanin, Éric Zemmour, Sarah Knafo sont les bienvenus. Même une personnalité comme Nicolas Dupont-Aignan doit pouvoir s’exprimer, il représente un segment électoral, des électeurs qu’on aurait tort de mépriser.
Il faut un quart de finale avant la demi-finale, le premier tour de l’élection présidentielle. Sinon, c’est l’assurance de se retrouver en 2027 avec soit un énième technocrate qui appliquera les mêmes méthodes dépassées que ses prédécesseurs, soit un duel RN-Mélenchon dont la France ne se relèvera pas.
R. M. Franchement, je n’y crois pas une seconde à ton histoire de primaire. Tu vois Édouard Philippe se ranger derrière Sarah Knafo ? Tu les vois, tous, se mettre d’accord sur une primaire ? Même sur les conditions d’accès, ils en sont incapables ! Celui qui s’imposera le fera à partir du peuple, en se faisant entendre dans le débat public, en trouvant une voix singulière.
Emmanuel Macron, quoi qu’on pense de lui – et je n’ai jamais voté pour lui – a compris cela à un moment donné. Il a contourné les appareils. Aujourd’hui, si quelqu’un veut émerger, ce ne sera ni par des accords entre partis ni par une mécanique d’appareil. Ce sera en imposant une voix.
D. L. OK, Robert, mais que proposes-tu ?
Si l’on suit votre logique, Monsieur Ménard, Éric Zemmour aurait dû s’imposer…
R. M. Précisément : son idée de départ était juste et le système a tremblé. Mais il est retombé dans ses travers et il a été sanctionné. On ne peut pas diriger une ville, encore moins un pays, si l’on n’aime pas profondément les gens. Il a des qualités, bien sûr, mais pas celle-là.
Cette élection municipale donne-t-elle une indication sur ce que sera la présidentielle ?
R. M. Elle dit qu’on peut réduire à peu de chose le RN comme LFI si l’on trouve les mots pour parler aux gens. Regardez Sarah Knafo : elle n’est pas fondamentalement en désaccord avec Éric Zemmour, mais elle a autre chose dans le ton, dans la manière de se présenter, dans l’humour, dans le charisme. Et cela change tout.
La politique, ce n’est pas un programme. C’est une personne. C’est une incarnation. Les gens doivent avoir envie de vous écouter, de vous croire, de vous embrasser dans la rue. À Béziers, on ne me parle pas d’un programme de 200 pages que personne ne lit, soyons sérieux. Pour la première fois, la grande majorité des Français se rejoignent sur le constat et les solutions. Ce qui nous manque, ce n’est pas tant le diagnostic que la manière de parler au pays.
D. L. Je serai un peu moins catégorique. Oui, la sincérité est absolument décisive. Oui, les Français sentent tout de suite si vous êtes vrai ou faux. Mais ils ne se contentent plus de l’incarnation. Ils demandent aussi le “comment”. Comment réduisez-vous l’immigration ? Comment rétablir l’ordre ? Comment remettez-vous le pays au travail et les comptes publics dans le vert ?
R. M. S’il n’y a pas un élan derrière toi, tu peux avoir le meilleur programme, ça ne changera rien.
D. L. On peut avoir les deux !
R. M. Tu vois qu’on arrive à être d’accord. Je vais venir à Cannes, on va préparer la suite.
D. L. Chiche !
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« Ce qu’on veut, c’est une vraie rupture libérale » : pourquoi David Lisnard se « libère » de LR
Confortablement réélu, le maire de Cannes veut étendre son mouvement « Nouvelle Énergie » et faire entendre sa voix singulière à la présidentielle, dans une large primaire à droite. Un article de Jérôme Cordelier paru dans Le Point.
David Lisnard claque la porte de LR. « La décision n’est pas encore complètement prise, mais cela y ressemble, précise-t-on dans l’entourage du maire de Cannes. Pour être clair, disons qu’il se libère de LR. » Pourquoi tant de précautions sémantiques ? Parce que l’homme attend d’avoir une explication en tête-à-tête avec le président du parti Bruno Retailleau, avec lequel il partage des valeurs, et le souvenir du combat partagé lors de la présidentielle calamiteuse de François Fillon. Mais la logique de rupture est enclenchée.
Pour celles et ceux qui suivent le chemin de cet homme politique énergique, créatif, pragmatique, peu enclin aux petites manœuvres d’appareil, le choix est cohérent. On percevait bien depuis un certain temps que David Lisnard se sentait décalé, voire en porte-à-faux avec les LR – qui eux-mêmes ne savent pas toujours où ils habitent.
Lisnard restait encarté par loyauté, mais il y a bien longtemps qu’il s’est mis à son compte, en lançant son mouvement « Nouvelle Énergie », qui tisse sa toile en France, et vient aux dernières municipales de l’étendre encore plus, 250 maires s’en revendiquant, dont Guillaume Guérin à Limoges ou le maire du 17e arrondissement de Paris, Geoffroy Boulard. Nouvelle Énergie affiche aussi quelques belles prises de bastions historiques de la gauche, comme Limoges, Besançon ou Alençon.
Triomphe aux municipales à Cannes
Lui-même est en position de force, ayant été reconduit par 81 % des voix à la tête de sa ville de Cannes – face à une liste RN –, un score qui fait de lui le maire le mieux élu de France dans les villes de plus de 30 000 habitants. Président – réélu haut la main – de l’Association des maires de France, Lisnard circule partout dans le pays et bénéficie de remontées de terrain, qui sortent souvent des radars des états-majors politiques.
C’est peu dire que depuis longtemps, il ronge son frein. Il nous le disait en filigrane, juste après son élection municipale triomphale. « Une droite affirmée et indépendante peut être gagnante !, nous confiait David Lisnard. Il faut que nous nous libérions, y compris au sein de LR, de tout ce conformisme étatiste, collectiviste qui nous fait perdre depuis quarante ans. Une droite indépendante, libérale, sécuritaire, portée sur les questions éducatives et scientifiques peut redresser le pays. C’est ce que je veux proposer au pays avec mon mouvement Nouvelle énergie. »
Il dit encore : « La droite doit sortir du corner, sur le ring de boxe que représente la scène politique, ne pas rester dans un angle. Ce qui compte, c’est d’avoir des convictions et de les porter. Arrêtons de nous laisser enfermer dans l’étau mortifère Le Pen/Bardella – Mélenchon. Tous ces gens-là nous proposent de rafistoler un système qui a fait son temps. Aujourd’hui, on peut porter sur le terrain politique une espérance du XXIe siècle. »
Un challenger ouvert à la primaire
S’il quitte LR, c’est, précise son entourage, pour « une divergence de fond et de stratégie ». « Je ne me sens aucun point commun avec une fausse droite que l’on retrouve aussi bien à LR qu’au RN ou chez les macronistes, ces gens qui ont voté un budget fiscaliste, la fin de la réforme des retraites, nous disait-il après le premier tour. Nous, ce qu’on veut, c’est une vraie rupture libérale. » Lisnard trace son chemin, et cultive son projet à la faveur de rencontres avec les acteurs locaux.
« Je viens du monde de l’entreprise, pas de la haute fonction publique, souligne-t-il. Ma singularité, c’est d’apporter la voix du terrain – celle des commerçants, des artisans, des maires – dans le débat national ».
Candidat à la présidentielle – il l’avait annoncé juste avant les municipales pour ne pas prendre à contre-pied les électeurs –, challenger, David Lisnard s’est toujours montré favorable à une primaire la plus ouverte qui soit, comme il l’a répété au micro d’Apolline de Malherbe sur BFMTV en annonçant son retrait du parti. Ce que les champions de la droite, Bruno Retailleau le premier, n’entendent pas.
« Les données sont claires pour 2027 : on ne peut plus aller directement en demi-finale, nous disait-il déjà début mars. Il y a une multitude de candidatures prêtes à séduire l’électorat de la droite et du centre, et personne ne se détache. Il faut donc que nous organisions un quart de finale. Mettons sur le papier les grands objectifs, nos valeurs communes, et, après, se présente et vote qui veut. C’est pourquoi j’ai plaidé pour une large primaire, des centristes de l’UDI à Reconquête. »
La main tendue à Éric Ciotti
Selon lui, « ceux qui ne veulent pas venir prennent le risque de faire perdre leur camp et de faire gagner LFI ou le RN. Je porte ma voix dans le débat parce que je suis intimement persuadé qu’il faut créer une compétition pour comparer les projets, sélectionner puis rassembler les électeurs ; sinon, nous sortirons du jeu ».
Il pourrait se rapprocher d’Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice, qui a créé son propre parti, l’UDR, et auquel il tendait la main dès le soir du second tour des municipales. « J’appelle Éric Ciotti à rompre son accord “en même temps” avec le RN et à rejoindre la droite indépendante d’Emmanuel Macron et du RN que nous représentons avec “Nouvelle Énergie”. », lançait-il dans Le Point.
Les deux voisins azuréens travaillent ensemble au département des Alpes-Maritimes depuis 2008, et s’apprécient. « On s’entend bien, on a toujours plaisir à se voir, nous confiait David Lisnard. C’est un homme qui a beaucoup d’esprit, beaucoup d’humour et qui est bien plus bon vivant qu’on ne le pense. Éric Ciotti est un professionnel, un homme très intelligent qui peut être tranchant, dur, un esprit vif qui peut se laisser emporter par le conflit dans sa vie politique, alors que dans le privé il est beaucoup plus nuancé. Il ne faut jamais le sous-estimer, jamais, je l’ai toujours dit ». Comme David Lisnard.
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