Mariage, OQTF, impuissance de l’État : David Lisnard demande une réforme claire
Face au conflit juridique opposant le maire de Chessy à l’État autour d’un mariage impliquant un ressortissant visé par une OQTF devenue caduque, David Lisnard a écrit au Premier ministre.
Sa demande est simple : clarifier la loi.
Depuis le printemps 2025, le maire de Chessy refuse de célébrer un mariage après avoir signalé la situation au parquet. La justice lui a ordonné de procéder à la célébration, assortissant sa décision d’une astreinte de 500 euros par jour. Dans le même temps, l’État n’a pas exécuté l’OQTF initialement prononcée. Résultat : une confusion juridique et une mise en tension directe d’un élu local.
Pour David Lisnard, cette situation illustre un problème plus profond : l’État prend des décisions qu’il n’assume pas jusqu’au bout et laisse les maires gérer les conséquences concrètes.
Dans sa lettre au Premier ministre, il rappelle que plusieurs initiatives parlementaires ont déjà tenté d’apporter une réponse, sans aboutir. Il appelle désormais à une modification législative rapide pour « apporter une réponse claire et de bon sens à une situation incompréhensible pour de nombreux maires ».
Le sujet n’est pas idéologique. Il est institutionnel.
Un maire n’est ni juge, ni préfet, ni officier d’exécution des décisions migratoires de l’État. Il ne peut pas être placé dans une zone grise juridique, exposé à des sanctions financières, parce que l’État n’a pas exercé pleinement ses propres compétences.
Pour Nouvelle Énergie, l’autorité publique suppose d’abord la cohérence.
Quand l’État décide, il doit exécuter.
Quand la loi est floue, elle doit être clarifiée.
Les maires demandent une chose : de la responsabilité, de la clarté et du respect des fonctions de chacun.
« Quand un manuel scolaire incite les élèves à faire moins d’enfants pour sauver la planète »
Selon le manuel de référence édité par Nathan, la solution la plus efficace pour sauver la planète, est d’avoir «un enfant de moins». Pour le président de Nouvelle Énergie, cet ouvrage dévoile un programme militant visant à formater des choix existentiels sous couvert de science. Une tribune de David Lisnard parue dans Le Figaro.
L’instruction de nos enfants est de plus en plus polluée. Les lycéens qui doivent étudier les « sciences de la vie et de la terre », à partir du manuel publié par Nathan en 2020, y trouvent un graphique recensant les « solutions de réduction des émissions de carbone » , dont « vivre sans voiture », « éviter un vol transatlantique », « recycler » ou « changer d’ampoules ». Pour nos pédagogues idéologues, cela est bienvenu mais très insuffisant car ils placent en tête de liste l’« action » la plus « efficace », et de loin, pour sauver la planète : « avoir un enfant de moins » !
Tel est le message de l’Éducation nationale. L’avenir écologique passerait d’abord par la raréfaction des naissances. Ni science ni vie, en somme, dans ce manuel. L’école de la République, dont la mission est de transmettre des savoirs et former l’esprit critique, se fait ici le relais d’un endoctrinement malthusien où la naissance d’un enfant n’est plus à la fois une évidence naturelle et la première des joies, mais une nuisance à éviter.
Un tel bourrage de crâne est dramatique en milieu scolaire, là où devrait être forgée la raison critique et préparé l’avenir de la nation. La nécessaire neutralité des manuels scolaires cède la place à des petits livres rouge et vert. C’est d’autant plus grave que s’il est une décroissance avérée, c’est bien celle du niveau de l’instruction.
Grave sur le plan scientifique d’abord. Le visuel en question reprend une étude publiée en 2017 dans Environmental Research Letters par Seth Wynes et Kimberly Nicholas. Les auteurs y proposent une modélisation attribuant aux parents une fraction des émissions futures de leurs descendants, en supposant que chaque génération conservera durablement le niveau d’empreinte carbone actuel.
«Pour sauver la planète, ne faisons plus d’enfants et pour éviter la mort, supprimons la vie !»
Sur cette base, ils parviennent à 58,6 tonnes de CO₂- équivalent par an pour « un enfant de moins ». Or, cette étude a été invalidée dans cette même revue pour des biais méthodologiques majeurs : double comptage des émissions entre générations, projection sur plus de cinq siècles à niveau d’émissions constant, exclusion des trajectoires de décarbonation. En recalculant avec des hypothèses réalistes, d’autres chercheurs aboutissent à un impact de 1 à 2 tonnes par an, soit trente à soixante fois moins. Les auteurs eux-mêmes reconnaissent que selon les scénarios de décarbonation retenus, l’impact peut être divisé par 17. Le manuel ne retient pourtant que la valeur maximale d’une hypothèse extrême, et la présente comme un fait scientifique établi.
Cette décision est grave sur le plan éthique. Wynes et Nicholas ne se contentent pas d’un calcul : ils revendiquent un projet éducatif et ciblent les adolescents, qualifiés de « catalyseurs » du changement. Ils regrettent que les programmes scolaires se limitent au recyclage et ne recommandent pas les « vrais gestes à fort impact » dont, bien sûr, la réduction des naissances. Ils ont produit des fiches pédagogiques et des infographies destinées aux cours de lycée. En ce sens, le manuel édité par Nathan applique un programme militant qui vise à formater des choix existentiels sous couvert de science. C’est scandaleux et particulièrement grave. Car c’est le libre arbitre des futurs citoyens qui est ici en jeu.
Mettre sur le même plan un comportement ou un geste technique et la naissance d’un enfant revient à ne plus envisager la vie comme une promesse, mais comme une variable d’ajustement. Un être humain n’est plus une personne, une joie, une responsabilité : c’est un flux de carbone à supprimer. Cette doxa prolonge une écologie décliniste jusqu’au sophisme ultime : pour sauver la planète, ne faisons plus d’enfants et pour éviter la mort, supprimons la vie !
L’idéologie morbide de la décroissance se répand alors que la dénatalité est devenue le fait démographique et problématique majeur de notre époque. Les deux tiers de l’humanité vivent désormais dans des pays où la fécondité est passée sous le seuil de remplacement des générations. De la Corée du Sud à la Chine, de l’Italie à l’Espagne, du Japon à l’Allemagne, les peuples vieillissent et les naissances s’effondrent. La France, longtemps épargnée par cette tendance, a basculé à son tour. En 2025, pour la première fois depuis 1945, le solde naturel est devenu négatif : 651 000 décès pour 645 000 naissances. L’indicateur de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis 1918.
Faire accroire à nos lycéens qu’une naissance puisse être néfaste à la planète, dans un tel contexte, c’est accompagner un effondrement démographique qui met en péril l’avenir même de la nation. Aucune nation ne peut sacrifier sa démographie – donc son existence – sur l’autel d’un calcul (en l’occurrence faux) utilitariste de CO₂. Ce sont précisément les générations futures qui produiront les solutions aux défis climatiques. Encore faut-il qu’elles viennent au monde.
On le voit, ce débat oppose deux visions irréconciliables de l’écologie : une écologie fondée sur l’innovation et la confiance dans l’intelligence humaine, et une écologie de la culpabilisation, qui voit dans chaque naissance une faute. Ce débat oppose surtout deux approches antagonistes de la vie humaine : une qui la voit comme une grâce, avec sa finitude et ses aspérités parfois douloureuses, l’autre qui la voit comme une pollution à éradiquer. L’écologie mérite mieux, par la science, l’investissement massif dans l’innovation et le droit international pour combattre ce qui pollue, transformer nos systèmes énergétiques, protéger la biodiversité, c’est-à-dire la vie (y compris humaine).
Enseignons à nos enfants non pas la honte d’exister, mais la joie de vivre. Non pas le renoncement, mais l’ambition. Non pas l’angoisse existentielle d’être, mais la confiance et la fierté de faire. Non pas la peur de l’avenir, mais la volonté d’inventer le leur.
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L’intelligence artificielle menace ceux qui ne pensent plus
« Utilisée comme béquille cognitive, l’IA atrophie l’esprit critique, la capacité de raisonnement autonome, l’effort intellectuel qui est le socle même de l’apprentissage », écrit David Lisnard dans sa chronique pour l’Opinion. « Le paradoxe est cruel : au moment où l’IA exige plus d’intelligence humaine, notre système éducatif en produit moins »
Le World AI Cannes Festival ouvre cette semaine sa cinquième édition au Palais des Festivals. 10 000 professionnels. 320 speakers internationaux. 220 exposants. Et une nouveauté qui dit beaucoup : le premier Sommet IA des Elus qui réunira plus de 150 maires, présidents de département et décideurs publics engagés dans la transformation numérique de leurs collectivités. L’IA est une réalité industrielle qui s’accélère. Savoir la produire, la maîtriser et l’utiliser est désormais une condition de notre souveraineté. Malheureusement, malgré des effets d’annonce grandiloquents, la France est en train de la regarder passer.
Un an après le Sommet de Paris de février 2025, où en sommes-nous ? Les 109 milliards d’euros annoncés par le président de la République étaient pour l’essentiel des promesses d’investissements privés étrangers sur cinq à dix ans. Les investisseurs français ne représentent qu’environ 6 % de l’enveloppe totale.
Mais construire des data centers en France financés par des capitaux étrangers pour faire tourner des modèles d’IA américains sur des puces Nvidia, grâce à de l’énergie nucléaire bon marché et quelques facilités d’acquisition du foncier, ce n’est pas de la souveraineté numérique. C’est de l’hébergement. Pas de la maîtrise industrielle.
Trois entreprises américaines – Amazon, Microsoft, Google – captent à elles seules plus des deux tiers du marché français du cloud, infrastructure indispensable à l’IA. Quand nos entreprises investissent dans l’intelligence artificielle, l’essentiel de la dépense remonte vers la côte ouest des Etats-Unis. Et les grands modèles d’IA générative sont quasiment tous américains ou chinois à l’exception notable du français Mistral. Comment s’en étonner ? Entre 2019 et 2024, l’Union européenne a adopté 13 000 actes législatifs contre 3 500 pour les Etats-Unis. Résultat : 23 % des start-up européennes de l’IA envisagent de transférer leur siège aux Etats-Unis.
Avec 46 % des start-up européennes de l’IA qui réalisent déjà leur principal chiffre d’affaires outre-Atlantique, cette dépendance est profonde. Mais elle n’est pas une fatalité.
En 2011, Marc Andreessen publiait dans le Wall Street Journal un essai devenu prophétique : « Software is eating the world. » Il avait raison. Pendant quinze ans, le logiciel a dévoré le monde, et nous avons accepté d’être dévorés. Les plateformes américaines ont capté la valeur, les données, les talents. Nous sommes devenus une colonie numérique. Mais le paradigme est en train de basculer. L’IA sait désormais écrire du code et elle le fait de mieux en mieux. La rareté n’est plus dans la capacité technique de coder. Elle est dans la vision, la culture, le discernement. Autrement dit, dans l’intelligence humaine. C’est une fenêtre de tir historique. A condition d’avoir les cerveaux pour s’y engouffrer.
IA et déclassement scolaire
Or, le déclassement scolaire français est documenté et massif depuis le début du siècle.
L’IA générative arrive dans ce contexte de fragilité intellectuelle. Utilisée comme béquille cognitive, elle atrophie l’esprit critique, la capacité de raisonnement autonome, l’effort intellectuel qui est le socle même de l’apprentissage.
Ce qui fait la supériorité de l’homme sur la machine n’est évidemment pas la vitesse de calcul. C’est le jugement. C’est la capacité de douter, de questionner, de refuser une réponse toute faite.
Grâce à la logique d’Aristote, qui nous a appris à structurer un raisonnement et à identifier un sophisme. Grâce au doute méthodique de Descartes, qui enseigne à ne rien tenir pour acquis. Grâce à Montaigne, qui fait de l’incertitude le point de départ de la pensée. Grâce à Pascal, qui distinguait l’esprit de géométrie – le calcul – et l’esprit de finesse – le jugement – et savait qu’on a besoin des deux. Grâce aux Lumières, qui ont érigé la raison critique contre l’argument d’autorité.
Les humanités ne sont pas un luxe de l’ancien monde. Elles sont l’armature intellectuelle du nouveau.
Le paradoxe est cruel : au moment où l’IA exige plus d’intelligence humaine, notre système éducatif en produit moins.
Médecine, environnement, service public : c’est l’IA qu’on ne voit pas qui change la donne
D’autant plus que l’IA la plus transformatrice est celle qu’on ne voit pas et qui change la donne : prédictive, embarquée, couplée à des capteurs, à la robotique, aux biotechnologies.
En médecine, des modèles de diagnostic précoce des cancers dépassent 90 % de précision. AlphaFold, qui a valu le Nobel de chimie 2024, prédit la structure des protéines et en conçoit de nouvelles, accélérant la découverte de molécules thérapeutiques. Dans l’industrie, la maintenance prédictive, la robotique collaborative, l’optimisation logistique transforment déjà les chaînes de production. En environnement, l’IA affine la modélisation climatique, optimise la consommation énergétique, détecte les pollutions.
Jusque dans le service public, la démonstration est parlante. Car l’IA n’est pas seulement une promesse pour la recherche de pointe ou les géants de la tech. C’est un levier immédiat de simplification et de performance de l’action publique.
A Cannes, nous avons développé un jumeau numérique en 4D pour suivre les 15 000 arbres du patrimoine arboré de la ville, contre 200 suivis physiquement auparavant. Des caméras embarquées sur les véhicules de voirie analysent l’état des chaussées en temps réel et programment les réparations. Sur le réseau de bus, des capteurs prédictifs détectent les défaillances mécaniques invisibles à l’œil nu. Dans la collecte des déchets, une IA identifie automatiquement les produits dangereux et a réduit de 220 tonnes les refus de tri. Et l’IA générative, loin du gadget, a divisé par dix le temps de production des rapports de délégation de service public.
Au final, un service public plus rapide, moins cher pour le contribuable, plus qualitatif pour l’usager et un travail plus intéressant pour l’agent.
Cinq critères pour une IA au service de l’intérêt général
L’IA au service de l’intérêt général suppose cinq choix clairs :
Relever massivement le niveau éducatif. Pour résister aux réponses instantanées, aux certitudes algorithmiques, il faudra des esprits formés au doute méthodique, à l’argumentation, à la distinction entre le vrai et le vraisemblable.
Former à tous les niveaux. BTS, CFA, formation continue, reconversions professionnelles : l’IA ne doit pas être réservée aux bac+5.
Faire confiance au local. De l’écosystème Sophia Antipolis–Côte d’Azur, au WAICF à Cannes, l’innovation se construit par le bas, par les collectivités, les entreprises locales.
Produire et non pas seulement réguler. Il est temps de créer une véritable DARPA européenne, et de la financer sur fonds européens, pas uniquement sur des capitaux étrangers.
Libérer l’innovation. Simplifier drastiquement la réglementation, accélérer les procédures, cesser de surtransposer les directives européennes, mettre en place des bacs à sable réglementaires pour tester sans risque juridique.
L’IA peut libérer ou asservir, éclairer ou abrutir. Le danger n’est pas qu’elle devienne plus intelligente que nous, mais que nous devenions plus bêtes avec elle. Le choix dépend donc de notre capacité à former, produire, innover, et à penser. Le WAICF à Cannes existe pour cela : rappeler que c’est l’homme, instruit et libre, qui doit en rester le maître. Ainsi va la France.
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« L’État-providence, c’est la mort » : à Cannes, les confidences du candidat Lisnard
Le patron des maires de France mène une campagne énergique, même s’il a été réélu en 2020 avec 88 % des voix au premier tour. Un reportage de Jérôme Cordelier paru dans Le Point.
Au volant de sa vieille Lexus – « 17 ans d’âge, achetée d’occasion », précise-t-il –, David Lisnard file le long de la Méditerranée. La voiture est bourrée de bons vieux CD pop-rock (Ramones, The Clash, Hendrix, Motörhead, Feu ! Chatterton, et on en passe…), passion que le conducteur cultive avec la délectation d’un entomologiste. Le paysage invite, lui, à la contemplation, mais l’heure n’est pas au « road-trip »
David Lisnard en conquête
David Lisnard vient de plonger dans la campagne municipale, et il reste un mois avant le premier tour (15 mars). Ayant été réélu en 2020 dès le premier scrutin avec plus de 88 % des suffrages face à quatre listes, on pourrait penser que le marathonien se lance dans une course de santé. Que nenni !
D’abord, ce n’est pas le genre de ce politique quinquagénaire fougueux, voire sanguin, en conquête. Ensuite, parce que le terrain politique s’apparente ces temps-ci aux sables mouvants. « Les 88 % de 2020, c’était un score atypique et anormal, observe David Lisnard. Jamais aucun maire de Cannes auparavant n’avait été élu au premier tour. Il n’y a jamais de stock de voix. En politique, rien n’est jamais acquis. On repart de zéro. Et le contexte national perturbe les élections locales ».
La voiture se faufile dans les rues de la Bocca – qui rassemble 30 000 des 75 000 habitants de Cannes intra-muros – et déboule dans le vaste parking (bientôt 374 places, avec deux heures de stationnement gratuites chaque jour, et trois heures le week-end), au cœur d’une immense opération de requalification immobilière que le maire mène : nouvelles halles, un jardin de 3-000 mètres carrés – avec 174 arbres et… plus de 70 caméras de vidéosurveillance… Fierté lisnardienne.
« Je ne suis pas anti-bagnoles, je crois même en l’avenir de la voiture », glisse l’édile, vantant dans la foulée la saine gestion de la ville : « Nous avons progressé sur les investissements et les équipements, en multipliant par dix sur dix ans notre capacité d’autofinancement, en réduisant la dette de 82 millions d’euros et les dépenses de fonctionnement de 55 millions, alors que l’État a prélevé plus de 250 millions d’euros sur les finances de la ville ».
Marottes lisnardiennes, que le candidat répète devant la foule de ses partisans se pressant sur le trottoir pour l’inauguration de sa permanence de campagne, dans un discours offensif amorcé au son de « Passenger » du groupe londonien post-punk Siouxsie and the Banshees. Ce n’est pas pour rien que Lisnard a baptisé son mouvement politique « Nouvelle Énergie ». Et il a beau être roi en son domaine, il ira, qu’on se le dise, chercher chacun des électeurs cannois avec les dents. En commençant par ceux de La Bocca, quartier populaire que drague le RN, où il a installé son QG.
Alors, il martèle ses credo. La sécurité, s’enorgueillissant d’avoir le réseau de vidéosurveillance le plus dense de France (une caméra pour 76 habitants) : « Que l’on me donne le pouvoir en tant que maire d’expulser les familles de délinquants, et vous verrez. Virer les voyous des HLM, c’est permettre aux gens bien de se loger ! ».
Le civisme : « Chacun pense et croit à ce qu’il veut à condition qu’il respecte le drapeau français ». La culture et l’éducation, lui qui a poussé l’enseignement du latin et du grec dans les écoles de la ville. Les dérives bureaucratiques : « L’État n’a pas été créé pour nous dire combien de fruits et légumes nous devons manger par jour ou pour expliquer comment nous devons éduquer nos enfants, mais pour assurer l’autorité régalienne, sur la sécurité intérieure et extérieure ».
L’homme qui secoue la droite française électrise son auditoire. « J’ai une vraie radicalité, que j’assume, nous confie David Lisnard. Car pour moi, l’État-providence, c’est la mort ! Quarante ans de social étatisme et de laxisme sécuritaire, ça suffit ! Il faut donner de la liberté à ceux qui produisent et avoir de l’autorité contre ceux qui nuisent ».
L’homme est « concentré », dit-il, sur les échéances locales – il présentera son projet le 19 février à La Licorne, grande salle cannoise, fort « d’un bilan solide et d’une équipe soudée ». Celui qui est maire de Cannes depuis 2014, après avoir été l’indispensable premier adjoint de son prédécesseur, Bernard Brochand, repart au feu avec l’allant du débutant.
« Ce qui me passionne, c’est l’action concrète, l’exécution, savoure-t-il, j’adore le mandat municipal qui est le seul à permettre de poser une vision et de la réaliser en lien direct avec les habitants. J’ai refusé plein de propositions au gouvernement, au Sénat parce que je voulais rester maire à plein temps. Mon moteur, c’est de transformer le quotidien ».
Ses opposants l’attaquent sur ses appétits nationaux. On ne peut pas faire procès à Lisnard, qui préside – depuis quatre ans – la puissante Association des maires de France et monte en puissance dans le débat national, d’en faire mystère. Et qu’on ne vienne pas le chercher là-dessus.
« C’est un faux débat souvent alimenté par le microcosme, s’enflamme l’intéressé. Pourquoi un maire n’aurait-il pas le droit d’avoir une ambition nationale alors qu’on ne pose pas la question aux parlementaires ou aux technocrates ? Je viens du monde de l’entreprise, pas de la haute fonction publique. Ma singularité, c’est d’apporter la voix du terrain – celle des commerçants, des artisans, des maires – dans le débat national. Pour Cannes, avoir un maire dont la voix porte à Paris est un atout majeur afin de faire avancer les dossiers locaux. Et les Cannois, je peux vous dire, sont plutôt fiers de voir l’un des leurs ainsi réussir ».
Une ambition n’empêche pas l’autre. « Plus je suis présent au national, plus je suis sur le terrain à Cannes, c’est presque obsessionnel » , lâche-t-il. Mais derrière l’élu local, le candidat à la présidentielle bouillonne. « Les données sont claires pour 2027 : on ne peut plus aller directement en demi-finale, constate David Lisnard, quand on le titille sur le sujet. Il y a une multitude de candidatures prêtes à séduire l’électorat de la droite et du centre, et personne ne se détache. Il faut donc que nous organisions un quart de finale. Mettons sur le papier les grands objectifs, nos valeurs communes, et, après, se présente et vote qui veut. C’est pourquoi j’ai plaidé pour une large primaire, des centristes de l’UDI à Reconquête. Ceux qui ne veulent pas venir prennent le risque de faire perdre leur camp et de faire gagner LFI ou le RN. Je porte ma voix dans le débat parce que je suis intimement persuadé qu’il faut créer une compétition pour comparer les projets, sélectionner puis rassembler les électeurs ; sinon, nous sortirons du jeu ».
Éric Ciotti le soutient
Pour ces municipales, Lisnard a face à lui une liste d’union de la gauche conduite par le socialiste Michel Hugues et aussi une liste RN menée par Lucas Mussio. Le mouvement lepéniste n’était pas représenté en 2020. « Mais nous avons fait plus de 46 % des voix aux dernières législatives, il y a donc une demande pour l’alternance », affirme le candidat, conseiller en gestion de patrimoine, trentenaire engagé au RN depuis trois ans seulement.
Il part à la bataille sans l’allié Éric Ciotti, qui a pris fait et cause pour David Lisnard. « Nous travaillons ensemble depuis 2008 au département, je l’avais soutenu pour la première fois en 2014, j’éprouve de l’amitié pour lui, c’est un élu de grande qualité, il n’était pas envisageable de ne pas le soutenir, appuie le Niçois. Notre mouvement présente 80 listes lors de ses municipales, nous avons un accord systématique avec le RN, à trois exceptions, dans les Alpes-Maritimes, par amitié, à Cannes, A Antibes pour Jean Leonetti, et à Grasse, pour Jérôme Viaud ».
Dans sa vieille Lexus, David Lisnard devrait rouler avec « The Clash » à fond les ballons.
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Réseaux sociaux : « L’interdiction est le dernier refuge de l’impuissance publique »
Pendant vingt ans, l’Etat a laissé les géants de la tech installer des modèles économiques fondés sur l’addiction des mineurs. Aujourd’hui, il répond par une interdiction aussi dérisoire qu’inefficace, dénoncent David Lisnard et Constance Nebbula, vice-présidente de la région Pays de la Loire, dans une tribune parue dans Les Échos.
L’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi instaurant une interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Face à l’anxiété juvénile, au cyberharcèlement, à l’érosion des capacités d’attention, la solution serait enfin trouvée. Pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ?
Ce qui est présenté comme un acte de courage n’est en réalité qu’un aveu de faiblesse. Ce n’est pas un décret qui va nous permettre de résoudre un problème de société.
Nous partageons le diagnostic. Personne ne peut ignorer les ravages d’une exposition précoce aux écrans ni les mécanismes d’addiction du scroll infini. La réalité clinique est documentée : troubles du sommeil, sédentarité, pollution cognitive qui fragilise la construction de l’esprit critique.
Une réponse du siècle dernier
Les algorithmes de gratification immédiate saturent le temps de cerveau disponible de nos enfants. Le cyberharcèlement poursuit les adolescents jusque dans l’intimité de leur chambre et peut conduire au pire. Et le pire doit évidemment être évité. Mais si le diagnostic est juste, le traitement est mauvais. L’interdiction est ici une réponse du siècle dernier à un défi d’aujourd’hui.
L’histoire devrait pourtant nous instruire. L’imprimerie, le théâtre, le cinéma, la télévision : chaque nouveau moyen d’expression a été perçu en son temps comme une menace pour l’ordre moral et la jeunesse. À chaque fois, le pouvoir a voulu contenir ce qui semblait lui échapper. À chaque fois, c’est l’éducation qui a fini par l’emporter sur la prohibition.
Depuis l’explosion d’Internet dans les foyers au début des années 2000, qu’a fait l’Etat pour anticiper la transformation numérique de notre société ? Pendant que les géants de la tech bouleversaient notre rapport au savoir et à autrui, la puissance publique a traité le sujet comme une question périphérique et simplement technique. On a laissé s’installer des modèles économiques fondés sur la prédation attentionnelle sans jamais en interroger les fondements.
Une illusion technique
Le réveil est brutal. Et la réponse, dérisoire. Prétendre ériger une frontière administrative entre nos adolescents et TikTok est une illusion technique. Le texte voulu en procédure accélérée par le Président de la République n’indique aucune méthode de contrôle d’âge du côté des plateformes. On connaît la suite : fausses dates de naissance, cases à cocher, contournements techniques.
Six mois après l’entrée en vigueur du dispositif d’obligation de vérification d’âge pour les sites pornographiques, plus d’un tiers des internautes reconnaissent déjà avoir contourné la vérification, notamment grâce aux VPN, dont certains fournisseurs revendiquent des hausses spectaculaires d’abonnements après les premiers blocages de sites. Pourquoi en irait-il autrement pour les réseaux sociaux ?
Légiférer dans le vide pour obtenir un effet d’annonce ne fait que nourrir la défiance envers une parole publique dont la crédibilité est chaque jour un peu plus entamée.
Plus inquiétant encore : la logique de l’interdiction conduit inévitablement vers un contrôle d’âge généralisé, puis vers une vérification d’identité pour tous. Toute infrastructure de contrôle finit par servir d’autres fins que celles qui ont justifié sa création. Au motif de protéger les mineurs aujourd’hui, on pose les fondements d’un traçage numérique de masse.
Ce glissement menace les libertés fondamentales.
C’est aux familles d’exercer cette autorité
Le discours ambiant culpabilise les familles légitimement dépassées. C’est une injustice. Les parents n’ont pas démissionné ; ils ont été jetés sans boussole dans un tsunami numérique. Mais l’Etat peut-il et doit-il se substituer à l’autorité parentale ? En interdisant, on déresponsabilise. En éduquant, on libère. Les outils de contrôle parental n’ont jamais été aussi efficaces. C’est aux familles d’exercer cette autorité, c’est à l’Etat de les y inciter et non de s’y substituer.
La focale doit changer de cible. Le courage, ce n’est pas dans ce cas l’interdiction pour tous, mantra de ceux qui renoncent, mais l’interdiction de ce qui nuit aux autres. Que l’Etat l’exerce contre les pratiques abusives, opaques et dangereuses des entreprises de réseaux sociaux. Et pour la protection de nos enfants, le courage, c’est la responsabilité, l’éducation et l’exigence.
Il faut casser le modèle de l’addiction. Ce n’est pas l’accès qu’il faut interdire, mais les mécanismes prédateurs — scroll infini, notifications intrusives, publicité ciblée — qui doivent être proscrits pour les mineurs, en imposant aux plateformes un design protecteur par défaut : pagination obligatoire, notifications désactivées, publicité non ciblée. De même, il revient aux parents de combattre ces mécanismes au quotidien et à la puissance publique de s’y atteler auprès des professionnels.
L’enjeu est de bâtir une école du discernement : l’éducation au numérique est fondamentale. Apprendre à hiérarchiser l’information, à déceler la manipulation, tout en formant les parents aux outils dont ils disposent.
C’est une volonté politique du temps long. Mettre fin à l’impunité : ce qui est interdit dans la rue doit l’être sur Internet. L’anonymat n’existe pas sur Internet. L’Etat dispose des moyens techniques et légaux pour identifier et poursuivre sans délai ceux qui se cachent pour cibler et détruire de façon infractionnelle. Qu’il les utilise.
Nos jeunes ont besoin de limites, d’interdits aussi bien sûr, essentiellement de leurs parents, et ils ont besoin de repères. Ne leur fermons pas les portes du monde ; apprenons-leur à le traverser sans s’y perdre. La protection de notre jeunesse ne passera pas par moins de liberté, mais par plus d’apprentissage de la responsabilité et de transmission.
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Élections municipales : Nouvelle Énergie dévoile une quatrième liste de candidats
Le Comité National d’Investiture de Nouvelle Énergie, présidé par Geoffroy Boulard, annonce une quatrième liste de personnalités candidates aux élections municipales de mars 2026.
Le Comité National d’Investiture de Nouvelle Énergie, présidé par Geoffroy Boulard, annonce une quatrième liste de personnalités candidates aux élections municipales de mars 2026, à la suite de celles communiquées le 9 décembre 2025, le 15 janvier 2026 et le 28 janvier 2026.
Selon les différents contextes propres à chacune des situations locales, ces candidats ont vocation à être têtes de liste Nouvelle Énergie ou bien chefs de file, habilités à l’élaboration des projets et à la constitution d’équipes municipales.
Toutes ces personnalités s’engagent à œuvrer dans des perspectives d’union, afin, soit de consolider l’action municipale des équipes sortantes en phase avec nos principes politiques fondamentaux, soit de permettre une alternance forte.
Une dernière liste, récapitulative des investitures, chefs de file et de soutiens suivra très prochainement.
I. Reçoivent l’investiture de Nouvelle Énergie pour les élections municipales :
Cannes (06) : David Lisnard
Eauze (32) : Michel Gabas
Pontchâteau (44) : Michel David
Saleilles (66) : Fabrice Rallo
Herblay-sur-Seine (95) : Philippe Rouleau
II. Sont désignés chefs de file de Nouvelle Énergie pour mener les discussions relatives au projet et aux constitutions de liste dans leur commune :
Caen (14) : Ludwig Willaume
Dijon (21) : Bruno David
Thionville (57) : Lucas Grandjean
Brétigny-sur-Orge (91) : Clément Margueritte
III. Reçoivent également le soutien de notre parti :
Menton (06) : Louis Sarkozy
Meylan (38) : Sandrine Chaix
Vitry-le-François (51) : Sébastien Mirgodin
Nevers (58) : Baptiste Dubost
Colmar (68) : Éric Straumann
Levallois-Perret (92) : Agnès Pottier-Dumas
« Ma seule préoccupation, c’est que Cannes gagne » : David Lisnard annonce sa candidature aux élections municipales à Cannes
David Lisnard a choisi l’antenne de Cannes Radio pour officialiser sa candidature à l’élection municipale des 15 et 22 mars prochains. Une annonce sans mise en scène inutile, mais avec une ligne claire : poursuivre le travail engagé, continuer à faire avancer Cannes, de développer la ville dans tous les quartiers et de faire en sorte que chaque individu puisse se sentir à sa place à Cannes.
Depuis la permanence cannoise de Nouvelle Énergie, David Lisnard parle en homme ancré. Il ne parle pas de Cannes de l’extérieur, mais de l’intérieur. Il y vit, ses enfants y sont nés, et il assume pleinement ce que représente la fonction de maire. Il n’est pas issu de la classe politique mais il est un habitant parmi les habitants, mandaté par les habitants.
Être maire, explique-t-il, n’est pas une posture ni un tremplin. C’est un choix de vie, exigeant, total, quotidien. Une conviction qu’il résume par une devise qu’il revendique depuis des années : vivre, c’est servir.
Une méthode claire, des résultats assumés
S’il sollicite à nouveau la confiance des Cannois, David Lisnard le fait avec une méthode qu’il assume pleinement. Il la résume simplement : solidité des valeurs, solidité de l’action, solidité des résultats. Cette exigence se traduit d’abord dans la gestion financière de la ville. Pour lui, la rigueur budgétaire n’est pas une idéologie, mais une condition indispensable de l’action publique. L’orthodoxie financière n’est pas une fin en soi, mais elle est incontournable.
Depuis 2014, la dette communale a été réduite de 82 millions d’euros. Plus de 55 millions d’euros d’économies de fonctionnement ont été réalisés. Les impôts locaux ont été baissés de 3,6 % en 2025, tout en maintenant un haut niveau d’investissement. Pour David Lisnard, la confiance ne se décrète pas : elle se construit dans le temps, par la constance et la fiabilité des décisions.
Logement : répondre à la réalité cannoise
Sur le logement, il tient un discours lucide. Cannes présente une situation spécifique, avec plus de 18 % de logements sociaux, soit le taux le plus élevé parmi les communes littorales des Alpes-Maritimes. Mais le logement ne se résume pas à la seule production de logements sociaux.
Les politiques nationales ont découragé les propriétaires et raréfié l’offre. Défendre la propriété, rappelle-t-il, c’est aussi défendre les locataires. À Cannes, l’enjeu est désormais clair : permettre aux classes moyennes, aux jeunes actifs et aux familles de se loger durablement dans un contexte de forte tension immobilière.
Jeunesse, formation, campus : préparer l’avenir
La jeunesse est au cœur du projet. David Lisnard met en avant le développement du campus universitaire Georges Méliès à La Bocca, dédié aux industries créatives et audiovisuelles. Cannes est devenue une ville étudiante, et il en fait l’une de ses grandes fiertés.
L’objectif est simple : permettre aux jeunes de se former à Cannes, d’y construire leur avenir et de participer à son dynamisme économique. De nouvelles formations et écoles sont en cours de création pour répondre aux métiers de demain.
Des projets déjà posés, avant la présentation du programme complet
Avant la présentation détaillée de son programme lors d’une prochaine réunion publique, David Lisnard a évoqué plusieurs projets structurants. La qualité de vie reste le fil conducteur.
À La Bocca, il confirme la poursuite des grandes transformations engagées, avec l’aboutissement de la place Roubaud et de son grand parking souterrain, ainsi que la poursuite du projet Nouvelle Frayère. Il annonce également le lancement rapide, en concertation avec les habitants, de la rénovation du secteur Maréchal-Juin, et la poursuite des aménagements sur l’avenue de Grasse et dans le secteur République.
Il confirme aussi l’entrée dans une phase active de transformation de la Croisette, avec des aménagements de surface et une piste cyclable, ainsi que l’extension du réseau cyclable de huit kilomètres supplémentaires.
Concernant les grands équipements, il réaffirme son attachement au marché Forville, qu’il décrit comme « le ventre et le cœur de Cannes », assumant les difficultés du chantier tout en défendant un projet indispensable à sa pérennité.
Enfin, il évoque deux projets majeurs : le lancement d’une étude approfondie sur la voie rapide afin de l’embellir, la végétaliser et la rendre plus esthétique, et la réhabilitation du funiculaire de la Californie, projet ambitieux, conditionné à la maîtrise foncière privée, abordé avec prudence et sobriété financière.
Culture, écologie et cadre de vie
Cannes continue de faire de la culture un pilier de son identité et de son attractivité. Pour David Lisnard, la culture est à la fois émancipation, cohésion et moteur économique.
Sur l’environnement, il défend une écologie pragmatique et de résultats : protection de la Méditerranée, sanctuarisation des espaces naturels, développement de zones agricoles et de jardins partagés, végétalisation de la ville, lutte contre les inondations, réduction du béton et développement des mobilités douces. Il souhaite également renforcer la place de l’animal en ville, avec des actions plus ambitieuses et des partenariats associatifs renforcés.
Sécurité : une priorité assumée
La sécurité reste un enjeu central. David Lisnard rappelle que le maire n’est qu’un maillon de la chaîne régalienne, mais il assume pleinement le fait qu’à Cannes, la municipalité est devenue un maillon fort. Police municipale renforcée, agents mieux formés et armés, vidéoprotection, dispositifs d’alerte, lutte contre les incivilités : autant d’outils au service de la tranquillité publique.
Sa ligne est claire et constante : sans sécurité, il n’y a pas de qualité de vie.
Une parole nationale, utile à Cannes
David Lisnard assume aussi sa visibilité nationale et la défense d’idées qu’il juge nécessaires au redressement du pays. Loin d’être un détour, cette parole est pour lui un levier : être entendu au niveau national permet aussi de mieux défendre Cannes et ses intérêts.
Un appel à la mobilisation
Enfin, il appelle les Cannois à la mobilisation. Une élection n’est jamais acquise d’avance. Le matin du scrutin, les urnes sont vides. Dans un contexte national susceptible de brouiller les enjeux locaux, il appelle les Cannois à se rendre aux urnes dès le 15 mars.
L’enjeu est simple : préserver la solidité, la stabilité et l’élan de Cannes.
Cannes, dit-il, est un choix du cœur.
Un choix qu’il soumet, une nouvelle fois, aux Cannois, pour que Cannes Gagne.
«Sans sécurité, il n’y a pas de qualité de vie !» : l’alerte de David Lisnard sur l’état des communes
Finances contraintes, normes absurdes, insécurité : les communes tiennent en première ligne. Mais David Lisnard alerte sur l’épuisement du modèle communal. Un entretien paru dans le JDD.
Le JDD. Quel est l’état de santé des villes et villages au bout de ce mandat ?
David Lisnard : Beaucoup de communes françaises ont fait preuve de solidité. Covid, émeutes, inflation, instabilité politique : à chaque crise, les maires et leurs équipes ont assuré la continuité du service public et le lien avec les citoyens. Lorsque l’État est défaillant, les maires sont le dernier rempart et apportent des solutions. Les Français le savent : 70 % leur font confiance. C’est le seul échelon qui conserve ce niveau de légitimité. Derrière cette solidité se cache cependant un étranglement financier des collectivités, avec 82 milliards d’euros de dotation prélevés depuis 2010 par l’État, le dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités (Dilico) et autres ponctions qui pénalisent l’innovation locale et entretiennent le pouvoir central dans sa gabegie.
Malgré cela, les communes votent des budgets à l’équilibre. À Cannes, nous avons baissé les impôts locaux de 3,6 % en 2025, et la dette de 81,7 millions d’euros en dix ans. Le poids des normes continue aussi de s’accroître. Ces difficultés à agir sont d’ailleurs la première cause de découragement. Il y a eu 40 démissions de maires par mois sur cette mandature, un record. Les communes tiennent, mais ça ne durera pas indéfiniment. Leur état de santé dépendra de la capacité de l’État à se recentrer sur ses missions, libérer la société et cesser sa défiance envers les élus locaux, c’est-à-dire les Français.
Faut-il globalement donner plus de pouvoirs aux maires et aux intercommunalités ?
Oui. S’il ne s’agit pas de la caricature qu’on nous sert depuis des années. Ce que nous vivons est une recentralisation déguisée. Plusieurs lois ont ajouté des strates, éloigné les décisions et consacré le culte du gigantisme administratif. Décentraliser ne signifie pas transférer sans moyens les compétences que l’État a lui-même sabordées. Le logement ? Sinistré par vingt-cinq ans de lois contradictoires. La santé ? Désertifiée par la planification bureaucratique. L’État casse, puis délègue les décombres. La décentralisation ne doit pas être un transfert de charges, mais de pouvoir et de confiance. Les maires veulent avoir la liberté d’agir. Les normes doivent être applicables sur le terrain. Or, derrière les discours décentralisateurs, la technocratie continue de sévir. Dernier exemple parmi tant : l’obligation de supprimer toutes les places de stationnement à moins de cinq mètres d’un passage piéton, indépendamment de la configuration du site.
Le nouveau palmarès des villes et villages 2026 montre que les Français choisissent d’abord la qualité de vie, de plus en plus indissociable de la sécurité. Comment l’expliquer ?
Parce que sans sécurité, il n’y a pas de qualité de vie. L’insécurité n’est pas un sentiment, c’est une réalité, désormais partagée par l’ensemble des générations. Les Français ne demandent rien d’extravagant. Ils veulent pouvoir sortir le soir, laisser leurs enfants jouer dehors, prendre les transports en commun sans appréhension. L’insécurité, c’est une assignation à résidence qui ne dit pas son nom. Un chiffre doit nous alerter : en sept ans, l’importance accordée à la sécurité a bondi de 13 points chez les femmes. Ce n’est pas un hasard. Partout dans le monde, quand l’insécurité progresse, ce sont les femmes qui perdent leur liberté en premier. La sécurité n’est pas l’ennemie des libertés. Elle en est la condition première.
Le développement des polices municipales est spectaculaire depuis quelques années, mais ont-elles assez de moyens pour lutter contre la délinquance ? Faut-il leur donner de nouvelles prérogatives, elles qui sont au plus proche du terrain ?
La sécurité est « la » compétence régalienne. Mais face à la défaillance de celui-ci, les maires ont dû agir : + 36 % d’effectifs de police municipale en dix ans, pour un coût de 2,2 milliards d’euros par an supporté par les communes. Nous finançons la sécurité que l’État ne garantit plus. Le Beauvau des polices municipales, relancé lors du Congrès des maires de novembre 2024, a abouti fin 2025 à un texte consensuel. Ce texte permet aux communes qui le souhaitent, et le peuvent, de doter leur police municipale de plus de pouvoirs d’action, notamment sur les infractions du quotidien – celles qui pourrissent la vie des gens. Ce texte existe. Il est prêt. Il fait consensus. Il ne manque qu’une chose : que le Parlement le vote.
Le narcotrafic est de plus en plus régulièrement pointé du doigt, y compris dans les campagnes. Comment interrompre la déferlante, cela semble impossible ?
Les maires sont évidemment en première ligne, comme nous le sommes face au protoxyde d’azote sur lequel nous alertons depuis des années. L’État a été inventé pour protéger la nation, c’est sa raison d’être. Contre le narcotrafic, il faut une action totale et frontale : diplomatique sur les pays producteurs, militaire quand c’est nécessaire, judiciaire avec des peines réellement exécutées, fiscale pour assécher les flux d’argent sale. C’est aussi un sujet sanitaire. Et les consommateurs doivent être sanctionnés. Il faut également protéger notre jeunesse par de la prévention. Localement, nous devons avoir le pouvoir de fermer les commerces qui blanchissent, supprimer toutes les aides publiques aux trafiquants et à leurs familles complices, sortir les dealers des logements sociaux.
La santé est centrale dans le palmarès. Comment attirer les médecins quand certaines communes leur offrent tout sans succès ?
La vision technocratique – dont le numerus clausus fut un étendard –, l’incapacité française à proposer une politique de santé globale, avec un vrai volet prévention, la bureaucratisation des soins nous ont conduits à ce système, très coûteux en charges et impôts et de moins en moins performant. Un médecin passe 20 heures par semaine à remplir des formulaires. On ne soigne plus, on documente. Il vaut mieux guérir que cocher des cases. Et pendant ce temps, des professionnels compétents – infirmiers, pharmaciens, kinés, sages-femmes – sont bridés par un système qui leur interdit de faire ce qu’ils savent faire. Dans les déserts médicaux, ils sont souvent les seuls présents. Ils connaissent leurs patients. Ils veulent agir. On leur dit : attendez l’autorisation. Alors, oui, les maires se battent pour attirer des médecins. Locaux gratuits, logements, maisons de santé… Mais les normes tuent leurs efforts. Deux médecins généralistes obligatoires pour ouvrir une maison de santé, en zone rurale, c’est un de trop. Certaines ARS exigent 40 heures d’ouverture, donc deux temps pleins à l’accueil. Résultat : plutôt qu’ouvrir un peu moins, on n’ouvre pas.
Un serpent de mer, est-ce qu’il y a trop de communes en France ? Faut-il les regrouper pour réduire le coût de leur fonctionnement ? On vous reproche souvent de creuser la dette nationale, d’avoir trop d’employés municipaux. Que répondez-vous ?
Qu’il suffit de regarder les chiffres et pas les éléments de langage qu’on nous sert. Les collectivités respectent la règle d’or budgétaire. Elles ne s’endettent que pour investir, jamais pour fonctionner. L’État, lui, emprunte pour payer ses fonctionnaires. Résultat : la masse salariale des collectivités a augmenté deux fois moins vite que celle de l’État l’an dernier, selon la Cour des comptes. Et cela alors que les communes assument des missions croissantes, sans moyens supplémentaires. 1,9 million d’agents territoriaux assurent des services essentiels au quotidien : Atsem dans les écoles, entretien des routes, collecte des déchets, police municipale, état civil, services aux personnes âgées. Ce sont eux que les Français voient. Quant au nombre de communes : 34 800, c’est notre histoire, notre géographie. Ce maillage est une force, pas une faiblesse.
C’est lui qui permet cette proximité unique au monde entre élus et citoyens, cette capacité d’adaptation, cette démocratie de terrain. Le vrai sujet n’est pas la taille des communes, c’est la liberté et la responsabilité. C’est tout le système de l’organisation politique qui est à revoir, pour que les contribuables en aient pour leur argent, pour améliorer la performance publique. Le présupposé selon lequel plus c’est gros, plus c’est efficace est loin de se confirmer dans la réalité. Il y a toujours des dépenses à supprimer, des cas de gaspillage. C’est aux habitants de décider ce qu’ils veulent comme action communale. La dette de toutes les collectivités locales représente 9 % du PIB, un niveau stable depuis 35 ans. Pendant ce temps, la dette publique est passée de 60 % à 118 % du PIB, à cause des coûts sociaux et de l’État. Arrêtons de faire des communes les boucs émissaires de l’échec du centralisme français. L’État ne va pas mieux quand les communes vont mal.
Retrouvez cet entretien sur le site du JDD en cliquant ici.
Fête de la Croix des Gardes : un dimanche festif au cœur du poumon vert de Cannes
La Fête de la Croix des Gardes a une nouvelle fois confirmé son succès. Pour sa 9ᵉ édition, cet événement désormais bien ancré dans le calendrier local a rassemblé de très nombreuses familles, sportifs et promeneurs au cœur du principal poumon vert de Cannes, dans une atmosphère à la fois conviviale, sportive et contemplative.
Véritable trésor en pleine ville, la Croix des Gardes s’étend sur 80 hectares de végétation méditerranéenne. Sanctuarisé dans le cadre d’un Plan local d’urbanisme particulièrement protecteur, le site bénéficie d’une politique assumée de préservation des espaces naturels, qui a permis d’augmenter de 65 hectares les zones agricoles et naturelles de la commune.
Créée à l’initiative de David Lisnard, la Fête de la Croix des Gardes poursuit un objectif simple et exigeant : faire connaître ce site exceptionnel pour mieux le protéger. Année après année, l’événement attire un public toujours plus nombreux, preuve de l’attachement profond des Cannois à leur patrimoine naturel.
Ce dimanche au vert, c’était aussi le plaisir simple d’un moment suspendu. Le jaune éclatant des mimosas en pleine floraison, le bonheur de sentir le soleil sur sa peau et les effluves délicates du mimosa, les sentiers animés de rires d’enfants et de pas de sportifs. Une expérience sensorielle qui fait toute la singularité de la Croix des Gardes.
Le public a également pu retrouver la Croix emblématique au sommet de la colline, reconstruite et réinstallée en décembre 2025, conformément à l’engagement pris par David Lisnard. Repensée en fibre de carbone, plus légère et plus résistante, elle a vocation à durer dans le temps.
Espace de respiration, de sport et de partage, la Croix des Gardes s’affirme plus que jamais comme un lieu de vie à part entière. Un succès populaire qui illustre une écologie concrète, protectrice et accessible, au service des familles, des sportifs et de toutes les générations.
À Cannes, la confiance comme source vive de l’espérance
Au Palais des Festivals et des Congrès, devant plus de 2 200 personnes, David Lisnard a présenté ses vœux aux Cannois lors de la traditionnelle cérémonie de début d’année. Contraint par les règles de communication en période électorale, David Lisnard a rappelé ne pouvoir ni dresser de bilan, ni annoncer de nouveaux projets. Il a néanmoins esquissé une perspective politique et civique : reconstruire la confiance « abîmée » entre citoyens et gouvernants, et retisser ces « liens invisibles » qui fondent une communauté.
Dans une salle comble, le discours a d’abord rendu hommage à la beauté et à l’identité de Cannes, avant d’aborder un thème central, décliné tout au long de l’allocution : la confiance. « La confiance est la source vive de l’espérance », a affirmé David Lisnard, rappelant qu’elle n’est ni un slogan ni un acquis, mais un pari collectif fondé sur la liberté, la responsabilité et la conscience partagée.
S’appuyant sur les mots d’Antoine de Saint-Exupéry et sa Lettre au Général X, David Lisnard a insisté sur le caractère invisible mais essentiel de ces liens qui font tenir une civilisation. Lorsque la confiance disparaît, a-t-il souligné, tout se défait, des institutions jusqu’au lien social. Son vœu est clair : retrouver une année d’espérance, donc de confiance, d’abord en soi-même.
La cérémonie a également été l’occasion de saluer les forces vives cannoises. David Lisnard a adressé des vœux appuyés aux forces de l’ordre, aux pompiers, aux élus locaux, aux services municipaux et au tissu associatif, soulignant leur rôle central dans la sécurité, la cohésion et la qualité de vie. Il a aussi évoqué, avec franchise, certains désaccords avec l’État, notamment sur la régulation des grands paquebots de croisière et sur la réutilisation des eaux usées traitées, plaidant pour davantage de subsidiarité et de pragmatisme.
Au-delà de Cannes, David Lisnard a élargi son propos aux enjeux nationaux. Finances publiques, dette, école, justice, cohésion sociale. Il a dénoncé l’attentisme et la sur-norme, appelant à un sursaut fondé sur la responsabilité individuelle, la récompense de l’effort, la liberté de créer et une autorité régalienne pleinement assumée.
En conclusion, David Lisnard a formulé un vœu qui, selon lui, les contient tous : la liberté. Une liberté qui ne se proclame pas mais se construit et se défend. Et c’est sur cet appel à la confiance, pour Cannes et pour la France, qu’il a clos la cérémonie.