« Face aux silences complices d’une idéologie antiféministe par essence, notre devoir, de par notre modèle universaliste et en tant qu’héritiers des Lumières, est d’être l’écho de leurs voix. » David Lisnard

« Mahsa Amini, Ghazaleh Chelavi, Hananeh Kian, Mehsa Mogoi, Minu Majidi, Hadis Najafi, Nadia Arefani, Chirin Alizadeh, Hajar Abbasi, Minoo Majidi, Nika Shakarami, Sarina Esmailzadeh, Negin Salehi, Arnika Qaem Maghami, Negin Abdolmaleki, Sadaf Movahhedi, Sarina Saedi, Marzieh Doshman Ziari, Setareh Tajik, Farzaneh Kazemi, Maedeh (Mahak) Hashemi, Pegah Ghavasieh, Maria Ghavasieh, Hediyeh Naimani, Niloufar Hamedi, Elaheh Mohammadi, Vida Rabbani, Nasrin Hassani, Farkhondeh Ashoori, Farzaneh Yahya Abadi, Mandana Sadeghi, Fahimeh Nazari : elles ont toutes en commun d’avoir subi la répression extrêmement violente du régime des mollahs iraniens, pour avoir revendiqué leurs droits fondamentaux.

Beaucoup d’entre elles ont payé de leurs vies leur soulèvement contre le pouvoir théocratique en place ; d’autres ont été violentées, torturées et même récemment gazées dans des cours d’écoles ; d’autres sont toujours détenues dans les conditions que l’on connaît. Beaucoup d’hommes et mêmes d’adolescents solidaires du mouvement ont connu le même sort.

En cette Journée Internationale des Droits des Femmes, je tenais, comme nous l’avons récemment et concrètement affirmé en votant une motion de soutien au peuple iranien en séance du Conseil Municipal, à exprimer une pensée pour toutes ces femmes qui dénoncent la politique autoritaire et intégriste de la République Islamique d’Iran, et bien évidemment pour les milliers d’anonymes dont les noms n’auront jamais dépassé les murs d’un pays cloisonné.

Il s’agit aujourd’hui de la région du monde, car n’oublions pas non plus l’Afghanistan voisine où le pouvoir des Talibans leur a fermé les portes des écoles, universités, et mêmes des jardins publics, où les droits des femmes n’existent plus.

Face aux silences complices d’une idéologie antiféministe par essence, notre devoir, de par notre modèle universaliste et en tant qu’héritiers des Lumières, est d’être l’écho de leurs voix.

N’oublions pas aussi les discriminations partout dans le monde et les injustices faites aux femmes parce qu’elles sont femmes, et bien sûr les violences, y compris dans nos sociétés. Nous luttons contre concrètement à Cannes, notamment en hébergeant en urgence les victimes pendant que la Justice peut s’exercer.

Femmes, vies, libertés, partout dans le monde. » David Lisnard

David Lisnard s’y était déjà rendu au début du mois de mars 2022, dans les premiers jours de la guerre.

Il y a un an presque jour pour jour, David Lisnard s’assurait du suivi des premiers convois cannois apportant du matériel de première nécessité en Ukraine et se rendait dans plusieurs villes ukrainiennes attaquées. Un an plus tard, le Maire de Cannes et Président de l’Association des Maires de France est retourné sur le terrain, à l’occasion du premier anniversaire de l’invasion du pays par la Russie, pour y rencontrer des maires de villes massacrées.

Avec Oleksandr Markushyn, maire d’Irpin.

De Lviv aux villes du nord-ouest de Kiev, dont Irpin, qui portent encore les stigmates des exactions russes, David Lisnard a recueilli les témoignages de maires et habitants qui font face à la guerre depuis un an, dont celui de Vadim Tokar (photo ci-dessous), maire du village martyrisé d’Andriivkaa, qui a résisté les armes à la main aux Russes et aux Tchétchènes pendant les 31 jours d’occupation.

« Avatolim Fedoruk (photo ci-dessous), devant l’église St André le 1er, où a été révélé un charnier de 116 corps, parmi les 419 exécutions de civils sur la commune de Bucha qui a connu les pires exactions de guerre. Le maire a résisté aux occupants qui ont brûlé sa maison. Une personnalité forte » David Lisnard.

A Lviv, jumelée avec Cannes, David Lisnard a participé à l’hommage quotidien rendu aux soldats morts sur le front et s’est rendu dans un hôpital où 11 000 soldats et 70 000 civils blessés de guerre ont été soignés depuis un an, physiquement et moralement : « l’hôpital a mis en place in situ sa propre fabrique de prothèses. L’établissement est communal et le projet Unbroken se développe en cherchant des financements. »

Une déclaration d’intention a été signée entre la ville d’Irpin et l’AMF pour la reconstruction de cette commune ukrainienne dévastée.

Plus de trois mois après le début de la guerre en Ukraine, la Mairie de Cannes poursuit ses actions de soutien au peuple ukrainien.  Nouveau départ d’un camion apportant des produits de première nécessité en direction des territoires libérés et ravagés.

David Lisnard reçu à l’Ambassade d’Ukraine en France pour un échange dense sur le suivi des actions menées par l’AMF en faveur des Ukrainiens et faire un point de situation concret de l’accueil des réfugiés notamment à Cannes.

David Lisnard a exprimé son inquiétude et saisi l’Ambassade de Russie en France après l’enlèvement des maires ukrainiens de Melitopol et de Dniprorudné, Ivan Fedorov et Evguen Matveïev.

Quelques heures après son retour d’Ukraine, David Lisnard a accordé une interview à Nice-Matin pour livrer ses premières impressions.

Le Maire de Cannes et Président de l’Association des Maires de France s’est rendu seul en Ukraine, dans le cadre d’une mission humanitaire pour la Mairie de Cannes et l’Association des Maires de France. Il revient sur son expérience.

« En cette Journée internationale des Droits des femmes, je vous adresse, depuis l’Ukraine, à travers quelques images de volontaires engagées dans l’armée ukrainienne, cet hommage aux femmes qui s’engagent avec courage et détermination. Cet engagement des femmes ukrainiennes est manifeste dans toute la société.

Je vous fais part de certains constats et impressions sur place.

J’ai accompagné (bien sûr sans collaborateurs à partir de la frontière pour des raisons évidentes) du matériel remis directement aux communes. Le but est aussi de nouer les contacts utiles, vérifier la logistique, pour l’aide humanitaire et pour l’accueil des réfugiés, en fiabilisant le premier et le dernier kilomètres, exprimer le soutien humanitaire des maires de France, affiner les opérations cannoises. Je remercie chaleureusement l’association France Ukraine pour son inlassable et déterminante action, et son aide essentielle dans ce déplacement en Ukraine.

Un mari resté combattre, des femmes et des enfants dans une école transformée en centre de premier accueil de réfugiés depuis les zones de bombardements, un théâtre où la troupe s’occupe des réfugiés, une église, des contrastes, paradoxes, douleurs, poses, sourires, retenue, spontanéité, le quotidien et autant d’histoires personnelles dans la tragédie.

Et toujours des milliers de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, dans des km de files de voitures ou à pieds, qui attendent jour et nuit de très longues heures pour passer la frontière (d’après les témoignages que j’ai recueillis, entre 30h et 3 jours). Et toujours, toujours avec une infinie dignité.

Partout dans le pays les check-points, souvent des protections de bâtiments municipaux et régionaux.

Je précise :

1. que toutes les personnes identifiables sur mes photos ont accepté (voire parfois demandé) la publication ;

2. que notre approche humanitaire n’est pas exclusive de l’Ukraine.

Parmi les maires que je rencontre, tous font sans relâche un travail inouï humanitaire et au service de leur pays ; forts de leur abnégation et d’un immense courage.

Ils me précisent les réels besoins de matériels pour les populations.

Nous continuons de notre côté notre action à la fois cannoise et des maires de France pour prendre notre part aux efforts qu’exige la situation. »