«Nous assistons au soubresaut d’un système à l’agonie» : sur RMC et BFM, David Lisnard appelle à un changement profond de modèle

Invité d’Apolline de Malherbe sur RMC et BFM, mercredi 1er juillet, David Lisnard est revenu sur plusieurs sujets d’actualité – justice des mineurs, sécurité, canicule, adaptation au changement climatique, finances publiques ou encore présidentielle – en dressant un constat sans détour : la France souffre avant tout d’une crise de l’exécution publique.

le 03 juillet 2026
BFM

« La crise de notre démocratie est avant tout une crise de l’impuissance publique. »

Pour le président de Nouvelle Énergie, les difficultés auxquelles les Français sont confrontés quotidiennement ne relèvent pas d’un manque de diagnostics, mais d’un système devenu incapable de décider, d’exécuter et de rendre des comptes.

Justice des mineurs : « Un système à bout de souffle »

Interrogé sur le vide juridique permettant désormais la remise en liberté de certains mineurs placés en détention provisoire pour des crimes, David Lisnard a dénoncé une nouvelle illustration de l’effondrement de l’autorité publique.

« Nous assistons au soubresaut d’un système à l’agonie. Face à cela, nous avons toujours des réponses moyennes, médiocres et intermédiaires. »

Selon lui, cette situation illustre la nécessité de revoir en profondeur le droit pénal des mineurs, mais également d’assurer enfin l’exécution effective des décisions de justice.

Évoquant plusieurs drames récents, notamment l’assassinat du jeune Elias ou l’affaire de la petite Rosa, il a rappelé que de nombreux auteurs de violences étaient déjà connus de la justice.

« Pourquoi ne protège-t-on pas la société de ces individus ? »

Pour David Lisnard, la première des protections des libertés demeure une justice rapide, crédible et effectivement exécutée.

« Le retour de l’autorité évite toujours la tentation de l’autoritarisme »

Interrogé sur le débat autour de la peine de mort, David Lisnard a refusé les diversions.

Selon lui, la véritable réponse consiste à faire fonctionner l’État.

« La seule façon de se protéger d’un retour de l’autoritarisme, c’est d’être efficace dans l’exécution des décisions publiques. »

Il reproche à Emmanuel Macron de détourner le débat.

« Lorsqu’il parle de la peine de mort, il détourne l’opinion de ce qui relève de sa responsabilité : dix années d’impuissance publique. »

Canicule : « Nous avons remplacé le bon sens par la bureaucratie »

Autre sujet majeur de l’entretien : les conséquences de la vague de chaleur exceptionnelle.

À la suite du témoignage bouleversant de la famille d’une patiente décédée dans un hôpital faute de climatisation, David Lisnard a dénoncé les contradictions d’un État qui empêche lui-même les collectivités de s’adapter.

« Dans le pays qui dépense le plus d’argent public au monde, nous avons encore des hôpitaux qui ne sont pas climatisés. »

Le maire de Cannes a détaillé les nombreuses réglementations nationales qui compliquent ou découragent l’installation de systèmes de climatisation dans les bâtiments publics : RE2020, décret tertiaire, stratégie nationale bas carbone, MaPrimeRénov’, certificats d’économie d’énergie, Fonds vert ou encore circulaires ministérielles.

Pour lui, l’État tient un double discours.

« On demande aux collectivités d’adapter leurs bâtiments tout en leur retirant les moyens réglementaires de le faire. »

À Cannes, David Lisnard rappelle avoir engagé depuis plusieurs années un vaste plan d’adaptation avec la création d’îlots de fraîcheur, la végétalisation, mais également la climatisation progressive des écoles municipales.

« Nous ne nous posons pas la question d’installer le chauffage. La climatisation doit désormais faire partie des équipements essentiels. »

À condition, précise-t-il, de continuer à produire une énergie abondante, pilotable et décarbonée grâce au nucléaire et à l’hydroélectricité.

« Si l’on veut gagner plus, il faut cotiser moins »

Interrogé sur les finances publiques et la nécessité de réduire les déficits, David Lisnard a défendu la ligne portée depuis plusieurs années par Nouvelle Énergie : réduire massivement les dépenses publiques pour diminuer les prélèvements.

« Si l’on veut gagner plus et avoir de meilleurs services publics, il faut cotiser moins. »

Selon lui, la France souffre d’un excès de bureaucratie bien plus que d’un manque de moyens.

Il rappelle qu’en vingt-cinq ans, l’État a créé 1 153 agences et organismes, représentant près de 450 000 agents et 100 milliards d’euros de dépenses.

« On surprélève les Français, mais cet argent est détourné vers la bureaucratie au lieu d’aller sur le terrain. »

Pour David Lisnard, la priorité est donc de reconstruire un État-performance, recentré sur ses missions régaliennes : sécurité, justice, éducation, santé et grandes infrastructures.

Une ligne libérale assumée

Interrogé sur le débat organisé la veille avec Sarah Knafo devant près de 200 chefs d’entreprise, David Lisnard a rappelé qu’il assumait depuis longtemps les propositions aujourd’hui reprises par une partie de la droite.

Retraite par capitalisation, suppression du principe de précaution dans la Constitution, dérégulation de l’économie, baisse de la dépense publique ou simplification administrative : autant de combats que Nouvelle Énergie porte depuis sa création.

« Je me réjouis de commencer à gagner la bataille des idées. »

Il a toutefois rappelé que les discours ne suffisent pas.

« J’ai créé Nouvelle Énergie parce que je veux un mouvement qui soit aligné avec ce que je fais et avec ce que je suis. »

Présidentielle : « Face à Jean-Luc Mélenchon, je voterai pour n’importe quel candidat »

Enfin, interrogé sur les scénarios du second tour de l’élection présidentielle, David Lisnard a réaffirmé sans ambiguïté sa position.

« Face à Jean-Luc Mélenchon, je voterai pour n’importe quel candidat. »

Avant d’ajouter avec humour :

« Mais j’essaierai d’abord de voter pour moi. Ce sera encore plus efficace. »

Pour David Lisnard, le véritable enjeu des prochains mois demeure moins celui des tactiques électorales que celui du redressement du pays.

Un redressement qui passe, selon lui, par une rupture avec l’État d’impuissance et le retour d’une puissance publique capable de décider, d’exécuter et d’assumer pleinement ses responsabilités.

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de Nouvelle Énergie et David Lisnard