Santé
Garantir l’accès aux soins est une exigence de justice, mais aussi un impératif de liberté. Car la santé n’est pas un service public parmi d’autres : elle conditionne notre capacité à vivre, à choisir, à participer pleinement à la société. Pourtant, le système français, longtemps présenté comme l’un des meilleurs au monde, vacille sous le poids de ses contradictions : 87 % du territoire manque de médecins, les délais d’attente explosent, les soignants s’épuisent, et des milliers de patients renoncent aux soins.
Ce n’est pas une question de moyens – la France dépense plus que ses voisins. C’est une faillite d’organisation, un excès de bureaucratie, une défiance envers les soignants, une centralisation stérile. Nous défendons un modèle fondé sur la liberté et la responsabilité : liberté d’installer, de soigner, d’innover – responsabilité d’agir efficacement, au plus près du terrain, pour les patients.
1. Garantir l’accès aux soins par la liberté
Nous affirmons un principe simple : les Français ont droit à une prise en charge médicale, où qu’ils vivent. Mais cela ne passe ni par la contrainte, ni par les injonctions administratives. Cela passe par l’incitation, la liberté contractuelle, l’efficacité territoriale.
Nous proposons un conventionnement différencié : la Sécurité sociale rembourse mieux les actes dans les zones sous-dotées que dans les zones saturées. Nous défendons aussi la généralisation des maisons de santé pluridisciplinaires à l’échelle de chaque canton, et l’accès direct aux infirmiers, kinés, pharmaciens, pour désengorger les généralistes et fluidifier les parcours. Le soin commence par la proximité. Il ne peut être administré depuis Paris.
2. En finir avec la bureaucratie sanitaire : pour une République de la subsidiarité
Si notre système de santé dysfonctionne, ce n’est pas faute d’argent. C’est faute de souplesse, de clarté, de responsabilité. Un tiers du personnel hospitalier n’est pas soignant, le temps consacré à l’administratif est trop important, les ARS sont devenues des forteresses comptables, hors-sol et sans efficacité.
Nous refusons cette verticalité technocratique. Nous croyons au bon sens local, à la coordination de terrain. Nous voulons supprimer les ARS, transférer les responsabilités aux préfets et aux élus, redonner aux maires la présidence des conseils d’administration des hôpitaux.
Dans chaque bassin de vie, les communautés médicales locales devront pouvoir définir les besoins, organiser les stages, réguler l’offre. Ce n’est pas un repli, c’est un choix de subsidiarité démocratique : rendre possible l’efficacité là où les besoins sont connus.
3. Respecter les soignants, c’est leur rendre leur liberté
Respecter les soignants, c’est d’abord cesser de les infantiliser. Nous proposons un pacte fondé sur la liberté et la reconnaissance. Cela suppose une revalorisation salariale fondée sur les responsabilités, non sur les statuts, des recrutements contractuels souples, y compris passerelles public-privé, et la reconnaissance pleine des compétences paramédicales, dans une logique de coopération.
Surtout, il faut former plus et mieux. Nous voulons doubler le nombre d’étudiants en médecine d’ici 2030, supprimer Parcoursup, simplifier la LAS/PASS, autoriser l’exercice sous supervision dès la 5e année, et ouvrir tous les lieux de stage, publics comme privés. Ce n’est pas un problème de candidats – 90 000 jeunes veulent devenir médecins chaque année – c’est un problème de sélection absurde et de corporatisme inerte.
4. Retrouver notre souveraineté sanitaire et investir dans l’innovation
La France est malade de ses dépendances. Elle ne produit plus que 30 % des médicaments qu’elle consomme. Elle subit des ruptures d’approvisionnement sur 4 000 médicaments en 2023, et a perdu sa place dans la recherche biopharmaceutique mondiale.
Il faut changer d’échelle. Nous proposons la création d’un consortium pharmaceutique européen, sur le modèle d’Airbus, pour mutualiser la demande, garantir des prix, et relocaliser les chaînes de valeur.
Nous proposons aussi de réinvestir dans la recherche publique en santé, et de créer des clusters français de biotechnologie et de médecine génomique. La France a les cerveaux. Ce qu’il lui manque, c’est une volonté politique, une stratégie, une gouvernance efficace.
Enfin, nous défendons une réglementation agile et sécurisée pour l’innovation médicale : télésurveillance, IA diagnostique, robotique chirurgicale… C’est une question de compétitivité, mais aussi d’égalité d’accès aux soins. Là encore, le modèle n’est pas le contrôle mais la confiance.
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de Nouvelle Énergie et David Lisnard