«Les leçons du pape Léon XIV»
Pour le candidat à la présidentielle, le souverain pontife incarne une parole de conviction, libre des modes et des calculs, qui invite la France à retrouver ses repères spirituels et moraux. Une tribune parue dans le JDD.

C'est un homme de taille moyenne, que l'on sent timide, avec un petit sourire en coin qui donne l'impression de s'excuser pour le tumulte qu'il déclenche partout.
C'est un homme qui écrit ce qu'il dit, qui pense avant d'écrire et qui parle d'une petite voix douce, calme et sereine.
C'est un homme de conviction, doté d'une colonne vertébrale idéologique qu'il ne change pas en fonction des modes ou pour séduire.
C'est un homme qui n'a rien à vendre, sans aucune démagogie, mais qui déclenche l'enthousiasme et la ferveur, notamment chez les jeunes.
C'est enfin un homme qui milite inlassablement pour la paix et l'amour alors que les matamores et les va-t-en-guerre pullulent.
En quatre jours, Léon XIV aura illuminé la France, générant chez beaucoup de compatriotes un enthousiasme et une joie qu’aucune autre personnalité ne peut enclencher. Tout observateur objectif (c’est-à-dire qui ne fait pas d’édito sur France Inter) a pu mesurer au stade de France, sur les Champs-Élysées ou dans les rues de Metz, la joie et l'allégresse que le pape a suscité sur son passage.
Et pourtant... ce qu'il avait à dire n'était pas vraiment dans l'air du temps.
« C'est aujourd'hui et pas demain qu'il faudra se convertir. » En prononçant ces mots, Léon XIV s'inscrivait dans les pas de Jean-Paul II « lorsqu’il interrogeait : France, fille aînée de l'Église, qu'as-tu fait de ton baptême ? ». Léon nous pousse à un examen de conscience dont nous avons individuellement mais aussi collectivement un ardent besoin.
Ses préventions sur l'IA, sa critique des réseaux sociaux, ses alertes sur la GPA, n'allaient pas lui accorder le soutien des progressistes. Il n'en a eu cure, rappelant en permanence que l'homme devait être au-dessus de tout.
Dans une société malade de ses replis, qui enferme ses aînés dans des hospices, qui ne fait plus d'enfants et qui se perd, le pape a énoncé qu'il fallait prendre soin de tous : aux malades de Lourdes, à ceux qui souffrent, il leur a dit « vous n'êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre société ». Il n'a pas non plus mâché ses mots sur la loi sur l'euthanasie : « jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée».
Et puis, enfin, il y aura la formule, qui restera : « ce qui est légal n'est pas forcément moral », jetant un avertissement à tous ces docteurs Folamour qui prennent des décisions pour notre société sans se préoccuper du bien commun. Sous le couvert de la légalité républicaine, combien de décisions absurdes ou liberticides subissons-nous ? Nous rappelons-nous toutes ces règles stupides, voire scandaleuses que nous avons subies pendant le Covid ? À quel niveau de civilisation sommes-nous tombés quand on a interdit d'enterrer et de pleurer ses morts ? Je suis d’ailleurs fier d’être alors passé en force pour les autoriser à Cannes.
Le Président Macron a regretté à Metz de s'adresser pour la dernière fois au Saint-Père ès qualités. En réponse, le pape a souhaité pour la France des dirigeants sages et généreux, en mesure désormais de servir le bien commun.
Emmanuel Macron serait-il en quelque sorte un anti-pape ? La question est « en même temps » excessive et rhétorique. Car si la dimension et le rayonnement des deux personnalités sont incomparables, comment ne pas considérer que la communication permanente et racoleuse du président, sa volonté d'aller toujours dans le sens du vent, ses changements doctrinaux, sont aux antipodes de Léon XIV ? En illustration de l’incohérence des positions erratiques du président français uniquement guidées par l’opportunisme, chacun a pu constater sa bouderie des messes de Léon avant de se renier au dernier moment au vu du succès gigantesque de ce pape si discret et à la présence si puissante.
Léon XIV a quitté la France, emmenant avec lui l'enthousiasme et la ferveur, nous replongeant dans la médiocrité du temps. L’espoir qu’il a levé est une ardente nécessité au vu de toutes nos réalités et notamment des exactions du mouvement dit « lycéen », si consternantes, si inquiétantes, si déprimantes. Comme le dit si bien Péguy, « ce qui m'étonne dit Dieu : c'est l'espérance, cette petite fille espérance, immortelle ».