« L’énergie doit réconcilier l’industrie et l’écologie »
Invité du premier « Grand entretien de l’écologie » consacré à l’élection présidentielle de 2027, David Lisnard a répondu aux questions de François de Rugy et Laurent Lesage sur les grands défis économiques et environnementaux de la France. Nucléaire, réindustrialisation, agriculture, souveraineté alimentaire, décarbonation, normes : le président de Nouvelle Énergie a défendu une écologie fondée sur la science, la croissance, l’investissement et la liberté d’entreprendre.

« On ne sera une grande puissance écologique et économique que si on est une grande puissance scientifique. » Cette conviction résume l’approche défendue par David Lisnard au cours de cet entretien de fond : protéger l’environnement sans sacrifier notre économie, notre industrie et notre souveraineté.
Une écologie de la croissance, de la science et de la responsabilité
Pour David Lisnard, trois défis environnementaux doivent guider l’action publique : le changement climatique et l’adaptation à ses conséquences, la pollution aux particules fines et la préservation de la biodiversité.
Face à ces enjeux, il refuse d’opposer croissance économique et protection de l’environnement. Au contraire, la création de richesses est indispensable pour financer la recherche, développer de nouvelles technologies et investir dans la décarbonation.
Il défend ainsi une « économie écologique de marché », reposant sur trois piliers : le droit international pour éviter les distorsions de concurrence, la science et l’innovation pour trouver des solutions, et l’investissement privé pour accélérer les transformations.
Nucléaire et hydroélectricité : retrouver notre souveraineté énergétique
David Lisnard plaide pour une stratégie énergétique nationale reposant prioritairement sur une électricité abondante, pilotable, décarbonée et compétitive.
Il propose de relancer le nucléaire, de prolonger les centrales existantes jusqu’à 60 ans sous le contrôle de l’autorité de sûreté nucléaire, de développer l’hydroélectricité et de poursuivre la recherche sur les technologies d'avenir.
Sans s'opposer aux énergies renouvelables, notamment au solaire en autoconsommation, il appelle à évaluer chaque investissement selon son rapport coût-bénéfice économique et environnemental.
Il cite également les réalisations menées à Cannes : réseaux de chaleur décarbonés, thalassothermie, réutilisation des eaux usées traitées et production locale d’hydrogène pour les transports publics.
Réindustrialiser en libérant l’investissement et en simplifiant les normes
Pour réindustrialiser la France, David Lisnard défend une transformation profonde de notre modèle économique : libérer le foncier, restaurer la compétitivité fiscale et sociale, simplifier le droit et redonner aux investisseurs les moyens de produire.
Il dénonce l’accumulation de réglementations qui ralentissent les projets industriels, agricoles et environnementaux, parfois au détriment des objectifs qu’elles prétendent défendre.
« On est pollué par les normes », résume-t-il, appelant à remplacer le maquis réglementaire par des règles simples, claires et applicables, avec davantage de contrôles a posteriori.
Il propose également de renforcer les libertés locales et de transférer davantage de pouvoir réglementaire aux élus locaux, afin de faciliter les projets adaptés aux réalités de chaque commune.
Agriculture : produire davantage et retrouver notre souveraineté alimentaire
Face au recul de la compétitivité agricole française, David Lisnard souhaite redonner aux agriculteurs leur liberté de produire et d'entreprendre.
Il défend notamment la création d’un statut de l’entreprise agricole, la réduction des contraintes administratives, la fin des surtranspositions des normes européennes et le développement de la recherche génétique, notamment sur les OGM et les nouvelles techniques génomiques.
Il souhaite également faciliter l’irrigation, le stockage de l’eau et la diversification des revenus agricoles, notamment grâce à la production énergétique.
Sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, David Lisnard défend le libre-échange tout en refusant de sacrifier l’élevage français. Il propose d’exclure cette filière de l’accord ou d’imposer des clauses miroirs garantissant des conditions de concurrence équitables.
Décarboner sans imposer une technologie unique
Sur les transports, David Lisnard défend le principe de neutralité technologique : fixer des objectifs de réduction des émissions et laisser les entreprises développer les solutions les plus efficaces.
Voiture électrique, hydrogène, biocarburants : il refuse une approche dogmatique qui privilégierait une seule technologie, au risque de fragiliser l’industrie européenne et le pouvoir d’achat des Français.
Il défend également l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, à condition de l’inscrire dans une véritable stratégie internationale, afin que les efforts français ne conduisent pas à délocaliser nos productions et nos émissions.
Une ambition : réconcilier écologie, prospérité et souveraineté
Tout au long de cet entretien, David Lisnard expose une même ligne : la France ne retrouvera sa puissance écologique qu’en redevenant une puissance scientifique, industrielle, agricole et énergétique.
Une écologie de résultats plutôt que de contraintes, fondée sur l’innovation, la responsabilité, la liberté et la création de richesses.
Retrouvez l’intégralité du « Grand entretien de l’écologie » avec David Lisnard, interrogé par François de Rugy et Laurent Lesage, pour découvrir ses propositions sur l’économie, l’énergie, l’industrie, l’agriculture et l’environnement.