La souveraineté ne se proclame pas, elle se finance
Mercredi 7 janvier, invité de Sonia Mabrouk sur Europe 1 et CNews, David Lisnard a déroulé une même idée, de la neige à la géopolitique. La France s’est enfermée dans le commentaire, la dette et l’impuissance. Pour retrouver la liberté, il faut redevenir un pays fort, réorganiser en profondeur l’État, libérer la production et assumer une radicalité de réforme.
D’un épisode neigeux à l’ordre mondial, David Lisnard refuse le réflexe français du commentaire et du procès permanent. Sur la neige comme sur le reste, il renvoie à une réalité concrète. L’action quotidienne repose d’abord sur les services locaux, pendant que l’État ajoute ses absurdités. Un maire agriculteur poursuivi pour 90 euros après avoir déneigé au tracteur illustre, selon lui, un mal français plus profond. « Qu’il vente ou qu’il neige, l’absurdité administrative frappe notre pays. »
Cette dérive du pays, David Lisnard la voit partout. « Le déclassement de notre pays se trouve dans tous les domaines. » Et elle se paie désormais cher, au moment même où le monde se durcit. Il constate un nouvel ordre mondial où « les pays défendent leurs intérêts » et où le droit international reste trop souvent un rapport de force. Dans ce contexte, la France se retrouve « démunie », faute d’avoir entretenu sa puissance.
Pour Lisnard, la souveraineté n’est pas une posture. C’est une capacité. Et cette capacité dépend d’abord des finances publiques. « Quand on parle de la dette, ce n’est pas qu’un problème comptable, c’est un problème de liberté. » Il frappe fort avec un chiffre, symbole de dépendance. La France paie « six fois plus d’intérêts de la dette que le budget de la justice » et « plus d’intérêts de la dette que le budget de la défense ». Conclusion, cinglante. « La puissance, la liberté, la souveraineté, ça ne se proclame pas. Ça se finance et ça s’organise. »
Sur la scène internationale, il assume une lecture lucide, sans hypocrisie. Le Venezuela, dit-il, n’est plus un régime souverain depuis longtemps, car la souveraineté repose sur la démocratie. Et il s’insurge contre les indignations sélectives autour des moyens utilisés contre Maduro, appelant à regarder en face les liens entre narcotrafic, terrorisme et islamisme. « Venezuela, Iran, Hezbollah, terroristes, narcotrafic, tout ça est lié. » Il va jusqu’à évoquer la nécessité d’une alliance internationale contre le narcotrafic. En parallèle, il trace une ligne nette sur le Groenland, jugeant inacceptables les positions américaines dès lors qu’elles visent un État « souverain et démocratique » comme le Danemark.
Mais son point central reste français. Face aux communiqués et aux indignations ritualisées, il pose la question du pouvoir réel. « Quand on est gouvernant, on n’est pas là pour commenter. » La réponse, selon lui, passe par « un travail de réorganisation profonde » fondé sur « la prospérité » et « la libération des forces de production ». Il alerte sur une France qui bat « le record des dépôts de bilan », engluée depuis la dissolution de 2024 dans une « léthargie démocratique » et un « déclin économique extrêmement grave ». Il appelle à « réamorcer un cycle démocratique » avec une nouvelle présidentielle et des législatives.
Sur le Mercosur, il défend une ligne libérale sans naïveté. Oui au commerce, non aux distorsions de concurrence. L’accord n’est « pas signable » s’il impose à la France des normes plus strictes tout en ouvrant la porte à des importations produites avec des substances interdites. Il dénonce aussi le poison intérieur des surtranspositions françaises qui accablent les agriculteurs davantage que leurs voisins européens. Encore « l’absurdistan ».
Sur la dépense publique, il retourne l’argument. La France dépense plus que les autres, mais obtient moins. Pour retrouver des services publics efficaces, il faut réduire le périmètre de l’État, supprimer des structures inutiles et alléger le fardeau sur ceux qui créent. « La baisse de la dépense, ce n’est pas une fin en soi. C’est le moyen d’alléger le fardeau sur ceux qui créent de la valeur. » Il appelle à une « radicalité » qui n’est pas l’extrémisme, mais « aller à la racine des choses ». À défaut, prévient-il, le « théâtre politique » ouvre un boulevard aux extrêmes.
Enfin, sur la liberté, il conclut par un signal politique. Il dénonce l’hypocrisie de l’extrême gauche et de LFI, « un danger pour la démocratie », accusés d’indignation à géométrie variable. « Ils voient du patriarcat dans un barbecue en France, mais ils ne voient pas du patriarcat dans les femmes qui se font pendre en Iran. » Pour lui, les Iraniens ne se soulèvent pas pour une simple crise de la vie chère. « Ils ne manifestent pas contre le prix de la corde du pendu ou contre le prix du voile. Ils manifestent aussi contre le régime théocratique et islamique. »
Le fil rouge de son intervention tient en une exigence. Sortir du commentaire, regarder le réel, reconstruire la puissance. Pour que la France redevienne libre. « Vive la liberté. Vive la liberté. »
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de Nouvelle Énergie et David Lisnard