«La bataille des idées doit précéder la bataille électorale» : David Lisnard défend une alternative libérale devant près de 200 chefs d’entreprise

À l’invitation de Sophie de Menthon et du mouvement ETHIC, David Lisnard a débattu avec Sarah Knafo devant près de 200 chefs d’entreprise réunis à Paris. Pendant près de deux heures, les échanges ont porté sur les grands enjeux économiques, le libéralisme, la place de l’entreprise, la réforme de l’État et les conditions du redressement français.

le 02 juillet 2026
David Lisnard face à Sarah Knfo

Au-delà des convergences exprimées sur plusieurs diagnostics, David Lisnard a surtout rappelé la cohérence d’une ligne politique qu’il défend depuis des années avec Nouvelle Énergie, bien avant que nombre de ses propositions ne s’imposent progressivement dans le débat public.

« Mon ennemi, c’est le fatalisme français »

Dès son intervention, David Lisnard a fixé le cadre.

« Mon ennemi, ce n’est pas la finance. Mon ennemi, ce n’est pas les chefs d’entreprise américains. Mon ennemi, c’est le fatalisme français. C’est le conformisme. C’est le technocratisme. Tout ce qui sclérose l’action et détourne l’argent des contribuables de la prospérité et du service public. »

Pour lui, le véritable obstacle au redressement de la France n’est pas le manque de ressources mais l’incapacité chronique de l’État à se réformer lui-même. La France dépense plus que tous ses voisins, prélève davantage, tout en offrant des services publics qui se dégradent.

Cette situation n’est plus tenable.

« Nous sommes à la fin de l’État-providence »

L’un des moments les plus marquants du débat est venu lorsque David Lisnard a assumé un constat rarement formulé avec autant de clarté :

« Nous sommes à la fin de l’État-providence. »

Il ne s’agit pas, selon lui, de remettre en cause la solidarité nationale mais de reconnaître que le modèle construit pendant les Trente Glorieuses reposait sur des conditions qui n’existent plus : une forte natalité, une immigration de travail maîtrisée, une croissance durable et une démographie dynamique.

Continuer à faire croire que ce modèle peut fonctionner sans réforme reviendrait à organiser son effondrement.

C’est pourquoi il plaide depuis plusieurs années pour un État recentré sur ses missions essentielles : sécurité, justice, éducation, diplomatie, infrastructures et préparation de l’avenir.

Un précurseur sur les grandes réformes

Au cours du débat, David Lisnard a rappelé que plusieurs idées aujourd’hui reprises par de nombreux responsables politiques sont portées depuis longtemps par Nouvelle Énergie.

Il a notamment souligné avoir été l’un des premiers responsables politiques français à défendre publiquement une transition vers un système de retraite intégrant une part de capitalisation obligatoire, estimant que le maintien exclusif de la répartition était devenu impossible.

« Chaque jour que nous attendons, nous perdons une journée pour préparer la transition. »

Même constat sur la simplification administrative.

Alors que la débureaucratisation est devenue un thème consensuel, David Lisnard a rappelé qu’il défend depuis des années une véritable dérégulation de l’économie.

« Tous ceux qui parlent de débureaucratisation sans aller jusqu’à la dérégulation se moquent des Français. »

Pour lui, supprimer quelques formulaires ne suffira jamais. Il faut revoir les principes mêmes qui organisent aujourd’hui l’action publique.

Il a également réaffirmé sa volonté de déconstitutionnaliser le principe de précaution, qu’il considère comme devenu un frein majeur à l’innovation scientifique, industrielle et technologique.

« Comment embrasser l’avenir, l’intelligence artificielle, la révolution quantique, si l’on constitutionnalise la peur du futur ? »

Cannes, la preuve que les réformes fonctionnent

Loin des débats théoriques, David Lisnard a illustré ses convictions par son expérience à la tête de la Ville de Cannes.

Il a rappelé les résultats obtenus depuis douze ans :

  • 82 millions d’euros de dette remboursés ;
  • baisse de la fiscalité ;
  • réduction de la masse salariale sans conflit social ;
  • multiplication de la capacité d’autofinancement ;
  • amélioration des services publics.

« Tout le monde nous disait que c’était impossible. Pourtant nous l’avons fait, sans un jour de grève. »

Pour lui, cette expérience démontre qu’une gestion exigeante, fondée sur des objectifs clairs et la responsabilisation des équipes, permet d’améliorer simultanément les finances publiques et le service rendu aux citoyens.

« Une immense majorité de Français sait que la France a besoin d’un patron »

Interrogé sur la capacité à convaincre les Français d’engager des réformes ambitieuses, David Lisnard a rejeté l’idée selon laquelle le pays serait condamné à l’immobilisme.

« Une immense majorité de Français sait que la France a besoin d’un patron. »

Selon lui, les Français n’attendent pas des promesses supplémentaires mais une direction, une méthode et de la cohérence.

La clé réside dans la pédagogie.

« Il faut dire les choses avant pour pouvoir les faire après. »

Contrairement aux réformes improvisées ou dissimulées, celles qui sont clairement expliquées avant une élection disposent d’une véritable légitimité démocratique.

Redonner sa place au travail, à l’entreprise et à l’investissement

Tout au long du débat, David Lisnard a développé une vision cohérente articulée autour de trois priorités :

  • libérer le travail en réécrivant le Code du travail et en renforçant la négociation dans l’entreprise ;
  • libérer le capital par une baisse massive des prélèvements et le développement de l’épargne productive française ;
  • recentrer l’État sur ses missions régaliennes afin de supprimer les milliers d’organismes administratifs qui paralysent aujourd’hui l’action publique.

Il a également insisté sur la nécessité de reconstruire un véritable marché français et européen des capitaux afin d’éviter que l’épargne nationale continue de financer prioritairement les économies américaine et chinoise.

« La bataille des idées doit précéder la bataille électorale »

En conclusion, David Lisnard a lancé un appel à tous ceux qui souhaitent voir émerger une véritable alternative libérale.

« La bataille des idées doit précéder la bataille électorale. »

Selon lui, le redressement de la France ne passera ni par les slogans ni par les compromis de circonstance, mais par une vision cohérente, assumée et constante.

Et de conclure sur ce qui constitue sans doute le fil conducteur de son engagement :

« Il faut parler à tous les Français. À ceux qui entreprennent, à ceux qui travaillent, à ceux qui veulent transmettre, à ceux qui veulent simplement vivre libres. La France a tout pour réussir. Encore faut-il lui redonner la liberté d’agir. »

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