« Je veux être un candidat de rupture »
Invité de La Grande Interview sur CNEWS et Europe 1, David Lisnard a livré bien plus qu’une réaction à l’actualité. Il a posé un diagnostic global sur l’état du pays et, surtout, assumé une orientation politique nette : la France ne se redressera pas sans une rupture profonde avec le modèle qui la gouverne depuis des décennies.
Car pour lui, le problème n’est pas conjoncturel. Il est structurel. La France s’est progressivement enfermée dans un système qui prétend protéger mais qui, en réalité, affaiblit. À force de multiplier les normes, les procédures et les dépenses, l’État a fini par entraver ce qui fait la richesse d’un pays : sa capacité à produire, à innover, à travailler. « Le pouvoir d’achat, c’est le pouvoir de produire », rappelle-t-il. Cette affirmation n’est pas un slogan, mais une remise en cause directe d’un raisonnement devenu dominant, selon lequel il suffirait de redistribuer davantage pour enrichir la société.
Cette contradiction apparaît de manière particulièrement visible sur un sujet concret, immédiat, quotidien : le prix de l’essence. À chaque flambée, la même mécanique se répète. L’État promet des aides, des chèques, des dispositifs d’urgence. Mais il oublie l’essentiel : une part significative du prix payé par les Français provient de prélèvements et de mécanismes publics. David Lisnard rappelle qu’environ 17 centimes par litre sont liés aux certificats énergétiques. Pour lui, une décision simple s’imposait : suspendre temporairement ce prélèvement pendant la crise. Une mesure immédiate, lisible, efficace. Mais elle n’a pas été prise.
Pourquoi ? Parce que le système est devenu incapable de se réformer lui-même. Parce qu’il préfère ajouter des dispositifs plutôt que supprimer ce qui ne fonctionne pas. Parce qu’il reste enfermé dans une logique où la réponse publique passe toujours par plus de complexité, jamais par plus de simplicité.
Au fond, le problème dépasse largement la question du carburant. Il révèle une impasse plus profonde. La France distribue de plus en plus, tout en produisant de moins en moins. Elle tente de compenser par la dépense ce qu’elle perd en création de richesse. Et ce cercle vicieux alimente à la fois la dette, l’impuissance publique et le sentiment de déclassement. « On a habitué les Français à la drogue de la dépense publique », observe David Lisnard, en décrivant non pas une faute individuelle, mais une dépendance collective construite sur des décennies.
Au cœur de cette mécanique, il identifie un facteur central : la bureaucratie. Non pas comme un simple excès, mais comme un système à part entière, qui s’auto-entretient et s’étend. Dans ce système, la règle devient une finalité, la procédure prime sur le résultat, et l’administration acquiert un pouvoir qui échappe de plus en plus au politique. Cette dérive a des conséquences concrètes : des projets bloqués, des délais interminables, des professions découragées, des services publics eux-mêmes paralysés par leur propre complexité. « Si vous voulez plus de policiers, plus de soignants, plus d’enseignants, il faut moins de bureaucrates », résume-t-il, en pointant une désorganisation profonde de l’État, à la fois surdimensionné dans ses fonctions administratives et insuffisant dans ses missions essentielles.
Face à ce constat, David Lisnard ne propose pas une nouvelle « simplification », dont il estime qu’elle a été promise sans jamais être réalisée. Il propose de changer de logique. Cela passe, selon lui, par une remise à plat des normes, la fin de la surtransposition des règles européennes, et surtout par une inversion du rapport entre l’administration et les citoyens. L’objectif est clair : faire en sorte que la règle redevienne au service de l’action, et non l’inverse. Il s’agit moins d’ajuster le système que de le réorienter en profondeur, en redonnant du pouvoir au terrain et en responsabilisant les acteurs publics.
Cette volonté de rupture s’inscrit également dans une analyse plus large de la situation internationale. À propos des tensions avec l’Iran, il constate l’effacement de la France et de l’Europe, incapables de peser réellement sur les événements. « La diplomatie sans les armes, c’est la musique sans les instruments », rappelle-t-il, soulignant qu’une nation ne peut être influente sans puissance économique, industrielle et militaire. Là encore, le lien est direct : un pays affaibli de l’intérieur ne peut être fort à l’extérieur.
Sur le plan politique, cette cohérence le conduit à prendre ses distances avec les formations traditionnelles. En quittant Les Républicains, il affirme ne plus vouloir participer à un système qu’il juge marqué par les compromis permanents et l’absence de ligne claire. « Je veux porter une voix en rupture », explique-t-il, en assumant de se situer en dehors des logiques d’appareil. À ses yeux, le clivage central ne passe plus entre droite et gauche, mais entre ceux qui croient dans la liberté et la responsabilité, et ceux qui continuent de défendre un modèle étatique qu’il considère épuisé.
Au fond, son projet repose sur une idée simple : redonner aux Français la maîtrise de leur vie. Cela suppose de faire confiance aux individus, de libérer l’initiative, et de recentrer l’État sur ses missions fondamentales. Ce qu’il appelle un « libéralisme populaire » vise précisément à sortir d’une opposition artificielle entre efficacité économique et justice sociale, en considérant que la liberté est la condition de la prospérité.
L’ambition est assumée. Il ne s’agit pas de corriger à la marge, mais de redresser en profondeur. « Je veux faire gagner la France », affirme-t-il, en précisant immédiatement le sens de cette démarche : « Je veux être un candidat de rupture. » Une rupture avec les habitudes, avec les renoncements, et avec un modèle dont il estime qu’il conduit, lentement mais sûrement, au déclin.
Recevez les actualités
de Nouvelle Énergie et David Lisnard