Incendies : soutenir ceux qui agissent et lever les obstacles qui les empêchent d’agir
Des milliers d’hectares ravagés, des habitants évacués, des exploitations agricoles menacées, des paysages réduits en cendres : depuis plusieurs semaines, la France fait face à des incendies d’une ampleur exceptionnelle.

Une fois encore, les premiers à agir sont les maires, les sapeurs-pompiers, les forces de sécurité, les agents des collectivités, les bénévoles et tous ceux qui, sur le terrain, se mobilisent pour protéger les populations.
Le 25 juillet, David Lisnard s’est rendu dans le Haut-Var, aux côtés de Jean-Pierre Véran, maire de Cotignac, de Franck Panizzi, maire de Pontevès, et de Didier Brémond, maire de Brignoles et président de l’Association des maires du Var.
Sur place, il a découvert des paysages dévastés.
« Cela fait penser à des scènes de guerre », a-t-il déclaré.
Mais il a également tenu à mettre en lumière l’engagement de tous ceux qui luttent contre les flammes :
« J’y ai vu, comme toujours, des élus locaux sur le terrain, en première ligne, qui prennent les bonnes décisions avec une grande réactivité. J’y ai vu de nombreux sapeurs-pompiers, dont l’engagement et le travail face à des feux imprévisibles sont tout simplement exceptionnels. J’y ai vu les remarquables équipes de la protection civile, les forces de l’ordre, les agents municipaux et intercommunaux, et beaucoup, beaucoup de solidarité, de la part des habitants, des commerçants et de tous ceux qui se mobilisent. »
Le vendredi 31 juillet, le président de l’Association des maires de France était également présent en Gironde et dans les Landes, aux côtés des maires en première ligne, des élus qui accueillent les sinistrés et des services engagés dans la lutte contre les incendies.
Comme toujours, l’État agit à distance. Comme toujours, les maires sont au premier rang.
Ils coordonnent les secours, organisent les évacuations, ouvrent les salles communales, trouvent des solutions d’hébergement, rassurent les habitants et assurent la continuité des services publics. Ils sont là avant la catastrophe, pendant la crise et longtemps après l’extinction des flammes.
À l’initiative de l’Association des maires de France, un vaste élan de solidarité s’est organisé dès les premiers jours de la catastrophe. Sous l’impulsion de David Lisnard, l’AMF a mobilisé l’ensemble de son réseau afin de recenser les besoins les plus urgents, de coordonner les initiatives locales et de faciliter l’acheminement de l’aide vers les territoires sinistrés.
En lien avec la Protection civile et les associations départementales de maires, un appel national aux dons a été lancé afin de permettre l’acquisition de matériels et d’équipements destinés aux communes touchées, mais également de préparer les opérations de reconstruction qui s’annoncent déjà considérables.
L’AMF a également engagé un travail de recensement des besoins en hébergement d’urgence, en moyens logistiques et en accompagnement administratif, afin de permettre aux communes les plus durement touchées de se concentrer sur l’essentiel : protéger les populations, accueillir les sinistrés et préparer le retour à la normale.
Cette mobilisation illustre une conviction profonde de David Lisnard : dans les moments de crise, la solidarité nationale ne se décrète pas depuis Paris ; elle se construit sur le terrain, à partir de la connaissance fine des réalités locales et de l’engagement de ceux qui agissent.
À Cannes, la municipalité a également décidé de prendre toute sa part dans cet effort collectif. À l’initiative de David Lisnard, une aide exceptionnelle de 50 000 euros a été versée à la Protection civile afin de contribuer à l’acquisition des équipements nécessaires aux opérations de secours. La ville s’est également déclarée prête à mettre à disposition des centaines de lits de camp pour accueillir les personnes évacuées et à apporter son soutien logistique et administratif aux communes touchées.
Mais la solidarité ne suffit pas.
Le diagnostic est connu depuis l’été 2022. Commissions d’enquête, rapports parlementaires, élus locaux, forestiers et professionnels de la sécurité civile ont formulé des propositions précises. Les solutions existent. Encore faut-il avoir la volonté de les mettre en œuvre.
David Lisnard appelle à agir simultanément sur les trois temps du feu : avant, pendant et après la catastrophe.
Le premier obstacle est celui des contradictions administratives. D’un côté, le code forestier impose le débroussaillement ; de l’autre, le code de l’environnement en limite l’application. Les propriétaires, les élus et les gestionnaires se retrouvent ainsi pris au piège d’injonctions contradictoires. Il faut sécuriser juridiquement les opérations de débroussaillement et donner la priorité à la prévention.
Le deuxième obstacle concerne les moyens accordés aux maires. Beaucoup d’entre eux exercent leurs responsabilités sans disposer des ressources techniques, humaines et financières nécessaires. La création d’une réserve d’eau exige parfois davantage d’études administratives que de travaux. Le modèle d’ingénierie mutualisée développé dans les Alpes-Maritimes mérite d’être étendu à l’ensemble du territoire.
Le troisième obstacle est celui du financement. Les services départementaux d’incendie et de secours accomplissent des missions toujours plus nombreuses sans disposer des ressources correspondantes. Une partie des recettes déjà prélevées doit être réaffectée vers les collectivités et les services qui assurent effectivement la protection des populations, plutôt que de créer de nouveaux impôts.
Le quatrième obstacle réside dans l’absence de sanctions réellement appliquées. Les obligations légales de débroussaillement existent, mais elles demeurent trop souvent théoriques. La responsabilité de chacun doit être pleinement engagée.
Enfin, le cinquième obstacle est celui de l’imprudence et de la malveillance. Puisque l’immense majorité des incendies trouve son origine dans l’activité humaine, la prévention, les contrôles et les sanctions doivent être renforcés.
La lutte se joue également dans les premières minutes. L’eau doit être disponible immédiatement et les moyens terrestres doivent être renforcés. Il faut investir dans les infrastructures de stockage, réduire la pression exercée sur les réseaux d’eau potable et préparer les prochaines années sans attendre.
Il faut également penser à l’après. Une forêt détruite ne se reconstitue pas en quelques mois. Sa restauration exige du temps, de la méthode et une vision de long terme.
Les forestiers le rappellent depuis des années : une piste forestière n’est pas une atteinte à l’environnement, pas plus qu’un débroussaillement raisonné n’est un renoncement écologique. La véritable menace pour la biodiversité, pour les paysages et pour les populations, c’est le feu lui-même.
L’État doit retrouver sa vocation première : protéger, soutenir et sanctionner ceux qui détruisent, plutôt qu’empêcher ceux qui protègent.
Dans cette épreuve, la France montre son plus beau visage : celui du courage, de la responsabilité et de la solidarité.
Et, une fois encore, ce sont les maires qui tiennent la ligne de front.