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« Il y a une dynamique autour de ma candidature », lance David Lisnard

Maire de Cannes (Alpes-Maritimes), président de l’Association des maires de France, le quinquagénaire est candidat à la présidentielle 2027. David Lisnard a déjà ses 500 signatures. « Je veux changer le système en libérant l’économie, en travaillant sur le régalien et l’éducatif. Nous n’avons pas d’autre solution que de proposer un changement, radical et raisonnable. » Un entretien accordé à Ouest-France.

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OUEST FRANCE

David Lisnard espère atteindre les 100 000 adhérents à son parti Nouvelle énergie d’ici à Noël. Celles et ceux qui le soutiennent : des élus locaux, notamment. « Je bénéficie aussi d’une vague d’adhésions venant du monde de l’entrepreneuriat et de la fonction publique. Des fonctionnaires en quête de sens, voulant être libérés de la bureaucratie. Et puis, nouveauté : les jeunes. Récemment, à notre grande surprise, nous en avons réuni plus de 400 dans un bar », explique le Cannois.

Vous avez été l’un des premiers à annoncer l’obtention de vos 500 signatures, pour vous présenter à l’élection présidentielle. Votre candidature prend progressivement de l’épaisseur. Comment l’expliquez-vous ?

Je travaille, fais énormément de terrain. Je suis allé dans quasiment tous les départements, discrètement, sans caravane publicitaire. Je visite des entreprises, discute avec les habitants… Cette immersion porte ses fruits.

Vous êtes très présent sur les réseaux sociaux, notamment en vidéo…

Cela ne me prend que 0,1 % de mon temps, mais cela a un effet démultiplicateur que j’avais prévu dès le mois de juin. J’en suis à quatre vidéos diffusées par jour. Je viens d’en tourner une quarantaine de nouvelles, que nous allons égrener au fil du temps. L’impact est réel. Je bénéficie, actuellement, d’une forte croissance d’audience sur mes réseaux sociaux, que j’anime moi-même.

Avec un impact sur le nombre d’adhésions à votre parti, Nouvelle énergie ?

Forcément. Encore mardi, nous avons reçu deux mille adhésions supplémentaires. Nous visons les 100 000 à Noël. Cela se traduit aussi dans les réunions publiques. À Benfeld, dans le Bas-Rhin, une commune de six mille habitants, nous étions 1 200 dernièrement. On a dû refuser du monde. Ma force est d’être hors système et de tenir le même discours, constamment. L’équipe qui est derrière moi se renforce. Nous en sommes à douze salariés chez Nouvelle énergie. On agrandit les locaux du siège à Paris. Pour autant, je ne m’emballe pas, mais il y a objectivement une dynamique. Il se passe quelque chose.

Qui vous soutient ?

Il y a beaucoup d’élus locaux, ces femmes et ces hommes ne vivant pas de la politique : agriculteurs, professions libérales, chefs d’entreprise, retraités… Ensuite, je bénéficie d’une vague d’adhésions venant du monde de l’entrepreneuriat et de la fonction publique. Des fonctionnaires en quête de sens, voulant être libérés de la bureaucratie. Et puis, nouveauté : les jeunes. Récemment, à notre grande surprise, nous en avons réuni plus de 400 dans un bar. Cette jeunesse est, à la fois, de gauche et de droite. Certains ne veulent pas se laisser enfermer par Jean-Luc Mélenchon. D’autres soutenaient Jordan Bardella, mais pas Marine le Pen.

On dit, ici ou là, que votre candidature commence à inquiéter Les Républicains et Bruno Retailleau ?

Je n’en sais rien. Je ne veux de mal à personne. Je poursuis ma route pour essayer de changer le système en libérant l’économie, en travaillant sur le régalien et l’éducatif. Nous n’avons pas d’autre solution que de proposer un changement, radical et raisonnable. Il ne faut surtout pas laisser le monopole de ce changement à celles et ceux qui vont amplifier le problème, la France insoumise et le Rassemblement national.

« Ce que je propose, c’est une primaire ouverte, permettant de confronter les projets et les personnalités, de rompre avec le macronisme. Sans primaire, on va tout droit vers un duel Le Pen-Mélenchon. »
David Lisnard

Défendez-vous toujours une large primaire à droite ?

Je n’ai pas changé d’avis. Voilà deux ans que je le dis. Cette primaire est une évidence. La gauche a été capable de le faire et on n’est pas plus idiots. Edouard Philippe a des qualités humaines que je ne nie pas, mais lui comme Gabriel Attal doivent passer la main. Ils ont dirigé et cela n’a pas marché. Quel que soit le discours qu’ils tiennent, ils restent inaudibles. Je leur propose de les affronter dans une primaire. J’espère gagner. Si je perds, je me tairai, mais sans soutenir, ni nuire.

Mais ni Edouard Philippe, ni Xavier Bertrand ne veulent cette primaire…

Qu’ils nous disent, alors, ce qu’ils proposent. S’ils refusent toujours cette primaire, j’ose espérer que ma candidature, en train de prospérer, créera une forte adhésion, une mobilisation en début d’année prochaine. Ce qui me permettra de l’emporter. Je ne renoncerai pas à ma démarche parce que certains estiment que le pouvoir leur est dû.

Avez-vous reçu le courrier d’Edouard Philippe, invitant la droite et le centre à « entamer le dialogue dans la première quinzaine de novembre, en vue de la présidentielle et des législatives » ?

Oui, je l’ai bien reçu. Je vais lui répondre. Je vais le remercier de cette proposition de rencontre. Je suis toujours d’accord pour parler, à condition que ce ne soit pas une perte de temps. Il a raison de dire que les électeurs de la droite et du centre ne nous pardonneraient pas un échec provoqué par la multiplicité des candidatures. Mais le dialogue qu’Edouard Philippe appelle de ses voeux ne suffira pas à départager les candidatures. Ce que je propose, c’est une primaire ouverte permettant de confronter les projets et les personnalités, de rompre avec le macronisme. Sans primaire, on va tout droit vers un duel Le Pen-Mélenchon.

Quelle primaire souhaitez-vous ?

Une grande primaire, ouverte largement à la droite et au centre, sans exclusive. Il faut être le plus large possible pour susciter de l’intérêt. L’idéal serait de la faire en décembre-janvier. C’est un acte de campagne, pas du temps perdu !

« En pénalisant les gens sur le terrain, ceux qui bossent et sont rigoureux, on ne va pas rétablir les comptes publics. »
David Lisnard

Le débat budgétaire 2027 a démarré à l’Assemblée. En tant que président de l’Association des maires de France, craignez-vous que les communes soient maltraitées ?

Nous savons qu’il y aura des coupes dans nos budgets. Mais cette approche de l’État ne marche pas. Cette politique ne rétablit pas les comptes publics et a même un double effet négatif. Elle porte atteinte aux services publics locaux et accable les contribuables.

De quelle manière ?

C’est un peu comme quand on surprélève les entreprises : à la fin, il y a moins d’activité et il n’y a pas plus d’argent dans les caisses puisque l’on bride le moteur de la croissance. Ce qu’endurent les maires, c’est la même chose. En pénalisant les gens du terrain, ceux qui bossent et sont rigoureux, on ne va pas rétablir les comptes publics.

Vous le répétez chaque année, mais Matignon ne l’entend pas…

Et pourtant, la réalité nous donne raison, la dette de l’État continue d’augmenter. Ce qui affaiblit les comptes publics, c’est la hausse des prélèvements obligatoires sur ce qui fonctionne. Prenons un exemple : le fameux Dilico 1 et 2. L’État emprunte de l’argent aux communes, en ne remboursant que 90 % du capital. C’est de la folie ! C’est comme si un Français allait voir son banquier, lui demandait un prêt de 100 000 €, tout en lui expliquant qu’il ne remboursera que 90 000 € et le tout sans intérêt ! Le banquier appellerait immédiatement l’hôpital psychiatrique. Rien que dans ma commune de Cannes, le Dilico représente 480 000 € en moins cette année.

Craignez-vous un Dilico 3 ?

Le gouvernement nous annonce une « contribution progressive à l’effort budgétaire ». Ce qui est pire, parce qu’il s’agit là d’un Dilico déguisé, sans remboursement. C’est complètement dingue, d’autant plus que ce n’est pas le seul prélèvement obligatoire que les communes subiront. Cette année, à Cannes, je vais me faire piller !

« Le système s’effondre. Le centralisme ne marche plus. Il faut libérer les énergies locales. »
David Lisnard

Avec ces prélèvements en plus et cet argent en moins, allez-vous réduire vos investissements ?

On essaie toujours de serrer les boulons, mais ce manque d’argent peut effectivement se traduire par une hausse de la fiscalité, par une possible dégradation des services de proximité, ou par une baisse de l’investissement. Puisque la plupart des maires refusent de taxer davantage leurs habitants, c’est l’investissement qui va en pâtir. Ce qui va avoir un effet récessif important. Le système s’effondre. Le centralisme ne marche plus. Il faut libérer les énergies locales. Je suis exaspéré que les gens du terrain ne soient jamais entendus par Paris. On nous flatte, nous les maires, avant notre congrès annuel de novembre et on nous maltraite après. J’en ai assez !