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«Il faut vite remettre de l’ordre au service de la liberté»

Invité de CNews dans Face à Thierry Cabannes dimanche 4 octobre, David Lisnard est revenu sur les violences autour des mobilisations lycéennes, l’instrumentalisation politique de la jeunesse, le rôle de la justice et la nécessité de restaurer l’autorité. Face au désordre, le président de Nouvelle Énergie appelle à une réponse ferme, mais aussi à un véritable combat éducatif et culturel.

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Visuel cnews 4 octobre

Pour David Lisnard, les violences observées autour des mobilisations lycéennes ne peuvent être réduites à l’expression spontanée d’une colère de la jeunesse. Si des revendications matérielles ou liées au fonctionnement des établissements peuvent être légitimes et doivent être traitées localement, il dénonce une mécanique politique visant à exploiter ces mécontentements.

« Cette mécanique, elle est politique », explique-t-il, décrivant une stratégie consistant à « faire émerger une revendication, à transformer cette revendication en manifestation et à essayer de transformer la manifestation en insurrection ».

Le maire de Cannes cite notamment l’interpellation, dans sa commune, d’un militant adulte venu d’une autre ville au cours des mobilisations. Pour David Lisnard, il faut empêcher que les lycéens deviennent les instruments de stratégies politiques qui les mettent eux-mêmes en danger.

« On ne va pas vous laisser instrumentaliser nos enfants »

Face aux appels à manifester de Jean-Luc Mélenchon, David Lisnard adresse un avertissement clair : « On ne va pas vous laisser instrumentaliser nos enfants. On ne va pas vous laisser mettre nos enfants en danger. On ne va pas vous laisser dénigrer la police, les enseignants. »

Il appelle les parents à se mobiliser et rappelle la nécessité de protéger les enseignants comme les chefs d’établissement.

La réponse passe aussi, selon lui, par une intervention rapide des forces de l’ordre lorsqu'apparaissent des violences : « Plus on intervient tôt pour extraire les individus délinquants, voyous, de manifestations, quelles qu’elles soient, mieux on règle le problème. »

Dissoudre le Syndicat de la magistrature

Interrogé sur les prises de position du Syndicat de la magistrature, David Lisnard réaffirme une position qu’il défend depuis plusieurs années : sa dissolution.

Il ne remet pas en cause le principe même de la syndicalisation des magistrats. Les syndicats ont, selon lui, toute leur légitimité lorsqu’ils défendent les moyens de la justice, qu’il juge profondément insuffisants. « On a une justice qui s’est clochardisée depuis une quarantaine d’années », dénonce-t-il.

Mais cette liberté syndicale ne peut conduire à la politisation de la justice : « Oui au droit à la syndicalisation dans la magistrature, mais pas à des syndicats politiques. »

David Lisnard rappelle notamment l'épisode du « mur des cons », la participation du syndicat à la Fête de l’Humanité et ses prises de position publiques. Pour lui, l’enjeu dépasse les clivages politiques : l’impartialité constitue la condition même de l’indépendance de la justice.

Un combat policier, judiciaire, mais aussi culturel

Le rétablissement de l’ordre ne saurait toutefois se limiter aux réponses policière et judiciaire. David Lisnard insiste sur la nécessité d’un « combat culturel », qui commence par l’éducation.

Il dénonce le discours de désespérance adressé à une partie de la jeunesse, notamment à travers l’idéologie de la décroissance, et défend au contraire une instruction exigeante et la transmission de la culture française.

« Il faut qu’ils soient fiers de la culture française », affirme-t-il. L’école doit permettre de rassembler des jeunes d’origines et de conditions sociales différentes autour d’une culture commune et leur donner les moyens d’affronter un monde toujours plus compétitif.

Pour David Lisnard, l’exigence n’est pas une contrainte imposée à la jeunesse, mais une condition de son émancipation.

« Remettre de l’ordre au service de la liberté »

Enfin, interrogé sur les violences visant les policiers, David Lisnard rappelle la difficulté de leur mission et refuse les procès d’intention systématiques : lorsqu’une faute est commise, elle doit être sanctionnée, mais les forces de l’ordre doivent pouvoir exercer leur mission et être protégées.

Il propose également de développer des établissements disciplinaires afin d’extraire des classes les élèves les plus violents, à la fois pour les remettre sur le bon chemin et pour protéger les autres élèves.

Loin de considérer la situation comme irrémédiable, David Lisnard conclut sur la nécessité d’agir rapidement :

« Tout ça n’est pas désespéré du tout, mais il faut vite, vite remettre de l’ordre au service de la liberté, de la responsabilité, de la dignité humaine. C’est le combat que j’essaie de porter. »