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Nouvelle Énergie pour la France

«Il faut éliminer les macronistes» : David Lisnard veut une compétition à droite avant le 1er tour de la présidentielle

Samedi soir, le président de Nouvelle Énergie, candidat à l’élection présidentielle, a répété son intention de ne jamais gouverner demain avec des macronistes mais s’est dit prêt à les affronter dans une compétition ouverte, avant le 1er tour. Un article d’Emmanuel Galiero paru dans Le Figaro.

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DL Butte entrée

«Une société augmentée dans laquelle la politique sera remise à sa juste place, avec une réorganisation de l’État permettant aux Français, emprisonnés dans la cage du Smic , d’être les grands gagnants d’une France performante». Avant de grimper sur les planches de la Butte Saint-Cassien à Cannes, en pleine effervescence d’un campus de rentrée bouillonnant, David Lisnard résume au Figaro l’un de ses messages les plus forts du jour. C’est une autre manière de défendre sa vision de sa «grande France» annoncée au début de l’été.

L’autre point fort soutenu samedi soir par le candidat à la fin de son discours samedi soir est son offensive en faveur d’une primaire élargie à droite. Rappelant une nouvelle fois son refus de gouverner demain avec «les gens qui nous ont emmenés dans le mur», David Lisnard défend avec force l’idée d’une «compétition» au nom d’un principe de réalité imposant, selon lui, d’éviter autant la « division » que la « compromission des projets ». «Je n’irai pas avec eux mais je veux bien les affronter avant. Il faut éliminer les macronistes avant le 1er tour. Je leur propose une grande compétition en fin d’année. Vient qui veut. Je veux une compétition. Qui a peur de la compétition ? », interroge-t-il énergiquement. Le candidat est convaincu que tous les opposants à l’idée d’une primaire se retrouvent peu à peu dans une impasse. Une impasse imposée par la concrétisation d’une primaire annoncée à gauche et par l’effacement progressif de ceux qui seront jugés responsables des renoncements français après dix années d’impuissance.

Manifestement, le maire de la célèbre cité portuaire du sud de la France veut marquer les esprits et rappeler sa détermination à incarner une alternance. La marche est haute, les bons sondages se font attendre et la notoriété reste un défi mais plus le temps passe, plus le président de l’Association des maires de France entend peser dans l’échiquier de cette précampagne présidentielle. Et faire la démonstration qu’il est en mesure de réunir les moyens nécessaires pour aller le plus loin possible. C’est lui qui a choisi «La Gagne» comme titre générique de cette rentrée, célébrée sur les hauteurs de Cannes avec constance, depuis dix-huit ans.

Pour ses soutiens, les dés sont encore loin d’être jetés et à les entendre, cette idée d’une large primaire de la droite serait en train de reprendre des couleurs. Certains, à l’instar du directeur de campagne Philippe Castanet, croient deviner quelques inflexions sur le sujet, notamment du côté d’Édouard Philippe et même de Bruno Retailleau.

«Masochisme anti-France»

En attendant, David Lisnard, chemise blanche et large sourire, surgit en courant vers son public sur un air de Presley remixé («A little less conversation»), qui pourrait faire de lui le candidat le plus rock du plateau. «Est-ce que vous voulez que les Français soient enfin les grands gagnants d’une élection présidentielle ?», lance-t-il à ses soutiens, avant de leur annoncer qu’ils sont au bon endroit pour atteindre l’objectif. Bon sens, travail, investissement, amour des Français, foi en la nation et espérance «sans laquelle rien n’est possible»… Le candidat déroule les axes connus d’un projet dans lequel il insiste aussi sur l’éducation et la culture. Il s’oppose d’emblée au «masochisme anti-France» de l’extrême gauche, incarnée à ses yeux par Jean-Luc Mélenchon et s’engage à porter une «aventure collective», en écho aux propos introductifs de la députée Alexandra Martin qui, quelques minutes plus tôt, annonçait un moment de «communion». Elle saluait aussi la participation de nombreuses personnalités politiques, dont Hervé Morin, Alain Madelin, Hervé Novelli et Jean-Louis Borloo, auteur d’un message vidéo enregistré invitant à prévoir une «équipe ultra-préparée» pour réparer un «système sclérosé».

Comme souvent, David Lisnard illustre sa vision du pays en s’appuyant sur sa conception de l’administration d’une collectivité locale comme Cannes. Quelle serait sa première mesure à l’Élysée ? Installer un «DRH de l’État», soutient l’élu, assurant être aux premières loges de toutes les urgences du pays depuis son siège de maire. «Insécurité», «immigration non maîtrisée», «catastrophes naturelles», «folie technocratique»… «Je suis candidat à la présidentielle parce que je fais ces constats !», assure-t-il, avant de partager son exaspération face aux absurdités administratives. «Si je me présente, c’est pour faire gagner le pays réel», insiste-t-il encore. Il promet que «pas une seule norme ne pourra contredire une autre norme». Même volontarisme affiché contre le «déclassement français» et pour l’actionnariat. Il défend une philosophie garantissant à «tous les Français» de devenir «copropriétaires des entreprises françaises». C’est l’idée d’un «capitalisme populaire» développée par un libéral dont Pierre Gattaz, ex-président du Medef (invité vedette du campus samedi), pense le plus grand bien. En revanche, David Lisnard ne comprend pas comment Emmanuel Macron peut encore être qualifié de président libéral, compte tenu de ses résultats sur les finances publiques et sa tendance à vouloir «contrôler la démocratie».

«Pas de richesse sans travail»

Défenseur de la rentabilité du capital, il martèle qu’il n’y a pas de «répartition de richesse sans travail», après une phrase d’ironie sur l’annulation de la dette à la sauce LFI. «Quand il y a une dette, le camarade Mélenchon ne sait pas qu’il y a un créancier», lâche-t-il sous les applaudissements. C’est le moment choisi pour partager une ambition économique s’engageant à assainir les comptes publics, baisser la dépense et la fiscalité, libérer l’héritage, rendre compétitifs les investissements, lutter contre l’idéologie égalitariste, rendre du pouvoir d’achat, supprimer les agences régionales de santé, relancer une politique du logement, augmenter le pouvoir des maires, restaurer la vitalité démocratique «comme en Suisse», faire primer le droit à la maîtrise de l’immigration sur le droit au regroupement familial… «Oui nous allons redonner le pouvoir au pays réel», répète David Lisnard.

Au terme d’une longue et chaude soirée cannoise, le candidat à la présidentielle a conclu sur les moyens à mettre en œuvre pour remporter une élection présidentielle. «Il nous faut arriver à convaincre en organisant une compétition», soutient-il une fois encore, en remerciant Hervé Morin pour son initiative récente, annoncée dans Le Figaro . «S’ils ont peur de la compétition, qu’ils ne se présentent pas aux élections», lâche enfin l’orateur. Ses soutiens s’enflamment. David Lisnard aussi. «Je vous demande solennellement de porter la voix de la liberté, d’aller dans toute la France et de faire gagner le projet pour la liberté».