Hors des LR, David Lisnard n’enterre pas la primaire et vise l’objectif de «gagner la présidentielle»

Le président de Nouvelle Énergie confie au Figaro son refus de se laisser enfermer dans le rôle de «rabatteur du libéralisme». Il veut être le candidat de la révolution du bon sens.

le 01 mai 2026
Fig

Le 31 mars, David Lisnard a quitté Les Républicains, où il occupait un siège de vice-président, pour se consacrer pleinement à l’échéance 2027 sous les couleurs de son propre mouvement, Nouvelle Énergie. Il concède une décision pas facile sur le plan personnel mais attendue par une « immense majorité » au sein de sa formation, même si certains souhaitaient qu’il reste LR.

Mais un mois après son départ, le maire de Cannes a le sentiment d’avoir eu raison de s’éloigner d’une « ambiguïté » et reste guidé par une double ambition : « Ma finalité, c’est le redressement du pays. Mon objectif, c’est gagner la présidentielle. Mais pour bien diriger la France, s’il faut gagner une élection, il faut aussi être capable de refuser le pouvoir quand celui que l’on vous propose vous empêche d’agir ou trahit vos convictions. » Derrière cette confidence, l’élu pense notamment aux missives qu’il adressait à Bruno Retailleau pour le mettre en garde face à « l’erreur fondamentale » d’accorder sa confiance à François Bayrou et de participer à un gouvernement macroniste. Car pour David Lisnard, le résultat est que « tout le monde est convaincu » que les LR sont engagés dans le gouvernement.

Partisan d’une primaire élargie à tous ceux qui se situent à droite, le candidat a constaté que Les Républicains avaient écarté cette solution et considéré que les jeux étaient faits au sein du parti LR. Il a donc choisi de quitter le mouvement pour aborder la compétition autrement, avant que Bruno Retailleau soit désigné candidat officiel des Républicains. Mais David Lisnard continue de plaider pour un mode de sélection qu’il défend comme le meilleur moyen d’éviter « deux dangers absolus : la division qui fait perdre une élection et la compromission qui fait perdre le pays ».

« Tuer son chien »

Si le chef des LR juge le match « plié » au sein des Républicains, le maire de Cannes continue de défendre « inlassablement » la piste d’une grande primaire, en se félicitant de voir que celle-ci « recueille chaque jour de nouveaux adeptes ». Il cite Gérald Darmanin, Laurent Wauquiez, Aurore Bergé, Philippe Juvin, Jean-François Copé, Hervé Morin, Sarah Knafo ou encore Éric Zemmour… Hors de question pour le président de Nouvelle Énergie de rester bloqué dans l’idée d’une primaire impossible, comme cela semble pourtant se dessiner tant paraît grande l’absence de volonté exprimée chez LR, Horizons ou Renaissance. « Je ne vais pas me laisser enfermer par le refus d’affronter la compétition, venu de quelques notables. Ce serait trop facile », prévient-il, en balayant l’argument du manque de temps pour organiser une primaire élargie. « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage », critique David Lisnard, convaincu que l’organisation de cette compétition est une question de volonté. « La présidentielle a lieu dans un an. On peut très bien définir des modalités dans les prochaines semaines et l’organiser soit en juillet, soit en octobre ou novembre. »

Lucide face aux obstacles posés par « ceux qui font tout pour que cela ne soit pas jouable », le maire cannois leur reproche de prendre le risque de préparer l’échec de la droite, comme celui du pays. Mais compte tenu de la difficulté à rassembler tout le monde, cette idée de primaire n’est-elle par mort-née ? « Peut-être mais pas forcément car tout dépend de qui veut y venir et moi je parle à tout le monde. Si on arrive à avoir Darmanin, Dupont-Aignan, Zemmour et une figure de l’UDI, cela pourrait marginaliser ceux qui la refusent. » David Lisnard ajoute un avertissement : « Ceux qui auront refusé la primaire ne seront pas plus légitimes pour aller jusqu’au bout que ceux qui l’ont proposée. »

15 000 adhérents

Depuis son départ des LR, l’élu local et président de l’Association des maires de France, s’est consacré à deux activités parallèles : la gestion de sa commune, qui continue de nourrir sa démarche nationale selon une approche « concrète » des réalités, et le développement de son mouvement politique. Il continue de dresser la liste des « rigidités » qui, pénalisent la France. Il veut aussi défendre les « potentialités » du pays, à l’image de la centrale souterraine d’énergie marine dont il suit les travaux sur sa commune. Ce serait même, selon lui, un exemple de « créativité » nationale, remarquable sur le plan européen.

Sur le terrain politique, il revendique une progression de Nouvelle Énergie, se réjouit d’avoir franchi le cap des « 15 000 adhérents » et se félicite d’avoir développé des « moyens financiers importants ». « Ce n’est pas encore le parti de masse mais la dynamique est réelle », assure David Lisnard. Sur le fond, il continue de nourrir son projet présidentiel sur tous les sujets : agriculture, sortie de la « dictature bureaucratique », dossier santé dont la présentation est prévue prochainement… Le parti prévoit une quinzaine de rendez-vous thématiques d’ici à la fin de l’année, toutes étant choisies comme autant de leviers pour redresser la France. Le développement numérique fait aussi partie des travaux en cours. « Comme je l’avais prévu, dans le respect de mon plan de bataille, nous changeons de braquet et je rencontre beaucoup de spécialistes, salariés, syndicalistes. Le fond, la forme et les relais : tout se met en place de façon méthodique », promet-il, avant d’annoncer l’organisation prochaine d’un événement consacré aux ralliements d’élus.

Libéralisme et tactique

Identifié très tôt dans le camp des libéraux, David Lisnard n’a jamais considéré que le mot « libéral » était un gros mot, ni accepté l’idée que cet espace fût une « impasse politique ». Au contraire, il est intarissable sur la réalité des acquis du libéralisme qui auraient démontré son efficacité au fil de l’histoire. En revanche, le chef de file de Nouvelle Énergie refuse de se laisser emprisonner dans un schéma et veut mettre en garde l’opinion face aux « expressions tactiques et circonstancielles » déguisées en « revendications libérales », dont l’objectif serait simplement de jouer les rabatteurs de segments électoraux. « Plutôt que d’écouter ce que beaucoup disent, il faut regarder ce qu’ils ont fait », juge-t-il, en pointant les « futures déceptions ou trahisons », dissimulées derrière « l’habileté » de certains candidats. Pense-t-il à l’ex-ministre du Logement macroniste Guillaume Kasbarian, qui vient de lancer son Parti de la liberté sur une ligne libérale ? Pas seulement sans doute.

Mais si David Lisnard refuse d’être identifié comme l’un de ces rabatteurs qu’il dénonce, c’est aussi parce qu’il veut proposer un « projet complet » destiné à préparer « la révolution du bon sens ». Un projet appuyé sur quatre piliers : « Liberté individuelle, responsabilité personnelle, propriété privée et dignité de la personne. » Le chef de Nouvelle Énergie ira donc « jusqu’au bout » pour transformer le besoin de liberté en « attente politique majoritaire ». Une autre manière de comprendre que l’ambition de David Lisnard ne doit pas être comprise comme celle d’une simple niche électorale.

Retrouvez cet article sur le site du Figaro en cliquant ici.

Vous êtes d'accord ?

Rejoignez-nous

Adhérer

Recevez les actualités

de Nouvelle Énergie et David Lisnard