Facturation électronique : "Les PME aéronautiques n'ont pas envie de voir leurs secrets commerciaux d'Airbus se retrouver dans la nature", met en garde David Lisnard
David Lisnard, candidat à l’élection présidentielle, a été le premier à demander au gouvernement de suspendre l’entrée en vigueur de la facturation électronique suite au piratage de la DGFiP. Cette cyberattaque a fait fuiter les informations fiscales de 678 000 contribuables dont 285 000 entreprises. Un entretien accordé à la Dépêche.

Pourquoi demandez-vous le report de la facturation électronique ?
Pour plusieurs raisons avec en priorité la cyberfragilité de l’État et de ses services, régulièrement cyberattaqués, qui vont regrouper toutes les lignes de facturation de toutes les entreprises de France. Ensuite parce que l’État confond simplification et standardisation. Le caractère obligatoire est liberticide. L’Union européenne ne demande la facturation électronique que pour les transactions transfrontalières. L’État français surtranspose la directive européenne !
Enfin, cette réforme coûte aux entreprises et ajoute une charge mentale supplémentaire sur les petits patrons. C’est totalement sous-estimé ! C’est une procédure de plus qui s’ajoute aux obligations numériques déjà nombreuses avec les identifiants, les mots de passe, les protocoles informatiques… C’est une complication numérique de plus mise en place car Bercy est incapable de contrôler efficacement les entreprises. Résultat : on impose à tout le monde une procédure lourde qui revient à faire gratuitement le boulot des impôts comme pour la collecte de la TVA !
Le risque de piratage fait-il peser une menace sur nos entreprises ?
À Toulouse, je ne pense pas que les PME aéronautiques aient envie de voir leur prix et les références de leurs pièces vendues à Airbus se retrouver dans la nature ou soumises à une demande de rançon. Avec la faille cyber de la DGFiP, nous avons la preuve vivante que l’État est incapable de garantir l'intégrité et la sécurité des données puisque 678 000 contribuables ont déjà été piratés.
Candidat pour l’élection présidentielle de 2027, vous promettez un grand coup de balai sur la bureaucratie mais est-ce vraiment possible ?
Ce qui est impossible c’est de continuer comme ça. Nous étions dans le top 10 des pays pour la création de richesse par habitant ; nous sommes aujourd’hui 27e ! Notre système enferme les salariés dans le Smic qui gagnent si peu en travaillant à cause du surcoût de la bureaucratie et des charges. Si nous étions au niveau d’administration de l’État allemand, la France économiserait 90 milliards d’euros par an. Notre pays doit se réformer maintenant en prenant exemple sur le général de Gaulle au risque de s’appauvrir.
C’est-à-dire ?
En 1958, durant ses neuf premiers mois au pouvoir, le général de Gaulle a mené une réforme radicale des pouvoirs publics en promulguant 336 ordonnances. C’est une baisse drastique de la dépense publique avec un déficit passé de 6 % à un excédent budgétaire dès la première année.
Quelles seraient vos premières mesures si vous êtes élu président ?
Trois chantiers doivent être menés de front : une politique de prospérité par la liberté d’entreprendre, une politique d’ordre et de sécurité et une réforme de l’enseignement et de la formation. Nous travaillons sur des textes par référendum, lois organiques, lois normales ou ordonnances pour lancer ce plan tous azimuts de redressement. Il se traduira par 200 milliards d’euros d’économies sur le quinquennat dont 80 milliards la première année. 60 % de ces économies seront reversées en pouvoir d’achat aux Français soit 180 à 250 € par mois par ménage.
Pourquoi réclamez-vous une primaire pour la présidentielle ?
Je fais cette proposition pour éviter une division qui ferait perdre. Soit il y a une primaire organisée soit elle se fera de façon sauvage. Si je perds, je respecterai le suffrage et ne ferai pas d’alliance. Et si la primaire ne se tient pas, je serai candidat car j’ai déjà plus de 500 parrainages de maires.
Existe-t-il un espace pour les idées libérales que vous portez ?
Je représente la famille des Français du bon sens qui pèse 70 à 80 % du pays. Je ne me laisse pas enfermer dans une étiquette. Je suis pour la liberté des Français à vivre correctement. Malgré l’État providence qui crée 5 000 € de dette supplémentaires par seconde, je n’ai jamais vu autant de personnes dormir dans leur voiture. Il faut abattre les carcans qui nous appauvrissent pour passer à l’État performance.