David Lisnard sur franceinfo : «À chaque crise, on se rend compte que la France devient faible»
Invité du 7h30 de franceinfo par Alix Bouilhaguet, David Lisnard est revenu sur la flambée des prix des carburants et ses conséquences pour les Français qui travaillent. Il a surtout défendu une rupture avec un modèle qui conjugue niveau record de dépense publique, pression fiscale et affaiblissement des services publics.

« Il y a une exaspération très, très légitime. » Face à la hausse du prix des carburants et à la mobilisation des pêcheurs, David Lisnard a d’abord rappelé la réalité vécue par les professionnels qui veulent simplement pouvoir travailler.
Pour le président de Nouvelle Énergie, cette nouvelle crise révèle surtout une fragilité plus profonde : « À chaque crise, on va se rendre compte que la France devient faible. »
Sortir de « la spirale infernale du court terme »
David Lisnard défend des aides ponctuelles pour les professions directement menacées, notamment les pêcheurs, mais refuse que l’urgence devienne une nouvelle justification à l’augmentation permanente de la dépense et de la dette.
« Ça fait des mois et des années qu’on voit la spirale infernale du court terme qui, en fait, détruit le long terme. »
Il défend notamment la suspension provisoire des certificats d’économies d’énergie afin de faire baisser le prix du carburant sans alourdir directement les comptes publics.
Son constat est celui d’un effet de ciseau : les Français supportent des prélèvements élevés sur leur travail tout en faisant face à une fiscalité importante sur leur consommation. « À force de vouloir faire croire à tout le monde qu’on peut raser gratis, qu’on peut toujours dépenser plus d’argent public, regardez la situation dans laquelle on est : on s’appauvrit. »
80 milliards d’euros d’économies dès la première année
Interrogé sur son objectif de réaliser 80 milliards d’euros d’économies dès la première année, David Lisnard a détaillé plusieurs leviers de réforme de l’État.
Il veut notamment réduire le poids des fonctions administratives, supprimer les doublons entre organismes publics et rationaliser les agences de l’État. Il cite ainsi les multiples structures intervenant dans la santé ou l’environnement et défend une réorientation des moyens vers les missions opérationnelles.
L’objectif n’est pas de diminuer la qualité du service public, mais au contraire de consacrer davantage de moyens aux infirmiers, policiers et agents directement au service de la population.
« C’est parce qu’on dépense plus d’argent public qu’ailleurs qu’on a moins de services publics qu’ailleurs », a-t-il résumé.
David Lisnard s’appuie également sur son action municipale à Cannes, où il affirme avoir réduit la dette et le nombre de fonctionnaires tout en améliorant leur rémunération et en augmentant l’investissement.
« Retrouver de la performance »
Face aux économies demandées aux collectivités, David Lisnard ne conteste pas la nécessité de mieux gérer l’argent public. Il refuse en revanche la logique du « rabot » consistant à prélever davantage sur les collectivités sans réformer parallèlement le fonctionnement de l’État.
« On dirige, on commande, on fait des gains de productivité. On essaie d’utiliser les outils actuels, de la numérisation, pour rendre de la performance. »
C’est cette transformation structurelle qu’il veut porter en 2027 : réduire la dépense improductive et la bureaucratie pour pouvoir simultanément diminuer les prélèvements, restaurer les services publics essentiels et retrouver des marges de manœuvre.
« Je vais faire plus, encore plus »
Interrogé enfin sur la dynamique de sa candidature, David Lisnard a assumé la nécessité d’intensifier sa campagne : « On est toujours responsable des résultats que l’on a. Et donc je vais faire plus, encore plus. »
Il a mis en avant la progression de Nouvelle Énergie et revendiqué une alternative politique issue du terrain, face aux offres qu’il juge étatistes.
Une ligne qu’il entend désormais porter directement auprès des Français : moins de bureaucratie, moins de dépenses improductives et un État recentré sur ses missions essentielles pour « retrouver une France beaucoup plus forte ».