David Lisnard aux Assises de l’AFER : « Être propriétaire, c’est être libre et responsable »
À quelques mois de l’élection présidentielle, l’Association française d’épargne et de retraite (AFER) organisait mardi 29 septembre, à Paris, un « grand oral » consacré à l’avenir de l’assurance-vie et de l’épargne des Français dans la perspective du prochain quinquennat. Invité aux côtés des principaux candidats et représentants des différentes forces politiques, David Lisnard a ouvert les échanges après un tirage au sort. Il a défendu une ligne claire : protéger l’épargne des Français, développer la retraite par capitalisation et rendre à chacun la propriété du fruit de son travail.

Plus de 1 000 adhérents étaient réunis à la Salle Gaveau, à Paris, mardi 29 septembre, pour la 10e édition des Assises de l’AFER.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’Association française d’épargne et de retraite avait décidé de placer les candidats face aux grandes préoccupations des épargnants français. Jérôme Guedj, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, David Lisnard et Xavier Bertrand avaient notamment répondu à l’invitation de l’association.
Après tirage au sort, David Lisnard a été le premier à se soumettre à ce « grand oral » présidentiel, face à Gérard Bekerman, président de l’AFER, et Jean-Paul Chapel, journaliste à France Télévisions.
Un même format et les mêmes grandes questions pour les différents intervenants : fiscalité et héritage, avenir du système de retraite et capitalisation, mobilisation de l’épargne face à la dette publique et avenir de l’assurance-vie.
« Faire en sorte que chacun soit propriétaire de sa vie »
Face au niveau des prélèvements obligatoires et de la dépense publique en France, David Lisnard a d’abord rappelé le principe qui structure son projet économique : permettre à chacun de rester propriétaire des fruits de son travail.
« Cette notion de propriétaire est essentielle. Elle accompagne toute ma démarche et tout mon combat. Comment faire en sorte que chacun soit propriétaire de sa vie ? »
Pour le président de Nouvelle Énergie, la réponse au déséquilibre des finances publiques ne peut passer par une nouvelle hausse des prélèvements. Elle nécessite d’abord une transformation profonde de l’action publique.
« L’optimisation de l’État, la modernisation de l’État, c’est la mère des réformes. »
David Lisnard a ainsi rappelé son objectif de baisse massive de la dépense publique afin de pouvoir diminuer les cotisations et la fiscalité, relancer l’activité économique et retrouver des services publics performants.
« En France, malgré la créativité de la bureaucratie, il n’y a pas de trésor caché. Il n’y a pas de trésor caché qui saurait exonérer l’État de la nécessité ardente de se réformer, de se moderniser, de rechercher l’efficience. »
Une retraite par capitalisation pour devenir propriétaire du fruit de son travail
Interrogé sur l’avenir du système de retraite, David Lisnard a défendu la mise en place progressive d’une capitalisation obligatoire, parallèlement au maintien d'un système par répartition comme filet de sécurité et de solidarité intergénérationnelle.
Face aux bouleversements démographiques et à la baisse de la natalité, il considère que le modèle actuel doit être profondément repensé.
Cette capitalisation doit permettre aux actifs de se constituer progressivement un patrimoine et un revenu pour leur retraite, tout en contribuant au financement de l’économie française.
« Je cotise pour moi, avec des systèmes qui me permettent d’être propriétaire du fruit de mon travail. C’est pour ça que je propose un système de capitalisme populaire. »
Pour David Lisnard, l’enjeu est aussi de permettre aux Français les plus modestes d’accéder à la propriété du capital et de bénéficier de sa création de valeur.
Protéger l’épargne des Français plutôt que la taxer
Autre question centrale de ce grand oral : faut-il mobiliser les milliers de milliards d’euros d’épargne détenus par les Français pour répondre à l'endettement public ?
Pour David Lisnard, la réponse est claire : l’épargne appartient aux Français.
« Être propriétaire, c’est être libre, c’est être responsable, et c’est une question de dignité humaine. »
L’argent épargné a déjà été soumis à l’impôt et la réponse à la situation des finances publiques ne peut donc pas être une nouvelle augmentation des prélèvements.
« Arrêtons d’imposer l’impôt sur l’impôt. Ça ne marche pas. Nous avons de la dette, des services publics qui se dégradent et de moins en moins de liberté. »
David Lisnard défend au contraire une épargne plus libre, plus compétitive et plus stable, capable de financer dans la durée les entreprises françaises et les investissements indispensables à notre économie, notamment dans les nouvelles technologies.
Il propose notamment de libérer davantage les plans d’épargne en actions (PEA) et plaide pour une plus grande neutralité fiscale entre la propriété des entreprises et les créances sur l’État.
« L’épargne, c’est de l’investissement. Donc, c’est la dynamique économique. »
Un engagement clair sur l’assurance-vie
Dernière question posée directement à David Lisnard : s’engagerait-il, s’il était élu président de la République, à ne pas toucher à la fiscalité de l’assurance-vie ?
Sa réponse : « Oui. »
« Je ne prends pas des positions parce que je suis candidat à la présidence de la République. Je suis candidat à la présidence de la République parce que j’en ai assez de faire des constats depuis des années et de voir le gouffre dans lequel on va alors qu’on a tous les atouts pour rebondir. »
Plutôt que d’alourdir la fiscalité des placements existants, David Lisnard veut rendre les autres véhicules d’épargne plus attractifs, développer l’investissement en actions et permettre au capital des Français de financer davantage l’économie productive.
Une philosophie résumée en quelques mots à la fin de son intervention :
« Les épargnants ont un rôle, permettez-moi ce jeu de mots, capital dans l’équation. »
Épargne, retraites, assurance-vie… Revisionnez l’intégralité de l’intervention de David Lisnard lors de la 10e édition des Assises de l’AFER à Paris, mardi 29 septembre 2026.