Selon une étude de l’Insee publiée mardi, un quart des ménages français vivent dans un logement considéré comme sous-occupé, c’est-à-dire avec au moins trois pièces de plus que nécessaire. Le maire Nouvelle Énergie de Cannes, alerte sur les risques d’une nouvelle immersion de l’État dans notre vie privée.

Dans le nouveau service de l’hôpital Simone-Veil, sept lits seront dédiés aux prises en charge courtes et intensives. La volonté ? Faciliter le parcours de soins.

Nous espérons tous une libération rapide de Boualem Sansal. Tant sa détention est un scandale et absurde. L’affaire Boualem Sansal interpelle profondément la conscience collective. Écrivain franco-algérien de stature internationale, injustement détenu en Algérie depuis le 16 novembre 2024, Boualem Sansal incarne un combat essentiel : celui de la liberté d’expression face à l’arbitraire et à l’oppression. Sa détention pour des raisons politiques constitue une atteinte grave aux valeurs démocratiques et humanistes.

Au-delà du soutien dû à l’homme lui-même, dont je suis fier de partager l’amitié, ce qui se joue à travers son destin concerne directement le rôle des intellectuels dans l’espace public, le devoir de protection que chaque État doit à ses citoyens, et la nécessité impérative pour la France d’affirmer sans ambiguïté ses principes fondamentaux face aux dérives autoritaires et liberticides qui s’abattent sur un de ses ressortissants.

Boualem Sansal dépasse la simple dimension littéraire. Originaire de Téniet El-Had en Algérie, doté d’un parcours académique prestigieux, il s’est imposé comme une voix critique incontournable face aux tragédies historiques et politiques de son pays natal. Ses écrits, profondément enracinés dans les souffrances et les convulsions de l’Algérie contemporaine, offrent une réflexion percutante sur les ressorts profonds des systèmes autoritaires et des violences politiques qu’ils engendrent.

Son ouvrage Le Serment des barbares, paru en pleine guerre civile algérienne en 1999, dévoile avec une rare lucidité les réalités brutales d’un pays meurtri par l’affrontement fratricide, la corruption et les abus du pouvoir. Sa plume incisive et courageuse lui confère immédiatement une reconnaissance internationale et le place au centre des grands débats littéraires et politiques de l’époque.

Dans son roman suivant, Le Village de l’Allemand (2008), Sansal élargit son propos en explorant les héritages troubles du nazisme et leurs similitudes alarmantes avec les régimes contemporains autoritaires. Ce récit dérangeant et profondément humain alerte sur les dangers toujours actuels de la haine idéologique et sur les complicités silencieuses qui facilitent l’avènement et le maintien des pouvoirs oppressifs.

Avec 2084 : la fin du monde (2015), Sansal offre une vision prophétique et saisissante des ravages potentiels du fanatisme religieux islamiste. Inspiré explicitement par l’œuvre de George Orwell, ce roman révèle comment les libertés individuelles sont systématiquement mises en péril par les idéologies extrémistes, rappelant ainsi la nécessité d’une vigilance constante et d’une résistance intellectuelle active.

Dans Vivre : le compte à rebours (2024), Boualem Sansal s’inscrit dans une veine résolument dystopique et contemporaine. Ce roman de science‑fiction s’autorise l’ironie voltairienne tout en questionnant l’avenir collectif, l’autorité des institutions et la survie de l’espèce. Dans un style incisif — souvent caustique — il critique la bureaucratie et les dérives religieuses montrant leur impuissance face à la catastrophe cosmique imminente.

En cela, l’engagement littéraire et moral de Boualem Sansal le situe clairement dans une filiation prestigieuse d’intellectuels résistants tels que Soljenitsyne, Vaclav Havel ou Navalny. Par leur courage, ces auteurs ont toujours incarné une résistance morale aux dérives autoritaires de leur époque. Par ses prises de position et la rigueur morale de son œuvre, Boualem Sansal maintient vivante cette tradition essentielle, réaffirmant sans cesse que la liberté d’expression demeure un fondement indispensable à toute démocratie authentique.

Son arrestation, survenue il y a plus de sept mois dans des conditions humiliantes à l’aéroport d’Alger, illustre de manière flagrante la dérive autoritaire d’un régime déterminé à étouffer toute critique intellectuelle. 

Le 24 juin 2025, dans un tribunal algérois barricadé, s’est ouvert un procès en appel qui fera date. Non pas tant pour ses enjeux juridiques que pour ce qu’il révèle d’un rapport franco-algérien vicié et d’un scandale moral qui engage la France tout entière. 

À 81 ans, malade, Boualem Sansal fait face à un réquisitoire alourdi, dix ans de prison ferme pour avoir écrit, pour avoir pensé, pour avoir choisi la langue française et l’universalisme républicain. Son crime ? Des mots. 

Et ce procès, marqué par l’interdiction de séjour infligée à ses avocats français Pierre Cornut-Gentille et François Zimeray, par l’humiliation et l’isolement, n’est pas seulement celui d’un homme : il est celui de la liberté d’expression elle-même. Quand un écrivain paie de sa liberté son courage, c’est toute une société qui vacille si elle détourne le regard.

Cela n’est pas seulement une question juridique ou diplomatique, c’est une question d’humanité et de décence élémentaire. Cette mascarade judiciaire met crûment en évidence la duplicité d’un régime qui proclame officiellement la liberté d’expression tout en la réprimant brutalement dans les faits.

Ce procès politique dépasse largement les frontières algériennes : il interpelle directement la France, nation dont Boualem Sansal est devenu citoyen, et met à l’épreuve sa détermination à défendre sans concessions les principes universels des droits humains.

C’est pourquoi, en tant que maire de Cannes, avec le comité de soutien international fondé par Arnaud Benedetti et présidé par Noëlle Lenoir, nous avons lancé l’opération « Je lis Sansal ». Il fallait créer un élan. Et cet élan a eu lieu. En quelques jours, plus de 200 communes, des libraires, des lecteurs, des écoliers, des acteurs, des écrivains, de toute sensibilité, ont répondu à l’appel. 

Partout en France, des voix se sont élevées pour dire que nous ne nous tairons pas. Que la culture est une flamme, que la liberté est une exigence, que la France ne doit pas devenir une nation amnésique. Lire Sansal, c’est dire que la pensée critique n’est pas un luxe : elle est une urgence.

À Cannes, nous avons fait de la lecture et des humanités un pilier de l’éducation, convaincus, comme le disait Victor Hugo, qu’« un enfant qui lit sera un adulte qui pense ». Car lire, c’est éveiller l’imaginaire, semer la curiosité, former des citoyens éclairés et responsables, et armer les consciences contre l’obscurantisme. C’est préparer les résistances de demain.

Face à cette détention inacceptable, la position de l’exécutif français est clairement insuffisante. Malgré quelques déclarations officielles appelant à la libération de Boualem Sansal, l’action diplomatique concrète reste faible et sans conséquence tangible sur les autorités algériennes. La timidité affichée par le président Emmanuel Macron et le ministère des Affaires étrangères ne peut satisfaire une exigence fondamentale : défendre un citoyen français injustement persécuté, en conditionnant notamment toute coopération bilatérale avec l’Algérie au strict respect des droits fondamentaux. 

Une relation très importante à nos yeux et porteuse d’avenir qui passe aussi par une coopération fluide sur le transfert des ressortissants dans leur pays, qu’il s’agisse du ressortissant algérien et ancien ministre Abdeslam Bouchouareb été condamné en Algérie que la France refuse d’extrader ou plus récemment de l’influenceur « Doualemn » (de son vrai nom Boualem Naman) condamné en France que l’Algérie refuse de récupérer. 

Cette situation est une opportunité majeure pour la France de réaffirmer son engagement historique et moral en faveur de la liberté, non seulement en paroles mais aussi en actes concrets et immédiats.

La détention de Boualem Sansal constitue ainsi un révélateur implacable d’une vérité douloureuse : l’état préoccupant des libertés publiques en Algérie et l’impuissance coupable de la diplomatie française face à une dérive qui nous concerne directement. 

Le régime algérien n’en est pas à son premier fait d’armes liberticide. Mais en s’attaquant à une figure aussi emblématique, il franchit une limite symbolique qui ne peut rester sans réponse ferme et déterminée. Ce qui est en jeu, c’est notre crédibilité sur la scène internationale, notre capacité à incarner les idéaux qui ont façonné l’histoire de la France, et notre engagement réel envers nos concitoyens injustement traités à l’étranger.

La mobilisation autour de l’opération « #JelisSansal », témoigne que face à l’arbitraire, les citoyens, les élus locaux, les intellectuels et la société civile savent se dresser avec courage pour rappeler que la liberté d’expression est au cœur de notre identité nationale.

Nous devons prolonger cette mobilisation, l’amplifier, car à travers Boualem Sansal, ce sont toutes nos libertés fondamentales qui sont directement visées. Chaque commune française qui rejoint cet appel renforce la pression morale sur le gouvernement algérien, rappelant que la France ne plie pas devant l’injustice. L’histoire nous enseigne qu’une société qui renonce à défendre ses intellectuels, qui accepte l’intimidation, finit toujours par se dissoudre dans l’autocensure et la peur. Nous ne voulons pas de cette France-là.

Le temps des formules vagues, des déclarations sans conséquence et des appels creux à une confiance aveugle envers le régime du président Tebboune est terminé. Ce que nous demandons, c’est une diplomatie claire et active, appuyée par des gestes forts. Il est urgent de signifier à l’Algérie que le respect des droits fondamentaux n’est pas une option négociable.

Depuis trop longtemps, la diplomatie française s’est enfermée dans une posture de repentir systématique, multipliant les mea culpa envers un régime algérien qui, au lieu de rechercher l’apaisement, affiche une intransigeance grandissante. 

Cette logique de culpabilisation permanente n’a pas ouvert la voie au dialogue ; elle a au contraire nourri le mépris et encouragé l’arrogance d’un pouvoir autoritaire qui instrumentalise l’histoire pour justifier ses dérives présentes. En acceptant de se placer dans une position de faiblesse, nos gouvernants ont donné des gages à ceux qui bafouent nos principes et s’en prennent à nos compatriotes

La crise diplomatique majeure qui oppose la France et l’Algérie, exacerbée par les tensions migratoires et la question du Sahara occidental, ne peut servir de prétexte à l’immobilisme. Bien au contraire, cette crise impose au gouvernement français de redéfinir avec lucidité et courage les termes de notre relation avec Alger. 

À l’occasion symbolique du verdict prévu pour le 1er juillet et de la fête nationale algérienne du 5 juillet, la France doit mettre tout son poids diplomatique pour exiger une grâce présidentielle immédiate. 

Si cette grâce n’était pas accordée, elle devrait en tirer les conséquences immédiates, sans aucune hésitation : réviser en profondeur les accords de 1968, conditionner fermement la délivrance des visas et suspendre toute coopération bilatérale jusqu’au rétablissement de conditions dignes pour notre compatriote.

La France ne doit plus être cette nation qui renonce à défendre ses principes et ses citoyens par peur de froisser un régime hostile. La posture diplomatique actuelle, empreinte d’une forme de soumission résignée, dessert nos intérêts, trahit nos valeurs, et renforce paradoxalement l’arrogance d’un régime algérien qui s’enhardit devant notre faiblesse. Il faut désormais que notre voix retrouve toute son autorité morale et sa force politique.

En ce sens, l’affaire Boualem Sansal dépasse largement la question individuelle : elle interroge la manière dont la France conçoit son rôle international et ses responsabilités historiques. Notre pays, héritier des Lumières, patrie de Voltaire, de Hugo, de Camus, ne peut accepter sans réagir qu’un écrivain français soit emprisonné pour le simple crime d’avoir pensé librement, écrit courageusement, dénoncé lucidement les dérives totalitaires et promu l’universalisme.

Il est temps de réaffirmer haut et fort que la liberté d’expression est une ligne rouge, non négociable, et que nous serons toujours aux côtés de ceux qui, au péril de leur vie, luttent pour défendre cette liberté face à l’obscurantisme, au fanatisme et à l’arbitraire. Le destin de Boualem Sansal symbolise ce combat universel, rappelant que la Liberté est une exigence permanente et que la France doit en être une gardienne intransigeante.

Chaque élu, chaque écrivain, chaque intellectuel, chaque artiste, chaque citoyen français doit aujourd’hui s’unir derrière cette cause fondamentale. Nous n’avons pas le droit de détourner les yeux, de rester silencieux, car notre silence ferait le jeu de ceux qui souhaitent réduire au silence toute voix libre. Face à l’indifférence coupable de certains, notamment de cette extrême gauche qui choisit ses indignations selon ses convenances idéologiques, la mobilisation massive des communes françaises constitue un acte fort, clair et noble : elle rappelle que l’honneur et le courage sont des valeurs encore vivantes dans notre pays.

Notre appel est une réponse à tous ceux qui croient pouvoir enfermer la pensée dans une cellule étroite, briser une plume courageuse, étouffer une voix libre. À ceux-là, nous disons : vous avez déjà échoué. Car le nom de Boualem Sansal résonne déjà comme un symbole de résistance, de dignité et d’espoir. Il nous appartient désormais d’obtenir sa libération immédiate et sans condition, pour affirmer avec force que la France, fidèle à son héritage universel, ne reculera jamais devant les ennemis de la liberté. Cette bataille-là, nous devons la gagner, car c’est une bataille pour la dignité, pour l’honneur de notre pays et pour l’avenir même de la Liberté.


Une tribune de David Lisnard parue sur le média Rupture, à retrouver ici.

Retrouvez la tribune de David Lisnard, cosignée par plusieurs maires du littoral méditerranéen, parue dans Nice-Matin le dimanche 29 juin 2025.

Paris Match a suivi David Lisnard lors de son déplacement dans les Landes et en Gironde, à la rencontre des élus, des acteurs économiques et des citoyens. Une immersion au cœur d’un terrain où se dessine une autre vision de l’action publique.

Retrouvez la chronique de David Lisnard pour l’Opinion.

ENTRETIEN – En marge de son déplacement en Mayenne et en Maine-et-Loire, David Lisnard a répondu aux questions de Ouest-France.

Pour David Lisnard, la France ne peut plus faire l’économie d’un nouveau cycle. « Nous sommes arrivés au bout du bout d’une façon de gouverner. On vient de passer derrière l’Italie en création de richesse par habitant, derrière l’Espagne en industrie manufacturière. On n’a jamais dépensé autant d’argent public et on a 24 % d’urgences hospitalières saturées, qui ne peuvent plus assurer la continuité du service public. On recrute des fonctionnaires, mais il n’y en a plus sur

le terrain à cause de la bureaucratie… » Maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF), il répond aux questions de Ouest-France.

À neuf mois des élections municipales, sentez-vous un désir d’engagement chez les Français ? Le mandat d’élu local intéresse-t-il toujours ?

Difficile à dire. Nous ne sommes pas encore entrés dans le temps de la campagne. Mais la France se caractérise toujours par sa force civique, avec près de 500 000 élus locaux, dont une large majorité de bénévoles. J’ai donc le sentiment que oui, les vocations seront encore au rendez-vous en mars 2026.

Pour autant, les démissions de maires n’ont jamais été aussi

nombreuses. Comment les éviter ?

Les maires ne demandent pas à être aidés ou assistés. Ils veulent pouvoir travailler. Or, depuis une vingtaine d’années, les obligations pesant sur nous n’ont jamais été aussi fortes. Et parallèlement, les pouvoirs des maires ont été réduits. C’est l’élément fondamental de la démotivation des élus. Voilà pourquoi, en 2025, nous avons quatre fois plus de départs de maires et d’adjoints qu’en 2005. Dont beaucoup d’hommes et de femmes élus en 2020.

La faute à la bureaucratie ?

Elle nous étouffe. Le nombre d’articles du Code général des collectivités territoriales a ainsi triplé en deux décennies. Le Code de l’environnement est passé de 100 000 mots en 2012 à un million en 2022. Et cela continue. Tout cela crée une difficulté d’action juridique, mais aussi financière puisque nous avons perdu notre levier qu’est la taxe d’habitation. Et pour couronner le tout, on nous impose des règles parfois contradictoires. Depuis le 1er janvier, une loi nous demande de créer des emplois dans les crèches, mais dans le même temps, il nous faut baisser les dépenses…

L’État comprend-il le désarroi des élus locaux ?

Dans les discours, il faut le reconnaître, on est plus aimable avec nous qu’avant. Mais nous ne demandons pas à être flattés, nous ne demandons pas l’assistanat de l’État. On demande juste à pouvoir travailler. La France doit libérer l’action et la création. Bien sûr qu’il faut des normes et réglementations, mais c’est comme le cholestérol : il en faut de la bonne.

Mi-juillet, François Bayrou présentera son plan d’économies de 40 milliards pour 2026. Craignez-vous que les communes soient encore obligées de se serrer la ceinture ?

Ce que je crains surtout, c’est que ce ne soit pas un plan d’économies, mais un plan de prélèvements supplémentaires. Or, pour moi, des économies, ce sont des suppressions de charges. Je mets en garde l’État : il ne doit surtout pas s’attaquer aux capacités d’investissement des collectivités locales, représentant 75 % de l’investissement public. Moins l’État est capable de se

réformer, plus il prélève les entreprises, les ménages et les collectivités. Moins il est capable de réduire ses dépenses de fonctionnement, plus il s’attaque aux dépenses d’investissement.

Quelles sont les charges que vous souhaitez voir allégées ?

Que l’État, ses agences et directions cessent de nous imposer des études inutiles sur nos projets. Il y a quinze ans, un projet se montait en dix-huit mois. Aujourd’hui, il demande quatre ans. Ce sont des surcoûts énormes pour les collectivités. Un exemple : pour pouvoir réutiliser les eaux usées traitées de ma station d’épuration, m’en servir pour arroser les espaces verts

et les stades de foot au lieu de les rejeter dans l’eau de mer, je suis obligé tous les ans de faire les mêmes dossiers, les mêmes études. Nous avons, par ailleurs, lancé un projet de construction d’un ouvrage de rétention des eaux protégeant une partie de la population cannoise. Sur ce dossier, je n’ai aucun recours, mais on me demande une énième étude parce que la tortue Hermann vient frayer dans la zone. Or la tortue n’est pas débile. Elle a compris qu’elle va devoir se déplacer de quelques mètres !

La fin des zones à faibles émissions, est-ce une bonne chose ?

Oui, parce qu’elles n’apportent rien à l’environnement, ni à la santé publique, contrairement à ce que raconte la ministre de façon très populiste. Ces ZFE sont extrêmement pénalisantes pour les habitants concernés et extrêmement insignifiantes pour la planète.

La question des déserts médicaux sera au cœur de la campagne des municipales. Faut-il réguler l’installation des médecins ?

Réguler la pénurie ne changera rien. Toute mesure coercitive supprime des vocations. Depuis un quart de siècle, la France a voulu administrer la santé, n’anticipant pas le vieillissement de la population, la hausse des maladies chroniques et le besoin d’investissements en robotique et numérique. On le paie maintenant. Mais les choses évoluent, heureusement. La fin des numerus clausus et apertus est une bonne chose afin d’accroître le nombre de praticiens. Mais former un soignant demande du temps. En attendant, il faut libérer du temps médical aux praticiens, réduire leurs obligations administratives, lever les freins à l’installation des professionnels de santé… 

Les jours de François Bayrou au gouvernement sont-ils comptés ?

Nous sommes arrivés au bout du bout d’une façon de gouverner. On vient de passer derrière l’Italie en création de richesse par habitant, derrière l’Espagne en industrie manufacturière. On n’a jamais dépensé autant d’argent public et on a 24 % d’urgences hospitalières saturées, qui ne peuvent plus assurer la continuité du service public. On recrute des fonctionnaires, mais il n’y en a plus sur le terrain à cause de la bureaucratie…

On ne peut plus faire l’économie d’un nouveau cycle.

C’est-à-dire ?

Avoir un président de la République et une majorité parlementaire alignés. Il faut sortir de l’entre-deux que nous connaissons aujourd’hui. C’est la porte ouverte à tous les démagogues, à tous les extrémistes.

Emmanuel Macron doit-il démissionner ?

Oui. Emmanuel Macron doit prendre acte de son échec. Et annoncer qu’il démissionnera dans les quatre mois afin de laisser le temps aux candidats, aux partis de s’organiser, de mener une vraie campagne. Le ou la nouvelle présidente devra, ensuite, dissoudre l’Assemblée pour avoir un Hémicycle de la même majorité.

Pour vous, il est impossible de tenir encore deux ans et d’attendre la présidentielle de 2027 ?

C’est peut-être possible par des habiletés : conclaves, Ségur, Roquelaure, conseils nationaux… mais ce n’est pas bon pour le pays. Il faut retrouver une ambition économique, sécuritaire, éducative et scientifique. On ne peut pas le faire dans la bouillie actuelle.

Dans ce contexte, que doivent faire les Républicains ? Quitter le gouvernement ?

Bruno Retailleau, qui fait objectivement du très bon travail, devra forcément partir dans les prochains mois afin de participer à une autre offre politique.

Après l’été, nous rentrerons dans une phase nouvelle.

Quel rôle national ambitionnez-vous de jouer ?

L’enjeu, aujourd’hui, est de redresser le pays. Pour cela, il faut gagner les élections. J’en appelle donc à une compétition ouverte à droite et au centre avant le premier tour de la présidentielle. Les Français trancheront. Ceux qui perdront soutiendront celui ou celle qui aura gagné ou se tairont jusqu’au scrutin. Celui ou celle qui gagnera ira jusqu’au bout avec l’intégralité de son projet.

Vous serez dans la compétition ?

Oui, parce que j’ai un projet à défendre. Dans cette primaire, il faudra accueillir tous ceux qui ne veulent pas faire perdre la droite en menant une aventure solitaire. M. Dupont-Aignan, Mme Knafo sont les bienvenus. Mais il faudra accepter le verdict. Pour isoler l’extrême gauche et l’extrême droite, il faut retrouver une confrontation forte et raisonnable entre la gauche et la droite.

À quel moment faut-il organiser cette primaire ?

Entre les municipales de mars 2026 et l’été suivant. Mais si d’ici là, il y a une nouvelle dissolution ou une démission du chef de l’État, il faudra réagir vite.

Retrouvez cet entretien sur l’article de Ouest-France en cliquant ici.


“ La lutte contre les inondations répond à des enjeux cruciaux : protéger les personnes et les biens de notre bassin de vie ”, expose David Lisnard, président de l’Agglomération Cannes Lérins. Une anticipation indispensable, qui se traduit par des aménagements majeurs, comme à Mandelieu-La Napoule avec l’élargissement du cours d’eau de la Théoulière, et au Cannet, où le hameau de Carimaï, ravagé en 2015, sera sécurisé d’ici 2026 grâce à un barrage de 150 mètres.

David Lisnard était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio.

Retrouvez son interview parue dans Sud Ouest ce jeudi 12 juin.