Le village Potemkine de la réindustrialisation

Huit ans après son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron reconnaît enfin les freins qui entravent l’industrie française. Mais derrière les annonces de simplification et les projets dits « stratégiques », David Lisnard dénonce une illusion : celle d’une réindustrialisation pilotée par l’administration, loin des réformes structurelles indispensables pour redonner liberté et compétitivité aux acteurs économiques.

le 07 mai 2026
Atlantico

Emmanuel Macron s’est rendu la semaine dernière dans l’Allier pour annoncer un plan de simplification et de réindustrialisation. Il était temps, après huit ans au pouvoir, de découvrir enfin les blocages administratifs, la complexité normative et les procédures kafkaïennes qui étouffent notre industrie.

Après avoir nié, minimisé et dénigré ceux qui alertaient, le constat du président de la République est bienvenu. Les conclusions qu’il en tire sont malheureusement mauvaises.

Le Président a parlé de « méthode Notre-Dame » pour annoncer que 150 projets « d’intérêt majeur » bénéficieraient d’une procédure accélérée, d’autorisations dérogatoires, de délais raccourcis. Mais si cette méthode est bonne, et elle l’est, alors il faut l’appliquer aux centaines de milliers de projets que portent chaque année entreprises, artisans, collectivités et particuliers. L’État ne peut reconnaître que son propre droit est impraticable et le maintenir pour tous sauf pour quelques privilégiés.

150 projets seront ainsi sélectionnés non par le marché ni par les acteurs économiques, mais par les préfets à partir d’une liste arrêtée à Paris. Voilà un plan de 71 milliards d’euros d’investissements qui se veut « stratégique » et dont la géographie, les bénéficiaires et les critères relèvent intégralement de l’appréciation de l’administration.

Ce n’est pas une politique industrielle. C’est une économie administrée qui ne dit pas son nom. Or, le rôle de l’État n’est pas de choisir les champions industriels, mais de créer les conditions dans lesquelles ils émergent.

Pour cela, il est essentiel d’engager un grand plan de simplification pour tous afin que chaque entrepreneur puisse bénéficier de conditions optimales pour créer, innover et développer son activité.

Un tel plan suppose de supprimer le principe de précaution et de s’attaquer aux différents codes qui paralysent l’initiative économique en France. Il en est ainsi du Code de l’environnement, dont le nombre d’articles a augmenté de près de 600 % en vingt ans. Du Code du travail, qui dépasse 3 500 pages quand son équivalent suisse en compte 160, illisible pour l’employeur, protégeant mal le salarié et nourrissant la judiciarisation des relations de travail. Du Code de l’urbanisme, qui rend chaque projet otage d’une succession d’autorisations non coordonnées. Du Code de la commande publique, qui renchérit les coûts et met la moindre passation hors de portée des PME et des ETI.

Il est temps de déréguler pour restaurer la lisibilité du droit, c’est-à-dire la condition même de sa légitimité démocratique et de son efficacité économique.

Mais simplifier ne suffira pas.

Tant que la fiscalité étranglera la production, la réindustrialisation ne sera qu’une illusion. Les impôts de production pèsent en France 3,6% du PIB pour les seules entreprises, soit plus du double de la médiane européenne (1,2%), Une timide réduction d’environ 10 milliards avait été engagée mais la suppression totale de la CVAE, promise pour 2024, a été reportée une première fois à 2027, puis à 2030. Sans compter le vote d’une contribution exceptionnelle de 47,4% , au détriment du secteur productif. S’y ajoute la C3S, impôt sur le chiffre d’affaires qui frappe en cascade à chaque stade de la chaîne de valeur et qu’il faudra supprimer en priorité.

Par ailleurs, la taxation marginale du capital excède 60 % en cumulant IS, prélèvements sociaux, flat-tax et contribution différentielle. Depuis 2011, quatre surtaxes ont frappé les bénéfices. Sans oublier des droits de succession sans équivalent chez nos voisins. L’absence de fonds de pension à la française achève le tableau : nos industries, qui vivent de cycles longs, en sont privées, quand on les retrouve au capital des grandes entreprises allemandes, néerlandaises et américaines.

Ajoutons le coût de l’énergie. Notre parc nucléaire, qui devrait constituer un avantage compétitif décisif, a été dilapidé par une décennie d’arbitrages idéologiques.

Ajoutons le déclassement éducatif : on ne réindustrialise pas avec une école qui n’enseigne plus les fondamentaux, ni avec une formation professionnelle qui ne produit plus assez de techniciens.

 

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Santé : David Lisnard dévoile son «plan d’action rapide» inspiré des ordonnances de 1958

Le candidat de Nouvelle Énergie propose une réorganisation du système et l’instauration d’une loi de programmation annuelle de la santé sur le modèle du cadre fixé pour les armées. Retrouvez l’article du Figaro consacré à la présentation du programme Santé de David Lisnard.

Santé le 07 mai 2026
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À droite, à moins d’un an de la présidentielle, Bruno Retailleau n’est pas le seul à promettre de « renverser la table » en 2027. David Lisnard, ex-vice-président des LR, tourné lui aussi vers l’élection suprême sous ses propres couleurs, a dévoilé mardi son programme dans le domaine de la santé où les ruptures foisonnent. Y aurait-il une concurrence des promesses de changement radical à droite en ce début de campagne ? Le candidat répond : « Je ne me plains jamais du fait que les concepts que j’ai lancés soient repris. On sent bien la fin d’un cycle, que j’ai qualifié d’État-providence, et pour passer à autre chose, il faut bien de la radicalité. Mais ensuite, il faut se méfier d’une formule qui devient du prêt-à-penser. Certains disent qu’ils vont renverser la table, mais je pense qu’ils ne feront que casser la vaisselle. Et je ne suis même pas sûr qu’ils changent la nappe ! » Le maire de Cannes affirme ne plus écouter ce que disent les politiques, mais qu’il s’attache surtout à regarder « ce qu’ils ont fait ». Pense-t-il à quelqu’un en particulier ? « À Gabriel Attal , par exemple », dévie-t-il en souriant et sans évoquer Bruno Retailleau.

Le candidat de Nouvelle Énergie a précisé ses objectifs au siège parisien de son parti, dans la foulée d’une immersion à l’Institut Cœur Paris Centre (ICPC, 8e arrondissement). C’est sa deuxième proposition thématique après le premier volet sur l’agriculture, diffusé en février. Pour lui, l’ICPC est un modèle à suivre en matière d’offre de soins. Il y reconnaît certains fondamentaux régulièrement défendus par Nouvelle Énergie, notamment sur l’organisation et la recherche de performance.

« J’aime beaucoup ce personnage »

À l’entrée, Dolly, une patiente de 78 ans, se lève pour le saluer. Souhaite-t-elle le voir à l’Élysée un jour ? « J’aimerais bien. J’aime beaucoup ce personnage », confie-t-elle, en souriant. David Lisnard sourit lui aussi avant de commencer la visite, entouré de quelques « experts thématiques » maison, membres du groupe de travail consacré à la santé au sein de Nouvelle Énergie. L’élu évoque son travail à l’échelle de Cannes, où il a développé une organisation locale de santé, rapprochant privé et public pour plus d’efficacité. Une évolution mise en place durant la crise sanitaire du Covid.

Sur le papier, son projet de réforme globale propose une série de changements radicaux : accès direct à tout professionnel de santé de son choix (infirmier en pratique avancée, kiné, sage-femme, pharmacien) avec remboursement plein, offre de soin territorialisée et graduée à l’échelle de chaque ancien canton, suppression des ARS (également proposée par les sénateurs LR), décentralisation de l’organisation de la santé, généralisation obligatoire du dossier médical partagé, loi de programmation annuelle de la santé incluant la recherche médicale sur le modèle de la LPM pour les armées… L’objectif général est résumé en une promesse : « Libérer les soignants pour libérer l’accès aux soins pour tous ».

David Lisnard assume la radicalité des changements qu’il propose en partant d’un constat chiffré des faiblesses du système sanitaire français. Un système qui, selon lui, ne souffre pas d’un problème de moyens mais pâtit d’un manque « d’organisation, de structure et de doctrine ». En s’appuyant sur les données 2024, il rappelle que la France a consacré 333 milliards d’euros à la santé, soit 12 % du PIB, 5000 euros par habitant et 1 600 euros au-dessus de la moyenne européenne. Il précise que le système n’a pas su éviter de plonger « 87 % du territoire en désert médical » et privé « 6 millions de Français » de médecin traitant. L’élu cannois relève enfin que les 14,7 milliards consacrés à l’administration de santé chaque année se situent 2,6 points au-dessus de la moyenne européenne, alors que plus de 90 % des indicateurs de qualité retenus par la Haute Autorité de santé ne portent pas sur les résultats mais sur les procédures.

Lors de son échange avec les professionnels de l’ICPC, David Lisnard partage son étonnement face au manque de réaction politique quand la dérive du système était annoncée « depuis trente ans ». « On a cru qu’on allait maîtriser les dépenses de la santé en comprimant l’offre », souffle-t-il avant de pointer le « gâchis » illustré, à ses yeux, par le nombre de « gamins » décidant de se former à l’étranger ou encore par un système « égalitaire dans la pénurie ». « Ça c’est maboul ! On a tout en France pour réussir et pour soigner tout le monde », insiste-t-il.

En quittant l’ICPC mardi après-midi, le ton de David Lisnard trahit une forme d’impatience, comme si l’ampleur de la transformation promise ne pouvait être qu’une motivation supplémentaire. « Une fois de plus, que ce soit dans le privé ou dans le public, tous démontrent que l’on peut mieux soigner, soigner plus de monde et moins cher en sortant des rigidités, des procédures et de la schématisation », lâche-t-il dans la voiture. L’élu plaide pour une vision globale de la santé, en regrettant la permanence d’un modèle « descendant de gestion comptable », ayant généré une masse « d’absurdités ». Il accuse encore une fois les « mabouls » de la technocratie d’avoir « enlevé la médecine aux Français. »

Au bout d’une logique

Il veut croire enfin qu’en partant des « talents locaux », des « initiatives » et de la « liberté d’installation », la France parviendrait à combattre la dégradation de l’offre de soins. Après avoir écouté le témoignage d’une infirmière en pratique avancée au sein de l’ICPC, il semble encore plus décidé à défendre son projet de redressement. « Chaque système produit son aristocratie auto-alimentée, mais là, on est au bout d’une logique mise en place après la Seconde Guerre », dénonce-t-il.

David Lisnard assure que toutes ces transformations peuvent être engagées très rapidement. « Mon plan d’action s’inspire de ce qui a été fait en 1958, avec 355 ordonnances en moins de dix mois. Cela fut la période de gestion la plus radicale de l’histoire du pays », rappelle le candidat, en se disant prêt à « libérer » toute l’activité de la santé, mais pas seulement. À l’écouter, la transformation promise peut être lancée dès les six premiers mois du mandat présidentiel. En attendant d’y voir plus clair sur l’offre politique à droite, il a déjà prévu de demander à un conseiller d’État de lui rédiger les ordonnances pour refonder le système de santé.

 

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David Lisnard sur franceinfo : « Le problème français est devenu un problème de suradministration et d’impuissance publique »

Invité du « 8h30 franceinfo » ce mercredi 6 mai 2026, David Lisnard est revenu sur les grands enjeux du moment : flambée des prix du carburant, souveraineté française, audiovisuel public, bureaucratie et recomposition politique à droite.

le 07 mai 2026
FRANCE INFO

Au cœur de son intervention : une même conviction. La France souffre moins d’un manque d’État que d’un État devenu inefficace, suradministré et incapable de se concentrer sur ses missions essentielles.

Carburants : « On ne peut pas tout faire en même temps »

Face à l’explosion des prix à la pompe, David Lisnard a défendu une mesure immédiate et ciblée : la suspension provisoire des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), qui permettrait selon lui une baisse d’environ 17 centimes par litre sans dégrader davantage les comptes publics.

« La seule mesure générale possible sans aggraver la dette, c’est la suspension provisoire des CEE. »

Refusant les solutions de facilité, il a également rejeté les propositions consistant à baisser massivement les taxes ou à surtaxer TotalEnergies.

« Faire croire qu’on peut tout financer par la dette revient à faire payer notre plein d’essence par nos enfants et nos petits-enfants. »

Pour David Lisnard, la crise énergétique révèle surtout une fragilité structurelle du modèle français : un État surendetté, une fiscalité devenue excessive et une incapacité chronique à anticiper les crises.

Diplomatie : « La France doit retrouver une parole cohérente »

Interrogé sur la situation au Moyen-Orient, David Lisnard a plaidé pour une diplomatie française fondée sur la clarté stratégique, les alliances et la puissance.

« Les relations internationales sont des rapports d’influence, voire des rapports de force. »

Il a regretté l’absence d’initiative forte de la France autour de la sécurisation du détroit d’Ormuz et rappelé la nécessité absolue de la dénucléarisation iranienne ainsi que du désarmement du Hezbollah au Liban.

« Un porte-avions est aussi un outil diplomatique. La France doit assumer son rôle stratégique au Liban et dans la région. »

Audiovisuel public : recentrer les missions du service public

À propos du rapport sur l’audiovisuel public, David Lisnard a rappelé son attachement à un véritable service public fondé sur la neutralité, l’équilibre et des missions clairement définies.

« Le service public doit répondre à une exigence de neutralité et de bonne utilisation de l’argent des contribuables. »

Il a proposé une réforme profonde du paysage audiovisuel public : fusion de certaines structures, fermeture de chaînes devenues redondantes et privatisation de France 2.

« Je propose depuis longtemps que France 2 soit privatisée et que l’on conserve deux grandes chaînes publiques : une de proximité et une à vocation culturelle et internationale. »

Pour le président de Nouvelle Énergie, l’objectif n’est pas de fragiliser le pluralisme médiatique, mais au contraire de recentrer le service public sur ce qui fait sa légitimité.

Débureaucratiser la France

David Lisnard est également revenu sur son combat contre l’inflation normative et les excès bureaucratiques qui paralysent le pays.

« Aujourd’hui, beaucoup de Français sont broyés par un droit inflationniste et contradictoire. »

Il a dénoncé des réglementations devenues incohérentes, notamment en matière de logement ou d’aménagement du territoire, citant par exemple les contradictions entre le ZAN et les obligations de construction imposées aux communes.

Pour lui, la France dépense toujours plus mais obtient des résultats toujours plus faibles.

« Nous avons le record du monde de la dépense publique, et pourtant des urgences ferment, les services publics reculent et les Français ont le sentiment d’un abandon croissant. »

Présidentielle : « Il faut organiser la compétition avant le premier tour »

Enfin, interrogé sur la recomposition politique à droite, David Lisnard a réaffirmé sa volonté d’une primaire ouverte afin d’éviter l’éclatement des candidatures.

« Avant la demi-finale du premier tour, il faut organiser un quart de finale. »

Il défend une logique de clarification démocratique et estime qu’aucun candidat naturel ne s’impose aujourd’hui.

À travers cette intervention, David Lisnard a poursuivi une ligne constante : défendre un État recentré sur ses missions essentielles, restaurer la liberté d’action, responsabiliser les acteurs de terrain et reconstruire une puissance publique efficace au service des Français.

Sobriété fiscale mais investissements

L’agglomération ambitionne de baisser la dette tout en investissant 38,7 millions d’euros, sans hausse d’impôt. Un article paru dans Nice-Matin.

le 06 mai 2026
Cannes lérins

Bonne nouvelle pour les contribuables : aucune augmentation d’impôts et aucune taxe sur le foncier bâti additionnelle sur les ménages ne seront instaurées. C’est ce qui ressort du conseil communautaire qui s’est tenu jeudi, au cours duquel le budget 2026 a été voté à la majorité. L’Agglomération Cannes Lérins assure maintenir sa politique de gestion rigoureuse des finances publiques et programme de diminuer la dette de 4,3 millions d’euros en 2026. Tout en maintenant une prévision de 38,7 millions d’euros d’investissement dans des projets d’avenir.

Ces investissements vont porter sur le programme d’actions et de prévention des inondations (4,3 millions d’euros) : création du bassin écrêteur de crue du Carimaï, réalisation d’un bassin de rétention à l’Ecoparc de Mougins, recalibrage du vallon de la Théoulière à Mandelieu-La Napoule, du cours d’eau La Frayère à Cannes ou encore des vallons théouliens

Panneaux solaires au Grand Bleu

Il est aussi prévu de moderniser la collecte et le traitement des déchets (5 millions d’euros) avec notamment l’amélioration des équipements. Mais aussi d’investir dans le développement des énergies renouvelables (2 millions d’euros) avec, par exemple, linstallation de panneaux photovoltaiques sur le centre aquatique Grand Bleu. A noter égale-ment, 6,6 millions d’euros serviront à l’achat de bus à hydrogène ou à la réalisation du BHNS Rocheville au Cannet. Enfin, l’agglomération va financer la modernisation du réseau d’assainissement (8 millions d’euros). L’ensemble de ces opérations est couvert à 14,7 % par des subventions soit 5,7 millions d’euros.

Hors des LR, David Lisnard n’enterre pas la primaire et vise l’objectif de «gagner la présidentielle»

Le président de Nouvelle Énergie confie au Figaro son refus de se laisser enfermer dans le rôle de «rabatteur du libéralisme». Il veut être le candidat de la révolution du bon sens.

le 01 mai 2026
Fig

Le 31 mars, David Lisnard a quitté Les Républicains, où il occupait un siège de vice-président, pour se consacrer pleinement à l’échéance 2027 sous les couleurs de son propre mouvement, Nouvelle Énergie. Il concède une décision pas facile sur le plan personnel mais attendue par une « immense majorité » au sein de sa formation, même si certains souhaitaient qu’il reste LR.

Mais un mois après son départ, le maire de Cannes a le sentiment d’avoir eu raison de s’éloigner d’une « ambiguïté » et reste guidé par une double ambition : « Ma finalité, c’est le redressement du pays. Mon objectif, c’est gagner la présidentielle. Mais pour bien diriger la France, s’il faut gagner une élection, il faut aussi être capable de refuser le pouvoir quand celui que l’on vous propose vous empêche d’agir ou trahit vos convictions. » Derrière cette confidence, l’élu pense notamment aux missives qu’il adressait à Bruno Retailleau pour le mettre en garde face à « l’erreur fondamentale » d’accorder sa confiance à François Bayrou et de participer à un gouvernement macroniste. Car pour David Lisnard, le résultat est que « tout le monde est convaincu » que les LR sont engagés dans le gouvernement.

Partisan d’une primaire élargie à tous ceux qui se situent à droite, le candidat a constaté que Les Républicains avaient écarté cette solution et considéré que les jeux étaient faits au sein du parti LR. Il a donc choisi de quitter le mouvement pour aborder la compétition autrement, avant que Bruno Retailleau soit désigné candidat officiel des Républicains. Mais David Lisnard continue de plaider pour un mode de sélection qu’il défend comme le meilleur moyen d’éviter « deux dangers absolus : la division qui fait perdre une élection et la compromission qui fait perdre le pays ».

« Tuer son chien »

Si le chef des LR juge le match « plié » au sein des Républicains, le maire de Cannes continue de défendre « inlassablement » la piste d’une grande primaire, en se félicitant de voir que celle-ci « recueille chaque jour de nouveaux adeptes ». Il cite Gérald Darmanin, Laurent Wauquiez, Aurore Bergé, Philippe Juvin, Jean-François Copé, Hervé Morin, Sarah Knafo ou encore Éric Zemmour… Hors de question pour le président de Nouvelle Énergie de rester bloqué dans l’idée d’une primaire impossible, comme cela semble pourtant se dessiner tant paraît grande l’absence de volonté exprimée chez LR, Horizons ou Renaissance. « Je ne vais pas me laisser enfermer par le refus d’affronter la compétition, venu de quelques notables. Ce serait trop facile », prévient-il, en balayant l’argument du manque de temps pour organiser une primaire élargie. « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage », critique David Lisnard, convaincu que l’organisation de cette compétition est une question de volonté. « La présidentielle a lieu dans un an. On peut très bien définir des modalités dans les prochaines semaines et l’organiser soit en juillet, soit en octobre ou novembre. »

Lucide face aux obstacles posés par « ceux qui font tout pour que cela ne soit pas jouable », le maire cannois leur reproche de prendre le risque de préparer l’échec de la droite, comme celui du pays. Mais compte tenu de la difficulté à rassembler tout le monde, cette idée de primaire n’est-elle par mort-née ? « Peut-être mais pas forcément car tout dépend de qui veut y venir et moi je parle à tout le monde. Si on arrive à avoir Darmanin, Dupont-Aignan, Zemmour et une figure de l’UDI, cela pourrait marginaliser ceux qui la refusent. » David Lisnard ajoute un avertissement : « Ceux qui auront refusé la primaire ne seront pas plus légitimes pour aller jusqu’au bout que ceux qui l’ont proposée. »

15 000 adhérents

Depuis son départ des LR, l’élu local et président de l’Association des maires de France, s’est consacré à deux activités parallèles : la gestion de sa commune, qui continue de nourrir sa démarche nationale selon une approche « concrète » des réalités, et le développement de son mouvement politique. Il continue de dresser la liste des « rigidités » qui, pénalisent la France. Il veut aussi défendre les « potentialités » du pays, à l’image de la centrale souterraine d’énergie marine dont il suit les travaux sur sa commune. Ce serait même, selon lui, un exemple de « créativité » nationale, remarquable sur le plan européen.

Sur le terrain politique, il revendique une progression de Nouvelle Énergie, se réjouit d’avoir franchi le cap des « 15 000 adhérents » et se félicite d’avoir développé des « moyens financiers importants ». « Ce n’est pas encore le parti de masse mais la dynamique est réelle », assure David Lisnard. Sur le fond, il continue de nourrir son projet présidentiel sur tous les sujets : agriculture, sortie de la « dictature bureaucratique », dossier santé dont la présentation est prévue prochainement… Le parti prévoit une quinzaine de rendez-vous thématiques d’ici à la fin de l’année, toutes étant choisies comme autant de leviers pour redresser la France. Le développement numérique fait aussi partie des travaux en cours. « Comme je l’avais prévu, dans le respect de mon plan de bataille, nous changeons de braquet et je rencontre beaucoup de spécialistes, salariés, syndicalistes. Le fond, la forme et les relais : tout se met en place de façon méthodique », promet-il, avant d’annoncer l’organisation prochaine d’un événement consacré aux ralliements d’élus.

Libéralisme et tactique

Identifié très tôt dans le camp des libéraux, David Lisnard n’a jamais considéré que le mot « libéral » était un gros mot, ni accepté l’idée que cet espace fût une « impasse politique ». Au contraire, il est intarissable sur la réalité des acquis du libéralisme qui auraient démontré son efficacité au fil de l’histoire. En revanche, le chef de file de Nouvelle Énergie refuse de se laisser emprisonner dans un schéma et veut mettre en garde l’opinion face aux « expressions tactiques et circonstancielles » déguisées en « revendications libérales », dont l’objectif serait simplement de jouer les rabatteurs de segments électoraux. « Plutôt que d’écouter ce que beaucoup disent, il faut regarder ce qu’ils ont fait », juge-t-il, en pointant les « futures déceptions ou trahisons », dissimulées derrière « l’habileté » de certains candidats. Pense-t-il à l’ex-ministre du Logement macroniste Guillaume Kasbarian, qui vient de lancer son Parti de la liberté sur une ligne libérale ? Pas seulement sans doute.

Mais si David Lisnard refuse d’être identifié comme l’un de ces rabatteurs qu’il dénonce, c’est aussi parce qu’il veut proposer un « projet complet » destiné à préparer « la révolution du bon sens ». Un projet appuyé sur quatre piliers : « Liberté individuelle, responsabilité personnelle, propriété privée et dignité de la personne. » Le chef de Nouvelle Énergie ira donc « jusqu’au bout » pour transformer le besoin de liberté en « attente politique majoritaire ». Une autre manière de comprendre que l’ambition de David Lisnard ne doit pas être comprise comme celle d’une simple niche électorale.

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« La bureaucratie est liberticide » : David Lisnard sonne la charge sur Face à l’info

Invité de Christine Kelly mardi 28 avril sur CNews, David Lisnard a livré une intervention dense, offensive et structurée, fidèle à la ligne qu’il porte avec Nouvelle Énergie : réhabiliter la liberté, restaurer l’autorité de l’État sur ses missions essentielles, et libérer la société française de ses blocages structurels.

le 01 mai 2026
CNEWS PP

Une politique étrangère « sans colonne vertébrale »

Dès les premières minutes, le Président de Nouvelle Énergie a dénoncé avec vigueur les incohérences de la diplomatie française, notamment vis-à-vis de l’Algérie. Dans un propos rythmé, presque martelé, il pointe une série de renoncements :

« Ce qui est fou, c’est de ne pas faire des intérêts de la France la matrice de la politique menée. »

Pour David Lisnard, la diplomatie ne peut être une posture morale déconnectée du réel : elle est, par nature, un rapport de force assumé, au service de la paix mais aussi du respect de la nation. Refuser cette réalité, c’est affaiblir durablement la voix de la France.

Audiovisuel public : contrôler, recentrer, assumer

Interrogé sur le rapport parlementaire concernant l’audiovisuel public, il rappelle un principe simple :

« Lorsqu’on utilise de l’argent public, il est normal d’être contrôlé. »

Refusant toute posture idéologique, il défend une ligne claire :

  • exigence de transparence dans l’usage des fonds publics
  • pluralisme réel dans le paysage médiatique
  • réduction du périmètre de l’audiovisuel public

Il évoque même la possibilité de privatiser certaines chaînes comme France 2, pour recentrer le service public sur ses missions fondamentales : culture, proximité, exigence éditoriale.

Liberté contre étatisme : une « révolution du bon sens »

À l’approche de 2027, David Lisnard assume une ligne politique fondée non sur une étiquette, mais sur des principes :

« La liberté, la responsabilité, la propriété et la dignité sauveront la France. »

Refusant d’être enfermé dans une caricature du libéralisme, il défend une vision incarnée :

  • redonner de l’oxygène au pays réel
  • desserrer l’étau fiscal et normatif
  • réhabiliter le travail, l’initiative et l’effort

Pour lui, la sur-administration française étouffe autant l’économie que la mobilité sociale. La liberté n’est pas un slogan : elle est la condition de la justice.

« La bureaucratie est liberticide » : le cœur du combat

C’est sur ce terrain que l’intervention a été la plus marquante. À travers une série d’exemples concrets, souvent frappants, il décrit un système devenu absurde :

  • obligations réglementaires déconnectées du réel
  • projets publics ralentis pendant des années
  • administration omniprésente mais inefficace

« On dépense plus qu’ailleurs, mais on ne met pas les moyens où il faut. »

Résultat : une double peine pour les Français — moins d’efficacité publique, plus de contraintes privées.

Son diagnostic est sans appel :

  • la bureaucratie coûte près de 3 points de PIB
  • elle favorise les grandes structures au détriment des plus modestes
  • elle mine l’action publique elle-même

Sa réponse : une dérégulation massive, accompagnée d’un recentrage de l’État sur ses missions régaliennes.

Une candidature ancrée dans le réel

Face aux figures politiques traditionnelles, David Lisnard revendique une autre légitimité : celle du terrain.

« Il n’y a pas d’homme providentiel. Chaque Français peut l’être. »

Ni technocrate, ni démagogue, il entend porter une voie différente :

  • enracinée dans l’expérience locale
  • guidée par le pragmatisme
  • structurée par des principes clairs

À rebours des promesses irréalistes et du conformisme ambiant, il appelle à un sursaut collectif, fondé sur la responsabilité individuelle et la lucidité.

« Le gouvernement est prisonnier de ses impuissances »

Invité de Sud Radio mercredi 29 avril, David Lisnard a livré une analyse sans détour de la crise des carburants. Une intervention qui dépasse largement la seule question du prix à la pompe pour poser un diagnostic plus global : celui d’un pays fragilisé par ses propres choix.

le 29 avril 2026
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Une crise révélatrice

Pour lui, la situation actuelle n’a rien d’un accident. Elle révèle des déséquilibres installés depuis des années : dette massive, fiscalité élevée, dépenses publiques incontrôlées. Autant de facteurs qui privent aujourd’hui l’État de toute capacité d’action efficace.

« Le gouvernement est prisonnier de ses propres turpitudes et de celles des dernières décennies. »

Dans ce contexte, chaque crise devient un révélateur d’impuissance. Et celle-ci pourrait avoir des conséquences bien au-delà du carburant, notamment sur les prix alimentaires, via le coût des engrais et de l’énergie.

Une réponse simple et immédiate

Face à l’urgence, une mesure concrète est avancée : suspendre les certificats d’économie d’énergie, qui représentent environ 17 centimes par litre.

Une décision lisible, applicable immédiatement, et qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat sans alourdir les finances publiques.

« Si on veut aider les gens à faire le plein, il faut agir tout de suite. La vie, c’est hiérarchisé. »

Une attention particulière doit aussi être portée aux professions les plus exposées, comme les pêcheurs, déjà fragilisés par l’accumulation de contraintes.

Sortir des illusions

Au-delà des mesures ponctuelles, le constat est plus profond : le modèle actuel ne tient plus.

« Tous les partis veulent nous faire croire qu’on peut revenir aux Trente Glorieuses. Ce n’est pas possible. »

La réalité démographique, économique et sociale a changé. Continuer à promettre le maintien d’un système à bout de souffle revient à entretenir une illusion.

La réponse passe donc par un changement de logique : redonner aux Français la maîtrise de leur revenu, valoriser le travail, libérer l’initiative.

Anticiper plutôt que subir

Autre point central : le manque d’anticipation.

Qu’il s’agisse de l’énergie, de l’agriculture ou des chaînes d’approvisionnement, les signaux existent, mais ne sont pas suffisamment pris en compte.

« On aimerait avoir de la transparence et un gouvernement qui anticipe. »

L’enjeu est de sortir d’une gestion de crise permanente pour retrouver une capacité d’action stratégique.

Le verrou bureaucratique

Mais c’est surtout la bureaucratie qui est pointée comme l’un des principaux freins au redressement.

« Si on veut relancer la France, redonner du pouvoir d’achat, il faut en finir avec la perte d’argent, de temps et de nerfs que provoque cette bureaucratie absurde. »

Normes contradictoires, complexité administrative, lenteur des procédures : cette accumulation pèse sur tous les acteurs économiques et publics.

La ligne est claire : moins de règles, mais des règles plus simples et mieux appliquées.

Ceux qui disent, ceux qui font

Enfin, une distinction nette est posée entre les discours et les actes.

« Quand on disait ça il y a dix ans, on nous traitait de démagogues. Aujourd’hui, ils le reprennent. »

Mais la reprise des idées ne suffit pas. Elle appelle à un examen des faits.

« N’écoutez pas ceux qui vous le disent. Regardez ce qu’ils ont fait. Regardez ce qu’ils font. »

Une manière de replacer la cohérence et la constance au cœur du débat politique.

Retrouver un cap

Derrière cette intervention, une ligne se dessine : sortir de l’impuissance, rompre avec les illusions, et redonner un cap clair.

« Ce qui m’importe, c’est que mes enfants puissent se projeter en France, que la France retrouve sa grandeur et qu’on retrouve notre liberté, notre responsabilité. »

Une ambition qui repose sur un principe simple : remettre la liberté et la responsabilité au cœur du fonctionnement du pays.

« Quand il fait 40 degrés, il faut du bon sens » : à Cannes, la climatisation s’installe peu à peu dans les écoles face aux fortes chaleurs

À l’école Alexandre Dumas, à Cannes La Bocca, deux climatiseurs viennent d’être installés dans le réfectoire pour améliorer les conditions d’accueil des élèves lors des fortes chaleurs. Une solution concrète, qui s’impose progressivement dans les établissements scolaires mais interroge sur la place de la climatisation face à la hausse des températures. Un article de Nice-Matin.

Cannes le 27 avril 2026
DL école

Les premières chaleurs s’installent doucement sur la Côte d’Azur et dans les salles de classe, elles annoncent déjà des semaines plus difficiles.

À l’approche de l’été, certaines pièces vont rapidement se transformer en véritables fournaises, rendant l’apprentissage plus compliqué.

À Cannes, la municipalité avance déjà une réponse concrète, quitte à relancer le débat : la climatisation peut-elle devenir une solution face à l’augmentation des températures dans les écoles ?

À l’intérieur de l’établissement Alexandre Dumas, à La Bocca, les travaux ont été engagés dans cette voie pendant les vacances de printemps.

Dans le réfectoire, deux climatiseurs ont ainsi été installés.

« Le but, c’est d’avoir des pièces plus fraîches pour se retrouver, explique le maire David Lisnard. L’endroit pourra aussi servir de solution de repli pour faire classe lorsque la chaleur devient trop importante. »

Cette installation s’inscrit dans le « Plan Fraîcheur » lancé en 2020. Depuis, près de 6,5 millions d’euros ont été engagés par la Ville, entre végétalisation, adaptation des bâtiments et équipements.

Et la dynamique tend à se poursuivre. À terme, sept nouvelles écoles cannoises doivent être équipées de systèmes de climatisation.

Un choix assumé au nom du pragmatisme

Le recours à la climatisation est revendiqué, mais reste encadré.

« Quand on peut éviter, c’est toujours mieux, reconnaît David Lisnard. Mais il y a des bâtiments des années 60-70 où, si vous ne mettez pas de climatisation, ça peut monter à plus de 40 degrés. Et quand il fait 40 degrés, il faut du bon sens. »

Le maire défend une approche au cas par cas. « On est très pragmatiques. On adapte la solution au bâti, à l’exposition. »

Chaque école dispose ainsi d’une ou deux pièces rafraîchies, sans chercher à équiper l’ensemble des classes. En parallèle, la ville explore d’autres pistes.

Des peintures expérimentales, testées dans certaines écoles, pourraient permettre de réduire la température intérieure de 3 °C.

Une solution moins énergivore, mais dont l’efficacité reste à confirmer.

« Ils sont obligés de rassembler les enfants »

Du côté des parents, le constat est partagé. « Avec les fortes chaleurs, c’est difficile pour les élèves de suivre et de travailler dans de bonnes conditions », souligne Claire Godart, présidente des parents d’élèves.

La demande de climatisation émane d’ailleurs des équipes éducatives elles-mêmes.

Dans certaines classes, notamment en maternelle, des regroupements dans des salles déjà équipées sont devenus indispensables lors des pics de chaleur.

« Ils sont obligés de rassembler les enfants », précise-t-elle.

Reste une réalité bien connue dans le Sud : « On sait aussi que la chaleur fait partie de notre quotidien », nuance la représentante des parents.

Cette réponse par la climatisation s’impose donc progressivement comme un choix d’équipement face à des écoles de plus en plus exposées aux fortes chaleurs.

Une solution concrète, qui ne fait pas disparaître la question de l’adaptation au climat, mais qui la rend de plus en plus immédiate.

 

Retrouvez cet article sur le site de Nice-Matin en cliquant ici.

«Ce qui compte, c’est la France»

Invité de BFM TV face à Marc Fauvelle, le 20 avril, David Lisnard a livré une intervention qui tranche avec les réflexes dominants du débat public. À rebours des postures et des commentaires à chaud, il a défendu une ligne constante, celle d’une politique ancrée dans le réel, structurée par les faits et guidée par la responsabilité.

le 22 avril 2026
DL BFM

Interrogé sur la situation internationale et les initiatives de Donald Trump, Lisnard refuse toute lecture simpliste. Le sujet n’est pas de juger mais de comprendre les intérêts en jeu. La France, rappelle-t-il, dépend directement de la stabilité de certaines zones stratégiques, notamment pour ses approvisionnements énergétiques et la sécurité des voies maritimes. Dans ce contexte, laisser une fenêtre à la négociation peut constituer un signal positif, à condition qu’elle s’inscrive dans une stratégie cohérente. Derrière cette analyse, une idée claire se dégage : la politique étrangère ne peut être guidée par l’émotion, mais par une lecture lucide des rapports de force.

Cette exigence de lucidité irrigue également son approche des enjeux économiques. Face à la hausse des prix du carburant, il récuse les réponses faciles et les solutions d’affichage. Sa proposition, déjà formulée depuis plusieurs semaines, repose sur la suspension des certificats d’économie d’énergie. Une mesure technique, peu visible politiquement, mais immédiatement efficace sur le prix à la pompe. Surtout, elle présente à ses yeux un avantage décisif : elle n’aggrave pas la dette publique. Dans un pays fragilisé par des décennies de déficits, Lisnard rappelle que toute décision a un coût, et que ce coût ne peut être systématiquement reporté sur les générations futures.

Le même souci de cohérence guide son diagnostic sur l’État. Le paradoxe français est connu mais rarement assumé avec autant de clarté : des dépenses publiques parmi les plus élevées au monde, pour des services souvent jugés défaillants. Pour Lisnard, le problème n’est pas tant le niveau de dépense que sa mauvaise allocation. L’État est omniprésent là où il freine l’action, et insuffisant là où il devrait être pleinement engagé. Cette dérive s’incarne notamment dans la multiplication des structures administratives, qui diluent les responsabilités et complexifient la prise de décision. La conséquence est directe : une perte d’efficacité qui pénalise l’ensemble du pays.

La séquence où il met en scène la destruction de formulaires administratifs s’inscrit dans cette critique. Loin d’un simple geste symbolique, elle vise à illustrer un phénomène profond. L’accumulation de normes, loin de protéger, finit par entraver. Elle ralentit les projets, décourage les initiatives et pèse sur l’activité économique. À ses yeux, cette complexité a un coût concret, mesurable en croissance perdue et en opportunités manquées. Simplifier ne relève donc pas d’un slogan, mais d’une nécessité économique et sociale.

Sur le plan politique, Lisnard assume également une ligne de rupture. Après son départ des Républicains, il appelle à une recomposition fondée sur la confrontation démocratique plutôt que sur les accords d’appareil. L’idée d’une grande primaire ouverte de la droite et du centre vise à clarifier les projets et à faire émerger des candidatures sur la base d’une légitimité réelle. Dans un paysage fragmenté, il considère qu’on ne peut plus se contenter de désignations internes déconnectées du terrain. La crédibilité d’une offre politique passe désormais par la transparence et la compétition des idées.

Enfin, c’est une réflexion plus large sur le travail et le modèle social qu’il propose. Le système actuel, selon lui, ne valorise plus suffisamment l’effort. Entre des charges élevées et un niveau de rémunération qui ne reflète pas toujours l’investissement des individus, l’incitation à travailler s’affaiblit. Lisnard plaide pour un rééquilibrage qui redonne du sens au travail, en augmentant le revenu net et en allégeant les contraintes pesant sur l’activité. Sa position sur le 1er mai, qui consisterait à maintenir le caractère férié tout en permettant à ceux qui le souhaitent de travailler, s’inscrit dans cette logique de liberté encadrée.

Au fil de l’entretien, une cohérence se dessine. Refus du déni, refus des solutions de facilité, refus des illusions budgétaires. À l’inverse, une volonté de hiérarchiser les priorités, d’assumer les choix et de replacer la responsabilité au cœur de l’action publique. À travers cette intervention, Lisnard ne se contente pas de commenter l’actualité. Il esquisse une méthode et une vision, fondées sur une conviction simple : la France peut réussir à condition de sortir de ses contradictions.

«Je veux être patron, je me fous de mon image sociale» : David Lisnard expose sa vision pour 2027

Invité sur le plateau des Grandes Gueules sur RMC ce 21 avril, David Lisnard a clarifié ce qui distingue sa démarche dans la perspective de 2027 : une volonté assumée de décider, de rompre avec l’impuissance publique et de porter un projet de transformation profonde.

le 21 avril 2026
les GG minia

« Ce que j’aime, c’est décider, être patron. »

Une formule directe, loin des postures convenues, qui résume une conviction : la France ne manque pas de discours, elle manque de décisions.

Rompre avec l’impuissance politique

David Lisnard ne s’inscrit pas dans une logique de carrière. Il le revendique clairement : refuser les postes sans pouvoir réel d’action, refuser les compromis qui empêchent de réformer, refuser l’illusion de gouverner sans transformer.

« Un poste de ministre, c’est magnifique… mais seulement si vous pouvez décider. Aujourd’hui, vous ne décidez de rien. »

Ce constat alimente sa candidature : proposer une alternative à une classe politique qu’il juge enfermée dans ses propres limites, incapable de rompre avec un modèle à bout de souffle.

La bureaucratie, cœur du problème français

Au centre de son diagnostic : la bureaucratie.

Non pas comme un concept abstrait, mais comme une réalité quotidienne qui bloque, ralentit et appauvrit.

« La bureaucratie, c’est l’impôt invisible que personne ne vote et que tout le monde paie. »

Normes contradictoires, procédures interminables, inflation réglementaire : pour David Lisnard, la France est devenue un pays où l’on empêche d’agir a priori plutôt que de sanctionner a posteriori.

Sa ligne est claire :

moins de règles inutiles, plus de responsabilité, plus de confiance.

Un changement total de logiciel

Face aux promesses répétées de “choc de simplification”, il dénonce un échec systémique :

« À chaque fois, c’est plus compliqué. »

Pourquoi ? Parce que ceux qui produisent la norme sont les mêmes que ceux à qui l’on demande de la réduire.

D’où sa rupture :

un changement de logiciel complet, fondé sur la liberté d’action, la responsabilité individuelle et un État recentré sur ses missions essentielles.

C’est dans cette logique qu’il a créé Nouvelle Énergie, pour porter une vision différente, en dehors des cadres politiques traditionnels.

Libérer pour mieux rémunérer

La débureaucratisation n’est pas une fin en soi. Elle est un levier.

« Si vous voulez mieux payer les médecins, les enseignants, les soignants, il faut moins de bureaucratie. »

Autrement dit : réorienter les ressources vers ceux qui produisent, soignent, enseignent, plutôt que vers un système administratif devenu hypertrophié.

Une logique cohérente avec son objectif :

restaurer la valeur du travail et de l’effort.

Des réformes structurelles assumées

David Lisnard assume des propositions de fond, souvent évitées dans le débat public :

•désindexation des retraites les plus élevées pour engager une transition vers la capitalisation

•remise en cause du principe de précaution dans la Constitution

•suppression de la carte scolaire, qu’il considère comme une machine à reproduire les inégalités

•réduction massive de la dépense publique

Sa méthode : dire clairement ce qu’il faut faire, plutôt que contourner les difficultés.

Rétablir l’exigence de gestion

Pour le président de Nouvelle Énergie, la question budgétaire est centrale.

Avec 900 milliards d’euros de dépenses sociales et des résultats insuffisants, il appelle à un retour à une logique simple : l’efficacité.

« Si on n’est pas capable de réduire de 5 à 10 % une dépense, ce n’est même pas la peine de se présenter. »

Une approche inspirée du réel : gérer l’argent public avec la même exigence que dans une entreprise ou une collectivité.

Une ligne : décider, réformer, assumer

À travers cette intervention, David Lisnard confirme la singularité de sa démarche :

assumer la décision, refuser l’immobilisme, proposer une transformation profonde.

Pas de promesses faciles.

Pas de demi-mesures.

Mais une conviction : la France peut se redresser à condition de rompre avec ses blocages.

Et de retrouver ce qui fait la force des nations qui avancent :

la liberté, la responsabilité… et le courage de décider.