« La réindustrialisation est une priorité nationale »

Retrouvez l’entretien de David Lisnard à La Lettre du Made in France.

le 15 mai 2026
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La fiscalité, la bureaucratie et la complexité normative expliquent-elles à elles seules le décrochage économique français, ou identifiez-vous d’autres causes ?

Ces facteurs sont réels et documentés, mais ils ne sont pas les seuls. La destruction méthodique du capital productif est l’une des causes majeures.

La taxation marginale du capital excède 60 % en cumulant l’impôt sur les sociétés, les prélèvements sociaux, la flat tax et la contribution différentielle. Depuis 2011, quatre surtaxes ont frappé les bénéfices, la dernière votée en 2025 portant le taux effectif à 41,2 %. À cela s’ajoutent des droits de succession sans équivalent chez nos voisins.

La France et l’Allemagne comptaient le même nombre d’ETI au début des années 1980. On en dénombre aujourd’hui 5 500 en France, contre 12 500 outre-Rhin.

À ce matraquage fiscal s’ajoute l’absence de fonds de pension. Nos industries, qui vivent de cycles longs, en sont privées alors qu’on les retrouve au capital des grandes entreprises allemandes, néerlandaises ou américaines.

Vient ensuite le coût de l’énergie. Notre parc nucléaire, qui devrait constituer un avantage compétitif décisif, a été dilapidé. Entre 2021 et 2024, le prix de l’électricité pour les entreprises a augmenté de 67 % malgré les aides, et le prix industriel final atteint 165 €/MWh contre 73 €/MWh aux États-Unis.

S’y ajoute le déclassement éducatif. On ne réindustrialise pas avec une école qui n’enseigne plus les fondamentaux et n’ouvre pas aux métiers d’avenir.

Notre formation professionnelle ne produit plus assez de techniciens. Des dizaines de milliers de postes restent non pourvus en métallurgie, soudage, mécanique de précision, maintenance, électronique embarquée, autant de métiers bien rémunérés sur lesquels se bâtit une industrie moderne.

Deux rigidités achèvent le tableau. Celle du marché du travail : la difficulté à embaucher et à se séparer d’un salarié dissuade l’implantation industrielle. Celle de la recherche publique : la France y consacre 2,2 % du PIB contre 3,1 % en Allemagne et 3,5 % aux États-Unis, et le lien entre laboratoires publics, universités et industrie est rompu.

Considérez-vous la réindustrialisation comme une priorité nationale absolue, et si oui, pourquoi ?

De 1995 à 2015, la France a perdu la moitié de ses usines et le tiers de son emploi industriel.

L’industrie représente moins de 10 % du PIB français contre 19 % en Allemagne, et 26 % pour l’industrie manufacturière.

Ce recul a des conséquences lourdes car l’industrie structure les bassins d’emploi, irrigue les villes moyennes et finance le modèle social. Chaque emploi industriel en entraîne deux à trois dans la sous-traitance.

La réindustrialisation est donc en effet une priorité nationale. Elle conditionne nos recettes publiques, notre innovation, notre souveraineté dans des secteurs vitaux et notre cohésion nationale.

Soyons cependant lucides : nous ne reconstruirons pas tout, le différentiel de coûts restant structurel.

L’effort doit à mon sens se concentrer sur trois domaines : la souveraineté (santé, défense, énergie, alimentation), les savoir-faire historiques (aéronautique, luxe, pharmacie, agroalimentaire, machines-outils) et les technologies de rupture (batteries, biotechnologies, hydrogène, intelligence artificielle, quantique, semi-conducteurs).

L’État n’a pas à se substituer au marché ni à désigner des champions par décret. Son rôle est de créer les conditions de cette réindustrialisation à travers une stabilité fiscale et juridique, une énergie compétitive, un foncier disponible, une main-d’œuvre bien formée et une simplification normative et réglementaire.

Ceci étant en place, il faut laisser agir les entreprises.

Quels leviers peut-on activer immédiatement pour relocaliser des activités productives, sans alourdir la dette publique ?

Les meilleurs leviers sont neutres en coût ou autofinancés.

L’Institut Molinari a montré qu’une baisse de 35 milliards d’euros des impôts de production est compensée en deux ans par la hausse des recettes sociales, de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu et de la TVA, ainsi que par la baisse des dépenses liées à l’assurance chômage.

La déréglementation est un autre levier à coût nul.

Nous remplacerons l’autorisation préalable par la responsabilité a posteriori : tout ce qui n’est pas interdit doit être autorisé, et qui cause un dommage en répond.

Nous supprimerons le seuil de 50 salariés, substituerons au principe de précaution un principe de responsabilité, poserons un moratoire de trois ans sur toute nouvelle norme et réécrirons les codes concernés.

S’agissant du foncier, il faut mobiliser les milliers d’hectares de friches bloqués et revenir sur la loi ZAN, qui interdit toute extension au-delà de l’enveloppe locale d’artificialisation.

On ne peut demander aux maires de réindustrialiser en leur interdisant d’ouvrir un mètre carré d’activité.

Monter une grande usine prend, en France, plus de temps que partout ailleurs en Europe. Les industriels s’implantent ailleurs pour payer moins et pour aller plus vite.

Quelles sont, selon vous, les réformes les plus urgentes pour rendre durablement compétitive la production française ?

Outre ce qui précède, trois réformes me semblent indispensables.

La première est la refondation fiscale du capital et des bénéfices : réduire progressivement l’impôt sur les sociétés à 20 %, alors que le taux effectif des grandes entreprises dépasse 36 % du fait des surtaxes.

La deuxième concerne le coût du travail, dont les allègements sont mal calibrés. Au SMIC, le taux de cotisations patronales est tombé de 40 % à 7 %. Dès 1,6 SMIC, il remonte à 40 %. Au-delà de 3,5 SMIC, à 47 %.

Résultat : nous avons créé une trappe à bas salaires. Les entreprises n’ont aucune incitation à élever la qualification de leurs salariés, puisque chaque progression salariale déclenche un rehaussement brutal de charges, bien supérieur au gain pour le salarié et destructeur de compétitivité.

C’est l’exact inverse d’une politique de montée en gamme. Nos charges écrasent précisément les emplois industriels que nous prétendons défendre.

Nous mettrons donc en œuvre une baisse durable et continue des charges entre 2 et 4 SMIC, financée par la maîtrise des dépenses publiques et non par un redéploiement entre cotisations.

Pour cela, il faudra nécessairement revoir notre modèle de redistribution. Les dépenses de protection sociale représentent un tiers du PIB en France contre 21 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, dont une partie pèse structurellement sur l’entreprise.

Une fraction des économies passera par le basculement d’une partie de notre protection sociale vers un mode assurantiel et capitalisé, à l’instar de ce qu’ont fait les Pays-Bas qui offrent un modèle de référence pour l’assurance maladie en concurrence régulée.

Nous rééquilibrerons ainsi solidarité nationale, mutualisation collective et responsabilité individuelle.

À la refonte des charges doit s’ajouter celle du contrat de travail. Aujourd’hui, l’employeur n’ose plus embaucher et le salarié reste dans la précarité.

C’est pourquoi je propose d’instaurer un contrat de travail unique bâti sur quelques principes : liberté contractuelle, loyauté des parties, protection de la santé et de la sécurité, recours clairement définis.

Un droit lisible est un droit appliqué ; un droit illisible décourage l’embauche, nourrit le contentieux et profite aux mieux informés, rarement aux plus fragiles.

Quel rôle concrètement jouent ou devraient jouer les maires et les collectivités territoriales dans la reconquête industrielle ?

Les maires sont les premiers interlocuteurs des industriels qui s’implantent ou s’étendent. Ils connaissent leur commune, le foncier, les compétences, les sous-traitants, les logements et les transports.

Aucun grand projet n’aboutit sans eux ni contre eux.

Les réussites françaises sont d’abord territoriales, comme dans la vallée de l’Arve, Oyonnax, Toulouse ou Grenoble.

Or les élus locaux ont été dépossédés de leurs moyens d’agir.

Nous restaurerons leurs marges : une part d’impôt sur les sociétés déterminée localement, entre 0 et 5 points, pour restaurer le lien fiscal entre territoire et contribution productive ; des zones franches industrielles à définition locale, sur le modèle des ZFU de 1996 à 2015 ; un droit à l’expérimentation normative pour les collectivités porteuses de projets industriels, par voie contractuelle avec le préfet.

À plus long terme, la réorganisation de notre architecture territoriale est une condition de l’efficacité industrielle.

Les grandes régions et les départements seront remplacés par des Provinces d’échelle cohérente, dotées de compétences exclusives et claires ainsi que d’un pouvoir réglementaire réel.

Cette réforme requiert une révision constitutionnelle. Nous l’assumons.

Comment conciliez-vous votre attachement au libéralisme économique avec la défense d’une politique industrielle souveraine ?

Il n’y a pas de contradiction.

Le libéralisme, dans la tradition de Bastiat à Aron, repose sur la propriété, le contrat, la stabilité du droit et la responsabilité.

Il suppose un État régalien fort, qui ne dirige pas l’économie mais protège nos approvisionnements et nos capacités industrielles stratégiques.

Notre désindustrialisation n’est pas le produit d’un excès de libéralisme, mais de dirigisme.

Entre 2019 et 2024, l’Union européenne a produit 13 000 actes juridiques contraignants contre 5 500 aux États-Unis.

La productivité horaire de la zone euro, qui atteignait 98 % de celle des États-Unis en 1995, n’en représentait plus que 82 % en 2019. Selon le rapport Draghi, cette seule divergence explique 70 % de l’écart de PIB par habitant entre l’Union européenne et les États-Unis.

Pendant ce temps, la Chine impose ses normes dans l’intelligence artificielle, la 5G et les semi-conducteurs. L’Europe encadre ce qu’elle ne sait plus produire.

Là où le dirigisme pilote la production par la dépense publique et la norme, une politique de souveraineté garantit à nos entreprises des conditions de concurrence équitables et à l’État les moyens d’agir en cas de défaillance systémique.

Nous ne défendons ni la planification colbertiste ni la politique des champions désignés.

Ce que nous défendons, c’est un cadre de compétition loyale entre nations.

Comment inciter durablement les consommateurs et les entreprises à favoriser le Made in France, sans tomber dans le protectionnisme ?

Le protectionnisme renchérit les prix, anesthésie la productivité, appauvrit le consommateur et fragilise les industries qu’il prétend protéger.

Mais il ne s’agit pas d’être naïfs.

La France exige de ses industriels et agriculteurs le respect des normes sociales, environnementales et sanitaires les plus strictes au monde, tout en laissant entrer librement des produits qui ne les respectent pas.

Cela s’appelle une asymétrie de concurrence, pas du libre-échange.

L’information du consommateur doit être transparente.

Une large majorité de Français se déclare prête à payer davantage pour acheter français, à condition de savoir ce qu’elle achète réellement.

Or moins d’un Français sur deux distingue encore la mention « Made in France », autodéclarée et sans contrôle préalable, de la certification « Origine France Garantie », qui impose que l’étape décisive de fabrication se déroule en France et qu’au moins 50 % du prix de revient y soit acquis.

Nous ferons de cette certification le critère de référence de la commande publique et porterons au niveau européen l’obligation d’un marquage d’origine lisible et vérifié pour les produits manufacturés.

Mais tout cela n’aura aucune portée si notre pays ne crée pas les conditions de la compétitivité fiscale et sociale, de l’innovation et de la créativité.

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«Pourquoi il était important que le film L’Abandon, sur Samuel Paty, soit projeté à Cannes»

Présenté ce mercredi soir hors compétition, le film réalisé par Vincent Garenq retrace les onze derniers jours de Samuel Paty. Un film qui montre la réalité sans la romancer, et dont le titre suffit à dire ce qu’il faut combattre : l’abandon dont sont victimes les enseignants face à la menace islamiste. Une tribune de David Lisnard parue dans Le Figaro.

le 13 mai 2026
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Le Festival de Cannes présente ce mercredi soir, hors compétition, L’Abandon, un film de Vincent Garenq consacré aux onze derniers jours de Samuel Paty. Je veux saluer sa direction d’avoir pris cette décision.

En s’appuyant sur les actes du procès, les pièces à conviction et les courriels du professeur lui-même, ce film, auquel Mickaëlle Paty, la sœur de Samuel, a été étroitement associée, ne romance rien. Il restitue et rend compte. Samuel Paty a été décapité le 16 octobre 2020 à la sortie de son collège, à Conflans-Sainte-Honorine, par un terroriste islamiste tchétchène. Il enseignait l’histoire-géographie et l’enseignement moral et civique. Son crime ? Avoir montré, dans un cours sur la liberté d’expression, les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo.

Son assassin ne le connaissait pas. Il a agi à l’issue d’une campagne de haine déclenchée par le mensonge d’une élève absente de ce cours, relayé par son père, amplifiée par un militant islamiste, viralisée sur les réseaux sociaux. À aucun moment cette chaîne n’a été interrompue. Pourtant le mensonge initial était connu dès les premiers jours.

Le film montre cela. Il montre aussi le reste. Il montre un professeur menacé qui alerte sa hiérarchie. Il montre qu’aucun démenti public n’a été opposé par la direction de l’établissement au mensonge de l’élève. Il montre une Éducation nationale qui reproche au professeur d’avoir pu manquer à la neutralité, légitimant ainsi les accusations portées contre lui. Il montre des services de renseignements informés des appels à la haine, des messages laissés sur le répondeur du collège, des préparatifs de manifestations devant l’établissement, et qui n’envisagent pas sérieusement la piste d’un attentat. Ce film montre l’isolement progressif d’un homme que l’institution avait la charge de protéger. Ce film montre la réalité.

Le titre suffit à dire ce qu’il faut combattre. Voilà ce que la famille de Samuel Paty cherche à faire reconnaître devant les juridictions depuis des années et qui ne l’a toujours pas été. L’idéologie islamiste qui a armé le bras du tueur est la même qui a conduit à l’assassinat de Dominique Bernard à Arras, le 13 octobre 2023. L’islamisme est un totalitarisme. Il fait la guerre à notre civilisation, à notre culture, à la laïcité, à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la liberté d’expression, à la République, à la France. Il nous fait la guerre et il prospère sur nos renoncements.

C’est ce « pas de vague » qui a permis l’enchaînement des faits jusqu’au 16 octobre 2020. L’évitement comme méthode. L’esquive comme culture administrative. La neutralité retournée contre celui qui doit être protégé. C’est cette mécanique qui a fait de Samuel Paty une cible exposée.

La lutte contre l’islamisme doit être menée sans faiblir, à l’école comme dans la société. À l’école, d’abord. Toute menace contre un enseignant doit déclencher la saisine du parquet par l’administration. Toute pression exercée sur un professeur au nom du religieux doit être pénalisée. Tout élève qui conteste un enseignement au nom de sa religion doit être exclu de l’établissement. Tout agent qui pratique le « pas de vague » face à une intimidation islamiste doit en répondre disciplinairement.

Dans la société, ensuite. Il faut interdire les organisations islamistes et démanteler les officines qui en dépendent, fermer les mosquées salafistes et fréristes, expulser les prêcheurs de haine et les imams étrangers qui instruisent le séparatisme, couper les financements étrangers, dissoudre les associations qui frayent avec cette idéologie comme l’a été le CCIF après l’assassinat de Samuel Paty, sanctionner les élus qui composent avec elle.

Il faut surtout cesser de feindre l’ignorance qui est en fait une complicité. Ceux qui revendiquent la séparation des sexes dans les piscines, qui imposent le voile aux accompagnatrices scolaires, qui exigent le burkini sur les plages, qui refusent les caricatures de Mahomet, qui placent la charia au-dessus des lois de la République sont des islamistes. Ceux qui les défendent, qui défilent avec eux, qui ajoutent un « mais » à la condamnation des attentats, en sont les complices idéologiques. Ce combat est possible. Il suppose de ne rien céder. La République ne se défend pas par de beaux discours. Elle se défend par des décisions et par le courage de ceux qui les prennent.

Cela suppose enfin de réarmer l’école. Notre histoire, notre langue, notre littérature, notre philosophie sont des antidotes au fanatisme. Un esprit formé par les humanités ne plie pas devant l’ordre théocratique.

C’est dans cet esprit que je soutiens et m’associe à la démarche de panthéonisation de Samuel Paty engagée par sa famille et par le comité fondé le 30 mars dernier. Ce ne serait pas honorer seulement un homme et un martyr. Ce serait honorer tous les professeurs de France qui, chaque jour, dans des établissements ordinaires, sont en première ligne face aux pressions communautaires, aux contestations religieuses, à la lâcheté ambiante.

Honorer Samuel Paty, c’est honorer l’homme, le fils, le frère, le père. C’est aussi honorer l’enseignant et, à travers lui, tous ceux qui, anonymement, font vivre ce qui fonde la grandeur de la France : la liberté.

 

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« L’idée est surtout de fournir des outils d’aide à la décision » : une bouée connectée surveille désormais la santé de la baie de Cannes

Installée depuis une dizaine de jours dans la baie de Cannes, une bouée connectée mesure en continu la qualité de l’eau. Grâce à l’intelligence artificielle, ces données permettent désormais d’anticiper l’évolution du milieu marin. Un article de Nice-Matin.

Cannes le 12 mai 2026
Bouée

Au large de Cannes, une petite bouée jaune oscille désormais au rythme de la Méditerranée.

Installée le 23 avril dans la baie cannoise, elle n’a rien d’un simple marqueur maritime : c’est un concentré de technologies chargé de surveiller en continu la qualité de l’eau.

Depuis une dizaine de jours, cet équipement expérimental est au cœur d’un dispositif porté par l’agglomération Cannes Lérins, engagée de longue date dans la protection du littoral.

Pour son président David Lisnard : « La préservation de la Méditerranée constitue une priorité constante. Cela exige d’aller au-delà des seules actions curatives. Nous devons mieux comprendre et davantage anticiper ».

C’est l’objet de cette bouée connectée conçue par la start-up BiOceanOR.

L’IA au service de la préservation marine

Concrètement, la bouée agit comme une station scientifique flottante. Oxygène dissous, température, salinité, pH ou encore chlorophylle : une série de paramètres essentiels est mesurée toutes les vingt minutes.

L’enjeu n’est donc plus seulement de constater l’état de la mer à un instant T, mais d’en comprendre les évolutions. « On parle beaucoup de la bouée, mais elle n’est qu’un support. L’essentiel, c’est la récupération et le traitement des données », insiste Samuel Dupont, président de BiOceanOR.

Grâce à l’intelligence artificielle, l’entreprise développe des modèles capables de prévoir certaines évolutions, notamment celles de l’oxygène dissous, indicateur clé de la santé des écosystèmes marins. « L’idée de ce projet est surtout de fournir des outils d’aide à la décision », expose-t-il, en s’appuyant sur des projections à 48 heures pour accompagner la gestion du milieu marin.

Un système de qualification des données, baptisé AquaCheck, va également adresser un score à chaque donnée qui va être collectée pour ensuite donner un indice de confiance et permettre d’optimiser les plans de maintenance et les nettoyages des différents jeux de données.

L’élite du skateboard a rendez-vous à Cannes pour la seconde édition du Bowl Fest

Près de 80 concurrents, représentant huit pays, étaient en lice, du vendredi 8 au dimanche 10 mai, sur le spot du bord de mer, pour la seconde édition du Cannes Bowl Fest. Parmi eux, plusieurs cadors de la discipline, venus se mesurer avant les rendez-vous estivaux. Un article de Nice-Matin.

Cannes le 12 mai 2026
Skate

L’an dernier, le skatepark de la Roseraie avait réuni près de 60 participants pour la première édition du Cannes Bowl Fest, organisé par le Comité départemental roller et skateboard des Alpes-Maritimes.

Pour cette seconde édition, qui a démarré samedi (les entraînements ont débuté hier et continuent ce jour) et se poursuivra jusqu’au dimanche 10 mai, l’événement s’est encore plus ouvert à l’international et ce ne sont pas moins de 80 skaters qui ont répondu présent à l’invitation de Cécile Tordo, présidente du Comité de roller et skateboard du Cdos 06, et de son équipe. Un rendez-vous qui devrait mettre le feu à la Roseraie, avec les fans de planches mais pas seulement.

« Le Cannes Bowl Fest reste une compétition fédérale avec de nombreux pays représentés, comme la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et même les Émirats arabes unis. Cette année, il y a un “cash price” important, c’est comme un mécénat au mérite qui attire forcément les skateurs. »

Des champions de France, des participants aux JO de Paris…

Mais ce n’est pas la seule raison de la venue des meilleurs Français et étrangers, car les compétitions de bowl sont assez rares.

Et Cannes a déjà commencé à faire son trou dans le calendrier national. « Ils viennent pour se challenger face aux meilleurs. C’est un super entraînement avant le championnat de France (qui se tiendra les 4 et 5 juillet à Montpellier). Ici, on va avoir presque plus de riders que lors des France, glisse Cécile Tordo. Le public pourra voir évoluer les meilleurs. C’est toujours spectaculaire car le bowl, c’est aérien, avec les moments les plus forts, dimanche, pour les finales. »

Initiation gratuite pour les novices

On pourra ainsi admirer Émilie Alexandre, Nathan Matheron et Vincent Matheron, qui ont participé aux JO de Paris, mais aussi les champions de France, Eliott Monnet, Tim de Paris. La compétition sera arbitrée par un juge suisse. « C’est important d’avoir un juge impartial, qui ne connaît pas les riders. On voudrait en avoir un second, un Espagnol, en 2027. »

L’événement est ouvert aux catégories suivantes chez les filles et les garçons : les moins de 10 ans, moins de 13 ans, moins de 17 ans, plus de 17 ans et plus de 30 ans (Masters). Un sacré plateau, comme le confirme Cécile Tordo : « Chez les moins et les plus de 17 ans, ce sont les meilleurs skaters français et internationaux qui seront présents. Impossible dire qui va l’emporter. »

Les tricks (mouvements) vont s’enchaîner sur le bowl cannois qui devrait s’enflammer durant trois jours. Vous pourrez même tenter des mouvements sur la piste, grâce à une initiation gratuite avec prêt de planche, casque et protections !

Le village Potemkine de la réindustrialisation

Huit ans après son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron reconnaît enfin les freins qui entravent l’industrie française. Mais derrière les annonces de simplification et les projets dits « stratégiques », David Lisnard dénonce une illusion : celle d’une réindustrialisation pilotée par l’administration, loin des réformes structurelles indispensables pour redonner liberté et compétitivité aux acteurs économiques.

le 07 mai 2026
Atlantico

Emmanuel Macron s’est rendu la semaine dernière dans l’Allier pour annoncer un plan de simplification et de réindustrialisation. Il était temps, après huit ans au pouvoir, de découvrir enfin les blocages administratifs, la complexité normative et les procédures kafkaïennes qui étouffent notre industrie.

Après avoir nié, minimisé et dénigré ceux qui alertaient, le constat du président de la République est bienvenu. Les conclusions qu’il en tire sont malheureusement mauvaises.

Le Président a parlé de « méthode Notre-Dame » pour annoncer que 150 projets « d’intérêt majeur » bénéficieraient d’une procédure accélérée, d’autorisations dérogatoires, de délais raccourcis. Mais si cette méthode est bonne, et elle l’est, alors il faut l’appliquer aux centaines de milliers de projets que portent chaque année entreprises, artisans, collectivités et particuliers. L’État ne peut reconnaître que son propre droit est impraticable et le maintenir pour tous sauf pour quelques privilégiés.

150 projets seront ainsi sélectionnés non par le marché ni par les acteurs économiques, mais par les préfets à partir d’une liste arrêtée à Paris. Voilà un plan de 71 milliards d’euros d’investissements qui se veut « stratégique » et dont la géographie, les bénéficiaires et les critères relèvent intégralement de l’appréciation de l’administration.

Ce n’est pas une politique industrielle. C’est une économie administrée qui ne dit pas son nom. Or, le rôle de l’État n’est pas de choisir les champions industriels, mais de créer les conditions dans lesquelles ils émergent.

Pour cela, il est essentiel d’engager un grand plan de simplification pour tous afin que chaque entrepreneur puisse bénéficier de conditions optimales pour créer, innover et développer son activité.

Un tel plan suppose de supprimer le principe de précaution et de s’attaquer aux différents codes qui paralysent l’initiative économique en France. Il en est ainsi du Code de l’environnement, dont le nombre d’articles a augmenté de près de 600 % en vingt ans. Du Code du travail, qui dépasse 3 500 pages quand son équivalent suisse en compte 160, illisible pour l’employeur, protégeant mal le salarié et nourrissant la judiciarisation des relations de travail. Du Code de l’urbanisme, qui rend chaque projet otage d’une succession d’autorisations non coordonnées. Du Code de la commande publique, qui renchérit les coûts et met la moindre passation hors de portée des PME et des ETI.

Il est temps de déréguler pour restaurer la lisibilité du droit, c’est-à-dire la condition même de sa légitimité démocratique et de son efficacité économique.

Mais simplifier ne suffira pas.

Tant que la fiscalité étranglera la production, la réindustrialisation ne sera qu’une illusion. Les impôts de production pèsent en France 3,6% du PIB pour les seules entreprises, soit plus du double de la médiane européenne (1,2%), Une timide réduction d’environ 10 milliards avait été engagée mais la suppression totale de la CVAE, promise pour 2024, a été reportée une première fois à 2027, puis à 2030. Sans compter le vote d’une contribution exceptionnelle de 47,4% , au détriment du secteur productif. S’y ajoute la C3S, impôt sur le chiffre d’affaires qui frappe en cascade à chaque stade de la chaîne de valeur et qu’il faudra supprimer en priorité.

Par ailleurs, la taxation marginale du capital excède 60 % en cumulant IS, prélèvements sociaux, flat-tax et contribution différentielle. Depuis 2011, quatre surtaxes ont frappé les bénéfices. Sans oublier des droits de succession sans équivalent chez nos voisins. L’absence de fonds de pension à la française achève le tableau : nos industries, qui vivent de cycles longs, en sont privées, quand on les retrouve au capital des grandes entreprises allemandes, néerlandaises et américaines.

Ajoutons le coût de l’énergie. Notre parc nucléaire, qui devrait constituer un avantage compétitif décisif, a été dilapidé par une décennie d’arbitrages idéologiques.

Ajoutons le déclassement éducatif : on ne réindustrialise pas avec une école qui n’enseigne plus les fondamentaux, ni avec une formation professionnelle qui ne produit plus assez de techniciens.

 

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Santé : David Lisnard dévoile son «plan d’action rapide» inspiré des ordonnances de 1958

Le candidat de Nouvelle Énergie propose une réorganisation du système et l’instauration d’une loi de programmation annuelle de la santé sur le modèle du cadre fixé pour les armées. Retrouvez l’article du Figaro consacré à la présentation du programme Santé de David Lisnard.

Santé le 07 mai 2026
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À droite, à moins d’un an de la présidentielle, Bruno Retailleau n’est pas le seul à promettre de « renverser la table » en 2027. David Lisnard, ex-vice-président des LR, tourné lui aussi vers l’élection suprême sous ses propres couleurs, a dévoilé mardi son programme dans le domaine de la santé où les ruptures foisonnent. Y aurait-il une concurrence des promesses de changement radical à droite en ce début de campagne ? Le candidat répond : « Je ne me plains jamais du fait que les concepts que j’ai lancés soient repris. On sent bien la fin d’un cycle, que j’ai qualifié d’État-providence, et pour passer à autre chose, il faut bien de la radicalité. Mais ensuite, il faut se méfier d’une formule qui devient du prêt-à-penser. Certains disent qu’ils vont renverser la table, mais je pense qu’ils ne feront que casser la vaisselle. Et je ne suis même pas sûr qu’ils changent la nappe ! » Le maire de Cannes affirme ne plus écouter ce que disent les politiques, mais qu’il s’attache surtout à regarder « ce qu’ils ont fait ». Pense-t-il à quelqu’un en particulier ? « À Gabriel Attal , par exemple », dévie-t-il en souriant et sans évoquer Bruno Retailleau.

Le candidat de Nouvelle Énergie a précisé ses objectifs au siège parisien de son parti, dans la foulée d’une immersion à l’Institut Cœur Paris Centre (ICPC, 8e arrondissement). C’est sa deuxième proposition thématique après le premier volet sur l’agriculture, diffusé en février. Pour lui, l’ICPC est un modèle à suivre en matière d’offre de soins. Il y reconnaît certains fondamentaux régulièrement défendus par Nouvelle Énergie, notamment sur l’organisation et la recherche de performance.

« J’aime beaucoup ce personnage »

À l’entrée, Dolly, une patiente de 78 ans, se lève pour le saluer. Souhaite-t-elle le voir à l’Élysée un jour ? « J’aimerais bien. J’aime beaucoup ce personnage », confie-t-elle, en souriant. David Lisnard sourit lui aussi avant de commencer la visite, entouré de quelques « experts thématiques » maison, membres du groupe de travail consacré à la santé au sein de Nouvelle Énergie. L’élu évoque son travail à l’échelle de Cannes, où il a développé une organisation locale de santé, rapprochant privé et public pour plus d’efficacité. Une évolution mise en place durant la crise sanitaire du Covid.

Sur le papier, son projet de réforme globale propose une série de changements radicaux : accès direct à tout professionnel de santé de son choix (infirmier en pratique avancée, kiné, sage-femme, pharmacien) avec remboursement plein, offre de soin territorialisée et graduée à l’échelle de chaque ancien canton, suppression des ARS (également proposée par les sénateurs LR), décentralisation de l’organisation de la santé, généralisation obligatoire du dossier médical partagé, loi de programmation annuelle de la santé incluant la recherche médicale sur le modèle de la LPM pour les armées… L’objectif général est résumé en une promesse : « Libérer les soignants pour libérer l’accès aux soins pour tous ».

David Lisnard assume la radicalité des changements qu’il propose en partant d’un constat chiffré des faiblesses du système sanitaire français. Un système qui, selon lui, ne souffre pas d’un problème de moyens mais pâtit d’un manque « d’organisation, de structure et de doctrine ». En s’appuyant sur les données 2024, il rappelle que la France a consacré 333 milliards d’euros à la santé, soit 12 % du PIB, 5000 euros par habitant et 1 600 euros au-dessus de la moyenne européenne. Il précise que le système n’a pas su éviter de plonger « 87 % du territoire en désert médical » et privé « 6 millions de Français » de médecin traitant. L’élu cannois relève enfin que les 14,7 milliards consacrés à l’administration de santé chaque année se situent 2,6 points au-dessus de la moyenne européenne, alors que plus de 90 % des indicateurs de qualité retenus par la Haute Autorité de santé ne portent pas sur les résultats mais sur les procédures.

Lors de son échange avec les professionnels de l’ICPC, David Lisnard partage son étonnement face au manque de réaction politique quand la dérive du système était annoncée « depuis trente ans ». « On a cru qu’on allait maîtriser les dépenses de la santé en comprimant l’offre », souffle-t-il avant de pointer le « gâchis » illustré, à ses yeux, par le nombre de « gamins » décidant de se former à l’étranger ou encore par un système « égalitaire dans la pénurie ». « Ça c’est maboul ! On a tout en France pour réussir et pour soigner tout le monde », insiste-t-il.

En quittant l’ICPC mardi après-midi, le ton de David Lisnard trahit une forme d’impatience, comme si l’ampleur de la transformation promise ne pouvait être qu’une motivation supplémentaire. « Une fois de plus, que ce soit dans le privé ou dans le public, tous démontrent que l’on peut mieux soigner, soigner plus de monde et moins cher en sortant des rigidités, des procédures et de la schématisation », lâche-t-il dans la voiture. L’élu plaide pour une vision globale de la santé, en regrettant la permanence d’un modèle « descendant de gestion comptable », ayant généré une masse « d’absurdités ». Il accuse encore une fois les « mabouls » de la technocratie d’avoir « enlevé la médecine aux Français. »

Au bout d’une logique

Il veut croire enfin qu’en partant des « talents locaux », des « initiatives » et de la « liberté d’installation », la France parviendrait à combattre la dégradation de l’offre de soins. Après avoir écouté le témoignage d’une infirmière en pratique avancée au sein de l’ICPC, il semble encore plus décidé à défendre son projet de redressement. « Chaque système produit son aristocratie auto-alimentée, mais là, on est au bout d’une logique mise en place après la Seconde Guerre », dénonce-t-il.

David Lisnard assure que toutes ces transformations peuvent être engagées très rapidement. « Mon plan d’action s’inspire de ce qui a été fait en 1958, avec 355 ordonnances en moins de dix mois. Cela fut la période de gestion la plus radicale de l’histoire du pays », rappelle le candidat, en se disant prêt à « libérer » toute l’activité de la santé, mais pas seulement. À l’écouter, la transformation promise peut être lancée dès les six premiers mois du mandat présidentiel. En attendant d’y voir plus clair sur l’offre politique à droite, il a déjà prévu de demander à un conseiller d’État de lui rédiger les ordonnances pour refonder le système de santé.

 

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David Lisnard sur franceinfo : « Le problème français est devenu un problème de suradministration et d’impuissance publique »

Invité du « 8h30 franceinfo » ce mercredi 6 mai 2026, David Lisnard est revenu sur les grands enjeux du moment : flambée des prix du carburant, souveraineté française, audiovisuel public, bureaucratie et recomposition politique à droite.

le 07 mai 2026
FRANCE INFO

Au cœur de son intervention : une même conviction. La France souffre moins d’un manque d’État que d’un État devenu inefficace, suradministré et incapable de se concentrer sur ses missions essentielles.

Carburants : « On ne peut pas tout faire en même temps »

Face à l’explosion des prix à la pompe, David Lisnard a défendu une mesure immédiate et ciblée : la suspension provisoire des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), qui permettrait selon lui une baisse d’environ 17 centimes par litre sans dégrader davantage les comptes publics.

« La seule mesure générale possible sans aggraver la dette, c’est la suspension provisoire des CEE. »

Refusant les solutions de facilité, il a également rejeté les propositions consistant à baisser massivement les taxes ou à surtaxer TotalEnergies.

« Faire croire qu’on peut tout financer par la dette revient à faire payer notre plein d’essence par nos enfants et nos petits-enfants. »

Pour David Lisnard, la crise énergétique révèle surtout une fragilité structurelle du modèle français : un État surendetté, une fiscalité devenue excessive et une incapacité chronique à anticiper les crises.

Diplomatie : « La France doit retrouver une parole cohérente »

Interrogé sur la situation au Moyen-Orient, David Lisnard a plaidé pour une diplomatie française fondée sur la clarté stratégique, les alliances et la puissance.

« Les relations internationales sont des rapports d’influence, voire des rapports de force. »

Il a regretté l’absence d’initiative forte de la France autour de la sécurisation du détroit d’Ormuz et rappelé la nécessité absolue de la dénucléarisation iranienne ainsi que du désarmement du Hezbollah au Liban.

« Un porte-avions est aussi un outil diplomatique. La France doit assumer son rôle stratégique au Liban et dans la région. »

Audiovisuel public : recentrer les missions du service public

À propos du rapport sur l’audiovisuel public, David Lisnard a rappelé son attachement à un véritable service public fondé sur la neutralité, l’équilibre et des missions clairement définies.

« Le service public doit répondre à une exigence de neutralité et de bonne utilisation de l’argent des contribuables. »

Il a proposé une réforme profonde du paysage audiovisuel public : fusion de certaines structures, fermeture de chaînes devenues redondantes et privatisation de France 2.

« Je propose depuis longtemps que France 2 soit privatisée et que l’on conserve deux grandes chaînes publiques : une de proximité et une à vocation culturelle et internationale. »

Pour le président de Nouvelle Énergie, l’objectif n’est pas de fragiliser le pluralisme médiatique, mais au contraire de recentrer le service public sur ce qui fait sa légitimité.

Débureaucratiser la France

David Lisnard est également revenu sur son combat contre l’inflation normative et les excès bureaucratiques qui paralysent le pays.

« Aujourd’hui, beaucoup de Français sont broyés par un droit inflationniste et contradictoire. »

Il a dénoncé des réglementations devenues incohérentes, notamment en matière de logement ou d’aménagement du territoire, citant par exemple les contradictions entre le ZAN et les obligations de construction imposées aux communes.

Pour lui, la France dépense toujours plus mais obtient des résultats toujours plus faibles.

« Nous avons le record du monde de la dépense publique, et pourtant des urgences ferment, les services publics reculent et les Français ont le sentiment d’un abandon croissant. »

Présidentielle : « Il faut organiser la compétition avant le premier tour »

Enfin, interrogé sur la recomposition politique à droite, David Lisnard a réaffirmé sa volonté d’une primaire ouverte afin d’éviter l’éclatement des candidatures.

« Avant la demi-finale du premier tour, il faut organiser un quart de finale. »

Il défend une logique de clarification démocratique et estime qu’aucun candidat naturel ne s’impose aujourd’hui.

À travers cette intervention, David Lisnard a poursuivi une ligne constante : défendre un État recentré sur ses missions essentielles, restaurer la liberté d’action, responsabiliser les acteurs de terrain et reconstruire une puissance publique efficace au service des Français.

Sobriété fiscale mais investissements

L’agglomération ambitionne de baisser la dette tout en investissant 38,7 millions d’euros, sans hausse d’impôt. Un article paru dans Nice-Matin.

le 06 mai 2026
Cannes lérins

Bonne nouvelle pour les contribuables : aucune augmentation d’impôts et aucune taxe sur le foncier bâti additionnelle sur les ménages ne seront instaurées. C’est ce qui ressort du conseil communautaire qui s’est tenu jeudi, au cours duquel le budget 2026 a été voté à la majorité. L’Agglomération Cannes Lérins assure maintenir sa politique de gestion rigoureuse des finances publiques et programme de diminuer la dette de 4,3 millions d’euros en 2026. Tout en maintenant une prévision de 38,7 millions d’euros d’investissement dans des projets d’avenir.

Ces investissements vont porter sur le programme d’actions et de prévention des inondations (4,3 millions d’euros) : création du bassin écrêteur de crue du Carimaï, réalisation d’un bassin de rétention à l’Ecoparc de Mougins, recalibrage du vallon de la Théoulière à Mandelieu-La Napoule, du cours d’eau La Frayère à Cannes ou encore des vallons théouliens

Panneaux solaires au Grand Bleu

Il est aussi prévu de moderniser la collecte et le traitement des déchets (5 millions d’euros) avec notamment l’amélioration des équipements. Mais aussi d’investir dans le développement des énergies renouvelables (2 millions d’euros) avec, par exemple, linstallation de panneaux photovoltaiques sur le centre aquatique Grand Bleu. A noter égale-ment, 6,6 millions d’euros serviront à l’achat de bus à hydrogène ou à la réalisation du BHNS Rocheville au Cannet. Enfin, l’agglomération va financer la modernisation du réseau d’assainissement (8 millions d’euros). L’ensemble de ces opérations est couvert à 14,7 % par des subventions soit 5,7 millions d’euros.

Hors des LR, David Lisnard n’enterre pas la primaire et vise l’objectif de «gagner la présidentielle»

Le président de Nouvelle Énergie confie au Figaro son refus de se laisser enfermer dans le rôle de «rabatteur du libéralisme». Il veut être le candidat de la révolution du bon sens.

le 01 mai 2026
Fig

Le 31 mars, David Lisnard a quitté Les Républicains, où il occupait un siège de vice-président, pour se consacrer pleinement à l’échéance 2027 sous les couleurs de son propre mouvement, Nouvelle Énergie. Il concède une décision pas facile sur le plan personnel mais attendue par une « immense majorité » au sein de sa formation, même si certains souhaitaient qu’il reste LR.

Mais un mois après son départ, le maire de Cannes a le sentiment d’avoir eu raison de s’éloigner d’une « ambiguïté » et reste guidé par une double ambition : « Ma finalité, c’est le redressement du pays. Mon objectif, c’est gagner la présidentielle. Mais pour bien diriger la France, s’il faut gagner une élection, il faut aussi être capable de refuser le pouvoir quand celui que l’on vous propose vous empêche d’agir ou trahit vos convictions. » Derrière cette confidence, l’élu pense notamment aux missives qu’il adressait à Bruno Retailleau pour le mettre en garde face à « l’erreur fondamentale » d’accorder sa confiance à François Bayrou et de participer à un gouvernement macroniste. Car pour David Lisnard, le résultat est que « tout le monde est convaincu » que les LR sont engagés dans le gouvernement.

Partisan d’une primaire élargie à tous ceux qui se situent à droite, le candidat a constaté que Les Républicains avaient écarté cette solution et considéré que les jeux étaient faits au sein du parti LR. Il a donc choisi de quitter le mouvement pour aborder la compétition autrement, avant que Bruno Retailleau soit désigné candidat officiel des Républicains. Mais David Lisnard continue de plaider pour un mode de sélection qu’il défend comme le meilleur moyen d’éviter « deux dangers absolus : la division qui fait perdre une élection et la compromission qui fait perdre le pays ».

« Tuer son chien »

Si le chef des LR juge le match « plié » au sein des Républicains, le maire de Cannes continue de défendre « inlassablement » la piste d’une grande primaire, en se félicitant de voir que celle-ci « recueille chaque jour de nouveaux adeptes ». Il cite Gérald Darmanin, Laurent Wauquiez, Aurore Bergé, Philippe Juvin, Jean-François Copé, Hervé Morin, Sarah Knafo ou encore Éric Zemmour… Hors de question pour le président de Nouvelle Énergie de rester bloqué dans l’idée d’une primaire impossible, comme cela semble pourtant se dessiner tant paraît grande l’absence de volonté exprimée chez LR, Horizons ou Renaissance. « Je ne vais pas me laisser enfermer par le refus d’affronter la compétition, venu de quelques notables. Ce serait trop facile », prévient-il, en balayant l’argument du manque de temps pour organiser une primaire élargie. « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage », critique David Lisnard, convaincu que l’organisation de cette compétition est une question de volonté. « La présidentielle a lieu dans un an. On peut très bien définir des modalités dans les prochaines semaines et l’organiser soit en juillet, soit en octobre ou novembre. »

Lucide face aux obstacles posés par « ceux qui font tout pour que cela ne soit pas jouable », le maire cannois leur reproche de prendre le risque de préparer l’échec de la droite, comme celui du pays. Mais compte tenu de la difficulté à rassembler tout le monde, cette idée de primaire n’est-elle par mort-née ? « Peut-être mais pas forcément car tout dépend de qui veut y venir et moi je parle à tout le monde. Si on arrive à avoir Darmanin, Dupont-Aignan, Zemmour et une figure de l’UDI, cela pourrait marginaliser ceux qui la refusent. » David Lisnard ajoute un avertissement : « Ceux qui auront refusé la primaire ne seront pas plus légitimes pour aller jusqu’au bout que ceux qui l’ont proposée. »

15 000 adhérents

Depuis son départ des LR, l’élu local et président de l’Association des maires de France, s’est consacré à deux activités parallèles : la gestion de sa commune, qui continue de nourrir sa démarche nationale selon une approche « concrète » des réalités, et le développement de son mouvement politique. Il continue de dresser la liste des « rigidités » qui, pénalisent la France. Il veut aussi défendre les « potentialités » du pays, à l’image de la centrale souterraine d’énergie marine dont il suit les travaux sur sa commune. Ce serait même, selon lui, un exemple de « créativité » nationale, remarquable sur le plan européen.

Sur le terrain politique, il revendique une progression de Nouvelle Énergie, se réjouit d’avoir franchi le cap des « 15 000 adhérents » et se félicite d’avoir développé des « moyens financiers importants ». « Ce n’est pas encore le parti de masse mais la dynamique est réelle », assure David Lisnard. Sur le fond, il continue de nourrir son projet présidentiel sur tous les sujets : agriculture, sortie de la « dictature bureaucratique », dossier santé dont la présentation est prévue prochainement… Le parti prévoit une quinzaine de rendez-vous thématiques d’ici à la fin de l’année, toutes étant choisies comme autant de leviers pour redresser la France. Le développement numérique fait aussi partie des travaux en cours. « Comme je l’avais prévu, dans le respect de mon plan de bataille, nous changeons de braquet et je rencontre beaucoup de spécialistes, salariés, syndicalistes. Le fond, la forme et les relais : tout se met en place de façon méthodique », promet-il, avant d’annoncer l’organisation prochaine d’un événement consacré aux ralliements d’élus.

Libéralisme et tactique

Identifié très tôt dans le camp des libéraux, David Lisnard n’a jamais considéré que le mot « libéral » était un gros mot, ni accepté l’idée que cet espace fût une « impasse politique ». Au contraire, il est intarissable sur la réalité des acquis du libéralisme qui auraient démontré son efficacité au fil de l’histoire. En revanche, le chef de file de Nouvelle Énergie refuse de se laisser emprisonner dans un schéma et veut mettre en garde l’opinion face aux « expressions tactiques et circonstancielles » déguisées en « revendications libérales », dont l’objectif serait simplement de jouer les rabatteurs de segments électoraux. « Plutôt que d’écouter ce que beaucoup disent, il faut regarder ce qu’ils ont fait », juge-t-il, en pointant les « futures déceptions ou trahisons », dissimulées derrière « l’habileté » de certains candidats. Pense-t-il à l’ex-ministre du Logement macroniste Guillaume Kasbarian, qui vient de lancer son Parti de la liberté sur une ligne libérale ? Pas seulement sans doute.

Mais si David Lisnard refuse d’être identifié comme l’un de ces rabatteurs qu’il dénonce, c’est aussi parce qu’il veut proposer un « projet complet » destiné à préparer « la révolution du bon sens ». Un projet appuyé sur quatre piliers : « Liberté individuelle, responsabilité personnelle, propriété privée et dignité de la personne. » Le chef de Nouvelle Énergie ira donc « jusqu’au bout » pour transformer le besoin de liberté en « attente politique majoritaire ». Une autre manière de comprendre que l’ambition de David Lisnard ne doit pas être comprise comme celle d’une simple niche électorale.

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« La bureaucratie est liberticide » : David Lisnard sonne la charge sur Face à l’info

Invité de Christine Kelly mardi 28 avril sur CNews, David Lisnard a livré une intervention dense, offensive et structurée, fidèle à la ligne qu’il porte avec Nouvelle Énergie : réhabiliter la liberté, restaurer l’autorité de l’État sur ses missions essentielles, et libérer la société française de ses blocages structurels.

le 01 mai 2026
CNEWS PP

Une politique étrangère « sans colonne vertébrale »

Dès les premières minutes, le Président de Nouvelle Énergie a dénoncé avec vigueur les incohérences de la diplomatie française, notamment vis-à-vis de l’Algérie. Dans un propos rythmé, presque martelé, il pointe une série de renoncements :

« Ce qui est fou, c’est de ne pas faire des intérêts de la France la matrice de la politique menée. »

Pour David Lisnard, la diplomatie ne peut être une posture morale déconnectée du réel : elle est, par nature, un rapport de force assumé, au service de la paix mais aussi du respect de la nation. Refuser cette réalité, c’est affaiblir durablement la voix de la France.

Audiovisuel public : contrôler, recentrer, assumer

Interrogé sur le rapport parlementaire concernant l’audiovisuel public, il rappelle un principe simple :

« Lorsqu’on utilise de l’argent public, il est normal d’être contrôlé. »

Refusant toute posture idéologique, il défend une ligne claire :

  • exigence de transparence dans l’usage des fonds publics
  • pluralisme réel dans le paysage médiatique
  • réduction du périmètre de l’audiovisuel public

Il évoque même la possibilité de privatiser certaines chaînes comme France 2, pour recentrer le service public sur ses missions fondamentales : culture, proximité, exigence éditoriale.

Liberté contre étatisme : une « révolution du bon sens »

À l’approche de 2027, David Lisnard assume une ligne politique fondée non sur une étiquette, mais sur des principes :

« La liberté, la responsabilité, la propriété et la dignité sauveront la France. »

Refusant d’être enfermé dans une caricature du libéralisme, il défend une vision incarnée :

  • redonner de l’oxygène au pays réel
  • desserrer l’étau fiscal et normatif
  • réhabiliter le travail, l’initiative et l’effort

Pour lui, la sur-administration française étouffe autant l’économie que la mobilité sociale. La liberté n’est pas un slogan : elle est la condition de la justice.

« La bureaucratie est liberticide » : le cœur du combat

C’est sur ce terrain que l’intervention a été la plus marquante. À travers une série d’exemples concrets, souvent frappants, il décrit un système devenu absurde :

  • obligations réglementaires déconnectées du réel
  • projets publics ralentis pendant des années
  • administration omniprésente mais inefficace

« On dépense plus qu’ailleurs, mais on ne met pas les moyens où il faut. »

Résultat : une double peine pour les Français — moins d’efficacité publique, plus de contraintes privées.

Son diagnostic est sans appel :

  • la bureaucratie coûte près de 3 points de PIB
  • elle favorise les grandes structures au détriment des plus modestes
  • elle mine l’action publique elle-même

Sa réponse : une dérégulation massive, accompagnée d’un recentrage de l’État sur ses missions régaliennes.

Une candidature ancrée dans le réel

Face aux figures politiques traditionnelles, David Lisnard revendique une autre légitimité : celle du terrain.

« Il n’y a pas d’homme providentiel. Chaque Français peut l’être. »

Ni technocrate, ni démagogue, il entend porter une voie différente :

  • enracinée dans l’expérience locale
  • guidée par le pragmatisme
  • structurée par des principes clairs

À rebours des promesses irréalistes et du conformisme ambiant, il appelle à un sursaut collectif, fondé sur la responsabilité individuelle et la lucidité.