« Plus de liberté pour retrouver un État plus fort »
Invité de BFMTV face à Marc Fauvelle, David Lisnard a livré un diagnostic sans concession sur l’état de la justice, de la sécurité et de l’action publique en France. Son constat est clair : la crise que traverse notre pays n’est pas une fatalité, mais la conséquence d’un système bureaucratique devenu incapable d’assurer ses missions essentielles.
L’émotion suscitée par le témoignage d’une victime de viol, informée par un simple courrier administratif de la libération de son agresseur condamné à trente ans de réclusion, a ouvert l’entretien. Pour David Lisnard, cette situation n’est malheureusement pas une exception.
« C’est absurde, injuste et indécent. Mais le plus grave, c’est que ce type de dysfonctionnement n’est pas rare. Il révèle une défaillance profonde de notre système public. »
Alors que la France détient le record mondial des prélèvements obligatoires et l’un des niveaux de dépense publique les plus élevés du monde développé, les services régaliens essentiels restent sous-dotés. Justice, sécurité, exécution des peines : partout, les Français constatent la même contradiction.
La bureaucratie crée la pénurie
Pour David Lisnard, la racine du problème est connue : l’inflation normative et bureaucratique.
La multiplication des règles, des procédures et des structures administratives détourne les moyens humains et financiers des missions de terrain. Résultat : les magistrats manquent, les greffiers manquent, les policiers manquent, tandis que les délais de jugement explosent.
« La bureaucratie crée la pénurie alors même qu’on dépense davantage. »
Loin d’opposer État et liberté, David Lisnard défend une vision exigeante de l’action publique : un État recentré sur ses missions fondamentales et débarrassé des tâches inutiles qui l’affaiblissent.
« Si nous voulons davantage de magistrats, de policiers, de places de prison, il faut moins de bureaucratie. »
Reconstruire la justice plutôt que rafistoler le système
Face à une justice engorgée et à des peines trop souvent non exécutées, David Lisnard refuse les demi-mesures.
L’exemple de criminels condamnés à de lourdes peines mais libérés après quelques années illustre, selon lui, une perte de crédibilité de l’institution judiciaire.
« Il ne s’agit plus de rafistoler un système qui fuit de partout. Il faut le reconstruire. »
Cette reconstruction passe notamment par une réécriture profonde du droit, une simplification des procédures, une augmentation des moyens humains et matériels de la justice, mais aussi par un changement de doctrine pénale.
Alors que des milliers de places de prison manquent en France, la surpopulation carcérale se conjugue paradoxalement avec une sous-exécution des peines. Cette situation pénalise à la fois les victimes, les magistrats et l’ensemble de la société.
Restaurer l’autorité par la responsabilité
Interrogé sur les violences urbaines et les dégradations commises lors de certains rassemblements, David Lisnard a rappelé un principe simple : il ne peut y avoir d’autorité sans responsabilité.
Il défend ainsi la responsabilité financière des auteurs de dégradations et, lorsqu’ils sont mineurs, celle de leurs parents.
« Nous sommes responsables de nos enfants. Ce n’est pas aux contribuables de payer les conséquences de la délinquance. »
Cette logique de responsabilité s’inscrit dans une vision plus large : remettre au cœur de la société le devoir, l’engagement et l’assomption des conséquences de ses actes.
Un État fort suppose davantage de liberté
L’un des fils conducteurs de l’intervention de David Lisnard réside dans une idée souvent mal comprise : la liberté n’est pas l’ennemie de l’autorité.
Au contraire.
Selon lui, l’État s’est progressivement dispersé dans des missions secondaires, des réglementations excessives et des injonctions contradictoires, au détriment de ses fonctions fondamentales.
« Plus l’État s’occupe de ce qu’il ne doit pas faire, moins il fait ce qu’il doit faire. »
Cette dérive affaiblit simultanément la puissance publique, l’économie et la cohésion nationale.
À l’inverse, un État recentré sur le régalien, garantissant la sécurité, la justice, l’éducation et la souveraineté, retrouverait toute son efficacité.
Une ambition de redressement national
Au-delà des polémiques du moment, David Lisnard a rappelé le sens de son engagement : proposer un projet cohérent de redressement du pays.
Réindustrialiser la France, restaurer son autorité, réduire la bureaucratie, rétablir la responsabilité individuelle et retrouver une trajectoire de liberté économique constituent les piliers de cette ambition.
« C’est la révolution du bon sens que je propose par la liberté et la responsabilité. »
Face au sentiment de déclin qui traverse le pays, David Lisnard oppose une conviction : la France dispose encore de tous les atouts nécessaires pour réussir, à condition d’avoir le courage de réformer en profondeur un système devenu inefficace.
Car pour retrouver un État fort, il faut d’abord lui rendre sa mission première : protéger les Français et préparer l’avenir.
À Bayeux, David Lisnard invoque l’esprit de résistance pour reconstruire la France
Lancé dans sa course à l’Élysée, le président de Nouvelle Énergie a choisi la célèbre cité normande pour dessiner l’architecture d’une refonte des institutions sur le modèle originel de la Constitution de 1958. Un article d’Emmanuel Galiero paru dans Le Figaro.
La libération de Bayeux comme symbole gaullien de la reconstruction d’une nation et de sa Constitution. David Lisnard, candidat à la présidentielle et président de Nouvelle Énergie, a choisi la date anniversaire de la bataille de Normandie et de l’appel du 18 juin pour prononcer un discours censé marquer une étape importante de sa campagne. Un discours écrit et pensé pour partager l’essentiel de son message en moins de quarante minutes. C’est aussi, pour le maire de Cannes, le moment d’incarner une vision pour l’avenir du pays.
L’élu promet de rétablir le « grand navire France » en commençant par une suite de questions. « Comment reprendre en main notre destin ? Comment retrouver une France libre et indépendante ? Comment maîtriser nos frontières et notre politique migratoire ? Comment rendre nos rues plus sûres ? » Pour lui, rien ne sera possible sans une refonte des institutions françaises.
À l’ombre des grands arbres centenaires de la place Charles-de-Gaulle, devant Arnaud Tanquerel, le nouveau maire affilié aux Centristes d’Hervé Morin (président de la région Normandie proche de David Lisnard), il rappelle les constats sur lesquels fut fondée la Ve République. Et si la dégradation de la France est directement liée à la dégradation de ses institutions, alors le parallèle devient évident entre les réalités décrites par de Gaulle il y a quatre-vingts ans et les tourments politiques de 2026. De son temps, le Général avait dénoncé « l’affaissement moral d’une classe dirigeante qui avait perdu foi dans le régime, dans le peuple et dans elle-même ». David Lisnard le cite : « Des institutions défaillantes produisent des hommes défaillants, des hommes défaillants ne peuvent pas sauver des institutions défaillantes. »
Un chef d’orchestre
À moins d’un an de la présidentielle, ces mots prononcés en un lieu emblématique de la reconstruction politique, quatre-vingts ans après l’esquisse de la Ve République annoncée par le général de Gaulle, font écho aux crises d’un pays prisonnier de ses renoncements. Pour le Cannois, la célèbre cité du Calvados fut celle de la réapparition d’un « État légitime » à restaurer. David Lisnard assume la symbolique de ce déplacement. Il vient ici pour détailler « les conditions de la reprise en main du destin de la France par les Français ». Candidat à la présidentielle, il veut en être le chef d’orchestre.
Le sondage du jour (Ifop Fiducial pour Paris Match) signale une « remontée » de sa candidature dans le top 50, de la 45e place en avril à la 34e en juin, « après des mois sans relief », tout en ajoutant qu’« un Français sur trois dit ne pas le connaître ». David Lisnard, pour sa part, confie son envie d’« accélérer » mais n’entend pas le faire en fonction des études d’opinion. « La politique, ce sont des flux, une dynamique. Si j’avais regardé les sondages, je ne serais jamais allé aux municipales. » À dix mois de l’échéance présidentielle, il observe les enquêtes d’opinion comme de simples « photographies dans le brouillard », seulement aptes à révéler des « lumières d’étoiles mortes ».
En pensant aux macronistes, juste avant de se rafraîchir avec un petit verre de cidre Lecornu – ça ne s’invente pas ! -, il rebondit sur son débat face à Édouard Philippe, organisé il y a quelques jours par la maire LR de Taverny, Florence Portelli. « Ce débat m’a conforté dans la nécessité de porter ma candidature pour tourner la page du macronisme », confie-t-il, convaincu que tous les héritiers du président seront « disqualifiés ». L’élu pense d’ailleurs que Bruno Retailleau, candidat des LR, n’échappera pas au reproche d’avoir siégé au sein d’un pouvoir qui aura fini par reculer sur les retraites, sous la pression de la gauche. « Comme pour les marathons, je préfère la compétition à l’entraînement », prévient le Cannois, fermement décidé à poursuivre sa course, encouragé par les élus, les urgences et l’impatience qu’il perçoit sur le terrain. Mercredi, un constitutionnaliste réputé lui a adressé un message pour saluer son discours de Bayeux, jugé « magnifique dans ses finalités et ses inspirations ».
Partisan d’une large primaire à droite
En creusant méthodiquement son sillon, David Lisnard observe la concurrence sans enthousiasme. À droite, il fustige le complexe de supériorité de ceux qui se croient « présidentiables par nature ». À gauche, il constate la victoire, « comme prévu, du cerveau reptilien mélenchoniste », qu’il affirme avoir été l’un des premiers à identifier comme un « danger » pour le pays. Quant à Raphaël Glucksmann, il ironise sur son discours « à la Arlette Laguiller avec le vernis mondain des cercles parisiens ».
Toujours partisan d’une large primaire à droite, le candidat mesure la complexité du projet. « Chaque jour qui passe est un jour perdu », regrette-t-il. Sans renoncer à croire en ses chances, il affiche sa détermination : « La sélection se fera de façon darwinienne. Au début de l’année prochaine se cristallisera autour de ma candidature le mouvement de ceux qui ne veulent plus du macronisme ni du RN. Le plus important est de construire une proposition politique à la hauteur des enjeux. »
Pour ses partisans, le discours de Bayeux est justement l’occasion de tracer des perspectives. Rétablir le septennat, rendre la parole au peuple, réformer la Constitution à partir d’un référendum, remettre le juge constitutionnel à sa place, abroger le principe de précaution, en finir avec les nominations de complaisance, restaurer la souveraineté juridique, rendre l’État à ses missions régaliennes… « Rien ne nous condamne à l’impuissance, sauf les conformismes », alerte l’orateur, venu dessiner l’architecture d’une reconstruction à partir d’un modèle historique. Un modèle de démocratie gaullienne qui proposa, jadis, des pouvoirs « séparés et équilibrés », un exécutif libéré des partis, un garant « de la continuité de l’État et de l’indépendance de la nation »… « Il est temps de reprendre le contrôle », clame David Lisnard. Au fond, le candidat invite les Français à renouer avec « l’esprit de résistance », qu’il croit toujours vivant. « La promesse de 1946 n’appartient pas au passé, conclut David Lisnard. Voilà pourquoi je suis venu à Bayeux. »
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« Je suis plus discret que secret » : les confidences de Nicolas Gorjux, vice-président de Nouvelle Énergie
Adjoint municipal aux Finances (et au tourisme) et banquier, Nicolas Gorjux est aussi l’homme de confiance de David Lisnard, pour lequel il s’est engagé en politique. Désormais président du Palais des festivals, cet homme discret doit s’exposer davantage, sans rien sacrifier à la tâche. Ultrapragmatisme et efficacité revendiqués ! Un portrait réalisé par Nice-Matin.
Il nous accueille sans veste-cravate mais en chemise blanche au col déboutonné. Comme quoi, il ne faut pas trop préjuger. Toujours sérieux et appliqué, Nicolas Gorjux sait aussi desserrer l’étreinte. Mais le premier adjoint au maire David Lisnard n’esquive pas le poids des charges qui s’accumulent au-dessus de sa tête blonde. Quitte à multiplier les casquettes. Depuis son nouveau bureau, il a assisté en « spect-acteur » à son premier Festival de Cannes en tant que président du Palais. Sans trône, ni endormi dans son fauteuil !
« Ça s’est très bien passé, avec un record d’accréditations (plus de 40 000, 16 000 pros au marché du film) et une édition reconnue pour sa qualité. Même si certains habitants râlent parfois, entre Cannes et ce Festival, c’est une histoire d’amour dont on peut être fier », estime cet homme pressé, qui a néanmoins pris le temps de voir la palme d’or Fjord, à laquelle il a préféré Histoires parallèles.
Le cinéma ? Une histoire de famille…
Entre le 7e art et lui, c’est d’ailleurs une question d’histoires. Et les visages de Jean-Louis Trintignant, Monica Vitti ou Sidney Poitier sur sa page Instagram sont aussi le miroir de souvenirs plus intimes. « Ça me renvoie à des films qui m’ont marqué, et qu’on regardait en famille devant la télé », confesse-t-il avec pudeur. Quant à Sean Connery en agent 007, ce n’est pas pour le smoking de rigueur sur le tapis rouge, car la montée des marches sous les flashs n’est « pas trop son truc ». Même s’il se targue (à peine) de les avoir gravis un jour « aux côtés » de Sharon Stone. « Avec mon père et mon frère, on avait ce débat sur le meilleur des James Bond, et j’ai décrété que ça reste Sean Connery ! » Agent « plus discret que secret », et adjoint aux finances pour un deuxième mandat, Nicolas Gorjux a le pouvoir de dépenser. Mais pas de tuer le portefeuille du contribuable, ni d’aligner les 00 sans compter.
Père la rigueur, – « un compliment qui me va droit au cœur, car on engage l’argent des autres et il ne faut pas dépenser ce qu’on n’a pas, justifie ce banquier stratège pour entreprises -, dont le mantra d’élu est : baisse de la dette communale, sans augmenter les impôts, grâce à des investissements rentables. Formule austère ? « A Cannes, c’est bien d’avoir aussi un peu d’austérité, c’est mieux que le bling-bling «, ironise-t-il, comme on flingue soudain un cliché.
Davantage de fonctions que d’ambition
Pas le genre à se mettre en avant ni fanfaronner, Nicolas Gorjux. Mais avec ses fonctions au plus près de la Croisette et ses délégations en mairie (le tourisme notamment), l’homme de l’ombre est obligé de davantage s’exposer. Quitte à jouer déjà un premier rôle à Cannes, au cas où David Lisnard foulerait un autre tapis… à l’Élysée ? « On a un projet tellement dense, que ma seule préoccupation aujourd’hui est de pouvoir exécuter les idées pour lesquelles 80 % des Cannois nous ont réélus, élude ce second rôle, qui se tient néanmoins prêt à tenir le haut de l’affiche. Que la question puisse se poser à mon sujet me rend fier, et si je m’y prépare, c’est de façon inconsciente. Mais j’ai aussi une activité professionnelle, pas uniquement une fonction représentative d’élu, et je suis père, alors je ne vais pas y ajouter l’ambition politique. »
Avec David Lisnard, un lien indéfectible
Plus Monsieur Loyal qu’Iznogoud, Nicolas Gorjux. D’autant plus qu’à ses yeux, David Lisnard reste sans doute LA véritable star de Cannes. « C’est la seule personne qui m’a donné envie d’entrer en politique, lorsqu’il m’a demandé de le rejoindre en 2014. Sa personnalité hors-norme et sa façon d’agir m’ont complètement séduit. »
Pas question pour autant de courir avec, ni après, le marathonien. « David va trop vite pour moi ! », souffle Nicolas. Mais au fil des années, confiance et amitié se sont scellés autour d’un pacte : « Se dévouer pour servir notre ville, la rendre toujours plus belle et accueillante. »
Un Cannois amoureux de sa ville
Et puis, quand on se prénomme Nicolas, né il y a un demi-siècle dans l’ancienne clinique… Saint-Nicolas du quartier République, la dévotion à la cité semble prédestinée !
Avec un apprentissage de plus de dix ans à l’Institut Stanislas (de la maternelle jusqu’au Bachelor Bac + 3). Et la pelouse de Coubertin pour se forger des valeurs, à la pointe des crampons. « J’ai été joueur de l’AS Cannes, et quand l’équipe a gagné son accession en ligue 3, avec David Lisnard en tribunes, on s’est pris dans les bras et on a chialé comme des gamins ! », se lâche Nicolas. Même si « l’argentier public » se réjouit aussi que le club prospère désormais en privé, sans être subventionné.
Et si ce fan absolu de U2 (une vingtaine de concerts à son compteur) au profil janséniste n’a pas osé aborder Bono lorsqu’il l’a croisé au Cannes Lions ou au Festival du film, Nicolas Gorjux entend néanmoins œuvrer en coulisses avec « ultrapragmatisme et efficacité ».
Sur son Insta encore, la figure malicieuse du P’tit Nicolas. Pour faire des économies avec l’esprit Goscinny ?
« Cannes, la meilleure destination au monde, mais rien n’est acquis ! »
À la tête de la SEMEC (la Société d’Économie Mixte qui gère le Palais), Nicolas Gorjux se donne trois missions : – « Préserver le bilan économique » de ce poumon cannois, qui affiche un chiffre d’affaires record de 55 M d’euros en 2025. « Ce sera difficile à battre, alors que nous avons déjà 340 jours d’occupation et qu’il y a une forte concurrence sur le tourisme d’affaires. Certes nous avons reçu l’Award de la meilleure destination au monde, mais rien n’est acquis ! »
- « Atteindre, voire dépasser nos ambitions environnementales », avec notamment l’arrivée de la thalassothermie, des panneaux solaires sur le toit, « mais il faut aller plus loin car je suis persuadé que le tourisme de demain va se jouer sur l’écodurabilité, c’est une question d’image. »
- « Renforcer notre hospitalité, c’est-à-dire faire preuve de générosité, de bienveillance et de cordialité vis-à-vis du visiteur. » À cet égard, Nicolas Gorjux a eu des réunions avec les socioprofessionnels du tourisme, notamment sur la politique tarifaire des établissements cannois (restaurants et hôtels), « car nous sommes tous sur le même bateau, et malgré les contraintes d’une entreprise, il faut rester équitable et responsable. » A bon entendeur…
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À Bayeux, David Lisnard la joue comme de Gaulle
Retour au septennat, référendum d’initiative citoyenne et dérogations au droit européen : lors d’un meeting à Bayeux mercredi, le candidat à l’élection présidentielle a proposé une refonte de la Ve République. Un article paru dans Le Point.
Il y a des lieux qui font le discours avant même que l’orateur ait ouvert la bouche. La place du général de Gaulle à Bayeux, ce mercredi midi, est de ceux-là. Sous les tilleuls, seul rempart contre le soleil de plomb, David Lisnard a choisi d’installer le décor de son programme institutionnel pour sa conquête de l’Élysée.
Car l’endroit n’est pas anodin. C’est ici que, le 16 juin 1946, soit quatre-vingts ans jour pour jour avant ce discours, Charles de Gaulle prononçait l’allocution fondatrice de ce qui allait devenir la Ve République. Il y déployait alors sa vision d’un exécutif fort, d’un État arbitre, d’une démocratie enfin stabilisée après des décennies de parlementarisme impuissant.
Et le chef de la France libre finissait son allocution par cette boutade : « Des Grecs, jadis, demandaient au sage Solon : “Quelle est la meilleure Constitution ?” Il répondait : “Dites-moi, d’abord, pour quel peuple et à quelle époque.” » Et pour le peuple de 2026, David Lisnard a sa réponse. Selon lui, la France d’aujourd’hui a besoin de renouer avec le septennat, d’une décentralisation massive, de prioriser la souveraineté française sur l’Europe et de généraliser les référendums.
SEPTENNAT ET RÉFÉRENDUMS
En quittant les palmiers de la Côte d’Azur pour, le temps d’un discours, tenter d’endosser le costume aux larges épaules du général de Gaulle, le maire de Cannes, fondateur du parti Nouvelle Énergie ne semble pas intimidé par la taille des épaulettes.
D’un ton professoral, il pose : « La Constitution de 1958 est née des mains du peuple. C’est au peuple qu’il revient de la restaurer. » Pas de VIe République à la Mélenchon, donc. La broyeuse libertarienne, en revanche, pourrait davantage s’occuper des quarante années de révisions constitutionnelles, de jurisprudences accumulées, de traités européens superposés qui ont, selon lui, vidé de sa substance l’œuvre du général de Gaulle et de Michel Debré.
Premier chantier : le retour au septennat. Instauré en 2000 sous Jacques Chirac, adopté par référendum, le quinquennat a, selon Lisnard, tout raté. « Il se voulait moderne : il a dénaturé la présidence », estime-t-il. Et d’ajouter : « À l’heure des réseaux sociaux, du zapping permanent, des chaînes d’information continue, le pouvoir exécutif doit voir loin quand tout pousse à l’instant. »
Deuxième proposition : libérer l’article 11 de la Constitution. Depuis 2005, l’année du « non » au traité constitutionnel européen, aucun référendum n’a été organisé en France. « Ça fait vingt et un ans ! », déplore-t-il. « L’article 11 sera libéré de ses limites thématiques. Tout sujet pourra être soumis au pays : l’immigration, l’école, la justice, la dépense publique. »
En osant faire parler les morts, David Lisnard affirme que nous sommes dans un moment que de Gaulle craignait déjà en 1946, quand il alertait sur « la désaffection des citoyens à l’égard des institutions ». « Nous y sommes », assure le maire de Cannes. En promettant un référendum sur l’immigration, il se place ainsi dans le sillage de Bruno Retailleau et de Marine Le Pen.
Et le candidat Nouvelle Énergie pousse la logique plus loin en proposant aussi de « vraiment » instituer les référendums d’initiative citoyenne « avec un seuil de signatures atteignable et un vote garanti au terme du délai », sans toutefois préciser lequel.
CONTRE « LA CAPTATION » DU POUVOIR PAR LES JUGES
Devant la centaine de sympathisants parsemée de cheveux blancs écoutant religieusement, David Lisnard réveille finalement le public, s’en prenant à ce qu’il qualifie de « captation » du pouvoir par les juges du Conseil constitutionnel. Il dénonce un renversement historique de l’État de droit : « Le bouclier protégeait le citoyen contre le pouvoir ; on en a fait un titre d’immunité du pouvoir des juges contre le citoyen. »
Et de rappeler aux magistrats en général, sur un ton presque menaçant, que chaque décision de justice porte en haut à droite la mention : « Au nom du peuple français. » Ce même peuple dont, selon lui, les juges s’affranchissent.
La souveraineté européenne est un oxymore. Seule la souveraineté nationale existe.David Lisnard
La même logique souverainiste s’applique à Bruxelles. « La souveraineté européenne est un oxymore. Seule la souveraineté nationale existe », clame-t-il. Sur la Convention européenne des droits de l’homme, David Lisnard veut réviser l’article 55 de la Constitution pour que la loi française reprenne le dessus sur l’interprétation de la CEDH, « à commencer par l’immigration, où l’essentiel des blocages vient de cette Cour ».
Quant au droit européen, il brandit l’exemple danois. Le pays, qui dispose d’une dérogation aux règles communes d’asile, a choisi par référendum, en 2015, de la conserver : « Ce que six millions de Danois ont obtenu et conservé, la France, nation fondatrice et deuxième économie de l’Union, l’obtiendra. »
S’ATTAQUER AU PARISIANISME
Reste la question territoriale. En marge du discours, un verre de cidre à la main, l’élu nous assure vouloir s’attaquer « au jacobinisme et au conformisme parisianiste ». Il plaide donc pour une France radicalement réorganisée, faite de départements et régions fusionnés en une cinquantaine de provinces, sur le modèle de la carte dessinée en 1947 par Michel Debré. Lui qui revendique son ancrage territorial de maire de Cannes ajoute : « La force de l’État ne se mesure pas à l’étendue de ce qu’il administre, mais à sa capacité de remplir ses missions. »
Tout au long de son allocution, le farouche défenseur du libéralisme invoque l’esprit gaulliste et installe un moment qui se veut solennel dans sa campagne présidentielle. Le maire de Cannes nous avait pourtant habitués à des tentatives plus disruptives. En avril dernier, à Paris, il exhibait une broyeuse, reprenant les codes du président argentin Javier Milei en déchiquetant un à un des codes juridiques, manière de cristalliser sa haine de l’excès de normes. Il finissait même son meeting au son du groupe punk les Ramones.
Cette fois-ci, en Normandie, une timide Marseillaise est ânonnée en clôture. Et David Lisnard lit un discours préparé, chose très rare, nous confie son équipe – « Lors des réunions de l’association des maires de France (dont il est le président, NDLR), il a habitué les élus à de très longs discours pleins de digressions, sans regarder ses notes. »
VERS UNE PRIMAIRE DE LA DROITE ?
Malgré toutes ces considérations constitutionnelles, difficile de faire abstraction des réalités politiques plus triviales. Du centre à l’extrême droite, la route vers l’Élysée demeure toujours aussi bouchée.
Sa candidature s’ajoute à celles de Bruno Retailleau, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Marine Le Pen ou Jordan Bardella, Éric Zemmour et d’autres encore… Dans le même discours de Bayeux de 1946, de Gaulle, justement, déplorait ces rififis partisans, qu’il qualifiait de « poisons dont s’intoxique notre vieille propension gauloise aux divisions et aux querelles ».
Mais David Lisnard jure, pour sa part, être hostile à ces logiques partisanes. Il confirme maintenir son offre d’une primaire allant du centre à l’extrême droite, ne voyant aucun problème à discuter avec tout le monde : « Je pense que ça permettrait d’éviter la défaite, les dispersions. Et puis, ça permettrait aussi d’éviter un autre travers, celui des arrangements de notables, qui se soldent par des projets mous, ambigus, contradictoires. »
Reste à savoir si, durant l’été, les candidats de la droite et du centre voudront bien goûter au remède que propose le maire de Cannes, ou choisiront, fidèles à la tradition gauloise décriée par le Général, de perpétuer le poison des querelles.
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La Ville sensibilise à la cause animale cet été
Sur une affiche, un chien attaché à un poteau, demandant à une voiture qui s’éloigne : « Tu viens me rechercher à quelle heure ? » ; sur une autre, une photo d’un chien sur la banquette arrière d’une voiture est accompagnée d’un « danger » écrit sur fond rouge, avec ces quelques mots simples : « Enfermé dans l’auto, je peux mourir. » Un article de Nice-Matin.
Deux visuels de la mairie de Cannes qui lance, à l’approche de la saison estivale, sa campagne de sensibilisation annuelle à deux problématiques majeures de l’été : les chiens enfermés dans les véhicules en plein soleil et les animaux abandonnés sur la route des vacances.
« Je donne pour instruction à la police municipale de procéder systématiquement à l’ouverture des véhicules »
Chaque année, de nombreux chiens sont effectivement laissés dans des véhicules en plein soleil, où la température dans l’habitacle peut atteindre et dépasser les 40 °C en moins de 10 minutes, voire 60 °C en cas de canicule. Une situation qui est fatale pour l’animal, qui peut mourir en seulement quelques minutes.
« C’est pourquoi je donne chaque été pour instruction à la police municipale de procéder systématiquement à l’ouverture des véhicules quand ils rencontrent ce type de situation, écrit le maire David Lisnard sur ses réseaux sociaux. Nous avons ainsi déjà sauvé plusieurs chiens y compris en brisant des vitres. »
« Avoir un animal n’est pas un gadget, explique-t-il également. Ce n’est pas céder à la pulsion d’un instant. C’est avoir une responsabilité. Je n’ai jamais compris comment on peut laisser son animal sur le bord d’une route. C’est révoltant ! »
Thalès à la recherche de la vie sur Mars
Dans les salles blanches de Thales Alenia Space, les modèles de la mission européenne ExoMars 2028 viennent d’achever une étape décisive de tests. Une préparation minutieuse avant l’envoi d’un rover chargé de sonder le sous-sol martien à la recherche de traces de vie. Un article de Nice-Matin.
Le silence règne dans les salles blanches de Thales Alenia Space à Cannes. Pourtant, derrière les parois immaculées, c’est une question vieille comme l’humanité qui est en train de se jouer. Y a-t-il déjà eu de la vie sur Mars ? À plus de 200 millions de kilomètres de la Terre, la planète rouge continue de fasciner scientifiques et rêveurs. Mais avant que le rover européen Rosalind Franklin ne parte forer le sous-sol martien à la recherche de traces biologiques, c’est bien sur la Côte d’Azur qu’une partie de l’aventure se construit. Les modèles structurels de la mission ExoMars 2028 viennent d’achever une campagne d’essais décisive à Cannes, une étape incontournable avant le lancement prévu à la fin de l’année 2028. « C’est un projet qui fait rêver. Des programmes comme celui-ci, on n’en rencontre que très peu au cours d’une carrière », confie Jean-Philippe Chambelland, responsable du programme ExoMars pour Thales Alenia Space en France.
Cannes, première étape du voyage vers Mars
Dans les bâtiments cannois, les équipes ne travaillent pas encore sur le rover qui foulera le sol martien mais elles éprouvent sa future monture. Le modèle structurel testé ces dernières semaines reproduit fidèlement l’architecture du véhicule spatial qui transportera Rosalind Franklin jusqu’à Mars. « Pendant neuf semaines, le modèle structurel a été soumis à une série d’essais vibratoires et acoustiques reproduisant les contraintes du lancement. Les résultats sont conformes à nos attentes », explique Magali Cornu, responsable de la campagne d’essais.
L’objectif est simple : identifier le moindre défaut avant la fabrication définitive du modèle de vol. « Si une anomalie apparaissait, il faudrait revoir certains éléments de conception avant de poursuivre le programme donc on doit identifier le moindre risque le plus tôt possible », poursuit-elle. Et à Thalès Alenia Space, les moyens techniques sont mis en œuvre pour permettre de recréer des environnements impossibles à trouver naturellement sur Terre. « Nous disposons de 15 000 m² de salles propres qui nous permettent de recréer des environnements très éloignés de ceux de la Terre », souligne Yvan Baillon, directeur des affaires européennes de Thales Alenia Space. Les essais ne s’arrêtent d’ailleurs pas aux vibrations du lancement. Les ingénieurs reproduisent également les écarts thermiques extrêmes, le rayonnement solaire ou encore les longues phases d’éclipse que rencontrera le véhicule au cours de son périple interplanétaire.
« ExoMars cherchera des traces de vie enfouies »
L’objectif scientifique de la mission est, lui aussi, hors norme. Contrairement à d’autres rovers déjà présents ou passés sur Mars, Rosalind Franklin ira chercher des indices là où aucun véhicule n’a encore exploré. Équipé d’une foreuse capable d’atteindre deux mètres de profondeur, le rover prélèvera des échantillons protégés des radiations qui bombardent en permanence la surface martienne. « À cette profondeur, le sous-sol martien est mieux protégé des radiations. Si des traces biologiques existent encore, c’est là qu’elles ont le plus de chances d’avoir été préservées », explique Yvan Baillon.
930 dictionnaires distribués aux CM2 cannois
Lundi 8 juin, le maire de Cannes, David Lisnard, s’est rendu dans les écoles Assomption-Lochabair et Maurice-Alice pour remettre des dictionnaires à 150 élèves inscrits en classe de CM2. Un article de Nice-Matin.
Une opération menée chaque année depuis 2014, qui a permis de distribuer près de 9 677 dictionnaires aux écoliers de la commune. Cette année, 930 exemplaires du Robert Collège sont offerts aux futurs collégiens, dont 668 dans les écoles publiques et 262 dans le privé. L’objectif : renforcer la maîtrise de la langue française et accompagner les futurs 6e dans leur parcours scolaire.
« Des écrans pour vous émanciper »
Face à une génération née dans l’ère du numérique, le maire de Cannes a tenu à défendre la place du livre : « Les algorithmes maîtrisent vos recherches. Alors que les livres, ce sont des écrans qui vous aident à vous émanciper et vous donner confiance en vous », a-t-il ajouté avant de proposer aux élèves de chercher la définition de certains mots dans leur nouveau dictionnaire. « Avoir confiance en soi passe par un vocabulaire solide qui vous permettra de partager vos pensées avec précision. » Les CM2 lui ont ensuite adressé quelques mots de remerciement et offert une carte réalisée pour l’occasion. « Si je devais faire ma rentrée au collège avec un seul livre ce serait un dictionnaire, parce que c’est important de bien connaître sa langue », confie Hidaya, âgé de dix ans. « Et puis au moins, un dictionnaire, ça ne se décharge pas », ajoute Mayar, sa camarade de classe.
L’opération représente un coût de 18 507 euros, financé par la Ville via la Caisse des écoles. Une manière, selon la municipalité, de poursuivre son engagement en faveur de la lecture, de la culture et de la réussite éducative.
Quand les vieux démons du centralisme refont surface
Dans une tribune parue dans L’Opinion, David Lisnard, président de l’Association des maires de France, François Sauvadet, président de Départements de France, et Carole Delga, présidente de Régions de France, dénoncent un projet de loi qui, sous couvert de simplification et de décentralisation, renforcerait en réalité la recentralisation de l’action publique. Les trois présidents d’associations d’élus alertent sur une nouvelle atteinte à la liberté locale et appellent l’État à faire confiance aux collectivités plutôt qu’à les placer sous tutelle administrative.
L’enfer est toujours pavé de bonnes intentions. Celui que connaissent les collectivités n’y fait pas exception. Bureaucratie, normes absurdes, procédures et études a priori incessantes, ponctions financières, confiscation de la fiscalité locale sans baisse des prélèvements obligatoires : toutes ces atteintes à la liberté locale sont toujours mises en place pour de « bonnes raisons ». Redresser les comptes de la nation, ne pas artificialiser les sols, baisser la pollution ou soutenir les plus démunis sont autant de motifs invoqués à l’appui des pires élans technocratiques.
Puis, les mois ont passé, le texte annoncé comme imminent a été plusieurs fois repoussé, et lorsqu’il a été enfin présenté, son contenu a suscité l’incompréhension totale de tous ceux qui défendent la liberté locale. Car si le projet de loi se drape d’intentions décentralisatrices – le mot « décentralisation » apparaît à plusieurs reprises dans la communication officielle du Gouvernement – il constitue en réalité un grand acte de recentralisation. Le texte prévoit notamment la possibilité pour l’État de prendre le contrôle des collectivités en se substituant à leurs représentants élus, et en réquisitionnant leurs services, dès lors qu’il estime qu’il y a une « carence » dans la mise en œuvre d’une politique publique. Cette mesure n’est rien d’autre qu’une mise sous tutelle.
Il en va de même pour la « simplification des modalités de la contractualisation des politiques publiques entre l’État et les collectivités territoriales ». Cette mesure permettra en réalité à l’État de flécher ses financements dédiés aux collectivités vers celles qui se sont pliées à ses injonctions. Voilà une « liberté » contractuelle que bien peu nous envieront.
Nous disons à tous les technocrates qui pensent savoir mieux gérer une collectivité que ceux qui ont été élus au suffrage universel direct pour le faire, à tous les bureaucrates qui estiment que contrôler a priori et empêcher les collectivités d’agir ont une quelconque utilité, à tous ceux qui croient que les collectivités doivent être financièrement contraintes, alors que leurs budgets sont à l’équilibre : le pays n’a plus de temps à perdre avec ces méthodes révolues.
Les finances publiques continuent de se dégrader. Les projets de transition écologique – dont la réutilisation des eaux usées, avec son interminable feuilleton bureaucratique, constitue un exemple particulièrement éloquent – ne sont pas mis en œuvre. Les Français ont de plus en plus de mal à se loger, se soigner et, pour beaucoup, à vivre décemment. Leurs routes et lignes ferroviaires se dégradent faute d’entretien préventif suffisant, leurs pompiers ne peuvent être équipés partout comme ils le devraient pour faire face aux réalités de notre époque, et leurs écoles, comme leurs collèges ou lycées, attendent leurs mises aux normes énergétiques.
Les communes, les départements et les régions, qui gèrent le quotidien des citoyens, savent que seules les actions concrètes et pragmatiques peuvent produire des résultats. Rénover un établissement scolaire, collecter et trier les déchets, entretenir une route ou une ligne de train ou encore un pont dégradé, ouvrir un espace sportif, apporter une aide de solidarité envers des citoyens démunis, accueillir des enfants maltraités, proposer une formation professionnelle, développer des réseaux d’énergie innovants et décarbonés sont autant de politiques qui changent efficacement le quotidien de nos compatriotes.
Pour cela, il faut de la liberté et des moyens d’agir localement. Alors, Mesdames et Messieurs les ministres et parlementaires, de grâce, ne faites pas l’inverse et ne cédez pas aux vieux démons du centralisme !
Laissez-nous agir là où nous sommes les plus efficaces : notre démocratie n’en sera que plus forte.
«Le système est mort. Il faut inventer un État de performance»
Invité de Le Grand Oral sur i24NEWS face à Michaël Darmon, David Lisnard a défendu sa vision pour la France à l’heure où les équilibres internationaux se recomposent et où notre pays s’enfonce dans le déclassement. De la géopolitique à la réforme de l’État, en passant par la lutte contre l’antisémitisme, la présidentielle de 2027 et le projet porté par Nouvelle Énergie, il a exposé une ligne claire : restaurer la puissance française par la liberté, l’autorité et l’ambition.
« Je vois le déclassement français, mais il n’y a aucune fatalité »
Interrogé sur les bouleversements du monde contemporain, de Donald Trump à la rivalité sino-américaine en passant par la montée des nouvelles puissances, David Lisnard a souligné la nécessité pour la France de retrouver une stratégie de long terme.
Face à la compétition entre les États-Unis et la Chine, il a rappelé que la priorité devait être la défense des intérêts français et européens. Pour lui, la question n’est pas de commenter les soubresauts de l’actualité internationale, mais de redonner à la France les moyens de peser à nouveau dans le monde.
« Je vois le déclassement français, qui est une réalité : démographique, géopolitique, diplomatique, économique, numérique, éducative. Mais je pense qu’il n’y a aucune fatalité à cela. »
S’appuyant sur l’exemple argentin, il a également souligné que les peuples pouvaient choisir le sursaut plutôt que la résignation lorsque des réformes courageuses étaient mises en œuvre.
Moyen-Orient : défendre nos principes et nos intérêts
Au cours de l’entretien, David Lisnard est revenu longuement sur les tensions au Moyen-Orient et sur la politique étrangère française.
Il a rappelé son attachement à la sécurité d’Israël, à la dénucléarisation de l’Iran et à la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, tout en défendant une approche fondée sur la clarté et la cohérence.
Selon lui, la France s’est affaiblie en multipliant les postures sans disposer de la puissance nécessaire pour les soutenir.
« Aujourd’hui, on parle dans le vide parce qu’on n’a plus la puissance. »
Concernant le Liban, il a plaidé pour un soutien sans ambiguïté à la souveraineté libanaise et au désarmement du Hezbollah, qu’il considère comme un instrument de l’influence iranienne dans la région.
Face à l’antisémitisme, un combat judiciaire, politique et culturel
David Lisnard a également alerté sur la montée de l’antisémitisme en France.
Il a rappelé que la République disposait déjà d’un arsenal juridique solide mais que celui-ci devait être appliqué avec fermeté.
« Tout acte antisémite doit faire l’objet de poursuites et être condamné. »
Au-delà de la réponse judiciaire, il a insisté sur la responsabilité politique face aux ambiguïtés d’une partie de l’extrême gauche et sur la nécessité de mener un combat culturel de longue haleine.
Pour lui, l’école doit redevenir un lieu de transmission du savoir, de l’histoire et des principes républicains, loin des dérives idéologiques qui fragilisent l’autorité des enseignants et la cohésion nationale.
« Le système de l’État-providence est cuit »
Interrogé sur la situation économique et budgétaire du pays, David Lisnard a livré le cœur de son diagnostic.
Selon lui, le modèle français est arrivé au bout de sa logique. Construit sur une forte démographie, des gains de productivité importants et une immigration maîtrisée, il ne correspond plus aux réalités du XXIe siècle.
« Le système est mort. Le système de l’État-providence est cuit. »
Pour autant, il refuse toute logique d’austérité ou de gestion du déclin.
À ses yeux, le véritable enjeu consiste à réformer l’État en profondeur afin de recentrer l’action publique sur ses missions essentielles et de mettre fin à l’accumulation de structures administratives qui paralysent le pays.
Il a ainsi défendu une réduction massive des dépenses improductives, la simplification de l’action publique et une meilleure valorisation du travail.
« On doit cotiser moins pour gagner plus. »
Une rupture avec le social-étatisme
David Lisnard a également expliqué en quoi sa candidature se distinguait du reste de l’offre politique.
Selon lui, une même culture du social-étatisme irrigue aujourd’hui une grande partie de la vie politique française, de l’extrême gauche à la majorité présidentielle, en passant par le Rassemblement national.
« Dès qu’il y a un problème, la réponse est toujours la même : davantage de puissance publique. »
À l’inverse, il défend un État recentré sur ses fonctions régaliennes : sécurité, justice, défense, maîtrise des frontières et instruction publique.
Cette vision repose sur trois piliers :
– la liberté pour retrouver la prospérité économique ;
– l’autorité pour restaurer l’ordre républicain ;
– l’ambition éducative, culturelle et scientifique pour préparer l’avenir.
« L’ambition économique par la liberté. L’ambition sécuritaire par l’autorité. L’ambition d’unité par la culture, l’instruction publique et la science. »
Une autre voie pour 2027
Enfin, interrogé sur la prochaine élection présidentielle, David Lisnard a réaffirmé sa volonté de porter jusqu’au bout une alternative politique fondée sur la cohérence et le courage.
Partisan d’une primaire ouverte permettant de départager les différentes sensibilités de la droite et du centre, il estime que les Français ont besoin d’un véritable débat de fond plutôt que d’une simple compétition d’appareils.
Face aux promesses des extrêmes comme à la continuité incarnée par les responsables qui ont gouverné ces dernières années, il entend défendre une autre voie.
Une voie du terrain, de l’expérience et de la pratique.
Une voie qui refuse à la fois la résignation et le déclin.
« Il n’y a pas de fatalité au déclin français. »
Pour David Lisnard, la France dispose encore de tous les atouts pour retrouver sa puissance, à condition d’engager les réformes que trop de responsables politiques repoussent depuis plusieurs décennies.
«Je veux faire entendre la voix du terrain et du bon sens»
Invité politique de Jean-François Achilli sur Sud Radio, David Lisnard est revenu sur les grandes préoccupations des Français : l’insécurité, l’effondrement de l’autorité, les dysfonctionnements de la justice, la dette publique et la nécessité d’engager enfin une réforme profonde de l’État. À moins d’un an de l’accélération de la campagne présidentielle, le président de Nouvelle Énergie a également réaffirmé la singularité du projet qu’il porte pour la France.
Refuser la résignation face à l’insécurité
Interrogé sur les risques de violences à l’occasion de la Coupe du monde de football et après les débordements observés lors de récents événements sportifs, David Lisnard a rappelé que les maires sont confrontés quotidiennement à une dégradation de l’ordre public.
Pour lui, ces phénomènes dépassent largement le cadre du football.
« Chaque prétexte est bon pour attirer ces voyous qui nous polluent la vie. »
Le maire de Cannes dénonce une perte progressive de l’autorité dans tous les domaines de la société, de l’espace public jusqu’à l’école. Face à cette réalité, il refuse tout fatalisme et plaide pour le rétablissement de la responsabilité individuelle.
« Ce n’est pas à la société et aux autres de payer pour ceux qui n’assument pas leurs responsabilités. »
L’affaire Eliana, révélatrice de l’impuissance publique
Revenant sur le meurtre de la jeune Eliana et sur les dysfonctionnements révélés par cette affaire, David Lisnard a exprimé sa lassitude face à la répétition des mêmes constats après chaque drame.
Il a rappelé les précédentes affaires qui ont profondément marqué l’opinion publique, de Lola à Elias en passant par Mathis.
« Tout ça, je n’en peux plus. »
Selon lui, les responsables politiques se contentent trop souvent de déclarations d’émotion sans s’attaquer aux causes profondes des dysfonctionnements.
« Je préfère qu’on se taise, qu’on respecte le deuil des familles et qu’à un moment donné, on prenne nos responsabilités. »
Pour le président de Nouvelle Énergie, ces affaires révèlent avant tout une crise générale de l’État, incapable d’exécuter efficacement ses missions essentielles.
La réforme de l’État : la mère des batailles
David Lisnard a défendu ce qu’il considère comme le cœur de son projet politique : la réforme de l’État.
Selon lui, la France souffre moins d’un manque de moyens que d’une mauvaise organisation de la puissance publique.
« Les magistrats sont bouffés par les procédures. »
Alors que la dépense publique atteint des niveaux records, les résultats se dégradent dans de nombreux secteurs : justice, sécurité, santé ou encore éducation.
« La mère des batailles qui n’a jamais été menée, c’est la réforme de l’État. »
Pour retrouver de la performance publique, il plaide pour une simplification massive des procédures, une responsabilisation des acteurs publics et un recentrage de l’État sur ses missions fondamentales.
Dette publique et impuissance nationale
Au cours de l’entretien, David Lisnard a également alerté sur les conséquences de l’endettement du pays.
« Cette année, les Français vont payer 70 milliards d’euros d’intérêts de la dette. »
Une somme qui représente, selon lui, plusieurs fois le budget de la Justice et qui prive progressivement l’État de ses capacités d’action.
Cette situation explique en partie les difficultés rencontrées pour construire les places de prison nécessaires, renforcer la justice ou améliorer la sécurité du quotidien.
Face à ce constat, il appelle à mettre fin à la fuite en avant budgétaire et à engager les réformes structurelles repoussées depuis trop longtemps.
Une rupture avec quarante ans de social-étatisme
Interrogé sur la présidentielle de 2027 et sur son récent débat avec Édouard Philippe, David Lisnard a réaffirmé ce qui constitue à ses yeux la spécificité de sa démarche.
« Ce que je propose est une rupture avec quarante ans de social-étatisme. »
Selon lui, le même réflexe politique domine depuis des décennies : répondre à chaque problème par davantage de dépenses publiques, davantage de réglementation et davantage de bureaucratie.
À l’inverse, il souhaite promouvoir une autre voie.
« J’essaie d’apporter une autre voie : une voie du terrain, une voie de l’expérience, une voie de la pratique. »
Une voie fondée sur l’action concrète, l’expérience des élus locaux et le refus des solutions théoriques déconnectées des réalités du pays.
Liberté, autorité et ambition
David Lisnard a enfin résumé les trois grands piliers du projet porté par Nouvelle Énergie.
Le premier est la liberté économique : réduire les dépenses improductives, alléger les prélèvements et mieux rémunérer le travail.
« Dépenser moins pour cotiser moins, pour gagner plus. »
Le deuxième est le retour de l’autorité, à travers le rétablissement de l’ordre sécuritaire et migratoire.
Le troisième est l’ambition nationale, avec la volonté de faire de la France une puissance éducative, culturelle et scientifique.
« Cette ambition économique par la liberté. Cette ambition sécuritaire par l’autorité. Cette ambition d’unité par la culture, l’instruction publique et la science. »
Une vision que David Lisnard entend porter dans le débat public pour offrir aux Français une alternative fondée sur le réalisme, la responsabilité et l’espérance.
« Je veux faire entendre la voix du terrain et du bon sens. »