Dissuasion nucléaire : ce que le discours du président de la République dit et ce qu’il ne dit pas
Aujourd’hui, la France consacre 57 milliards d’euros à sa défense, soit à peine 2 % de la richesse nationale. Or l’effort requis ne se limite pas à la dissuasion. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour l’Opinion.
Le président de la République a choisi l’île Longue pour redéfinir la doctrine nucléaire de la nation. Le lieu imposait la gravité, le moment l’exigeait : la guerre en Ukraine dure depuis quatre ans, la garantie américaine n’est plus le paravent de nos renoncements, la prolifération s’accélère, une guerre ouverte embrase le Moyen-Orient.
Plusieurs des annonces faites étaient nécessaires et attendues. Certaines appellent un examen exigeant. D’autres enfin, par leur absence, révèlent une vision tronquée des réalités stratégiques mondiales.
Plusieurs des décisions annoncées s’imposaient : la réévaluation à la hausse de notre arsenal, le lancement du missile hypersonique ASN4G, la confirmation du sous-marin de nouvelle génération, la coopération avec le Royaume-Uni et l’Allemagne sur les missiles conventionnels longue portée, et le refus de toute nucléarisation du bas du spectre. Ce sont là des impératifs que des années de sous-investissement militaire rendaient d’autant plus urgents.
Encore faut-il que ces ambitions soient adossées aux moyens qui les rendent possibles. Aujourd’hui, la France consacre 57 milliards d’euros à sa défense, soit à peine 2 % de la richesse nationale. Or l’effort requis ne se limite pas à la dissuasion.
Capacités d’alerte avancée
Le Président reconnaît lui-même un « manque criant » sur le conventionnel, et les capacités d’alerte avancée, de défense aérienne élargie et de frappe dans la profondeur qu’il appelle de ses vœux exigent des investissements considérables. Pour atteindre 3 % du PIB, il faudrait porter ce budget autour de 100 milliards d’euros par an ; viser 3,5 % à l’horizon 2035 impliquerait un ordre de grandeur de 120 milliards.
Or la dette publique atteint 117,4 % du PIB, la charge de cette dette s’élèvera à 74 milliards cette année et un pays qui consacre 31 % de son PIB aux dépenses sociales ne peut pas financer un réarmement de cette ampleur sans réformer en profondeur ses structures de dépenses. L’effort de défense suppose un effort préalable de réforme de l’État.
Le discours n’en dit mot.
Au-delà de la question des moyens, c’est la doctrine elle-même qui appelle un examen exigeant. Le concept de « dissuasion avancée » constitue l’inflexion la plus notable du discours. Il était crucial que le Président rappelle qu’il n’est pas question de partager la décision ultime.
Disons-le avec la plus grande clarté : la dissuasion nucléaire française ne se partage pas, ne se négocie pas, ne se dilue pas. Elle est l’expression de la souveraineté nationale dans ce qu’elle a de plus absolu. Au même titre, le siège permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies ne saurait faire l’objet d’aucun partage ni d’aucune délégation. Ce sont deux piliers majeurs de notre statut de puissance : l’un garantit notre capacité de dissuasion, l’autre notre capacité d’initiative diplomatique.
Extension de la couverture
Cela posé, le dialogue avec nos partenaires européens sur l’extension de la couverture de notre dissuasion peut aller dans le bon sens, à condition qu’il ne laisse nulle place au doute : la France reste la seule et unique décisionnaire.
Toute architecture de coopération doit renforcer nos positions, non les contraindre. Or des questions opérationnelles sérieuses demeurent. Stationner des vecteurs nucléaires sur des bases étrangères crée une dépendance logistique réelle, et un pays hôte qui refuserait l’accès en situation de crise exercerait un veto de fait.
Le précédent américain est éclairant : la Turquie a démontré qu’un Etat pouvait menacer de fermer l’accès à une base accueillant des armes nucléaires qui ne lui appartiennent pas. Ces risques doivent être pesés avec rigueur, non écartés par l’enthousiasme d’une annonce.
Par ailleurs, le chancelier Merz a déclaré le 18 février dernier que l’Allemagne n’avait « pas besoin du même avion que la France », enterrant de facto le SCAF dont dépend le renouvellement de notre composante aérienne de dissuasion après 2040. Peut-on bâtir une dissuasion commune avec un partenaire qui ne s’accorde pas avec nous sur un avion de combat conventionnel ?
Le discours de l’île Longue s’inscrit principalement et légitimement dans une perspective européenne. Mais la transformation stratégique mondiale va bien au-delà. La Chine n’a de cesse d’augmenter significativement ses capacités nucléaires depuis dix ans, modernise l’ensemble de ses composantes terrestres, navales et aériennes, et se positionne pour rivaliser, d’ici quelques années, avec les Etats-Unis.
La Corée du Nord déploie déjà des missiles balistiques de très longue portée et développe des têtes multiples, ce qui renforce sa capacité de frappe et bouleverse l’équation de sécurité dans l’Indopacifique. La guerre en Ukraine pourrait, elle-même, susciter des volontés de nucléarisation chez des Etats qui sentent peser sur eux une menace existentielle.
Multiplication des puissances nucléaires
Nous entrons dans un monde où la multiplication des puissances nucléaires et l’accroissement de leurs capacités rendront les équilibres stratégiques infiniment plus instables que pendant la guerre froide. La doctrine française doit intégrer cette réalité dans toute sa profondeur.
Au Moyen-Orient, le régime iranien paie depuis quelques jours le prix de décennies de déstabilisation régionale, de prolifération balistique et nucléaire, de soutien au terrorisme islamique et d’écrasement de son propre peuple. Les frappes américaines et israéliennes du 28 février ont peut-être retardé son programme nucléaire, elles ne l’ont pas éliminé.
Le détroit d’Ormuz est fermé, le Hezbollah ouvre un front depuis le Liban, Chypre est frappée, 400 000 ressortissants français se trouvent dans la zone de conflit. Ce sont les conséquences concrètes d’une crise que la France aurait dû contribuer à anticiper, et non découvrir avec stupeur.
La réaction initiale de l’Elysée aux frappes du 28 février a révélé une forme de sidération : sous-estimation de l’action américaine, incompréhension de la nouvelle donne, appel réflexe à la « désescalade » sans alternative crédible. Emmanuel Macron a semblé alors reproduire l’erreur historique de François Mitterrand face au soulèvement en RDA et à la chute du mur de Berlin. Par confort intellectuel et conformisme diplomatique, il a sous-estimé ce qui était en train de se produire, dénigré une action qu’il n’avait pas su anticiper.
L’allocution du 3 mars a partiellement corrigé le tir : le Président pointe la responsabilité du régime iranien, rappelle nos accords de défense dans la région, et déploie des moyens concrets pour remettre la France dans le jeu. Il eût été préférable qu’elle n’en fût jamais sortie.
Assurance-vie de la nation
La dissuasion nucléaire est l’assurance-vie de la nation et il était à ce titre essentiel de préciser notre doctrine. Mais la dissuasion ne dispense pas d’une diplomatie capable d’anticiper les crises et de peser sur leur issue. Le prochain chef de l’Etat héritera de ces choix et de leurs conséquences. Il lui faudra une vision stratégique qui embrasse les réalités telles qu’elles sont et non telles que les grilles de lecture dépassées du Quai d’Orsay les comprennent. Ainsi va la France.
La Ville change l’éclairage public pour économiser l’énergie
Depuis lundi 23 février, les travaux ont lieu de nuit, pendant une semaine. Un article paru dans Nice-Matin.
60% d’économie d’énergie. C’est l’objectif affiché par la municipalité de Cannes qui a engagé, depuis lundi et jusqu’à vendredi, une opération de modernisation de l’éclairage public. Sept rues du centre-ville sont concernées par l’installation de nouveaux dispositifs présentés comme « plus performants » et offrant « un meilleur confort visuel », indiquent les services municipaux.
Les interventions se déroulent exclusivement de nuit afin de limiter la gêne pour les riverains. Si l’accès aux habitations est maintenu pour les résidents, la circulation automobile est déviée dans les périmètres en chantier.
Les interventions rue des États-Unis et rue Notre-Dame ont eu lieu dès le 23 février, et celles des rues Maréchal-Joffre et Jean-de-Riouffe à partir d’aujourd’hui. Ce sera ensuite au tour des rues Victor-Cousin, Tony-Allard et Lafontaine, les 26 et 27 février.
Au total, plusieurs dizaines d’équipements seront renouvelés. Le chantier porte sur quarante-trois lanternes fixées en façade ou sur des candélabres et quatre ensembles piétonniers.
Selon la mairie, « toutes les dispositions sont prises pour préserver la tranquillité des habitants durant la phase de travaux ».
L’intelligence artificielle s’attaque à la voirie
Les services techniques utilisent désormais l’IA pour repérer les fissures de la chaussée. Une méthode qui permet d’anticiper les réparations et d’intervenir avant que les petites dégradations ne deviennent des travaux lourds. Un article paru dans Nice-Matin.
Sur les routes de Cannes, la chaussée aussi est désormais passée à l’heure des données et de l’intelligence artificielle. Ici, l’asphalte ne se contente plus d’être réparé : il est scruté, analysé et anticipé. Au volant d’un véhicule ou sur un vélo, des agents municipaux sillonnent la ville, smartphone en main, pour nourrir un système d’intelligence artificielle capable de détecter les dégradations avant même qu’elles ne deviennent visibles pour les riverains. Nids-de-poule, revêtement usé, signalisation abîmée : la voirie cannoise se transforme en base de données géante avec, comme ligne directrice affichée par la mairie, un gain de temps, une réduction des coûts et surtout une intervention au bon endroit, au bon moment.
Au total, plus de 175 kilomètres de voirie ont déjà été passés au crible.
Un diagnostic en temps réel
L’application embarquée photographie automatiquement la chaussée tous les quatre mètres. L’algorithme analyse le type de revêtement, repère fissures et affaissements et contrôle l’état des panneaux de signalisation, avec une extension prochaine au marquage au sol.
« L’intelligence artificielle nous permet d’objectiver l’état réel de la voirie, explique Christophe Biche, directeur général adjoint des services techniques. On peut hiérarchiser les priorités et investir chaque euro là où il est nécessaire. »
Les données, elles, sont ensuite cartographiées. Chaque bout de route apparaît avec un code couleur du vert pomme au rouge tomate selon le niveau de dégradation.
Un système qui accélère le travail des équipes : « Quatre agents ont pu analyser 80 kilomètres en deux semaines, là où un diagnostic classique pouvait mobiliser jusqu’à trente agents pendant plusieurs mois. » Mais malgré cette nouvelle dépendance robotique, l’humain garde le dernier mot. Avant toute programmation de travaux, une vérification de terrain reste obligatoire.
« On veut privilégier des interventions rapides »
L’enjeu reste pourtant budgétaire. La Ville veut privilégier les interventions rapides sur les dégradations naissantes plutôt que les réparations lourdes. « On ne peut pas refaire 180 kilomètres d’un seul coup », rappelle Christophe Biche, qui doit tenir compte de la fréquentation des axes et du niveau de dangerosité. « On veut privilégier des interventions rapides, de l’ordre de 5 000 à 10 000 euros, pour éviter d’avoir à engager, dans deux ou trois ans, des travaux lourds pouvant atteindre 100 000 euros. »
Le dispositif, fondé sur l’intelligence artificielle, représente de son côté 30 000 euros la première année, puis 15 000 euros les deux années suivantes. Après douze mois d’expérimentation en 2025, la municipalité a désormais basculé dans une phase pleinement opérationnelle. Désormais, la voirie cannoise entre ainsi dans une logique d’anticipation : un suivi permanent pour traiter les faiblesses avant qu’elles ne deviennent trop coûteuses.
« Les agriculteurs ne demandent pas la charité mais la liberté d’entreprendre et une juste reconnaissance de leur labeur »
Ce Salon de l’Agriculture, qui vient de s’ouvrir sans la présence des bovins, est le symbole du déclin de la puissance agricole tricolore. Les aménagements ponctuels du secteur ne suffisent plus, une refonte globale est indispensable afin d’en restaurer la compétitivité, plaide David Lisnard dans une tribune parue sur Les Échos.
La France est une nation agricole.Elle l’est par ses terroirs, par ses savoir-faire, par la compétence de ses agriculteurs et la qualité de sa recherche. Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement se fracturent et où la démographie impose de nourrir deux milliards d’êtres humains supplémentaires d’ici 2050, cette vocation n’est pas un héritage à muséifier ou à regarder péricliter. C’est un levier de puissance et d’indépendance.
Encore faut-il en avoir conscience et vouloir s’en saisir.
Le Salon de l’Agriculture a ouvert ses portes samedi dernier.
Pour la première fois en soixante ans, aucun bovin n’y sera présenté. La dermatose nodulaire contagieuse a contraint les éleveurs à renoncer. Ce Salon sans vaches est un symbole : celui d’une agriculture française dont le déclin semble être organisé.
Agriculteurs entrepreneurs
Certes, le gouvernement annonce une loi d’urgence agricole. Mais le périmètre retenu – eau, prédation, moyens de production – reste très en deçà de ce qu’exige la situation. Rien sur la compétitivité fiscale et sociale. Rien sur la reconquête de la valeur ajoutée. Rien sur la souveraineté en matière d’intrants. Rien sur la refondation de la PAC. Les agriculteurs n’attendent plus des ajustements
partiels ni des aides ponctuelles. Ils veulent être considérés pour ce qu’ils sont : de véritables entrepreneurs.
En trente ans, le revenu net agricole a fondu de 40 %. Un agriculteur sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. La valeur ajoutée agricole a baissé pour la deuxième année consécutive alors qu’elle progresse chez nos voisins européens. L’excédent agroalimentaire atteignait 10,4 milliards d’euros en 2022. Il est tombé à 4,9 milliards en 2024, puis à 200 millions en 2025,aux portes du déficit ! Les importations agroalimentaires ont bondi à plus de 64 milliards, en hausse de 8,5 % sur un an. La France était la deuxième puissance agricole du monde. Elle se situe aujourd’hui entre la cinquième et la sixième place.
Six objectifs clairs
Ce déclassement résulte de choix politiques : surtransposition des normes, charges sociales deux à trois fois supérieures à celles de nos concurrents, bureaucratie qui absorbe 15 % du temps de travail, accords commerciaux ouvrant nos frontières à des produits fabriqués sans aucune de nos contraintes. Il ne s’agit plus d’aménager ce système. Il faut le refonder autour de six objectifs clairs.
Replacer la production au coeur des politiques publiques. La PAC doit récompenser la production et l’investissement, non entretenir une logique de contraintes et de gel des terres qui a contribué à amputer la production européenne par le passé. Les nouvelles techniques génomiques, que nos voisins utilisent déjà, doivent être autorisées sans délai. L’INRAE doit travailler pour les agriculteurs, pas contre eux. Le principe de précaution, devenu principe de paralysie, doit être retiré de la Constitution au profit d’un principe de responsabilité.
Sécuriser les intrants, l’accès à l’eau et aux ressources stratégiques. Nous importons 100 % de nos engrais potassiques et 70 % des azotés. Avec notre parc nucléaire, une filière française d’engrais décarbonés peut émerger. Le même raisonnement vaut pour l’eau : il faut permettre aux agriculteurs de stocker l’eau quand elle tombe pour l’utiliser quand elle manque. Laisser l’eau filer à la mer puis importer des denrées à l’empreinte carbone bien plus lourde est un non-sens.
Un maraîcher français supporte 45 % de charges sociales quand son homologue espagnol en paie 15 %.
Restaurer la compétitivité des exploitations. Un maraîcher français supporte 45 % de charges sociales quand son homologue espagnol en paie 15 %. Le transfert des charges non contributives vers la valeur ajoutée redonnerait de l’air aux exploitations. Chaque exploitation doit disposer d’un compte épargne aléas climatiques et économiques, défiscalisé, mobilisable en cas de crise.
Reconstruire les industries de transformation
Reconquérir la valeur ajoutée sur le sol français. Nous exportons du blé à 200 euros la tonne et importons des pâtes à 2.000 euros. Notre balance du bois est déficitaire de 7 milliards. Chaque tonne de matière première qui part sans être transformée, c’est de l’emploi perdu. Il faut reconstruire un maillage territorial d’industries de transformation et développer les filières d’avenir : protéines végétales, chimie verte, bois.
Libérer les agriculteurs par la simplification. Neuf heures de paperasse par semaine et par exploitant, soit l’équivalent de cent mille emplois engloutis dans la bureaucratie. Un interlocuteur unique par exploitation, suppression des déclarations redondantes et des surtranspositions. La confiance doit redevenir le principe, l’obligation administrative l’exception.
Faire de l’agriculture un levier géopolitique. La réciprocité des normes doit devenir la règle dans les accords commerciaux : un produit interdit chez nous ne peut pas être autorisé à l’importation. Des clauses de sauvegarde unilatérales doivent pouvoir être appliquées. Une diplomatie agricole offensive entre l’Europe et l’Afrique doit être bâtie. La préférence communautaire en matière alimentaire doit être assumée.
Les agriculteurs ne demandent pas la charité mais la liberté d’entreprendre et une juste reconnaissance de leur labeur. Ce ne sont ni les terres, ni les compétences qui manquent. C’est le courage politique de porter l’agriculture française non comme un combat d’arrière-garde mais comme un projet d’avenir. Un projet d’indépendance, de puissance et de fierté nationale.
Retrouvez cette tribune sur le site des Échos en cliquant ici.
David Lisnard détaille ses projets pour l’avenir
C’est dans un théâtre de la Licorne plein à craquer que le maire et candidat à sa réélection a énoncé sa feuille de route, égrainant de nombreux projets. Un article de Nice-Matin.
C’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’est apparu David Lisnard, hier soir dans un théâtre de la Licorne plein à craquer. Pas pour un meeting de campagne, indiquait le maire-candidat « en préambule », mais pour une grande soirée d’« énumération de projets » « conçus pour Cannes, avec Cannes comme finalité ». Des projets « crédibles », que David Lisnard entend réaliser sur une dizaine d’années, car « on ne peut pas concevoir de projets structurants avec le calendrier électoral », soit six ans.
Et si le président de Nouvelle Énergie a annoncé ne pas vouloir parler de politique nationale, il n’a tout de même pas su s’empêcher de tacler le président Macron et d’évoquer l’attaque de Michel Tabarot à son encontre, sur le cumul des mandats (notre édition du 18 février). Pendant la soirée, il est longuement revenu sur le bilan de douze années de mandats, évoquant pêle-mêle le renouveau de la place Roubaud, la création du campus Georges-Mélinès, la rénovation de la place du Commandant-Lamy, le projet Boccacabana, la création de la salle des fêtes de La Bocca, le skatepark de la Roseraie, la rénovation du boulevard Alexandre-III, la transformation des allées de la Liberté, la rénovation de la Malmaison.
Mais aussi ses combats contre les incivilités, pour plus de sécurité : « On a triplé notre parc de caméras de vidéoprotection », la baisse des taux communaux (-3,6 %), la création de squares (onze), le projet de la Nouvelle Frayère.
Tester « l’école autrement »
Et s’il n’a pas présenté ses futurs colistiers, c’est tout de même en présence de ses plus proches élus – Joëlle Arini, Franck Chikli, Nicolas Gorrix, Françoise Bruneteaux – et de la députée Alexandra Martin, que David Lisnard a présenté sa feuille de route pour le mandat à venir. Le candidat LR a prévu de rénover l’école Eugène-Vial, de réaliser une extension à l’école Méro pour le périscolaire, de reconstruire la cuisine centrale. Mais aussi d’expérimenter une « école autrement », avec par exemple un lever du drapeau…
Au niveau sécuritaire, il est prévu de créer une brigade de lutte contre le bruit, de désigner un élu anti-nuisance, d’installer des radars anti-bruit… Mais aussi d’étendre la vidéoprotection et de former des chiens adoptés à la SPA à la détection de drogue.
Autres grands projets : le réaménagement et la végétalisation de la voie rapide ; la restructuration, la rénovation, la végétalisation et l’embellissement des zones industrielles des Tourrades et de la Roubine ; la piétonnisation de la rue Forville.
Le marché Gambetta embelli
Les Jeudis du Suquet seront créés ; un dispositif de bail réel solidaire instauré ; le foyer pour les SDF sera reconstruit ; un gymnase sera adapté pour le rendre inclusif pour les porteurs de handicap et atteints de troubles autistiques.
Niveau santé, la réalisation d’une structure d’accueil pour jeunes en souffrance psychologique, la construction d’un pôle santé à la Frayère.
Les animaux et l’environnement ne sont pas oubliés, puisqu’il est prévu de créer un jardin canin aux Hespérides, d’expérimenter des capteurs thermiques dans les parkings pour détecter les chiens abandonnés. Un city stade sera créé dans les secteurs est, tout comme un mur d’escalade en plein air dans la ville, le Palais des Victoires sera rénové, tout comme le musée du Masque de fer. Enfin, après Forville, ce sera au tour du marché Gambetta de profiter d’un embellissement.
Quels seront les grands investissements en 2026 ?
Lors du dernier conseil municipal du mandat, le budget primitif a été voté à l’unanimité. Parmi les grands projets : le réaménagement du boulevard de la Croisette, la rénovation et l’embellissement des cimetières… Un article de Nice-Matin.
C’est une bonne nouvelle pour les Cannois : les mesures d’allègement de la fiscalité communale, mises en œuvre l’an passé, seront reconduites en 2026. Pour rappel, l’année dernière, les impôts, inchangés depuis 2014, avaient baissé de 3,6 % pour les trois taxes locales. Une décision validée lors du vote du budget primitif, ce lundi, lors du dernier conseil municipal du mandat.
Le maire-candidat David Lisnard en a profité pour rappeler que, depuis 2014, la dette a été diminuée de 81 735 351 euros.
« Les efforts d’économie pour une stricte maîtrise budgétaire seront poursuivis, pour permettre de pallier les effets cumulés des prélèvements et transferts de charges supplémentaires unilatéraux de l’État et dégager un niveau d’épargne nette autorisant le maintien de la capacité d’investissement de la commune », ajoute-t-il.
Depuis 2014, ce sont 722 409 447 euros qui ont été investis. Et, pour 2026, ce montant est de 176 615 741 euros, dont 81 700 000 euros dans le budget principal de la Ville. Soit l’un des plus gros montants du mandat (avec 2025), « pour préparer l’avenir en renforçant l’activité de Cannes ».
Modernisation du Palais, travaux à Forville…
Et parmi les principales opérations programmées pour 2026, se trouve notamment l’aménagement du centre de La Bocca, avec la continuité du réaménagement de la place Roubaud (10 168 000 euros), commencé en 2023 ; mais aussi l’aménagement et l’embellissement du boulevard de la Croisette (8 000 000 euros), qui devraient débuter à l’automne 2026 ; la restructuration et le confortement du toit du marché Forville (7 866 000 euros), qui se prolongera en 2026 ; la modernisation et l’embellissement du Palais des festivals et des congrès (6 000 000 euros) ; Nouvelle Frayère (5 130 033 euros), « qui vise à rendre le quartier plus beau, plus sûr et pratique » ; la réhabilitation de la ferme Giaume (2 820 000 euros).
Ou encore le plan école (2 171 787 euros) ; le réaménagement des boulevards du Midi et Jean-Hibert pour favoriser la promenade et la pratique du sport (2 000 000 euros), avec le démarrage d’un nouveau tronçon et la remise en peinture de l’aire de fitness située au Rocher et dans l’axe du quai Laubeuf ; l’embellissement du front de mer (1 990 000 euros) ; la création d’une maison d’illustre au moulin Forville (725 606 euros), dédiée à l’histoire de Cannes et à la culture provençale ; la rénovation des bâtiments historiques sur l’île Sainte-Marguerite (1 199 202 euros) ; la rénovation et l’embellissement des cimetières (750 000 euros), avec l’aménagement des columbariums de l’Abadie II, la reprise du parking et la continuité des études paysagères et des interventions sur le site du Grand Jas.
PPE3 : une faute stratégique, démocratique et économique
On vend à perte une électricité dont on n’a pas besoin, et la différence est payée par les Français sur leurs factures et leurs impôts. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour l’Opinion.
La France a besoin d’une stratégie énergétique ambitieuse pour que ses entreprises et ses habitants bénéficient d’une énergie la moins chère possible, fiable et décarbonée, en réduisant autant que possible sa dépendance dans un contexte géopolitique transformé. Il s’agit d’un impératif de compétitivité et de souveraineté, d’une condition sine qua non pour l’industrie et le numérique, d’une nécessité de confort de vie et de pouvoir d’achat pour les ménages. Ce n’est pas avec la PPE3 que le Premier ministre a signé par simple décret, sans débat ni vote des parlementaires, que la France y parviendra.
Oui, il faut davantage d’électricité bas-carbone dans notre bouquet énergétique pour réduire la part des énergies fossiles : l’électrification de la France est une obligation qui ne fait pas débat. Mais elle exige une électricité compétitive, un signal prix stable et prévisible et des choix de filières hiérarchisés selon leur coût réel complet. Pas un empilement d’investissements dictés par les lobbies et les échéances politiques. Or, ce que promet la PPE3, c’est un alourdissement de la facture électrique qui va détourner les Français de l’électricité, à l’encontre même du but recherché.
Les faits sont implacables. La France a produit 544 TWh d’électricité en 2025, pour une consommation intérieure de 450 TWh. Elle a exporté un volume record de 92,3 TWh. Le système est en surcapacité massive, documentée par RTE dès décembre 2025, et qui devrait se prolonger au moins jusqu’en 2027-2028. La consommation, loin de décoller, a reculé de 6 % à 8 % depuis 2019, passant d’un plateau de 475-480 TWh à environ 450 TWh.
La consommation industrielle chute
La consommation industrielle continue de chuter. Aucune commande, aucun contrat, aucun investissement privé ne signale un retournement imminent. En cinquante ans, la part des fossiles dans notre mix n’a diminué que de 22 points pour atteindre 60 % aujourd’hui. Prétendre réduire cette part d’un tiers supplémentaire d’ici 2030 exigerait de tripler les ventes de véhicules électriques, de tripler les installations de pompes à chaleur, d’électrifier plus de la moitié des procédés industriels quand moins de 10 % le sont. En quatre ans, c’est matériellement irréalisable.
Malgré cela, la PPE3 programme simultanément de nouveaux réacteurs, de l’éolien terrestre et des dizaines de parcs offshore sur la base d’une consommation de 550 à 670 TWh que rien – aucune commande industrielle, aucun contrat, aucun investissement privé – ne laisse aujourd’hui présager. RTE lui-même distingue deux scénarios contrastés ; la PPE3 est construite sur le plus optimiste, celui qui suppose des décisions industrielles et des investissements qui ne sont pas pris ni même engagés.
Les coûts sont connus : 200 milliards d’euros d’investissements réseau d’ici 2040, des parcs éoliens en mer entre 164 et 196 euros/MWh pour ceux en service – et jusqu’à 310 euros/MWh pour l’éolien flottant au vu des prix britanniques –, une accise sur l’électricité à 30,35 euros/MWh pour les ménages, en hausse de 37 % depuis 2019, quand l’Allemagne l’a ramenée à 0,5 euro/MWh pour son industrie.
Les 92 TWh exportés en 2025 l’ont été à un prix inférieur à celui auquel EDF rachète la production renouvelable nationale : on vend à perte une électricité dont on n’a pas besoin, et la différence est payée par les Français sur leurs factures et leurs impôts. Produire plus d’électricité sans débouchés réels ne crée pas de demande. C’est l’inverse : cela renchérit le coût unitaire et détruit les conditions de la compétitivité et de l’électrification qu’on prétend accélérer.
Le nucléaire existant est menacé
Plus grave, le nucléaire existant est menacé. Quand le soleil brille ou que le vent souffle, la production renouvelable est prioritaire sur le réseau. Pour lui faire de la place, on contraint les réacteurs nucléaires à baisser leur puissance, voire à s’arrêter. C’est ce qu’on appelle la modulation. Or le nucléaire est conçu pour tourner en continu : ses coûts sont essentiellement fixes. Moins il produit, plus chaque kilowattheure revient cher. EDF estime que cette modulation pourrait tripler, passant de 30 à 90 TWh perdus par an. Chaque jour d’arrêt coûte entre 1,1 et 1,8 million d’euros par réacteur selon sa puissance.
A l’échelle du parc, ce sont plusieurs milliards d’euros de production sacrifiée chaque année. Pire : un rapport confidentiel d’EDF transmis à Matignon en novembre alerte sur l’usure accélérée des composants et la menace que ces cycles répétés font peser sur la prolongation des réacteurs alors que cette prolongation est de loin l’option la moins chère du système. On fragilise le seul actif bas-carbone compétitif du pays, celui-là même qui nous donne un avantage comparatif par rapport à tous nos voisins européens.
Derrière cette PPE se cache évidemment un arbitrage politique. Les filières renouvelables ont intensifié leur pression, et on ne peut évacuer l’idée que l’exécutif cherche des alliances en vue de 2027. La PPE serait assortie d’une clause de réexamen à cet horizon, ce qui revient à léguer au prochain gouvernement la responsabilité d’un fiasco programmé.
Maximiser et optimiser le parc existant. Redonner confiance dans le choix de l’électricité aux consommateurs. N’investir que là où la demande est démontrée. Renoncer aux filières les plus coûteuses. Exiger la transparence des coûts complets. Et soumettre ces choix qui engagent la nation pour des décennies au débat et au vote de la représentation nationale. Voilà ce que doit être une politique énergétique digne de ce nom.
Engagement irréversible
Cela suppose d’abord de ne prendre aucun engagement irréversible sur les filières les plus capitalistiques tant que l’excédent persiste. Le parc nucléaire existant recèle un gisement immédiat de 80 à 100 TWh mobilisables en optimisant le facteur de charge : ce sont les kilowattheures les moins chers du système.
Un choc fiscal sur l’électricité, comparable à celui engagé par l’Allemagne, doit rendre la bascule économiquement rationnelle pour les industriels et les ménages.
Les investissements réseau doivent être réorientés vers les usages productifs et la résilience, non vers le raccordement de capacités excédentaires.
Toute infrastructure offshore doit relever d’une doctrine de sécurité nationale.
Enfin, chaque euro public dépensé pour le climat doit l’être là où son impact est maximal : notre électricité figure parmi les moins carbonées du monde développé, et le même euro investi là où la demande énergétique explose aurait un effet dix à cent fois supérieur.
Au lieu de cela, l’exécutif engage la France pour des décennies par un décret que personne n’a débattu, que personne n’a voté, fondé sur des projections que tout contredit, au profit de filières dont les coûts explosent. C’est irresponsable et irrespectueux du processus démocratique. Et de façon concrète, nous, consommateurs, allons payer la facture. Ainsi va la France.
Retrouvez cette chronique sur le site de l’Opinion en cliquant ici.
Soyons fiers de l’engagement libéral, seul antidote au meurtre totalitaire
Du meurtre d’Alexeï Navalny à la condamnation de Jimmy Lai, le totalitarisme continue de tuer ceux qui refusent de se taire. Dans ce texte paru sur Contrepoints, David Lisnard assume une défense sans concession du libéralisme, seul antidote durable à l’arbitraire, à la violence idéologique et à l’effacement de la dignité humaine.
Il y a deux ans, en février 2024, mourait Alexeï Navalny. Il vient d’être prouvé – sans surprise – que la cause de sa mort est un empoisonnement, après des mois et des années de persécution, d’emprisonnement arbitraire, de privations et un précèdent empoisonnement. Vladimir Poutine n’accepte pas et tue ses opposants.
Au début de ce mois de février 2026, Jimmy Lai a été condamné à vingt ans de prison par le régime communiste chinois. Âgé de 78 ans, il est donc condamné à mort. Son crime ? Comme Navalny en Russie, comme aussi Boualem Sansal en Algérie, ne pas avoir accepté le récit et la propagande de dirigeants corrompus et à tendance dictatoriale.
Propriétaire de médias, militant de la démocratie, vigie des engagements non respectés par la Chine à la suite de la prise de possession de Hong Kong par Pékin, Jimmy Lai entre dans le panthéon des héros de la démocratie, hélas quasiment ignorés de leur vivant par la bien-pensance mondiale.
Les bonnes âmes, si sentencieuses lorsqu’elles regardent l’Occident, sont bien oublieuses des crimes des dictatures totalitaires qui massacrent leur peuple depuis des décennies.
Soljenitsyne, et avant lui Julius Margolin, avaient dénoncé et décrypté les mécanismes de la déshumanisation des opposants, souvent jusqu’à leur mort, du régime soviétique. La matrice totalitaire est la même, que le régime soit communiste, nazi, islamiste.
Ces forces noires sont toujours à l’œuvre et leur seul antidote est la pensée libérale, celle qui n’accepte pas la mainmise de l’État sur les consciences humaines, celle qui rappelle les droits naturels face à l’arbitraire autoritaire, celle qui fait de la logique de subsidiarité la garantie de la dignité humaine par la liberté et la responsabilité personnelles, celle qui veut que tout pouvoir de l’Etat résulte d’un transfert choisi, délibéré, circonstancié et limité de la souveraineté individuelle.
Navalny, Lai, Sansal, autant de noms de notre époque qui devraient parler à la conscience humanitaire mondiale contemporaine. Et nous inciter à toujours nous battre pour la liberté, comme nous y appellent aussi les 30 000 Iraniens – anonymes mais correspondant à 30 000 vies, 30 000 destins de personnes humaines singulières – massacrés par le régime islamique d’Iran.
Il en résulte pour chacun d’entre nous, notamment dans cet Occident qui a inventé la démocratie libérale, un devoir d’engagement, intellectuel, moral et physique, de résistance au totalitarisme, de promotion de la liberté.
Cette liberté que Vassili Grossman, qui connut la double et très comparable barbarie nazie et soviétique, définissait si bien comme force vitale de notre espèce humaine. Dans Tout passe, Grossman écrit : « L’histoire de l’humanité est l’histoire de sa liberté. L’accroissement de la puissance humaine s’exprime avant tout par l’accroissement de la liberté. La liberté n’est pas une nécessité dont on a pris conscience, comme le croyait Engels. La liberté est le contraire de la nécessité. La liberté c’est la nécessité surmontée, vaincue. Le progrès c’est essentiellement le progrès de la liberté humaine. Par ailleurs, la vie elle-même est liberté, l’évolution de la vie, c’est l’évolution de la liberté. »
C’est cette vérité que n’ont pas acceptée en France les assassins de Quentin. Ils sont d’extrême gauche, ils sont chez nous les expressions violentes de ce totalitarisme qui se nourrit du « révolutionnarisme » des factieux et prospère en réaction au conformisme des technocrates.
Notre combat est là, contre ces illibéraux, ces extrémistes, ces néofascistes (eux qui se prétendent « antifascistes » !), pour préserver la vie et donc faire vaincre la liberté. Il est aussi dans la nécessité de porter un projet politique dont la radicalité doit permettre de sortir de l’impuissance publique en régénérant nos principes, par un nouvel état de droit porteur des aspirations populaires.
« Ce n’est pas honteux de faire peu. C’est honteux de ne rien faire ou de nous laisser intimider. » Le 18 février 2024, ces mots l’Alexeï Navalny étaient repris par sa courageuse veuve Ioulia. Ils nous exhortent à porter le combat de la liberté. Soyons fiers d’être des libéraux !
Retrouvez cette tribune de David Lisnard sur le site de Contrepoints en cliquant ici.
La culture, un enjeu politique de droite
Les politiques culturelles ont trop souvent été l’apanage de la gauche. Les élections municipales doivent être l’occasion pour la droite de briser ce monopole. Une tribune de Jean-Michel Arnaud et David Lisnard parue dans le Journal du Dimanche.
La culture, un enjeu politique de droite
TRIBUNE
Les politiques culturelles ont trop souvent été l’apanage de la gauche.
Les élections municipales doivent être l’occasion pour la droite de briser ce monopole.
Une tribune de Jean-Michel Arnaud et David Lisnard parue dans le Journal du Dimanche.
À l’approche des élections municipales, un paradoxe frappe le débat public français : chacun invoque la menace qui pèse sur la culture, mais personne ne propose de politique pour y faire face. Pire : lorsqu’une initiative émerge, elle est quasi systématiquement confisquée par le même horizon idéologique. Tout se passe comme si la droite avait intériorisé l’idée que la culture n’était pas son terrain naturel, qu’elle relevait d’un autre camp, d’une autre légitimité. Il est temps d’y mettre fin.
La culture n’est ni un luxe, ni une variable d’ajustement budgétaire. Elle est tout sauf un « bien non essentiel ». Elle est ce qui relie les individus entre eux, les générations entre elles, un territoire à son histoire et à son avenir. Elle est un instrument de construction de l’humain, une condition de possibilité du politique. Dans une société fragmentée par l’individualisme, le communautarisme et la polarisation algorithmique, la culture est l’un des derniers espaces où peut encore se forger l’unité nationale.
Le monopole culturel de la gauche
Pourquoi la droite a-t-elle si longtemps déserté ce champ ? L’histoire française apporte une partie de la réponse. Depuis la Révolution et plus encore à partir du XXᵉ siècle, la gauche a bâti un imaginaire puissant associé aux concepts d’émancipation, de démocratisation, de contestation, de résistance, de liberté de création et d’avant-garde. En face, la droite s’est souvent retranchée derrière les notions de gestion (des institutions), de sauvegarde (du patrimoine), de préservation (de l’identité), comme si la création lui était étrangère ou suspecte. Elle a soutenu des institutions sans produire de récit. Elle a administré sans assumer le symbolique. Ce « grand refoulement » a laissé à la gauche un quasi-monopole de la légitimité culturelle en France.
Mais tout monopole finit par produire ses dérives. L’entre-soi culturel s’est renforcé. La démocratisation promise n’a pas eu lieu : les mêmes publics fréquentent les mêmes lieux, pendant que d’autres s’en sentent toujours exclus. La morale a souvent remplacé l’esthétique, le discours s’est substitué à l’œuvre et la culture, au lieu de rassembler, a contribué à diviser.
À l’échelle municipale, la culture n’est pas un slogan, mais une pratique. Elle oblige à concilier exigence artistique et accessibilité, patrimoine et création, institutions et initiatives locales. Elle impose de sortir du parisianisme, de faire confiance aux collectivités locales, aux associations, aux artistes, aux artisans. Elle rappelle surtout une chose essentielle : la culture n’est vivante que lorsqu’elle est partagée.
L’heure du sursaut
Ce que la droite doit aujourd’hui proposer, ce n’est donc pas une guerre culturelle de plus, ni une reprise en main idéologique. C’est une voie alternative. Une politique culturelle à la fois humble et ambitieuse, tournée vers la transmission plutôt que la provocation, vers la construction plutôt que la rupture, vers les communs plutôt que le repli. Une politique qui ne confonde pas tradition et crispation, qui assume l’enracinement, pour en faire non pas un motif de nostalgie ou de repli sur soi, mais une force d’invention. Une politique qui ne fasse pas de la culture un instrument militant, mais un espace de résonance, qui fasse confiance à l’intelligence du public, sans le mépriser ni chercher à lui faire la morale.
Les élections municipales sont le bon moment pour ce sursaut. Parce que la culture se vit d’abord dans les villes et les villages. Parce que c’est là que se joue la cohésion réelle, loin des déclarations de principe. Parce que les maires savent, mieux que quiconque, que sans culture, il n’y a pas de communauté durable.
Jean-Michel Arnaud, élu délégué à la culture à la ville de Cannes et président du Palais des Festivals de Cannes.
« Quand un manuel scolaire incite les élèves à faire moins d’enfants pour sauver la planète »
Selon le manuel de référence édité par Nathan, la solution la plus efficace pour sauver la planète, est d’avoir «un enfant de moins». Pour le président de Nouvelle Énergie, cet ouvrage dévoile un programme militant visant à formater des choix existentiels sous couvert de science. Une tribune de David Lisnard parue dans Le Figaro.
L’instruction de nos enfants est de plus en plus polluée. Les lycéens qui doivent étudier les « sciences de la vie et de la terre », à partir du manuel publié par Nathan en 2020, y trouvent un graphique recensant les « solutions de réduction des émissions de carbone » , dont « vivre sans voiture », « éviter un vol transatlantique », « recycler » ou « changer d’ampoules ». Pour nos pédagogues idéologues, cela est bienvenu mais très insuffisant car ils placent en tête de liste l’« action » la plus « efficace », et de loin, pour sauver la planète : « avoir un enfant de moins » !
Tel est le message de l’Éducation nationale. L’avenir écologique passerait d’abord par la raréfaction des naissances. Ni science ni vie, en somme, dans ce manuel. L’école de la République, dont la mission est de transmettre des savoirs et former l’esprit critique, se fait ici le relais d’un endoctrinement malthusien où la naissance d’un enfant n’est plus à la fois une évidence naturelle et la première des joies, mais une nuisance à éviter.
Un tel bourrage de crâne est dramatique en milieu scolaire, là où devrait être forgée la raison critique et préparé l’avenir de la nation. La nécessaire neutralité des manuels scolaires cède la place à des petits livres rouge et vert. C’est d’autant plus grave que s’il est une décroissance avérée, c’est bien celle du niveau de l’instruction.
Grave sur le plan scientifique d’abord. Le visuel en question reprend une étude publiée en 2017 dans Environmental Research Letters par Seth Wynes et Kimberly Nicholas. Les auteurs y proposent une modélisation attribuant aux parents une fraction des émissions futures de leurs descendants, en supposant que chaque génération conservera durablement le niveau d’empreinte carbone actuel.
«Pour sauver la planète, ne faisons plus d’enfants et pour éviter la mort, supprimons la vie !»
Sur cette base, ils parviennent à 58,6 tonnes de CO₂- équivalent par an pour « un enfant de moins ». Or, cette étude a été invalidée dans cette même revue pour des biais méthodologiques majeurs : double comptage des émissions entre générations, projection sur plus de cinq siècles à niveau d’émissions constant, exclusion des trajectoires de décarbonation. En recalculant avec des hypothèses réalistes, d’autres chercheurs aboutissent à un impact de 1 à 2 tonnes par an, soit trente à soixante fois moins. Les auteurs eux-mêmes reconnaissent que selon les scénarios de décarbonation retenus, l’impact peut être divisé par 17. Le manuel ne retient pourtant que la valeur maximale d’une hypothèse extrême, et la présente comme un fait scientifique établi.
Cette décision est grave sur le plan éthique. Wynes et Nicholas ne se contentent pas d’un calcul : ils revendiquent un projet éducatif et ciblent les adolescents, qualifiés de « catalyseurs » du changement. Ils regrettent que les programmes scolaires se limitent au recyclage et ne recommandent pas les « vrais gestes à fort impact » dont, bien sûr, la réduction des naissances. Ils ont produit des fiches pédagogiques et des infographies destinées aux cours de lycée. En ce sens, le manuel édité par Nathan applique un programme militant qui vise à formater des choix existentiels sous couvert de science. C’est scandaleux et particulièrement grave. Car c’est le libre arbitre des futurs citoyens qui est ici en jeu.
Mettre sur le même plan un comportement ou un geste technique et la naissance d’un enfant revient à ne plus envisager la vie comme une promesse, mais comme une variable d’ajustement. Un être humain n’est plus une personne, une joie, une responsabilité : c’est un flux de carbone à supprimer. Cette doxa prolonge une écologie décliniste jusqu’au sophisme ultime : pour sauver la planète, ne faisons plus d’enfants et pour éviter la mort, supprimons la vie !
L’idéologie morbide de la décroissance se répand alors que la dénatalité est devenue le fait démographique et problématique majeur de notre époque. Les deux tiers de l’humanité vivent désormais dans des pays où la fécondité est passée sous le seuil de remplacement des générations. De la Corée du Sud à la Chine, de l’Italie à l’Espagne, du Japon à l’Allemagne, les peuples vieillissent et les naissances s’effondrent. La France, longtemps épargnée par cette tendance, a basculé à son tour. En 2025, pour la première fois depuis 1945, le solde naturel est devenu négatif : 651 000 décès pour 645 000 naissances. L’indicateur de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis 1918.
Faire accroire à nos lycéens qu’une naissance puisse être néfaste à la planète, dans un tel contexte, c’est accompagner un effondrement démographique qui met en péril l’avenir même de la nation. Aucune nation ne peut sacrifier sa démographie – donc son existence – sur l’autel d’un calcul (en l’occurrence faux) utilitariste de CO₂. Ce sont précisément les générations futures qui produiront les solutions aux défis climatiques. Encore faut-il qu’elles viennent au monde.
On le voit, ce débat oppose deux visions irréconciliables de l’écologie : une écologie fondée sur l’innovation et la confiance dans l’intelligence humaine, et une écologie de la culpabilisation, qui voit dans chaque naissance une faute. Ce débat oppose surtout deux approches antagonistes de la vie humaine : une qui la voit comme une grâce, avec sa finitude et ses aspérités parfois douloureuses, l’autre qui la voit comme une pollution à éradiquer. L’écologie mérite mieux, par la science, l’investissement massif dans l’innovation et le droit international pour combattre ce qui pollue, transformer nos systèmes énergétiques, protéger la biodiversité, c’est-à-dire la vie (y compris humaine).
Enseignons à nos enfants non pas la honte d’exister, mais la joie de vivre. Non pas le renoncement, mais l’ambition. Non pas l’angoisse existentielle d’être, mais la confiance et la fierté de faire. Non pas la peur de l’avenir, mais la volonté d’inventer le leur.
Retrouvez cette tribune sur le site du Figaro en cliquant ici.