«Le système est mort. Il faut inventer un État de performance»
Invité de Le Grand Oral sur i24NEWS face à Michaël Darmon, David Lisnard a défendu sa vision pour la France à l’heure où les équilibres internationaux se recomposent et où notre pays s’enfonce dans le déclassement. De la géopolitique à la réforme de l’État, en passant par la lutte contre l’antisémitisme, la présidentielle de 2027 et le projet porté par Nouvelle Énergie, il a exposé une ligne claire : restaurer la puissance française par la liberté, l’autorité et l’ambition.
« Je vois le déclassement français, mais il n’y a aucune fatalité »
Interrogé sur les bouleversements du monde contemporain, de Donald Trump à la rivalité sino-américaine en passant par la montée des nouvelles puissances, David Lisnard a souligné la nécessité pour la France de retrouver une stratégie de long terme.
Face à la compétition entre les États-Unis et la Chine, il a rappelé que la priorité devait être la défense des intérêts français et européens. Pour lui, la question n’est pas de commenter les soubresauts de l’actualité internationale, mais de redonner à la France les moyens de peser à nouveau dans le monde.
« Je vois le déclassement français, qui est une réalité : démographique, géopolitique, diplomatique, économique, numérique, éducative. Mais je pense qu’il n’y a aucune fatalité à cela. »
S’appuyant sur l’exemple argentin, il a également souligné que les peuples pouvaient choisir le sursaut plutôt que la résignation lorsque des réformes courageuses étaient mises en œuvre.
Moyen-Orient : défendre nos principes et nos intérêts
Au cours de l’entretien, David Lisnard est revenu longuement sur les tensions au Moyen-Orient et sur la politique étrangère française.
Il a rappelé son attachement à la sécurité d’Israël, à la dénucléarisation de l’Iran et à la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, tout en défendant une approche fondée sur la clarté et la cohérence.
Selon lui, la France s’est affaiblie en multipliant les postures sans disposer de la puissance nécessaire pour les soutenir.
« Aujourd’hui, on parle dans le vide parce qu’on n’a plus la puissance. »
Concernant le Liban, il a plaidé pour un soutien sans ambiguïté à la souveraineté libanaise et au désarmement du Hezbollah, qu’il considère comme un instrument de l’influence iranienne dans la région.
Face à l’antisémitisme, un combat judiciaire, politique et culturel
David Lisnard a également alerté sur la montée de l’antisémitisme en France.
Il a rappelé que la République disposait déjà d’un arsenal juridique solide mais que celui-ci devait être appliqué avec fermeté.
« Tout acte antisémite doit faire l’objet de poursuites et être condamné. »
Au-delà de la réponse judiciaire, il a insisté sur la responsabilité politique face aux ambiguïtés d’une partie de l’extrême gauche et sur la nécessité de mener un combat culturel de longue haleine.
Pour lui, l’école doit redevenir un lieu de transmission du savoir, de l’histoire et des principes républicains, loin des dérives idéologiques qui fragilisent l’autorité des enseignants et la cohésion nationale.
« Le système de l’État-providence est cuit »
Interrogé sur la situation économique et budgétaire du pays, David Lisnard a livré le cœur de son diagnostic.
Selon lui, le modèle français est arrivé au bout de sa logique. Construit sur une forte démographie, des gains de productivité importants et une immigration maîtrisée, il ne correspond plus aux réalités du XXIe siècle.
« Le système est mort. Le système de l’État-providence est cuit. »
Pour autant, il refuse toute logique d’austérité ou de gestion du déclin.
À ses yeux, le véritable enjeu consiste à réformer l’État en profondeur afin de recentrer l’action publique sur ses missions essentielles et de mettre fin à l’accumulation de structures administratives qui paralysent le pays.
Il a ainsi défendu une réduction massive des dépenses improductives, la simplification de l’action publique et une meilleure valorisation du travail.
« On doit cotiser moins pour gagner plus. »
Une rupture avec le social-étatisme
David Lisnard a également expliqué en quoi sa candidature se distinguait du reste de l’offre politique.
Selon lui, une même culture du social-étatisme irrigue aujourd’hui une grande partie de la vie politique française, de l’extrême gauche à la majorité présidentielle, en passant par le Rassemblement national.
« Dès qu’il y a un problème, la réponse est toujours la même : davantage de puissance publique. »
À l’inverse, il défend un État recentré sur ses fonctions régaliennes : sécurité, justice, défense, maîtrise des frontières et instruction publique.
Cette vision repose sur trois piliers :
– la liberté pour retrouver la prospérité économique ;
– l’autorité pour restaurer l’ordre républicain ;
– l’ambition éducative, culturelle et scientifique pour préparer l’avenir.
« L’ambition économique par la liberté. L’ambition sécuritaire par l’autorité. L’ambition d’unité par la culture, l’instruction publique et la science. »
Une autre voie pour 2027
Enfin, interrogé sur la prochaine élection présidentielle, David Lisnard a réaffirmé sa volonté de porter jusqu’au bout une alternative politique fondée sur la cohérence et le courage.
Partisan d’une primaire ouverte permettant de départager les différentes sensibilités de la droite et du centre, il estime que les Français ont besoin d’un véritable débat de fond plutôt que d’une simple compétition d’appareils.
Face aux promesses des extrêmes comme à la continuité incarnée par les responsables qui ont gouverné ces dernières années, il entend défendre une autre voie.
Une voie du terrain, de l’expérience et de la pratique.
Une voie qui refuse à la fois la résignation et le déclin.
« Il n’y a pas de fatalité au déclin français. »
Pour David Lisnard, la France dispose encore de tous les atouts pour retrouver sa puissance, à condition d’engager les réformes que trop de responsables politiques repoussent depuis plusieurs décennies.
Après l’IA, les technologies quantiques arrivent au Palais
Après les évènements consacrés à l’intelligence artificielle – WAICF, WAIFF – la commune continue de se positionner dans le secteur des nouvelles technologies. Le petit dernier : le World quantum Cannes festival, qui réunira chercheurs, industriels, investisseurs et décideurs, les 17 et 18 novembre 2026. Un article de Nice-Matin.
Dans les couloirs de la Tech, beaucoup voient dans le quantique le prochain grand basculement après l’explosion de l’intelligence artificielle générative. Une technologie encore difficile à vulgariser, mais devenue stratégique à l’échelle mondiale. Et la cité des festivals se positionne, puisqu’elle accueillera, les 17 et 18 novembre prochains, la première édition du World quantum Cannes festival au Palais.
Un nouveau rendez-vous technologique qui ambitionne de réunir chercheurs, industriels, investisseurs et décideurs autour de ce qui est présenté comme la prochaine révolution numérique. Le pari : faire sortir le quantique des laboratoires de recherches, pour le connecter aux usages industriels. Santé, cybersécurité, défense, énergie, finance ou encore calcul intensif : les applications évoquées dépasseront largement le cadre de la recherche fondamentale.
Plus de 100 intervenants et 1 200 participants attendus
Le festival attend 1 200 participants et 100 intervenants. Le programme se structurera en un planning de conférences de 20 à 30 minutes, traitant du quantique dans tous ses états. Une Journée de l’Investisseur permettra aux intéressés souhaitant naviguer dans les complexités de la « deep tech » de se rencontrer. « Nous réunissons des décideurs du secteur, des chercheurs d’élite et des entrepreneurs, pour transformer le potentiel scientifique en valeur économique » précise l’organisation du festival sur son site. Et une exposition de matériel, logiciels, composants, réseaux, capteurs et services, qui permettent ou exploitent les phénomènes quantiques dans l’informatique, les communications et la détection, ainsi que les technologies de soutien nécessaires à leur construction, leur exploitation et leur commercialisation.
Un prix Nobel à la tête du comité d’honneur
Les premiers grands noms internationaux sont annoncés : à la tête du comité d’honneur, le physicien et prix Nobel Alain Aspect apporte une crédibilité scientifique à l’événement. À ses côtés, figure également Rainer Blatt, président du comité scientifique. Des entreprises comme IBM, D-Wave Quantum ou encore Pasqal sont également associées au festival.
Avec ce nouveau rendez-vous, Cannes poursuit sa diversification. La ville ne veut plus seulement être celle du cinéma et des congrès internationaux, mais cherche à s’imposer comme une scène mondiale des grandes transitions technologiques.
Bus à hydrogène à Cannes : une première en France
L’agglomération Cannes Pays de Lérins entre dans le club très fermé des territoires autonomes en énergie. Depuis ce début juin 2026, quatorze bus du réseau Palm Bus carburent à l’hydrogène produit directement sur place à partir des eaux usées d’une station d’épuration. Un investissement d’avenir de 50 millions d’euros porté par David Lisnard pour éradiquer progressivement le diesel. Un article de Nice-Matin.
Quinze minutes. C’est désormais le temps nécessaire pour remettre en circulation un bus du réseau Palm Bus. Le temps d’un plein d’hydrogène, réalisé directement sur le dépôt cannois à partir d’eau recyclée.
Une petite révolution qui fait entrer l’agglomération Cannes Pays de Lérins dans un club encore très fermé : celui des territoires qui produisent eux-mêmes l’énergie destinée à faire rouler leurs transports publics.
Depuis ce vendredi 5 juin, quatorze bus à hydrogène circulent sur les lignes A, B, 1 et 2 du réseau. Derrière ces nouveaux véhicules se cache surtout une première nationale.
Une opération à 50 millions
À Cannes, l’hydrogène n’est ni acheminé par camion ni produit à des centaines de kilomètres. Il est fabriqué sur place, grâce à une station d’électrolyse alimentée par de l’électricité décarbonée et de l’eau issue d’une station d’épuration. Un modèle inédit à cette échelle en France.
« Nous sommes des pionniers », a revendiqué le président de l’agglomération et maire de Cannes, David Lisnard, qui a également rappelé le coût de l’opération à hauteur de 50 millions d’euros.
L’achat des bus représente à lui seul 35 millions d’euros, dont 3,45 millions financés par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).
« On retrouve le confort que nous donnait le gasoil »
Pour les voyageurs, le changement sera invisible. Pour l’exploitant du réseau, il est considérable. « Un bus à hydrogène, c’est avant tout un bus électrique », rappelle Frédéric Marandon, directeur général adjoint à la mobilité de l’agglomération.
À une différence près : là où les véhicules électriques classiques stockent l’énergie dans des batteries, les nouveaux autobus embarquent de l’hydrogène transformé en électricité grâce à une pile à combustible. Une évolution qui change radicalement les conditions d’exploitation.
Jusqu’ici, les bus électriques nécessitaient 6 à 7 heures de recharge pour une autonomie comprise entre 200 et 250 kilomètres. Avec l’hydrogène, le plein est réalisé en un quart d’heure et permet de parcourir jusqu’à 400 kilomètres. « On retrouve le confort que nous donnait le gasoil », résume Frédéric Marandon. Une donnée essentielle pour les lignes les plus sollicitées du réseau, dont certaines roulent quasiment vingt-deux heures par jour.
L’agglomération a donc fait le choix d’un modèle hybride. Les lignes les plus longues seront assurées par l’hydrogène tandis que les trajets plus courts continueront à être exploités avec des bus électriques à batterie. « Il faut adapter l’énergie à l’usage réel des lignes, pas l’inverse. C’est le mix énergétique qui va nous permettre de décarboner complètement la flotte », insiste le responsable mobilité.
L’hydrogène fabriqué à partir des eaux usées
Pourtant, le véritable cœur du projet se trouve à quelques mètres des bus. Derrière les clôtures du dépôt Palm Bus, la nouvelle station de production est capable de générer jusqu’à 800 kilos d’hydrogène par jour grâce à un électrolyseur de 2 mégawatts.
Pour le produire, la station utilise deux matières premières : de l’eau et de l’électricité bas carbone. Grâce à l’électrolyse, les molecules d’eau sont séparées afin d’en extraire l’hydrogène qui servira ensuite à alimenter les bus.
Mais la singularité cannoise réside ailleurs ; aucune goutte d’eau potable n’est utilisée. « On prend de l’eau de réutilisation d’une station d’épuration locale », explique Pierre de Raphelis Soissan, président de la société de projet Cannes Lérins H2. « Dans certaines régions, la disponibilité de l’eau est un enjeu majeur. À Cannes, nous avons fait le choix de ne pas utiliser cette ressource précieuse. »
L’hydrogène ne parcourt donc aucun kilomètre avant d’arriver dans les réservoirs. « Nous ne le transportons pas. Il est produit et stocké sur place. Le fait d’avoir un seul client qui absorbe toute la production permet aussi de dimensionner une station de grande taille et donc de réduire mécaniquement les coûts de production », poursuit-il.
Pour Hynamics, filiale d’EDF spécialisée dans l’hydrogène renouvelable et bas carbone, le projet constitue aussi l’une des réalisations les plus ambiitieuses menées à ce jour. « C’est un véritable ouvrage industriel au cœur de la cité », souligne sa directrice générale, Christelle Rouillé.
Une flotte de 41 bus à hydrogène d’ici 2033
Au-delà de la performance technique, l’opération s’inscrit surtout dans une stratégie plus large de décarbonation des transports publics.
Le remplacement progressif des véhicules fossiles permettra d’éviter plus de 3000 tonnes de CO2 chaque année avec l’ambition affichée de faire disparaître, ligne après ligne, le diesel du paysage urbain. L’agglomération ne compte d’ailleurs pas s’arrêter aux quatorze premiers véhicules mis en circulation.
D’ici 2033, quarante et un bus à hydrogène doivent intégrer le réseau Palm Bus. À Cannes, l’hydrogène n’est donc plus un horizon énergétique ni une promesse de laboratoire. Il est devenu un outil du quotidien. Un carburant silencieux qui alimente déjà les lignes du réseau.
Et dans les dépôts, entre deux rotations, une autre reality s’installe : celle d’un réseau qui change de nature, progressivement, sans rupture visible et monétaire pour les voyageurs et où, désormais, il ne reste plus qu’à monter à bord.
David Lisnard, le « challenger »
Dans un portrait publié par Le Figaro, David Lisnard apparaît comme un « challenger » déterminé à s’imposer dans la course présidentielle. L’article revient sur le déploiement de Nouvelle Énergie, sa critique du déclin français en matière économique, sécuritaire et éducative, sa volonté de porter une alternative libérale face aux partis traditionnels et aux extrêmes, ainsi que sur sa stratégie de campagne fondée sur le redressement du pays, l’attractivité économique et l’avenir de la jeunesse française.
À Cannes, David Lisnard a choisi de partir sous les couleurs de son propre mouvement. « Il est plus challenger qu’outsider ! », prévient un proche quand le président de Nouvelle Énergie s’applique à déployer méthodiquement ses troupes dans plusieurs départements de France mais aussi via ses relais à l’étranger, de Londres (10 juin) à Hongkong (26 mai). « Il est temps de mettre le meilleur dans la lumière ! La liberté, c’est maintenant. Go David ! » s’enthousiasme Caroline Doucerain, maire des Loges-en-Josas dans les Yvelines, chargée du développement des antennes locales du parti. Parmi les soutiens du président des maires de France, certains aimeraient bien que le succès d’estime se transforme en dynamique.
En attendant, le candidat trace sa route patiemment. « Je regarde surtout l’état de la France. Tout ce qui se passe confirme les constats et l’intérêt des propositions que je porte pour sauver le pays », confie David Lisnard. Pour lui, le seul enjeu réside dans l’urgence de rendre à la France sa capacité de « rayonnement », de « prospérité » et de « sécurité » sachant que la situation actuelle ne pourra être que pire encore dans un an. « Des émeutes urbaines à la montée du chômage, nous sommes les cancres de l’Europe, que ce soit en finances publiques, croissance, éducation et emploi. C’est pourquoi la victoire électorale ne pourra passer que par un projet puissant et une personnalité nouvelle », soutient l’élu cannois. D’ailleurs, pour David Lisnard, si les noms Edouard Philippe et Gabriel Attal apparaissent aujourd’hui en position favorable dans les sondages c’est précisément parce qu’ils appartiennent au « passé » et sont les indicateurs d’un système évanoui voué à disparaître. «C’est la notion astronomique du passé cosmique : la lumière arrive encore mais elle est celle d’étoiles déjà mortes ». Il se dit effaré par les derniers discours du ministère de l’Intérieur. « Depuis la RDA, on ne nous avait plus dit que le bilan était globalement positif ! C’était un an avant l’effondrement du mur de Berlin », ironise-t-il. Le libéral perçoit aussi l’évènement économique « Choose France » de Versailles comme le paravent du dépeçage des entreprises françaises. « On s’enorgueillit de faire venir le tiers-monde où l’on construit des data centers qui ne sont que les entrepôts du XXIe siècle ! ».
Il annoncera prochainement le nom de son directeur de campagne au profil de « grand organisateur » ainsi qu’une séquence « ralliements » de personnalités, prévue pour être une « démonstration de force ». Le campus du dernier week-end d’août réunira plusieurs groupes de travail. Après trois premiers livrets dédiés à la santé, la bureaucratie et l’agriculture, le candidat prolongera cette production par des volets d’explication sur la manière de mettre en œuvre le « redressement ». « Ça va bien dépoter », promet celui qui veut mettre aussi les projecteurs sur une jeunesse française qui a envie de ne pas être obligée de parti à l’étranger. « Moi, conclut David Lisnard sur un ton combatif, je vais proposer la seule alternative puissante qui sera ni ceux qui se sont fourvoyés au pouvoir depuis des décennies, ni les extrêmes qui ne jouent que sur la démagogie et l’émotion ».
«Une politique culturelle ambitieuse ne doit pas être un chèque en blanc donné à un microcosme»
Alors que le Festival de Cannes vient de s’achever, David Lisnard entend lutter contre « l’entre soi et la culture subventionnée ». Il défend une politique fondée principalement sur la liberté de création et la transmission des grandes œuvres. Une tribune parue dans Le Figaro.
Je suis un fou de culture. J’adore le cinéma, le théâtre, les livres, la danse, la musique. Le festival du cinéma de ma ville m’a fait découvrir des films du monde entier qui m’ont souvent captivé, toujours enrichi. J’aime en parler avec mes proches, échanger, débattre, me disputer sur un réalisateur, un auteur, un compositeur, retracer une filmographie, une discographie, discourir des mérites comparés des œuvres d’un auteur. Je ne compte plus les heures passées à cette activité qui s’achevait toujours pour moi en me replongeant dans une œuvre que j’avais mal saisie ou mal interprétée.
Pour autant, cela n’a aucune importance et cela n’intéresse personne. Tant mieux. Ce « je » vous agace et vous avez raison. Le rôle d’un responsable politique en matière culturelle n’est ni d’étaler ni d’imposer ses goûts. Tout le monde se moque de savoir que je suis un fan de Houellebecq, des Clash, de Kubrick, de Molière ou de Pina Bausch. Cela relève de mon intimité. Et surtout, cela ne doit pas influer sur mes décisions politiques. Qu’attend-on d’un responsable politique en matière de culture ? De construire une politique qui tourne autour de principes simples mais incontournables.
Il faut d’abord rappeler que la création est libre et que la liberté d’expression doit être totale. Il m’arrive d’être choqué, exaspéré, scandalisé par une œuvre. Et alors ? Quelle importance ? Depuis quand les responsables politiques doivent se comporter en censeur ? Et si je me trompais dans mon appréciation ? Si j’avais été Joseph II, aurai-je reconnu le talent de Mozart ? Il faut ensuite veiller à la préservation et à la transmission des grandes œuvres de l’esprit. Ce qui nécessite de la volonté, des moyens, de la rigueur. Transmettre le beau ! Telle est notre première mission.
Il faut permettre l’accès à la culture pour le plus grand nombre. Pour cela, il n’y a qu’une seule arme : l’éducation artistique et culturelle à l’école, de la maternelle au baccalauréat. C’est ce que j’ai patiemment construit dans ma ville. Et cela fonctionne ! Il s’agit du moyen le plus démocratique, le plus républicain de faire découvrir la culture au plus grand nombre, et de ne pas la réserver à ceux qui y ont accès grâce à leur famille ou à leur niveau de vie. Le rôle d’un politique en matière de culture est de créer les conditions pour que celle-ci s’épanouisse partout en France, sur tout le territoire et pas uniquement à Paris ou dans les grandes villes.
Enfin, il est nécessaire de lutter contre les effets d’entre-soi de la culture subventionnée, de combattre le conformisme, de défendre la bonne affectation de l’argent des contribuables qui doit échapper à toute considération idéologique. Il faut donc pour cela mettre un terme aux cahiers des charges publics qui obligent à des quotas et à des représentations du monde que les progressistes autoproclamés veulent imposer au public.
Car attention ! Une politique culturelle ambitieuse telle que je la défends ne doit pas être un chèque en blanc au microcosme ou le fait du prince. Il s’agit de fixer un cadre et de vérifier qu’il soit respecté, en termes de programmation, de diffusion, d’audience, d’accompagnement pédagogique. Si notre pays doit absolument conserver un audiovisuel public, celui-ci doit être populaire et de qualité, sinon il disparaîtra de lui-même.
En conclusion, je voudrais aussi dire mon immense ras-le-bol d’entendre les démagogues évoquer toujours l’argent des Français quand on parle de culture. Qu’on ne se méprenne pas. Nous devons être beaucoup plus économes de l’argent public et rétablir l’équilibre budgétaire, ce qui demandera des décisions fortes et très courageuses. Cela ne doit pas passer par le sacrifice de la culture. N’existe-t-il pas dans notre pays, des agences publiques, autorités administratives et autres entités bureaucratiques qui ne servent à rien ? N’y a-t-il pas dans le domaine de l’écologie des dépenses inutiles ? En matière sociale, des retraites aux aides aux inactifs, y compris étrangers, n’y a-t-il pas un gâchis colossal d’argent public ? La formation professionnelle des salariés qui coûte si cher est-elle toujours efficace ? Il va falloir tout revoir, beaucoup supprimer, recréer de la responsabilité. Nous le devons à tous ceux qui sont écrasés d’impôts comme aux Français les plus pauvres, enfermés dans un système qui en fait des allocataires et les maintient dans la précarité.
Je défendrai toujours la culture car elle donne un supplément d’âme, réunit la population pour constituer un peuple, fait prospérer et rayonner la France. Encore faut-il que la culture soit partagée par le plus grand nombre. Si elle est tant méprisée pas nos dirigeants actuels et tant attaquée par les extrêmes, c’est sans doute parce que ses acteurs ont échoué à la faire connaître, à la faire aimer par tous. Cela sera une des tâches prioritaires à laquelle je m’attacherai avec ardeur. Pour l’élévation individuelle, l’égalité des chances, et pour l’unité de note nation.
Retrouvez cette tribune sur le site du Figaro en cliquant ici.
Respect de la France, liberté pour Christophe Gleizes
La détention en Algérie du journaliste Christophe Gleizes est devenue le symbole d’un déclassement diplomatique français. Retrouvez la tribune de David Lisnard parue sur Atlantico.
Deux ans. Christophe Gleizes, journaliste français, est aujourd’hui privé de liberté en Algérie depuis deux années. D’abord placé sous contrôle judiciaire à Tizi Ouzou, il fut incarcéré et condamné à sept années de prison pour avoir préparé, pour So Foot et Society, un reportage sur la Jeunesse sportive de Kabylie.
L’arrestation d’un citoyen français, maintenu en détention, deux ans durant, est une affaire grave.
Le 19 mai dernier, au lendemain de sa visite à Alger, le garde des Sceaux s’est pourtant dit « très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité ». Qu’un ministre de la République se félicite que l’Algérie n’aggrave pas le sort d’un Français qu’elle retient arbitrairement, voilà qui en dit assez de l’état de notre diplomatie.
Nous avons inventé un nouveau registre : la gratitude pour l’humiliation.
Trois jours plus tard, le 22 mai, l’Algérie publiait au Journal officiel la loi du 12 mai 2026 criminalisant la colonisation française. Un texte qui inscrit dans son droit positif que la France aurait commis, cent trente-deux années durant, des crimes contre l’humanité dont les effets se prolongeraient jusqu’à nos jours.
Le déséquilibre n’est pas seulement symbolique. Il est statistique. En 2024, 22 426 obligations de quitter le territoire – OQTF – ont été prononcées à l’encontre de ressortissants algériens. Moins de 3 000 ont été exécutées.
Depuis février, seulement 150 laissez-passer consulaires ont été délivrés par Alger mais cette aumône administrative est présentée comme une percée diplomatique.
Un État qui qualifie de victoire ce qu’un autre lui concède par mépris n’est plus en position de négocier.
Cette méthode de la servilité a déjà échoué, publiquement, il y a six mois.
Le 12 novembre 2025, Boualem Sansal a été libéré par l’intermédiaire de l’Allemagne.
Cette humiliation aurait dû marquer la fin d’une doctrine. Il n’en fut rien.
La visite à Alger du ministre de l’Intérieur, en février, a été annoncé comme celle du « dégel ».
Elle a surtout enseigné une chose au régime algérien : la France revient toujours, quels que soient les outrages, demander qu’on veuille bien lui accorder ce qu’elle aurait dû exiger.
Et pendant ce temps, dans un couloir d’hôpital, en Ariège, le président de la République trouvait la verve qui lui manquait sur le dossier Sansal pour traiter de « mabouls » les Français qui réclament la fermeté avec Alger.
Le mot est lâché. Il dit le mépris d’un pouvoir pour ceux qui pensent encore que la République doit protéger les siens.
Que les fous, alors, soient ceux qui veulent que la France soit respectée. Je serai de ceux-là.
Car il n’y a pas que Christophe Gleizes. Il y a aussi Martin Ryan, homme d’affaires français, arrêté en Azerbaïdjan en décembre 2023, détenu depuis bientôt deux années et demie, accusé d’« espionnage » au moment précis où Bakou réglait ses comptes diplomatiques avec Paris. Otage d’État, lui aussi. Monnaie d’échange. Et oublié.
Deux dossiers, deux régimes, une même mécanique. Lorsqu’un État cesse d’imposer un coût à ceux qui prennent ses citoyens, il n’a pas seulement échoué à libérer un homme : il a invité à en prendre d’autres. La faiblesse appelle la prédation. Toujours.
J’entends déjà l’objection. Il faudrait se taire. Ne pas compliquer. Laisser faire les chancelleries. Le silence n’a jamais ouvert une porte. La parole publique sobre mais claire, l’exigence du respect mutuel, la réciprocité assumée, la fermeté nommée et une diplomatie professionnelle ; voilà ce qui crée les conditions d’une libération.
L’indifférence n’est pas une neutralité et lorsqu’elle est le fait d’un État, elle a un autre nom : l’abandon.
La France doit redevenir capable d’exiger.
Cela suppose de comprendre que la diplomatie n’est pas l’art de plaire mais celui d’obtenir. Que le rapport de force n’est pas une violence mais une grammaire. Et que défendre nos intérêts n’est pas une brutalité : c’est la première condition pour qu’il y ait, encore, quelque chose qui mérite le nom de République.
David Lisnard dans La Grande Interview : « Il faut augmenter le salaire net et cotiser moins pour gagner plus »
David Lisnard était l’invité de La Grande Interview de Laurence Ferrari dans La Matinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1, mercredi 27 mai.
Au cours d’un entretien de près d’une heure, il a exposé sa vision pour la France : restaurer la prospérité par la liberté, l’autorité par un État régalien efficace, et l’unité nationale par l’instruction, la culture et la responsabilité.
« Il faut augmenter le salaire net et cotiser moins pour gagner plus »
Face à une France qui détient le record du monde des prélèvements obligatoires et dont les salaires réels stagnent, David Lisnard a rappelé l’urgence d’une rupture économique fondée sur la baisse des dépenses publiques et la valorisation du travail.
« Il faut augmenter le salaire net et cotiser moins pour gagner plus. »
Pour le président de Nouvelle Énergie, la France ne souffre pas d’un manque de dépenses publiques mais d’un excès de bureaucratie et d’un mauvais usage de l’argent public.
« Plus on a dépensé d’argent public, moins on a eu d’infirmiers aux urgences, moins on a de policiers dans les rues, moins on a de magistrats. »
Il a réaffirmé son objectif de réaliser jusqu’à 200 milliards d’euros d’économies sur le quinquennat afin de rendre du pouvoir d’achat aux Français, financer les fonctions régaliennes et alléger les charges qui pèsent sur les actifs.
« Dépenser moins pour cotiser moins, pour gagner plus. C’est ça la vraie révolution. »
Retrouver un État performant
David Lisnard a dénoncé la multiplication des agences, organismes et structures administratives qui étouffent l’initiative et paralysent l’action publique.
« On étouffe surtout sous la bureaucratie en France. »
Prenant l’exemple des normes de construction scolaire, il a rappelé que les maires sont confrontés à une inflation réglementaire devenue incontrôlable.
« Désormais, la notice thermique pour construire une école fait 3 800 pages. »
Pour Nouvelle Énergie, la modernisation du pays passe par un État performant, recentré sur ses missions essentielles et capable de produire des résultats concrets.
Énergie : renouer avec le réalisme
Interrogé sur la stratégie énergétique française, David Lisnard a plaidé pour une politique fondée sur la réalité des besoins du pays plutôt que sur l’idéologie.
« L’électricité la plus abondante, la plus pilotable, la plus fiable et la moins chère aujourd’hui, c’est le nucléaire et l’hydroélectrique. »
S’il soutient les initiatives locales en matière d’énergies renouvelables, il estime que l’architecture énergétique nationale doit rester fondée sur une production fiable, compétitive et souveraine.
Immigration : sortir des effets d’annonce
Face à l’explosion des flux migratoires, David Lisnard a dénoncé les discours sans résultats et rappelé que le problème est désormais institutionnel autant que politique.
« Depuis 1980, il y a eu 32 annonces de maîtrise de l’immigration et 30 lois. Ce n’est plus un problème de loi, c’est un problème de cadre constitutionnel. »
Il a réaffirmé la nécessité de reprendre le contrôle des politiques migratoires, de restaurer la souveraineté nationale et de faire prévaloir la volonté démocratique sur les blocages juridiques actuels.
GPA : « Tout n’est pas marchandise »
Interrogé sur les propositions de Gabriel Attal concernant la gestation pour autrui, David Lisnard a réaffirmé son opposition ferme à la GPA au nom d’un principe fondamental : la dignité humaine.
Pour lui, une société libérale authentique ne signifie pas que tout puisse être acheté, vendu ou marchandisé.
« Tout n’est pas marchandise. »
Il a rappelé que la liberté économique ne peut exister sans limites éthiques et que le corps humain ne saurait devenir un objet de transaction.
« Je pense que la GPA est contraire à un principe fondamental de la société libérale : la dignité du corps humain. »
À rebours des caricatures souvent entretenues sur le libéralisme, David Lisnard a défendu une conception exigeante de la liberté, fondée sur la responsabilité individuelle et le respect de la personne.
Culture, transmission et intelligence artificielle
L’entretien a également permis d’aborder les enjeux culturels et technologiques. Pour David Lisnard, l’intelligence artificielle constitue une révolution majeure que la France doit pleinement investir.
« Je ne crains pas l’intelligence artificielle. Je crains la paresse naturelle que va générer cette intelligence artificielle. »
Il a plaidé pour une école recentrée sur l’instruction, l’esprit critique et la transmission culturelle.
« Il faut apprendre à nos enfants à décoder le monde. »
Pour lui, la culture demeure un enjeu civilisationnel majeur, indispensable à la cohésion nationale et à la liberté intellectuelle.
Une révolution du bon sens
Tout au long de cet échange, David Lisnard a défendu une même conviction : la France dispose de tous les atouts pour redevenir une puissance prospère, innovante et respectée, à condition de rompre avec l’immobilisme et l’étatisme.
« La France a un énorme potentiel. Nous avons un peuple créatif, nous avons tout pour être un Eldorado du XXIe siècle. »
Et de conclure :
« Il faut recréer de la prospérité par la liberté, recréer de la sécurité par l’autorité, recréer l’unité par l’instruction et la science. »
Un projet porté par Nouvelle Énergie pour rassembler tous ceux qui refusent le déclin, restaurer l’efficacité publique et engager la France sur le chemin du redressement.
Le boulodrome Troncy va éclairer le quartier
Dès juillet 2026, 564 panneaux solaires installés sur le toit du boulodrome Troncy à La Bocca fourniront de l’électricité à douze bâtiments municipaux via l’autoconsommation collective. La Ville de Cannes espère économiser près de 80.000 euros par an sur ses factures d’énergie. Un article e Nice-Matin.
Avec ses 1.300 mètres carrés de toiture, le boulodrome Troncy s’apprête à devenir le nouveau poumon énergétique de la place Roubaud.
Le maire David Lisnard a dévoilé mardi matin les dessous de ce chantier d’envergure, avec l’installation d’une vaste centrale photovoltaïque au-dessus des terrains de pétanque.
Dès le mois de juillet, les 564 panneaux solaires ne se contenteront pas d’éclairer le bâtiment, mais fourniront directement de l’électricité verte à douze sites municipaux.
Une énergie partagée
Une prouesse qui s’appuie sur une méthode de distribution de plus en plus prisée : l’autoconsommation collective.
Concrètement, l’énergie produite (estimée à 324 MWh par an, pour une puissance de 253 kWc) sera partagée via le réseau public pour couvrir 30 % des besoins électriques annuels d’infrastructures voisines.
Parmi elles, la nouvelle Halle de la place Roubaud, les écoles Alexandre-Dumas et Verrerie, le gymnase des Mûriers, les crèches Les Mûriers et Canta Grillou ou encore la salle des Arlucs.
Près de 80.000 euros d’économie par an
Coût de l’opération, près de 550.000 euros.
Mais ce « circuit court » va permettre à la Ville « d’économiser près de 80.000 euros par an » sur ses factures d’électricité, estime le maire. « Le but est de lutter concrètement contre le réchauffement climatique, tout en maîtrisant durablement les dépenses énergétiques de la commune et en protégeant les contribuables. »
L’équipement de ce toit s’intègre naturellement dans la seconde phase de rénovation de Bocca-centre entamée en 2018, qui a déjà transformé le quartier avec la création d’un grand parc paysager de 4.000 m² et d’un parking souterrain de 374 places.
Cette nouvelle installation vient compléter la stratégie de production d’énergie décarbonée impulsée par la municipalité depuis 2014.
Une politique qui a connu un net coup d’accélérateur ces derniers mois : après la résidence autonomie Saint-Louis, les serres municipales, l’école Eugène-Vial et la médiathèque Ranguin en 2024 et 2025, c’est la piscine du Grand Bleu qui a mis en service sa propre centrale solaire début 2026.
«Le territoire doit redevenir un espace de liberté»
Pour le libéral maire de Cannes et désormais candidat à l’élection présidentielle, l’État doit permettre, par la réalisation des grandes infrastructures territoriales, de libérer les initiatives locales. Un entretien accordé au Figaro.
David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, fustige la technostructure et estime que l’État ne joue plus son rôle en matière d’aménagement du territoire. Celui qui est désormais candidat à l’élection présidentielle de 2027 souhaite que l’on redonne de la liberté d’agir sans entraves aux collectivités locales.
LE FIGARO. – À l’heure des nouvelles technologies, du télétravail, de la société en réseau, la notion de « territoire » a-t-elle toujours un sens ?
DAVID LISNARD. – Oui, dans les deux acceptions du mot : comme signification car le territoire désigne le lieu d’appartenance et comme direction collective de la communauté humaine qui l’habite. L’être humain ne vit pas dans l’abstraction, il vit dans une géographie, dans une histoire, dans des groupes d’individus enracinés. Même si les nouvelles technologies et le télétravail rendent nos sociétés plus mobiles et plus connectées, la proximité physique reste essentielle. La créativité, l’innovation, la transmission passent aussi par des interactions humaines directes. Plus nous irons vers une société connectée, dominée par l’intelligence artificielle et les réseaux, plus nous aurons besoin de lieux d’enracinement et de communautés locales vivantes.
Qu’est-ce donc pour vous une bonne politique du ou des territoires ?
J’essaie d’éviter de mettre territoire au pluriel. On parle « des territoires » parce qu’il n’y a plus de politique d’aménagement du territoire à proprement parler. En ce sens, l’État ne remplit plus son rôle. Une bonne politique des territoires est celle qui crée de la liberté territoriale notamment pour les communes. On ne peut pas assigner à pauvreté ou à relégation des individus selon leur implantation sur le territoire national. Je défends donc une « égalité de permission » pour pouvoir accéder à des équipements sportifs, culturels, des écoles… Le rôle de l’État n’est pas de définir les projets à la place du marché et des collectivités locales, mais de garantir la justice territoriale et d’apporter pour cela les grands équipements que ni le privé ni les collectivités ne peuvent porter seuls. Cela doit donc permettre localement aux vocations de s’exprimer grâce au principe de subsidiarité. Pour y parvenir efficacement, l’État doit s’occuper de tout ce qui concerne les infrastructures lourdes comme les réseaux ferroviaires et routiers, la protection des risques majeurs, l’accès au très haut débit dans les zones blanches. Il est aussi essentiel qu’il garantisse la fourniture d’énergie abondante, fiable et bon marché. Dans ce domaine, si les initiatives locales sont importantes, l’architecture globale doit être conçue au niveau national.
L’État a-t-il délaissé ces grands projets structurants ?
Il y a eu des périodes positives d’aménagement du territoire. Ce fut le cas lors des Trente Glorieuses qui ont beaucoup apporté en matière d’infrastructures pour permettre un développement local. En revanche, ces vingt dernières années, et de façon plus manifeste les dix dernières, les gouvernements ont confondu décentralisation et déconcentration. Il y a eu un phénomène de métropolisation au détriment des petites villes. En outre, l’État s’est appauvri sur ses missions de base en transférant des charges aux collectivités locales sans cependant leur faire confiance. Résultat, les collectivités ont plus d’obligations mais moins de pouvoir et moins de ressources propres. Les exemples pullulent. Si on ne prend que le cas de la prévention des inondations, l’État nous enjoint de faire ce qu’il n’a jamais fait en 200 ans… Il n’y a donc plus de politique d’aménagement du territoire mais « des territoires » avec un enchevêtrement peu compréhensible. Le premier millefeuille français, avant celui des collectivités, c’est le millefeuille technocratique, bureaucratique, de la surcodification contradictoire.
Faut-il alors songer à une nouvelle organisation territoriale ?
Tout devrait s’articuler à partir de la commune. Le problème, c’est que les pouvoirs publics recréent des petits îlots centralisés à l’échelle locale qui ne font qu’accroître la complexité et les lenteurs. Quand il faut plus de temps pour faire inscrire une unité de traitement des déchets dans les schémas administratifs que pour la construire, il y a un problème. Plus largement, il faut des grands départements et une liberté d’associations interdépartementales sur des projets majeurs sans créer de bureaucratie. J’avais même proposé la création de provinces pour parvenir à une subsidiarité ascendante.
Seriez-vous favorable au retour d’une direction puissante comme la Datar à l’époque (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) ?
Je vais peut-être vous surprendre, mais oui, je pense que cela aurait du sens. Ce qui n’a pas de sens, c’est un haut-commissaire au Plan… Plus il est haut, plus il est perché ! C’est à l’État de garantir une justice territoriale, donc d’avoir une vision d’aménagement et de retrouver une capacité d’investissement, au service des initiatives entrepreneuriales et des collectivités, d’un « ordre spontané » local. Car il faut avant tout des porteurs de projets, des chefs d’entreprise, des ingénieurs, et un État qui arbitre pour qu’existent les équipements d’intérêt public que n’apporte pas spontanément l’initiative privée et publique locale.
L’opposition persistance entre une France rurale et métropolitaine est-elle la conséquence d’un échec de l’aménagement du territoire ?
La réalité est plus complexe. Il y a aussi une ruralité prospère, avec des exemples fantastiques de réussite, heureusement ! L’éclatement symbolisé par les « gilets jaunes » est aussi une part de réalité, tout comme le sentiment d’un monde à deux vitesses. Donc oui, c’est surtout la conséquence de transferts de missions au local tout en enlevant des moyens, en recentralisant et en alourdissant le droit. C’est comme cela qu’on a amplifié les inégalités entre les métropoles et les villages, mais aussi – on a tendance à l’oublier – avec les villes moyennes. Je parcours le pays et partout où je vais, il y a quelque chose de très visible : les anciens cantons étaient très bien faits et leurs chefs-lieux étaient de vrais centres de vie et de services. Par exemple, on y retrouve toujours un espace d’accès aux soins. Je propose donc d’engager une réforme territoriale qui permette à ces chefs-lieux d’anciens cantons de se revitaliser.
Pensez-vous que la réindustrialisation du pays doit passer par les territoires et leurs spécificités locales ?
Oui, mais ce n’est pas à la puissance publique de le décider, elle doit le favoriser. On le voit bien localement, on fait du marketing territorial, mais il y a surtout une bataille du foncier qui ne fait que commencer. On doit permettre, à l’échelle des intercommunalités, de créer des filières locales pour encourager une « fertilisation croisée » (former et entreprendre localement, NDLR). Cela passe donc par des divisions et des spécialisations géographiques, qui viennent d’ailleurs souvent de l’histoire. Il faut créer de l’émulation entre les collectivités et donc un système de responsabilité fiscale et sociale locale. Et ça, c’est à un pouvoir législatif et exécutif de le permettre par un nouveau cadre, clair et simple, la fameuse « vraie décentralisation », pour une bonne politique d’aménagement du territoire.
Les territoires vont-ils être un enjeu de l’élection présidentielle et allez-vous le porter ?
Oui ! Car derrière le terme, l’enjeu, c’est l’humain, les habitants. Je pense que le redressement du pays peut être une réalité et même aller beaucoup plus vite qu’on le pense en libérant les initiatives. Donc oui, « les territoires » sont un enjeu majeur de prospérité collective et individuelle et donc de dignité. L’enjeu est ainsi matériel et moral, économique et de justice. Nos communes sont la dernière institution républicaine où on arrive encore à rassembler autour d’un sentiment d’appartenance commun. Le potentiel existe, il faut le libérer. La France a l’atout décisif pour être prospère au XXIe siècle : la créativité. Et cette créativité, elle est à la fois universelle et enracinée.
Retrouvez cet entretien sur le site du Figaro en cliquant ici.
« La réindustrialisation est une priorité nationale »
Retrouvez l’entretien de David Lisnard à La Lettre du Made in France.
La fiscalité, la bureaucratie et la complexité normative expliquent-elles à elles seules le décrochage économique français, ou identifiez-vous d’autres causes ?
Ces facteurs sont réels et documentés, mais ils ne sont pas les seuls. La destruction méthodique du capital productif est l’une des causes majeures.
La taxation marginale du capital excède 60 % en cumulant l’impôt sur les sociétés, les prélèvements sociaux, la flat tax et la contribution différentielle. Depuis 2011, quatre surtaxes ont frappé les bénéfices, la dernière votée en 2025 portant le taux effectif à 41,2 %. À cela s’ajoutent des droits de succession sans équivalent chez nos voisins.
La France et l’Allemagne comptaient le même nombre d’ETI au début des années 1980. On en dénombre aujourd’hui 5 500 en France, contre 12 500 outre-Rhin.
À ce matraquage fiscal s’ajoute l’absence de fonds de pension. Nos industries, qui vivent de cycles longs, en sont privées alors qu’on les retrouve au capital des grandes entreprises allemandes, néerlandaises ou américaines.
Vient ensuite le coût de l’énergie. Notre parc nucléaire, qui devrait constituer un avantage compétitif décisif, a été dilapidé. Entre 2021 et 2024, le prix de l’électricité pour les entreprises a augmenté de 67 % malgré les aides, et le prix industriel final atteint 165 €/MWh contre 73 €/MWh aux États-Unis.
S’y ajoute le déclassement éducatif. On ne réindustrialise pas avec une école qui n’enseigne plus les fondamentaux et n’ouvre pas aux métiers d’avenir.
Notre formation professionnelle ne produit plus assez de techniciens. Des dizaines de milliers de postes restent non pourvus en métallurgie, soudage, mécanique de précision, maintenance, électronique embarquée, autant de métiers bien rémunérés sur lesquels se bâtit une industrie moderne.
Deux rigidités achèvent le tableau. Celle du marché du travail : la difficulté à embaucher et à se séparer d’un salarié dissuade l’implantation industrielle. Celle de la recherche publique : la France y consacre 2,2 % du PIB contre 3,1 % en Allemagne et 3,5 % aux États-Unis, et le lien entre laboratoires publics, universités et industrie est rompu.
Considérez-vous la réindustrialisation comme une priorité nationale absolue, et si oui, pourquoi ?
De 1995 à 2015, la France a perdu la moitié de ses usines et le tiers de son emploi industriel.
L’industrie représente moins de 10 % du PIB français contre 19 % en Allemagne, et 26 % pour l’industrie manufacturière.
Ce recul a des conséquences lourdes car l’industrie structure les bassins d’emploi, irrigue les villes moyennes et finance le modèle social. Chaque emploi industriel en entraîne deux à trois dans la sous-traitance.
La réindustrialisation est donc en effet une priorité nationale. Elle conditionne nos recettes publiques, notre innovation, notre souveraineté dans des secteurs vitaux et notre cohésion nationale.
Soyons cependant lucides : nous ne reconstruirons pas tout, le différentiel de coûts restant structurel.
L’effort doit à mon sens se concentrer sur trois domaines : la souveraineté (santé, défense, énergie, alimentation), les savoir-faire historiques (aéronautique, luxe, pharmacie, agroalimentaire, machines-outils) et les technologies de rupture (batteries, biotechnologies, hydrogène, intelligence artificielle, quantique, semi-conducteurs).
L’État n’a pas à se substituer au marché ni à désigner des champions par décret. Son rôle est de créer les conditions de cette réindustrialisation à travers une stabilité fiscale et juridique, une énergie compétitive, un foncier disponible, une main-d’œuvre bien formée et une simplification normative et réglementaire.
Ceci étant en place, il faut laisser agir les entreprises.
Quels leviers peut-on activer immédiatement pour relocaliser des activités productives, sans alourdir la dette publique ?
Les meilleurs leviers sont neutres en coût ou autofinancés.
L’Institut Molinari a montré qu’une baisse de 35 milliards d’euros des impôts de production est compensée en deux ans par la hausse des recettes sociales, de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu et de la TVA, ainsi que par la baisse des dépenses liées à l’assurance chômage.
La déréglementation est un autre levier à coût nul.
Nous remplacerons l’autorisation préalable par la responsabilité a posteriori : tout ce qui n’est pas interdit doit être autorisé, et qui cause un dommage en répond.
Nous supprimerons le seuil de 50 salariés, substituerons au principe de précaution un principe de responsabilité, poserons un moratoire de trois ans sur toute nouvelle norme et réécrirons les codes concernés.
S’agissant du foncier, il faut mobiliser les milliers d’hectares de friches bloqués et revenir sur la loi ZAN, qui interdit toute extension au-delà de l’enveloppe locale d’artificialisation.
On ne peut demander aux maires de réindustrialiser en leur interdisant d’ouvrir un mètre carré d’activité.
Monter une grande usine prend, en France, plus de temps que partout ailleurs en Europe. Les industriels s’implantent ailleurs pour payer moins et pour aller plus vite.
Quelles sont, selon vous, les réformes les plus urgentes pour rendre durablement compétitive la production française ?
Outre ce qui précède, trois réformes me semblent indispensables.
La première est la refondation fiscale du capital et des bénéfices : réduire progressivement l’impôt sur les sociétés à 20 %, alors que le taux effectif des grandes entreprises dépasse 36 % du fait des surtaxes.
La deuxième concerne le coût du travail, dont les allègements sont mal calibrés. Au SMIC, le taux de cotisations patronales est tombé de 40 % à 7 %. Dès 1,6 SMIC, il remonte à 40 %. Au-delà de 3,5 SMIC, à 47 %.
Résultat : nous avons créé une trappe à bas salaires. Les entreprises n’ont aucune incitation à élever la qualification de leurs salariés, puisque chaque progression salariale déclenche un rehaussement brutal de charges, bien supérieur au gain pour le salarié et destructeur de compétitivité.
C’est l’exact inverse d’une politique de montée en gamme. Nos charges écrasent précisément les emplois industriels que nous prétendons défendre.
Nous mettrons donc en œuvre une baisse durable et continue des charges entre 2 et 4 SMIC, financée par la maîtrise des dépenses publiques et non par un redéploiement entre cotisations.
Pour cela, il faudra nécessairement revoir notre modèle de redistribution. Les dépenses de protection sociale représentent un tiers du PIB en France contre 21 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, dont une partie pèse structurellement sur l’entreprise.
Une fraction des économies passera par le basculement d’une partie de notre protection sociale vers un mode assurantiel et capitalisé, à l’instar de ce qu’ont fait les Pays-Bas qui offrent un modèle de référence pour l’assurance maladie en concurrence régulée.
Nous rééquilibrerons ainsi solidarité nationale, mutualisation collective et responsabilité individuelle.
À la refonte des charges doit s’ajouter celle du contrat de travail. Aujourd’hui, l’employeur n’ose plus embaucher et le salarié reste dans la précarité.
C’est pourquoi je propose d’instaurer un contrat de travail unique bâti sur quelques principes : liberté contractuelle, loyauté des parties, protection de la santé et de la sécurité, recours clairement définis.
Un droit lisible est un droit appliqué ; un droit illisible décourage l’embauche, nourrit le contentieux et profite aux mieux informés, rarement aux plus fragiles.
Quel rôle concrètement jouent ou devraient jouer les maires et les collectivités territoriales dans la reconquête industrielle ?
Les maires sont les premiers interlocuteurs des industriels qui s’implantent ou s’étendent. Ils connaissent leur commune, le foncier, les compétences, les sous-traitants, les logements et les transports.
Aucun grand projet n’aboutit sans eux ni contre eux.
Les réussites françaises sont d’abord territoriales, comme dans la vallée de l’Arve, Oyonnax, Toulouse ou Grenoble.
Or les élus locaux ont été dépossédés de leurs moyens d’agir.
Nous restaurerons leurs marges : une part d’impôt sur les sociétés déterminée localement, entre 0 et 5 points, pour restaurer le lien fiscal entre territoire et contribution productive ; des zones franches industrielles à définition locale, sur le modèle des ZFU de 1996 à 2015 ; un droit à l’expérimentation normative pour les collectivités porteuses de projets industriels, par voie contractuelle avec le préfet.
À plus long terme, la réorganisation de notre architecture territoriale est une condition de l’efficacité industrielle.
Les grandes régions et les départements seront remplacés par des Provinces d’échelle cohérente, dotées de compétences exclusives et claires ainsi que d’un pouvoir réglementaire réel.
Cette réforme requiert une révision constitutionnelle. Nous l’assumons.
Comment conciliez-vous votre attachement au libéralisme économique avec la défense d’une politique industrielle souveraine ?
Il n’y a pas de contradiction.
Le libéralisme, dans la tradition de Bastiat à Aron, repose sur la propriété, le contrat, la stabilité du droit et la responsabilité.
Il suppose un État régalien fort, qui ne dirige pas l’économie mais protège nos approvisionnements et nos capacités industrielles stratégiques.
Notre désindustrialisation n’est pas le produit d’un excès de libéralisme, mais de dirigisme.
Entre 2019 et 2024, l’Union européenne a produit 13 000 actes juridiques contraignants contre 5 500 aux États-Unis.
La productivité horaire de la zone euro, qui atteignait 98 % de celle des États-Unis en 1995, n’en représentait plus que 82 % en 2019. Selon le rapport Draghi, cette seule divergence explique 70 % de l’écart de PIB par habitant entre l’Union européenne et les États-Unis.
Pendant ce temps, la Chine impose ses normes dans l’intelligence artificielle, la 5G et les semi-conducteurs. L’Europe encadre ce qu’elle ne sait plus produire.
Là où le dirigisme pilote la production par la dépense publique et la norme, une politique de souveraineté garantit à nos entreprises des conditions de concurrence équitables et à l’État les moyens d’agir en cas de défaillance systémique.
Nous ne défendons ni la planification colbertiste ni la politique des champions désignés.
Ce que nous défendons, c’est un cadre de compétition loyale entre nations.
Comment inciter durablement les consommateurs et les entreprises à favoriser le Made in France, sans tomber dans le protectionnisme ?
Le protectionnisme renchérit les prix, anesthésie la productivité, appauvrit le consommateur et fragilise les industries qu’il prétend protéger.
Mais il ne s’agit pas d’être naïfs.
La France exige de ses industriels et agriculteurs le respect des normes sociales, environnementales et sanitaires les plus strictes au monde, tout en laissant entrer librement des produits qui ne les respectent pas.
Cela s’appelle une asymétrie de concurrence, pas du libre-échange.
L’information du consommateur doit être transparente.
Une large majorité de Français se déclare prête à payer davantage pour acheter français, à condition de savoir ce qu’elle achète réellement.
Or moins d’un Français sur deux distingue encore la mention « Made in France », autodéclarée et sans contrôle préalable, de la certification « Origine France Garantie », qui impose que l’étape décisive de fabrication se déroule en France et qu’au moins 50 % du prix de revient y soit acquis.
Nous ferons de cette certification le critère de référence de la commande publique et porterons au niveau européen l’obligation d’un marquage d’origine lisible et vérifié pour les produits manufacturés.
Mais tout cela n’aura aucune portée si notre pays ne crée pas les conditions de la compétitivité fiscale et sociale, de l’innovation et de la créativité.