“La France doit redevenir un pays de liberté, de responsabilité et de propriété”
Invité du podcast Bourdin Média, diffusé ce mercredi 15 avril, David Lisnard a défendu avec clarté la ligne qu’il porte depuis des années : rompre avec l’étouffement bureaucratique, redonner du pouvoir aux Français, récompenser le travail et bâtir un projet présidentiel de liberté, d’ordre et de responsabilité.
Face à Jean-Jacques Bourdin, le président de Nouvelle Énergie et candidat à l’élection présidentielle a assumé un cap : dire la vérité sur l’état du pays, proposer une refondation profonde, et refuser les faux-semblants qui paralysent la vie publique.
Un projet présidentiel fondé sur la cohérence et le courage
David Lisnard l’a rappelé d’emblée : une candidature à la présidence de la République n’a de sens que si elle est portée avec détermination. Il assume sa volonté d’aller jusqu’au bout, avec une ambition claire : faire émerger une dynamique populaire autour d’un projet de redressement.
Loin des arrangements d’appareil, il propose depuis deux ans une primaire ouverte de la droite et du centre de conviction, non pour additionner des écuries, mais pour permettre un débat de fond, faire émerger des projets et éviter l’émiettement fatal du premier tour.
Sa conviction est simple : on ne redressera pas la France avec des combinaisons de notables, mais avec une confrontation démocratique des idées, des parcours et des caractères.
Le vrai mal français : la bureaucratie qui broie la vie
Le moment le plus marquant de l’entretien est sans doute celui où David Lisnard revient sur son geste symbolique de “broyeur” des codes. Derrière la mise en scène, il y a une dénonciation de fond : celle d’une bureaucratie devenue folle, qui empêche d’agir, décourage l’initiative et détruit la prospérité.
Il donne des exemples concrets, vécus par les Français, les entrepreneurs, les élus locaux :
procédures absurdes, normes contradictoires, blocages administratifs, délais interminables, incapacité à mener des projets pourtant d’intérêt général.
Ce qu’il dénonce, ce n’est pas le droit en tant que tel. C’est un système dans lequel la liberté doit sans cesse se justifier, quand la restriction devrait, elle, être l’exception et devoir être motivée. À rebours de cette logique, David Lisnard défend une philosophie claire : dans une société libre, la règle doit protéger sans étouffer.
Il appelle ainsi à une réécriture profonde de nos normes autour de principes généraux du droit, à un État qui contrôle et sanctionne efficacement a posteriori, plutôt qu’un appareil administratif qui empêche a priori des millions de Français d’agir.
Travailler, produire, transmettre : remettre le pays en mouvement
Sur le travail, le pouvoir d’achat et le modèle social, David Lisnard a porté une ligne nette : la France souffre d’avoir découragé l’effort et désincité à produire.
Il rappelle une réalité massive : le salarié français coûte très cher à l’employeur, mais touche au final un revenu net trop faible. Entre les deux, les prélèvements s’accumulent. Ce système pénalise tout le monde : les salariés, les entreprises, la compétitivité, et finalement le niveau de vie général.
Sa réponse consiste à remettre au centre la création de richesse, la rémunération du travail et la liberté économique. Cela suppose de s’attaquer à la racine du problème : la dépense publique excessive, la fiscalité confiscatoire, et le capitalisme de connivence entretenu par la multiplication des aides.
David Lisnard défend ainsi une ligne cohérente : moins d’aides, moins de subventions, moins de bureaucratie, mais aussi moins d’impôts et moins de charges. Autrement dit, sortir du cercle vicieux d’un État qui taxe trop, redistribue mal et affaiblit la société productive.
Retraites : dire la vérité et rendre les Français propriétaires
Sur les retraites, David Lisnard assume une parole rare dans le débat public. Oui, il faut cesser d’indexer les pensions les plus élevées. Oui, il faut regarder en face le déséquilibre d’un système qui n’est plus soutenable. Oui, il faut préparer une transition vers une part de capitalisation.
Son objectif n’est pas comptable. Il est philosophique et politique : rendre les Français propriétaires de leur vie, de leur travail, de leur retraite. Pour lui, le vieux modèle d’État-providence, qui a pu avoir sa cohérence dans un autre contexte démographique et économique, est désormais à bout de souffle.
La répartition seule ne peut plus répondre à la réalité du vieillissement, de la baisse de la natalité et du décrochage productif. Il faut donc organiser un nouveau modèle, fondé sur la responsabilité individuelle, la transmission et l’investissement dans l’économie réelle.
Cette vision s’inscrit dans une ambition plus large : redonner à chacun la maîtrise de son destin, au lieu d’entretenir la dépendance à un système public surendetté.
École : casser la trappe à pauvreté
David Lisnard l’a redit avec force : le déclassement éducatif est sans doute le plus grave problème du pays.
Là aussi, il propose une rupture. Il critique frontalement la carte scolaire, qu’il considère comme une machine à assigner les enfants, notamment les plus modestes, à des déterminismes sociaux et territoriaux. À ses yeux, la vraie justice consiste à permettre aux familles de choisir, à libérer les établissements, à donner plus de souplesse aux enseignants et à faire suivre le financement public au choix des parents.
Sa ligne est fidèle à son engagement de fond : la liberté n’est pas l’ennemie de l’égalité des chances ; elle en est la condition.
Europe, souveraineté, démocratie : sortir des faux débats
Sur l’Europe, David Lisnard refuse à la fois l’abandon de souveraineté et les postures creuses. Il défend une Europe des projets, des intérêts communs et de la subsidiarité réelle, c’est-à-dire une organisation politique dans laquelle la décision doit toujours être prise au plus près du terrain pertinent.
Cette vision implique de respecter la démocratie, y compris lorsqu’elle dérange. À cet égard, il rappelle le traumatisme démocratique qu’a constitué à ses yeux le contournement du vote de 2005. Pour lui, le redressement européen passe par la restauration de la confiance politique, donc par le respect du suffrage, des peuples et des libertés concrètes.
Politique internationale : lucidité, fermeté, intérêt national
Interrogé sur la situation internationale, David Lisnard a également réaffirmé une ligne de fermeté et de lucidité. Que ce soit sur le Moyen-Orient, le Hezbollah, le Hamas ou la liberté de circulation dans le détroit d’Ormuz, il insiste sur un principe : la diplomatie ne peut pas reposer sur les postures, mais sur des rapports de force, des objectifs clairs et la défense de nos intérêts stratégiques.
Son approche se veut fidèle à une tradition française d’indépendance, d’alliance avec nos partenaires fiables, et de refus des complaisances envers les forces qui déstabilisent les États, les peuples et la paix régionale.
Un cap : passer de l’État-providence à l’État-performance
Au fond, tout l’entretien est traversé par la même idée : la France ne souffre pas d’un manque d’État, mais d’un mauvais État.
Un État trop lourd là où il faudrait libérer.
Un État trop faible là où il faudrait protéger.
Un État trop lent pour sanctionner les abus.
Un État trop présent pour empêcher d’agir.
C’est cette inversion que David Lisnard veut corriger. Son projet n’est pas celui du retrait, mais celui d’un État recentré sur ses missions essentielles, fort sur le régalien, exigeant sur la justice, efficace dans l’action publique, et suffisamment sobre pour laisser respirer la société.
Autrement dit : remplacer l’État-providence à bout de souffle par un État-performance, au service de la liberté, de la responsabilité et de la prospérité.
Faire émerger une espérance française
À travers cet entretien dense, David Lisnard a montré ce qui fait la singularité de sa candidature : un refus des slogans faciles, une volonté de traiter les causes et non les symptômes, et une ambition de transformation profonde.
Son message est clair : la France peut se redresser, mais elle ne le fera ni par l’endettement perpétuel, ni par la technocratie, ni par les accommodements. Elle le fera en faisant à nouveau confiance aux Français, à leur travail, à leur intelligence, à leur capacité de choisir et d’assumer.
C’est cette énergie de liberté que porte aujourd’hui Nouvelle Énergie.
“Arrêter de rafistoler le Titanic, bâtir un État-performance”
Invité de la matinale de TF1 face à Adrien Gindre, David Lisnard a livré une intervention sans détour. Fidèle à sa ligne, il a articulé un même fil conducteur : sortir des illusions, restaurer la liberté et engager un redressement profond du pays.
D’abord sur la scène internationale, il rappelle une évidence trop souvent oubliée :
« Je respecte toujours la souveraineté populaire. »
Refusant toute lecture hâtive des élections hongroises, il met en garde contre les projections politiques simplistes : « Cela ne veut rien dire pour la présidentielle française. » Une ligne claire : lucidité, prudence, et primat de l’intérêt national.
Mais c’est sur les débats économiques et sociaux français que son intervention marque le plus.
Libérer le travail, sortir des carcans
Sur la question du travail le 1er mai, David Lisnard dénonce un système figé :
« On est sur un débat du XIXe siècle. »
Pour lui, la situation actuelle illustre une « absurdité bureaucratique » où certaines activités sont autorisées et d’autres interdites sans cohérence. Sa proposition est simple : conjuguer respect des traditions et liberté individuelle.
« Pourquoi ne pas laisser ceux qui le veulent travailler, payés double ? »
Une vision fondée sur la responsabilité et le volontariat, loin des interdictions uniformes.
Rompre avec un modèle à bout de souffle
Sur les retraites et la dette, le diagnostic est plus radical encore.
« On ne peut pas se contenter de rafistoler le Titanic. »
Pour le président de Nouvelle Énergie, le modèle social français est structurellement dépassé. Il appelle à une transformation profonde :
« Il faut remplacer l’État-providence par un État-performance. »
Cela implique des choix clairs, y compris sur les retraites : ne plus les indexer automatiquement et rééquilibrer un système qui « favorise la non-activité au détriment de l’activité ».
Au cœur de son projet : redonner aux Français la maîtrise de leur destin.
« Les Français doivent être propriétaires de leur vie, de leur pays et de leur retraite. »
Stopper l’illusion des dépenses publiques
Sur les aides face à la hausse des carburants, il rejette toute logique de subventions généralisées :
« Les chèques publics sont des chèques sans provision. »
Derrière les annonces gouvernementales, il dénonce une réalité plus dure :
« Ce n’est pas un plan de financement, c’est un plan de prélèvement. »
Autrement dit, une politique qui pèse sur le pouvoir d’achat tout en reportant la charge sur les générations futures.
Au-delà des appareils politiques
Enfin, sur la recomposition de la droite, David Lisnard refuse les logiques d’appareil :
« Ce qui compte, ce n’est pas la droite : c’est de redresser la France. »
Un message cohérent avec sa stratégie : dépasser les structures partisanes pour bâtir une offre politique de rassemblement autour d’un projet de transformation.
Une ligne constante : liberté, responsabilité, redressement
De la liberté de travailler à la réforme du modèle social, en passant par la critique des dépenses publiques, David Lisnard trace une ligne claire : sortir des demi-mesures.
Refus du déni, refus des artifices, refus de l’immobilisme.
Et une conviction centrale : le redressement passera par le courage politique et la responsabilisation des Français.
« Ce que je veux construire c’est une alternative et non pas une simple alternance »
Votre départ des Républicains marque une rupture importante. Est-ce selon vous l’aboutissement d’un désaccord stratégique ponctuel ou le constat plus profond d’une impasse idéologique au sein de la droite traditionnelle ? Un entretien entre David Lisnard et Arnaud Benedetti pour La Nouvelle Revue Politique.
Ce n’est pas un désaccord ponctuel. C’est le constat, lucide, que la façon de penser de la droite classique tourne à vide depuis trop longtemps. LR oscille entre deux tentations également stériles : se compromettre avec le macronisme pour grappiller des électeurs au centre, ou surenchérir sur les thèmes identitaires pour ne pas se faire déborder à droite. Résultat : ni le courage d’une vraie réforme libérale, ni la clarté d’un projet cohérent.
Mon départ est la conséquence logique de ce que je dénonce depuis des années. LR n’a pas levé ses ambiguïtés avec la macronie, a de facto maintenu des ministres au sein du gouvernement Lecornu, a soutenu la suspension de la réformette des retraites, a voté la confiance à François Bayrou, a accepté des budgets socialistes qui augmentent la dépense publique et les impôts. Bref, cette ligne n’est pas la mienne.
Ce que je veux construire, c’est une alternative et non pas une simple alternance. La différence est fondamentale. L’alternance, c’est changer d’équipe mais conserver le même système de jeu.
L’alternative, c’est changer de système, de méthode et d’objectifs. Au sein de LR, hormis quelques rares exceptions comme François-Xavier Bellamy, je n’ai pas vu émerger la volonté de mener ce combat-là avec la profondeur, la cohérence, le courage de les assumer face aux médias et aux corporatismes.
La question posée à la droite française est simple : êtes-vous prêts à engager une refondation radicale de l’État, de la dépense publique, du rapport à la liberté individuelle ? Je n’ai pas eu la réponse que j’attendais. Alors j’ai décidé de la construire, avec Nouvelle Énergie.
Considérez-vous que Les Républicains sont aujourd’hui devenus incapables d’incarner une alternative crédible au macronisme et au Rassemblement national ? Si oui, pourquoi ?
Une alternative crédible suppose pour LR de remplir trois conditions : une ligne claire, une indépendance réelle, une capacité à mobiliser. Ce n’est manifestement pas le cas.
Une droite crédible face au conformisme technocratique du macronisme et au en même temps régalien et socialiste du RN, ce n’est pas une droite qui occupe le milieu de l’échiquier en espérant ramasser les mécontents des deux côtés. C’est une droite qui dit clairement qu’on doit cotiser moins pour gagner plus, que la propriété individuelle est encouragée et non taxée, que l’ordre républicain n’est pas négociable, que la liberté n’est pas un luxe et qu’elle est le moteur de la prospérité ainsi que la condition de la dignité humaine. Pendant qu’on attend que cette droite-là émerge, les petits hommes gris de Bercy continuent leur œuvre, la dette monte, et les Français se réfugient dans les votes protestataires faute d’une offre politique à la hauteur.
L’espace d’une droite libérale, sécuritaire, éducative et décentralisatrice a été laissé vacant trop longtemps. Avec Nouvelle Énergie, je veux porter cette alternative.
Quel diagnostic portez-vous aujourd’hui sur la situation de la France, tant sur le plan économique que social et institutionnel ? Parlez-vous d’un déclin, d’un décrochage, ou d’une crise plus structurelle ?
C’est plus qu’un déclassement, c’est un décrochage structurel profond qui pourrait virer au déclin plus rapidement qu’on l’imagine.
Les chiffres sont implacables. La dette publique atteint 3 482 milliards d’euros, soit 117,4 % du PIB. Le gouvernement se félicite d’un déficit 2025 de 5,1 % du PIB sous prétexte qu’il l’avait évalué à 5,4 %! On croit rêver ou plutôt cauchemarder. Les Français paient les charges et impôts les plus lourds du monde pour des services publics dégradés, un hôpital en déchéance, une école devenue cancre, une insécurité explosive sur l’ensemble du territoire, une justice défaillante, une immigration incontrôlée.
Ce que je constate partout où je me rends, c’est la désagrégation du tissu social, dans les villes moyennes, dans les zones rurales, dans les quartiers périphériques. À chaque visite d’entreprise, chaque échange dans un bistrot de province, chaque discussion avec des élus locaux, je mesure ce décalage béant entre deux France : la France des gens qui travaillent, entreprennent, élèvent leurs enfants, font leur devoir, et la France des écrans, celle du monde médiatico-politique qui commente, s’invective ou s’autocongratule. Ce décalage est l’une des causes profondes du délitement civique que nous traversons, terreau des démagogies, des replis communautaires, des votes protestataires.
Et dans ce paysage, il y a un ennemi politique, LFI et toute l’extrême gauche, qui associent wokistes et islamistes, pour s’attaquer aux fondements de notre République et détruire la France. Il faut les combattre pied à pied, et construire une nouvelle proposition démocratique, par un projet radical et libéral qui porte une grande ambition : que la France soit respectée et retrouve sa grandeur.
Une fois au pouvoir, pour concrétiser cette ambition, il sera indispensable et prioritaire de revoir toute l’organisation des pouvoirs publics.
Le cœur du problème, c’est en effet l’État devenu obèse et impotent, voire impuissant. Il est partout où il ne devrait pas être et absent là où sa présence serait légitime et nécessaire. Le social-étatisme crée une spirale perverse : plus l’État dépense, moins il est efficace ; moins il est efficace, plus il dépense pour compenser. C’est la définition d’un système qui se nourrit de ses propres échecs. Et le « pognon de dingue » n’a pas réglé la pauvreté. Au contraire, il a créé des trappes à pauvreté. En plus de spolier les contribuables, il décourage le travail, pénalise l’initiative, et entretient une dépendance qui humilie autant qu’elle assistante.
Je pourrais dresser le tableau de tout ce qui ne va pas mais le constat serait trop long et ce sont les réponses pour redresser le pays qui importent. Car tout cela n’est pas une fatalité. C’est le résultat de décisions politiques.
Quelles sont, selon vous, les trois urgences absolues auxquelles la France doit faire face dans les cinq prochaines années, et en quoi les réponses actuelles vous semblent-elles insuffisantes ?
Il faut de façon simultanée engager le redressement économique, budgétaire, sécuritaire et éducatif de la France. Comme l’avait parfaitement identifié le général de Gaulle en 1958, le redressement budgétaire est indispensable. On ne remettra pas le pays sur les rails sans remettre de l’ordre dans les comptes publics.
Nous allons devoir engager un objectif de 300 milliards d’euros de réduction de la dépense publique. 80 la première année, puis parvenir à une baisse de 7 points de PIB (200 milliards aujourd’hui) annuels en fin de quinquennat et tendre vers les 9 points, pour revenir au niveau des pays bien administrés. L’État doit être recentré sur ses prérogatives régalienne : sécurité intérieure, diplomatie, justice, défense. La réforme fiscale est inséparable de cet effort. Il faut simplifier l’impôt, réduire les taux, supprimer les prélèvements qui pénalisent la production.
Autre priorité : restaurer l’autorité de l’État. Elle s’est effondrée sur deux fronts simultanément : la sécurité et l’immigration. Il convient de diviser par huit la délivrance de titres de séjour, mettre fin à l’automaticité du droit du sol, expulser systématiquement tout étranger condamné pour délit grave, supprimer l’AME et les prestations sociales non contributives accordées aux étrangers. Sur la sécurité, nous devrons réformer la chaîne judiciaire pour que la peine prononcée soit réellement exécutée, revoir notre Code pénal, et notamment le Code pénal des mineurs, mettre en place des courtes peines de prison et la certitude de la sanction dès le premier délit.
On navigue depuis des années entre angélisme et gesticulation. Cette renonciation a un coût humain que les Français paient quotidiennement.
Troisième urgence : faire de la France une superpuissance éducative et culturelle. Le naufrage éducatif français est un drame pour nos enfants et petits-enfants et pour l’avenir même de la nation. C’est le produit de quarante ans de pédagogisme égalitariste. L’école n’est pas un lieu de vie, ce n’est pas un lieu de propagande idéologique, ça doit être le lieu de la transmission des savoirs fondamentaux. Il faut donc libérer l’école de la carte scolaire, enlever tout contenu idéologique aux programmes, instaurer un apprentissage rigoureux et exigeant de l’esprit scientifique et de la Raison critique.
Vous vous positionnez désormais dans la perspective de l’élection présidentielle : quel est le cœur de votre projet politique et en quoi se distingue-t-il concrètement des offres déjà existantes à droite et au centre ?
Ce qui distingue Nouvelle Energie, c’est d’abord la radicalité du projet au sens étymologique : aller à la racine des choses.
C’est aussi un soin apporté au « comment », à l’exécution des choses, avec respect des réalités et pragmatisme.
C’est enfin un alignement entre la parole, les actes, le comportement.
Aujourd’hui, quasiment l’ensemble des dirigeants et responsables politiques, de droite comme de gauche en passant par le centre, sont des sociaux-étatistes revendiqués ou qui s’ignorent.
Ils débattent de la hauteur des impôts, jamais de la nature du système. Ils ajustent, ils gèrent, ils administrent. Personne ne parle sérieusement de l’école comme priorité absolue. Personne ne parle de science, de spatial, de quantique, d’intelligence artificielle comme d’enjeux de puissance nationale. Personne ne parle de natalité, alors que la France franchit pour la première fois le seuil où les décès dépassent les naissances. Personne ne fait de l’écologie un enjeu de droite, c’est-à-dire un enjeu de liberté, d’innovation, de progrès, plutôt qu’un prétexte à la punition fiscale et à la bureaucratie.
Sur l’immigration et la sécurité, nous proposons, avec Nouvelle Énergie, une méthode et des mesures claires, fermes, « cliniques ». Sur la remise en ordre des comptes publics, nous ne voulons pas nous contenter de quelques réformes à la marge ou de coups de rabot. Il faut transformer l’Etat et son fonctionnement ou bien c’est le FMI qui demain s’en chargera et le fera dans des conditions qui auront des conséquences directes pour les Français les plus modestes.
Et au fond, ce qui structure tout ça, c’est la liberté. Il faut enfin qu’un souffle de la liberté balaye tout ce qui entrave l’initiative privée et locale. Et c’est aussi pourquoi je ferai de la débureaucratisation la cause nationale du quinquennat. La bureaucratie coûte des milliards, étouffe la croissance, épuise les Français et nourrit la défiance démocratique. La combattre, c’est à la fois libérer les énergies, retrouver le chemin de la prospérité et restaurer la crédibilité de l’État.
Ce que je propose, aucun autre ne le propose. Et ce que je propose, je le mettrai en œuvre.
Dans un paysage politique très fragmenté, comment comptez-vous construire une dynamique majoritaire ? Votre ambition est-elle de rassembler la droite, de la refonder, ou de dépasser les clivages actuels ?
Pour faire gagner la France, vaincre les blocages, il est nécessaire de générer un élan civique dès le temps électoral.
Je compte construire une dynamique majoritaire par la compétition la plus ouverte possible avant le premier tour. Dépasser les logiques de partis politiques, jouer collectif, refuser les compromis de notables, proposer un projet alliant principes, mesures, équipe nouvelle, pour créer une espérance : une grande primaire ouverte permettrait cela.
La dynamique majoritaire se construit sur des idées et des personnalités. C’est pourquoi j’ai proposé une primaire ouverte à toute la droite et au centre-droit.
Mon ambition n’est pas partisane. Elle est de fédérer les Français qui veulent à la fois plus de liberté et plus d’ordre, une école qui instruit vraiment, une immigration maîtrisée respectueuse à la fois des individus et du pays, un État efficace, qui cesse de tout vouloir régenter, de la taille de nos logements, à ce que nous devons manger sans parler du nombre de fois que nous devrions laver nos vêtements.
Qu’on laisse la société respirer et que l’État se concentre sur ses missions souveraines, sur sa raison d’être.
C’est ainsi que la France retrouvera sa grandeur et notre nation son unité culturelle.
Retrouvez cet entretien entre David Lisnard et Arnaud Benedetti sur le site de la Nouvelle Revue Politique en cliquant ici.
Changer de logiciel fiscal
44 % du PIB prélevé, taux d’imposition parmi les plus élevés de l’OCDE, 465 niches fiscales qui complexifient sans simplifier, flat-tax dénaturée, IS alourdi : la France bat chaque année des records qu’elle ferait mieux de ne pas détenir. Pour David Lisnard, cette fiscalité n’est pas seulement inefficace — elle est liberticide. Et la solution ne passe pas par un ajustement à la marge, mais par un changement radical de logiciel. Une tribune de David Lisnard parue sur Atlantico.
Cette année, la France sera encore championne du monde des impôts et des cotisations : 1 350 milliards seront prélevés, soit environ 44 % de son PIB, ratio le plus élevé de l’OCDE. Derrière ces chiffres il y a une conception de la société. Celle d’un État qui préfère prélever puis redistribuer plutôt que de laisser les Français disposer librement du fruit de leur travail ou de leur investissement. Notre fiscalité n’est pas seulement inefficace. Elle porte atteinte à la liberté, la liberté d’être propriétaire de son argent, la liberté de travailler, d’investir, d’épargner, de consommer, d’entreprendre, de transmettre. Elle déresponsabilise ceux qui la subissent comme ceux qui la conçoivent. Elle fragilise la propriété. Elle compromet la dignité de ceux qu’elle prétend protéger en les maintenant dans la dépendance.
Le second quinquennat d’Emmanuel Macron aura balayé les rares mesures positives du premier. Prétendument « exceptionnelle », la « surtaxe » d’IS a été maintenue. Elle propulse le taux à 35,3 % pour les plus grandes entreprises : 14 points de plus que la moyenne mondiale ! La flat-tax, dénaturée par la contribution différentielle et le relèvement de la CSG sur les revenus du capital, passe de 30 à 38,6 % pour les entrepreneurs développant les activités les plus risquées. Résultat : plus de 60 % de prélèvement sur un même capital productif. Même l’Espagne socialiste taxe 30 % moins. Les grandes entreprises concernées représentent le quart de l’emploi salarié, la moitié des exportations, plus du tiers de la Recherche et Développement. L’impôt qu’elles acquittent se répercute sur les salaires qu’il baisse, les prix qu’il augmente et l’emploi de tous les Français qu’il détruit.
Le problème n’est pas seulement le niveau des prélèvements. C’est aussi leur structure : des taux parmi les plus élevés du monde, contrebalancés par une foison de dérogations (465 « niches » fiscales recensées, 170 au seul titre de l’IR pour une perte de recettes représentant quasiment la moitié de son rendement).
Ce système génère des distorsions économiques, une complexité administrative et un sentiment d’injustice permanent. Il faut faire l’exact inverse : des bases plus larges, des taux plus bas, de façon à rapprocher les taux effectifs des taux affichés.
Je propose un changement radical, fondé sur cinq principes : la liberté de travailler et d’entreprendre sans être puni par l’impôt ; la responsabilité de chaque échelon de décision ; le respect de la propriété, qui est la condition de l’autonomie et de la croissance ; la dignité de chacun, que l’on sert mieux par la prospérité que par l’assistanat ; l’efficacité, car un impôt qui détruit la richesse ne peut pas la redistribuer. L’objectif : ramener le taux de prélèvements obligatoires à la moyenne de la zone euro à travers une baisse nette de 100 milliards, conditionnée à une réduction du périmètre de l’État, donc à une baisse massive de la dépense publique.
Ces principes commandent trois priorités.
Libérer le travail d’abord. La CSG sur les revenus d’activité serait abaissée, avec un gain immédiatement lisible sur chaque fiche de paie. CSG et CRDS deviendraient complètement déductibles de l’IR, mettant fin à l’« impôt sur l’impôt ». L’IR combinerait une taxation proportionnelle allégée des revenus du capital (y compris immobilier) et une taxation modérément progressive des revenus du travail, afin d’en gommer les effets les plus désincitatifs. (L’étendue de la tranche à 30% pénalise aujourd’hui trop fortement les classes moyennes). Le quotient familial serait intégralement déplafonné. En contrepartie, un nombre substantiel de niches seraient abrogées. La même logique de simplification s’appliquerait à la TVA dont la France multiplie les taux en pure perte.
Respecter la propriété ensuite. Le « prélèvement forfaitaire unique » serait confirmé comme socle, dans une logique de flat-tax lisible et stable. La fiscalité des revenus du capital serait unifiée : revenus financiers et immobiliers soumis au même régime, supprimant les distorsions qui aggravent la crise du logement. Les impôts de production seraient ramenés à la moyenne européenne et la C3S supprimée. L’IS serait ramené à 20 % au niveau national, avec une liberté de taux local (entre 0 et 5%) pour les collectivités, afin que la responsabilité fiscale s’exerce au plus près des enjeux du terrain en combinant incitation à accueillir des entreprises et saine compétition. L’IFI et les droits de mutation seraient supprimés et remplacés par une fiscalité foncière assise sur des valeurs vénales actualisées.
Protéger la transmission enfin. La fiscalité des successions n’a pas été repensée depuis 1901. L’héritage est vu comme une aubaine pour l’héritier, jamais comme le choix libre de celui qui transmet. Ce système, pour paraphraser Bastiat, privilégie la « solidarité artificielle » de l’État à la « solidarité naturelle » de la famille Le droit de transmettre à qui l’on veut, dans les proportions que l’on choisit, est le prolongement direct du droit de propriété. Je propose ainsi la suppression des droits de succession en ligne directe – ce qui règle par ailleurs la transmission des entreprises familiales – donations massivement libéralisées sans délai de rappel fiscal, liberté pleine de choisir ses héritiers, et maintien d’un impôt proportionnel à taux bas en ligne indirecte et collatérale, dont la recette ne pénalise ni le travail ni l’investissement.
Parce que la stabilité est essentielle, car gage de confiance, je propose l’interdiction de modifier un impôt plusieurs fois au cours d’une même législature dès lors que la modification est défavorable au contribuable. La prévisibilité de la règle de droit est la première liberté économique.
Depuis quarante-cinq ans, nos dirigeants empilent les prélèvements au nom de la « justice fiscale », surtaxent le travail, le capital, la transmission, puis s’étonnent que les Français travaillent moins, investissent moins, entreprennent moins.
L’injustice fiscale n’est pas l’insuffisance de la redistribution. C’est la spoliation destructrice de la propriété et l’inefficacité d’un système qui détruit la richesse qu’il prétend partager. Un impôt juste n’est pas un impôt qui punit la réussite. C’est un impôt qui rend possible la prospérité du plus grand nombre. Baisser les taux, élargir les assiettes, simplifier le système, stabiliser la règle du jeu, redonner aux Français la maîtrise de ce qu’ils gagnent et de ce qu’ils transmettent : tel est le changement total d’approche que je propose.
Retrouvez cette tribune de David Lisnard sur le site d’Atlantico en cliquant ici.
Michel Onfray face à David Lisnard : «Faut-il un anarchiste ou un libéral pour sauver la France ?»
Michel Onfray et David Lisnard s’opposent sur la question du libéralisme. Si le premier récuse une idéologie qu’il assimile au «laisser-faire», le second y voit un projet politique fondé sur la liberté. Un entretien paru dans Le Figaro Magazine.
LE FIGARO MAGAZINE. – Michel Onfray, vous avez récemment publié L’Anarchie positive, retraçant le parcours intellectuel de Proudhon, considéré comme le père de l’anarchisme. Comment définissez-vous cette « anarchie positive » de Proudhon ?
M. O. – Voyez le dictionnaire, le mot « anarchie » est à double entrée : d’une part, il définit le chaos, le désordre, on dirait aujourd’hui : les poubelles en feu, les Abribus saccagés et les vitrines des magasins brisées, c’est le sens que lui donne Aristote. Il désigne les tenants d’un courant politique qui naît au XIXe siècle et se métastase : on y trouve des pilleurs de tombes comme Ravachol, des poseurs de bombes comme Bonnot, des égocentriques forcenés qui défendent l’inceste et le crime comme Stirner, des partisans de la violence physique comme Bakounine, c’est la ligne de l’anarchie négative.
En face, il existe des anarchistes, français la plupart du temps, Sébastien Faure, Jean Grave, Pierre Joseph Proudhon, E. Armand, Han Ryner, qui défendent l’éducation populaire, le communalisme, la coopération, l’autogestion et la mutualisation. Ils incarnent l’anarchie positive qu’un maire peut activer dans sa commune sans pour autant avoir le couteau entre les dents !
L’anarchie positive pense la nation non pas comme les Jacobins, qui défendent un centralisme parisien autoritaire, un pouvoir pyramidal qui s’exerce du haut vers le bas, mais comme les Girondins, pour qui la nation se constitue horizontalement avec des diversités régionales : Saint-Pierre-et-Miquelon n’est pas Dunkerque, la Nouvelle-Calédonie n’est pas la Corse, les Bretons ne sont pas les Normands, qui ne sont pas eux-mêmes les Alsaciens ou les Antillais. Refaire une unité nationale, reconstituer la nation en composant avec les diversités régionales, voilà un projet d’anarchie positive d’actualité. L’idéal républicain n’est pas la prise de la Bastille du 14 juillet 1789 avec ses premières décapitations, mais la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, qui réunit sans haine le roi, le clergé, les républicains, le peuple.
LE FIGARO MAGAZINE. – David Lisnard, vous vous définissez parfois comme un anarchiste de droite. Est-ce que vous pourriez être un président anarchiste ?
D. L. – Non, je ne pourrais pas être un président anarchiste parce que je l’associe au désordre, tout simplement. Mais il est vrai que j’appartiens à un petit monde où l’on aime bien dire qu’on est anarchiste de droite. C’est un peu provocateur. Ça veut dire « foutez-nous la paix », si vous voulez. Plus précisément, pour moi la force d’un collectif, la force d’une nation vient de l’épanouissement des individus qui la composent. Il n’y a pas de contradiction entre l’individu et le collectif. En revanche, il peut y avoir asservissement de l’individu par le collectif lorsque l’on dévie dans le centralisme.
Et un des gros problèmes de la France, historiquement, et encore plus aujourd’hui, c’est l’hypercentralisation. C’est une hypercentralisation qui se fait au détriment de la justice, que j’associe à la liberté, à la dignité. Pour cela, il faut retrouver les forces de l’innovation locale. Les forces de l’innovation du petit commerçant, de l’artisan, du salarié, du fonctionnaire qui a besoin de son espace de liberté, du retraité qui a envie d’aider des jeunes. Sauf qu’en France, tout est soumis à des procédures, à des schémas directeurs, à une autorité que je qualifie de condescendante et que l’on affronte tous les jours. Je me retrouve dans ce localisme, dans cet esprit de la commune, cette force des peuples libres dont parlait Tocqueville. « C’est dans la commune que réside la force des peuples libres. Les institutions communales sont à la liberté ce que les écoles primaires sont à la science : elles la mettent à la portée du peuple », disait-il.
LE FIGARO MAGAZINE. – Vous vous définissez aussi comme libéral, héritier de Pompidou. Qu’est-ce que le libéralisme pompidolien ?
D. L. – C’est celui du bon sens et de cette capacité d’avoir une société fondée sur la créativité humaine, sur la liberté d’innovation que l’on rencontre partout, tout le temps. C’est l’individu à la fois propriétaire de sa vie et baigné dans une culture collective. Parce que Pompidou, c’est aussi le président de la poésie, des arts, c’est le président qui est un féru de culture.
LE FIGARO MAGAZINE. – Michel Onfray, vous êtes plus sceptique à l’égard du libéralisme, que vous assimilez à la loi du plus fort…
M. O. – Commençons par définir le mot dont on parle : le libéralisme est le système philosophico-économique en vertu duquel le marché devrait faire la loi. Laisser-faire, laisser passer, et tout ira bien : une main invisible, celle du déisme du XVIIIe siècle, régule ce qui, sans elle, serait sauvage et sans loi. Voilà une idéologie, au même titre que le socialisme, le communisme.
Je souhaite, la formule était de Lionel Jospin, une économie de marché, mais pas une société de marché. Oui à l’économie de marché quand il s’agit de produire des richesses, car on n’a jamais rien inventé de mieux. Ni l’économie dirigiste, ni le plan quinquennal, ni le socialisme d’État n’ont été des alternatives crédibles dans l’Histoire. Je n’ai jamais été gauchiste, marxiste ou communiste, et j’ai toujours défendu la propriété. C’est ce qui me fait aimer Proudhon depuis mes 17 ans : il défend la propriété contre la confiscation des biens et leur collectivisation, ce qui n’est jamais allé dans l’Histoire sans violence révolutionnaire, tribunaux et police politique, guillotine et goulag.
Mais le marché ne saurait faire la loi à l’école, dans les hôpitaux, dans le monde de la culture, dans les services secrets, la police, l’armée, la justice, etc. On ne doit pas viser d’abord les bénéfices dans un hôpital, mais travailler à la santé publique. Idem dans le système scolaire, du primaire au supérieur, où l’on doit viser l’instruction publique, et non les bénéfices. Idem pour le cinéma, l’édition, la librairie, où l’on doit travailler à la production d’une culture publique.
Se dire « anar de droite », c’est revendiquer le droit de faire ce qu’on veut, quand on veut, comme on veut, sous prétexte de liberté, sans être importuné par l’État. C’est le règne de l’individualisme : on veut bien des droits pour soi, mais on ne se reconnaît pas de devoirs à l’endroit d’autrui. L’anar de droite n’est pas gêné par la société de marché, il est juste gêné par les impôts.
Le libéralisme n’est pas à venir, il n’est pas un avenir, il est déjà venu, et ce que l’on connaît depuis des décennies de politique maastrichtienne, c’est son produit : fermeture des écoles, réduction des services publics, privatisations généralisées, ubérisation forcenée, marchandisation généralisée. On loue les utérus, on achète et on vend des enfants, on délègue l’affection aux personnels soignants dans les hospices, on paie les nounous dans les crèches et les aides-soignantes dans les Ehpad qui doivent être rentables. On ferme les casernes, on réduit les budgets de l’armée, on supprime les commissariats de proximité, idem avec les gendarmeries de campagne, au nom de la rentabilité libérale !
LE FIGARO MAGAZINE. – Mais n’y a-t-il pas plusieurs formes de libéralisme ?
D. L. – Bien sûr, mais moi je suis un praticien. Un praticien de l’entreprise, de la débrouille, de gérer une commune, d’essayer d’optimiser des contraintes et de produire des choses. Mais pour répondre sur le terrain théorique, jamais dans la pensée libérale il n’y a eu une opposition à l’État, puisque c’est la pensée libérale qui invente les lois antitrusts par exemple. Le libéralisme consiste à dire que l’individu doit avoir le maximum de liberté de choix tant qu’il n’empiète pas sur la vie des autres. Et pour éviter qu’il empiète sur la vie des autres, il y a une autorité légitime qui s’appelle l’État.
Donc c’est tout le contraire de la loi de la jungle que vous décrivez. Et bien sûr que les droits naturels existent, c’est-à-dire ne pas tuer, l’égalité homme-femme, etc. Ce sont des droits qui doivent s’imposer. Ensuite, sur les systèmes de protection, je constate que c’est dans les sociétés libérales que la pauvreté a toujours régressé historiquement. Sur la France d’aujourd’hui, quand on me dit que c’est un enfer ultralibéral, ça me fait doucement rire. C’est le pays recordman du monde de la dépense publique, des prélèvements obligatoires et des contraintes. Vous dites également que le libéralisme, c’est la marchandisation du corps. Mais ce n’est pas vrai. Ça, c’est du soixante-huitardisme. Ils sont très égoïstes, pas libéraux, c’est différent. De manière générale, on a besoin d’avoir une prospérité générée par la liberté. Je suis pour l’impôt comme tous les libéraux. Seulement, je suis contre l’impôt spoliateur.
Je suis pour un impôt choisi. Aujourd’hui, le problème de la France, c’est un problème de manque de liberté. Et c’est un problème de manque de liberté qui se fait même in fine au détriment de l’État. Jamais un libéral n’a été contre l’armée par exemple. Au contraire, il a toujours dit que la société avait besoin de se protéger. Que les fonctions régaliennes étaient essentielles. Or, on n’a jamais autant prélevé d’impôts et de charges qu’aujourd’hui, jamais autant dépensé d’argent public qu’aujourd’hui, pourtant, on a une justice qui est clochardisée, on n’a pas assez de policiers nationaux la nuit dans la moitié des villes françaises, les hôpitaux sont en détresse, et cela dans le pays qui taxe le plus au monde.
M. O. – Je vous crois moins libéral qu’anarcho-capitaliste. La définition que vous donnez n’est pas celle du libéralisme classique. Je suis assez d’accord avec vous sur l’éloge de la liberté, sur le fait que nous en manquons, etc. En revanche, quand vous parlez de l’enrichissement dans les pays libéraux, j’apporterai quelques nuances. Aujourd’hui, des gens mangent un repas par jour, ne peuvent pas vivre avec leur salaire qui ne leur permet pas de se loger. Le ruissellement des libéraux est une fiction. C’est la paupérisation qui fait la loi.
D. L. – Mais vous voyez, plus on a fait de règles, plus on a régulé le logement, moins on a fabriqué de logements ! On parlait de Pompidou tout à l’heure. De son temps, la France comptait 48 millions d’habitants, et on construisait 500.000 logements neufs par an. Aujourd’hui, on a la loi SRU, la loi climat et résilience, on a l’impôt sur la fortune immobilière, et on produit 280.000 logements par an. Le problème est avant tout dans cette bureaucratie, qui résulte précisément de l’excès de régulation, qui est pour moi le contraire de la liberté. Mon souci n’est pas de défendre une idéologie, ce n’est pas le sujet. Je suis dans le pays réel, engagé dans la vie politique, et j’essaie de voir où est l’intérêt de la France.
LE FIGARO MAGAZINE. – David Lisnard, vous êtes adepte de la démocratie locale. Comment articulez-vous votre localisme, votre démocratie proche du terrain, votre combat contre les normes tout en composant avec l’Europe de Bruxelles ?
D. L. – Cette Europe est devenue incompatible avec mon projet, il faut en prendre acte. C’est-à-dire qu’il faut garder une ambition européenne. Elle doit être totalement réécrite et réinventée, en reprenant les positions du général de Gaulle. Il n’avait pas renoncé au traité de Rome, il voulait une Europe démocratique, laissant le choix aux nations. Le problème de l’Europe aujourd’hui, c’est qu’elle n’a pas réussi à faire d’alliances en son sein pour porter de grands projets. Donc à la place, elle invente des régulations et s’enorgueillit de cela.
C’est comme s’il y a plus de cent vingt ans, on avait regardé les autres inventer et produire l’automobile, et que nous étions heureux d’être les premiers à inventer le code de la route. Dans cette Europe, le souci, c’est que les pays, donc les peuples, n’ont plus la main, que la Commission décide de tout. L’Union européenne a dit « voilà ce que l’on accepte que les autres fassent en dessous ». Et on pâtit de cette approche condescendante, ce n’est plus acceptable aujourd’hui.
LE FIGARO MAGAZINE. – Michel Onfray, David Lisnard, ce qui a l’air de vous rassembler, c’est le fait de croire en la démocratie locale, en la décentralisation. Ne craignez-vous pas que, dans un contexte d’archipélisation, cette décentralisation achève le démantèlement de l’édifice national ?
M. O. – Il manque un projet politique véritablement alternatif dans le paysage politique français – un ou des, bien sûr. Il y a trop de prétendants au poste suprême et pas assez de visions politiques, trop de guerres d’ego dans trop de déserts intellectuels : quelle nation veut-on ? Quel type d’Europe alternative à sa formule maastrichtienne ? Quelles alliances internationales ? Quel combat civilisationnel ? Dans L’Ancien Régime et la Révolution, Tocqueville affirme que la Révolution n’a pas eu lieu, je simplifie, parce qu’elle a conservé la centralisation héritée de Philippe Le Bel.
C’est cette centralisation qu’il faut attaquer afin de recréer la nation à partir des régions. Le dernier de Gaulle, voilà le prochain projet révolutionnaire : souverainisme, c’est la condition sine qua non de la possibilité de toute action politique, décentralisation, volontarisme d’assimilation, régionalisation, association capital-travail, participation, Europe des nations : une politique civilisationnelle qui suppose un retour à la radicalité de la Ve République ravagée par la quantité de réformes constitutionnelles qui ont transformé le tissu gaullien en charpie européiste.
D. L. – Je partage tout ce qui a été dit. Et pour ajouter une touche d’optimisme, je vous parlerai de mon mandat de président des maires de France. Je parcours le pays pour de vrai, sans gyrophare, avec ma voiture, le train, je m’arrête au bistrot, quand il en reste, je visite des entreprises. Et je vois le pays réel, un pays qui reste formidablement créatif. Je vois qu’il y a une fantastique créativité française. D’ailleurs, les Français qui vont à l’étranger sont de superentrepreneurs.
Je vois des gens qui veulent s’en sortir, qui sont intelligents. Si on leur propose une société du guichet, ils vont au guichet, si on leur propose une société du salaire, du mérite, ils vont au salaire, au mérite. Les Français restent très attachés à la France, ils peuvent se rendre à son service.
C’est pour ça que l’histoire du démantèlement du nucléaire par François Hollande et sous le premier mandat d’Emmanuel Macron a fait d’énormes dégâts. On était fiers de notre filière industrielle nucléaire, cela réunissait les gens de droite, les communistes, etc. Et il a fallu que quelques bobos azimutés nous expliquent qu’en mangeant du quinoa et en faisant des éoliennes, on allait trouver le nirvana.
Mais si on arrive à retrouver la prospérité par la liberté, si on arrive à retrouver l’autorité régalienne, de la justice, une maîtrise des flux migratoires, une ambition éducative, la promotion d’une culture commune, c’est-à-dire tout ce qui fait le fondement d’une société, je pense qu’on peut à nouveau développer le sentiment d’appartenance à la nation.
Dans le domaine de l’immigration, il y a un problème quantitatif qui crée un problème qualitatif ensuite. C’est mauvais pour la société française et pour les immigrés eux-mêmes. Donc, il faut diviser au moins par huit les flux migratoires. Sur le plan de l’éducation, il faut remettre la raison critique au cœur de l’éducation. Si on enlève toutes les dérives idéologiques gauchistes de l’instruction publique et qu’on fait aimer les grandes œuvres de l’esprit aux enfants de France, nous aurons un bel avenir.
Retrouvez cet entretien sur le site du Figaro en cliquant ici.
Guy Drut : «Pour une droite de nouveau au service des Français»
Face à une gauche radicalisée par LFI, la droite doit s’unir, et le maire de Cannes, David Lisnard, homme d’expérience et de caractère, peut incarner ce rassemblement, plaide l’ancien ministre et ancien champion olympique. Retrouvez la tribune de Guy Drut parue dans Le Figaro.
Je suis chiraquien de cœur et RPR de raison. Gaulliste dans l’âme, héritier d’une certaine idée de la France. Aujourd’hui, le temps dont je dispose me permet de lire, de réfléchir, de dialoguer ; bref, de prendre du recul sans jamais renoncer à l’essentiel. Après la carrière sportive qui m’a amené au titre olympique dont c’est le cinquantenaire cette année, mon parcours de vie a été marqué par des figures qui ont façonné ma vision de l’engagement public : Charles de Gaulle, Georges Pompidou, que j’ai eu la chance de rencontrer, Jacques Chirac, Alain Peyreffite, Philippe Seguin, Philippe de Villiers, Pierre Mazeaud, François Fillon ou encore François Baroin, Michèle Alliot-Marie et tant d’autres, hommes et femmes, auprès desquels j’ai mené de belles campagnes politiques. Tous m’ont permis de me forger une certaine idée de la droite. Cette droite qui croit au peuple sans le flatter, à l’autorité et à la souveraineté de l’État, à la liberté, à la nation, et qui n’a pas honte d’elle-même. Une droite attachée à la souveraineté, à la dignité de la fonction publique, au respect de la parole donnée, celle qui assume l’exercice du pouvoir sans jamais renoncer à ses principes.
«Une droite claire, assumée, décomplexée, peut gagner»
Au vu des municipales et de la période qui a suivi, le constat qui s’impose est celui d’une France fracturée. Une partie des élites politiques est désormais déconnectée du pays réel, qui ne se reconnaît plus dans ces discours. LFI s’enracine, et tire toute la gauche vers la radicalité. Ce bloc, lorsqu’il s’unit, est redoutable et dévastateur, même si, fort heureusement, les électeurs l’ont parfois sanctionné. Une droite locale existe encore, et certaines belles conquêtes l’ont prouvé, mais malheureusement ces nouveaux conquérants ont trop souvent revendiqué comme étiquette le fameux « divers droite » à défaut de toute autre. Pourtant, une droite claire, assumée, décomplexée, peut gagner.
L’union des droites n’est pas une incantation, elle n’a de sens que lorsqu’une convergence existe et que le peuple l’approuve. Arrêtons de traiter l’évidence comme une faute, le sectarisme a déjà assez coûté à notre camp. Paris est, à ce titre, l’exemple de ce qu’il ne faut plus faire. La droite y enregistre un recul du nombre d’élus, résultat de trop d’hésitations et de concessions faites à Pierre-Yves Bournazel, candidat d’un macronisme « à bout de souffle » qui ne sait jamais ce qu’il veut. « Avec des amis comme cela, nul besoin d’ennemis. » Cela va sans dire pour la présidentielle s’agissant de son chef, Édouard Philippe, qu’à titre personnel je classerais plutôt au centre gauche, choix que je respecte mais que je réprouve. À l’inverse, je salue la position courageuse de Sarah Knafo, qui s’est révélée tout au long de cette campagne et nous a montré son sens des responsabilités. La question maintenant vaut pour elle comme pour tous ceux qui, à droite, accumulent les jolis scores sans construire de projet commun.
La droite a des talents, beaucoup, mais ce n’est pas dans des combines de notables qu’elle trouvera le chef qui lui manque. L’une des rares bonnes nouvelles de cette période post-électorale, pour la droite que j’appelle de mes vœux, vient de l’émancipation de David Lisnard, maire brillamment réélu avec 81 % des suffrages. David Lisnard a un projet fort et l’étoffe d’un chef. Depuis douze ans à la tête de Cannes et président de l’Association des maires de France, il a bâti sa légitimité dans l’action, non par des coups médiatiques, des envolées verbales floues ou des arrangements d’appareil. Il a un cap, et sait ce qu’est une décision et ce qu’est l’autorité lorsqu’elle s’exerce au service d’une liberté concrète, d’un ordre juste et d’une gestion sérieuse.
David Lisnard a surtout une qualité devenue rare : il peut unir la droite sans la défigurer. Il comprend le besoin d’ordre sans sombrer dans l’agitation. Il ne cherche ni à flatter ni à effrayer, il cherche à gouverner. Georges Pompidou ou Philippe Séguin, que j’ai tant admiré, voulaient une droite enracinée, lucide, capable de parler au pays réel sans céder ni à la démagogie ni à la lâcheté. Dans le paysage actuel, David Lisnard est celui qui incarne cette ligne. À droite, certains croient encore que la victoire est possible avec des barrières d’étiquettes, des querelles d’appareil et des pudeurs tactiques. Ils se trompent. Face à une gauche qui, malgré ses défaites, reste capable de se rassembler sous pression, face à un bloc central sans colonne vertébrale, face à une France qui penche à droite mais doute de ses représentants, il faut autre chose qu’un gestionnaire de parti. Il faut une incarnation non compromise avec le macronisme, ou ce qu’il en reste.
«Je fais ce choix de résistance en rejoignant David Lisnard»
Quand on veut s’adresser au peuple, il faut parler son langage. Si la droite veut cesser de perdre, par timidité, ce qu’elle pourrait gagner par courage, si elle veut parler à nouveau au peuple français et non à ses seules élites, alors elle doit se donner un homme d’expérience, de caractère et de rassemblement ! Cela ne m’a pas toujours rendu service, mais dire ce que je pense n’a jamais été pour moi un calcul, c’est une exigence. Je sais les critiques qui ne manqueront pas de pleuvoir à la lecture de ces lignes assumées. Elles viendront toutes de celles et ceux qui s’imaginent détenir la vérité exclusive, ces dépositaires autoproclamés du récit national. Ces fans du Guépard pour lesquels il faut que tout change pour que rien ne change. Ne sont-ils pas les premiers responsables de la situation qui est la nôtre aujourd’hui ?
Jacques Chirac, alors que nous évoquions les partis gaullistes successifs, m’a dit un jour : « Tu sais, Guy, les premiers militants du RPF venaient en grande partie de la Résistance. Ce que ces femmes et ces hommes avaient vécu a ancré chez eux des convictions solides et donné foi en la nation. Cela doit rester un exemple pour nous. » Aujourd’hui, je fais ce choix de résistance en rejoignant David Lisnard. Ce choix s’impose comme une évidence. Il est temps d’en prendre conscience.
Retrouvez cette tribune de Guy Drut sur le site du Figaro en cliquant ici.
«Face à la caste, organisons une primaire ouverte»
Afin de conserver le pouvoir, le bloc central cherche à imposer l’idée qu’il serait le seul rempart au RN, dénonce le maire Nouvelle Énergie de Cannes, qui propose une alternative : une grande primaire ouverte de la droite et du centre, qui irait de l’UDI et Horizons à LR et Reconquête. Une tribune de David Lisnard parue dans Le Figaro.
Depuis quelques jours, l’auto-proclamé «camp de la raison» a pris place dans la fosse médiatique. La partition est connue, quelques solistes affûtent leurs arguments et l’orchestre est prêt pour faire monter la petite musique bien connue de ceux qui veulent rester au pouvoir quoi qu’il en coûte au pays.
Les sondages fleurissent pour désigner le candidat inévitable. Des tribunes sont publiées pour exiger l’union sacrée, la stabilité, la responsabilité, l’intérêt national. Les mots sont choisis avec soin. Ils habillent cependant une réalité plus prosaïque : conserver les postes, préserver les réseaux, perpétuer le système.
Ces hommes et ces femmes fréquentent les mêmes cercles, partagent les mêmes codes, se cooptent et gouvernent ensemble depuis des années. Ils quittent un ministère pour un autre, sans que l’on pose la question de leur compétence pour le précédent ou le suivant. Une élection perdue ouvre droit à un poste de prestige, un conseil d’administration, une présidence d’autorité indépendante. Le système pourvoit aux siens. Certains sont ainsi recasés non pour services rendus à la République, mais pour services rendus au pouvoir.
Ce que l’on appelle le «bloc central» ou le «socle commun», n’est rien d’autre qu’une caste qui se reproduit, qui se protège, et qui présente sa survie comme un impératif national.
Cette mécanique est bien rodée. Tout est fait pour préparer l’opinion publique à devoir faire de nouveau barrage au Rassemblement national. Voilà le seul et unique projet que l’on retrouve par exemple dans la tribune publiée dimanche dernier par 90 élus, ministres et parlementaires qui appellent à un candidat unique de la droite et du centre en 2027, sans d’ailleurs proposer la moindre méthode pour le désigner.
Devra-t-on tirer à la courte-paille ou bien regarder les classements de l’ENA pour choisir celle ou celui qui sera le représentant de la caste ? À moins que l’on ne se fie aux sondages pour se ranger derrière le mieux placé ? Ce serait oublier une leçon que l’histoire politique de ces trente dernières années nous a pourtant enseignée : ne jamais confondre la popularité fabriquée au gré des sondages et des éditoriaux avec la capacité politique à entraîner le peuple français avec soi. Les exemples sont nombreux de ceux qui auraient dû gagner l’élection présidentielle et qui n’ont même jamais accédé au second tour, voire même n’ont pas été en capacité d’être candidats.
Tout ce cirque médiatique ne dupera personne. Ces gens n’ont rien compris. Ils n’ont rien appris de leurs échecs. Chaque renoncement, chaque promesse non tenue, chaque milliard emprunté sur le dos des générations futures ont ajouté une pierre à l’édifice de la défiance et du vote protestataire. Ils sont les artisans de ce qu’ils prétendent combattre. Et les voilà qu’ils ne proposent rien d’autre que d’être les continuateurs sans heurts de la politique menée depuis tant d’années et qui n’en finit pas de déclasser le pays dans tous les domaines.
La France a besoin d’un projet de rupture. Puissant pour en finir avec les atermoiements et les tergiversations, aussi bien sur le plan économique que régalien. Radical pour éviter le danger de l’extrême gauche et le piège démagogique du Rassemblement national. Libéral pour mettre un terme au social-étatisme qui nous ruine par une addiction à la dépense publique, à la dette et aux impôts. Sécuritaire pour rétablir l’ordre, mettre fin à l’impunité et rendre aux Français la tranquillité à laquelle ils ont droit. Éducatif et culturel pour redonner à l’école sa mission première : transmettre les savoirs fondamentaux, exiger l’effort, et faire de chaque enfant un acteur de sa propre émancipation et de la prospérité future du pays.
C’est ce projet que je souhaite porter. Sans diviser mais sans renoncer à ce que je crois bon pour le pays.
Pour cela, la seule voie possible est celle d’une grande primaire ouverte de la droite et du centre, accessible à tous ceux qui, de l’UDI et Horizons à LR et Reconquête, partagent les principes de liberté de création, de responsabilité individuelle et d’indépendance nationale. Elle substituera la confrontation des projets aux manœuvres d’alcôves. Elle obligera chaque candidat à exposer ses idées de façon claire.
En 2016, plus de quatre millions de Français se sont déplacés pour choisir leur candidat. Cette participation a conféré au vainqueur une légitimité que nulle désignation d’appareil n’aurait pu produire et dessinait les contours d’une victoire si le zèle de certains magistrats du parquet national financier n’avait pas percuté la campagne électorale. La démocratie est plus saine et plus efficace que les arrangements entre notables.
Organisons cette primaire ouverte selon des modalités précises, fixées rapidement, publiquement, démocratiquement. Nous sommes quelques-uns à y être prêts. Nous en respecterons le verdict. Que ceux qui veulent présider aux destinées de la nation commencent par accepter cette compétition. Il en va de l’avenir de notre pays.
Pour voir cette tribune sur le site du Figaro, cliquez ici.
« Je veux être un candidat de rupture »
Invité de La Grande Interview sur CNEWS et Europe 1, David Lisnard a livré bien plus qu’une réaction à l’actualité. Il a posé un diagnostic global sur l’état du pays et, surtout, assumé une orientation politique nette : la France ne se redressera pas sans une rupture profonde avec le modèle qui la gouverne depuis des décennies.
Car pour lui, le problème n’est pas conjoncturel. Il est structurel. La France s’est progressivement enfermée dans un système qui prétend protéger mais qui, en réalité, affaiblit. À force de multiplier les normes, les procédures et les dépenses, l’État a fini par entraver ce qui fait la richesse d’un pays : sa capacité à produire, à innover, à travailler. « Le pouvoir d’achat, c’est le pouvoir de produire », rappelle-t-il. Cette affirmation n’est pas un slogan, mais une remise en cause directe d’un raisonnement devenu dominant, selon lequel il suffirait de redistribuer davantage pour enrichir la société.
Cette contradiction apparaît de manière particulièrement visible sur un sujet concret, immédiat, quotidien : le prix de l’essence. À chaque flambée, la même mécanique se répète. L’État promet des aides, des chèques, des dispositifs d’urgence. Mais il oublie l’essentiel : une part significative du prix payé par les Français provient de prélèvements et de mécanismes publics. David Lisnard rappelle qu’environ 17 centimes par litre sont liés aux certificats énergétiques. Pour lui, une décision simple s’imposait : suspendre temporairement ce prélèvement pendant la crise. Une mesure immédiate, lisible, efficace. Mais elle n’a pas été prise.
Pourquoi ? Parce que le système est devenu incapable de se réformer lui-même. Parce qu’il préfère ajouter des dispositifs plutôt que supprimer ce qui ne fonctionne pas. Parce qu’il reste enfermé dans une logique où la réponse publique passe toujours par plus de complexité, jamais par plus de simplicité.
Au fond, le problème dépasse largement la question du carburant. Il révèle une impasse plus profonde. La France distribue de plus en plus, tout en produisant de moins en moins. Elle tente de compenser par la dépense ce qu’elle perd en création de richesse. Et ce cercle vicieux alimente à la fois la dette, l’impuissance publique et le sentiment de déclassement. « On a habitué les Français à la drogue de la dépense publique », observe David Lisnard, en décrivant non pas une faute individuelle, mais une dépendance collective construite sur des décennies.
Au cœur de cette mécanique, il identifie un facteur central : la bureaucratie. Non pas comme un simple excès, mais comme un système à part entière, qui s’auto-entretient et s’étend. Dans ce système, la règle devient une finalité, la procédure prime sur le résultat, et l’administration acquiert un pouvoir qui échappe de plus en plus au politique. Cette dérive a des conséquences concrètes : des projets bloqués, des délais interminables, des professions découragées, des services publics eux-mêmes paralysés par leur propre complexité. « Si vous voulez plus de policiers, plus de soignants, plus d’enseignants, il faut moins de bureaucrates », résume-t-il, en pointant une désorganisation profonde de l’État, à la fois surdimensionné dans ses fonctions administratives et insuffisant dans ses missions essentielles.
Face à ce constat, David Lisnard ne propose pas une nouvelle « simplification », dont il estime qu’elle a été promise sans jamais être réalisée. Il propose de changer de logique. Cela passe, selon lui, par une remise à plat des normes, la fin de la surtransposition des règles européennes, et surtout par une inversion du rapport entre l’administration et les citoyens. L’objectif est clair : faire en sorte que la règle redevienne au service de l’action, et non l’inverse. Il s’agit moins d’ajuster le système que de le réorienter en profondeur, en redonnant du pouvoir au terrain et en responsabilisant les acteurs publics.
Cette volonté de rupture s’inscrit également dans une analyse plus large de la situation internationale. À propos des tensions avec l’Iran, il constate l’effacement de la France et de l’Europe, incapables de peser réellement sur les événements. « La diplomatie sans les armes, c’est la musique sans les instruments », rappelle-t-il, soulignant qu’une nation ne peut être influente sans puissance économique, industrielle et militaire. Là encore, le lien est direct : un pays affaibli de l’intérieur ne peut être fort à l’extérieur.
Sur le plan politique, cette cohérence le conduit à prendre ses distances avec les formations traditionnelles. En quittant Les Républicains, il affirme ne plus vouloir participer à un système qu’il juge marqué par les compromis permanents et l’absence de ligne claire. « Je veux porter une voix en rupture », explique-t-il, en assumant de se situer en dehors des logiques d’appareil. À ses yeux, le clivage central ne passe plus entre droite et gauche, mais entre ceux qui croient dans la liberté et la responsabilité, et ceux qui continuent de défendre un modèle étatique qu’il considère épuisé.
Au fond, son projet repose sur une idée simple : redonner aux Français la maîtrise de leur vie. Cela suppose de faire confiance aux individus, de libérer l’initiative, et de recentrer l’État sur ses missions fondamentales. Ce qu’il appelle un « libéralisme populaire » vise précisément à sortir d’une opposition artificielle entre efficacité économique et justice sociale, en considérant que la liberté est la condition de la prospérité.
L’ambition est assumée. Il ne s’agit pas de corriger à la marge, mais de redresser en profondeur. « Je veux faire gagner la France », affirme-t-il, en précisant immédiatement le sens de cette démarche : « Je veux être un candidat de rupture. » Une rupture avec les habitudes, avec les renoncements, et avec un modèle dont il estime qu’il conduit, lentement mais sûrement, au déclin.
David Lisnard, seul contre tous à défendre le libéralisme
Les milieux d’affaires s’inquiètent du trop grand nombre de candidats à l’élection présidentielle, mais surtout du déficit de programmes. Ils s’énervent qu’aucun candidat n’ait encore présenté un programme libéral, capable de répondre aux besoins de redressement économique… Aucun, sauf le maire de Cannes. Un article de Jean-Marc Sylvestre paru sur Atlantico.
David Lisnard risque de se retrouver bien seul à prôner un projet libéral aux présidentielles. Les milieux patronaux l’ont bien noté, eux qui recherchent désespérément des « présidentiables libéraux ».
La grande majorité des candidats possibles à la présidentielle de 2027 ont tous été sollicités par les responsables patronaux afin de connaître leurs projets et leurs moyens. Aucun de ces candidats (hormis les responsables de LFI) ne renoncera à débattre avec les chefs d’entreprise. Il faut savoir qu’un candidat à la présidentielle a besoin, outre d’un socle de militants et d’électeurs acquis à sa cause, de deux choses : –d’une part, de 200 signatures d’élus pour parrainer son inscription et, d’autre part, de sponsors pour financer sa campagne. Une campagne présidentielle coûte en moyenne plus de 10 millions d’euros.
Mettons de côté les candidats qui se présentent avec des positions extrémistes, de gauche ou de droite : ils auront leurs signatures et l’argent. Ils disposent d’un grand nombre de militants. À droite notamment, le RN est bien équipé, compte tenu de ses succès électoraux précédents, qui en ont fait l’un des partis les plus riches et les plus influents auprès des notables locaux qui apportent leur précieuse signature. Maintenant, entre l’extrême gauche et l’extrême droite, il existe une sélection nombreuse de candidats à la présidentielle qui représentent toutes les nuances politiques de l’arc central : de Sylvain Attal à Bruno Retailleau, de Xavier Bertrand à Laurent Wauquiez, en passant par Édouard Philippe… sachant que cette liste n’est pas exhaustive.
Mais tous ont chacun une poignée de patrons, soit en région, soit à Paris, qui pourraient les soutenir — du moins le croient-ils… Car les patrons ne sont pas enthousiastes. Ils savent bien que le pays va mal et qu’actuellement, il n’existe aucun responsable politique ayant la compétence ou l’expertise nécessaires ou même le charisme , pour incarner le pouvoir qu’il faudra exercer pour redresser le pays.
Plus grave encore, tous les patrons — les grands comme les plus modestes —, responsables d’entreprise, de fonds d’investissement, de syndicats professionnels, à Paris comme ailleurs, connaissent les candidats et leurs états-majors. Ils savent que, sans une candidature unique, la droite, le centre et même la gauche de gouvernement ne passeront pas le premier tour. Ils ont acquis la conviction qu’une primaire n’apportera aucune solution…
C’est donc le gâchis assuré, avec le risque d’un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen (ou Jordan Bardella).Pour les milieux d’affaires, LFI prépare la révolution, et le RN de Marine Le Pen n’est pas sorti du populisme et ne dispose pas d’un programme économique responsable.
Car c’est bien d’un programme économique dont les patrons d’entreprise ont besoin, afin de retrouver une visibilité qu’ils ont perdue depuis plus de dix ans, depuis la crise financière de 2008.
Ils ont acquis la conviction que tous les candidats qui leur font la cour sont capables de prendre en main les problèmes de sécurité et d’immigration s’ils disposent d’une bonne assise électorale. Ils sont sans doute capables d’éviter la faillite de l’école et du système de santé, parce que ces secteurs peuvent s’appuyer sur le privé. Tous sont conscients que l’État est pratiquement en faillite, mais tous se disent que les préceptes keynésiens ne sont pas morts et qu’avec l’aide de l’Europe, ils trouveront du crédit…
Mais ce dont les patrons sont aussi convaincus, ce n’est qu’aucun des candidats actuellement en lice n’a le projet de transformer le modèle économique et social. Aucun n’a le courage de reconnaître que le problème de l’économie française, c’est :
1° Son manque de compétitivité, coût et hors coût. La France produit trop cher par rapport à beaucoup de ses concurrents, avec trop de charges et de taxes. Ajoutons que, hors prix, les produits français manquent d’originalité et d’innovation.
2° Le poids de son modèle social, trop lourd pour une efficacité qui n’est pas à la hauteur des promesses.
3° Globalement, le modèle de création de valeur est asphyxié par le coût du social et les normes. Asphyxie et démotivé.
En bref, la France n’est pas en phase avec les exigences d’un système libéral. On peut même expliquer le retard de l’économie française sur ses partenaires européens par son déficit de liberté économique. C’est le cœur du discours de David Lisnard. Il partage la plupart des diagnostics, mais personne d’autre que lui n’ose offrir un programme libéral pour rattraper le retard et redresser la maison France.
Sans revenir sur les fondements du libéralisme, il faut savoir que ce n’est pas une grossièreté qui serait infréquentable. C’est une philosophie politique née en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment avec des penseurs comme John Locke et Adam Smith, mais développée en France avec Frédéric Bastiat.
L’idée centrale est simple : donner le maximum de liberté aux individus, tout en limitant le pouvoir de l’État.
Cela passe par la liberté individuelle (opinion, expression, religion), la propriété privée, l’économie de marché (moins d’intervention de l’État) et l’État de droit.
La France n’est pas « allergique », mais elle entretient une relation compliquée avec toutes ces idées. Depuis des siècles (monarchie puis République), l’État est vu comme protecteur et organisateur de la société. La révolution n’a rien arrangé . la Revolution a conforte la centralisation du pouvoir. Cet héritage historique a engendré l’État-providence. Après la Seconde Guerre mondiale, la France construit la sécurité sociale, les services publics et la protection des travailleurs… Le libéralisme économique est alors parfois perçu comme une menace pour ces acquis sociaux.
Ajoutons que les codes de la politique politicienne entretiennent la confusion autour du mot « libéral ». En France, il est souvent associé au marché et aux inégalités, alors que dans les pays anglo-saxons, il est davantage lié à la création de richesses.
Toutes ces ambiguïtés, ajoutées à une méconnaissance des résultats et au conservatisme des systèmes centralisés, font que la plupart des responsables politiques, de droite comme de gauche, refusent de défendre des logiques libérales. Alors même que la France a urgemment besoin de créer de la richesse et que les outils libéraux sont parmi les plus efficaces pour y parvenir. Pour tous les candidats, le libéralisme est devenu un tabou, exclu du vocabulaire politique parce qu’il fait peur.
Le seul candidat déclaré assumant un projet libéral est donc David Lisnard, maire de Cannes. Pour être plus libre encore de ses propos, il a quitté les LR .. Il devra nourrir son programme en apportant des preuves : le libéralisme est très pragmatique, il n’existe que s’il est appliqué, illustre et détaille. Dire que les impôts en France sont trop lourds, c’est facile. Mais ça n’est pas être libéral. Être libéral c’est expliquer comment on allège le fardeau des impôts sans dérégler la machine socio-économique. il y a du Pompidou chez Lisnard : moins d’État non pas pour faire plaisir à la BCE , mais pour donner de la liberté au chef d’entreprise et créer de la valeur.
Retrouvez cet article sur le site d’Atlantico en cliquant ici.
« Incarner une majorité silencieuse et orpheline »
Candidat à l’élection présidentielle, en rupture de LR, le maire de Cannes David Lisnard entend ouvrir sa propre voie, indépendante et claire, dans le chaos politique ambiant tiraillé par les extrêmes et un bloc centriste fluctuant. Retrouvez l’entretien de David Lisnard accordé à Nice-Matin.
Le marathonien a lancé sa course de fond vers l’Élysée. Avec son départ de LR et son passage au « 20 h » de France 2 mardi, David Lisnard a même accéléré sa foulée.
Pas question de (con) courir uniquement au bord de cette Croisette qu’il chérit tant, et où il a été réélu triomphalement à 81 %.
Outsider assumé mais compétiteur acharné, le voilà plus que jamais décidé à « exporter » ses idées. Au nom de l’intérêt général et de la Nation. Il s’en explique.
Départ de LR, candidature à la présidentielle sur France 2, c’est l’heure du « grand saut » ?
Ma déclaration sur France 2 est une confirmation de ce que j’avais déjà annoncé lors de mon discours à la Mutualité devant les militants de mon parti Nouvelle Énergie, le 20 janvier. Mon départ de LR n’est pas non plus un coup de tête. Il relève d’un constat sur les différences entre ce que je pense et les inconstances d’un parti qui a du mal à définir une ligne claire et assumée.
L’étiquette LR était aussi devenue un boulet ?
Non, je ne dis pas ça, je ne veux pas dénigrer ce parti. Mais depuis un moment, je n’y vois plus de cohérence doctrinale, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai créé Nouvelle Énergie, même si je gardais espoir. Après la confiance accordée au gouvernement Bayrou, le vote d’un budget socialiste qui augmente les prélèvements tout en s’asseyant sur la réforme des retraites, je ne voulais plus encombrer LR de mes pensées contraires, ni moi-même être encombré par les incohérences de LR !
Est-ce que votre inimitié connue avec les Tabarot au niveau local s’est également transposée aux instances LR nationales ?
Pas plus qu’avant. On était déjà à l’UMP et notre relation était beaucoup plus dure qu’aujourd’hui. Ma rupture avec LR n’est pas du tout liée à une question de personnalité. Je n’ai d’ailleurs aucune inimitié avec Bruno Retailleau, et je m’entends bien avec François-Xavier Bellamy.
Président de la République, un rêve de gosse ?
Pas du tout. Gosse, je me projetais pour être maire de Cannes. Président, c’est plutôt une responsabilité de parent ! Les choses se sont faites progressivement car je suis un élu local, dont le mandat au sein de l’AMF (association des maires de France qu’il préside) m’a donné plus de visibilité et d’expérience. Je constate hélas le déclassement vertigineux de la France, et je ne peux pas accepter cette fatalité. Moi, je suis persuadé que la France peut redevenir une grande nation éducative, qui maîtrise ses flux migratoires et dont le développement économique n’est pas inférieur à celui de l’Italie. Et je crois qu’une majorité silencieuse est proche de mes convictions, qui prônent la prospérité par la libération économique, sans tous les excès bureaucratiques, qui veut un État fort avec les voyous mais avec moins d’entraves et de restrictions pour les gens honnêtes, qui souhaite que la France retrouve sa grandeur avec une ambition écologique et démographique.
Votre proposition politique s’inscrit où ?
Cette majorité silencieuse, qui n’est pas celle des plateaux télé ni les bobos des grandes villes, n’avait pas de proposition politique, qui ne soit pas la gauche fasciste de LFI ni le RN. Il s’agit de construire une offre qui répond à cette demande, orpheline de la droite classique, mais aussi du centre et de la gauche républicaine. C’est le mouvement des gens qui travaillent et veulent s’en sortir.
Le déclic, c’est aussi l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, qui n’était pas attendue, et d’une génération encore plus jeune que la vôtre. Il a soudain fait écho à votre propre destin ?
Non (ferme). Nicolas Sarkozy avait aussi un parcours atypique, et j’ai le mien. Mon destin, c’est un bien grand mot car je suis lucide sur ma position politique nationale d’outsider. Mais je me sens aligné entre ce que je fais au quotidien en tant que maire de Cannes, ce que je dis, et ce que je suis, contrairement à certains. Si je parle de baisser la dette de l’État par exemple, je dois déjà faire pareil à Cannes !
L’AMF a permis de vous créer un réseau transpartisan. Dans un esprit gaulliste de rassemblement ?
L’AMF m’a déjà permis de travailler avec 900.000 élus locaux, qui œuvrent de manière pragmatique concrète, partout, en outre-mer comme dans les grandes villes. J’ai parcouru 82 départements, visité des usines, échangé avec les élus locaux, ce qui a renforcé ma connaissance du pays et me permet de prendre des positions fortes dépassant les clivages partisans. Quant à de Gaulle, face à l’anesthésie actuelle du gouvernement, j’aime sa radicalité de 1958, lorsqu’il a pris 360 ordonnances en moins de huit mois pour rétablir l’ordre, résorber un déficit de 6 % et revenir à l’équilibre budgétaire en un an.
Vous êtes partisan d’une primaire élargie à droite. Et si elle ne se fait pas, vous y allez seul ?
Il m’est impossible de répondre à cette question. Mais je souhaite que ce projet que je porte entre enfin dans la compétition électorale, et qu’il y ait un quart de finale à droite avant la demi-finale représentée par le premier tour de l’élection présidentielle.
L’appel du pied d’Éric Ciotti, qui vous invite à le rejoindre à l’UDR ?
Moi, ça ne m’intéresse pas. Je ne recherche pas une gloire personnelle pour embellir ma retraite, mais je veux convaincre sur la densité de mes propositions. Je ne veux pas dénigrer les autres candidats, mais si je devais être au centre ou au RN, j’y serais. Pour moi, il existe une droite indépendante qui peut être gagnante, une alternative attractive.
Votre projet est « libéral, sécuritaire, éducatif, scientifique ». Avec un ordre de priorité ?
Tout doit être mené en concomitance car s’il n’y a pas de sécurité ni de restrictions aux frontières, ça amplifie les problèmes d’éducation, d’instruction et nos déficits sociaux. Et il n’y a pas de réforme de notre appareil social sans garde-frontière, sinon la France reste un aspirateur à immigration.
« Cannes gagne » était votre slogan de campagne municipale. La France gagne sera celui de votre campagne nationale ?
Ce sera d’abord Pour que la France gagne. Avec ma personnalité pour dire ce que je fais et faire ce que je dis. Mais ce ne sera pas les mêmes méthodes, car pour mon mandat de maire, ma vocation, j’ai fait campagne comme si j’avais 21 ans, au porte à porte, ce qui n’est pas possible à l’échelon national.
Président normal ou providentiel ?
Ni l’un ni l’autre. Un Président ne peut être normal, et le providentiel est réservé à Dieu. Je veux être un Président efficace pour que la France retrouve dignité et prospérité. La Providence, je la laisse à la messe de Pâques !
« Je me suis toujours organisé, en mettant en place une équipe capable de diriger la ville sans moi »
David Lisnard
David Lisnard a lancé sa course vers l’Élysée. Après son départ de LR et son passage au « 20 h » de France 2 mardi, le maire de Cannes ne compte plus uniquement concourir au bord de cette Croisette qu’il chérit tant, et où il a été réélu triomphalement à 81 % lors du scrutin du 15 mars. Outsider assumé mais compétiteur acharné, le voilà plus que jamais décidé à « exporter » ses idées. Au nom de l’intérêt général et de la Nation. Une question centrale demeure : et Cannes ?
En campagne présidentielle, vous restez maire à 100 % ?
Oui. Je veux démontrer que l’élection présidentielle n’est pas réservée aux Parisiens, ou à des élus de Normandie qui vivent à Paris. Moi, je n’ai pas d’appart ni de bureau à Paris, et j’ai déjà concilié mon mandat municipal avec la présidence de l’AMF. La campagne ne sera jamais au détriment du maire, et si j’acquiers vraiment une dimension de présidentiable, ça ne peut être que positif pour Cannes.
Qui vous remplacerait en cas d’accession à l’Élysée ?
Cette question me flatte car elle valide ma démarche. Depuis mon premier mandat en 2014, je me suis toujours organisé, en mettant en place une équipe capable de diriger la ville sans moi, tout le temps, car il peut aussi m’arriver un accident, un ennui de santé ou un problème familial. Et je sais déjà qui me remplacerait comme maire, mais je ne vous le dirai pas…
Retrouvez cet entretien sur le site de Nice-Matin en cliquant ici.