«Sans sécurité, il n’y a pas de qualité de vie !» : l’alerte de David Lisnard sur l’état des communes

Finances contraintes, normes absurdes, insécurité : les communes tiennent en première ligne. Mais David Lisnard alerte sur l’épuisement du modèle communal. Un entretien paru dans le JDD.

le 04 février 2026
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Le JDD. Quel est l’état de santé des villes et villages au bout de ce mandat ?

David Lisnard : Beaucoup de communes françaises ont fait preuve de solidité. Covid, émeutes, inflation, instabilité politique : à chaque crise, les maires et leurs équipes ont assuré la continuité du service public et le lien avec les citoyens. Lorsque l’État est défaillant, les maires sont le dernier rempart et apportent des solutions. Les Français le savent : 70 % leur font confiance. C’est le seul échelon qui conserve ce niveau de légitimité. Derrière cette solidité se cache cependant un étranglement financier des collectivités, avec 82 milliards d’euros de dotation prélevés depuis 2010 par l’État, le dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités (Dilico) et autres ponctions qui pénalisent l’innovation locale et entretiennent le pouvoir central dans sa gabegie.

Malgré cela, les communes votent des budgets à l’équilibre. À Cannes, nous avons baissé les impôts locaux de 3,6 % en 2025, et la dette de 81,7 millions d’euros en dix ans. Le poids des normes continue aussi de s’accroître. Ces difficultés à agir sont d’ailleurs la première cause de découragement. Il y a eu 40 démissions de maires par mois sur cette mandature, un record. Les communes tiennent, mais ça ne durera pas indéfiniment. Leur état de santé dépendra de la capacité de l’État à se recentrer sur ses missions, libérer la société et cesser sa défiance envers les élus locaux, c’est-à-dire les Français.

Faut-il globalement donner plus de pouvoirs aux maires et aux intercommunalités ?

Oui. S’il ne s’agit pas de la caricature qu’on nous sert depuis des années. Ce que nous vivons est une recentralisation déguisée. Plusieurs lois ont ajouté des strates, éloigné les décisions et consacré le culte du gigantisme administratif. Décentraliser ne signifie pas transférer sans moyens les compétences que l’État a lui-même sabordées. Le logement ? Sinistré par vingt-cinq ans de lois contradictoires. La santé ? Désertifiée par la planification bureaucratique. L’État casse, puis délègue les décombres. La décentralisation ne doit pas être un transfert de charges, mais de pouvoir et de confiance. Les maires veulent avoir la liberté d’agir. Les normes doivent être applicables sur le terrain. Or, derrière les discours décentralisateurs, la technocratie continue de sévir. Dernier exemple parmi tant : l’obligation de supprimer toutes les places de stationnement à moins de cinq mètres d’un passage piéton, indépendamment de la configuration du site.

Le nouveau palmarès des villes et villages 2026 montre que les Français choisissent d’abord la qualité de vie, de plus en plus indissociable de la sécurité. Comment l’expliquer ?

Parce que sans sécurité, il n’y a pas de qualité de vie. L’insécurité n’est pas un sentiment, c’est une réalité, désormais partagée par l’ensemble des générations. Les Français ne demandent rien d’extravagant. Ils veulent pouvoir sortir le soir, laisser leurs enfants jouer dehors, prendre les transports en commun sans appréhension. L’insécurité, c’est une assignation à résidence qui ne dit pas son nom. Un chiffre doit nous alerter : en sept ans, l’importance accordée à la sécurité a bondi de 13 points chez les femmes. Ce n’est pas un hasard. Partout dans le monde, quand l’insécurité progresse, ce sont les femmes qui perdent leur liberté en premier. La sécurité n’est pas l’ennemie des libertés. Elle en est la condition première.

Le développement des polices municipales est spectaculaire depuis quelques années, mais ont-elles assez de moyens pour lutter contre la délinquance ? Faut-il leur donner de nouvelles prérogatives, elles qui sont au plus proche du terrain ?

La sécurité est « la » compétence régalienne. Mais face à la défaillance de celui-ci, les maires ont dû agir : + 36 % d’effectifs de police municipale en dix ans, pour un coût de 2,2 milliards d’euros par an supporté par les communes. Nous finançons la sécurité que l’État ne garantit plus. Le Beauvau des polices municipales, relancé lors du Congrès des maires de novembre 2024, a abouti fin 2025 à un texte consensuel. Ce texte permet aux communes qui le souhaitent, et le peuvent, de doter leur police municipale de plus de pouvoirs d’action, notamment sur les infractions du quotidien – celles qui pourrissent la vie des gens. Ce texte existe. Il est prêt. Il fait consensus. Il ne manque qu’une chose : que le Parlement le vote.

Le narcotrafic est de plus en plus régulièrement pointé du doigt, y compris dans les campagnes. Comment interrompre la déferlante, cela semble impossible ?

Les maires sont évidemment en première ligne, comme nous le sommes face au protoxyde d’azote sur lequel nous alertons depuis des années. L’État a été inventé pour protéger la nation, c’est sa raison d’être. Contre le narcotrafic, il faut une action totale et frontale : diplomatique sur les pays producteurs, militaire quand c’est nécessaire, judiciaire avec des peines réellement exécutées, fiscale pour assécher les flux d’argent sale. C’est aussi un sujet sanitaire. Et les consommateurs doivent être sanctionnés. Il faut également protéger notre jeunesse par de la prévention. Localement, nous devons avoir le pouvoir de fermer les commerces qui blanchissent, supprimer toutes les aides publiques aux trafiquants et à leurs familles complices, sortir les dealers des logements sociaux.

La santé est centrale dans le palmarès. Comment attirer les médecins quand certaines communes leur offrent tout sans succès ?

La vision technocratique – dont le numerus clausus fut un étendard –, l’incapacité française à proposer une politique de santé globale, avec un vrai volet prévention, la bureaucratisation des soins nous ont conduits à ce système, très coûteux en charges et impôts et de moins en moins performant. Un médecin passe 20 heures par semaine à remplir des formulaires. On ne soigne plus, on documente. Il vaut mieux guérir que cocher des cases. Et pendant ce temps, des professionnels compétents – infirmiers, pharmaciens, kinés, sages-femmes – sont bridés par un système qui leur interdit de faire ce qu’ils savent faire. Dans les déserts médicaux, ils sont souvent les seuls présents. Ils connaissent leurs patients. Ils veulent agir. On leur dit : attendez l’autorisation. Alors, oui, les maires se battent pour attirer des médecins. Locaux gratuits, logements, maisons de santé… Mais les normes tuent leurs efforts. Deux médecins généralistes obligatoires pour ouvrir une maison de santé, en zone rurale, c’est un de trop. Certaines ARS exigent 40 heures d’ouverture, donc deux temps pleins à l’accueil. Résultat : plutôt qu’ouvrir un peu moins, on n’ouvre pas.

Un serpent de mer, est-ce qu’il y a trop de communes en France ? Faut-il les regrouper pour réduire le coût de leur fonctionnement ? On vous reproche souvent de creuser la dette nationale, d’avoir trop d’employés municipaux. Que répondez-vous ?

Qu’il suffit de regarder les chiffres et pas les éléments de langage qu’on nous sert. Les collectivités respectent la règle d’or budgétaire. Elles ne s’endettent que pour investir, jamais pour fonctionner. L’État, lui, emprunte pour payer ses fonctionnaires. Résultat : la masse salariale des collectivités a augmenté deux fois moins vite que celle de l’État l’an dernier, selon la Cour des comptes. Et cela alors que les communes assument des missions croissantes, sans moyens supplémentaires. 1,9 million d’agents territoriaux assurent des services essentiels au quotidien : Atsem dans les écoles, entretien des routes, collecte des déchets, police municipale, état civil, services aux personnes âgées. Ce sont eux que les Français voient. Quant au nombre de communes : 34 800, c’est notre histoire, notre géographie. Ce maillage est une force, pas une faiblesse.

C’est lui qui permet cette proximité unique au monde entre élus et citoyens, cette capacité d’adaptation, cette démocratie de terrain. Le vrai sujet n’est pas la taille des communes, c’est la liberté et la responsabilité. C’est tout le système de l’organisation politique qui est à revoir, pour que les contribuables en aient pour leur argent, pour améliorer la performance publique. Le présupposé selon lequel plus c’est gros, plus c’est efficace est loin de se confirmer dans la réalité. Il y a toujours des dépenses à supprimer, des cas de gaspillage. C’est aux habitants de décider ce qu’ils veulent comme action communale. La dette de toutes les collectivités locales représente 9 % du PIB, un niveau stable depuis 35 ans. Pendant ce temps, la dette publique est passée de 60 % à 118 % du PIB, à cause des coûts sociaux et de l’État. Arrêtons de faire des communes les boucs émissaires de l’échec du centralisme français. L’État ne va pas mieux quand les communes vont mal.

 

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Iran : silence, on massacre !

« Le silence des dirigeants français et européens, comme celui des sélectifs défenseurs des opprimés, sur la situation en Iran n’est pas soutenable. L’enjeu est humanitaire et géopolitique. » Contrepoints reprend les propos de David Lisnard sur la répression en Iran et l’absence de réaction des dirigeants occidentaux.

International le 30 janvier 2026
Pendules 2026 - massacre Iran

Le silence des dirigeants français et européens, comme celui des sélectifs défenseurs des opprimés, sur la situation en Iran n’est pas soutenable. L’enjeu est humanitaire et géopolitique.

Nous savons désormais qu’il y a eu en quelques jours a minima 20 000 morts, 40 000 selon certaines sources ! Il s’agit du pire massacre de civils désarmés par son gouvernement depuis la tuerie en 1982 des habitants de la ville d’Hama par Hafez el-Assad. La répression continue, même si évidemment les Iraniens n’osent plus sortir et manifester. Les images des défilés de révolte sont utilisées par le pouvoir pour persécuter des familles. L’indifférence mondiale est une infamie.

Nous devons manifester notre soutien au peuple iranien évidemment, et la France, avec ses alliés, doit enfin condamner le régime de la République islamique d’Iran et contribuer à tout ce qui peut le faire tomber : favoriser une couverture internet libre du pays, dénoncer les exactions du régime qui n’a pas hésité à recourir à des milliers de combattants du Hezbollah et à des milices chiites irakiennes ainsi qu’à des Afghans pour faire tirer sur son peuple, plaider pour l’inscription des Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations criminelles et terroristes (en ayant bien à l’esprit les difficultés procédurales et les conséquences diplomatiques), en attendant une éventuelle intervention américaine qui ne pourrait avoir un effet que si elle parvient à vraiment et fortement cibler l’appareil répressif jusqu’à redonner confiance aux manifestants Iraniens, ce qui reste très aléatoire. En matière d’ingérences extérieures, soulignons que des sources fiables indiquent que la Chine a livré à Téhéran, depuis jeudi dernier, 16 avions cargos de matériel militaire anti-aérien.

Le régime islamique d’Iran n’hésite pas à prendre nos ressortissants en otage, il a fomenté des attentats sur le sol hexagonal, il alimente l’internationale islamiste qui nous combat et veut nous soumettre, pratique le chantage envers tous les pays du Proche-Orient, dont nos alliés.

Il est temps de regarder cette situation en face et de sortir de la torpeur coupable. Telle est la réalité humanitaire et tel est l’intérêt de la France.

 

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La palme de l’efficacité 

Rigueur, transparence, efficacité : à Cannes, une gestion qui séduit bien au-delà de la Croisette. Un portrait réalisé par Fabrice Durtal pour le magazine Tous contribuables.

le 29 janvier 2026
tous contribuables

Dès qu’il le peut, David Lisnard enfile ses baskets. À 56 ans, l’édile de Cannes (et président de l’Association des maires de France, AMF) brigue un troisième mandat. Il participe régulièrement à des marathons, dont celui de Paris, qu’il a déjà bouclé en moins de trois heures. Avec la boxe anglaise, cette passion pour la course à pied colle à son approche de la politique : endurance, constance et dépassement de soi.

Vigilance budgétaire 

Né le 2 février 1969 à Limoges, c’est pourtant un enfant du grand Sud. Son arrière-grand-père a construit le marché Forville, et son père a été footballeur professionnel à l’AS Cannes. Marié et père de trois enfants, il vit dans le quartier République-Gallieni, au cœur de Cannes. Après des études à Sciences Po Bordeaux, il entre au conseil municipal en 2001. Il est élu maire en 2014, puis réélu en 2020 dès le premier tour avec 88 % des voix. Sous sa houlette, la ville a vu sa dette fondre de 77 millions d’euros en dix ans, tout en maintenant une politique d’investissement soutenue. Il a récemment annoncé la création d’un musée international du cinéma à l’horizon 2029, avec 1 000 m² dédiés au Festival, afin de faire rayonner la ville au-delà des tapis rouges. La frugalité budgétaire de la municipalité a été saluée par le cabinet Localnova, qui a attribué à la mairie la note de 20/20 pour sa gestion des finances municipales. En 2024, la ville du cinéma a également été récompensée pour la troisième année consécutive par le prix « Expérience Citoyen », qui distingue la qualité et l’efficacité des services publics locaux. Membre des Républicains (LR), David Lisnard a appelé à la censure du gouvernement Lecornu II. Il plaide pour la baisse de la dépense publique au niveau national, mais refuse que l’effort commence par les communes et les départements. Il affirme que la vigilance budgétaire qu’il applique à Cannes peut servir de tuteur à toute collectivité.

Sus au parisianisme 

Fils d’une grande lectrice, celui qui a écrit un livre sur Georges Pompidou – lui-même amateur de poésie – a grandi entouré de livres et ne fait pas mystère d’avoir adoré lire des San-Antonio. Il défend une décentralisation culturelle face au « parisianisme » qu’il juge étouffant. Contrairement aux écolos bobos qui franchissent rarement les limites du périphérique, le maire de Cannes a reçu le Prix de l’Enracinement Simone Weil, remis au Sénat en mars 2024. Il organise régulièrement des nettoyages de plages et se balade dans l’arrière-pays ou en mer, loin des eaux troubles de la politicaillerie parisienne.

 

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Budget : la jeunesse sacrifiée

Le budget procède à deux transferts massifs. Le premier, intergénérationnel : des actifs et des jeunes vers les retraités. Le second, économique : de la production vers la redistribution. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour L’Opinion.

Economie le 29 janvier 2026
L'opinion

Dans son budget 2026, le gouvernement accroît les dépenses, la dette et les impôts dans un parfait cocktail socialiste. Plus de transferts sociaux, plus de fiscalité sur la production, aucune réforme structurelle. La gauche est minoritaire, mais elle impose sa matrice budgétaire. On ne peut pas lui en faire grief. La faute revient à ceux qui bradent leurs convictions – s’ils en ont – pour garder leur place.

Les deux se conjuguent pour hypothéquer notre avenir. Car on ne peut pas redistribuer ce qu’on ne produit pas. Et on ne financera pas les retraites de demain en sacrifiant ceux qui devraient les payer.

Les pensions de base sont à nouveau revalorisées selon l’inflation, conformément au principe d’indexation en vigueur depuis 2004, tandis que la réforme des retraites a été suspendue, pour un coût de 2 à 3 milliards d’euros par an à horizon 2030.

Et que propose le gouvernement pour faire accroire qu’il se soucie de la jeunesse ? Des repas CROUS à 1 euro pour tous les étudiants. Une mesure symbolique qui ne répond ni à la précarité structurelle – un quart des 18-24 ans vit sous le seuil de pauvreté – ni aux obstacles à l’entrée sur le marché du travail, et qui entretient le mythe de la gratuité, de l’intervention de l’Etat nounou. On n’émancipe pas une génération avec des tickets restaurant.

Des actifs pris en étau

Les actifs sont pris en étau. Ils financent, par la répartition, les retraites d’aujourd’hui. Ils doivent, en plus, épargner pour leur propre retraite, car le ratio cotisants-retraités sera durablement dégradé quand viendra leur tour. Il était de 4,7 en 1960, de 2,6 en 1990, s’est effondré à 1,7 aujourd’hui et tombera à 1,2 en 2070. Et on demande désormais aux actifs de supporter le coût de la suspension d’une réforme dont ils auraient été les premiers bénéficiaires. Autrement dit, ils paient trois fois.

Parallèlement, on affaiblit encore davantage les entreprises sur qui repose le financement d’un système social en déliquescence.
Le budget 2026 maintient la surtaxe sur les grandes entreprises et renonce à la baisse prévue de la CVAE, ce qui, mécaniquement, freinera l’investissement, et donc l’embauche, à un moment où le chômage repart à la hausse.

Le chômage des 15-24 ans atteint 18,8 %, contre 6,7 % en Allemagne et moins de 15 % en moyenne dans la zone euro. Cet écart ne tient pas à la conjoncture mais à un manque de dynamique économique dû notamment à l’excès de prélèvements, et à un système de formation et d’insertion que nous démantelons par étapes, que ce budget achève de saborder.

Or, les jeunes qui ne trouvent pas d’emploi stable ne cotisent pas, ne consomment pas, ne fondent pas de famille. Le cercle vicieux est complet.

Ces choix seraient déjà aberrants dans une France démographiquement dynamique. Ils sont dramatiques dans la situation actuelle.
Pour la première fois depuis 1945, la France a enregistré plus de décès que de naissances sur douze mois. L’indice de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, soit son plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Ce basculement survient avec dix ans d’avance sur les projections de l’Insee. Le président de la République n’avait-il pas pourtant annoncé un « réarmement démographique » ? Encore une des nombreuses déclarations sans actions, un de ces discours incantatoires qui ont autant d’effet qu’un pétard mouillé.

Maximiser le nombre de cotisants

Il faut donc agir sur deux leviers. D’abord, maximiser le nombre de cotisants en investissant dans la formation et l’insertion des jeunes. Ensuite, créer un étage de capitalisation collective obligatoire pour rendre les Français propriétaires de leur retraite, et non plus dépendants d’un système par répartition structurellement déficitaire.

Ce budget fait l’inverse sur toute la ligne. Il sabre l’insertion des jeunes, freine l’investissement des entreprises, et taxe l’épargne retraite. Il aggrave l’impasse au lieu d’en sortir. Il privilégie les égoïsmes présents à la construction de l’avenir.

La politique n’a de sens que si elle consiste à voir plus loin que le prochain scrutin. Un budget qui sacrifie les jeunes pour préserver des arrangements politiques immédiats est une véritable trahison de ce que le pays doit à ses enfants.

L’Etat-providence tel qu’il a été conçu en 1945 reposait sur une démographie et une croissance qui n’existent plus. Pour le maintenir, coûte que coûte, l’exécutif a fait son choix : taxer les bébés !

Chaque enfant qui naît en France hérite aujourd’hui de plus de 50 000 euros de dette publique. La charge de la dette atteindra 74 milliards d’euros en 2026. C’est davantage que le budget de l’Education nationale. Nous préférons payer plus cher les erreurs du passé que la formation de l’avenir.

Une grande partie de la jeunesse n’attend pas d’être assistée. Elle souhaite pouvoir s’élever par ses études et son travail. Elle désire que l’effort soit récompensé plutôt que taxé.

L’égalitarisme est le poison de la jeunesse. Il est d’ailleurs le poison du pays. L’égalitarisme promet à chacun la même chose, indépendamment de son mérite. Il confond l’égalité des droits, qui est le fondement de la République, avec l’égalité des conditions, qui en est la négation. La première donne à chacun la même ligne de départ. La seconde empêche quiconque de franchir la ligne d’arrivée avant les autres.

Des savoirs exigeants, pas des diplômes dévalués

Une nation qui ne fait plus d’enfants, qui ne maîtrise ni son immigration croissante essentiellement pauvre ni l’émigration accélérée de ses talents, qui n’insère plus ses jeunes, et qui finance son présent en hypothéquant leur avenir, est une nation qui a cessé de se projeter.

Une nation qui croit en son destin fait le pari de sa jeunesse. Elle lui transmet des savoirs exigeants, pas des diplômes dévalués. Elle lui ouvre l’accès au travail, pas aux guichets. Elle lui permet de se loger, pas de faire la queue pour un logement social. Elle lui permet de se constituer un patrimoine, pas de dépendre toute sa vie de transferts sociaux financés par la dette. Elle libère la transmission entre générations au lieu de la taxer : que les parents puissent aider leurs enfants quand ils en ont besoin, pas leur léguer un capital quand ils sont eux-mêmes proches de la retraite.

La France s’est toujours relevée en misant sur sa jeunesse. Jamais en l’accablant. Le moment est venu de choisir entre la facilité immédiate au nom d’une prétendue stabilité et le redressement du pays. Ainsi va la France.

Retrouvez cette chronique sur le site de l’Opinion en cliquant ici.

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Invité de RTL, David Lisnard tranche sur 2027, le budget et la souveraineté

Mardi 21 janvier 2026, David Lisnard était l’invité de RTL Matin, interrogé par Thomas Sotto. Une interview dense, sans détour, au cours de laquelle il a pris des positions claires sur l’élection présidentielle de 2027, le budget de l’État et la place de la France sur la scène internationale.

le 22 janvier 2026
RTL DL

Présidentielle 2027 : une réponse sans ambiguïté

Interrogé directement, David Lisnard a confirmé qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027.

Il a insisté sur la nécessité d’une clarification démocratique et d’une confrontation politique assumée, refusant les ambiguïtés et les faux-semblants.

Son projet repose sur une ligne constante : libérer le travail, l’investissement et la création, réduire les prélèvements, restaurer l’autorité de l’État là où elle est indispensable, et redonner des perspectives à ceux qui produisent et travaillent.

Budget 2026 : « un budget socialiste »

Sur le budget de l’État, David Lisnard a été particulièrement ferme.

Il a qualifié le projet budgétaire de « budget socialiste », estimant qu’il amplifie les causes profondes des difficultés françaises : augmentation continue de la dépense publique, maintien d’un niveau excessif de prélèvements obligatoires et refus de traiter la question de la dette.

Pour cette raison, il appelle clairement à la censure du gouvernement et au vote de la motion de censure.

« Soit on estime qu’un budget est bon pour le pays et on le soutient, soit on estime qu’il est mauvais et on le censure. La vie est simple. »

Politique internationale : la crédibilité en question

Sur les enjeux internationaux, David Lisnard a livré une analyse directe du rapport de force mondial et de la crédibilité de la France.

« Comment voulez-vous être respecté de Donald Trump quand vous n’avez pas été respecté par Abdelmadjid Tebboune ?

Et comment voulez-vous être respecté par Tebboune quand vous avez cédé à Olivier Faure ?

La faiblesse se paie toujours. »

Pour lui, la diplomatie ne peut être crédible sans prospérité économique, sans autorité politique et sans capacité à assumer des rapports de force clairs.

Une ligne de constance et de cohérence

Tout au long de l’entretien, David Lisnard a défendu une même exigence : regarder la réalité en face, refuser la confusion idéologique et rompre avec les politiques qui aggravent les problèmes du pays.

Une parole directe et assumée, qui marque une étape importante dans la séquence politique ouverte vers 2027.

David Lisnard trace sa voie pour 2027 et appelle à censurer un budget « socialiste »

Avec le soutien de l’écrivain Boualem Sansal, le président de Nouvelle Énergie a défendu, mardi soir à la Mutualité, à Paris, son projet de redressement pour la France et la nécessité d’organiser une primaire élargie de la droite et du centre. Un article d’Emmanuel Galiero et Claire Conruyt paru dans Le Figaro.

le 22 janvier 2026
FIG

Une image d’ouverture et la confirmation d’une ambition présidentielle. David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, s’est offert la grande salle de la Mutualité mardi soir pour dévoiler ses projets pour l’année 2026. Et lancer un avertissement clair en vue du scrutin de 2027 : « Si personne ne veut de la primaire, eh bien on s’affrontera au premier tour de la présidentielle. » L’élu précisera un peu plus tard qu’il suivra cette ligne sauf si une candidature devait s’imposer de manière incontestable au-dessus de toutes les autres. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Dans cette salle parisienne historique, investie par près de 1 300 sympathisants, il y a une autre surprise : plusieurs messages vidéo enregistrés par des personnalités médiatiques louent les qualités du maire de Cannes. Il est perçu comme « l’homme de la situation », selon les mots de la comédienne Véronique Genest, en écho à ceux notamment d’Alexandre Jardin, Franz-Olivier Giesbert, Willy Sagnol et Boualem Sansal. Très applaudi, l’écrivain témoigne de son soutien et de son amitié, sans lésiner sur les éloges. « Je l’ai trouvé d’une intelligence extraordinaire, dit-il. Il a l’étoffe d’un homme d’État. David Lisnard est un homme formidable sur lequel le pays peut compter. »

L’orateur du soir en rougit, mais renvoie les compliments avec cette phrase en guise d’introduction : « Le secret de la liberté, c’est le courage. » Puis, debout, avec une cinquantaine de « relais » départementaux rassemblés derrière lui, David Lisnard fixe un cap et partage sa vision. « Nous devons être absolument obsédés par le devenir de notre pays », lance-t-il. Il pointe le « spectacle des générations actuelles sacrifiées sous les lâchetés politiciennes et au nom de la stabilité » et annonce la fin de trois cycles : le cycle court du macronisme, le cycle intermédiaire de l’État-providence et le cycle long de l’européanisation du monde. Puis il résume le défi en une question : « Quelle énergie vitale pour déployer une espérance française ? »

Madelin applaudi

En faisant applaudir Alain Madelin, assis devant lui (figure du libéralisme à laquelle beaucoup le comparent), il ironise sur l’argument de la « responsabilité » et les renoncements sur la réforme des retraites, en dénonçant la pénalisation des actifs. « Comme on ne regarde pas en face la réalité, on amuse les citoyens et on entretient l’égoïsme social », accuse l’élu sudiste. Renaître avec l’État performance, défendre la « radicalité » pour revenir à la « racine » des choses et rétablir tout ce qui dysfonctionne dans le pays, créer de la prospérité… il développe ses axes de réflexion.

À l’ouverture, Alexandra Martin, députée des Alpes-Maritimes et secrétaire générale de Nouvelle Énergie, a vanté un « autre chemin », une « rupture claire », « une alternative cohérente » et le « courage de dire la vérité », tout en dénonçant une situation nationale de « crise profonde ». L’élue a salué la présence d’ex-ministres, tels Guy Drut, Sophie Primas ou Hervé Morin, mais aussi celle de plusieurs parlementaires, à l’image des sénateurs Étienne Blanc et Valérie Boyer et des députés Justine Gruet et Éric Pauget.

Dans la « patouille politique » actuelle, telle qu’il la définit, Hervé Morin déplore auprès du Figaro les « compromissions » dans lesquelles s’est plongé le bloc central et constate l’arrivée d’un « budget socialiste ». Mais, en tant que coacteur des travaux engagés par le président de Nouvelle Énergie, il décrit son projet en trois mots (« liberté », « initiative » et « responsabilité ») et plaide pour la définition urgente d’un mode de départage. « Ceux qui refusent le tremplin de la primaire ont tort », juge l’ex-ministre de la Défense.

« Tout travail mérite cotisations. » Sur scène, David Lisnard fait rire la salle quand il compare la charge de la dette nationale à certains budgets ministériels, parle des « quinze chasseurs alpins au Groenland » ou voit « M. Faure » sur le siège du premier ministre. « Comment est-il possible d’augmenter la dépense publique sans faire payer les Français ? », interroge l’élu, adversaire déclaré de la « démagogie électorale » et du « déni de la démocratie ».

Primaire élargie

Mardi après-midi, quelques heures avant le discours, plus d’une cinquantaine de relais se sont retrouvés en séminaire pour travailler sur place. « Nous voulons porter cette idée du rassemblement en essayant de montrer que de nombreux Français cherchent une voie politique au-delà de la caste médiatico-politique », soutient-on au sein du parti, où David Lisnard ne veut rien lâcher de son idée de primaire, élargie à tous ceux se réclamant de la droite et du centre. Il ne voit toujours pas comment la droite pourrait atteindre le second tour de la présidentielle sans sélection préalable. On sait que l’élu déplore une valse-hésitation des Républicains sur le sujet, alors que la petite musique d’une « sélection naturelle » via les sondages d’opinion a beaucoup circulé ces derniers temps.

En coulisses, les proches de David Lisnard confirment une volonté de prise de distance progressive avec le parti LR, histoire de faire valoir sa singularité face à une famille politique incarnée par Bruno Retailleau, dont il reste proche, mais qu’il juge trop souvent contesté par des LR, de Laurent Wauquiez, président du groupe DR, à Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, jusqu’aux six ministres engagés dans l’aventure du gouvernement Lecornu 2, malgré leur suspension du mouvement.

Certains soutiens du président de l’Association des maires de France défendent son regard critique. « Le parti, David s’en tient loin. Le parti, c’est quoi, le parti ? Il ne se passe rien, Bruno ne cheffe pas. David lui a dit qu’il était le boss, mais il a l’impression qu’il n’aime pas ce statut. Donc, notre président trace sa route, fait son truc et se prépare. » Au sein de Nouvelle Énergie, on dit aussi que le créneau Meloni lui correspond bien. Et, quand certains LR ironisent sur son potentiel présidentiel, le chef de Nouvelle Énergie ne semble pas surpris. « Je sais que certains se moquent de moi. Les vieux LR n’aiment pas les iconoclastes, mais j’assume ! Et je suis en train de construire quelque chose. Je ne dis pas que je vais gagner, mais je ne vois pas pourquoi je ne me lancerais pas ! »

Peser sur les « affaires du monde »

Mardi soir, David Lisnard avertit encore qu’il faudra du « temps » avant que la France puisse peser sur « les affaires du monde ». À la lumière de son action locale de maire, il défend une approche libérale de la performance et de l’efficacité publique. C’est son domaine de prédilection, là où il puise ses solutions pour redresser la France et sa voix sur la scène internationale, de l’Iran au Levant en passant par la Chine et le Venezuela. Mais il dénonce un pouvoir « faible », incapable de « combattre implacablement l’antisémitisme », les trahisons de la gauche, les contradictions des partenaires européens, le déséquilibre du couple franco-allemand, les fragilités nationales. Il se fixe l’objectif de « 300 milliards » de réduction de la dépense publique en fustigeant la bureaucratie « parasite ».

Après presque deux heures de scène, David Lisnard termine sans veste et promet de porter un « projet libéral conservateur ». « Je suis fermement résolu à faire gagner la France », lance-t-il en souriant. Défenseur d’une droite « indépendante et gagnante », il juge « impensable » pour un parlementaire LR de ne pas voter « la censure d’un budget socialiste ». « Il est temps aujourd’hui d’aller chercher le pouvoir ! Nous allons libérer la France », clame enfin celui qui pense, comme Mitterrand, qu’un opposant doit s’opposer. Derrière lui, le logo bleu de Nouvelle Énergie scintille. Les soutiens ont applaudi souvent et se lèvent en criant. Ils sont comblés.

Yves, viticulteur et porte-parole du mouvement, compte parmi les impatients du parti. Il attend l’annonce officielle d’une candidature à la présidentielle. Il sait que les municipales de mars repoussent cette échéance (le maire de Cannes devrait postuler à sa propre succession dès février) et n’ignore pas que la droite n’a toujours pas choisi la méthode pour mettre l’un de ses talents en orbite vers la présidentielle. Mais, pour Yves, le discours de son candidat correspond à celui que les gens voudront entendre en 2027. Dans un mélange de ressentiment et d’espoir, l’adhérent de Nouvelle Énergie partage une franche confidence : « Pour sortir du merdier dans lequel se trouve la France, il faut trouver les solutions, enlever tout ce qui nous empêche de penser et d’innover. Il faut remettre les choses à l’endroit ! David Lisnard peut y arriver. »

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David Lisnard, candidat et libéral

Que ce soit à la primaire de la droite et du centre ou au premier tour de l’élection présidentielle, il y aura un « vrai » candidat libéral. Enfin ! Retrouvez l’article de Jean-Philippe Feldman paru dans Contrepoints.

le 22 janvier 2026
DL MICRO

Cela devient une tradition. Un an après ses vœux sur le thème « libérer pour gagner », David Lisnard a réitéré l’exercice le 20 janvier à Paris, devant la magnifique salle comble de la Mutualité, mais dans une tonalité plus politique. La presse aura généralement retenu la candidature du maire de Cannes à l’élection présidentielle, mais l’essentiel est ailleurs : David Lisnard assume son libéralisme et il portera bien un projet libéral. Une première depuis notre ami Alain Madelin en 2002 (nous laisserons de côté la candidature Fillon de 2017 car, même si l’ancien Premier ministre avait présenté quelques propositions agréables à nos oreilles, il n’était pas libéral).

Candidat dans tous les cas

Commençons par « l’info » qui n’est venue que vers la fin de son allocution mais qui l’a imprégnée.  Brodant sur la question « Pourquoi une compétition ? » David Lisnard  a précisé qu’il n’était pas un « fervent défenseur » de la primaire, mais qu’il fallait faire preuve de réalisme et que c’était la seule solution pour qu’un candidat de la droite et du centre atteigne le second tour de l’élection présidentielle face à la concurrence des extrêmes. On aura aussi compris que ces primaires seraient ouvertes, tout candidat de la droite ou du centre pouvant concourir. Puis, il a adopté un ton beaucoup plus personnel. Il a déclaré qu’il porterait un « projet libéral conservateur », « fondé sur la liberté ». L’ordre des termes n’a rien d’anodin et l’on saisit combien sa candidature différerait de celle de François Fillon autrefois. Et il a prévenu : faute de primaire, il sera candidat au premier tour de l’élection présidentielle. A bon entendeur, salut !

Une forme renouvelée

Nous connaissons les qualités rhétoriques de David Lisnard. Il a parlé une nouvelle fois sans notes (cela change de nos parlementaires ânonnant leurs fiches dans l’hémicycle…) avec une facilité déconcertante et cet art, malgré les digressions, de toujours retomber sur ses pattes. Certes, il n’est pas le seul à faire preuve de faconde, de Jean-Luc Mélenchon à Jordan Bardella en passant par Gabriel Attal et bien sûr Emmanuel Macron, mais la différence par rapport à la plupart d’entre eux, c’est que son discours n’est pas verbeux et qu’il tient à de profondes convictions.

Toutefois, si l’on compare ses vœux de l’année dernière à ceux de cette année, on constate une évolution importante. La forme a été modifiée avec des propos beaucoup moins théoriques, moins architecturés, mais plus strictement politiques, plus près du terrain ; on pourrait dire : un premier discours de campagne électorale, formules assassines à l’appui pour amuser le public (Sébastien Lecornu comparé à un hamster dans sa roue ; Olivier Faure qualifié de Premier ministre ; un « budget socialiste » qui se doit de faire l’objet d’une motion de censure ; les « y’a qu’a faut qu’on » des extrêmes ; les « néofascistes » de l’extrême gauche…).

Libéral dans tous les cas

En dépit de l’étiquette de « libéral conservateur », c’est l’aspect libéral qui aura été prégnant dans le discours de David Lisnard. Car, même s’il s’est agi d’une allocution de pré-campagne électorale, le maire de Cannes a repris les principes fondamentaux du libéralisme :

  • en premier lieu, la « subsidiarité horizontale », chère à son cœur, qu’il a justement présentée comme « condition de la liberté », autrement dit la séparation primordiale entre la sphère de l’État et celle de la société civile. Nous l’avons dit et répété, il est le seul homme politique français de premier plan à saisir le concept de subsidiarité qui permet de réduire le périmètre de l’État ;
  • en second lieu, la réduction de la dépense publique, gage du recentrage des missions de l’État, ce point étant directement lié au précédent. De là, le fait qu’il se soit prononcé, sous les acclamations du public, contre les aides aux entreprises, aides qui alimentent le « capitalisme de connivence » (dénoncé depuis des années par l’IREF), et de là également la proposition de trouver 8 à 10 milliards d’euros d’économies immédiates avec la suppression des « aides à faible effet de levier ». De là également, le dessin d’une nouvelle architecture étatique reposant sur un État central qui ne soit plus l’État providence actuel en déliquescence, mais qui se concentre enfin sur ses missions régaliennes (encore un thème porté par l’IREF) dans un double mouvement de liberté et de responsabilité. Ce fut l’unique moment de l’allocution où des propositions chiffrées ont été émises en nombre, avec entre autres  des pistes pour réduire la dépense publique et réaliser « 200 à 300 milliards d’euros d’économies dont 80 milliards la première année » ;
  • en troisième lieu – et ceci aura été la seule partie vraiment théorique de son discours –, le fait que Nouvelle Energie devait être le « mouvement de la propriété privée » (nous nous étions récemment étonnés qu’aucun homme politique ne prenne la propriété à bras le corps alors même que près de 60 % des foyers français étaient propriétaires d’au moins un bien immobilier : David Lisnard comble une fois encore le vide !). Dans un schéma montré sur les écrans géants, la propriété s’est trouvée au centre de quatre notions : la liberté, la responsabilité, la dignité, l’efficacité, auxquelles David Lisnard a oralement ajouté la prospérité. Citant Frédéric Bastiat, il a martelé qu’il n’y avait pas de liberté sans propriété. La destruction de la liberté, de la propriété et de la responsabilité se fait au détriment de la dignité d’une « personne souveraine qui transfère à l’État des droits (nous aurions dit : des charges), et non l’inverse ». « C’est la pensée libérale qui va rétablir l’autorité de l’État, a-t-il poursuivi de manière tout aussi remarquable, pas le socialisme ».

Comment ne pas voir dans le schéma sur la propriété une nouvelle mouture du « carré magique » (propriété, liberté, responsabilité, dignité) de notre regretté maître en libéralisme, Jacques Garello, disparu il y a un an, et qui se serait sûrement délecté du discours de David Lisnard, désormais et dans tous les cas le candidat libéral revendiqué pour 2027 ?

 

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Deux gouttes d’eau dans l’océan de l’Absurdistan

Dans un pays qui ne cesse de parler de sobriété, d’efficacité et de responsabilité, l’inversion des incitations est un poison pour l’action publique. Elle incarne cette bureaucratie française qui nivelle par le bas. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour L’Opinion.

le 16 janvier 2026
L'opinion

En France, on n’a pas de budget, mais on bloque les idées. L’Etat défaillant dans ses missions de base n’en continue pas moins de pénaliser les initiatives et la performance de la société civile. Voici deux cas récents parmi des centaines constatés dans mon mandat. Ils concernent les eaux usées traitées (celles qui partent dans les égouts et sont épurées) et l’eau potable (celle avec laquelle nous nous lavons les dents et que nous pouvons boire) : essentielles pour la vie humaine et de responsabilité communale. Commençons par l’eau potable.

Le SICASIL, service public intercommunal de l’eau de l’agglomération cannoise, affiche un tarif de 1,10 euro HT/m³, soit 30 % en dessous de la moyenne nationale. Ce prix bas n’est pas le fruit du hasard ni d’un sous-investissement chronique. C’est le résultat d’une gestion scrupuleuse, méthodique et proactive, menée depuis plus de vingt-cinq ans pour sécuriser l’approvisionnement et optimiser l’infrastructure.

Depuis 2001, plus de 120 millions d’euros ont été investis pour économiser 60 millions de m3 d’eau potable. Le rendement de réseau atteint 83,4 %, avec un objectif de 90 % d’ici 2031 pour préserver 10 millions de mètres cubes supplémentaires. Une alimentation majoritairement gravitaire limite les besoins en pompage et stabilise les coûts d’exploitation. Le tout piloté par une gouvernance exigeante, avec des coûts de fonctionnement parmi les plus faibles de France, quand 18 % des services français ne respectent pas le seuil réglementaire minimum de rendement.

L’attentisme récompensé

Voilà un modèle de performance publique, reconnu comme tel à l’échelle nationale. Pourtant, avec le programme « Sauvons l’eau 2025-2030 », ce service exemplaire se retrouve exclu des financements de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Son crime ? Un tarif inférieur (!) de 5 centimes au prix plancher fixé à 1,15 euro HT/m³. Voilà le prix de l’excellence dans l’Absurdistan français.

Le principe d’un prix plancher pour accéder aux crédits de l’Agence de l’eau est, en soi, défendable. Il vise à inciter les collectivités les moins performantes à investir dans leurs réseaux et à améliorer leur gestion. Mais son application mécanique produit l’inverse de l’effet recherché : elle punit la vertu et récompense l’attentisme.

Le paradoxe est total. Les usagers de l’agglomération cannoise contribuent comme tous les autres aux redevances de l’Agence, soit environ 520 millions d’euros par an pour le bassin. Ils paient, mais ne peuvent plus bénéficier des crédits qu’ils financent. Pendant ce temps, les collectivités qui n’ont pas anticipé, qui ont laissé leurs réseaux se dégrader, qui affichent des rendements médiocres, elles, continuent de toucher les aides publiques.

Ce n’est pas un bug dans le système. C’est le système ! Un système qui applique des critères quantitatifs sans analyse qualitative, qui punit les pionniers et protège les retardataires.

Le signal envoyé aux élus locaux est désastreux : n’investissez pas trop tôt, attendez que le réseau se dégrade pour bénéficier de financements. C’est l’inverse exact de ce que requiert l’action écologique, qui exige anticipation, vision de long terme et courage politique. On décourage ceux qui ont fait les bons choix. On récompense ceux qui procrastinent.

Cette incohérence atteint son paroxysme avec le traitement réservé à la réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Voici le deuxième cas local.

Le 15 décembre dernier, dans une commission consultative obligatoire (il y en a beaucoup…), l’Etat a refusé de reconnaître la REUT comme une ressource pertinente dans la stratégie de préservation de l’eau.

Restriction des usages

Le motif avancé par la sous-préfecture ? « La REUT n’est pas une ressource. Il faut privilégier la restriction des usages. » Telle est donc la doctrine : plutôt rationner que recycler, punir les usagers que valoriser l’innovation, oublier la finalité humaine et environnementale, et imposer la modalité contraignante techno-idéologique.

Cette position est une aberration. L’Agglomération Cannes Lérins a déployé la REUT de façon pionnière en France, après douze ans de bataille administrative contre les services de l’Etat. Depuis l’été 2023, les eaux usées traitées servent à laver les voiries, irriguer les espaces verts, arroser les pelouses des stades. En 2025, 170 000 m3 ont été réutilisés. La solution fonctionne. Elle est validée scientifiquement. Elle ne présente aucun problème sanitaire.

Et le nouveau projet apporterait deux fois plus d’eau à la rivière (la Siagne) que l’ensemble des actions prévues dans le Schéma d’aménagement et de gestion !

Or, que fait l’Etat « déconcentré » ? Il relègue cette solution au rang d’action secondaire. Il préfère la restriction uniformisée, pénalisant professionnels et habitants ; la décroissance plutôt que le bon sens.

L’absurdité est totale. Aujourd’hui, les eaux traitées – de qualité équivalente à l’eau potable – sont déversées dans la mer. Pendant ce temps, une quinzaine de stations d’épuration rejettent leurs eaux épurées dans la Siagne ou ses affluents. D’un côté, on gaspille une ressource précieuse dans l’eau salée. De l’autre, on refuse de reconnaître une solution qui marche.

Cette position contredit frontalement les engagements du président de la République qui, le 30 mars 2023, fixait l’objectif de passer de 1 % à 10 % de réutilisation des eaux usées d’ici 2030, avec 1 000 projets à lancer en cinq ans et une priorité aux zones littorales. L’Etat central annonce. L’Etat local sabote. L’inverse peut aussi être vrai…

Déficit d’investissement national

L’Italie, l’Allemagne, l’Espagne recyclent massivement leurs eaux usées. Israël et le Koweït atteignent 90 % de réutilisation. La France, elle, préfère bloquer ses pionniers. Résultat : les agglomérations de Cannes et de Grasse risquent d’être privées de financements pour avoir eu raison trop tôt, et surtout raison contre les technocrates et les idéologues.

Pendant ce temps, le déficit d’investissement national dans les infrastructures de l’eau atteint 4,6 milliards d’euros par an. L’Etat détourne 130 millions des agences de l’eau pour alimenter son budget général. Le Plan Eau annonce 475 millions supplémentaires, financés par une hausse des redevances sur les acteurs économiques.

Dans un pays qui ne cesse de parler de sobriété, d’efficacité et de responsabilité, cette inversion des incitations est un poison pour l’action publique. Elle incarne cette bureaucratie française qui nivelle par le bas, qui applique des règles en oubliant la finalité, qui décourage l’excellence au nom de l’égalitarisme et qui préfère l’idéologie au résultat.

Océan d’absurdités étatiques

Ces deux cas ne sont que deux gouttes d’eau dans un océan d’absurdités étatiques affrontées par les entreprises, les collectivités et les ménages. Ceux qui nous abreuvent de leçons écologiques sont les mêmes qui nous empêchent d’agir. Il est temps d’en finir, de récompenser la performance et l’anticipation plutôt que de les pénaliser, de mettre fin à la schizophrénie entre l’Etat qui annonce et l’Etat qui bloque. Ainsi va la France.

La souveraineté ne se proclame pas, elle se finance

Mercredi 7 janvier, invité de Sonia Mabrouk sur Europe 1 et CNews, David Lisnard a déroulé une même idée, de la neige à la géopolitique. La France s’est enfermée dans le commentaire, la dette et l’impuissance. Pour retrouver la liberté, il faut redevenir un pays fort, réorganiser en profondeur l’État, libérer la production et assumer une radicalité de réforme.

le 09 janvier 2026
DL CNEWS

D’un épisode neigeux à l’ordre mondial, David Lisnard refuse le réflexe français du commentaire et du procès permanent. Sur la neige comme sur le reste, il renvoie à une réalité concrète. L’action quotidienne repose d’abord sur les services locaux, pendant que l’État ajoute ses absurdités. Un maire agriculteur poursuivi pour 90 euros après avoir déneigé au tracteur illustre, selon lui, un mal français plus profond. « Qu’il vente ou qu’il neige, l’absurdité administrative frappe notre pays. »

Cette dérive du pays, David Lisnard la voit partout. « Le déclassement de notre pays se trouve dans tous les domaines. » Et elle se paie désormais cher, au moment même où le monde se durcit. Il constate un nouvel ordre mondial où « les pays défendent leurs intérêts » et où le droit international reste trop souvent un rapport de force. Dans ce contexte, la France se retrouve « démunie », faute d’avoir entretenu sa puissance.

Pour Lisnard, la souveraineté n’est pas une posture. C’est une capacité. Et cette capacité dépend d’abord des finances publiques. « Quand on parle de la dette, ce n’est pas qu’un problème comptable, c’est un problème de liberté. » Il frappe fort avec un chiffre, symbole de dépendance. La France paie « six fois plus d’intérêts de la dette que le budget de la justice » et « plus d’intérêts de la dette que le budget de la défense ». Conclusion, cinglante. « La puissance, la liberté, la souveraineté, ça ne se proclame pas. Ça se finance et ça s’organise. »

Sur la scène internationale, il assume une lecture lucide, sans hypocrisie. Le Venezuela, dit-il, n’est plus un régime souverain depuis longtemps, car la souveraineté repose sur la démocratie. Et il s’insurge contre les indignations sélectives autour des moyens utilisés contre Maduro, appelant à regarder en face les liens entre narcotrafic, terrorisme et islamisme. « Venezuela, Iran, Hezbollah, terroristes, narcotrafic, tout ça est lié. » Il va jusqu’à évoquer la nécessité d’une alliance internationale contre le narcotrafic. En parallèle, il trace une ligne nette sur le Groenland, jugeant inacceptables les positions américaines dès lors qu’elles visent un État « souverain et démocratique » comme le Danemark.

Mais son point central reste français. Face aux communiqués et aux indignations ritualisées, il pose la question du pouvoir réel. « Quand on est gouvernant, on n’est pas là pour commenter. » La réponse, selon lui, passe par « un travail de réorganisation profonde » fondé sur « la prospérité » et « la libération des forces de production ». Il alerte sur une France qui bat « le record des dépôts de bilan », engluée depuis la dissolution de 2024 dans une « léthargie démocratique » et un « déclin économique extrêmement grave ». Il appelle à « réamorcer un cycle démocratique » avec une nouvelle présidentielle et des législatives.

Sur le Mercosur, il défend une ligne libérale sans naïveté. Oui au commerce, non aux distorsions de concurrence. L’accord n’est « pas signable » s’il impose à la France des normes plus strictes tout en ouvrant la porte à des importations produites avec des substances interdites. Il dénonce aussi le poison intérieur des surtranspositions françaises qui accablent les agriculteurs davantage que leurs voisins européens. Encore « l’absurdistan ».

Sur la dépense publique, il retourne l’argument. La France dépense plus que les autres, mais obtient moins. Pour retrouver des services publics efficaces, il faut réduire le périmètre de l’État, supprimer des structures inutiles et alléger le fardeau sur ceux qui créent. « La baisse de la dépense, ce n’est pas une fin en soi. C’est le moyen d’alléger le fardeau sur ceux qui créent de la valeur. » Il appelle à une « radicalité » qui n’est pas l’extrémisme, mais « aller à la racine des choses ». À défaut, prévient-il, le « théâtre politique » ouvre un boulevard aux extrêmes.

Enfin, sur la liberté, il conclut par un signal politique. Il dénonce l’hypocrisie de l’extrême gauche et de LFI, « un danger pour la démocratie », accusés d’indignation à géométrie variable. « Ils voient du patriarcat dans un barbecue en France, mais ils ne voient pas du patriarcat dans les femmes qui se font pendre en Iran. » Pour lui, les Iraniens ne se soulèvent pas pour une simple crise de la vie chère. « Ils ne manifestent pas contre le prix de la corde du pendu ou contre le prix du voile. Ils manifestent aussi contre le régime théocratique et islamique. »

Le fil rouge de son intervention tient en une exigence. Sortir du commentaire, regarder le réel, reconstruire la puissance. Pour que la France redevienne libre. « Vive la liberté. Vive la liberté. »

«Vive la liberté» : David Lisnard appelle à s’inspirer de l’Argentine pour redresser la France

Si, à Buenos Aires, les résultats sont là, c’est qu’ils sont le fruit d’une pensée structurée, qui défend la liberté dans toutes ses expressions. Un système qui devrait inspirer la France, estime David Lisnard dans une tribune parue dans le JDNews.

le 09 janvier 2026
JDEWS

L’Argentine était en faillite. Elle se redresse vite et fort. Pourtant, élu en décembre 2023, Javier Milei avait été caricaturé par les idéologues de gauche. La rupture libérale qu’il proposait ne pouvait produire que de la casse sociale, une instabilité durable et un rapide rejet populaire ! Quels sont les faits ?

En deux ans, l’inflation est passée de 210 % à 41 % et devrait atteindre 17 % en 2026. Le budget fédéral affiche un excédent primaire de 1,8 % du PIB en 2024, le premier depuis quatorze ans. La pauvreté recule de dix points en un an pour s’établir à 36 %. La croissance est élevée, à 3-4 %. Et les Argentins ont plébiscité cette politique aux législatives d’octobre 2025 avec plus de 40 % des suffrages.

Une vision cohérente

Ces résultats relèvent d’une méthode claire et assumée : diminution de 35 % de la dépense fédérale, réduction de moitié du nombre de ministères, dérégulation massive, suppression de centaines de normes, fin des subventions inefficaces, recentrage de l’État sur ses fonctions essentielles. Mais la politique menée par Javier Milei ne se réduit pas à une simple performance économique. Elle porte une vision cohérente à travers la condamnation du wokisme, de l’étatisme, du collectivisme et de l’égalitarisme qui sont intrinsèquement liés et partagent une matrice commune.

Tous promettent la justice mais organisent le privilège de certains. Ils invoquent l’égalité mais créent de nouvelles castes. Ils se réclament de la liberté mais multiplient les tutelles. Ce n’est pas un hasard s’ils progressent ensemble : ils se nourrissent mutuellement et justifient ainsi l’extension du domaine de l’État aux dépens de la liberté. Javier Milei énonce que « l’État n’a pour seule fonction légitime que de protéger la vie, la liberté et la propriété ». Tout le reste relève de la responsabilité individuelle.

Et en France ? Si comparaison ne vaut pas raison, déni de réalité vaut déraison. La réalité, c’est que la France, sans être tout à fait comparable à l’Argentine du péronisme finissant, en présente quelques symptômes essentiels : record du monde des prélèvements obligatoires et de la dépense publique, déficits publics chroniques, dette qui explose, taux de pauvreté au plus haut depuis trente ans, et services publics qui ne cessent de se dégrader.

À quand en France ?

Ce qui a été engagé en Argentine montre qu’il est possible de briser cette spirale infernale de l’interventionnisme, de l’étatisme et de l’égalitarisme en faisant le choix de la liberté. Liberté de travailler en levant les trappes à l’inactivité et en récompensant davantage l’effort. Liberté d’entreprendre en allégeant un environnement normatif devenu dissuasif.

Liberté d’investir et de produire en mettant fin à une bureaucratie qui entrave la création de richesse. Liberté, enfin, pour l’État lui-même, libéré de tâches qui ne relèvent pas de la puissance publique. Ce qu’il faut retenir de l’Argentine de Milei, c’est la rupture radicale et culturelle avec un système en faillite. Ce dont notre pays a urgemment besoin. Nous devons porter en France un vent de liberté et de responsabilité individuelle. « ¡Viva la libertad, carajo ! »

 

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Le JDNEWS 070126 - Tribune de David Lisnard - Leçons d'Argentine_Page_2