« La droite doit sortir du corner » : les confidences de David Lisnard, le maire le mieux élu de France
Le président de l’Association des maires de France a été réélu à Cannes avec 81 % des voix. Ce qui lui donne des ailes pour la prochaine présidentielle, à laquelle il sera candidat. Un article de Jérôme Cordelier paru dans Le Point.
81 % des voix, voilà un capital électoral rondelet qui fait de David Lisnard le maire le mieux élu de France pour les villes de plus de 30 000 habitants. L’édile, alors qu’il se présentait pour un troisième mandat, se paie même le luxe de récolter encore plus de voix (20 000) que les fois précédentes, en 2020 (13 100) et en 2014 (16 000). Autre précision : Cannes n’avait jamais réélu trois fois un maire dans l’Histoire de la Ve République, même ces deux édiles historiques que sont Bernard Cornut-Gentille, ancien ministre de de Gaulle, et Anne-Marie Dupuy, chef de cabinet de Pompidou.
81 % des voix : un vrai score à la soviétique ! L’interpellation fait sourire l’intéressé. « Je serais le premier libéral soviétique, ce serait un comble » , rétorque David Lisnard.
Quand on l’interroge sur les ressorts de ce triomphe, immédiatement l’heureux (ré)élu se place sur le terrain social : « Cannes est une ville à rayonnement internationale, mais ce n’est pas Beverly Hills, croyez-le ! C’est une ville de 75 000 habitants, contrastée socialement, dont le revenu médian et imposable est inférieur à la moyenne départementale, régionale, nationale, avec un taux de pauvreté qui représente le double de celui de Paris. » Et la fierté – aussi – du maire est d’avoir obtenu un excellent score dans les quartiers populaires, réalisant un grand chelem, dans les 56 bureaux de vote.
Le RN contenu
Autre satisfecit : alors que le RN tisse sa toile dans la région, David Lisnard a su contenir la liste du mouvement d’extrême droite qui – pour la première fois – se présentait contre lui. « Le RN a fait quatre fois moins qu’aux élections législatives et quatre fois moins qu’aux européennes », se félicite l’élu.
Sa force ? « Le travail accompli, souligne-t-il, sans ambages. On a baissé la dette, réduit la fiscalité tout en augmentant les investissements. Cet effort est perceptible pour les habitants. Notre projet a été travaillé, documenté, et il a été porté par une équipe solide. Et j’ai mené la campagne comme si c’était pour la première fois, en étant constamment sur le terrain, comme je le suis tous les jours. Nous avons fait la démonstration qu’une proposition politique solide sur les principes, qui porte une ambition collective, en parlant d’avenir tout le temps tout en étant ancré dans les réalités, ça marche ! »
Autre atout : la transparence. « J’ai constitué une liste d’intérêt local, mais je ne cache pas qui je suis. Tout le monde connaît mes convictions. J’ai annoncé avant de lancer ma candidature mes ambitions présidentielles, ce qu’ont tenté d’utiliser contre moi la gauche et le RN, et ils ont fait choux gras : je n’ai pas triché, et les habitants ont choisi de m’accompagner. »
2027 en ligne de mire
La morale de l’histoire ? « Une droite affirmée et indépendante peut être gagnante !, souligne celui qui est toujours encarté LR. Il faut que nous nous libérions, y compris au sein de LR, de tout ce conformisme étatiste, collectiviste qui nous fait perdre depuis quarante ans. Une droite indépendante, libérale, sécuritaire, portée sur les questions éducatives et scientifiques peut redresser le pays. C’est ce que je veux proposer au pays avec mon mouvement Nouvelle énergie. La droite doit sortir du corner, sur le ring de boxe que représente la scène politique, ne pas rester dans un angle. Ce qui compte, c’est d’avoir des convictions et de les porter. Arrêtons de nous laisser enfermer dans l’étau mortifère Le Pen/Bardella – Mélenchon. Tous ces gens-là nous proposent de rafistoler un système qui a fait son temps. Aujourd’hui, on peut porter sur le terrain politique une espérance du XXIe siècle. »
Triomphalement élu, voici la route de celui qui est le président de la puissante Association des maires de France (AMF) dégagée vers l’horizon de la présidentielle. L’homme se sent-il libéré ? « Je me suis toujours senti très libre, décoche-t-il. Ce résultat m’oblige plus qu’il ne me libère : il ne me confère aucun droit, seulement des devoirs, je dois me montrer à la hauteur du choix des électeurs. J’ai un mandat à exécuter. » Mais aussi un projet présidentiel à bâtir. Et, sans qu’on lui demande, voici que ce présidentiable qui creuse son sillon en marge des appareils avec lequel il faudra plus que jamais désormais compter s’emballe.
« Il faut libérer le pays, y compris sur la question de l’immigration, soutient David Lisnard. On peut multiplier les gardes-frontières, modifier la Constitution pour serrer les flux migratoires, il y aura toujours des appels d’air, à cause de l’État-providence. C’est lui la principale cause de l’immigration. Il faut rompre avec un système qui sponsorise l’oisiveté. Nous, on va faire en sorte d’accueillir les meilleurs, en proposant une voie libre qui repose sur les ressorts d’une prospérité adaptée au XXIe siècle. Je ne me sens aucun point commun avec une fausse droite que l’on retrouve aussi bien à LR qu’au RN ou chez les macronistes, ces gens qui ont voté un budget fiscaliste, la fin de la réforme des retraites. Nous, ce qu’on veut, c’est une vraie rupture libérale. »
On l’aura compris, doté de ce score impressionnant aux municipales, David Lisnard sent gonfler les voiles de son bateau Nouvelle énergie, vers le large. Cap sur 2027.
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Lutte contre l’incivisme : le combat quotidien
À Cannes, alors que l’incivisme est traqué en temps réel, patrouilles et prévention conjuguées rappellent que « l’espace public n’est pas un dépotoir ».
Le talkie-walkie grésille. À peine le temps d’échanger quelques mots qu’une voix signale un jet de détritus à deux rues de là. La patrouille de la propreté urbaine accélère alors le pas. À Cannes, la lutte contre l’incivisme n’est pas une théorie : elle se pratique, sur le terrain, du matin au soir. Derrière l’image de carte postale, la ville mène une bataille quotidienne pour rester propre. Car, « aujourd’hui, on ne dit pas que la ville est sale, on dit qu’elle a été salie », insiste Thierry Gaudineau, directeur de la propreté urbaine.
Le glissement sémantique est assumé. La salissure n’est plus une fatalité, mais la conséquence d’un comportement. Un mégot, un sac posé à côté d’une corbeille, un encombrant abandonné en bas d’un immeuble : autant de gestes qui déclenchent une mécanique bien rodée.
« C’est le cœur même de notre action »
Avant de prendre la route, les équipes se coordonnent. À 9 h, police municipale et services de la propreté croisent leurs signalements. « Tous les effectifs ont cette mission-là. Ce n’est pas une unité à part, c’est le cœur même de notre action quotidienne », explique Rémi Andrieux, adjoint au directeur opérationnel. « On adapte nos passages en fonction des habitudes constatées. Quand un point revient régulièrement, on renforce la présence. »
Sur le terrain, le flagrant délit reste cependant l’exception et la dissuasion passe aussi par l’œil numérique. Avec 1 028 caméras déployées dans la commune, Cannes dispose de l’un des réseaux de vidéoprotection les plus denses de France. Depuis le Centre de supervision urbain (CSU), les opérateurs signalent tout geste d’incivilité. La patrouille la plus proche est aussitôt dirigée sur place. « À partir du moment où l’infraction est constatée, elle est relevée », insiste Yves Daros, directeur de la police municipale.
La ligne est assumée. « Il faut que la règle soit claire pour tout le monde. Quand on verbalise, ce n’est pas pour faire du chiffre, c’est pour rappeler que l’espace public n’est pas un dépotoir. » En 2025, plus de 3 500 procès-verbaux ont été dressés pour jets de détritus ou sorties de poubelles hors des emplacements prévus.
Une politique de tolérance zéro, visible et régulière, qui commence à porter ses fruits. « La sanction a un effet réel. Les comportements évoluent, parce qu’il y a une réponse systématique », poursuit Yves Daros. Ceux qui persistent le font désormais en connaissance du risque.
« L’utopie reste l’objectif »
La répression n’est pourtant qu’un volet de la stratégie. « Dans les trois temps de la propreté urbaine, il y a la communication, les moyens mis à disposition et la sanction », détaille Thierry Gaudineau. Les rues les plus fréquentées sont nettoyées plusieurs fois par jour. En période estivale, les équipes travaillent jusqu’à 23 heures sur 24 pour absorber le triplement de population. Rien que pour la propreté urbaine, près de 2 000 tonnes de déchets sont ramassées chaque année sur le domaine public. Un coût de plusieurs millions d’euros, pour 210 agents permanents, renforcés par des saisonniers. « L’incivisme oblige parfois à repasser là où l’on est déjà passé », souligne le directeur.
Sur la place Roubaud, à Cannes-la-Bocca, les commerçants jouent aussi leur rôle. « Une rue propre attire la clientèle », confie l’un d’eux. « On ramasse ce qui traîne devant la boutique et on rappelle gentiment aux clients de ne pas jeter leurs déchets n’importe où. » Au fil des années, les mentalités semblent évoluer.
« On ne pourra jamais supprimer toutes les infractions, mais l’utopie reste l’objectif », glisse Nicolas Iltis, responsable de secteur.
Certains habitants n’hésitent plus à interpeller un voisin qui jette son mégot. La peur de la sanction s’ajoute désormais au regard des autres. Et chaque geste incivique laisse maintenant son empreinte.
Voir cet article sur le site de Nice-Matin.
Le futur campus Vatel accueillera 344 logements
La « Vatel Academy » regroupera aussi une résidence de tourisme de 129 logements, un parking, des espaces d’enseignement, ainsi qu’un hôtel d’application. Un article de Nice-Matin.
De nombreux logements verront le jour ces prochaines années et ont fait l’objet de délibérations lors du dernier conseil municipal. D’abord, le bailleur CDC Habitat Social, qui gère déjà 241 logements locatifs sociaux à Cannes, s’engage à en réaliser 51 autres, au 68, chemin des Gourguettes, à La Bocca, sur un terrain dont il est propriétaire, pour près de 11 millions d’euros. La future résidence, subventionnée pour 120 000 euros par la Ville, qui bénéficiera d’une proximité avec les établissements scolaires et les transports, sera livrée au 3e trimestre 2029.
Toujours à La Bocca, au pied de la colline de la Croix-des-Gardes, la S.A. Unicil s’est portée acquéreuse de huit logements locatifs sociaux, en « vente en état futur d’achèvement » (Vefa) au sein de la résidence L’Écrin des Gardes (15, avenue François-Tuby). Cinq logements (deux T2, trois T3) seront conventionnés en Prêt locatif à usage social (PLUS), et trois T2 en Prêt locatif aidé d’intégration (PLAI). Pour soutenir la création de ces logements, livrés en avril 2028, la municipalité accorde une garantie d’emprunt auprès de la Caisse des dépôts et consignations.
Une opération à 36,88 millions d’euros.
Surtout, Cannes renforce sa dynamique universitaire avec l’implantation d’une école Vatel (école internationale du management de l’hôtellerie et du tourisme) sur le site des ex-locaux de l’AFPA, au 161, avenue Francis-Tonner. Pour loger ces futurs étudiants (1000, à terme), 3F Résidences a acquis, auprès du promoteur Océanis Promotion, 344 logements en Vefa, au sein du futur campus. Logements qui seront répartis sur deux résidences : l’une pour les étudiants (141 studios meublés) et l’autre pour les jeunes actifs et saisonniers (203), et bénéficieront d’un fonctionnement mutualisé, avec gestion et accès communs, assurés par l’association Hébergement solidaire engagé.
La « Vatel Academy » regroupera aussi une résidence de tourisme de 129 logements, un parking, mais aussi un campus composé d’espaces d’enseignement, un hôtel d’application avec une cinquantaine de chambres, un restaurant, un bar, etc. La Ville subventionne l’opération — valeur totale : 36,88 millions d’euros — à hauteur de 200 000 euros pour les 203 logements étudiants, et le projet devrait être livré pour la rentrée 2028.
La Ville acquiert la Bastide du Riou
C’est une vente quelque peu inhabituelle qui a été actée lors de la séance. La Ville se porte acquéreuse de la Bastide du Riou. Villa de maître construite dès 1924, à l’initiative du Maharadja Martanda Bhairava Tondeiman, dirigeant de l’État princier de Pudukkottai (Inde britannique), elle a appartenu, dans les années 1970, au président de la banque BNP. « Au-delà de son intérêt patrimonial historique et architectural, la propriété présente un potentiel stratégique pour la politique de rayonnement culturel et audiovisuel, explique la Ville. Par la qualité de son architecture et de ses espaces extérieurs, ce site constitue un lieu adapté à l’accueil de tournages audiovisuels et cinématographiques, en cohérence avec les besoins des professionnels du secteur. »
Alors, « soucieux d’assurer la préservation de sa demeure historique et désireux d’en faire un site potentiellement utilisé pour la filière audiovisuelle », le propriétaire des lieux a proposé à la commune d’acquérir la propriété moitié prix — trois millions d’euros au lieu de six. Tout en continuant à y habiter, il autorise la Ville à y organiser des rencontres culturelles et des tournages, permettant à la commune de « sanctuariser cette demeure d’exception (…) et de renforcer ses actifs, mais aussi de disposer d’un site de tournage en extérieur rare et qualitatif, venant renforcer l’offre de lieux mobilisables dans le cadre de la filière Cannes On Air. »
Dissuasion nucléaire : ce que le discours du président de la République dit et ce qu’il ne dit pas
Aujourd’hui, la France consacre 57 milliards d’euros à sa défense, soit à peine 2 % de la richesse nationale. Or l’effort requis ne se limite pas à la dissuasion. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour l’Opinion.
Le président de la République a choisi l’île Longue pour redéfinir la doctrine nucléaire de la nation. Le lieu imposait la gravité, le moment l’exigeait : la guerre en Ukraine dure depuis quatre ans, la garantie américaine n’est plus le paravent de nos renoncements, la prolifération s’accélère, une guerre ouverte embrase le Moyen-Orient.
Plusieurs des annonces faites étaient nécessaires et attendues. Certaines appellent un examen exigeant. D’autres enfin, par leur absence, révèlent une vision tronquée des réalités stratégiques mondiales.
Plusieurs des décisions annoncées s’imposaient : la réévaluation à la hausse de notre arsenal, le lancement du missile hypersonique ASN4G, la confirmation du sous-marin de nouvelle génération, la coopération avec le Royaume-Uni et l’Allemagne sur les missiles conventionnels longue portée, et le refus de toute nucléarisation du bas du spectre. Ce sont là des impératifs que des années de sous-investissement militaire rendaient d’autant plus urgents.
Encore faut-il que ces ambitions soient adossées aux moyens qui les rendent possibles. Aujourd’hui, la France consacre 57 milliards d’euros à sa défense, soit à peine 2 % de la richesse nationale. Or l’effort requis ne se limite pas à la dissuasion.
Capacités d’alerte avancée
Le Président reconnaît lui-même un « manque criant » sur le conventionnel, et les capacités d’alerte avancée, de défense aérienne élargie et de frappe dans la profondeur qu’il appelle de ses vœux exigent des investissements considérables. Pour atteindre 3 % du PIB, il faudrait porter ce budget autour de 100 milliards d’euros par an ; viser 3,5 % à l’horizon 2035 impliquerait un ordre de grandeur de 120 milliards.
Or la dette publique atteint 117,4 % du PIB, la charge de cette dette s’élèvera à 74 milliards cette année et un pays qui consacre 31 % de son PIB aux dépenses sociales ne peut pas financer un réarmement de cette ampleur sans réformer en profondeur ses structures de dépenses. L’effort de défense suppose un effort préalable de réforme de l’État.
Le discours n’en dit mot.
Au-delà de la question des moyens, c’est la doctrine elle-même qui appelle un examen exigeant. Le concept de « dissuasion avancée » constitue l’inflexion la plus notable du discours. Il était crucial que le Président rappelle qu’il n’est pas question de partager la décision ultime.
Disons-le avec la plus grande clarté : la dissuasion nucléaire française ne se partage pas, ne se négocie pas, ne se dilue pas. Elle est l’expression de la souveraineté nationale dans ce qu’elle a de plus absolu. Au même titre, le siège permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies ne saurait faire l’objet d’aucun partage ni d’aucune délégation. Ce sont deux piliers majeurs de notre statut de puissance : l’un garantit notre capacité de dissuasion, l’autre notre capacité d’initiative diplomatique.
Extension de la couverture
Cela posé, le dialogue avec nos partenaires européens sur l’extension de la couverture de notre dissuasion peut aller dans le bon sens, à condition qu’il ne laisse nulle place au doute : la France reste la seule et unique décisionnaire.
Toute architecture de coopération doit renforcer nos positions, non les contraindre. Or des questions opérationnelles sérieuses demeurent. Stationner des vecteurs nucléaires sur des bases étrangères crée une dépendance logistique réelle, et un pays hôte qui refuserait l’accès en situation de crise exercerait un veto de fait.
Le précédent américain est éclairant : la Turquie a démontré qu’un Etat pouvait menacer de fermer l’accès à une base accueillant des armes nucléaires qui ne lui appartiennent pas. Ces risques doivent être pesés avec rigueur, non écartés par l’enthousiasme d’une annonce.
Par ailleurs, le chancelier Merz a déclaré le 18 février dernier que l’Allemagne n’avait « pas besoin du même avion que la France », enterrant de facto le SCAF dont dépend le renouvellement de notre composante aérienne de dissuasion après 2040. Peut-on bâtir une dissuasion commune avec un partenaire qui ne s’accorde pas avec nous sur un avion de combat conventionnel ?
Le discours de l’île Longue s’inscrit principalement et légitimement dans une perspective européenne. Mais la transformation stratégique mondiale va bien au-delà. La Chine n’a de cesse d’augmenter significativement ses capacités nucléaires depuis dix ans, modernise l’ensemble de ses composantes terrestres, navales et aériennes, et se positionne pour rivaliser, d’ici quelques années, avec les Etats-Unis.
La Corée du Nord déploie déjà des missiles balistiques de très longue portée et développe des têtes multiples, ce qui renforce sa capacité de frappe et bouleverse l’équation de sécurité dans l’Indopacifique. La guerre en Ukraine pourrait, elle-même, susciter des volontés de nucléarisation chez des Etats qui sentent peser sur eux une menace existentielle.
Multiplication des puissances nucléaires
Nous entrons dans un monde où la multiplication des puissances nucléaires et l’accroissement de leurs capacités rendront les équilibres stratégiques infiniment plus instables que pendant la guerre froide. La doctrine française doit intégrer cette réalité dans toute sa profondeur.
Au Moyen-Orient, le régime iranien paie depuis quelques jours le prix de décennies de déstabilisation régionale, de prolifération balistique et nucléaire, de soutien au terrorisme islamique et d’écrasement de son propre peuple. Les frappes américaines et israéliennes du 28 février ont peut-être retardé son programme nucléaire, elles ne l’ont pas éliminé.
Le détroit d’Ormuz est fermé, le Hezbollah ouvre un front depuis le Liban, Chypre est frappée, 400 000 ressortissants français se trouvent dans la zone de conflit. Ce sont les conséquences concrètes d’une crise que la France aurait dû contribuer à anticiper, et non découvrir avec stupeur.
La réaction initiale de l’Elysée aux frappes du 28 février a révélé une forme de sidération : sous-estimation de l’action américaine, incompréhension de la nouvelle donne, appel réflexe à la « désescalade » sans alternative crédible. Emmanuel Macron a semblé alors reproduire l’erreur historique de François Mitterrand face au soulèvement en RDA et à la chute du mur de Berlin. Par confort intellectuel et conformisme diplomatique, il a sous-estimé ce qui était en train de se produire, dénigré une action qu’il n’avait pas su anticiper.
L’allocution du 3 mars a partiellement corrigé le tir : le Président pointe la responsabilité du régime iranien, rappelle nos accords de défense dans la région, et déploie des moyens concrets pour remettre la France dans le jeu. Il eût été préférable qu’elle n’en fût jamais sortie.
Assurance-vie de la nation
La dissuasion nucléaire est l’assurance-vie de la nation et il était à ce titre essentiel de préciser notre doctrine. Mais la dissuasion ne dispense pas d’une diplomatie capable d’anticiper les crises et de peser sur leur issue. Le prochain chef de l’Etat héritera de ces choix et de leurs conséquences. Il lui faudra une vision stratégique qui embrasse les réalités telles qu’elles sont et non telles que les grilles de lecture dépassées du Quai d’Orsay les comprennent. Ainsi va la France.
La Ville change l’éclairage public pour économiser l’énergie
Depuis lundi 23 février, les travaux ont lieu de nuit, pendant une semaine. Un article paru dans Nice-Matin.
60% d’économie d’énergie. C’est l’objectif affiché par la municipalité de Cannes qui a engagé, depuis lundi et jusqu’à vendredi, une opération de modernisation de l’éclairage public. Sept rues du centre-ville sont concernées par l’installation de nouveaux dispositifs présentés comme « plus performants » et offrant « un meilleur confort visuel », indiquent les services municipaux.
Les interventions se déroulent exclusivement de nuit afin de limiter la gêne pour les riverains. Si l’accès aux habitations est maintenu pour les résidents, la circulation automobile est déviée dans les périmètres en chantier.
Les interventions rue des États-Unis et rue Notre-Dame ont eu lieu dès le 23 février, et celles des rues Maréchal-Joffre et Jean-de-Riouffe à partir d’aujourd’hui. Ce sera ensuite au tour des rues Victor-Cousin, Tony-Allard et Lafontaine, les 26 et 27 février.
Au total, plusieurs dizaines d’équipements seront renouvelés. Le chantier porte sur quarante-trois lanternes fixées en façade ou sur des candélabres et quatre ensembles piétonniers.
Selon la mairie, « toutes les dispositions sont prises pour préserver la tranquillité des habitants durant la phase de travaux ».
L’intelligence artificielle s’attaque à la voirie
Les services techniques utilisent désormais l’IA pour repérer les fissures de la chaussée. Une méthode qui permet d’anticiper les réparations et d’intervenir avant que les petites dégradations ne deviennent des travaux lourds. Un article paru dans Nice-Matin.
Sur les routes de Cannes, la chaussée aussi est désormais passée à l’heure des données et de l’intelligence artificielle. Ici, l’asphalte ne se contente plus d’être réparé : il est scruté, analysé et anticipé. Au volant d’un véhicule ou sur un vélo, des agents municipaux sillonnent la ville, smartphone en main, pour nourrir un système d’intelligence artificielle capable de détecter les dégradations avant même qu’elles ne deviennent visibles pour les riverains. Nids-de-poule, revêtement usé, signalisation abîmée : la voirie cannoise se transforme en base de données géante avec, comme ligne directrice affichée par la mairie, un gain de temps, une réduction des coûts et surtout une intervention au bon endroit, au bon moment.
Au total, plus de 175 kilomètres de voirie ont déjà été passés au crible.
Un diagnostic en temps réel
L’application embarquée photographie automatiquement la chaussée tous les quatre mètres. L’algorithme analyse le type de revêtement, repère fissures et affaissements et contrôle l’état des panneaux de signalisation, avec une extension prochaine au marquage au sol.
« L’intelligence artificielle nous permet d’objectiver l’état réel de la voirie, explique Christophe Biche, directeur général adjoint des services techniques. On peut hiérarchiser les priorités et investir chaque euro là où il est nécessaire. »
Les données, elles, sont ensuite cartographiées. Chaque bout de route apparaît avec un code couleur du vert pomme au rouge tomate selon le niveau de dégradation.
Un système qui accélère le travail des équipes : « Quatre agents ont pu analyser 80 kilomètres en deux semaines, là où un diagnostic classique pouvait mobiliser jusqu’à trente agents pendant plusieurs mois. » Mais malgré cette nouvelle dépendance robotique, l’humain garde le dernier mot. Avant toute programmation de travaux, une vérification de terrain reste obligatoire.
« On veut privilégier des interventions rapides »
L’enjeu reste pourtant budgétaire. La Ville veut privilégier les interventions rapides sur les dégradations naissantes plutôt que les réparations lourdes. « On ne peut pas refaire 180 kilomètres d’un seul coup », rappelle Christophe Biche, qui doit tenir compte de la fréquentation des axes et du niveau de dangerosité. « On veut privilégier des interventions rapides, de l’ordre de 5 000 à 10 000 euros, pour éviter d’avoir à engager, dans deux ou trois ans, des travaux lourds pouvant atteindre 100 000 euros. »
Le dispositif, fondé sur l’intelligence artificielle, représente de son côté 30 000 euros la première année, puis 15 000 euros les deux années suivantes. Après douze mois d’expérimentation en 2025, la municipalité a désormais basculé dans une phase pleinement opérationnelle. Désormais, la voirie cannoise entre ainsi dans une logique d’anticipation : un suivi permanent pour traiter les faiblesses avant qu’elles ne deviennent trop coûteuses.
« Les agriculteurs ne demandent pas la charité mais la liberté d’entreprendre et une juste reconnaissance de leur labeur »
Ce Salon de l’Agriculture, qui vient de s’ouvrir sans la présence des bovins, est le symbole du déclin de la puissance agricole tricolore. Les aménagements ponctuels du secteur ne suffisent plus, une refonte globale est indispensable afin d’en restaurer la compétitivité, plaide David Lisnard dans une tribune parue sur Les Échos.
La France est une nation agricole.Elle l’est par ses terroirs, par ses savoir-faire, par la compétence de ses agriculteurs et la qualité de sa recherche. Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement se fracturent et où la démographie impose de nourrir deux milliards d’êtres humains supplémentaires d’ici 2050, cette vocation n’est pas un héritage à muséifier ou à regarder péricliter. C’est un levier de puissance et d’indépendance.
Encore faut-il en avoir conscience et vouloir s’en saisir.
Le Salon de l’Agriculture a ouvert ses portes samedi dernier.
Pour la première fois en soixante ans, aucun bovin n’y sera présenté. La dermatose nodulaire contagieuse a contraint les éleveurs à renoncer. Ce Salon sans vaches est un symbole : celui d’une agriculture française dont le déclin semble être organisé.
Agriculteurs entrepreneurs
Certes, le gouvernement annonce une loi d’urgence agricole. Mais le périmètre retenu – eau, prédation, moyens de production – reste très en deçà de ce qu’exige la situation. Rien sur la compétitivité fiscale et sociale. Rien sur la reconquête de la valeur ajoutée. Rien sur la souveraineté en matière d’intrants. Rien sur la refondation de la PAC. Les agriculteurs n’attendent plus des ajustements
partiels ni des aides ponctuelles. Ils veulent être considérés pour ce qu’ils sont : de véritables entrepreneurs.
En trente ans, le revenu net agricole a fondu de 40 %. Un agriculteur sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. La valeur ajoutée agricole a baissé pour la deuxième année consécutive alors qu’elle progresse chez nos voisins européens. L’excédent agroalimentaire atteignait 10,4 milliards d’euros en 2022. Il est tombé à 4,9 milliards en 2024, puis à 200 millions en 2025,aux portes du déficit ! Les importations agroalimentaires ont bondi à plus de 64 milliards, en hausse de 8,5 % sur un an. La France était la deuxième puissance agricole du monde. Elle se situe aujourd’hui entre la cinquième et la sixième place.
Six objectifs clairs
Ce déclassement résulte de choix politiques : surtransposition des normes, charges sociales deux à trois fois supérieures à celles de nos concurrents, bureaucratie qui absorbe 15 % du temps de travail, accords commerciaux ouvrant nos frontières à des produits fabriqués sans aucune de nos contraintes. Il ne s’agit plus d’aménager ce système. Il faut le refonder autour de six objectifs clairs.
Replacer la production au coeur des politiques publiques. La PAC doit récompenser la production et l’investissement, non entretenir une logique de contraintes et de gel des terres qui a contribué à amputer la production européenne par le passé. Les nouvelles techniques génomiques, que nos voisins utilisent déjà, doivent être autorisées sans délai. L’INRAE doit travailler pour les agriculteurs, pas contre eux. Le principe de précaution, devenu principe de paralysie, doit être retiré de la Constitution au profit d’un principe de responsabilité.
Sécuriser les intrants, l’accès à l’eau et aux ressources stratégiques. Nous importons 100 % de nos engrais potassiques et 70 % des azotés. Avec notre parc nucléaire, une filière française d’engrais décarbonés peut émerger. Le même raisonnement vaut pour l’eau : il faut permettre aux agriculteurs de stocker l’eau quand elle tombe pour l’utiliser quand elle manque. Laisser l’eau filer à la mer puis importer des denrées à l’empreinte carbone bien plus lourde est un non-sens.
Un maraîcher français supporte 45 % de charges sociales quand son homologue espagnol en paie 15 %.
Restaurer la compétitivité des exploitations. Un maraîcher français supporte 45 % de charges sociales quand son homologue espagnol en paie 15 %. Le transfert des charges non contributives vers la valeur ajoutée redonnerait de l’air aux exploitations. Chaque exploitation doit disposer d’un compte épargne aléas climatiques et économiques, défiscalisé, mobilisable en cas de crise.
Reconstruire les industries de transformation
Reconquérir la valeur ajoutée sur le sol français. Nous exportons du blé à 200 euros la tonne et importons des pâtes à 2.000 euros. Notre balance du bois est déficitaire de 7 milliards. Chaque tonne de matière première qui part sans être transformée, c’est de l’emploi perdu. Il faut reconstruire un maillage territorial d’industries de transformation et développer les filières d’avenir : protéines végétales, chimie verte, bois.
Libérer les agriculteurs par la simplification. Neuf heures de paperasse par semaine et par exploitant, soit l’équivalent de cent mille emplois engloutis dans la bureaucratie. Un interlocuteur unique par exploitation, suppression des déclarations redondantes et des surtranspositions. La confiance doit redevenir le principe, l’obligation administrative l’exception.
Faire de l’agriculture un levier géopolitique. La réciprocité des normes doit devenir la règle dans les accords commerciaux : un produit interdit chez nous ne peut pas être autorisé à l’importation. Des clauses de sauvegarde unilatérales doivent pouvoir être appliquées. Une diplomatie agricole offensive entre l’Europe et l’Afrique doit être bâtie. La préférence communautaire en matière alimentaire doit être assumée.
Les agriculteurs ne demandent pas la charité mais la liberté d’entreprendre et une juste reconnaissance de leur labeur. Ce ne sont ni les terres, ni les compétences qui manquent. C’est le courage politique de porter l’agriculture française non comme un combat d’arrière-garde mais comme un projet d’avenir. Un projet d’indépendance, de puissance et de fierté nationale.
Retrouvez cette tribune sur le site des Échos en cliquant ici.
David Lisnard détaille ses projets pour l’avenir
C’est dans un théâtre de la Licorne plein à craquer que le maire et candidat à sa réélection a énoncé sa feuille de route, égrainant de nombreux projets. Un article de Nice-Matin.
C’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’est apparu David Lisnard, hier soir dans un théâtre de la Licorne plein à craquer. Pas pour un meeting de campagne, indiquait le maire-candidat « en préambule », mais pour une grande soirée d’« énumération de projets » « conçus pour Cannes, avec Cannes comme finalité ». Des projets « crédibles », que David Lisnard entend réaliser sur une dizaine d’années, car « on ne peut pas concevoir de projets structurants avec le calendrier électoral », soit six ans.
Et si le président de Nouvelle Énergie a annoncé ne pas vouloir parler de politique nationale, il n’a tout de même pas su s’empêcher de tacler le président Macron et d’évoquer l’attaque de Michel Tabarot à son encontre, sur le cumul des mandats (notre édition du 18 février). Pendant la soirée, il est longuement revenu sur le bilan de douze années de mandats, évoquant pêle-mêle le renouveau de la place Roubaud, la création du campus Georges-Mélinès, la rénovation de la place du Commandant-Lamy, le projet Boccacabana, la création de la salle des fêtes de La Bocca, le skatepark de la Roseraie, la rénovation du boulevard Alexandre-III, la transformation des allées de la Liberté, la rénovation de la Malmaison.
Mais aussi ses combats contre les incivilités, pour plus de sécurité : « On a triplé notre parc de caméras de vidéoprotection », la baisse des taux communaux (-3,6 %), la création de squares (onze), le projet de la Nouvelle Frayère.
Tester « l’école autrement »
Et s’il n’a pas présenté ses futurs colistiers, c’est tout de même en présence de ses plus proches élus – Joëlle Arini, Franck Chikli, Nicolas Gorrix, Françoise Bruneteaux – et de la députée Alexandra Martin, que David Lisnard a présenté sa feuille de route pour le mandat à venir. Le candidat LR a prévu de rénover l’école Eugène-Vial, de réaliser une extension à l’école Méro pour le périscolaire, de reconstruire la cuisine centrale. Mais aussi d’expérimenter une « école autrement », avec par exemple un lever du drapeau…
Au niveau sécuritaire, il est prévu de créer une brigade de lutte contre le bruit, de désigner un élu anti-nuisance, d’installer des radars anti-bruit… Mais aussi d’étendre la vidéoprotection et de former des chiens adoptés à la SPA à la détection de drogue.
Autres grands projets : le réaménagement et la végétalisation de la voie rapide ; la restructuration, la rénovation, la végétalisation et l’embellissement des zones industrielles des Tourrades et de la Roubine ; la piétonnisation de la rue Forville.
Le marché Gambetta embelli
Les Jeudis du Suquet seront créés ; un dispositif de bail réel solidaire instauré ; le foyer pour les SDF sera reconstruit ; un gymnase sera adapté pour le rendre inclusif pour les porteurs de handicap et atteints de troubles autistiques.
Niveau santé, la réalisation d’une structure d’accueil pour jeunes en souffrance psychologique, la construction d’un pôle santé à la Frayère.
Les animaux et l’environnement ne sont pas oubliés, puisqu’il est prévu de créer un jardin canin aux Hespérides, d’expérimenter des capteurs thermiques dans les parkings pour détecter les chiens abandonnés. Un city stade sera créé dans les secteurs est, tout comme un mur d’escalade en plein air dans la ville, le Palais des Victoires sera rénové, tout comme le musée du Masque de fer. Enfin, après Forville, ce sera au tour du marché Gambetta de profiter d’un embellissement.
Quels seront les grands investissements en 2026 ?
Lors du dernier conseil municipal du mandat, le budget primitif a été voté à l’unanimité. Parmi les grands projets : le réaménagement du boulevard de la Croisette, la rénovation et l’embellissement des cimetières… Un article de Nice-Matin.
C’est une bonne nouvelle pour les Cannois : les mesures d’allègement de la fiscalité communale, mises en œuvre l’an passé, seront reconduites en 2026. Pour rappel, l’année dernière, les impôts, inchangés depuis 2014, avaient baissé de 3,6 % pour les trois taxes locales. Une décision validée lors du vote du budget primitif, ce lundi, lors du dernier conseil municipal du mandat.
Le maire-candidat David Lisnard en a profité pour rappeler que, depuis 2014, la dette a été diminuée de 81 735 351 euros.
« Les efforts d’économie pour une stricte maîtrise budgétaire seront poursuivis, pour permettre de pallier les effets cumulés des prélèvements et transferts de charges supplémentaires unilatéraux de l’État et dégager un niveau d’épargne nette autorisant le maintien de la capacité d’investissement de la commune », ajoute-t-il.
Depuis 2014, ce sont 722 409 447 euros qui ont été investis. Et, pour 2026, ce montant est de 176 615 741 euros, dont 81 700 000 euros dans le budget principal de la Ville. Soit l’un des plus gros montants du mandat (avec 2025), « pour préparer l’avenir en renforçant l’activité de Cannes ».
Modernisation du Palais, travaux à Forville…
Et parmi les principales opérations programmées pour 2026, se trouve notamment l’aménagement du centre de La Bocca, avec la continuité du réaménagement de la place Roubaud (10 168 000 euros), commencé en 2023 ; mais aussi l’aménagement et l’embellissement du boulevard de la Croisette (8 000 000 euros), qui devraient débuter à l’automne 2026 ; la restructuration et le confortement du toit du marché Forville (7 866 000 euros), qui se prolongera en 2026 ; la modernisation et l’embellissement du Palais des festivals et des congrès (6 000 000 euros) ; Nouvelle Frayère (5 130 033 euros), « qui vise à rendre le quartier plus beau, plus sûr et pratique » ; la réhabilitation de la ferme Giaume (2 820 000 euros).
Ou encore le plan école (2 171 787 euros) ; le réaménagement des boulevards du Midi et Jean-Hibert pour favoriser la promenade et la pratique du sport (2 000 000 euros), avec le démarrage d’un nouveau tronçon et la remise en peinture de l’aire de fitness située au Rocher et dans l’axe du quai Laubeuf ; l’embellissement du front de mer (1 990 000 euros) ; la création d’une maison d’illustre au moulin Forville (725 606 euros), dédiée à l’histoire de Cannes et à la culture provençale ; la rénovation des bâtiments historiques sur l’île Sainte-Marguerite (1 199 202 euros) ; la rénovation et l’embellissement des cimetières (750 000 euros), avec l’aménagement des columbariums de l’Abadie II, la reprise du parking et la continuité des études paysagères et des interventions sur le site du Grand Jas.
PPE3 : une faute stratégique, démocratique et économique
On vend à perte une électricité dont on n’a pas besoin, et la différence est payée par les Français sur leurs factures et leurs impôts. Retrouvez la chronique de David Lisnard pour l’Opinion.
La France a besoin d’une stratégie énergétique ambitieuse pour que ses entreprises et ses habitants bénéficient d’une énergie la moins chère possible, fiable et décarbonée, en réduisant autant que possible sa dépendance dans un contexte géopolitique transformé. Il s’agit d’un impératif de compétitivité et de souveraineté, d’une condition sine qua non pour l’industrie et le numérique, d’une nécessité de confort de vie et de pouvoir d’achat pour les ménages. Ce n’est pas avec la PPE3 que le Premier ministre a signé par simple décret, sans débat ni vote des parlementaires, que la France y parviendra.
Oui, il faut davantage d’électricité bas-carbone dans notre bouquet énergétique pour réduire la part des énergies fossiles : l’électrification de la France est une obligation qui ne fait pas débat. Mais elle exige une électricité compétitive, un signal prix stable et prévisible et des choix de filières hiérarchisés selon leur coût réel complet. Pas un empilement d’investissements dictés par les lobbies et les échéances politiques. Or, ce que promet la PPE3, c’est un alourdissement de la facture électrique qui va détourner les Français de l’électricité, à l’encontre même du but recherché.
Les faits sont implacables. La France a produit 544 TWh d’électricité en 2025, pour une consommation intérieure de 450 TWh. Elle a exporté un volume record de 92,3 TWh. Le système est en surcapacité massive, documentée par RTE dès décembre 2025, et qui devrait se prolonger au moins jusqu’en 2027-2028. La consommation, loin de décoller, a reculé de 6 % à 8 % depuis 2019, passant d’un plateau de 475-480 TWh à environ 450 TWh.
La consommation industrielle chute
La consommation industrielle continue de chuter. Aucune commande, aucun contrat, aucun investissement privé ne signale un retournement imminent. En cinquante ans, la part des fossiles dans notre mix n’a diminué que de 22 points pour atteindre 60 % aujourd’hui. Prétendre réduire cette part d’un tiers supplémentaire d’ici 2030 exigerait de tripler les ventes de véhicules électriques, de tripler les installations de pompes à chaleur, d’électrifier plus de la moitié des procédés industriels quand moins de 10 % le sont. En quatre ans, c’est matériellement irréalisable.
Malgré cela, la PPE3 programme simultanément de nouveaux réacteurs, de l’éolien terrestre et des dizaines de parcs offshore sur la base d’une consommation de 550 à 670 TWh que rien – aucune commande industrielle, aucun contrat, aucun investissement privé – ne laisse aujourd’hui présager. RTE lui-même distingue deux scénarios contrastés ; la PPE3 est construite sur le plus optimiste, celui qui suppose des décisions industrielles et des investissements qui ne sont pas pris ni même engagés.
Les coûts sont connus : 200 milliards d’euros d’investissements réseau d’ici 2040, des parcs éoliens en mer entre 164 et 196 euros/MWh pour ceux en service – et jusqu’à 310 euros/MWh pour l’éolien flottant au vu des prix britanniques –, une accise sur l’électricité à 30,35 euros/MWh pour les ménages, en hausse de 37 % depuis 2019, quand l’Allemagne l’a ramenée à 0,5 euro/MWh pour son industrie.
Les 92 TWh exportés en 2025 l’ont été à un prix inférieur à celui auquel EDF rachète la production renouvelable nationale : on vend à perte une électricité dont on n’a pas besoin, et la différence est payée par les Français sur leurs factures et leurs impôts. Produire plus d’électricité sans débouchés réels ne crée pas de demande. C’est l’inverse : cela renchérit le coût unitaire et détruit les conditions de la compétitivité et de l’électrification qu’on prétend accélérer.
Le nucléaire existant est menacé
Plus grave, le nucléaire existant est menacé. Quand le soleil brille ou que le vent souffle, la production renouvelable est prioritaire sur le réseau. Pour lui faire de la place, on contraint les réacteurs nucléaires à baisser leur puissance, voire à s’arrêter. C’est ce qu’on appelle la modulation. Or le nucléaire est conçu pour tourner en continu : ses coûts sont essentiellement fixes. Moins il produit, plus chaque kilowattheure revient cher. EDF estime que cette modulation pourrait tripler, passant de 30 à 90 TWh perdus par an. Chaque jour d’arrêt coûte entre 1,1 et 1,8 million d’euros par réacteur selon sa puissance.
A l’échelle du parc, ce sont plusieurs milliards d’euros de production sacrifiée chaque année. Pire : un rapport confidentiel d’EDF transmis à Matignon en novembre alerte sur l’usure accélérée des composants et la menace que ces cycles répétés font peser sur la prolongation des réacteurs alors que cette prolongation est de loin l’option la moins chère du système. On fragilise le seul actif bas-carbone compétitif du pays, celui-là même qui nous donne un avantage comparatif par rapport à tous nos voisins européens.
Derrière cette PPE se cache évidemment un arbitrage politique. Les filières renouvelables ont intensifié leur pression, et on ne peut évacuer l’idée que l’exécutif cherche des alliances en vue de 2027. La PPE serait assortie d’une clause de réexamen à cet horizon, ce qui revient à léguer au prochain gouvernement la responsabilité d’un fiasco programmé.
Maximiser et optimiser le parc existant. Redonner confiance dans le choix de l’électricité aux consommateurs. N’investir que là où la demande est démontrée. Renoncer aux filières les plus coûteuses. Exiger la transparence des coûts complets. Et soumettre ces choix qui engagent la nation pour des décennies au débat et au vote de la représentation nationale. Voilà ce que doit être une politique énergétique digne de ce nom.
Engagement irréversible
Cela suppose d’abord de ne prendre aucun engagement irréversible sur les filières les plus capitalistiques tant que l’excédent persiste. Le parc nucléaire existant recèle un gisement immédiat de 80 à 100 TWh mobilisables en optimisant le facteur de charge : ce sont les kilowattheures les moins chers du système.
Un choc fiscal sur l’électricité, comparable à celui engagé par l’Allemagne, doit rendre la bascule économiquement rationnelle pour les industriels et les ménages.
Les investissements réseau doivent être réorientés vers les usages productifs et la résilience, non vers le raccordement de capacités excédentaires.
Toute infrastructure offshore doit relever d’une doctrine de sécurité nationale.
Enfin, chaque euro public dépensé pour le climat doit l’être là où son impact est maximal : notre électricité figure parmi les moins carbonées du monde développé, et le même euro investi là où la demande énergétique explose aurait un effet dix à cent fois supérieur.
Au lieu de cela, l’exécutif engage la France pour des décennies par un décret que personne n’a débattu, que personne n’a voté, fondé sur des projections que tout contredit, au profit de filières dont les coûts explosent. C’est irresponsable et irrespectueux du processus démocratique. Et de façon concrète, nous, consommateurs, allons payer la facture. Ainsi va la France.
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