« Si la présidence de la République voulait se caricaturer en ministère de la vérité, elle ne s’y prendrait pas mieux »
Pour David Lisnard, la volonté d’Emmanuel Macron de labelliser la liberté d’expression touche au socle de notre démocratie. Une tribune parue dans le Figaro.
La liberté d’être informé est consubstantielle de la démocratie. Cette liberté est menacée et même attaquée par les effets de meute, amplifiés par l’opacité algorithmique, les ingérences extérieures, les fausses nouvelles. Le président de la République, comme tant d’autres, a raison de soulever le problème mais ce qu’il propose est pire que le mal, car immanquablement liberticide. En démocratie, nul ne peut avoir le monopole de décréter la vérité. La liberté d’expression n’est pas une clause accessoire de nos institutions. Elle n’est pas un supplément d’âme pour temps de confort. Elle est l’axe autour duquel tourne toute société civilisée et libérale, parce qu’elle seule permet au vrai et au faux de se confronter sans violence, à la raison de surgir du débat et non de la contrainte, à l’individu d’exister comme être libre et responsable.
C’est pourquoi les mots du président de la République sur la possible création d’un label distinguant les bons médias des autres ne relèvent pas d’un gadget technocratique. Ils touchent au socle. Une démocratie ne tient pas par des filtres préalables, mais par la maturité de son peuple, la rigueur de son droit et la dignité de ses représentants. La publication sur X de l’Élysée, proposant un montage grossier pour dénigrer ceux qui contestent sa parole, est indigne. Si la présidence de la République voulait se caricaturer en ministère de la vérité, elle ne s’y prendrait pas autrement. Derrière ce vocabulaire lisse de labellisation se glisse une vision dangereuse du rôle de l’État, qui n’est pas de désigner ceux qui choisissent les paroles autorisées, mais de protéger l’espace où elles se confrontent.
Cette tentation n’est pas nouvelle : l’histoire abonde de pouvoirs persuadés de détenir le sens. Galilée fut condamné parce que les pouvoirs de son époque refusaient qu’une vérité nouvelle puisse contredire un ordre établi. Non parce qu’il avait tort, mais parce qu’une autorité avait décidé qu’elle seule disait le vrai. Le vrai n’a jamais besoin de censeurs. Il a besoin de contradiction. Le faux ne se combat pas par le monopole, mais par l’intelligence. Le pluralisme est une force précisément parce qu’il induit que des idées étranges, minoritaires, iconoclastes, puissent surgir. L’uniformité ne produit que stagnation et servitude.
Le droit existe, il doit être appliqué
Année après année, les déclarations d’Emmanuel Macron révèlent une pente malsaine qui confond ordre et contrôle, responsabilité et permission. Sa conception des médias et des réseaux sociaux nous ferait glisser d’un régime républicain fondé sur la liberté vers une société d’autorisations administratives, multipliant filtres, normes, suspects. Une telle dérive n’est ni moderne ni protectrice. Elle constitue une régression.
Comment dès lors adapter notre démocratie aux attaques de notre époque sur l’information ? Nul ne conteste la réalité des ingérences étrangères, des manipulations automatisées, des rumeurs virales qui troublent l’esprit public. Mais, dans une nation libre, les remèdes doivent être à la hauteur des principes. La loi de 1881 offre un cadre clair et pertinent. Elle permet de sanctionner, rapidement et fermement, la diffamation, le racisme, l’atteinte à l’ordre public. Le droit existe. Il doit être appliqué. Ce qu’il ne faut surtout pas, c’est remplacer la responsabilité par l’autorisation préalable, inviter une instance agréée par le pouvoir à distribuer les certificats de bonne pensée, à distinguer les voix légitimes et les voix suspectes.
Face au tumulte des rumeurs et aux manipulations, il convient de renforcer une justice rapide et rigoureuse, dotée de moyens réels. Surtout, les solutions passent par un travail patient et massif de formation de l’esprit, par la lecture, la culture, l’apprentissage du jugement. La raison critique doit être enseignée dès le plus jeune âge. Il est nécessaire aussi de garantir une transparence algorithmique minimale, avec la publication d’indicateurs clés nécessaires à la transparence du marché, de sanctionner réellement, mais uniquement, les comportements illicites, d’identifier ce qui est produit par l’IA et porte atteinte à la réputation des individus, dans une logique de respect des droits de propriété et à l’image.
Nous n’avons pas besoin d’un label de vérité. Nous n’avons pas besoin non plus que l’État remette de « la hiérarchie dans l’espace public », pour reprendre les mots délétères du président de la République. Nous avons besoin d’un pays qui croit encore à la liberté de penser, de dire, de contredire. Nous avons besoin de citoyens debout, non de sujets triés par degrés de respectabilité médiatique. Aussi improbable que cela ait pu être imaginé, nous voici désormais au seuil d’alerte qui nécessite toute notre vigilance, notre combativité et notre vigueur démocratique. Le pluralisme de l’expression constitue la première condition pour qu’une information crédible et de qualité puisse vivre. C’est aussi le premier rempart contre les dérives du pouvoir. La liberté n’a pas à être autorisée. Nous nous battrons sans limite pour elle.
Cannes, moteur du tourisme européen : cap sur une année 2026 d’innovation
Lors du dernier conseil de saison touristique, David Lisnard, maire de Cannes, aux côtés de Jean-Michel Arnaud et Bruno Desloques, a dévoilé la stratégie 2026 de la destination. Devant plus de 350 socioprofessionnels, Cannes a confirmé son statut de référence européenne, forte d’une année 2025 exceptionnelle.
Élue pour la cinquième année consécutive « Meilleure destination d’Europe pour l’accueil et l’organisation de festivals et d’événements » aux World Travel Awards, la ville enregistre des résultats inédits :
79 événements professionnels, 340 jours d’activité, 380 000 accrédités, 89 manifestations culturelles et une fréquentation touristique en hausse, portée par le retour massif des clientèles internationales.
2025 aura également marqué un tournant technologique : Cannes est devenu le premier centre de congrès d’Europe à accepter les cryptomonnaies, avec plus de 90 établissements « crypto friendly ». L’Ethereum Community Conference y a réuni plus de 10 000 participants et a choisi Cannes pour résidence jusqu’en 2028, tout comme ETH Global.
Pour 2026, la dynamique s’accélère. Le Palais des Festivals accueillera une série de rencontres majeures : congrès médicaux et associatifs, nouveaux salons dédiés à l’intelligence artificielle, au quantique ou au luxe, ainsi que le WAIFF, premier festival mondial consacré à l’IA dans le cinéma. Plus de 65 événements sont déjà confirmés, dont neuf nouveaux.
Côté loisirs, Cannes renforce son attractivité internationale en consolidant le marché nord-américain, en se développant au Moyen-Orient et en ouvrant de nouveaux horizons vers l’Amérique latine et l’Asie-Pacifique. La ville mise sur des temps forts culturels et sportifs pour soutenir sa stratégie de désaisonnalisation.
Le Palais poursuit enfin son engagement environnemental : réduction de son empreinte carbone, installation de panneaux photovoltaïques en 2026 et sensibilisation renforcée des organisateurs.
Par l’innovation, la qualité de son accueil et la force de son identité culturelle, Cannes s’impose plus que jamais comme l’une des grandes capitales mondiales du tourisme d’affaires et de loisirs.
« Cannes poursuit, avec constance et exigence, une stratégie qui conjugue attractivité, innovation et identité culturelle. Reconnue comme la meilleure destination mondiale pour l’accueil et l’organisation de festivals et d’événements, nous continuons d’anticiper les mutations du tourisme et des technologies. L’intégration du Web3, l’essor des usages en cryptomonnaie, les grands rendez-vous internationaux ou encore le développement de nouvelles offres culturelles témoignent d’une ambition claire : préparer l’avenir sans jamais renoncer à la singularité cannoise, faite de créations, de qualité de service et d’art de vivre. »
David Lisnard
Accueillir et protéger : l’engagement de Cannes contre les violences faites aux femmes
David Lisnard est revenu sur une mesure municipale mise en place il y a six ans et qui demeure, selon lui, l’une des plus grandes fiertés de son mandat : la réduction drastique des délais de prise en charge des femmes victimes de violences au sein de la Villa Baltz, le centre d’accueil municipal dédié.
À l’époque, des procédures nationales imposaient un délai d’au moins 45 jours avant qu’une femme en danger puisse être accueillie dans cette structure pourtant pensée pour l’urgence. La municipalité a alors mené un travail minutieux de débureaucratisation et d’organisation afin de ramener ce délai à 72 heures maximum. Une réforme concrète, vitale, qui répond directement aux situations de grande détresse rencontrées par les victimes.
Dans ces contextes souvent dramatiques, le temps compte. « Le temps joue contre les femmes en extrême urgence », rappelle David Lisnard, qui exprime l’espoir que cette action ait permis de sauver des vies. C’est aussi, souligne-t-il, l’une des raisons essentielles qui poussent à s’engager dans la vie publique : agir là où cela change réellement le quotidien des personnes vulnérables.
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, l’Hôtel de Ville a été illuminé en orange. Comme chaque année, le maire se rendra à la Villa Baltz, pour rencontrer les femmes qui y sont hébergées, qu’elles soient seules ou accompagnées de leurs enfants, et qui se reconstruisent après avoir fui la violence.
Un rappel fort : la protection des femmes et la lutte contre les violences passent d’abord par des actions concrètes, efficaces et humaines.
Cannes au cœur de la souveraineté spatiale française
Les 4ᵉ Rencontres du Spatial se sont tenues au Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, réunissant l’Agglomération Cannes Lérins, le Pôle Safe, les représentants de l’État et les acteurs majeurs de la filière. Un rendez-vous essentiel pour un secteur qui touche à la fois à l’identité cannoise, à l’emploi local et à la souveraineté technologique du pays.
Cannes est, avec Toulouse, l’une des deux grandes villes françaises du spatial. Le premier employeur privé des Alpes-Maritimes, Thales Alenia Space, y concentre son siège social et sa principale usine. Autour de ce fleuron, toute une chaîne d’entreprises innovantes – dont Soditec et les acteurs du New Space – contribue à faire de Cannes un territoire pionnier de l’industrie spatiale.
David Lisnard a rappelé les choix structurants opérés ces dernières années pour accompagner cette ambition : aménagements portuaires pour l’acheminement maritime des satellites, investissements routiers, mobilisation de foncier stratégique à Cannes-la-Bocca, et surtout la création d’un Campus du Spatial. Ce campus, annoncé comme unique au monde, doit devenir un moteur d’attractivité, de formation et d’innovation, en fixant la jeunesse et en accueillant les meilleurs étudiants internationaux.
Au-delà de l’enjeu local, le spatial est devenu un défi géopolitique majeur. Alors que les États-Unis et la Chine imposent un duopole mondial, l’Europe recule et risque de devenir dépendante. Pour David Lisnard, la France doit renouer avec une ambition de puissance : investir, maîtriser ses technologies et garantir son indépendance dans un domaine qui conditionne la sécurité, la prospérité et la paix des prochaines décennies.
Cannes entend continuer à jouer un rôle central dans cette stratégie nationale.
« La liberté, c’est le pluralisme »
Lors de son intervention sur Europe 1, David Lisnard a rappelé une vérité essentielle pour toute démocratie vivante : la liberté n’a pas à se justifier. C’est toujours la restriction de la liberté qui doit être strictement motivée, mesurée et provisoire.
Face à l’idée d’un « label de confiance » appliqué aux médias, le président de Nouvelle Énergie a souligné que la bonne information ne naît ni d’une labellisation par l’État ni d’une vérité officielle confiée à des experts autoproclamés. La démocratie repose au contraire sur le pluralisme, la pluralité des opinions, la confrontation des idées et la capacité de chacun à exercer son esprit critique.
« On ne naît pas politique, on le devient », rappelle-t-il, insistant sur la nécessité d’apprendre dès le plus jeune âge à raisonner, différencier, analyser. Ce n’est pas par la centralisation ou par un contrôle préalable des contenus que l’on lutte contre les dérives informationnelles, mais en renforçant la culture, l’éducation et la liberté de débattre.
À chaque nouvelle mesure proposée, une démocratie solide devrait d’abord se poser une question simple : est-elle liberticide ?
Chez Nouvelle Énergie, la réponse est constante : défendre la liberté passe avant tout par la confiance dans les citoyens, le pluralisme des voix et la clarté du débat public.
Une première en Europe : l’Agglomération Cannes Lérins lance sa 4ᵉ ressource en eau
Lors du Conseil communautaire du vendredi 28 décembre, l’Agglomération Cannes Lérins a adopté à l’unanimité une délibération d’ampleur exceptionnelle : la création d’une quatrième ressource en eau pour l’ouest des Alpes-Maritimes, fondée sur la réutilisation des eaux usées traitées. Une décision rare, qualifiée par David Lisnard de « délibération qui n’intervient qu’une fois par siècle » tant son impact sera durable.
Une technologie de pointe pour sécuriser l’avenir hydrique du territoire
Le dispositif repose sur la valorisation de 15 millions de m³ d’eaux usées traitées par la station d’épuration de l’Agglomération. Cette eau, d’une qualité déjà proche du potable, sera réinjectée en amont de la Siagne afin de soutenir le débit du fleuve, garantir la ressource en eau potable et préserver les milieux aquatiques.
Cette nouvelle source s’ajoute aux trois ressources actuelles : la Siagne, le Loup et le lac de Saint-Cassien, et constitue une première en Europe par son ampleur, son ambition et son mode de réutilisation.
Une avance de vingt ans sur les objectifs européens
Avec cette décision, Cannes Lérins se place largement en avance sur les obligations de la directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines (adoptée le 12 décembre 2024), qui fixe des objectifs pour… 2044.
L’agglomération anticipe ainsi de près de vingt ans les exigences futures en matière de traitement et de valorisation des eaux usées.
Cette avancée s’appuie sur une nouvelle délégation de service public, votée lors du même conseil, qui organise le déploiement du dispositif de réutilisation.
Modernisation de la station d’épuration
Déjà capable de rejeter une eau conforme aux standards de potabilité, la station d’épuration sera modernisée pour atteindre un niveau encore supérieur de qualité. L’objectif : renforcer la performance environnementale et garantir une ressource fiable dans un contexte de changement climatique et de sécheresses répétées.
Une gestion performante, avec une eau 30 % moins chère que la moyenne nationale
Malgré ces investissements importants, l’Agglomération rappelle que l’eau distribuée sur le territoire reste facturée 30 % en dessous de la moyenne nationale, signe d’une gestion locale maîtrisée et durable.
Un projet structurant pour la transition écologique
En misant sur la réutilisation des eaux usées, Cannes Lérins illustre une approche pragmatique de la transition écologique : des solutions concrètes, immédiatement opérationnelles et fondées sur l’innovation technique plutôt que sur la contrainte normative.
Ce projet inédit confirme la volonté de l’Agglomération d’agir de façon anticipée et stratégique face aux enjeux climatiques et hydriques des prochaines décennies.
Nouvelle Énergie part en tournée dans toute la France
Nouvelle Énergie lance un grand Tour de France, mené par des binômes d’élus, de porte-voix et de membres de l’équipe dirigeante du mouvement.
Au cours des 32 premières étapes programmées dans autant de départements, ces quatre prochains mois, nos équipes iront présenter, lors de réunions publiques ouvertes à tous, le projet libéral, sécuritaire et éducatif de David Lisnard.
Chaque déplacement sera l’occasion pour les Français d’échanger directement avec les représentants de Nouvelle Energie, de les interroger sur le projet et de contribuer, s’ils le souhaitent, à son écriture.
Depuis plusieurs années, David Lisnard porte dans le débat public une voix constante et cohérente, appelant notamment à une remise en ordre sécuritaire et budgétaire, une libération des énergies locales et à une refondation de l’instruction publique, comme garant de l’unité nationale. C’est ce projet, déjà porté par nos relais départementaux, que nous allons désormais défendre dans toute la France, au cours de ces prochains mois décisifs pour l’avenir de notre pays.
Standardisation du langage, régression démocratique
« Quand tout le monde emploie les mêmes formules préfabriquées, les mêmes éléments de langage, les mêmes expressions toutes faites, personne ne pense plus vraiment. On récite. On répète. On reproduit. La diversité des opinions s’efface au profit d’une doxa molle, faite de lieux communs et de prêt-à-penser » Retrouvez la chronique de David Lisnard pour l’Opinion.
Ces dernières semaines, un nouveau vocable ingrat a fait son apparition dans le monde politico-médiatique : le « bougé ». Il indique un mouvement de compromis, il fut usité notamment pour nommer en termes politiquement corrects la scandaleuse renonciation à la réforme des retraites. Le mot n’existait pas jusque-là en dehors du lexique de la photographie (dans lequel il exprime, non sans ironie, un mouvement de flou), mais il s’est imposé quelques jours durant comme un mantra technocratique, repris par plusieurs futurs-ex-ministres.
Son usage devrait rester éphémère. Demain viendra un autre terme, aussi lourd que creux, et chacun s’empressera de le répéter. Ainsi naît la novlangue, dans les cellules de communication ministérielles, dans les cabinets de consultants, dans les studios de chaînes d’information en continu, sur les fils des réseaux sociaux.
Saturation. Nous pourrions multiplier les exemples à l’infini. L’espace de quelques jours, des mots saturent les ondes et les éléments de langage, comme ces dernières semaines, le si trompeur « stabilité ». Des expressions ou mots anciens, rares ou impropres deviennent omniprésents dans le langage des politiques, des journalistes et des commentateurs, tel l’inattendu et pénible « dinguerie », le lassant « trou dans la raquette », le discriminant « boomer », l’exaspérant « en responsabilité », le suremployé « résilience » ou encore le pompeux « paradigme », qu’il faut naturellement changer. Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre…
A cette uniformisation s’ajoute la mécanique de l’intelligence artificielle. Voyez le long tiret, dit tiret cadratin — ce long trait horizontal oublié des typographes et des claviers, remis au goût du jour par ChatGPT, et désormais utilisé à toutes les sauces. On peut certes se réjouir de la renaissance de cet outil de ponctuation pertinent et élégant. Mais à force de proliférer, il devient une béquille, et ceux qui l’utilisaient auparavant redoutent désormais de le faire, pour ne pas laisser croire que leur composition provient de l’IA.
Nous assistons ainsi à une standardisation linguistique et stylistique aussi redoutable qu’elle passe inaperçue. Derrière la pauvreté lexicale, c’est la pensée qui s’amenuise. Des mots uniformisés produisent des raisonnements standardisés. Des formules mécaniques engendrent des réflexes pavloviens. La logique des plateformes numériques conduit à un monde où le langage n’est plus un instrument de liberté, mais un flux automatisé. L’algorithme récompense la répétition, la banalité. On croit s’informer, on ne fait qu’ingurgiter des mots prémâchés.
1984. Certes, chaque époque a connu ses tics verbaux. Les salons du XVIIIe avaient leurs modes, les journaux du XIXe leurs clichés. Flaubert en a tiré un délicieux Dictionnaire des idées reçues. Mais la différence est que l’algorithme amplifie aujourd’hui cette uniformité, la propulse à l’échelle planétaire, et la diffuse en temps réel. Là où il fallait jadis des années pour que les expressions passent d’une province à l’autre, il suffit maintenant de quelques heures pour qu’un néologisme creux de communicant se répande dans tout le pays.
Orwell l’avait compris en inventant le concept de novlangue dans 1984. Réduire le vocabulaire, c’est réduire les idées pensables. Quand tout le monde emploie les mêmes formules préfabriquées, les mêmes éléments de langage, les mêmes expressions toutes faites, personne ne pense plus vraiment. On récite. On répète. On reproduit. La diversité des opinions s’efface au profit d’une doxa molle, faite de lieux communs et de prêt-à-penser dicté par une caste médiatique ou technocratique qui donne le la.
Que faire ? Il ne s’agit pas de plaider pour un purisme nostalgique, ni de jouer les gendarmes du dictionnaire. La langue vit, c’est très heureux. Mais si nous voulons rester libres, il nous faut préserver des mots différents pour penser différemment. C’est un enjeu esthétique certes, mais aussi culturel et politique.
Altérité. Trois directions se dessinent. La première consiste à redonner toute sa place à l’instruction : remettre la lecture au centre absolu, non comme une corvée mais comme une ouverture. Lire, c’est agrandir son horizon lexical, c’est apprendre à nommer avec précision, à goûter la justesse d’une phrase bien construite, à retrouver la liberté d’exprimer une nuance. La rhétorique, jadis considérée comme un art suranné, devrait redevenir une discipline obligatoire, car elle forme l’esprit démocratique.
La deuxième passe par la culture. Les bibliothèques et les théâtres sont les antidotes naturels à la standardisation. On y découvre d’autres manières de dire, voir et penser, y compris contre soi-même. On s’y affranchit des formules imposées par les flux médiatiques. Trente minutes avec Homère ou Balzac vous lavent des banalités lues et entendues à flux tendus. Il convient de réinvestir ces lieux de liberté, les animer, les rendre à nouveau désirables, afin que chacun puisse y trouver un chemin vers la diversité des mots et des idées. Pas de liberté sans altérité.
La troisième concerne la technologie. L’IA est un merveilleux instrument de savoir et de découverte. Encore faut-il encourager des modèles entraînés sur la richesse des langues et des cultures, et non sur les tics du moment. Cela n’adviendra ni par des législations, ni par des vœux pieux. Puisque nous avons un esprit français à défendre et promouvoir, nous avons besoin de faire en sorte que nos meilleurs esprits soient influents et décisionnaires dans ces secteurs qui vont dessiner le futur de l’humanité. Cela passe par la formation d’ingénieurs, par l’attractivité des infrastructures, par la qualité de vie, par des politiques fiscales qui ne poussent pas talents et capitaux à fuir le pays.
Avant-garde. La démocratie ne se réduit pas à des institutions, elle repose sur des mots. Quand le vocabulaire se réduit, les horizons se ferment. Quand la pensée se standardise, la liberté s’étiole. Préserver la variété des formes et des propos, c’est préserver la possibilité de penser autrement, donc de contester, donc de vivre en citoyens libres.
Le combat est d’avant-garde, pour que nos futurs petits-enfants puissent toujours, dans vingt ans, exprimer une pensée complexe avec précision, lire un éditorial sans avoir l’impression de relire le précédent, entendre un discours politique sans reconnaître mot pour mot celui de la veille. La standardisation linguistique n’est pas une fatalité technologique. La langue française n’appartient ni aux algorithmes californiens ou chinois, ni aux technocrates paresseux, ni aux communicants pressés. Elle appartient à tous ceux qui la parlent, l’écrivent, la transmettent, notamment par des livres dont il faut imposer la pertinence et la modernité dans la bataille des intelligences et la compétition stimulante des neurones. La défense de notre langue et de la liberté de penser doit être notre combat total. Ainsi va la France.
Retrouvez la chronique de David Lisnard sur le site de l’Opinion en cliquant ici.
Vive la liberté !
Mardi 25 novembre, David Lisnard est intervenu au Dôme de Paris lors de la soirée “Face à vous”, organisée par le JDD et diffusée en direct. Face à Jules Torres, il a échangé longuement sur les municipales, l’action publique et les blocages auxquels les maires sont confrontés au quotidien.
Évoquant les réalités auxquelles tous les maires font face jour après jour, David Lisnard a décrit une dégradation inquiétante de la sécurité : des individus en situation irrégulière sous OQTF, souvent drogués, parfois au protoxyde d’azote, provoquant des drames qui se répètent. Il a rappelé plusieurs faits graves survenus récemment dans l’agglomération cannoise, estimant que la plupart pourraient être évités si les décisions étaient exécutées et si l’État se concentrait sur ses missions essentielles.
Pour lui, cette dérive témoigne d’une défaillance devenue structurelle. Plus l’État étend son emprise à des domaines qui ne relèvent pas de lui, moins il remplit correctement ses fonctions régaliennes. Il a résumé cette conviction par une formule qui a marqué la soirée : plus l’État s’occupe de tout, moins il est bon dans ce pourquoi il existe.
David Lisnard a ensuite dressé un constat précis de la situation dans les mairies. L’action locale est désormais paralysée par une inflation normative et procédurale sans précédent. Construire une école, aménager une infrastructure, installer une remontée mécanique ou réaliser un projet simple exige aujourd’hui des années d’études, de validations, d’avis contradictoires, de sigles incompréhensibles et de règles qui se superposent sans cohérence. Il a illustré cette absurdité par plusieurs exemples concrets, montrant comment la technocratie a pris le pas sur le bon sens et l’efficacité.
Face à ce « carcan administratif », David Lisnard a réaffirmé que la liberté locale est l’une des solutions majeures aux blocages du pays. Redonner de la liberté d’urbanisme, de gestion, d’organisation, appliquer réellement la subsidiarité et permettre aux communes d’agir rapidement lorsqu’elles en ont la capacité : telle est, selon lui, la condition pour restaurer l’efficacité publique.
Son intervention au Dôme de Paris s’inscrit dans la démarche portée par Nouvelle Énergie, qui place la liberté, la responsabilité et l’action au cœur de son projet. Pour David Lisnard, renouer avec la liberté locale et libérer l’initiative sont des conditions indispensables pour que le pays retrouve sa capacité d’agir et de protéger efficacement.
« Cotiser moins pour gagner plus »
Invité de David Pujadas sur LCI le 25 novembre 2025, David Lisnard a rappelé la ligne directrice du projet libéral porté par Nouvelle Énergie : pour redresser la France, il faut libérer le travail, encourager l’investissement et créer de la richesse plutôt que d’alourdir les prélèvements et la bureaucratie. Selon lui, la priorité est claire : rendre le travail plus attractif en réduisant les charges. « Cotiser moins pour gagner plus » résume cette ambition.
David Lisnard dénonce un modèle social devenu trop coûteux, inefficace et pénalisant pour ceux qui travaillent et entreprennent. Baisser durablement les charges et réduire l’écart entre salaire brut et salaire net est, selon lui, la seule manière d’améliorer réellement le pouvoir d’achat, de relancer l’embauche et d’attirer l’investissement productif en France.
Il revendique une vision libérale assumée, qu’il oppose à deux impasses politiques. L’extrême gauche, qu’il qualifie de néo-fasciste en raison de son radicalisme autoritaire et de sa remise en cause de la démocratie. Et le Rassemblement National, dont il critique l’étatisme économique, les propositions fiscales contre l’épargne et l’absence de vision productive, qu’il juge contraires aux intérêts des classes moyennes.
Pour David Lisnard, la véritable alternative passe par plus de liberté économique, une autorité républicaine restaurée, une école refondée, un État recentré sur ses missions essentielles et un choc de productivité rendu possible par la baisse de la dépense publique.
Avec Nouvelle Énergie, David Lisnard entend proposer en vue de 2027 une offre politique claire et cohérente fondée sur le travail, la responsabilité, la liberté et l’efficacité. Une voie pour rassembler ceux qui refusent les impasses des extrêmes et veulent reconstruire un modèle de prospérité moderne, compétitif et durable.
Ceux qui se reconnaissent dans ces principes : libérer le travail, récompenser l’effort, restaurer l’autorité républicaine et redonner à la France les moyens de produire et d’innover, sont invités à rejoindre Nouvelle Énergie et à participer à la construction de cette alternative ambitieuse.