
« « Ainsi va la France », qui parait aux Editions de L’Observatoire, est le fruit d’un long travail d’écriture réunissant observations de terrain et réflexion de solutions.
Nous sommes des millions de Français dans la vraie vie à voir les mêmes choses : le déclassement de ce pays que nous aimons tant, son déclin éducatif illustré par sa chute dans tous les classements PISA, sa bureaucratie omniprésente qui étouffe la créativité, son insécurité croissante qui prend des vies chaque jour dans nos villes et villages, avec des auteurs et des victimes de plus en plus jeunes, sa situation financière calamiteuse dont hériteront nos enfants et petits-enfants.
Ces constats, nous les faisons depuis des années, voire des décennies. Comme nous voyons toujours les mêmes mesures ineptes, souvent absurdes, apportées, ne faisant qu’accentuer les symptômes d’une nation qui a tous les atouts pour s’en sortir, mais embourbée dans l’impuissance.
Dès lors, deux questions doivent être posées : quelle France laissera-t-on à nos enfants et quels enfants laissera-t-on à notre France ?
La France est belle ; de ses paysages, son Histoire, sa culture, sa créativité, ses entrepreneurs, ses agriculteurs, ses salariés, ses chercheurs, ses fonctionnaires, sa jeunesse, ses bénévoles. Je parcours le pays et ce que je vois à chaque déplacement, c’est une France qui veut s’en sortir. Il n’y a pas de fatalité aux maux dont souffre notre pays aujourd’hui.
Ainsi va la France est un manifeste pour la liberté, donc la responsabilité, piliers d’efficacité, de justice et de dignité. Ainsi va la France propose des solutions concrètes pour retrouver la performance publique, l’ordre dans nos rues, la prospérité de ce pays que nous portons dans nos tripes.
Ainsi va la France. Ainsi ira mieux la France ! Vive la France. » David Lisnard
Retrouvez l’interview de David Lisnard face à Jean-Baptiste Marteau dans « Les 4V ».
Retrouvez le replay de l’émission.


Où va la France ? Quelles sont les causes et les expressions de son déclassement ? Comment la redresser ? Telles sont les questions auxquelles David Lisnard apporte de nombreuses réponses. Au fil des années, au gré de ses rencontres sur tout le territoire national avec des salariés, des chefs d’entreprises, des maires bien sûr et des élus locaux, de son vécu de décideur y compris dans le commerce, de ses échanges parfois houleux avec la haute fonction publique dont les décisions concernent de plus en plus notre quotidien, de ses constats sur le terrain, David Lisnard s’est forgé la conviction suivante : le déclassement de la France est dû avant tout à la destruction de la responsabilité individuelle par un système qualifié de « techno-conformiste » qui embolise le pays dans la bureaucratie et le collectivisme. Pour lui, la solution aux maux de notre nation et son sursaut, le retour à l’ordre, à l’unité et à la prospérité viendront d’une révolution de l’action publique par la liberté. Liberté d’expression qui le caractérise, y compris dans son combat pour défendre l’universalisme républicain attaqué par le wokisme, l’indigénisme, le racialisme et son inclination raciste. Liberté de ton et responsabilité des mots pour retrouver une espérance française fondée sur le bon sens, le travail, l’investissement, l’effort, l’innovation, le mérite, la prise de risque, la confiance. Liberté qui doit redevenir la première valeur à être transcrite dans l’action, pour défendre un certain art de vivre et régénérer la démocratie. Ainsi va la France.
TRIBUNE – La ministre des Sports, Marie Barsacq, a estimé ce 5 mars que l’interdiction du port du voile dans le sport n’était « pas une priorité ». David Lisnard dénonce ces propos et regrette le manque de clarté du gouvernement sur ce sujet.

Le sport, conçu comme un espace de neutralité, un facteur de cohésion sociale et un vecteur de dépassement individuel, est aujourd’hui pris en otage par une dynamique idéologique islamiste. La droite sénatoriale a eu le courage de faire interdire les signes religieux dans les compétitions sportives. Pourtant, les déclarations récentes de la ministre des Sports sont réellement inquiétantes. Sous des considérations d’inclusivité mal définie, elles révèlent une approche relativiste.
Tandis que François-Noël Buffet, représentant le gouvernement au Sénat, affirmait en février que la proposition de loi du sénateur Michel Savin apportait «une pierre bienvenue dans l’édifice contre toutes les formes de séparatisme», Marie Barsacq juge en ce mois de mars que ce sujet «n’est pas une priorité». Elle affirme que sa position est «d’ouvrir le sport à toutes et tous parce que le sport doit faire partie de la vie de chacun». Ces déclarations affaiblissent dangereusement la clarté républicaine nécessaire face aux menaces islamistes.
Ce déni du prosélytisme islamiste et de la réalité de sa menace témoigne soit d’une méconnaissance profonde, soit d’un refus conscient d’agir face aux alertes répétées du renseignement territorial, des fédérations sportives et des acteurs de terrain, confrontés quotidiennement à ces dérives. Derrière la revendication du port du voile se cache une dynamique de fragmentation sociale qui ne se limite pas aux tenues. Elle n’est que la partie émergée de l’iceberg, à savoir une instrumentalisation du sport à des fins idéologiques et identitaires, sous couvert de revendications religieuses. L’histoire nous a déjà montré que tout renoncement ouvre une brèche difficile à colmater. Après l’école, où les débats sur la laïcité ont mis en lumière des stratégies d’implantation islamiste, le sport devient le nouveau terrain de confrontation.
Cette extension de l’entrisme islamiste ne relève pas du hasard : elle s’inscrit dans une logique plus large d’occupation de l’espace public et de remise en cause des normes communes, suivant une stratégie bien documentée par des sociologues tels que Bernard Rougier, Médéric Chapitaux ou encore Florence Bergeaud-Blackler. Dans Le Frérisme et ses réseaux, cette dernière analyse la manière dont les structures islamistes cherchent à imposer des normes communautaires en investissant des institutions de socialisation comme l’école, les associations et, aujourd’hui, le sport.
En infiltrant ces sphères, cette idéologie vise à substituer progressivement la norme religieuse à la règle républicaine. L’infiltration islamiste dans le sport n’est pas un fantasme d’extrême droite. Elle est documentée par les services de renseignement, les constats des maires et les témoignages édifiants d’éducateurs et dirigeants de clubs. Certaines disciplines, comme les sports de combat ou collectifs, sont particulièrement touchées par ces logiques séparatistes, générant des tensions et des conflits. La Fédération française de football a récemment alerté sur la multiplication de faux certificats médicaux visant à contourner l’interdiction des collants et des casques, détournés pour masquer le port du voile.
Par ailleurs, plusieurs clubs sont surveillés par le renseignement territorial en raison de leur proximité avec des mouvements islamistes prônant une vision rigoriste de la pratique sportive. Il suffit d’observer le monde du sport amateur pour constater des phénomènes, dans les vestiaires, sur les terrains et autour du stade, qui auraient semblé inconcevables il y a vingt ans. Des jeunes filles refusent de jouer sans voile, des entraîneurs sont sommés de séparer les garçons et les filles lors des entraînements et des prières collectives s’organisent en marge des compétitions. Ces phénomènes, autrefois marginaux, deviennent de plus en plus courants, minant les valeurs de cohésion et de mixité qui ont toujours été au cœur du sport. Il est essentiel de ne pas laisser livrés à eux-mêmes des éducateurs souvent jeunes et peu formés à faire face à ce type de problèmes. Pour ne pas reproduire les erreurs commises avec le corps enseignant, il nous faut un cadre législatif clair et un programme opérationnel et concret.
Cette dérive trouve aussi des facilitateurs, des agents passifs ou complaisants qu’il convient de dénoncer sans fard. Certains, sous couvert de bienveillance, défendent le droit des femmes voilées à concourir, ignorant que cette position, loin de favoriser leur émancipation, valide une vision islamique extrémiste et séparatiste, misogyne et rétrograde de la place des femmes dans la société. D’autres, mus par la lâcheté ou la peur du conflit, acceptent progressivement des concessions qui, sous prétexte d’apaisement, ouvrent la voie à une normalisation des revendications islamistes dans la société.
Enfin, certains acteurs politiques et militants y trouvent un intérêt électoral ou idéologique, préférant flatter certaines clientèles au détriment des principes fondamentaux de la République. Dans cette compromission, ils deviennent les relais efficaces d’une stratégie de conquête idéologique qui avance par capillarité et intimidation. Loin d’être un phénomène isolé, cette évolution doit être replacée dans un contexte plus large de remise en cause des institutions républicaines par une idéologie qui ne tolère ni la mixité, ni la neutralité, ni la primauté de la loi française sur les normes religieuses. Accepter ces dérives dans le sport, c’est ouvrir la porte à des revendications similaires dans d’autres espaces publics, qu’il s’agisse des universités, des hôpitaux ou des administrations.
Le Sénat a pris ses responsabilités. Il revient maintenant au gouvernement de démontrer qu’il est à la hauteur des enjeux. Car il ne s’agit pas seulement d’un débat sur la laïcité dans le sport, mais d’un choix civilisationnel : voulons-nous d’une République française qui affirme avec force ses principes ou d’un État dont la faiblesse, par compromission ou aveuglement, ouvre la voie à une normalisation du séparatisme et à une lente désagrégation de notre nation ?
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EXCLUSIF. Le maire de Cannes, qui vient de rallier Bruno Retailleau dans la bataille de LR, retrace dans son dernier livre, très cash, ses pistes pour redresser le pays.

Son objectif : « construire une alternative ». « Je prépare pour cela un projet radical, c’est-à-dire complet et qui va à la racine des choses », écrit sans fard David Lisnard dans son nouvel ouvrage, Ainsi va la France, aux éditions de l’Observatoire, en librairie le 12 mars. Compilation de ses tribunes parues dans la presse, essentiellement chez nos confrères de L’Opinion, agrémentées de réflexions nouvelles, ce « manifeste libéral » se veut un remède de cheval pour une France en « déclassement rapide et vertigineux ». Finalement, une ébauche de programme qui ne dit pas son nom. Car l’Élysée en 2027, le héraut du libéralisme y songe visiblement très fort, lui qui plaide pour une large primaire de la droite et du centre, allant de Gabriel Attal à Éric Zemmour.
On retrouvera dans ces pages les marottes du patron de Nouvelle Énergie sur « l’Absurdistan » bureaucratique et l’« État nounou » devenu « obèse », ainsi que ses propositions fétiches : « ramener les dépenses publiques sous les 50 % du PIB en dix ans » pour générer 200 milliards d’économies… par an ; une « réduction drastique de l’immigration » pour s’adapter « aux besoins économiques » et « une véritable politique assimilationniste » ; un alignement progressif du statut des fonctionnaires sur celui du privé ; une « économie écologique de marché » qui ne cède pas « aux nouveaux fascistes verts », comme l’a fait, selon lui, Emmanuel Macron en fermant Fessenheim.
On se délectera aussi de ses piques sur ces députés « dont l’insoumission aux règles de respect des autres est proportionnelle à la vacuité de la pensée » et « qui pensent que pour être près du peuple […], il faudrait être débraillé et grossier ». Le patron de l’Association des maires de France (AMF), qui s’est engagé auprès du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau dans la bataille pour la présidence des Républicains, renonçant à se porter lui-même candidat, achève son livre sur ces mots empruntés à Alexis de Tocqueville le 27 janvier 1848 : « La classe qui gouvernait alors était devenue, par son indifférence, par son égoïsme, par ses vices, incapable et indigne de gouverner. » Cinglant. Extraits exclusifs pour Le Point.
La folle dissolution
« Quelle mouche a donc piqué le président de la République lorsqu’il a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale ? Et de décréter la durée de campagne législative la plus courte possible ? Rien, mais vraiment rien, ne l’imposait, et il fallait ne rien comprendre, mais vraiment rien, au pays, ne rien ressentir de l’état d’esprit général, pour penser que ce scrutin verrait émerger une nouvelle majorité présidentielle ou même une majorité tout court. Les élections européennes ont très souvent vu le camp majoritaire s’effondrer, les grands partis à la peine (Nicolas Sarkozy en 1999, non sans panache, s’en souvient encore), la victoire de partis de contestation – soit le Front national, soit les écologistes – et après un pareil scrutin, le président continue de présider, le gouvernement de gouverner et le Parlement de voter des lois […]. La grenade dégoupillée lancée par le président est retombée à ses pieds comme dans un cartoon de Tex Avery. Hélas, l’état de la France, de ses finances publiques, de son enseignement, de sa sécurité, de son industrie, de son système de santé, de son agriculture continue de s’enfoncer de façon dramatique. Et même nos si précieuses institutions de la Ve République en arrivent à être remises en cause par ceux dont l’incompétence et l’accumulation de mauvaises décisions les affaiblissent. Le président de la République aura finalement réussi à faire tomber la France dans le régime de technocrates et le régime des partis. En même temps… »
Le nécessaire réveil européen
« Oui, notre démocratie est attaquée de l’extérieur par des régimes illibéraux, souvent dictatoriaux qui, tels l’Empire russe, l’Empire perse devenu en partie l’Iran, l’Empire ottoman devenu la Turquie, l’empire du Milieu c’est-à-dire la Chine, ont retrouvé leur réalité reptilienne donc leur visée expansionniste. Ils ont comme ciment commun des intérêts commerciaux et géostratégiques ainsi qu’un discours portant à la fois une vision dégradante des démocraties libérales, présentées comme dégénérées et décadentes, et le ressentiment d’une grande partie de la planète à l’égard d’un Occident qui domine le monde depuis la Renaissance. Nous sommes à un basculement. Il faut l’analyser et projeter une nouvelle ambition pour les démocraties, à la fois ferme, claire et respectueuse de chaque continent, de chaque nation, de chaque peuple ; et des nouveaux rapports de force géopolitiques. Dans ce monde de moins en moins organisé autour de principes et du droit, l’Europe doit se réveiller et raisonner en levier de puissance, et non en simple régulateur. L’évolution des États-Unis d’Amérique doit également nous y inciter vigoureusement. La faiblesse ne sera pas respectée. »
L’« ensauvagement » des mineurs
« Il faut changer de braquet et de paradigme : l’âge ne peut plus être un bouclier contre la responsabilité de ceux qui brisent des vies et font régner la terreur dans leurs établissements scolaires ou dans leurs quartiers. Aussi, abaisser l’âge de la majorité pénale à 16 ans n’est plus une option. C’est devenu une impérieuse nécessité ainsi qu’une mesure de justice équitable, dès lors que l’acuité du discernement commande de répondre pleinement de ses actes. […] Cet abaissement de la majorité pénale doit être au cœur de la nécessaire évolution du Code de la justice pénale des mineurs pour l’adapter à la réalité. Mais cette mesure ne saurait être la seule. En plus de celle-ci, la levée de l’excuse de minorité dès l’âge de 13 ans dans les cas les plus graves, la réduction de l’excuse de minorité à 20 % de la peine encourue, la demande de justification du maintien de l’excuse de minorité par les juges, l’instauration et l’effectivité de très courtes peines de prison dès la première infraction, l’accélération des procédures, mais aussi la création d’internats disciplinaires pour continuer d’accompagner les jeunes dans leur parcours éducatif, dans un cadre approprié, nous paraissent être des mesures essentielles. »
Une part de retraite par capitalisation
« Ne rien faire serait accepter que le niveau de vie des futurs retraités soit déprécié, comme l’analyse le COR [Conseil d’orientation des retraites, NDLR] qui estime que le taux de remplacement moyen va aller en diminuant, passant de 50 % aujourd’hui à 45 % en 2040, jusqu’à moins de 40 % à partir de 2055 […]. Agir pour les jeunes générations, c’est faire en sorte que celles-ci aient confiance en l’avenir et que la parole de l’État soit fiable. C’est pourquoi, au-delà des ajustements paramétriques, il est temps de changer d’approche et d’instaurer un étage de retraite par capitalisation, tout en conservant un premier étage par répartition qui garantisse un socle minimal de pension autour de 1 200 euros mensuels. Le financement serait vertueux et de plus en plus léger pour l’État. La part de capitalisation serait abondée par le transfert d’une part des cotisations salariales et patronales. La transition pour parvenir à un système deux tiers de répartition et un tiers de capitalisation se ferait par tranches avec en amorçage un investissement public temporaire et décroissant […]. C’est ce type de capitalisation collective qui doit servir de modèle et être généralisé au secteur privé. Par ailleurs, notre croissance, tout comme notre indépendance dans des secteurs clés de l’économie du futur, passe par le développement de fonds propres. Grâce au développement de fonds de pension français, il serait possible de financer la transition écologique et la transition numérique dont la France doit et pourrait ainsi devenir un acteur majeur et souverain. »
L’IA oui, mais « maîtrisée »
« Les possibilités de fabrication immédiate et accessible à tous d’images fictives de personnes célèbres sont aussi distrayantes que potentiellement dangereuses pour la démocratie. L’utilisation de Grok sur le réseau social X en témoigne. Vous pouvez partager une image de Trump allant à la pêche avec le pape ou d’une attaque militaire de n’importe quelle ville. Or, il n’y a pas de liberté collective sans respect du réel admis comme vérité factuelle et non comme “ressenti”. Cette vérité doit être partagée par une majorité de concitoyens pour produire un minimum de “contrat social”. Il ne s’agit surtout pas d’interdire X ou de restreindre la liberté d’expression par la censure que proposent les faibles et les sectaires ; au contraire, il s’agit de défendre le pluralisme des médias et des réseaux sociaux, et parallèlement de renforcer l’esprit critique et scientifique. L’IA, inarrêtable et très souhaitable pour le progrès scientifique, pour trouver des solutions aux défis écologiques, lutter contre les maladies graves, améliorer la logistique urbaine, mieux travailler, nous faciliter nombre de tâches quotidiennes etc, doit impérativement être maîtrisée. La meilleure façon pour cela est d’une part de savoir la produire, donc pour la France et l’Europe de porter cette ambition scientifique et industrielle sans plus longtemps accepter d’être la colonie numérique des États-Unis et de la Chine. »
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Retrouvez la chronique de David Lisnard pour L’Opinion.

Adrien Gindre a reçu David Lisnard dans « En Toute Franchise » de la Matinale de TF1. Ils ont évoqué le discours d’Emmanuel Macron, l’effort budgétaire dédié aux armées, et l’alliance avec les États-Unis.
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Le Bus du Cœur des Femmes, qui propose un dépistage gratuit et des conseils de prévention aux femmes, a une nouvelle fois choisi Cannes pour entamer son Tour de France.

Incendié en région parisienne lors des émeutes de juin 2023, la Mairie de Cannes, à l’initiative de David Lisnard, avait immédiatement soutenu le Bus du cœur des femmes et participé à sa réhabilitation.

« Les maladies cardiovasculaires causent 76 000 décès chez les femmes en France, soit l’équivalent de la population totale de la ville de Cannes, qui meurt chaque année des suites de ces maladies. Face à ces maladies, il est essentiel de faire progresser la recherche, qu’elle soit fondamentale, appliquée, puis clinique, ainsi que toutes les modalités thérapeutiques, évidemment. C’est un enjeu colossal et majeur. Il ne peut y avoir d’ambition humaine, de progrès ou d’ambition sanitaire sans une recherche et une culture scientifique au cœur de la société. C’est un autre combat, mais pour moi, il est fondamental.
La ville de Cannes vous accueille, mais ne se contente pas de cela. Toute l’année, elle mène une politique proactive en la matière, même si cela ne relève pas directement des missions municipales. Le principe de subsidiarité et la clause de compétence générale nous permettent d’intervenir, et nous ne nous en privons pas. » David Lisnard

TRIBUNE | En 2025, l’obtention d’un rendez-vous avec un spécialiste peut excéder un an, 22% des services d’urgences publiques ne sont pas en capacité d’assurer un accueil continu, et 87 % du territoire est classé en désert médical.

La France bénéficie pourtant d’un savoir-faire médical et soignant reconnu, d’une formation d’excellence et de ressources financières substantielles. Cependant, malgré des dépenses de santé atteignant 325 milliards d’euros, des millions de citoyens rencontrent des difficultés majeures d’accès aux soins. Le problème ne vient donc pas des moyens, mais de leur mauvaise répartition dans un système sclérosé par une organisation rigide et des structures administratives obsolètes.
La charge bureaucratique pèse de manière disproportionnée sur le corps médical et paramédical : en moyenne, un médecin consacre 20 heures par semaine à des tâches administratives, et 34 % du personnel hospitalier remplit des fonctions non médicales. Cette charge accroît les tensions organisationnelles et favorise un cloisonnement des métiers de la santé.
Autrefois classé parmi les meilleurs au monde, notre système de santé est désormais marqué par des indicateurs préoccupants : une densité médicale de 3,2 médecins pour 1 000 habitants, situant la France au 26ᵉ rang de l’OCDE ; un vieillissement du corps médical, avec 44 % des médecins âgés de 55 ans et plus ; un renouvellement insuffisant, illustré par un taux de nouveaux diplômés de seulement 9,5 pour 100 000 habitants, classant la France 30ᵉ sur 36 pays.
Les contraintes réglementaires freinent la télémédecine et interdisent encore l’accès direct à certains professionnels de santé, comme les infirmiers ou les kinésithérapeutes. Ces blocages aggravent la surcharge des généralistes et allongent les délais de consultation. Il est urgent de recentrer le système sur le patient, en lui permettant de consulter librement sans être pénalisé par un parcours obligatoire.
Il devient aussi impératif de redéfinir les missions des soignants et de libérer au maximum les compétences de chacun pour mieux soigner ensemble.
La reconnaissance de la pratique avancée pour les infirmiers, leur permettant de prescrire et de suivre certains patients de manière autonome et en accès direct, constitue une avancée majeure. Il est désormais nécessaire de généraliser cette évolution à l’ensemble du métier infirmier et de l’étendre à d’autres professionnels.
L’accès aux soins en sera amélioré, de même que la réponse aux besoins croissants de la population, en respectant une gradation des soins entre professionnels au regard des compétences de chacun.
S’agissant de la lutte contre les déserts médicaux, elle nécessite une approche pragmatique qui ne restreigne pas la liberté d’installation des médecins mais qui propose un conventionnement différencié avec l’Assurance Maladie, en fonction des zones dans lesquelles les médecins décident de s’installer et des besoins sanitaires locaux. Une approche contractuelle, souple, pragmatique, permettra de mieux adapter offre et demande.
Surtout, il est prioritaire d’en finir avec le malthusianisme sanitaire et d’augmenter le nombre de praticiens.
Supprimer immédiatement le numerus apertus, afin de doubler le nombre d’étudiants formés d’ici 2030, tout en repensant le cursus universitaire : l’apprentissage doit être accéléré, avec la possibilité d’exercer sous supervision dès la cinquième année, ParcourSup doit être supprimé, la double licence LAS/PASS doit être simplifiée, et le concours national classant doit s’adapter aux besoins réels de soins et non à la répartition des postes accessibles en internat. Parallèlement, il faut renforcer la formation pratique.
Il est impératif de diversifier les lieux de stages hors CHU, en intégrant davantage les établissements publics, privés et libéraux, et en favorisant les partenariats entre universités et structures hospitalières privées. L’autonomie des facultés de médecine doit être accrue, leur permettant de contractualiser librement avec les acteurs du secteur, afin d’adapter l’offre de formation aux réalités du terrain.
Si l’Etat, comme c’est le cas pour nos armées ou pour la sécurité intérieure, doit définir une stratégie de long terme à travers une loi d’orientation et de programmation sanitaire pluriannuelle, la définition des besoins sanitaires ne peut plus être dictée depuis des instances administratives centralisées.
Pratiquons enfin la subsidiarité ascendante pour que les élus locaux, et les représentants des professionnels, en lien avec les Préfets, jouent un rôle central dans l’analyse des besoins et l’organisation de l’offre de soins afin d’assurer une meilleure allocation des ressources médicales. Dans cet esprit, il est temps que les maires retrouvent la présidence des conseils d’administration des hôpitaux.
Une simplification institutionnelle et une décentralisation accrue des décisions permettraient une action plus rapide et efficace.
Plutôt que d’accumuler les instances et les échelons administratifs, supprimer les ARS en confiant la partie des missions à conserver aux préfets, tout en y associant les collectivités locales, permettrait de s’adapter aux réalités du terrain, au plus près des patients et des professionnels.
La France n’a pas un problème de qualité des soignants, elle a un problème d’organisation. Notre pays manque de médecins mais pas de candidats (90 000 jeunes par an souhaitent embrasser une carrière médicale). Le statu quo est intenable. Assurer l’accès aux soins pour tous commence par libérer ceux qui soignent.
Enfin, il faut soulager l’hôpital. Cela commence par la relance de la médecine de ville, résultant de ce qui précède. En attendant, favoriser l’installation de maisons de santé locales à l’échelle de chaque ancien canton, généraliser la télémédecine et simplifier le partage des données médicales sont des solutions immédiates pour désencombrer les urgences, où le nombre de passages a doublé en 30 ans pour atteindre 21 millions en 2023.
L’accès aux soins pour chacun dépend des choix que nous ferons : le choix d’un modèle fondé sur le dialogue, la souplesse et l’efficacité, plutôt que sur la coercition, la bureaucratie et la rigidité ; le choix de la confiance dans les soignants, plutôt que leur enfermement dans des carcans administratifs et une politique du contrôle culpabilisante ; le choix d’un système centré sur les patients, plutôt que sur des schémas de gestion déconnectés du réel.
Reconstruire notre système de santé est une priorité absolue. Ce n’est pas seulement une question de santé publique, c’est une question de dignité pour chacun.
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