« Pointu et populaire, à la fois dédié aux pros et au grand public, l’ambition est de construire, dans la durée, un événement musical international qualitatif, immersif, innovant et augmenté » David Lisnard
Aux côtés de David Lisnard et Jean-Michel Jarre, pionnier des musiques électroniques en France et parrain d’honneur du MIDEM, Benoît Desveaux, Directeur Général de Hopscotch, Stewart Copeland, batteur et fondateur de The Police, et Yemi Alade, tous deux parrains de cette édition, ont participé à ce lancement au Palais des Festivals et des Congrès.

« Notre priorité en relançant le MIDEM, et en nous appuyant sur le savoir-faire d’experts du secteur, était d’ouvrir l’événement au grand public, avec des concerts de très grande qualité à des prix volontairement situés dans le bas de la fourchette de ce qui se fait actuellement en France et même dans le monde, dans le contexte d’instabilité que l’industrie musicale traverse depuis maintenant deux décennies. Comme nous le faisons pour chaque événement, nous avons une nouvelle fois proposé cette année des centaines de places gratuites aux Cannois et étudiants cannois qui seront nombreux à pouvoir profiter des concerts et soirées exceptionnels qui se dérouleront jusqu’à samedi au Palais des Festivals et des Congrès. » David Lisnard

« Je perçois le MIDƐM+ comme le Davos de la musique. En ces temps de disruption sur le plan de l’innovation, le son, la musique, seront plus que jamais au cœur des nouvelles formes d’expression. Les oreilles ouvrent les yeux » Jean-Michel Jarre.

Ce MIDƐM 24 est bâti sur trois piliers : le MIDƐM Live – les concerts et DJ sets –, le MIDƐM Expérience, dédié aux professionnels qui pourront participer à des conférences et tables rondes, et la MIDƐM Academy, à travers laquelle 400 étudiants et jeunes professionnels pourront rencontrer artistes et intervenants.
« Ces trois piliers reflètent cette nouvelle identité que nous avons souhaité donner au Midem, pensé comme un catalyseur de créativité, de décideurs et de mélomanes » David Lisnard.

Une reconnaissance qui récompense la démarche pionnière et proactive de la Mairie de Cannes pour anticiper et gérer le risque Tsunami.

« Cannes est exposée à tous les risques majeurs, dont le risque Tsunami. La finalité de l’action publique est de protéger le groupe. Il s’agit d’être plus forts, mieux préparés. Cette reconnaissance est un honneur mais surtout une injonction à accélérer le déploiement de nos actions. Le risque fait partie de la vie. Il s’agit de ne pas cultiver une vision aseptisée de la vie. Le premier maillon de la chaîne de protection est le citoyen. On entretient cette culture du risque. Nous le faisons dans une approche responsabilisante et non pas infantilisante » David Lisnard.

« C’est un moment d’importance historique : Cannes devient la première commune de France métropolitaine et de Méditerranée à être prête au risque Tsunami » Denis Chang Seng, Secrétaire technique Méditerranée à l’UNESCO.

« Cannes a su mobiliser des ressources humaines et innover. Je suis convaincu que Cannes continuera à briller en tant que leader dans cette initiative internationale » Matthieu Péroche, maître de conférences

Depuis 2014, la Mairie de Cannes déploie un plan global pour faire face au risque Tsunami, auquel le littoral azuréen est exposé, comme la mise en place d’une signalétique et d’une cartographie d’évacuation, la formation des élèves de CM1 et CM2, le déploiement de nouvelles technologies d’information, la création, dès 2017, du système « Cannes Alerte », l’expérimentation du programme « Puma X » ou la création d’une charte pour tous les professionnels du littoral.
David Lisnard était accompagné d’experts et de Sébastien Leroy, maire de Mandelieu-La Napoule, qu’il a chargé de co-présider, avec le maire de Trèbes, le groupe de travail « risques majeurs » à l’Association des Maires de France.
Objectif : aider à la constitution des dossiers d’assurances et administratifs, à la recherche de financements et soutenir les travaux de réparation puis de protection.

« La situation que traversent nos amis nordistes est exceptionnelle et dramatique par sa durée. Dès les premières heures, en novembre dernier, j’ai tenu à ce que la Mairie de Cannes, comme elle le fait régulièrement par solidarité, apporte une aide logistique, matérielle et humaine aux sinistrés. Les matériels que nous avons apportés, dont nos barrières de protection contre les inondations, sont toujours sur place et ont démontré à plusieurs reprises l’efficacité du dispositif. L’un des objets de mon déplacement est donc aussi de venir constater le déploiement opérationnel de ces matériels. Nous allons tout faire pour continuer d’aider les populations sinistrées et épauler nos collègues maires » David Lisnard.


Retrouvez la chronique de David Lisnard pour L’Opinion.

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées pour ce moment convivial.

« La raison d’être de Nouvelle Énergie est celle de la liberté, de la responsabilité individuelle et donc de la dignité. C’est l’ambition que nous devons porter. C’est l’espérance que nous devons porter. Je nous souhaite d’avoir l’audace de courir ce risque pour reprendre Bernanos. L’ambition que nous portons avec Nouvelle Énergie est d’être utiles au pays, de construire une alternative crédible et éligible en 2027. Notre pays a tout pour être puissant, libre et indépendant, à condition que l’on se ressaisisse pour générer le sursaut de notre nation.

« Face aux menaces du wokisme, de l’islamisme, des dénis de réalités, face au déclassement de notre pays, nous devons porter une Nouvelle Énergie pour rebondir, pour que nos enfants et petits-enfants puissent grandir dans une France forte, sûre, juste et tolérante. S’il suffisait de dépenser de l’argent public pour être plus efficace, nous aurions le pays le plus efficace du monde. Nous voulons savoir où va notre argent de contribuable et qu’il nous revienne par des services publics de qualité. Aujourd’hui on dépense plus, le service est moins bon et les agents sont moins bien payés. Parce qu’on ne s’attaque pas à la matrice qui est la réorganisation pouvoirs publics. L’enjeu est de retrouver de la performance publique en s’attaquant à la bureaucratie. Nous réduirons le stock de normes, nous passerons d’un régime d’autorisation à un régime de liberté.

« Nous nous attaquerons au déclassement éducatif. Nous retravaillerons les contenus des programmes et redonnerons de la liberté aux enseignants et aux chefs d’établissements. Aujourd’hui la carte scolaire, sous couvert d’égalitarisme, assigne à résidence les classes populaires. Les cocus sont les plus pauvres. C’est une injustice individuelle et un gâchis collectif. Avec Nouvelle Énergie, les habitants choisiront où ils voudront mette leurs enfants. La chute de la France dans les classements PISA ne doit pas être une fatalité. Il faut lutter contre l’immigration illégale et légale, mais aussi contre l’émigration : l’émigration de nos talents, qui préfèrent travailler et fondre leurs familles à l’étranger. C’est très significatif. Nous devons porter une espérance pour notre jeunesse, lui montrer qu’elle peut réussir aussi en France, et qu’elle ne doit pas y être dénoncée quand elle y réussit. À nous de construire une offre forte. Vous devez être les ambassadeurs de Nouvelle Énergie, partout où vous allez. En 2024, soyez contagieux dans vos convictions. La démocratie n’est vivante que si l’on s’en sert, que si l’on s’engage. Notre pays a tout pour être celui de la qualité de vie, de la recherche scientifique, pour être un pays libre. La liberté est un combat permanent » David Lisnard.

L’idée selon laquelle l’accroissement de la population serait un danger pour la planète et le dénigrement de la famille traditionnelle ont contribué à la diminution du nombre de naissances, estime le président de Nouvelle Énergie , qui plaide en faveur d’une politique familiale forte.
Une tribune parue dans le Figaro à retrouver ici.

« Je souhaite revenir ce matin sur un des aspects de notre action sociale au sens le plus large du terme, avec cette pensée pour toutes les personnes en situation de handicap et pour leurs proches qui œuvrent au quotidien pour le bien-être d’un enfant, d’un parent, d’un frère ou d’une sœur. A Cannes, nous avons fait de leur accompagnement et de leur épanouissement une priorité municipale, qui s’exprime à travers une action publique méthodique et concrète déployée depuis 10 ans.
Cette politique se traduit dans un premier temps par la mise en accessibilité des équipements et espaces publics. Il n’est pas acceptable que, au sein de notre société, les uns n’aient pas les mêmes possibilités que les autres du fait d’une pathologie ou d’un handicap.
C’est pourquoi quand nous réalisons des travaux d’embellissement dans tous les quartiers de la ville, l’accessibilité est une condition préalable. Depuis 2014, ce sont ainsi plus de 200 000 m² d’espaces publics qui ont été réhabilités pour que chacun puisse en profiter librement. A titre d’exemples, les Allées de la Liberté, peu propices aux déplacements en fauteuils roulants avant les travaux, ce sont 40 000 m² ; les différentes phases de BoccaCabana, ce sont 50 000 m² ; Bocca Centre, ce sont 55 000 m² ; Gazagnaire, ce sont 25 000 m² ; les rues du centre-ville, dans le Carré d’Or (Macé, Cdt André, Monod, Cousin, Batéguiers, Florian), ou dans les secteurs Hoche (Foch, 24 août, Vagliano, Frères Casanova), Belges et Saint-Honoré, ce sont 16 000 m².
Il s’agit aussi de faire en sorte que les personnes en situation de handicap puissent profiter des mêmes loisirs que tout un chacun, et donc d’intervenir sur nos équipements pour le permettre. En 2022, nous avons ainsi réalisé des travaux au sein de 27 équipements publics, allant de la réfection de sanitaires à la création de rampes ou d’aires de jeux pour enfants adaptées. Au total, ce sont 74% de nos équipements que nous avons mis en accessibilité depuis 2014. Et nous allons continuer.
Permettre aux personnes en situation de handicap de profiter de tous les loisirs, c’est adapter ces loisirs ou avoir une approche créative. A ce titre, je tiens une nouvelle fois à saluer Pascale Mahé, présidente de l’association Eau Delà du Paddle, ainsi que Lucie Carrasco, pour cette merveilleuse idée du paddle adapté qui fut l’attraction de l’été sur notre Handiplage municipale labellisée 4 bouées – handicaps visuel, moteur, auditif, mental –, qui accueille chaque été plus de 10 000 usagers. Cela s’inscrit dans le prolongement de nos actions pour favoriser la pratique du sport pour tous à Cannes, et je pense notamment aux fauteuils de mise à l’eau que nous avons acquis à la piscine Montfleury, aux agrès sportifs accessibles aux personnes à mobilité réduites que nous avons installés à BoccaCabana ou au Square Verdun, ou encore l’activité de tandem que nous proposons sur l’anneau cyclable Louison Bobet pour les personnes atteintes de cécité.
Au-delà des loisirs, l’épanouissement est surtout une affaire de quotidien. C’est permettre aux uns de pouvoir étudier dans de bonnes conditions et aux autres de pouvoir travailler. Pour chacun, c’est une question de dignité. C’est le sens de la convention de mise à disposition de 17 AESH que nous avons signée avec le ministère de l’Education Nationale, pour renforcer le soutien aux élèves en situation de handicap sur les temps de restauration scolaire et périscolaire et donc assurer une continuité et une permanence dans l’accompagnement des enfants scolarisés au sein des 6 classes ULIS de la ville de Cannes. C’est aussi le sens de la mise à disposition de la Villa Morava, site municipal de grande valeur, située dans la Californie, où 121 adultes handicapés travaillent avec vue sur mer.
Rien ne sera jamais parfait. Le but de toute action publique est toutefois de toujours chercher à faire mieux, d’agir autant que nous le pouvons, de corriger ce qu’il y a à corriger, en lien avec les associations locales, et de toujours faire avancer Cannes, pour tous, en faisant du soutien aux personnes en situation de handicap une priorité. » David Lisnard
Texte publié sur la page Facebook de David Lisnard le 26 décembre 2023.
L’AFP a suivi David Lisnard dans son quotidien. Maire de proximité, marathonien, amateur de rock, ancien commerçant : portrait du président de Nouvelle Énergie.
À lire via l’Obs, Le Point ou France 24 ou en cliquant sur ici.
La loi sur l’immigration, adoptée au parlement en début de semaine, soulève notamment la question de l’immigration économique. Pour David Lisnard, il est essentiel de ne pas tomber dans les mêmes travers que certains de nos voisins. Explications.
Atlantico : Le vote du projet de loi immigration provoque une crise politique. Les Républicains sortent-ils renforcés de cette séquence ?
David Lisnard : C’est évident. Pour plusieurs raisons. Ce sont Les Républicains qui ont mené la discussion et qui ont imposé leurs propositions. Ils en sortent renforcés. Tout le monde reconnaît que l’immigration est devenue un problème majeur et qu’elle pose un problème massif au pays. En face, il faut maintenant une politique puissante et une évolution constitutionnelle. Et c’est ce que propose LR.
Cette loi n’apporte qu’un début de réponse. Elle a suscité un psychodrame alors qu’il manque tant d’éléments pour qu’on ait une vraie politique migratoire efficace. Pour être effective, il faut une réforme constitutionnelle pour que l’action ne soit plus contredite par des jurisprudences sclérosantes. Mais au-delà du droit ; avec mon parti Nouvelle Energie nous insistons aussi sur la nécessité de réorganiser les services de l’Etat qui sont totalement dispersés pour le traitement de l’immigration. En France, on parle toujours du législatif mais jamais de l’exécution. Or, nous avons un problème d’exécution. On le voit très bien avec les OQTF ou avec les interdictions de séjour, comme d’ailleurs dans tous les autres domaines de l’action de l’Etat.
Comment faire ?
Pour maîtriser l’immigration, il nous faut certes mieux lutter contre l’immigration illégale mais aussi considérablement diminuer l’immigration légale. Il ne s’agit pas de dire qu’il faut une immigration zéro, ça, ce sont des positions démagogiques. On ne peut pas et on ne doit pas le faire. Mais je pense qu’il faut au moins diviser par huit l’immigration légale. Il faut avoir des quotas pour maîtriser l’immigration sur le plan quantitatif et qualitatif. C’est ce qui commence à être prévu par cette cette loi et qui se fait dans quasiment tous les pays. Voilà pourquoi il faut sortir de l’étau des jurisprudences européennes, des interprétations de la CEDH, du Conseil d’Etat et du Conseil Constitutionnel. Il faut sortir de cette jurisprudence qui empêche d’avoir une politique effective de quota et de maîtrise de l’immigration légale.
Vous dîtes que Les Républicains ont marqué un point en montrant qu’il fallait une réforme de la Constitution. Ont-ils une stratégie politique pour y parvenir sans passer par une alliance avec le Rassemblement National ? Quel est le chemin politique ?
Le chemin qui compte est celui qui permettra le sursaut salutaire de la France. Il ne peut se faire dans les arrangements politiciens. Pour cela il faut être fort, fort d’un corpus clair, opérationnel, puissant qui ne s’affaiblisse d’aucune tractation tactique et électoraliste. Et parallèlement faire monter des nouveaux talents, en prise avec la vie réelle, refuser tout conformisme et tout « révolutionarisme », convaincre, avec abnégation, partout, dans les collectivités, en entreprise, à l’université, par chaque discussion, sur les réseaux sociaux, dans les médias. C’est bien pourquoi j’ai lancé Nouvelle Energie, pour ne pas faire des habiletés, de l’eau tiède et de l’ambiguïté racoleuse, parce que je suis certain que les propositions que nous portons sont les bonnes, utiles au pays, pour, par exemple, la retraite par capitalisation collective obligatoire, pour une nouvelle politique de la famille et démographique, pour redevenir une puissance éducative et culturelle, pour une espérance environnementale par la science, le droit international, l’innovation et l’investissement entrepreneurial, pour une ambition numérique, pour lutter contre la bureaucratie, pour retrouver de l’efficacité sécuritaire et du bon sens régalien, pour restaurer une Justice digne de ce nom, pour régénérer notre démocratie, donc notre état de droit, en sortant de l’impuissance publique…
Le Medef ne partage pas votre position sur l’immigration légale. Patrick Martin, au contraire, demande plus d’immigration pour les entreprises
La position du Medef, je l’entends et je la respecte, mais je ne la partage pas puisque telle que vous la présentez elle limite l’immigration à une question économique. Je suis pour la liberté entrepreneuriale. L’immigration n’a pas à être l’armée de réserve du patronat comme disait Marx à propos du chômage. Or aujourd’hui, nous savons et nous voyons que l’immigration pose un problème beaucoup plus large et intense que celui du travail comme facteur de production. La dimension économique est une dimension parmi beaucoup d’autres. Nous sommes face à une problématique sociale et sociétale. Par certains aspects, c’est aussi une problématique civilisationnelle et sécuritaire.
Je ne trouve pas non plus leurs arguments valables sur le plan économique puisqu’avec l’immigration actuelle, massive et non maîtrisée, on importe de la pauvreté. Elle pèse, entre autres, très lourd sur le coût des services publics. En l’absence de quotas, nous subissons une immigration d’emplois non qualifiés. Ce qui amplifie le problème de l’accès au travail puisque l’immigration tire les salaires vers le bas.
Le patronat devrait davantage se focaliser sur la question du coût de l’emploi, le coût du travail et le fait qu’il y ait trop peu de différentiel entre les revenus liés à l’assistance et les revenus liés au travail, notamment au moment de l’entrée sur le marché de l’emploi. Il faut que le salaire net soit beaucoup plus élevé sans remettre en cause la compétitivité des entreprises. C’est tout le magma du système social, une spécificité française, qui consomme un tiers du PIB et qui est un boulet. Entre le salaire brut versé et le salaire net perçu, il y a une énorme différence. Il faut trouver le moyen d’avoir un salaire net d’entrée sur le marché du travail plus élevé pour le travailleur et moins coûteux pour l’employeur. C’est un peu plus compliqué que de se contenter de dire qu’on va faire rentrer on ne sait pas combien de travailleurs clandestins sur les métiers en tension.
Ne faisons pas la même erreur que l’Allemagne. Souvenez-vous il y a quatre ans. L’Allemagne a ouvert les vannes à l’immigration économique à la demande du patronat. Elle les ferme complètement aujourd’hui. En France, le taux de chômage chez les étrangers est au moins le double du taux de chômage des Français. Par ailleurs, le prisme d’une immigration pour faire des jobs que ne veulent pas faire les français est souvent faux. C’est une considération très démagogique. Je le constate sur le terrain et en tant qu’employeur public. Ce ne sont pas des étrangers qui ramassent les poubelles par exemple, ce sont des Français. Dans ces français, il y a une part issue de l’immigration mais qui, contrairement à ce qu’on croit, est minoritaire.
Avec le vote de la loi immigration, Emmanuel Macron se trouve-t-il dans une impasse politique ? Comment gouverner sereinement le pays jusqu’à la fin de son mandat ?
Cette loi, qui a généré une tragicomédie politique, dans le meilleur des cas, ne règle qu’une petite partie du problème. Dans le pire des cas, elle renvoie à la pertinence de ce que dit LR c’est-à-dire qu’il faut refaire une réforme constitutionnelle. Emmanuel Macron a publié un livre en 2016 intitulé « Révolution ». Il y a deux acceptions au terme, soit c’est un changement radical soit on tourne en rond. Là, on tourne en rond. On a eu « le grand débat », le CNR – même sigle qu’à la libération, rien de moins -, les « grands rendez-vous » du Ségur, du Beauvau de la sécurité ou encore cet automne « l’initiative d’ampleur » des réunions de Saint-Denis avec les partis politiques, en attendant « le rendez-vous avec la nation » en janvier annoncé il y a quelques jour par le président de la République. Et je dois en oublier… Quels sont les actes ? Leur suivi, leur évaluation ? Quelle est dans tout cela la vision au sommet de l’Etat de l’avenir de la France? Il y a une succession de séquences de communication avec de l’emphase linguistique proportionnelle à l’incapacité d’action.
Le Président doit-il dissoudre l’Assemblée Nationale ? A-t-il encore les moyens de faire passer des projets de lois sans créer un maximum de tensions ?
Là, le projet de loi pour l’immigration est passé dans le sens que voulait LR. On verra pour le reste. Je ne suis ni parlementaire, ni dans l’Exécutif d’Etat. Je suis maire. J’ai appris à me concentrer sur ce que je maîtrise. C’est-à-dire ce que je fais dans ma mairie et ce que je propose avec mon parti Nouvelle Energie. Nous, on travaille. On essaye de faire des propositions fortes sur l’éducation, l’économie, la retraite etc. Les circonstances seront ce qu’elles seront. Seules la constance et la consistance permettront d’y répondre.
Si dissolution, faut-il un LR comme Premier ministre ? Certains disent qu’Edouard Philippe, patron d’Horizon, pourrait redevenir Premier ministre.
Je ne veux pas commenter. Tout ça c’est de la fiction. Si il y a dissolution, il y aura une nouvelle élection. C’est la nouvelle majorité parlementaire qui déterminera qui sera le nouveau Premier ministre. Objectivement, je ne crois pas que ce sera un Horizon ou d’autres partis d’ailleurs de la macronie. Je pense que la majorité parlementaire serait plus à droite.
En tant qu’élu local, comprenez-vous la fronde des 32 départements de gauche qui disent ne pas vouloir appliquer la loi immigration concernant notamment la restriction de l’allocation d’autonomie ?
Moi, même si je ne partage pas sa conviction, je comprends la position d’Aurélien Rousseau, ministre sortant de la santé, qui ne se sentait pas en phase avec la philosophie d’une loi votée avec l’assentiment du gouvernement. Il a démissionné de son poste de ministre de la Santé, c’est une décision très respectable. En revanche, cette loi est légitime donc elle doit être appliquée. Ce n’est pas une loi scélérate, une loi d’un régime d’exception. Donc, je comprends la résistance intellectuelle de ces conseillers départementaux mais pas la posture d’une non-application de loi. Ce n’est pas admissible par définition. Je ne peux pas cautionner ça. Si à chaque fois qu’il y a une loi qui m’offusque, je ne devais pas l’appliquer; on n’appliquerait pas grand-chose à Cannes : Le zéro artificialisation nette, la mise sous tutelle des collectivités territoriales, on nous met sous dépendance de l’État, on conteste politiquement, on essaie d’obtenir des changements, mais en attendant on s’attache à appliquer. « Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen », disait le philosophe Alain.
Enfin, en cette période de fêtes vous publiez une lettre au Père Noël. Une lettre dans laquelle vous dénoncez le social étatisme à travers le dispositif ETincelles. De quoi s’agit-il?
Un machin dont personne n’a parlé à cause du psychodrame sur l’immigration. Le Président de la République fait pourtant un bon constat et identifie un problème. Nous avons des PME et des grands groupes, mais nous manquons d’ETI, les Entreprises de Taille Intermédiaire. Pourquoi n’avons-nous-pas, comme en Allemagne, ce capitalisme familial qu’on retrouve dans les petites entreprises qui ont entre 250 et 5000 salariés ? Tout simplement d’une part parce que les transmissions y sont fiscalement plus difficiles, s’autre part parce qu’on manque de capitalisation. On manque d’épargne tournée vers l’entreprise. C’est pour ça qu’au moment de la réforme des retraites il fallait aller plus loin. Il faut qu’on instaure une retraite par capitalisation obligatoire collective, entre un filet de sécurité par répartition et la liberté de capitalisation. Cela permettrait d’avoir des pensions beaucoup mieux garanties pour les futurs retraités, de contribuer progressivement à assainir les comptes publics qui ont en bien besoin, c’est un euphémisme, et à financer les entreprises intermédiaires notamment. Il y a beaucoup de pays où ça marche très bien.
En France, on ne fait pas ça. A la place, on invente le dispositif ETincelles. Il faut voir le verbatim sur le site de l’Elysée, il y a douze fois le mot « bienveillance ». Ce dispositif prévoit que des hauts fonctionnaires de qualité vont accompagner 500 PME sélectionnées pour devenir une ETI. Sélectionné par qui ? Comment ? on ne sait pas. Par ailleurs, 500 PME c’est moins de 10% des PME françaises. C’est totalement déconnecté de la vraie vie des entreprises. On est sur une énième expression du social-étatisme qui plombe le pays depuis 40 ans. Emmanuel Macron, c’est un peu plus sophistiqué que François Hollande. Mais c’est la même matrice. Il en faut du social-étatisme, mais tout est une question de proportion. Quand on a 57% de dépenses publiques et le record des prélèvements obligatoires, c’est trop. Beaucoup trop. Et c’est ce qui tire notre pays vers le bas.
Retrouvez l’interview de David Lisnard pour Atlantico ici.

Retrouvez l’intégralité du grand portrait de David Lisnard, réalisé par Laurence Ferrari, pour Paris Match.



