Arménie : la mémoire comme devoir, l’engagement comme exigence

À l’occasion du 111ᵉ anniversaire du génocide arménien, David Lisnard a présidé la cérémonie de commémoration ce 24 avril 2026 au Jardin d’Arménie, sur la Croisette.

Cannes le 27 avril 2026
ARMÉNIE

Devant la stèle des Arméniens, il a rappelé avec force la réalité historique du Medz Yeghern, « le premier génocide du XXᵉ siècle », planifié et exécuté par le pouvoir Jeune-Turc en 1915, causant la mort de près d’un million et demi d’Arméniens. « Ce ne fut pas un dérapage, mais une politique d’État », a-t-il souligné, réaffirmant la nécessité de reconnaissance, de justice et de mémoire.

Insistant sur la place de la communauté arménienne dans la nation, David Lisnard a salué « un modèle d’intégration républicaine », rappelant que cette mémoire dépasse les origines pour appartenir pleinement à la conscience nationale. Une mémoire vivante, portée par une diaspora qui démontre que l’assimilation n’efface pas, mais accomplit.

Mais le maire de Cannes a également voulu dépasser le seul hommage historique pour alerter sur la situation actuelle de l’Arménie. Il a dénoncé le nettoyage ethnique du Haut-Karabakh en 2023, qui a contraint plus de 100 000 Arméniens à l’exil « dans un silence européen qui restera comme une tache ». Évoquant les tensions persistantes avec l’Azerbaïdjan, il a mis en garde contre une paix conditionnée à des concessions imposées au peuple arménien.

Dans un contexte international instable, marqué par les rapports de force au Caucase et au Moyen-Orient, David Lisnard a appelé à une prise de conscience stratégique : « Notre sécurité se joue autant à Erevan qu’à Kiev ou à Beyrouth. » Il a exhorté la France et l’Europe à être au rendez-vous, tant par devoir que par intérêt, notamment en soutenant l’Arménie dans son orientation européenne et en protégeant les équilibres fragiles de la région.

Plus largement, il a dénoncé les logiques d’abandon face aux puissances autoritaires, rappelant que « la concession ne rassasie pas le tyran : elle l’affame davantage ».

Concluant son allocution, David Lisnard a appelé à joindre « à la mémoire la promesse » : celle de ne pas laisser l’Arménie seule face aux menaces, de défendre les peuples et les modèles de coexistence, et de réaffirmer le rôle de la France et de l’Europe dans le monde.

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de Nouvelle Énergie et David Lisnard