À Cannes, le WAICF s’impose comme le rendez-vous annuel mondial de l’intelligence artificielle

Pour sa cinquième édition, le World AI Cannes Festival (WAICF) a confirmé son statut de grand rendez-vous mondial de l’intelligence artificielle, transformant durant deux jours le Palais des Festivals en véritable capitale européenne de l’IA.

Cannes le 17 février 2026
WAICF GS

Avec plus de 10 000 participants, 200 exposants, 300 intervenants et 40 pays représentés, le WAICF s’affirme comme une agora stratégique où se rencontrent développeurs, industriels, chercheurs et décideurs publics pour accélérer l’adoption, la gouvernance et la maîtrise de l’intelligence artificielle.
Ici, le débat ne porte plus sur la faisabilité de l’IA, mais sur les conditions de son déploiement responsable, sécurisé et durable.

L’IA, une infrastructure stratégique mondiale

Sur les scènes comme dans les allées, un constat s’impose : l’intelligence artificielle est devenue une infrastructure critique, intégrée aux services publics, aux systèmes de santé, aux décisions économiques et aux chaînes industrielles.

Présente pour l’ouverture du salon, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a souligné la dynamique française :

« L’IA française n’est plus une promesse, c’est une réalité. Elle se déploie dans tous les secteurs, crée de la valeur et ouvre de nouvelles perspectives. »

Un an après le sommet parisien consacré à l’IA, l’écosystème national a clairement accéléré. Les startups françaises ont levé plus de 2,5 milliards d’euros, tandis que les projets de data centers souverains se multiplient, à l’image de DataGreen ou de Policloud à Cannes, afin de renforcer l’autonomie technologique du pays.

Mais au-delà des performances économiques, la France défend une vision singulière : celle d’une IA responsable, durable et tournée vers le bien commun.

Compétition mondiale et ambition européenne

Cet enthousiasme n’efface pas les inquiétudes. Lors de l’inauguration, David Lisnard a rappelé la dimension économique, stratégique et géopolitique d’une technologie appelée à peser des milliers de milliards de dollars dans les prochaines années.

« Si nous ne maîtrisons pas l’IA, nous la subirons. »

Un avertissement clair face à la concurrence des États-Unis et de la Chine, et un appel à renforcer la capacité d’investissement et d’innovation européenne. Pour le maire de Cannes, on ne maîtrise pas une technologie en la sur-régulant, mais en la produisant, en l’industrialisant et en la déployant à grande échelle.

Il a dénoncé le déséquilibre actuel : une Europe championne de la norme, mais absente des géants mondiaux de l’IA, plaidant pour une véritable stratégie industrielle, inspirée notamment d’une DARPA européenne de l’IA et du quantique, capable de relier recherche fondamentale, recherche appliquée et passage à l’industrialisation.

Les territoires au cœur de l’innovation

Autre marqueur fort de cette édition : l’ancrage territorial du WAICF.
« L’innovation ne se passe pas qu’à Paris », a rappelé la ministre, soulignant que plus d’une startup sur deux naît désormais hors Île-de-France.

Le pavillon Terre d’IA a une nouvelle fois mis en lumière l’excellence technologique des Alpes-Maritimes, avec 28 startups locales présentant leurs solutions dans des domaines clés : santé, environnement, cybersécurité, territoires intelligents ou énergie. Une démonstration concrète que la compétitivité française se construit au plus près des territoires, par l’expérimentation et l’agilité locale.

Cannes, laboratoire de la performance publique par l’IA

Dans son discours, David Lisnard a illustré cette dynamique par des exemples concrets. À Cannes, l’IA est déjà mobilisée pour :
• l’analyse automatisée de l’état des voiries, permettant de hiérarchiser objectivement les investissements ;
• l’usage d’IA génératives divisant par dix le temps de traitement de certains documents administratifs ou contrats publics ;
• la réduction des dépenses de fonctionnement et le renforcement de la performance publique.

L’objectif n’est pas de remplacer l’humain, mais au contraire de remettre de l’humain au service de l’humain, en automatisant le back-office pour renforcer la qualité du service rendu aux citoyens.
Un principe résumé par un symbole fort : à Cannes, un être humain répond au téléphone 24h/24, 7j/7, y compris les jours fériés.

Énergie, souveraineté et avenir industriel

Enfin, David Lisnard a insisté sur un enjeu central souvent sous-estimé : l’énergie.
Pas de développement massif de l’IA sans une énergie décarbonée, abondante, pilotable et compétitive. Il a plaidé pour une priorité claire donnée à l’hydroélectrique et au nucléaire, condition indispensable à tout renouveau industriel européen.

Une ambition française et européenne assumée

À Cannes, le WAICF n’est pas seulement un salon. Il est devenu un lieu de confrontation des idées, de foisonnement des initiatives et d’affirmation d’une ambition française et européenne en matière d’intelligence artificielle.

« L’IA ne remplacera pas l’homme, mais l’homme augmenté. »

Dans un monde en recomposition accélérée, Cannes s’affirme plus que jamais comme un carrefour stratégique de l’IA mondiale, au service de l’innovation, de la souveraineté et du progrès humain.

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de Nouvelle Énergie et David Lisnard