À Bayeux, David Lisnard invoque l’esprit de résistance pour reconstruire la France
Lancé dans sa course à l’Élysée, le président de Nouvelle Énergie a choisi la célèbre cité normande pour dessiner l’architecture d’une refonte des institutions sur le modèle originel de la Constitution de 1958. Un article d’Emmanuel Galiero paru dans Le Figaro.
La libération de Bayeux comme symbole gaullien de la reconstruction d’une nation et de sa Constitution. David Lisnard, candidat à la présidentielle et président de Nouvelle Énergie, a choisi la date anniversaire de la bataille de Normandie et de l’appel du 18 juin pour prononcer un discours censé marquer une étape importante de sa campagne. Un discours écrit et pensé pour partager l’essentiel de son message en moins de quarante minutes. C’est aussi, pour le maire de Cannes, le moment d’incarner une vision pour l’avenir du pays.
L’élu promet de rétablir le « grand navire France » en commençant par une suite de questions. « Comment reprendre en main notre destin ? Comment retrouver une France libre et indépendante ? Comment maîtriser nos frontières et notre politique migratoire ? Comment rendre nos rues plus sûres ? » Pour lui, rien ne sera possible sans une refonte des institutions françaises.
À l’ombre des grands arbres centenaires de la place Charles-de-Gaulle, devant Arnaud Tanquerel, le nouveau maire affilié aux Centristes d’Hervé Morin (président de la région Normandie proche de David Lisnard), il rappelle les constats sur lesquels fut fondée la Ve République. Et si la dégradation de la France est directement liée à la dégradation de ses institutions, alors le parallèle devient évident entre les réalités décrites par de Gaulle il y a quatre-vingts ans et les tourments politiques de 2026. De son temps, le Général avait dénoncé « l’affaissement moral d’une classe dirigeante qui avait perdu foi dans le régime, dans le peuple et dans elle-même ». David Lisnard le cite : « Des institutions défaillantes produisent des hommes défaillants, des hommes défaillants ne peuvent pas sauver des institutions défaillantes. »
Un chef d’orchestre
À moins d’un an de la présidentielle, ces mots prononcés en un lieu emblématique de la reconstruction politique, quatre-vingts ans après l’esquisse de la Ve République annoncée par le général de Gaulle, font écho aux crises d’un pays prisonnier de ses renoncements. Pour le Cannois, la célèbre cité du Calvados fut celle de la réapparition d’un « État légitime » à restaurer. David Lisnard assume la symbolique de ce déplacement. Il vient ici pour détailler « les conditions de la reprise en main du destin de la France par les Français ». Candidat à la présidentielle, il veut en être le chef d’orchestre.
Le sondage du jour (Ifop Fiducial pour Paris Match) signale une « remontée » de sa candidature dans le top 50, de la 45e place en avril à la 34e en juin, « après des mois sans relief », tout en ajoutant qu’« un Français sur trois dit ne pas le connaître ». David Lisnard, pour sa part, confie son envie d’« accélérer » mais n’entend pas le faire en fonction des études d’opinion. « La politique, ce sont des flux, une dynamique. Si j’avais regardé les sondages, je ne serais jamais allé aux municipales. » À dix mois de l’échéance présidentielle, il observe les enquêtes d’opinion comme de simples « photographies dans le brouillard », seulement aptes à révéler des « lumières d’étoiles mortes ».
En pensant aux macronistes, juste avant de se rafraîchir avec un petit verre de cidre Lecornu – ça ne s’invente pas ! -, il rebondit sur son débat face à Édouard Philippe, organisé il y a quelques jours par la maire LR de Taverny, Florence Portelli. « Ce débat m’a conforté dans la nécessité de porter ma candidature pour tourner la page du macronisme », confie-t-il, convaincu que tous les héritiers du président seront « disqualifiés ». L’élu pense d’ailleurs que Bruno Retailleau, candidat des LR, n’échappera pas au reproche d’avoir siégé au sein d’un pouvoir qui aura fini par reculer sur les retraites, sous la pression de la gauche. « Comme pour les marathons, je préfère la compétition à l’entraînement », prévient le Cannois, fermement décidé à poursuivre sa course, encouragé par les élus, les urgences et l’impatience qu’il perçoit sur le terrain. Mercredi, un constitutionnaliste réputé lui a adressé un message pour saluer son discours de Bayeux, jugé « magnifique dans ses finalités et ses inspirations ».
Partisan d’une large primaire à droite
En creusant méthodiquement son sillon, David Lisnard observe la concurrence sans enthousiasme. À droite, il fustige le complexe de supériorité de ceux qui se croient « présidentiables par nature ». À gauche, il constate la victoire, « comme prévu, du cerveau reptilien mélenchoniste », qu’il affirme avoir été l’un des premiers à identifier comme un « danger » pour le pays. Quant à Raphaël Glucksmann, il ironise sur son discours « à la Arlette Laguiller avec le vernis mondain des cercles parisiens ».
Toujours partisan d’une large primaire à droite, le candidat mesure la complexité du projet. « Chaque jour qui passe est un jour perdu », regrette-t-il. Sans renoncer à croire en ses chances, il affiche sa détermination : « La sélection se fera de façon darwinienne. Au début de l’année prochaine se cristallisera autour de ma candidature le mouvement de ceux qui ne veulent plus du macronisme ni du RN. Le plus important est de construire une proposition politique à la hauteur des enjeux. »
Pour ses partisans, le discours de Bayeux est justement l’occasion de tracer des perspectives. Rétablir le septennat, rendre la parole au peuple, réformer la Constitution à partir d’un référendum, remettre le juge constitutionnel à sa place, abroger le principe de précaution, en finir avec les nominations de complaisance, restaurer la souveraineté juridique, rendre l’État à ses missions régaliennes… « Rien ne nous condamne à l’impuissance, sauf les conformismes », alerte l’orateur, venu dessiner l’architecture d’une reconstruction à partir d’un modèle historique. Un modèle de démocratie gaullienne qui proposa, jadis, des pouvoirs « séparés et équilibrés », un exécutif libéré des partis, un garant « de la continuité de l’État et de l’indépendance de la nation »… « Il est temps de reprendre le contrôle », clame David Lisnard. Au fond, le candidat invite les Français à renouer avec « l’esprit de résistance », qu’il croit toujours vivant. « La promesse de 1946 n’appartient pas au passé, conclut David Lisnard. Voilà pourquoi je suis venu à Bayeux. »
Retrouvez cet article sur le site du Figaro en cliquant ici.
Recevez les actualités
de Nouvelle Énergie et David Lisnard