«Vive l’État libéré de l’étatisme !» : David Lisnard face à Édouard Philippe lors du débat organisé par Florence Portelli

À Taverny, samedi 6 juin, lors d’un débat organisé par Florence Portelli, David Lisnard a confronté sa vision de la France à celle d’Édouard Philippe. Un échange de fond, exigeant, courtois, mais révélateur d’une différence majeure : d’un côté, la volonté de refonder l’État ; de l’autre, les limites d’un système qui a gouverné sans aller jusqu’au bout des ruptures nécessaires.

le 11 juin 2026
DEBAT DL EP

Dès son intervention, David Lisnard a posé le diagnostic : la France dispose de tous les atouts pour redevenir un pays de prospérité, d’audace et de grandeur. Mais elle doit d’abord regarder en face son déclassement : économique, industriel, démographique, diplomatique, sécuritaire, judiciaire et surtout éducatif.

« Je propose de changer de système. »

Pour le président de Nouvelle Énergie, le modèle français hérité du XXe siècle est à bout de souffle. L’État-providence, conçu dans un contexte de forte démographie et de gains de productivité élevés, ne répond plus aux réalités du pays. Il doit être remplacé par un État-performance, capable de protéger, d’instruire, de juger, de garantir l’ordre et de préparer l’avenir.

Justice : l’affaire Lyhanna comme révélateur de l’impuissance publique

Le débat s’est ouvert sur la justice et la protection de l’enfance, dans le contexte du drame de Lyhanna. David Lisnard a refusé les réactions convenues, les discours d’émotion et les promesses sans lendemain.

Pour lui, cette affaire n’est pas un simple dysfonctionnement isolé. Elle révèle une chaîne régalienne en déliquescence.

Une plainte pour viol sur mineur déposée plusieurs mois auparavant. Aucune audition. Aucune vérification suffisante. Des courriers postaux entre administrations. Aucun dossier numérique partagé.

« Dès qu’on arrive au pouvoir, toute plainte d’enfant sur un fait de violence, et a fortiori sexuelle, doit être obligatoirement traitée avec vérification et levée des doutes dans les trente jours. »

David Lisnard a proposé des mesures concrètes : un dossier numérique unique par victime, un partage sécurisé des données entre magistrats, une responsabilité personnelle engagée en cas d’absence de traitement, une refonte du code pénal et une meilleure effectivité des peines.

Là où Édouard Philippe insiste sur le manque de moyens, David Lisnard replace le sujet à la racine : l’organisation de l’État, la bureaucratie, la production excessive de normes et l’absence de responsabilité.

« Moins de règles, meilleures règles. Deuxième élément : des règles respectées. »

Pour David Lisnard, le drame de Lyhanna n’est pas seulement celui d’un crime abominable. Il révèle l’échec d’un système incapable de traiter à temps des signalements pourtant connus de la justice. Derrière l’émotion légitime, il appelle à une remise à plat de l’organisation judiciaire, à une responsabilisation accrue des acteurs publics et à une réforme profonde de l’État afin que de tels drames ne puissent plus se reproduire.

Budget de l’État : la contradiction d’Édouard Philippe

Le débat a également mis au jour une différence majeure sur les finances publiques.

Édouard Philippe a défendu son bilan en rappelant la baisse du déficit public au début du quinquennat Macron. David Lisnard a immédiatement replacé le débat au bon niveau : celui du budget de l’État.

Car c’est bien l’État central, sous la responsabilité du président de la République et du gouvernement, qui portait déjà une dérive préoccupante avant même les crises suivantes. David Lisnard a rappelé que le déficit de l’État s’était dégradé entre 2017 et 2019, malgré les excédents des comptes sociaux et des collectivités territoriales qui amélioraient artificiellement la présentation des comptes publics.

Cette distinction est essentielle.

Le déficit public agrège l’État, la Sécurité sociale et les collectivités. Mais le déficit de l’État révèle la réalité de la gestion gouvernementale. Et sur ce point, David Lisnard a mis Édouard Philippe face à une contradiction : on ne peut pas appeler aujourd’hui au redressement de l’État sans assumer les dérives budgétaires de ceux qui l’ont dirigé.

Pour Nouvelle Énergie, la question n’est donc pas seulement comptable. Elle est politique. Tant que l’État continuera de financer un système social-étatiste inefficace, il manquera de moyens pour ses missions essentielles : justice, police, armée, diplomatie, école.

« Plus on prélève de l’argent, plus on le capte pour l’attribuer à autre chose que le régalien, moins le régalien dispose de moyens. »

C’est le paradoxe français : record de dépense publique, record de prélèvements, mais services régaliens affaiblis.

Nucléaire : les actes contre les discours

L’autre contradiction majeure a porté sur l’énergie nucléaire.

Édouard Philippe a rappelé son attachement au nucléaire et les contraintes de l’époque. David Lisnard, lui, a rappelé les décisions prises lorsque l’ancienne majorité était au pouvoir : fermeture de Fessenheim, programmation de la fermeture de réacteurs, affaiblissement d’une filière stratégique au moment même où la France aurait dû renforcer son indépendance énergétique.

« Le démantèlement de Fessenheim et la loi de programmation qui fermait quatorze réacteurs nucléaires nous ont considérablement affaiblis. »

Pour David Lisnard, cette erreur a eu des conséquences directes : perte de souveraineté, dépendance accrue, hausse du coût de l’énergie, fragilisation du pouvoir d’achat et affaiblissement industriel.

Il a défendu une ligne claire : une énergie pilotable, bon marché et décarbonée, fondée prioritairement sur le nucléaire et l’hydroélectricité, complétée par des solutions locales utiles et maîtrisées.

À Cannes, il a rappelé son action concrète avec le développement d’une centrale d’énergie marine, preuve qu’une écologie de résultats peut se construire loin des postures idéologiques.

La position de Nouvelle Énergie est simple : le nucléaire n’est pas une option parmi d’autres. Il est le socle de notre souveraineté énergétique et industrielle.

L’État fort contre l’État partout

L’un des moments les plus révélateurs du débat est venu lorsque David Lisnard a résumé sa ligne :

« Vive l’État libéré de l’étatisme ! »

Cette formule concentre toute la différence entre Nouvelle Énergie et le conformisme technocratique.

David Lisnard ne veut pas d’un État faible. Il veut un État recentré, puissant, respecté, capable d’agir là où lui seul peut agir : justice, sécurité, défense, diplomatie, instruction publique.

Mais pour que l’État soit fort sur ses missions essentielles, il doit cesser d’être partout, tout le temps, dans tout.

Aujourd’hui, l’État bureaucratique contrôle, bloque, norme, ralentit. Il est fort avec les faibles et faible avec les forts. Il sanctionne plus facilement l’automobiliste que le voyou multirécidiviste. Il contrôle davantage l’entreprise, la commune ou le contribuable que ceux qui menacent réellement l’ordre public.

« La réalité des Français, c’est qu’ils n’en peuvent plus. »

Éducation, numérique, IA : retrouver la puissance

David Lisnard a aussi replacé le débat dans une perspective plus large : celle de l’indépendance française.

Pour lui, il ne peut y avoir de souveraineté sans puissance intérieure. La France ne pèsera ni en Europe ni dans le monde si elle ne règle pas d’abord ses faiblesses internes : dette, école, énergie, industrie, numérique.

Sur l’intelligence artificielle, le quantique, la robotique et les technologies de rupture, il a plaidé pour un changement complet de braquet, à l’échelle française et européenne.

« Tous les discours sur l’indépendance n’ont aucune emprise si nous continuons à être la colonie numérique des États-Unis et de la Chine. »

Même exigence pour l’école. David Lisnard a défendu une ambition éducative forte, la liberté de choix pour les familles, la fin de la sectorisation qui enferme les élèves dans des ghettos sociaux, et un recentrage sur les fondamentaux.

L’objectif est clair : faire de la France une superpuissance éducative, culturelle et scientifique.

Une droite de fond, pas de posture

Ce débat a montré qu’une alternative existe.

Face à ceux qui veulent corriger le système à la marge, David Lisnard propose de le refonder. Face à ceux qui découvrent aujourd’hui les limites de l’État bureaucratique, il porte depuis des années la nécessité d’un État-performance. Face à ceux qui défendent le nucléaire après avoir accompagné son affaiblissement, il assume une ligne constante de souveraineté énergétique.

La France n’a pas besoin d’une nouvelle couche de technocratie. Elle a besoin d’une révolution du bon sens.

Un État moins dispersé, mais plus fort.

Moins de bureaucratie, mais plus de justice.

Moins d’étatisme, mais plus d’autorité.

Moins de dépendance, mais plus de liberté.

C’est cette ligne que David Lisnard porte avec Nouvelle Énergie : refonder l’État, libérer la société, restaurer la puissance française.

(re)Voir le débat entre David Lisnard et Édouard Philippe

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