«Ce qui compte, c’est la France»

Invité de BFM TV face à Marc Fauvelle, le 20 avril, David Lisnard a livré une intervention qui tranche avec les réflexes dominants du débat public. À rebours des postures et des commentaires à chaud, il a défendu une ligne constante, celle d’une politique ancrée dans le réel, structurée par les faits et guidée par la responsabilité.

le 22 avril 2026
DL BFM

Interrogé sur la situation internationale et les initiatives de Donald Trump, Lisnard refuse toute lecture simpliste. Le sujet n’est pas de juger mais de comprendre les intérêts en jeu. La France, rappelle-t-il, dépend directement de la stabilité de certaines zones stratégiques, notamment pour ses approvisionnements énergétiques et la sécurité des voies maritimes. Dans ce contexte, laisser une fenêtre à la négociation peut constituer un signal positif, à condition qu’elle s’inscrive dans une stratégie cohérente. Derrière cette analyse, une idée claire se dégage : la politique étrangère ne peut être guidée par l’émotion, mais par une lecture lucide des rapports de force.

Cette exigence de lucidité irrigue également son approche des enjeux économiques. Face à la hausse des prix du carburant, il récuse les réponses faciles et les solutions d’affichage. Sa proposition, déjà formulée depuis plusieurs semaines, repose sur la suspension des certificats d’économie d’énergie. Une mesure technique, peu visible politiquement, mais immédiatement efficace sur le prix à la pompe. Surtout, elle présente à ses yeux un avantage décisif : elle n’aggrave pas la dette publique. Dans un pays fragilisé par des décennies de déficits, Lisnard rappelle que toute décision a un coût, et que ce coût ne peut être systématiquement reporté sur les générations futures.

Le même souci de cohérence guide son diagnostic sur l’État. Le paradoxe français est connu mais rarement assumé avec autant de clarté : des dépenses publiques parmi les plus élevées au monde, pour des services souvent jugés défaillants. Pour Lisnard, le problème n’est pas tant le niveau de dépense que sa mauvaise allocation. L’État est omniprésent là où il freine l’action, et insuffisant là où il devrait être pleinement engagé. Cette dérive s’incarne notamment dans la multiplication des structures administratives, qui diluent les responsabilités et complexifient la prise de décision. La conséquence est directe : une perte d’efficacité qui pénalise l’ensemble du pays.

La séquence où il met en scène la destruction de formulaires administratifs s’inscrit dans cette critique. Loin d’un simple geste symbolique, elle vise à illustrer un phénomène profond. L’accumulation de normes, loin de protéger, finit par entraver. Elle ralentit les projets, décourage les initiatives et pèse sur l’activité économique. À ses yeux, cette complexité a un coût concret, mesurable en croissance perdue et en opportunités manquées. Simplifier ne relève donc pas d’un slogan, mais d’une nécessité économique et sociale.

Sur le plan politique, Lisnard assume également une ligne de rupture. Après son départ des Républicains, il appelle à une recomposition fondée sur la confrontation démocratique plutôt que sur les accords d’appareil. L’idée d’une grande primaire ouverte de la droite et du centre vise à clarifier les projets et à faire émerger des candidatures sur la base d’une légitimité réelle. Dans un paysage fragmenté, il considère qu’on ne peut plus se contenter de désignations internes déconnectées du terrain. La crédibilité d’une offre politique passe désormais par la transparence et la compétition des idées.

Enfin, c’est une réflexion plus large sur le travail et le modèle social qu’il propose. Le système actuel, selon lui, ne valorise plus suffisamment l’effort. Entre des charges élevées et un niveau de rémunération qui ne reflète pas toujours l’investissement des individus, l’incitation à travailler s’affaiblit. Lisnard plaide pour un rééquilibrage qui redonne du sens au travail, en augmentant le revenu net et en allégeant les contraintes pesant sur l’activité. Sa position sur le 1er mai, qui consisterait à maintenir le caractère férié tout en permettant à ceux qui le souhaitent de travailler, s’inscrit dans cette logique de liberté encadrée.

Au fil de l’entretien, une cohérence se dessine. Refus du déni, refus des solutions de facilité, refus des illusions budgétaires. À l’inverse, une volonté de hiérarchiser les priorités, d’assumer les choix et de replacer la responsabilité au cœur de l’action publique. À travers cette intervention, Lisnard ne se contente pas de commenter l’actualité. Il esquisse une méthode et une vision, fondées sur une conviction simple : la France peut réussir à condition de sortir de ses contradictions.

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de Nouvelle Énergie et David Lisnard