Guy Drut : «Pour une droite de nouveau au service des Français»
Face à une gauche radicalisée par LFI, la droite doit s’unir, et le maire de Cannes, David Lisnard, homme d’expérience et de caractère, peut incarner ce rassemblement, plaide l’ancien ministre et ancien champion olympique. Retrouvez la tribune de Guy Drut parue dans Le Figaro.
Je suis chiraquien de cœur et RPR de raison. Gaulliste dans l’âme, héritier d’une certaine idée de la France. Aujourd’hui, le temps dont je dispose me permet de lire, de réfléchir, de dialoguer ; bref, de prendre du recul sans jamais renoncer à l’essentiel. Après la carrière sportive qui m’a amené au titre olympique dont c’est le cinquantenaire cette année, mon parcours de vie a été marqué par des figures qui ont façonné ma vision de l’engagement public : Charles de Gaulle, Georges Pompidou, que j’ai eu la chance de rencontrer, Jacques Chirac, Alain Peyreffite, Philippe Seguin, Philippe de Villiers, Pierre Mazeaud, François Fillon ou encore François Baroin, Michèle Alliot-Marie et tant d’autres, hommes et femmes, auprès desquels j’ai mené de belles campagnes politiques. Tous m’ont permis de me forger une certaine idée de la droite. Cette droite qui croit au peuple sans le flatter, à l’autorité et à la souveraineté de l’État, à la liberté, à la nation, et qui n’a pas honte d’elle-même. Une droite attachée à la souveraineté, à la dignité de la fonction publique, au respect de la parole donnée, celle qui assume l’exercice du pouvoir sans jamais renoncer à ses principes.
«Une droite claire, assumée, décomplexée, peut gagner»
Au vu des municipales et de la période qui a suivi, le constat qui s’impose est celui d’une France fracturée. Une partie des élites politiques est désormais déconnectée du pays réel, qui ne se reconnaît plus dans ces discours. LFI s’enracine, et tire toute la gauche vers la radicalité. Ce bloc, lorsqu’il s’unit, est redoutable et dévastateur, même si, fort heureusement, les électeurs l’ont parfois sanctionné. Une droite locale existe encore, et certaines belles conquêtes l’ont prouvé, mais malheureusement ces nouveaux conquérants ont trop souvent revendiqué comme étiquette le fameux « divers droite » à défaut de toute autre. Pourtant, une droite claire, assumée, décomplexée, peut gagner.
L’union des droites n’est pas une incantation, elle n’a de sens que lorsqu’une convergence existe et que le peuple l’approuve. Arrêtons de traiter l’évidence comme une faute, le sectarisme a déjà assez coûté à notre camp. Paris est, à ce titre, l’exemple de ce qu’il ne faut plus faire. La droite y enregistre un recul du nombre d’élus, résultat de trop d’hésitations et de concessions faites à Pierre-Yves Bournazel, candidat d’un macronisme « à bout de souffle » qui ne sait jamais ce qu’il veut. « Avec des amis comme cela, nul besoin d’ennemis. » Cela va sans dire pour la présidentielle s’agissant de son chef, Édouard Philippe, qu’à titre personnel je classerais plutôt au centre gauche, choix que je respecte mais que je réprouve. À l’inverse, je salue la position courageuse de Sarah Knafo, qui s’est révélée tout au long de cette campagne et nous a montré son sens des responsabilités. La question maintenant vaut pour elle comme pour tous ceux qui, à droite, accumulent les jolis scores sans construire de projet commun.
La droite a des talents, beaucoup, mais ce n’est pas dans des combines de notables qu’elle trouvera le chef qui lui manque. L’une des rares bonnes nouvelles de cette période post-électorale, pour la droite que j’appelle de mes vœux, vient de l’émancipation de David Lisnard, maire brillamment réélu avec 81 % des suffrages. David Lisnard a un projet fort et l’étoffe d’un chef. Depuis douze ans à la tête de Cannes et président de l’Association des maires de France, il a bâti sa légitimité dans l’action, non par des coups médiatiques, des envolées verbales floues ou des arrangements d’appareil. Il a un cap, et sait ce qu’est une décision et ce qu’est l’autorité lorsqu’elle s’exerce au service d’une liberté concrète, d’un ordre juste et d’une gestion sérieuse.
David Lisnard a surtout une qualité devenue rare : il peut unir la droite sans la défigurer. Il comprend le besoin d’ordre sans sombrer dans l’agitation. Il ne cherche ni à flatter ni à effrayer, il cherche à gouverner. Georges Pompidou ou Philippe Séguin, que j’ai tant admiré, voulaient une droite enracinée, lucide, capable de parler au pays réel sans céder ni à la démagogie ni à la lâcheté. Dans le paysage actuel, David Lisnard est celui qui incarne cette ligne. À droite, certains croient encore que la victoire est possible avec des barrières d’étiquettes, des querelles d’appareil et des pudeurs tactiques. Ils se trompent. Face à une gauche qui, malgré ses défaites, reste capable de se rassembler sous pression, face à un bloc central sans colonne vertébrale, face à une France qui penche à droite mais doute de ses représentants, il faut autre chose qu’un gestionnaire de parti. Il faut une incarnation non compromise avec le macronisme, ou ce qu’il en reste.
«Je fais ce choix de résistance en rejoignant David Lisnard»
Quand on veut s’adresser au peuple, il faut parler son langage. Si la droite veut cesser de perdre, par timidité, ce qu’elle pourrait gagner par courage, si elle veut parler à nouveau au peuple français et non à ses seules élites, alors elle doit se donner un homme d’expérience, de caractère et de rassemblement ! Cela ne m’a pas toujours rendu service, mais dire ce que je pense n’a jamais été pour moi un calcul, c’est une exigence. Je sais les critiques qui ne manqueront pas de pleuvoir à la lecture de ces lignes assumées. Elles viendront toutes de celles et ceux qui s’imaginent détenir la vérité exclusive, ces dépositaires autoproclamés du récit national. Ces fans du Guépard pour lesquels il faut que tout change pour que rien ne change. Ne sont-ils pas les premiers responsables de la situation qui est la nôtre aujourd’hui ?
Jacques Chirac, alors que nous évoquions les partis gaullistes successifs, m’a dit un jour : « Tu sais, Guy, les premiers militants du RPF venaient en grande partie de la Résistance. Ce que ces femmes et ces hommes avaient vécu a ancré chez eux des convictions solides et donné foi en la nation. Cela doit rester un exemple pour nous. » Aujourd’hui, je fais ce choix de résistance en rejoignant David Lisnard. Ce choix s’impose comme une évidence. Il est temps d’en prendre conscience.
Retrouvez cette tribune de Guy Drut sur le site du Figaro en cliquant ici.
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de Nouvelle Énergie et David Lisnard