«Face à la caste, organisons une primaire ouverte»
Afin de conserver le pouvoir, le bloc central cherche à imposer l’idée qu’il serait le seul rempart au RN, dénonce le maire Nouvelle Énergie de Cannes, qui propose une alternative : une grande primaire ouverte de la droite et du centre, qui irait de l’UDI et Horizons à LR et Reconquête. Une tribune de David Lisnard parue dans Le Figaro.
Depuis quelques jours, l’auto-proclamé «camp de la raison» a pris place dans la fosse médiatique. La partition est connue, quelques solistes affûtent leurs arguments et l’orchestre est prêt pour faire monter la petite musique bien connue de ceux qui veulent rester au pouvoir quoi qu’il en coûte au pays.
Les sondages fleurissent pour désigner le candidat inévitable. Des tribunes sont publiées pour exiger l’union sacrée, la stabilité, la responsabilité, l’intérêt national. Les mots sont choisis avec soin. Ils habillent cependant une réalité plus prosaïque : conserver les postes, préserver les réseaux, perpétuer le système.
Ces hommes et ces femmes fréquentent les mêmes cercles, partagent les mêmes codes, se cooptent et gouvernent ensemble depuis des années. Ils quittent un ministère pour un autre, sans que l’on pose la question de leur compétence pour le précédent ou le suivant. Une élection perdue ouvre droit à un poste de prestige, un conseil d’administration, une présidence d’autorité indépendante. Le système pourvoit aux siens. Certains sont ainsi recasés non pour services rendus à la République, mais pour services rendus au pouvoir.
Ce que l’on appelle le «bloc central» ou le «socle commun», n’est rien d’autre qu’une caste qui se reproduit, qui se protège, et qui présente sa survie comme un impératif national.
Cette mécanique est bien rodée. Tout est fait pour préparer l’opinion publique à devoir faire de nouveau barrage au Rassemblement national. Voilà le seul et unique projet que l’on retrouve par exemple dans la tribune publiée dimanche dernier par 90 élus, ministres et parlementaires qui appellent à un candidat unique de la droite et du centre en 2027, sans d’ailleurs proposer la moindre méthode pour le désigner.
Devra-t-on tirer à la courte-paille ou bien regarder les classements de l’ENA pour choisir celle ou celui qui sera le représentant de la caste ? À moins que l’on ne se fie aux sondages pour se ranger derrière le mieux placé ? Ce serait oublier une leçon que l’histoire politique de ces trente dernières années nous a pourtant enseignée : ne jamais confondre la popularité fabriquée au gré des sondages et des éditoriaux avec la capacité politique à entraîner le peuple français avec soi. Les exemples sont nombreux de ceux qui auraient dû gagner l’élection présidentielle et qui n’ont même jamais accédé au second tour, voire même n’ont pas été en capacité d’être candidats.
Tout ce cirque médiatique ne dupera personne. Ces gens n’ont rien compris. Ils n’ont rien appris de leurs échecs. Chaque renoncement, chaque promesse non tenue, chaque milliard emprunté sur le dos des générations futures ont ajouté une pierre à l’édifice de la défiance et du vote protestataire. Ils sont les artisans de ce qu’ils prétendent combattre. Et les voilà qu’ils ne proposent rien d’autre que d’être les continuateurs sans heurts de la politique menée depuis tant d’années et qui n’en finit pas de déclasser le pays dans tous les domaines.
La France a besoin d’un projet de rupture. Puissant pour en finir avec les atermoiements et les tergiversations, aussi bien sur le plan économique que régalien. Radical pour éviter le danger de l’extrême gauche et le piège démagogique du Rassemblement national. Libéral pour mettre un terme au social-étatisme qui nous ruine par une addiction à la dépense publique, à la dette et aux impôts. Sécuritaire pour rétablir l’ordre, mettre fin à l’impunité et rendre aux Français la tranquillité à laquelle ils ont droit. Éducatif et culturel pour redonner à l’école sa mission première : transmettre les savoirs fondamentaux, exiger l’effort, et faire de chaque enfant un acteur de sa propre émancipation et de la prospérité future du pays.
C’est ce projet que je souhaite porter. Sans diviser mais sans renoncer à ce que je crois bon pour le pays.
Pour cela, la seule voie possible est celle d’une grande primaire ouverte de la droite et du centre, accessible à tous ceux qui, de l’UDI et Horizons à LR et Reconquête, partagent les principes de liberté de création, de responsabilité individuelle et d’indépendance nationale. Elle substituera la confrontation des projets aux manœuvres d’alcôves. Elle obligera chaque candidat à exposer ses idées de façon claire.
En 2016, plus de quatre millions de Français se sont déplacés pour choisir leur candidat. Cette participation a conféré au vainqueur une légitimité que nulle désignation d’appareil n’aurait pu produire et dessinait les contours d’une victoire si le zèle de certains magistrats du parquet national financier n’avait pas percuté la campagne électorale. La démocratie est plus saine et plus efficace que les arrangements entre notables.
Organisons cette primaire ouverte selon des modalités précises, fixées rapidement, publiquement, démocratiquement. Nous sommes quelques-uns à y être prêts. Nous en respecterons le verdict. Que ceux qui veulent présider aux destinées de la nation commencent par accepter cette compétition. Il en va de l’avenir de notre pays.
Pour voir cette tribune sur le site du Figaro, cliquez ici.
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de Nouvelle Énergie et David Lisnard