« La droite doit sortir du corner » : les confidences de David Lisnard, le maire le mieux élu de France
Le président de l’Association des maires de France a été réélu à Cannes avec 81 % des voix. Ce qui lui donne des ailes pour la prochaine présidentielle, à laquelle il sera candidat. Un article de Jérôme Cordelier paru dans Le Point.
81 % des voix, voilà un capital électoral rondelet qui fait de David Lisnard le maire le mieux élu de France pour les villes de plus de 30 000 habitants. L’édile, alors qu’il se présentait pour un troisième mandat, se paie même le luxe de récolter encore plus de voix (20 000) que les fois précédentes, en 2020 (13 100) et en 2014 (16 000). Autre précision : Cannes n’avait jamais réélu trois fois un maire dans l’Histoire de la Ve République, même ces deux édiles historiques que sont Bernard Cornut-Gentille, ancien ministre de de Gaulle, et Anne-Marie Dupuy, chef de cabinet de Pompidou.
81 % des voix : un vrai score à la soviétique ! L’interpellation fait sourire l’intéressé. « Je serais le premier libéral soviétique, ce serait un comble » , rétorque David Lisnard.
Quand on l’interroge sur les ressorts de ce triomphe, immédiatement l’heureux (ré)élu se place sur le terrain social : « Cannes est une ville à rayonnement internationale, mais ce n’est pas Beverly Hills, croyez-le ! C’est une ville de 75 000 habitants, contrastée socialement, dont le revenu médian et imposable est inférieur à la moyenne départementale, régionale, nationale, avec un taux de pauvreté qui représente le double de celui de Paris. » Et la fierté – aussi – du maire est d’avoir obtenu un excellent score dans les quartiers populaires, réalisant un grand chelem, dans les 56 bureaux de vote.
Le RN contenu
Autre satisfecit : alors que le RN tisse sa toile dans la région, David Lisnard a su contenir la liste du mouvement d’extrême droite qui – pour la première fois – se présentait contre lui. « Le RN a fait quatre fois moins qu’aux élections législatives et quatre fois moins qu’aux européennes », se félicite l’élu.
Sa force ? « Le travail accompli, souligne-t-il, sans ambages. On a baissé la dette, réduit la fiscalité tout en augmentant les investissements. Cet effort est perceptible pour les habitants. Notre projet a été travaillé, documenté, et il a été porté par une équipe solide. Et j’ai mené la campagne comme si c’était pour la première fois, en étant constamment sur le terrain, comme je le suis tous les jours. Nous avons fait la démonstration qu’une proposition politique solide sur les principes, qui porte une ambition collective, en parlant d’avenir tout le temps tout en étant ancré dans les réalités, ça marche ! »
Autre atout : la transparence. « J’ai constitué une liste d’intérêt local, mais je ne cache pas qui je suis. Tout le monde connaît mes convictions. J’ai annoncé avant de lancer ma candidature mes ambitions présidentielles, ce qu’ont tenté d’utiliser contre moi la gauche et le RN, et ils ont fait choux gras : je n’ai pas triché, et les habitants ont choisi de m’accompagner. »
2027 en ligne de mire
La morale de l’histoire ? « Une droite affirmée et indépendante peut être gagnante !, souligne celui qui est toujours encarté LR. Il faut que nous nous libérions, y compris au sein de LR, de tout ce conformisme étatiste, collectiviste qui nous fait perdre depuis quarante ans. Une droite indépendante, libérale, sécuritaire, portée sur les questions éducatives et scientifiques peut redresser le pays. C’est ce que je veux proposer au pays avec mon mouvement Nouvelle énergie. La droite doit sortir du corner, sur le ring de boxe que représente la scène politique, ne pas rester dans un angle. Ce qui compte, c’est d’avoir des convictions et de les porter. Arrêtons de nous laisser enfermer dans l’étau mortifère Le Pen/Bardella – Mélenchon. Tous ces gens-là nous proposent de rafistoler un système qui a fait son temps. Aujourd’hui, on peut porter sur le terrain politique une espérance du XXIe siècle. »
Triomphalement élu, voici la route de celui qui est le président de la puissante Association des maires de France (AMF) dégagée vers l’horizon de la présidentielle. L’homme se sent-il libéré ? « Je me suis toujours senti très libre, décoche-t-il. Ce résultat m’oblige plus qu’il ne me libère : il ne me confère aucun droit, seulement des devoirs, je dois me montrer à la hauteur du choix des électeurs. J’ai un mandat à exécuter. » Mais aussi un projet présidentiel à bâtir. Et, sans qu’on lui demande, voici que ce présidentiable qui creuse son sillon en marge des appareils avec lequel il faudra plus que jamais désormais compter s’emballe.
« Il faut libérer le pays, y compris sur la question de l’immigration, soutient David Lisnard. On peut multiplier les gardes-frontières, modifier la Constitution pour serrer les flux migratoires, il y aura toujours des appels d’air, à cause de l’État-providence. C’est lui la principale cause de l’immigration. Il faut rompre avec un système qui sponsorise l’oisiveté. Nous, on va faire en sorte d’accueillir les meilleurs, en proposant une voie libre qui repose sur les ressorts d’une prospérité adaptée au XXIe siècle. Je ne me sens aucun point commun avec une fausse droite que l’on retrouve aussi bien à LR qu’au RN ou chez les macronistes, ces gens qui ont voté un budget fiscaliste, la fin de la réforme des retraites. Nous, ce qu’on veut, c’est une vraie rupture libérale. »
On l’aura compris, doté de ce score impressionnant aux municipales, David Lisnard sent gonfler les voiles de son bateau Nouvelle énergie, vers le large. Cap sur 2027.
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de Nouvelle Énergie et David Lisnard