Agriculture

Quand un pays empêche ses agriculteurs de produire ce qu’il importe à bas prix, il marche sur la tête.

La France est en train de saborder son agriculture. Elle interdit ici ce qu’elle tolère ailleurs, importe 70 % des fruits qu’elle consomme, 50 % de la viande blanche, et laisse mourir ses filières à petit feu.
Pendant ce temps, l’État multiplie les injonctions environnementales, les normes technocratiques, les taxes absurdes – mais jamais les conditions réelles de la production ni de la compétitivité. Résultat : la France n’est plus souveraine, les producteurs sont découragés, et le nombre d’exploitations a chuté de 60 % ces trente dernières années.

L’agriculture doit être considérée comme une force stratégique : pour nourrir la population, pour produire de la valeur, pour peser dans le monde. Nous voulons rendre aux agriculteurs la liberté de produire, la possibilité d’innover, le droit d’être rémunérés justement. Pour cela, il faut sortir du piège technocratique, réorienter profondément la PAC, restaurer la souveraineté productive de la France et changer radicalement de modèle en rappelant que produire n’est pas une faute mais une responsabilité nationale, économique et écologique.

1. Libérer la production agricole de l’étau technocratique

Le cœur du problème est là : on empêche les agriculteurs de produire.

Nous proposons d’en finir avec les surtranspositions françaises, l’alignement réglementaire avec le marché commun, et la mise en œuvre de clauses miroirs obligatoires pour les produits importés. Ce que nous interdisons ici ne doit plus être autorisé là-bas.

La PAC doit cesser d’être une politique environnementale hors-sol : elle doit redevenir une politique agricole, recentrée sur la souveraineté alimentaire, la production, et l’augmentation de nos capacités exportatrices. Nous refusons toute logique malthusienne qui affaiblit la compétitivité sans bénéfice environnemental démontré.

Enfin, nous plaidons pour l’autorisation des nouvelles techniques génomiques (NTG), l’usage raisonné des phytosanitaires sur base scientifique, et une réduction de la part des aides conditionnées à des critères idéologiques.

2. En finir avec la maltraitance économique des agriculteurs

Les lois censées protéger nos agriculteurs ont échoué, ou aggravé la situation : la loi EGALIM a ajouté des contraintes sans améliorer les marges. Et l’État, au lieu d’assumer, demande aux producteurs de baisser les prix pendant que leurs charges explosent.

Nous proposons une réforme profonde du système de rémunération agricole : transfert d’une part des charges vers la valeur ajoutée pour améliorer les revenus nets et une juste rémunération des services environnementaux rendus par les agriculteurs et forestiers (stockage du carbone, entretien des écosystèmes). Il ne s’agit pas de compassion, mais de justice économique.

3. Relocaliser la valeur ajoutée sur le sol français

Depuis 20 ans, la France a laissé filer l’essentiel de la transformation agroalimentaire : les produits sont cultivés ici, mais transformés ailleurs. Cette désintégration silencieuse affaiblit tout le tissu productif. À cela s’ajoutent des impôts de production massifs, qui pénalisent l’implantation d’ateliers de transformation sur le sol national et incitent les industriels à s’installer à l’étranger.

Nous devons relancer une politique industrielle fondée sur les productions agricoles et forestières (industries de 1re et 2e transformation sur tout le territoire, circuits courts soutenus, développement des filières biomasse, bois, fibres, énergie, transformation alimentaire locale), reconstruire une filière française d’engrais azotés décarbonés, mobiliser l’agriculture dans une stratégie géopolitique : diplomatie du blé, sécurisation des filières, souveraineté logistique.

Produire, transformer, exporter : voilà le triptyque d’une puissance agricole.

4. Briser le carcan administratif et restaurer la liberté d’entreprendre

Les agriculteurs travaillent en moyenne 57 heures par semaine. Ils passent 9 heures à remplir des papiers. Plus de 12 % d’entre eux y consacrent plus de 15 heures. Cette folie bureaucratique est un facteur d’épuisement, de découragement et d’exode. La liberté d’entreprendre a été remplacée par la gestion d’un système absurde.

Nous proposons une simplification radicale du statut de l’exploitation agricole, avec un cadre unique qui autorise, dans une même entité, la production agricole, forestière, énergétique, la transformation, le tourisme rural, la gestion du foncier et la participation aux objectifs climatiques, mais aussi une débureaucratisation massive (suppression des normes redondantes, guichet numérique unique, autonomie locale sur les modalités d’application), et une remise à plat du carcan normatif viticole, notamment dans les AOC, pour favoriser l’innovation, les cépages résistants, les usages du biocontrôle.

Il faut rendre du temps aux agriculteurs. Et leur rendre leur liberté.

5. Innover, s’adapter, transmettre : pour une agriculture du XXIe siècle

Nous défendons une vision offensive et pragmatique de la transition agricole : recherche, technologie, compétence, responsabilité.

Cela passe par le soutien à l’agriculture de précision, aux capteurs connectés, à la robotisation, à l’usage de l’intelligence artificielle pour la gestion des cultures, par une politique des sols fondée sur la fertilité et la captation du carbone, et par une gestion de l’eau fondée sur la subsidiarité : oui aux bassines, lorsqu’elles sont techniquement justifiées et localement décidées.

L’avenir de l’agriculture française ne sera ni passéiste ni punitif. Il sera libre, productif, technologique et responsable.

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de Nouvelle Énergie et David Lisnard